Transformation digitale : fin ou renouveau des experts comptables ?

Les experts-comptables sont bel et bien dans le collimateur de transformation digitale. Dans un article précédent, je décrivai ce phénomène comme celui de la grenouille, qui bout tranquillement depuis des années dans son jus, sans vraiment agir. Les experts comptables ne sont pas les seuls concernés bien entendu. Ils font néanmoins partie des premiers métiers de services à souffrir frontalement de cette forte transformation des métiers. Ces métiers du service, malgré les discours entendus sur ce sujet, ne sont en effet pas épargnés, loin de là, par les fortes secousses structurelles que nous observons en ce moment et auxquelles Jacques Attali faisait allusion dans un article du JDD du 28/06/15. En général, on se réfère à ce phénomène abusivement, par l’ “Uberisation » des marchés, alors s’il s’agit d’un phénomène bien plus profond (même si je conviens que dans la folie des taxis de la semaine dernière, il est difficile de prendre du recul, et que le terme a néanmoins une certaine réalité).

Tirés aux deux extrêmes, en bas vers la commoditisation, et en haut vers le conseil et le service à haute valeur ajoutée, les experts-comptables vont devoir choisir leur camp. Ces menaces n’auraient cependant rien de concret si un acteur comme Selfmed, dont nous avons interviewé le patron, ne venait pas donner corps à tous ces concepts. Dans le cas de Selfmed, il s’agit de la comptabilité dans le milieu de la santé. Mais il suffit de remplacer les pointillés par le secteur que vous désirez.

la transformation digitale frappe les experts comptables de plein fouet
La révolution digitale des experts comptables est en marche.

Comme le dit Michael Azoulay dans cette interview, les experts-comptables peuvent aussi sublimer l’expérience des clients en transformant cette menace en opportunité. C’est cela aussi, et surtout, la transformation digitale : une opportunité très forte de s’améliorer, sous la pression d’un monde qui change tant qu’il en est encore temps. Ceux qui auront perçu cette opportunité sont ceux aussi qui se seront donné les moyens de progresser et de faire évoluer leurs offres et leur personnel (c’est ce dernier point qui va être crucial, comme nous l’avons évoqué dans une présentation récente sur la transformation RH lors d’une conférence du CCM Benchmark group en juin 2015).

Comme quoi la grenouille, pour peu qu’elle s’en donne les moyens, peut encore sortir de la casserole et progresser rapidement en faisant de cette transformation digitale un aiguillon positif.

Interview de Michael AZOULAY, Président de Selfmed, éditeur d’une solution d’automatisation comptable en temps réel de la comptabilité des libéraux de santé (médecins, infirmières, kinésithérapeutes …)

 

Qu’est-ce que la transformation digitale chez les experts comptables ?

Dans la transformation digitale du métier comptable, il y a 2 parties :

  1. La première, qui est déjà faite, c’est l’évolution digitale de la production comptable, c’est à dire ce qui se passe entre les 4 murs du cabinet. Il y a parmi cette évolution la digitalisation de certains process auprès du cabinet, la numérisation des factures, la télétransmission des déclarations à l’administration fiscale etc.
  2. La seconde partie, qui reste à venir, c’est ce que propose Selfmed : une digitalisation de l’offre des experts comptables. Le business model de l’expertise comptable doit être réinventé, en tenant compte des nouveaux outils, de la mobilité, du temps réel, et des plateformes sas intelligentes comme nous le proposons, le tout dans une interaction et une offre totalement renouvelée des experts comptables.

Beaucoup d’experts comptables se contentent de faire des efforts dans la production comptable et non dans la transformation digitale du métier en lui-même, pourquoi ?

Aujourd’hui, la partie qui a été travaillée par les experts comptables en matière de numérique, est une partie qui reste invisible pour le client mais qui a permis aux cabinets de générer des gains de productivité. La visibilité de ce travail des experts comptables reste incomplète pour les clients. Il faut être conscient que dans un second temps, la vague digitale introduira nécessairement plus de transparence et plus d’échanges avec la clientèle.

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Transformation digitale : fin ou renouveau des experts comptables ? was last modified: janvier 9th, 2016 by Yann Gourvennec

Conférence RH & Transformation digitale : 200 euros offerts a nos lecteurs (code : rh2015visionary)

Visionary Marketing s’associe une nouvelle fois à CCM Benchmark Group pour vous convier à une conférence sur les RH et la transformation digitale, qui aura lieu le 4 juin 2015, de 9:00 à 17:00 à la Maison Champs-Elysées, 8 rue Jean Goujon, 75008 Paris. Grâce au code promo suivant : rh2015visionary (à entrer au moment de l’inscription), vous pourrez bénéficier de 200 euros de remise immédiate pour la participation à cette journée exceptionnelle. Ne ratez pas cette conférence et inscrivez-vous sans plus attendre.

conférence ccm
code : rh2015visionary

Editorial de Camille Laudet, chef de projet conférences CCM Benchmark

Pour bénéficier de la remise de 200€, veuillez entrer ce code au moment de l'inscription :
Pour bénéficier de la remise de 200€, veuillez entrer ce code au moment de l’inscription : rh2015visionary

« Face à la transformation digitale des entreprises, les Ressources Humaines doivent faire face à de constantes évolutions impactant directement leur fonction. En effet, l’usage des réseaux sociaux, l’utilisation d’outils collaboratifs en entreprise, la robotisation des métiers, l’essor du « Big Data »… posent de nouvelles problématiques auxquelles les DRH doivent répondre afin d’accompagner les collaborateurs dans cette transformation.

Quel est le rôle du DRH dans la transformation digitale de son entreprise ? A quels enjeux doit-il faire face ? Comment piloter les nouveaux dispositifs de formation ? Comment développer le travail collaboratif dans son entreprise ? Quel impact les réseaux sociaux d’entreprises (RSE) ont-ils sur l’engagement des salariés ? Quels sont les impacts sur l’organisation RH et sur le management ? Quels sont les nouveaux outils et les nouvelles pratiques pour développer votre marque employeur ? Comment trouver et attirer les meilleurs talents grâce aux réseaux sociaux ? Quelles sont les opportunités du Big Data pour les RH ? Comment gérer la relation H2M, Human to Machine ? Quelle place pour la robotique dans le recrutement ?

Pour répondre à ces questions, CCM Benchmark réunit de grands acteurs du secteur et des experts lors de cette édition de la conférence « RH & Transformation digitale ». Ils partageront leur vision, leurs conseils et leurs retours d’expérience en matière de stratégies de marque employeur, de recrutement, de travail collaboratif, de formation… pour accompagner la transformation digitale de leur entreprise. Très opérationnelle, cette conférence vous fournira les clés pour comprendre les enjeux actuels auxquels sont confrontées les fonctions RH. »

conférence ccm
code : rh2015visionary

Voici le programme de la journée :

8H30 : ACCUEIL DES PARTICIPANTS

9H00 – LA TRANSFORMATION DIGITALE ET LES INJONCTIONS PARADOXALES

La place de la RH dans la transformation digitale est évidente : il faut faire évoluer les compétences, animer et motiver les équipes ou encore développer l’innovation. Cependant l’innovation digitale établit une rupture avec les modes de travail habituels : organisation plate, intrapreneuriat en rupture avec l’ordre établi, prise d’initiatives en dehors des circuits habituels, esprit « start-up » à l’intérieur des grands groupes … Les incitations à l’innovation sont souvent des injonctions paradoxales, peut-il en être autrement ? Quelles pistes pour que cela évolue ?
Par Yann Gourvennec, CEO & founder, Visionary Marketing Lire la suite

Conférence RH & Transformation digitale : 200 euros offerts a nos lecteurs (code : rh2015visionary) was last modified: juin 1st, 2015 by Cédric Jeanblanc

Transformation digitale : les RH au coeur du processus

Le livre marketing RH, écrit par Franck La Pinta et Vincent Berthelot, aborde le sujet du rôle des RH dans la transformation digitale et pourquoi ceux-ci doivent être au centre de la transformation de ces entreprises. Alors que le salariat se flexibilise, le rôle du RH en interne est remis en cause : ce rôle est pourtant essentiel notamment en termes d’accompagnement dans la transformation digitale de l’entreprise. Voyons avec Vincent Berthelot pourquoi et comment.

Les RH font-ils du marketing ?

