start-up du mois : tripattitude.com, pure player collaboratif à l’assaut du tourisme

imageLa désintermédiation du Web a épargné miraculeusement certains secteurs (l’alimentaire par exemple) et frappé de plein fouet certains autres comme la photographie et le tourisme. Dans ce secteur durement touché, où un acteur historique comme Thomas Cook connaît le pire moment depuis le XIXe siècle qui l’a vu naître, de jeunes acteurs comme tripattitude viennent bousculer encore la donne et qui sait… Peut-être asséner le coup de grâce. Je recevai le 28 novembre 2011 Olivier Le Grelle, fondateur de tripattitude. Interview et zoom sur une start-up et peut-être future star du e-tourisme.

cliquer sur le bouton « play » pour écouter l’interview d’Olivier Le Grelle – 6:15

exclamation-large« les voyagistes n’ont pas assez de valeur ajoutée »

« Ce qui arrive à Thomas Cook est logique » affirme Olivier Le Grelle, jeune entrepreneur et fondateur du site tripattitude.com. « Les voyagistes n’apportent pas pas assez de valeur ajoutée » ajoute-t-il. Car tout se passe désormais sur Internet. « Les voyagistes ne produisent plus rien » poursuit-il, « ils font semblant de vous vendre ce qu’ils n’ont pas créé ». Quiconque a voyagé ces dernières années le sait : un voyagiste, Nouvelles Frontières par exemple, achète un voyage à un autre voyagiste, par exemple un spécialiste des trek, qui achète … la prestation à une petite agence de Marrakech (atlas voyage par exemple). Pourquoi donc passer par un voyagiste qui prend sa marge au passage ? Même si à cette question vous pourriez répondre « du fait de la confiance que j’ai en un voyagiste connu comme Nouvelles Frontières », ce qui n’est pas un point négligeable. Olivier Le Grelle pense au contraire que « les voyagistes mentent aux clients ». Les experts en ce domaine, ne sont donc peut-être plus les généralistes, ce sont les DMC : « destination management companies », autrement appelés « réceptifs » en Français. Il s’agit des agences locales qui « prennent en charge les clients de tous opérateurs sur le lieu de vacances » (lire Wikipédia)

favoriser le circuit court…

Fort de ce constat, tripattitude se propose de limiter le nombre d’intermédiaires et de s’adresser à directement aux DMC. « Nous faisons la même chose que les généralistes, mais nous avons l’honnêteté de le dire » explique Olivier Le Grelle. Pour cela, il faut labelliser les réceptifs, ce qui demande un gros travail en amont en termes de contrats, de recherche de crédibilité et de démarches administratives locales. C’est là le travail de tripattitude.com, mais peuvent-ils s’en tirer tout seuls ?

La communauté va valider

network-largeComment en effet s’assurer que les agences locales sont sérieuses ? Le travail de tripattitude n’y suffira pas, le site agira donc en véritable outil de validation collaborative. Tripattitude n’acceptera pas les utilisateurs anonymes et proposera un scoring sur chaque voyage et voyagiste par les utilisateurs qui pourront s’exprimer au travers de forums dédiés. « C’est la communauté qui va valider » insiste Olivier Le Grelle.

rendre accessible le sur-mesure

Le site agira également sur la base de suggestions émanant de la communauté. Si un opérateur remarque qu’une communauté émet une demande, il pourra ainsi faire une offre adaptée, par exemple, pour 15 à 20 personnes. Les voyageurs peuvent donc créer un produit sur mesure de façon dynamique et ensuite chercher leur co-voyageurs. Une sorte de « onvasortir » du tourisme en somme, un concept déjà éprouvé ! Ce qui fait dire à Olivier Le Grelle que sa société devient le « Groupon » du voyage. Souhaitons-leur moins de soucis avec leurs clients.

un concept nouveau, une fenêtre de six mois

aeroplane-largePeu de concurrents existeraient encore selon M. Le Grelle. Groupenture aux US semble assez seul mais « 2 concurrents vont naître outre-Atlantique et 3 en France » précise Olivier Le Grelle. Ce qui fait dire au fondateur de la start-up qu’il a « six mois de répit jusqu’à l’arrivée du prochain acteur ».

Tripattitude (qui a levé €220k de fonds d’amorçage selon Frenchweb) va se mettre bientôt aux médias sociaux (blogs et twitter notamment), et il pense devenir leader des agences en ligne. Le site anglais lui, n’est pas encore lancé mais il viendra bientôt. Manque encore une version pour les mobiles, mais qui ne saurait tarder je suppose, vu l’importance que ce mode d’accès à l’information prend aujourd’hui.

En dehors des défis habituels de ces sortes de communautés (montée en charge, participations et décollage) que même des géants comme Google rencontrent malgré leur empreinte dominante, Tripattitude va devoir s’imposer sur ce marché hyper concurrentiel ; l’internationalisation n’est pas non plus triviale, dans une Europe où les comportements sont si radicalement différents, et les acheteurs en grande partie idiosyncratiques. Ceci étant, en surmontant ce défi du réseau et celui de la crédibilité de la confiance, on peut entrevoir un réel potentiel sur un marché en difficulté et où l’atentte des consommateurs est réelle.

Souhaitons-leur bonne chance dans cette aventure.

start-up du mois : tripattitude.com, pure player collaboratif à l’assaut du tourisme was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Buyster.fr : « Paypal n’est pas une menace » 2/2

Suite de l’interview de Laurent Bailly, Directeur Marketing de Buyster.fr, la start-up du m-paiement dans laquelle les 3 opérateurs mobiles actuels ont investi avec Atos.  Dans cette deuxième interview, Laurent  a répondu à la question à 100.000 € : « Paypal a annoncé sa présence sur le marché du paiement mobile, est-ce une chance ou une menace pour Busyter ? » …

« Finalement, on est content qu’un grand acteur comme Paypal démontre des nouveaux usages, y-compris sur le mobile » a répondu avec sagesse Laurent Bailly, car les lecteurs de Visionary Marketing le savent bien, évangéliser seul sur un nouveau concept est une bien mauvaise idée. Le fait que le géant du paiement alternatif en ligne, propriété du non moins gigantesque ebay, « montre qu’il y a un marché, sur le paiement en ligne et au-delà » ajoute Laurent Bailly.
décalage du marché vers le monde réel
Mais le plus intéressant n’est pas dans le paiement en ligne, mais dans les nouveaux usages se dessinent, qui sont principalement au nombre de 2 :
  1. avec le mobile, dans un magasin ou dans la rue, je peux mettre des produits dans un panier et le payer et le recevoir chez moi plus tard [voir cet exemple dans le métro Coréen];
  2. je suis dans un magasin, je commande un article et je viens chercher le produit et le paie avec mon mobile [voir cet exemple chez Pizza Express à Londres réalisé avec Paypal].
Buyster va donc dans les prochaines semaines dévoiler son offre dans ce domaine.
le temps de l’innovation
Mais le décollage de ces nouveaux usages ne sera pas instantané. En effet, « le développement va dépendre essentiellement des commerçants » prévient Laurent ; c’est encore tôt pour dire quand cela va arriver car il y a des implications à la fois sur les modes d’étiquetage et aussi sur les infrastructure de caisse des magasin.
Un peu trop tôt mais bien prometteurs néanmoins. Rendez vous dans 5 à 10 ans ! La révolution du paiement n’est plus très loin.
Buyster.fr : « Paypal n’est pas une menace » 2/2 was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Buyster.fr : en 1 mois, 50 e-commerçants ont été conquis (1/2)

Laurent Bailly de Buyster.fr

J’ai reçu Laurent Bailly, directeur Marketing de Buyster.fr la semaine dernière. Laurent s’est livré à l’exercice du bilan, 1 mois après le lancement officiel de la start-up, lors de la conférence e-commerce 2011 à Paris. Arrêt sur image …

Nous avions annoncé la création de Buyster sur ces pages il y a déjà 8 mois de cela. L’annonce officielle du lancement de la start-up a été faite au salon e-commerce 2011, mi Septembre, et donc un peu plus d’1 mois après, il m’a semblé opportun de dresser le bilan de ce nouveau mode de paiement issu de la collaboration entre Atos et un consortium regroupant les 3 opérateurs français mobiles actuels (transparence : je travaille pour Orange).

1 mois après, Laurent Bailly nous annonce déjà une cinquantaine de e-commerçants conquis par Buyster. Et ce n’est pas tout : lors du salon, la jeune pousse s’est vue décerner le prix de la sécurité ; “une belle preuve de confiance” a ponctué Laurent Bailly.

Dans cette première vidéo, Laurent fait essentiellement le bilan. Certes, le chiffre d’affaires n’est que naissant, mais les premiers résultats sont prometteurs. Dans une 2ème vidéo, nous irons un cran plus loin et demanderons à Laurent si :

  1. Paypal est une menace ou une opportunité pour Buyster ;
  2. Quels sont les challenges en termes d’usage.

La bataille du paiement mobile n’est pas gagnée, mais ellen’a jamais été en meilleure voie.

A suivre sur visionary marketing  …

Laurent Bailly, Directeur Marketing de Buyster.fr dresse le bilan 1 mois après
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paiement et 360° avec Paypal – #hubforum

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la table ronde du hubforum sur les paiements électroniques

Delpirou-JessicaNous avons assisté à la table ronde sur les paiements en lignes à laquelle participait Jessica Delpirou, directrice Marketing de Paypal (photo sur la droite). Paypal a “5 millions d’utilisateurs actifs en France et 22.000 commerçants adhérents en France” a précisé Mme Delpirou en forme d’introduction. Le moyen de paiement n’est en effet “pas le dernier maillon mais un élément essentiel dans la stratégie d’un site de commerce électronique”. Les tendances d’évolution du paiement en ligne sont multiples, et Mme Delpirou a joué  sur le terme à la mode SOLOMO, en proposant une alternative qu’elle a intitulée :  Molosovie (mobile/local/social/vie). Explications de texte avec Jessica Delpirou.

mobile

  • Les applications sont utilisées en permanence. L’application e-bay qui a été téléchargée 30 millions de fois dans le monde intègre des moyens de paiement
  • Paypal ne se postionne pas sur la technologie: le NFC est considéré par eux comme une des technologies possibles mais pas la seule. Paypal préfère se focaliser sur les usages
  • 5832540904_90d3ef11ff_zPizza Express : en Angleterre, on permet aux clients de payer leur addition chez Pizza Express via Paypal sur mobile ce qui évite d’avoir à attendre que la serveuse revienne avec le terminal de paiement a expliqué Jessica Delpirou de Paypal

local

  • le mobile influence le “local”, le phénomène qui consistait à prendre des parts de marché au local est en train de s’inverser.
  • le mobile et le local sont en train de fusionner, “tout cela ne sera bientôt qu’un seul univers” a jouté Jessica Delpirou, montrant ainsi que les rêves de commerce personnalisés de la fin des années 90 sont en train de se réaliser

social

  • PayPal porte dans son nom (“paie ton ami”) le social a expliqué Mme Delpirou et permet donc déjà le paiement en peer to peer
  • On s’aperçoit de plus en plus que des petites boutiques start-up se lancent uniquement en boutiques facebook, mais il est trop tôt pour indiquer si cela est une tendance de fond a dit la représentante de Paypal

digital

  • le paiement se trasnfère vers le numérique : exemple : Farmville vend 500.000 tracteurs virtuels par jour, John Deere quelques milliers seulement !
paiement et 360° avec Paypal – #hubforum was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

e-loue.com, le Priceminister de la location en ligne

DSC_4187Le 22 septembre, je recevai Alexandre Woog – découvert par hasard au détour de LinkedIn – le jeune et dynamique patron de la société e-loue.com. E-loue, c’est un peu le priceminister de la location. Ce site prometteur est déjà une réussite sur un marché en plein essor et que peu d’acteurs traditionnels ont investi, y compris les poids lourds du secteur. C’est le cas notamment de Kiloutou par exemple qui ne s’est lancé que le jour de l’enregistrement de cette vidéo ! Et encore, ils ne permettent, selon Alexandre, que de « réserver leurs produits en ligne » ; Loxam serait quant à lui moins avancé. E-loue travaille avec beaucoup de professionnels et profite de cette explosion actuelle du e-commerce. Zoom sur une future star du e-commerce français et peut être même européen :

[photo Yann Gourvennec : http://bit.ly/picasayann]

la location garantie

L’avantage concurrentiel de E-loue ? Le développement d’une plate-forme technologique qui leur permet la réservation et le paiement en ligne (avec Paypal), soit mieux que ce que font – on ne font pas – les acteurs traditionnels du secteur. Ce qui fait aussi et surtout le point fort du site, c’est que quand on a envie d’une location, dès le premier jour, le débiteur est débité. La société joue ainsi le rôle de tiers payant certificateur, et le dernier jour de la location, e-loue paie enfin le loueur, moins les 15 % de sa location (depuis 2011). L’annonce elle, reste gratuite. On peut donc dire que c’est une sorte de Priceminister de la location, qui assure une location garantie.

Les loueurs sont à la fois des pros, mais aussi de simples quidams qui travaillent selon un contrat de location pré rempli avec les coordonnées à la fois du loueur et du locataire, issues du formulaire d’inscription. La location est aussi assortie d’une assurance, qui permet de garantir l’intégrité de l’objet loué. Quand il s’agit d’une voiture, car e-loue permet aussi de louer sa voiture, c’est la société MMA qui remplit son rôle d’assureur. E-loue est donc, pour les loueurs individuels, un bon moyen de rentabiliser ses achats, pourvu qu’on soit un peu prêteur, et pour les professionnels, le site agit comme une place de marché.

DSC_3646-028-JPEGe-loue permet aussi la location de voitures … et de limousines [photo Yann Gourvennec : http://bit.ly/picasayann]

assurance et prévention des fraudes

Dans le cadre d’une location de voitures par exemple, peut-il y avoir des arnaques à l’assurance ? Par exemple, un loueur et un locataire pourraient-ils s’entendre pour faire disparaître un véhicule afin de toucher la prime ? Selon Alexandre, « ceci existe mais il existe une surveillance statistique qui permet d’éviter les fraudes ». Le but du site est d’assurer la qualité du service aux loueurs et aux locataires dans toutes les annonces.

tout se loue : même les chèvres !

Et le plus drôle c’est que tout se loue, pas seulement des voitures. Il y a un an, e-loue a lancé une opération pour louer des chèvres pour tondre son jardin ! « C’est venu un peu par hasard » ajoute Alexandre Woog, parce que quelqu’un avait mis une chèvre sur le site et que cela avait amusé le webmaster. Mais il y a encore plus gonflé avec un coup de buzz plus récent, et aussi un peu plus douteux, où e-loue a permis de « louer une petite amie » avec un site provoque éponyme loueunepetiteamie.com. Les mauvaises langues diront que la première opération ciblait les légionnaires sans doute …

L’avantage au premier innovateur aurait permis, selon son créateur, à e-loue de devenir leader en e-location en France, même s’il n’est pas seul sur le territoire français, avec zilok.com (ndlr : je n’ai pu vérifier cette information, mais nul doute que les représentants de Zilok sauront se manifester). Le marché bouge beaucoup aux États-Unis (iRent2u, rentacenter.com) mais quand on regarde en Europe, l’occupation du terrain est assez légère ; au-delà, il y a la Nouvelle Zélande, mais à part les ballons de rugby et les moutons … Si l’on omet erento en Allemagne (qui sont plus sur une cible B2B) il n’y a pas grand-chose sur le marché européen, et voici donc une réelle opportunité de croissance pour la jeune société française.

Un peu comme Priceminister, les médias sociaux ne sont pas favorisés pour la communication ; le site, communautaire par nature, préférant sa messagerie interne pour véhiculer les messages entre membres.

La société semble avoir de beaux jours devant elle. « La consommation devient collaborative » ajoute Alexandre Woog, il y a beaucoup de lancements dans ce domaine. « Mais e-loue est un pionnier, et avec la crise qui monte, le site présente une bonne solution pour mettre en relation, faire des économies et dégager du pouvoir d’achat pour les consommateurs » conclut Alexandre. E-loue ne devrait-il pas être dans le programme de nos futurs candidats à la présidentielle de 2012 ?

un peu de calcul … et encore un petit défi

Avec un chiffre d’affaires de €500 000 alors que 2011 est sa première année payante, e-loue va réaliser l’essentiel de son chiffre d’affaires sur les 15 % pris sur les annonces qui elles, restent gratuites.

C’est une petit start-up qui emploie déjà 11 personnes, et le chiffre d’affaires, un peu court pour essayer de faire vivre tant de monde, a dû être complété par une levée de fonds de €500 000. Mais les prévisions sont prometteuses pour l’année qui vient, avec plusieurs millions de chiffres d’affaires selon Alexandre Woog ; la progression du chiffre étant en ce moment étant de plus de 30 % par mois. Si ces chiffres se maintiennent, la croissance devrait être au rendez-vous

Note : un bref calcul sur la base de 40k€ de CA par mois avec 30% de croissance de mois en mois nous amène à 3 millions d’euros exactement ; ceci avec une croissance hypothétique linéaire.

E-loue a résolu avec vista un des problèmes majeurs liés aux sites de location en ligne : la confiance (voir cet article du New York Times). Reste l’autre problème récurrent des sites de location en ligne : la masse critique. Le temps nous dira si e-loue arrivera à le surmonter aussi.

interview d’Alexandre Woog en 3 minutes, fondateur de e-loue.com
e-loue.com, le Priceminister de la location en ligne was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec