Réseaux sociaux d’entreprise : « le RSE 2.0 devra cohabiter avec la mentalité 1.0 » (Lecko)

computer-large-newJe  me suis rendu le 30 janvier 2014 à la soirée Lecko dédiée à leur dernier rapport sur l’état des réseaux sociaux d’entreprise et c’est peu dire que j’avais marqué cet événement d’une pierre blanche car j’ai même traversé Paris sur mes béquilles pour ne rien rater des derniers résultats de l’étude. Il est vrai que l’événement de l’an dernier avait été tellement réussi que je ne voulais rater celui-ci sous aucun prétexte (voir également notre article dans la communication digitale expliquée à mon boss, Kawa nov 2013). Les conclusions de cette année ont été présentées comme à l’habitude par Arnaud Rayrole, patron et fondateur de Lecko (photo ci-dessous) et Guillaume Guérin (responsable du benchmark éditeurs). Cette présentation a été suivie d’autres, dont beaucoup d’éditeurs (ils ont participé à l’étude). Ce qui ma frappé dans ce panel descriptif de l’évolution et de l’état de l’art du social en entreprise, c’est le changement du paysage. Accélération, augmentation du nombre d’éditeurs mais aussi une plus grande complexité dans un marché qui croit de façon toujours assez impressionnante mais qui n’est pas mature, pour reprendre les commentaires d’Arnaud Rayrole. La nouvelle classification choisie par Lecko renforce il est vrai cette complexité car les matrices se sont multipliées … Mais ceci est bien la répercussion de l’hyper spécialisation des logiciels malgré les promesses d’interoperabilité des éditeurs. Autre constatation, la bonne tenue des éditeurs locaux dont Jalios (@vincentbouthros), Jamespot (@garniera), Seemy (@edouaud) et enfin Talkspirit de Philippe Pinault (@ppinault) et aussi BlueKiwi récemment racheté par Atos. Cocorico ! Même si les questionnements sur l’internationalisation ont passionné la salle. Evernote Snapshot 20140130 182134

Réseaux Sociaux d’entreprise : les logiciels avancent, pas les mentalités

Mais ce qui est encore moins mature, c’est la mentalité des entreprises qui est qualifiée de 1.0 par Lecko et que le cabinet de conseil ne voit pas disparaître , bien  au contraire, au grand dam des évangélistes des RSE des premiers temps qui voyaient une révolution culturelle s’instaurer dans les entreprises sous les coups de boutoir de ces logiciels du nouveau genre.  Pour ceux qui en doutaient encore, malgré la lecture de notre dernier ouvrage (cf. Amonboss.com), le bon vieux monde des bisounours du web 2.0 est bel et bien mort. Place donc au travail « sérieux », à la liaison avec les processus, avec les SI et dans une logique d’urbanisme. Cela rappellera des souvenirs aux anciens. Et il y a du travail !

De l’espoir … Grâce aux acteurs de changement

Mais l’espoir n’est pas perdu, car les réponses à ces défis se trouvent dans les bonnes vieilles recettes de la conduite du changement … C’est ainsi en effet, sans surprise, que les communautés, souvent transverses et liées à des métiers, se développent vraiment avec réussite : grâce aux efforts et à l’initiative de courageux acteurs de changements décrits ici comme “porteurs de communautés”. C’est là que se trouve le point le plus important : les RH et les managers doivent apprendre à repérer, encourager et féliciter ces porteurs de changement, une injonction qui semble aisée mais n’est pas si évidente que cela sur le terrain. Les premières initiatives des RSE, souvent lancées en fanfare, avec la bénédiction du management, mais aussi parfois une vision un peu trop descendante, n’ont pas toujours permis de réaliser cette promesse, et l’essoufflement de ces premières initiatives est, selon Lecko et aussi selon Björn Negelmann de Enterprise 2.0 Summit, monnaie courante. L’enjeu du RSE de ces prochaines années sera humain, ce n’est pas une découverte pour les experts de la collaboration ; reste à l’entreprise 1.0 à le comprendre. Mes notes de la réunion Lecko Voici ci-dessous un extrait avec mes notes brutes issues de cette réunion cruciale, rendez-vous incontournable sur ce sujet en attendant le entreprise 2.0 summit dont je parlerai bientôt.

Les enseignements du benchmark

L’étude est passée par la construction d’abaques : ces abaques sont des moyens de comparer tous les événements type d’un réseau social et de les cartographier autour de deux axes : relationnel/conditionnel et ceci permet de tracer une courbe d’engagement des communautés. Sur la totalité des courbes superposées, Lecko a construit des abaques (des profils de score d’engagement et sur le nombre d’années d’évolution).

  • Premier enseignement : la courbe est caractérisée par 3 points. Un pic d’enthousiasme, un passage de désintérêt et un rebond (ou non). Beaucoup observent que des espaces sont souvent créés et 50% de ces espaces sont inactifs au bout de 5 mois. Pour ceux qui s’accrochent, comme la plateforme RSE mysimplymarket de Simply Market, enseigne du groupe Auchan, on observe cette courbe en 3 parties sur 4 ans. Ils ont accompagné la plateforme par des accompagnements des chefs de rayon en leur démontrant la valeur qui peut être créée et ceci a rendu possible la collaboration. Un chef de rayon a même créé un meuble qu’il a partagé et qui a été généralisé dans l’ensemble du magasin.

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  • Quelle est la chance de réussite ? C’est en cela que l’exploitation de ces données sociales peut donner des outils de pilotage pour les entreprises. L’indice d’engagement a été mesuré par Lecko et il a été observé que ce score avait progressé de 18% sur un an sur les populations actives sur les réseaux sociaux.

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  • La nouvelle valeur du RSE se concentre sur quelques communautés transverses très actives.
  • Une confirmation : l’outil ne permet pas le changement de comportement
  • L’entreprise doit intégrer cette courbe en 3 points et accompagner ses utilisateurs.

Les démarches de transformation On constate 3 principales lignes de propagation des usages. Ce sont les espaces transverses, les communautés de pratiques. Ensuite, on peut aligner la collaboration avec le processus. Il y a besoin de rassurer le management avant et c’est le deuxième axe. Enfin, le troisième axe c’est l’augmentation de la productivité individuelle (traiter la surinformation) et collective (travailler mieux avec tout le monde). Evernote Snapshot 20140130 183716 La matrice ci-dessus a déjà été montrée l’an dernier et je l’avais placée en tête de mes préoccupations. Elle est hélas toujours valable. Nous sommes encore dans une situation où les bénéfices arrivent dans un deuxième temps alors « qu’on a besoin d’embarquer les utilisateurs pour faire décoller les communautés à dit Arnaud Rayrole ». Avec ces constats, les priorités pour les entreprises sont les suivantes :

  1. C’est l’usage qui prime même si « le management ne comprend pas tout au 2.0 » et il faut développer les pratiques sociales dans l’entreprise. « Il faut se faire à l’inertie des comportements dans l’entreprise » a précisé Arnaud. Un RSE 2.0 donc mais sur un terreau 1.0
  2. Il faut ensuite faire évoluer les stratégies métiers car ils faut interfacer le RSE avec les référentiels de l’entreprise et pour cela il faut que l’entreprise soit convaincue de la validité et de l’utilité de la démarche.
  3. Tout dépend du porteur de communauté, celui « qui va tout donner et ne rien recevoir » a précisé Arnaud. Or c’est assez frustrant, il est désarmé, « à poil » pour faire bouger l’organisation. Ces porteurs d’initiative sont bien ceux qui vont convaincre leurs collègues qui vont le faire en dehors de la plateforme. Ils vont le faire en les convaincant, en donnant du sens, en convaincant les managers que le contexte métier est valide et qu’ils acceptent qu’ils y ait un droit à l’erreur à ces primo adoptants. Cette démarche s’appelle micro social learning chez lecko. Les bénéfices viennent dans un second temps donc le porteur de communauté va vendre un résultat et il va le promouvoir et obtenir un accord des collègues qu’il va fédérer. Une fois que l’on a été rassuré on voit les « petites satisfactions des uns et des autres » et si ces utilisateurs relaient leur satisfaction ils vont pouvoir diffuser l’envie de participer. Enfin, c’est l’animation du débat qui va permettre de  progresser.

Ces porteurs d’initiatives sont pour certains de vrais leaders et même des enchanteurs qui sont capables de faire découvrir de nouvelles perspectives. Ces acteurs dé changement sont des pivots qui doivent être repérés et valorisés et ne pas se contenter de nommer des Community managers. Etude des solutions du marché Evernote Snapshot 20140130 185101

Guillaume Guérin, responsable des analyses de solutions et du marché

Critère 1, être innovant et critère 2 être présent sur le marché français. L’étude est passée de 24 à 29 éditeurs cette année et l’écosystème français est très bon. L’innovation cette année est que tout le contenu de ce benchmark sera mis en ligne le 3/02 sur lecko.fr.

  • Les besoins des entreprises restent assez spécifiques malgré le langage des éditeurs assez banalisé. Les histoires veulent garder leurs pratiques internes et les éditeurs eux, bougent à toute vitesse, avec des roadmaps qui vont de la Semaine à plusieurs mois. Souvent on intervient dans des contextes où on a besoin de légitimer les choix vis à vis des écosystèmes et pour cela on a besoin d’éléments factuels commec eux fournis par la méthode DOTU de Lecko utilisée pour ce benchmark.

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Réseaux sociaux d’entreprise : « le RSE 2.0 devra cohabiter avec la mentalité 1.0 » (Lecko) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Qu’est-ce que le « Digital » ? définition en vidéo

La sélection du jour …

  • tv-smallC’est cette vidéo glanée sur le thème “Le Digital est-il en train de réinventer le Marketing ?” que j’ai trouvée sur le blog de mon ami Hervé Kabla. Il s’agit d’une conférence qui s’est tenue à l’ESSCA d’Angers. Les intervenants de cette conférence du 8 février 2013 étaient les suivants :
  • Laurent Butery , Enseignant à La Sorbonne, expert en parcours client (shopper) ;
  • Sébastien Caron, Directeur Général de Mixcommerce
  • Bertrand Jonquois, Président fondateur de Go Shop.com et expert en marketing mobile
  • Hervé Kabla, Directeur Général de Be Angels, et expert en Médias sociaux
  • Edouard de Miollis, Directeur Webmarketing de Fnac.com
conférence à l’ESSCA sur la définition du digital

… même si à part Hervé je ne suis pas capable de vraiment les reconnaître de loin. Alors qu’est

  • c’est la culture … et la transformation des organisations ;
  • c’est un sujet dont on parle car les agences de communication s’en sont emparé
  • c’est la techno informatique et la dématérialisation et notamment des paiements
  • c’est le 5ème P du marketing mix qui ajoute la dimension “personne” ;
  • c’est le prix … dont les baisses deviennent parfois inquiétantes ;
  • c’est … pareil car le consommateur ne fait plus la différence et la marque doit être présente sur tous les canaux … y-compris sur Facebook ;
  • c’est la connexion de tous les terminaux, en tout temps et en tous lieux, le “ubiquitous computing” ;
  • c’est la fin du travail qui devient une survivance du passé (du moins dans cette forme et sous la forme du salarial) et les inventions digitales du futur ne seront pas consumériste) ;

et dans la réalité, le digital c’est un peu tout ça à la fois et avouons-le … un concept bien délicat à définir, comme en témoigne cette superbe carte ultra confuse (et interactive) de nos amis de Gartner.

Tech Tool Tourist: Gartner's Digital Marketing Transit Map

Qu’est-ce que le « Digital » ? définition en vidéo was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

« Du Social media au social mass media »- (avec Hootsuite)

tv-largeIl y a quelques jours, je recevais un message mail (réminiscence du passé ?) de la part de l’éditeur Hootsuite me précisant que ma vidéo était en ligne. Puis je fus noyé de mentions Twitter à propos des indications que j’avais livrées dans cette vidéo. Je suis véritablement reconnaissant à Hootsuite d’avoir monté cette superbe interview et de m’avoir donné une chance de partager mes visions sur le médias sociaux et comment ils évoluent. Nous (Hervé Kabla, mon éditeur et moi-même) sommes en train de travailler aujourd’hui à l’adaptation anglaise de notre dernier livre « la communication digitale expliquée mon boss », qui va s’intituler “Managing Digital Marketing Like A Boss” en anglais, si tout va bien, être disponible avant Noël. Cette vidéo préfigure cette sortie du livre dans la langue de Shakespeare. Voici l’introduction en français puis le lien vers le texte anglais :

vision du Web social par Yann Gourvennec – Hootsuite social media management (en Anglais)

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Un « Intrapreneur » est quelqu’un qui remet en question L’ordre établi à l’intérieur d’une entreprise. “On trouve des entrepreneurs dans les grandes entreprises les organisations complexes, dans lesquels ils apportent leurs puissants innovations au travers de leurs compétences en conduite du changement » dit Yann Gourvennec. « Pour moi, être un entrepreneur veut dire beaucoup de choses en termes de philosophie, de la façon dont je vois les choses, dont je travaille avec mes collègues et sur comment je fais avancer les projets et mets en œuvre l’innovation à l’intérieur d’une entreprise. »

ma vision des médias sociaux – vidéo Hootsuite

Manager la communication digitale comme un boss

Like A Boss(NDLR : Like A Boss est un meme de l’Internet, un peu moins compréhensible en français, il fait beaucoup rire les anglophones et pourrait se traduire par « comme un chef »)

Le premier livre de Yann Gourvennec « les médias sociaux expliqués mon boss » a été élu livre digital le plus influent en France en 2012. Depuis lors, son collègue Hervé Kabla et lui-même ont lancé une suite en français, en élargissant le spectre du livre de façon à embrasser l’ensemble de la discipline de la communication digitale, et pas seulement les médias sociaux (d’où le titre).

« Pour Hervé Kabla et moi-même, les médias sociaux font parti aujourd’hui du mix de la communication digitale », explique Yann. « Il n’est plus question aujourd’hui de se demander s’il faut être présent ou non sur les médias sociaux. Nous avons dépassé cet étape-là, et nous devons nous poser aujourd’hui la question de savoir pourquoi nous y sommes, est-ce que cela a un sens, comment j’affine mes objectifs, comment j’affine ma stratégie, et développe ma présence et enfin, comment je structure ma gouvernance. La question du retour sur investissement n’est plus optionnelle non plus. Les médias sociaux font partie du mix numérique, une discipline bien plus large qui doit être comprise de chacun dans l’entreprise, pas seulement de l’équipe digitale. »

« S’il y a une leçon à tirer de nos livres, c’est que nous traversons une période paradoxale : la communication digitale est omniprésente, tout le monde doit et veut en faire. Cela a l’air simple, mais cela ne l’est pas. Car il s’agit d’une discipline en propre qui requiert expertise et expérience. Après tout, confieriez-vous la vie de votre enfant le plus cher à un chirurgien qui serait en train de lire « la chirurgie pour les nuls » ? Alors pourquoi votre stratégie digitale devrait-elle être confié à une personne qui arbore fièrement 2 abonnés sur son compte Twitter ? S’il existe bel et bien un besoin urgent d’inclure largement tous les employés de l’entreprise dans la transformation digitale, le recrutement de professionnels expérimentés et compétents en communication digitale et en stratégie médias sociaux est également aussi important ».

lire la suite : Social Insights from European Thought Leader, Yann Gourvennec – HootSuite Social Media Management.

« Du Social media au social mass media »- (avec Hootsuite) was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Samsung à l’assaut du marché de la mobilité d’entreprise

J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Andrew Mills,Andrew Mills, Vice President, Enterprise Business, qui nous accordait une interview exclusive pour marquer le lancement de la division entreprise de Samsung (transparence : j’étais l’invité de Samsung aujourd’hui). Cela fait plus de 10 ans que les services de mobilité se vendent aux grandes entreprises, les premières flottes mobiles datant des années 2002-2003 si mes souvenirs sont bons, et au premier abord, j’étais un peu surpris de cette annonce de la création récente d’une entité dédiée au B2B chez Samsung. Réflexion faite, et au travers des explications d’Andrew, tout ceci fait sens. Un seul chiffre permet de comprendre l’ampleur du phénomène : la moitié environ des mobiles achetés en Allemagne dans les entreprises le sont sur le marché ouvert… Samsung désire donc se positionner de façon importante et volontariste sur ce marché d’entreprises, non seulement du côté du matériel, mais aussi du côté du service, sans oublier la convergence entre leurs différentes lignes de produits une particularité due à leur historique de conglomérat.

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Andrew Mills pendant notre interview ce matin

 

Pourquoi lancer une division entreprise en 2013 ?

« Quand on regarde la croissance sur le marché des Smartphones aujourd’hui, on observe une croissance de 10 % d’année en année. Sur le marché des entreprises, c’est 3 à 4 fois ce chiffre ! » a déclaré Andrew Mills dans son introduction. De tels chiffres sont suffisants pour réveiller les consciences et faire en sorte que « nous saisissions le bon moment pour résoudre les problématiques qu’ont les directeurs informatiques aujourd’hui » poursuivait-il. « Les CIOs ont encore quelques soucis autour de la confiance dans la plate-forme Android et ses vulnérabilités, KNOX a été développé pour les résoudre. Mais ce n’est pas tout, le temps est mûr, et de nombreux directeurs informatiques sont en attente de solutions » a poursuivi Andrew Mills.

Se rapprocher de l’utilisateur

Mais avant toute chose, ce que cherche à faire Samsung, c’est de se rapprocher de l’utilisateur… sans casser son circuit de vente traditionnelle, essentiellement tourné vers les distributeurs et les opérateurs. « Avant, nous ne travaillions que de façon indirecte, dans le futur nous continuerons à travailler avec des opérateurs ; mais nous allons nous ouvrir aussi aux revendeurs IT et au marché ouvert (« open Channel ») celui-ci représente déjà 45 à 50 % des ventes de mobiles en Allemagne ».

Une équipe pan européenne

Samsung a donc décidé de mettre en place une équipe européenne qui va travailler directement avec les clients, en leur fournissant des conseils et du support aussi sur l’usage des matériels. Ceci, ira bien au-delà du simple département informatique, impliquant ainsi un rapprochement avec les directions métiers, de plus en plus importantes dans les choix de ce domaines. L’Internet des objets n’est pas non plus en reste car une des particularités de Samsung, étant un conglomérat, est de fabriquer aussi bien des PC des écrans que des mobiles et de « les connecter ensemble » pour reprendre les mots d’Andrew ; ceci avec des solutions de plus en plus verticales qui pourront s’adresser à l’hôtellerie, la distribution et l’éducation.

Vers la convergence ?

Les entreprises ont commencé à réfléchir au remplacement des PC, certaines entreprises ont même déjà franchi ce pas nous a confié Andrew Mills. Le fabricant coréen a d’ailleurs entamé des partenariats avec des intégrateurs comme Atos, notamment pour adresser le marché de la distribution. Dans ces accords, les éditeurs comme SAP ou Citrix ne sont pas en reste. Faut-il pour autant parler de convergence ? « Il y aura une rédaction du nombre de terminaux, mais les PC resteront un segment important » a précisé Andrew, « mais dans certains cas, les PC seront remplacés quand même ». « Les directeurs informatiques ont passé beaucoup de temps à rationaliser leurs infrastructures », a-t-il ajouté, « mais le futur et dans l’interface utilisateur », toute la transformation interviendra de ce côté selon lui.

Où sera l’innovation

L’innovation, il ne faut pas la chercher dans le matériel mais dans le service. Samsung s’est décidé à se positionner « avec de nouveaux services pour les entreprises » a ajouté Andrew Mills. « Le premier service que nous proposerons sera le service de support clients, qui sera disponible à la fois en marque blanche, via des partenaires, et en direct auprès de Samsung. C’est un grand pas en avant pour le constructeur qui sort de la simple relation de fournisseurs de matériels, pour entrer de plain-pied dans le domaine du service B2B.

La double stratégie de Samsung se met en marche au travers d’un programme qui s’appelle STEP et qui s’adresse aussi bien aux éditeurs de logiciels, aux intégrateurs systèmes qu’aux revendeurs distributeurs. Cette plate-forme STEP (« Samsung Team of Empowered Partners » une bien jolie anagramme) permet de fournir aux ventes indirectes un support directement depuis la marque. « L’équipe B2B de Samsung est déjà forte de 600 personnes au travers de l’Europe et a déjà doublé cette année » a précisé Andrew Mills. Elle doublera encore probablement l’année prochaine (ce nombre n’inclut pas le support produit). L’Europe des 7 est déjà staffée, le développement se poursuit avec l’Europe centrale.

Peu de concurrence directe

S’il existe des concurrents dans chacune des différentes catégories où Samsung est présent, Andrew Mills ne se reconnaît pas de véritable concurrent direct qui couvre l’ensemble du spectre de la digitalisation des entreprises ; même s’il se défend d’une certaine arrogance qui selon lui ne serait pas de mise sur des marchés aussi mouvants. Mais le challenge n’est pas mince car si Samsung a un historique dans le marché du consommateur où il a développé des atouts très forts, «la façon dont on adresse marcher B2B et très différente et cela devra être pris en compte par la marque » a-t-il précisé. C’est certainement là leur plus gros challenge, même si Andrew et ses équipes sont prêts à le relever.

Nous n’avons pas fini de voir des changements de position sur ce marché de la mobilité, et notamment la montée en charge des fabricants, comme Samsung, qui se rapprochent de l’utilisateur et du client entreprise.

Samsung à l’assaut du marché de la mobilité d’entreprise was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

La révolution digitale peut-elle faire évoluer le management ? – #g9+

Le G9+, think tank de réflexion sur le numérique, dont j’ai la charge de la promotion auprès des médias et de la blogosphère, a récemment organisé une conférence sur le e-leadership pour tenter de répondre à la question: “Du leadership au e-leadership: le numérique change-t-il la donne ? ». Cette conférence était organisée en partenariat avec le Cigref et La Poste. On connaît l’impact du numérique dans beaucoup de domaines (e-business, e-marketing, e-pub, e-CRM…). Internet, les médias sociaux et les réseaux sociaux d’entreprise ont radicalement transformé le rapport à l’information. La relation client est devenue instantanée et en temps réel avec des réseaux comme Twitter et Facebook par exemple. Ce changement de temporalité impose aux entreprises de s’adapter et de s’organiser pour répondre aux clients mécontents sans toutefois sur-réagir et ne pas forcément répondre à tout ce que les internautes disent sur elles. L’exemple récent de Easyjet qui fin Septembre 2013 a menacé un passager de lui refuser l’embarquement sous prétexte qu’il critiquait l’entreprise sur Twitter (cf détails ici) illustre à quel point les entreprises sont encore en train d’inventer et d’apprendre pas à pas comment vivre avec la révolution du numérique.

Qu’en est-il du côté de la direction des entreprises et notamment de leurs leaders ?

Rappelons brièvement la différence entre un manager et un leader telle que Warren Bennis l’a théorisée dans son livre On Becoming a Leader : Le manager s’occupe de contrôles alors que leader inspire book la confiance. Le manager demande « quand » et « comment », le leader demande « quoi » et « pourquoi ». Le manager fait les choses bien tandis que le leader décide de ce qui est bien (« The manager does things right but the leader does the right thing. »)

Nils Fonstad, Directeur associé du Lab de l’INSEAD, et pilote du projet européen « Vision sur la définition des compétences liées à l’e-leadership » a rappelé ces différences tout en posant la définition d’un e-leader : c’est un leader sui sait créer de la valeur en s’appuyant à la fois sur les personnes et sur la technologie. En effet les entreprises qui s’équipent en nouvelles technologies pour innover et conquérir de nouveaux marchés ont besoin de dirigeants « IT savvy » pour retirer le maximum de valeur de leurs investissements IT.

comment devenir un leader ? 

Le e-leader est celui qui a une appétence particulière pour son métier, son business, mais aussi pour les « choses » technologiques et numériques. Ses compétences sont transverses et peuvent se représenter sous la forme d’un T. La barre horizontale du T représente les compétences nécessaires au développement de l’organisation comme : la gestion du changement, l’innovation, le développement de visions stratégiques, la mise en œuvre de relations avec l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise etc. Alors que le pied du T représente des compétences verticales, en silos, plus spécifiques à l’usage et la maîtrise des outils numériques et IT, les services qu’ils permettent d’offrir et la relation client à mettre en place sur son secteur.

Le besoin de développer des compétences numériques dans les entreprises est donc réel. L’INSEAD et IDC ont dressé un panorama des besoins de e-leaders en Europe dans le cadre de leur étude « e-Leadership : Skills for Competitiveness and Innovation ». L’une des principales conclusions est que la demande en e-leaders va être très importante en Europe. Cette demande est évaluée à environ 700.000 personnes sur l’ensemble des secteurs d’ici 2015 avec 70 % des besoins en provenance des PME.
La Poste est consciente de ces besoins et s’organise pour y répondre comme en a témoigné Sylvie Joseph, Directrice transformation numérique de La Poste. Elle a rappelé qu’avec ses 536 ans d’existence La Poste n’a pas attendu le numérique pour se transformer. Néanmoins un besoin d’accélération de logiques transversales se fait fortement ressentir et le numérique est un levier fort vers cette transversalité et la métiérisation des compétences. Elle a expliqué : « Le besoin de mettre le client au centre n’est pas un besoin natif à La Poste qui a longtemps bénéficié d’un statut de monopole. Aujourd’hui la relation client est une priorité majeure pour La Poste et nous avons mis en place un Institut du Management pour former les manager aux outils numériques et nous orienter vers la relation client en temps réel et une excellence de service. »

l’agenda des prochaines conférences du G9+, dont je suis chargée de la promotion, se trouve sur leur site : www.g9plus.org. Ne ratez pas celle du 26 Novembre sur l’économie connectée. Fédérant 20 communautés d’anciens de toutes formations (écoles d’ingénieurs, management, sciences politiques, université), l’Institut G9+ représente 50 000 professionnels du numérique. Acteur indépendant, il catalyse et agite les tendances d’aujourd’hui et de demain – technologiques, sociétales, marchés, management, usages – en organisant une trentaine de conférences par an, ouvertes à tous.

La révolution digitale peut-elle faire évoluer le management ? – #g9+ was last modified: janvier 13th, 2015 by Natacha Heurtault