Je l’espère. Je me suis associé avec Franck, celui-ci étant expert dans le marketing et moi dans les RH internes. Cela faisait un moment que nous étions discussion et l’idée est venue de la nécessité de parler de ce sujet. Les RH ont un rôle en externe avec le recrutement, mais aussi en interne.

On parle de RH 2.0 (voir cet article de Frédéric Cavazza, datant de 2007) depuis longtemps, où en est-on aujourd’hui ?

Le constat, c’est que cela tourne en rond, tout comme la transformation de l’entreprise. Je pense que l’on manque à la fois de sponsors, de vision, et de pragmatisme. Beaucoup de responsables ont peur du changement et des risques qu’il comporte. La question est de savoir comment faire le premier pas.

Pourtant, même en France, on ne travaille plus comme dans les années 80. Les choses évoluent naturellement.

Oui, par exemple, les personnes travaillent avec leur Smartphone et leur tablette en dehors de leur temps de travail et ont des relations avec la hiérarchie qui sont différentes, mais cela n’est pas vraiment pris en compte par l’organisation, et l’on a des tensions qui se créent. Des tensions avec les syndicats, mais aussi des tensions avec les salariés car les managers ne sont pas formés, ne connaissent pas nécessairement le digital, de même que les employés. Sans accompagnement des RH, on risque d’avoir un problème.

droit à la déconnexion
Le rôle des RH est aussi d’accompagner l’entreprise à travers sa transformation digitale et toutes ses conséquences, comme le droit à la déconnexion, défendu par les syndicats.

Il existe un débat autour de l’annualisation du temps de travail ce qui crée un conflit avec les syndicats.

On voit par exemple le forfait cadre qui commence à être interrogé : un cadre est-il corvéable à merci ? Il y a également le droit à la déconnexion sur lequel la CGT a été en pointe. Il y a une porosité de plus en plus importante entre le privé et le professionnel : on est au travail, on va regarder ses mails perso, et inversement, on est on est chez soi, et l’on va regarder ses mails professionnels etc. On pense que cela est réservé aux jeunes, mais cela touche tout le monde. Il y a également une demande de télétravail, après avoir patiné en France, il est en train de se développer et de changer la donne. Beaucoup d’entreprises passent au télétravail. Les choses sont en train de changer.

Certains annoncent même à terme la fin du salariat.

C’est possible. Les CDI à l’embauche représentent entre 6 et 8 %, le reste étant majoritairement composé de CDD (voir cet article du Figaro). Les CDI qui sont signés dépassent rarement une année et il y a de plus en plus de statuts types auto-entrepreneur : on externalise de plus en plus. La question de la fin des RH se pose également : s’il n’y a plus employé, à quoi servent les RH ? À mon avis, et comme développé dans ce livre, ils servent à bien des choses, et en particulier à avoir une performance économique et une performance sociale. Cette question aurait paru absurde il y a quatre ou cinq ans, mais si l’on est lucide cela reste une vraie problématique.

Les RH ont aussi un rôle à jouer dans la transformation digitale.

Absolument, c’est presque une guerre à celui qui sera plus digitale que l’autre entre la communication, le marketing, les RH etc. Mais la question n’est pas là, la question est de savoir comment changer le quotidien des salariés et des managers, comment travailler différemment, avec les salariés, avec les partenaires etc. pour beaucoup, rien n’a changé. Cette transformation digitale est pour l’instant très superficielle. Prenons l’exemple de l’entretien d’appréciation : l’entretien d’appréciation reste pour la plupart du temps focalisé sur la performance individuelle. Il serait temps de mettre l’entretien d’appréciation aussi au niveau du collectif, du transversal. La performance, c’est aussi un travail d’équipe.

Il reste également beaucoup de travail à faire sur des choses déjà bien établies comme l’usage de l’e-mail…

Il faut revoir tous les processus : nous sommes avant tout sur des process RH, mais il faut revoir chacun des process en se posant la question « qu’est-ce que m’apporte le digital sur ce processus ? », revoir les façons de travailler. Aujourd’hui quand on va au travail, on allume son ordinateur et la première chose que l’on consulte c’est sa liste de mails, pas son réseau social ni son intranet. Il faut faire en sorte de faciliter la vie au travail des salariés.

Il faut peut-être davantage se focaliser sur ce que les gens peuvent retirer du RSE, plutôt que de les forcer à l’utiliser et se poser la question de savoir pourquoi cela ne marche pas ?

Ce serait un bon début, beaucoup de communication est faite, beaucoup de moyens sont mis en œuvre, puis on s’étonne qu’il y ait de la résistance. Personnellement, je n’ai pas envie qu’un rouleau compresseur du digital me roule dessus ! J’ai envie que l’on me propose certaines choses qui peuvent par exemple me permettre de travailler chez moi mais en étant toujours considéré comme productif par mon manager : il faut prendre en compte à la fois les métiers, les personnes et voir en quoi on peut être utile dans cette consommation digitale.

Transformation digitale : les RH au coeur du processus was last modified: septembre 5th, 2015 by Yann Gourvennec

Comment un vélib peut améliorer votre transformation digitale 

Transformation digitale : une affaire de culture et d’art de la négociation

Transformer son entreprise avec le digital (et non pour le digital comme nous l’avons déjà expliqué dans ces colonnes) est avant tout un exercice culturel. J’ai trouvé par hasard ce matin, en me rendant au travail, l’anecdote parfaite, sous forme de fable, qui explique la différence entre une négociation de position et une négociation d’intérêt. Cela me permettra de rappeler certains fondamentaux du travail en commun, préalable indispensable à l’innovation, et a fortiori, à la transformation digitale.

Épisode 1 : le Vélib’ et la transformation digitale

En me rendant à mon travail ce matin, j’ai observé une scène intéressante et révélatrice. Une dame, que j’ai devinée être provinciale, entreprenait de traverser le dangereux passage piéton situé devant la gare de Denfert-Rochereau en passant au rouge. Voyant arriver sur elle un Vélib’, elle hésita un instant en reculant d’un pas, puis au contraire, en forçant le passage. Le Vélib‘ continua sa route à toute allure et heurta légèrement la dame dans son dos, moins par maladresse que pour lui donner une bonne leçon. Là, la dame provinciale s’écria : « ils sont vraiment tous c…s ces parisiens ! » Assertion maintes fois entendue, à tel point qu’elle pourrait être prise pour une évidence. Et pourtant…

Comment un vélib' peut améliorer votre transformation digitale
Comment un vélib’ peut améliorer votre transformation digitale

Et pourtant, traverser au rouge n’est ni un signe de discipline, ni d’intelligence, surtout lorsque le carrefour est si dangereux. Pourtant aussi, si ce carrefour n’avait pas été situé à Denfert-Rochereau mais rue nationale à Lille, par exemple, et que la dame avait été nordiste, je peux parier qu’elle ne se serait pas écriée que « les gens du Nord sont tous des c..s ! »

Car tel est le fondement de la négociation de position : on juge non pas un acte mais la personne du fait de ce qu’elle est et ce qu’elle représente, à moins que ce dernier point soit une circonstance aggravante de ce qui précède.

Il en est de même de la transformation digitale, lorsque deux (ou plus) département sont impliqués. Prenons le cas le plus fréquent, celui de la rencontre, souvent électrique, entre direction marketing et direction informatique. Travailler correctement avec le département d’en face requiert toujours qu’on comprenne les points de vue du camp opposé.

Attention ! Je n’ai pas dit être d’accord, mais juste comprendre. Cette compréhension implique que chaque camp doit être capable de se mettre à la place du camp opposé et de comprendre ses motivations.

Épisode 2 : deux professeurs de Harvard nous enseignent la transformation (digitale)

Getting to yes
Getting to yes

En fait, cela me rappelle un célèbre livre de négociations, un best-seller qui s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, et qui s’appelle tout simplement : getting to yes (soit « comment arriver à un accord » et sous-titré « comment négocier un accord sans céder »). Ce célèbre livre écrit par deux professeurs spécialistes de la loi et de la négociation dans la grande école de Harvard explique comment, sans céder, on peut apprendre à comprendre l’autre pour mieux négocier, non pas sur la position, mais sur les faits.

Étape 3 : la méthode Fisher Ury et la transformation digitale

La méthode de Messieurs Fisher et Ury est très simple. Avec un peu d’empathie et de compréhension, on pourra même s’épargner une longue lecture tellement elle est évidente et facile à saisir. Voici comment la résumer : plus je campe sur mes position, plus il me sera difficile d’obtenir ce que je cherche. Plus au contraire je vais comprendre le point de vue de l’autre, plus il sera facile, en focalisant sur des critères objectifs, d’arriver à une négociation équilibrée et saine.

La méthode Fisher Ury est simple. Elle est divisée en 4 points très faciles à comprendre :

circle chart
circle chart : comment trouver des alternatives (extrait du livre)

1. Isolez les personnes du problème : si je reviens sur mon exemple de la provinciale qui traverse sur le passage piéton dangereux à Paris, son problème n’est pas les parisiens, mais bien le passage piéton. Les parisiens n’ont rien à voir là-dedans. Inutile donc d’essayer de leur mettre sur le dos, si tant est qu’il soient si désagréables, un phénomène pour lequel ils n’ont rien fait. Prenons un autre exemple plus près de la transformation digitale avec le dialogue entre DSI et marketeurs : le fait de travailler pour tel ou tel département n’a aucune importance et ne doit pas entrer en ligne de compte. D’ailleurs, combien de maîtres d’ouvrage sont passés de l’informatique aux métiers en subissant ces négociations de position dans l’incompréhension la plus totale. Cela m’est déjà arrivé, Marketeur, je me suis retrouvé du côté des informaticiens, et ainsi immédiatement méprisé par les autres marketeurs, pourtant mes ex-collègues (et alors que j’en étais un). Repassant du côté des métiers après un séjour dans l’informatique, je me trouvais alors immédiatement méprisé des informaticiens (alors que j’en étais devenu un également). On ne peut jamais gagner à ce jeu là. Tous les maîtres d’ouvrage connaissent ce problème. Les DSI qui vont subir de profonds changements dans les années prochaines (regardez cet article du blog d’Orange business services sur la transformation digitale et DSI) vont devoir changer de métier et sauter de l’autre côté de la barrière. Ils seront donc bien obligés d’isoler les problèmes des personnes qui les portent.

2. Focalisez-vous sur les intérêts non pas sur les positions. Un exemple donné par Fisher et Ury est celui de deux personnes qui sont dans une bibliothèque. L’une d’entre elles se plaint ne pas avoir assez d’air la deuxième, quand la fenêtre est ouverte, de souffrir des courants d’air. La responsable de la bibliothèque vient les voir et prend leur témoignage puis va dans la pièce d’à côté ouvrir la fenêtre en grand afin d’amener de l’air frais sans pour autant qu’il y ait un courant d’air. Cet exemple est typique des négociations sur les intérêts et non sur les positions. Il faut d’abord se focaliser sur l’intérêt des personnes et essayer de les satisfaire en évitant la position opposée qui empêche l’un et l’autre de travailler ensemble. Comment identifier les intérêts : tout simplement en demandant « pourquoi ? » Et également « pourquoi pas ? »

3. Créez vous-même des alternatives à fin de permettre des bénéfices mutuels. Une bonne négociation oblige à ce que les parties sortent gagnantes gagnantes. Si une des parties a l’impression de s’être fait avoir, les négociations ne tiendront pas longtemps, et elles seront rapidement remises en question. Il est donc impératif de laisser les portes ouvertes afin de permettre à chacun de s’en sortir la tête haute. Il suffit d’un peu de réflexion et de ne pas oublier une fois encore de vous mettre à la place de l’autre pour imaginer ce qui pourrait lui permettre de sortir la tête haute de la négociation.

4. Utiliser des critères objectifs : pour éviter la négociation de position, il faut éviter les négociations sur les sentiments et les à-peu-près. Restez factuel, oubliez les à-peu-près, les sentiments approximatifs. Restez donc près des faits, des chiffres, évitez où déminez toutes tous les mauvais arguments en montrant qu’ils ne sont pas recevables. À partir du moment où tous les arguments sur lesquels vous allez pouvoir bâtir votre négociation son parfaitement objectifs, la négociation deviendra beaucoup plus aisée.

Pour réussir votre consommation digitale il va vous falloir faire travailler des gens qui n’ont pas forcément, du moins en apparence, intérêt à travailler ensemble. Ces quelques méthodes vous aideront à aller plus loin. N’en déduisez pas cependant qu’il ne peut y avoir de problème avec les personnes. Il se peut très bien que certaines personnes difficiles viennent vous pourrir la vie et les projets ; et il existe des méthodes également pour traiter avec elles. Les auteurs du livre sus-cité ont bien été capables de négocier avec des terroristes, voilà qui doit être bien plus difficile que d’essayer de faire travailler des départements différents ensemble.

Comment un vélib peut améliorer votre transformation digitale  was last modified: mars 26th, 2015 by Yann Gourvennec

les télécoms acteurs et victimes de la transformation digitale ?

Ma lecture du jour … m’a emmené du côté de cet article de Guillaume Villon de Benveniste qui est l’auteur d’un excellent blog sur l’innovation où il interviewe divers acteurs des nouveaux marchés et se livre à des analyses intéressantes sur certains secteurs comme ici celui des télécoms, à l’aube , je le cite, d’une « troisième révolution industrielle ». Cette analyse m’a intéressé et interpelé au premier plan.

Cette révolution industrielle est en fait déjà une réalité avec, en son cœur, un paradoxe assez étrange, fort bien souligné par Guillaume dans son article. Sans télécoms pas d’Internet, sans mobiles et sans 3G/4G/4G+ etc. pas d’Internet mobile et enfin, sans innovation  permanente, pas de satisfaction clients, car ceux-ci en veulent toujours plus et plus longtemps. Avec l’autre pendant de ce paradoxe de la transformation digitale qui voudrait que ce soient  les Telecoms qui paient et les OTT (les services « over the top » c’est à dire littéralement qui viennent au-dessus du réseau) qui sont responsables des effondrements de marge et donc des difficultés actuelles des opérateurs en Europe (aux Amériques, les prix et les marges sont confortables, comptez environ 150$ pour un accès fibre à faible débit au Canada et environ 60 à 75$ pour un forfait mobile).

Et s’il y avait une autre lecture ?

les télécoms acteus et victimes de la transformation digitale ?

Le data center ultra moderne d’Orange en Normandie (photo visionarymarketing.com) : les Telecoms investissent dans les réseaux, la transformation digitale et les over the top récoltent … Mais est-ce si simple ?

OTT et transformation digitale

Pour les béotiens, les OTT sont les services comme Google Hangout, Skype, WhatsApp, Viber etc. et les nombreux services Internet qui viennent vendre de la valeur ajoutée (avec aujourd’hui Netflix et tous ses camarades américains non encore arrivés ici) sur les réseaux opérés par les opérateurs. En d’autre termes, l’argent changerait de main et ces services OTT vampiriseraient les revenus tout en aspirant des volumes de plus en plus significatifs de la bande passante car ils sont très gourmands. Il suffit de voir les débats incessants sur le supposé blocage de la bande passante de YouTube par les opérateurs. Sans parler des menaces, réelles ou supposées, sur la neutralité du Net et de l’Internet à deux vitesses. Pourtant, la plus grande menace ces dernières années est venue non des géants du Web mais de l’intérieur, en 2012. La révolution industrielle que va vivre les télécoms dans les quelques années qui viennent sera bel et bien industrielle et aura pour enjeu d’une part les coûts internes et d’autre part la taille et le poids internationaux. Affaire à suivre …

trafic mobile des OTT - transformation digitale
La vidéo se déplace – même si ce n’est qu’un début – vers l’Internet. Une opportunité de revenus pour les opérateurs, mais aussi un coût (source : Ericsson en Juin 2013). Ici, il ne s’agit que du mobile, mais le même phénomène est observable sur le fixe

Comment préparer l’Europe à la troisième révolution industrielle ? 

Comment créer les conditions pour que les économies européennes puissent tirer pleinement partie de la troisième révolution industrielle, au moment où les Etats-Unis confortent leur prééminence économique et que l’économie chinoise s’affirme davantage ? Quels rôles les opérateurs télécoms peuvent-ils jouer dans la troisième révolution industrielle ?

I/ Les opérateurs télécoms sont dans une situation paradoxale

Les mutations industrielles profondes, liées notamment à l’avènement de la troisième révolution industrielle, vont créer une forte demande pour une réseau télécom d’une qualité optimale. Par conséquent, les acteurs de réseaux télécoms devraient être davantage valorisés, à

via Industrie et infrastructure | The Innovation and Strategy Blog

les télécoms acteurs et victimes de la transformation digitale ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec