les blogs constituent-ils (toujours) une opportunité en B2B ?

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Suite de ma série sur les blogs démarrée il y a 2 jours. Mes confrères membres de Media Aces posent – dans leur débat du lundi – la question de l’avenir des blogs, et apportent des réponses variées à ce sujet. Ceci est la deuxième question, dédiée au B2B :

Question numéro 2 : Les médias sociaux et les blogs constituent-ils une opportunité en B2B ?

Malgré l’accroissement des difficultés citées dans l’article précédent [les blogs d’entreprise sont-ils (à nouveau) morts ?], les blogs reste incontournables, notamment dans le domaine business-to-business afin de dynamiser la présence de la marque sur Internet. Ils fournissent une incomparable dynamique de référencement et de rafraîchissement des contenus, permettent l’émulation dans les équipes (au travers de l’UGC) et l’amélioration du travail sur le terrain (notamment pour les populations de consultants, le blog est un outil de publication quasi indispensable). Ils permettent également de sortir des discours ampoulés et standardisés, d’apporter du rythme dans les contenus de marque et de redonner de la vie au site Web. Ceci me fait dire, qu’au-delà d’un travail circulaire autour des médias sociaux, le véritable avenir des médias sociaux en entreprise est la socialisation des sites Corporate et e-business, plus que la maintenance artificielle d’un cyber babillage plus ou moins utile sur des plates-formes sociales très grand public. Le blog d’entreprise, notamment en B2B, où la notion d’expertise est véritablement très importante, permet de remplir le rôle de catalyseur pour une politique de contenus de marque afin de préempter une catégorie.

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[illustration avec les 3’ du Professeur Audenard]

C’est même la base du marketing en B2B : dans ce domaine, il faut prouver qu’on est le meilleur, avec des arguments techniques et rationnels, non par de la publicité affective. Le marketing business-to-business étant essentiellement affaire d’écosystème, je continue à penser que les blogs et les médias sociaux ont un rôle particulier à jouer dans ce domaine. Cependant, et la crise va nous le rappeler tout au long de 2012, faire des médias sociaux ou des blogs, de façon déconnectée du business ou sans objectif professionnel réel, n’a aucun sens. Et comme le moment des économies va bientôt arriver, les activités qui ne pourront justifier d’une utilité proche du terrain, ou d’une utilité en termes d’économies, ne pourront aller plus loin. Il est donc indispensable de commencer, si ce n’est déjà fait depuis longtemps, à mesurer son activité dans les médias sociaux et dans les blogs au travers de son utilité commerciale et/ou para-commerciale. Une bonne idée, que j’ai initiée il y a déjà quelques années et que je conseille systématiquement est de mesurer l’impact de la génération de contenus via les blogs et le contenu généré par les utilisateurs en termes d’économie sur la production de contenu acheté à l’extérieur. Les résultats et les chiffres sont souvent spectaculaires !

les blogs constituent-ils (toujours) une opportunité en B2B ? was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

les blogs d’entreprise sont-ils (à nouveau) morts ?

eye-largeMes confrères membres de Media Aces posent – dans leur débat du lundi – la question de l’avenir des blogs, et apportent des réponses variées à ce sujet. La mort des blogs – surtout des blogs d’entreprise – a déjà été annoncée il y a longtemps et à plusieurs reprises alors que, paradoxalement, le « content marketing » (alias Brand Content en ‘Français’) a acquis ses lettres de noblesse. Voici donc, au risque de me tromper, ma réponse contradictoire en 3 questions, et en 3 articles distincts :

Question numéro 1 : parallèlement à la montée en puissance des médias sociaux, le blogging se professionnaliserait. Quelles conséquences pour les entreprises ?

Comme cela est arrivé déjà aux États-Unis il y a plusieurs années, les blogs se sont professionnalisés sous l’effet d’une triple poussée :

[image cc 2012 l’Antimusée http://antimuseum.online.fr]

D’une part, l’arrivée des journalistes des médias traditionnels sur les nouveaux supports, de gré ou de force. Il est faux de dire que les journaux ont nié l’existence Internet. Ils ont même été parmi les premiers à se lancer dans la fin des années 90. Mais ils n’y ont pas trouvé les modèles économiques nécessaires à leur développement, et ont été déçus par la capacité de générer des revenus suffisants au travers du modèle publicitaire traditionnel. Certains groupes journalistiques comprennent mieux que d’autres l’importance de l’Internet, et arrivent à s’adapter voire créer de véritables empires électroniques ; c’est le cas du groupe Le Figaro (cf. Soft Power du 27 novembre 2011, France Culture), qui a même su redonner vie aux bonnes vieilles annonces classées sur Internet. Tout ceci fait que le domaine du blog, notamment sur les sujets high-tech mais aussi sur les sujets politiques et de culture, sont très nettement investis par les journalistes traditionnels et professionnels.

Deuxièmement, on assiste à une professionnalisation, ou à tout le moins un plus grand professionnalisme de certains blogueurs, dont certains n’hésitent pas à créer des sources de revenus – les élus ne sont pas nombreux – qui peuvent parfois être un bon complément de salaire. Comme souvent sur Internet, c’est la loi de Zipf qui l’emporte, avec une starification des premiers, ce qui déclenche inévitablement des comportements déviants de la part de certaines entreprises et agences de RP qui n’hésitent pas à payer les blogueurs pour dire du bien de leurs produits, en toute illégalité (rappel des bonnes pratiques : http://media-aces.org/transparence).

Troisièmement, la prise en main du monde numérique par les professionnels eux-mêmes : analystes, consultants et dans une moindre mesure, entreprises elles-mêmes.

Après une période au début de l’année 2008, où l’on a annoncé prématurément la mort des blogs, force est de constater, à l’inverse, une professionnalisation de ce paysage avec un phénomène triple que l’on pourrait décrire de la manière suivante :

  1. Un fort renouvellement des blogueurs, dont on pourrait dire que nous en sommes déjà à la quatrième ou cinquième génération depuis 2004. Il n’est pas rare que les anciens blogueurs abandonnent leur support (souvent à la faveur de la découverte d’un nouveau travail par exemple), ou que, un peu fatigués du travail requis par la maintenance d’un blog, ils décident de se rabattre sur un outil moins exigeant comme Twitter par exemple, en ne faisant plus que de la veille et du relais d’information, sans oublier ceux qui se sont réfugié dans la simple compilation (rebaptisée « curation ») de contenus;
  2. Pour éviter l’effet de lassitude décrit ci-dessus, on assiste à la constitution de blogs, notamment pour les plus populaires, autour d’équipes multiples, ce qu’on appelle aux États-Unis du « guest blogging » (Presse Citron, Mycommunitymanager,…);
  3. Un accroissement de la difficulté à entrer dans les classements de blogs (wikio en France, Technorati à l’international) du fait de la forte concurrence. La quasi-totalité des blogs faisant moins de 10 visiteurs par jour, il y a beaucoup de candidats et peu d’élus.

En conséquence de quoi, la concurrence est très vive sur ce marché, ce qui n’est pas étonnant, car le blog est un moyen très prisé de préempter une catégorie. C’est une technologie très dynamique, qui permet un référencement hyper rapide (mon blog Visionary.wordpress.com par exemple, se référence en moins de 15 minutes sur Google France, et chaque article passe quasi instantanément dans Google actualités). Les places sont chères aujourd’hui cependant et il est donc de plus en plus difficile de se positionner, notamment sur les catégories les plus prisées. Le classement de wikio/e-buzzing sur les blogs high-tech comporte environ 2000 blogs parmi les plus populaires, il est difficile de trouver une place parmi eux ; même et surtout pour un professionnel. Le travail pour un blog de marque est en effet encore plus difficile que pour un individu. Il faut d’abord prouver que la marque n’est pas en train de vendre ses produits, qu’elle est sur Internet, au contraire, pour apporter un service, une information, un lien « qui importe plus que le bien » (cf. Bernard Cova).

Dans le cas où vous cherchez à positionner un nouveau blog à l’international et en Anglais, la tâche n’en sera que plus difficile. La concurrence y est encore plus rude, et vient du monde entier, avec un avantage concurrentiel non négligeable aux pays où l’Anglais est la langue maternelle (pour s’en rendre compte, voyez le classement http://adage.com/power150/ pour les blogs de marketing).

En conséquence de tout cela aussi, le rythme de mise à jour des blogs s’accentue de façon considérable. Alors qu’en 2008 10 articles par mois étaient nécessaires pour faire vivre un blog correctement, je considérerais en 2011 qu’à moins de 20 ou 30 articles mensuels, vous n’existez pas ! Les systèmes de notation comme Klout (http://klout.com) par exemple accentuent encore ce phénomène, en pénalisant les utilisateurs, notamment ceux du B2B, qui relâchent leurs efforts notamment pendant le week-end et les vacances.

les blogs d’entreprise sont-ils (à nouveau) morts ? was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Facebook : les (vrais) fans aiment les marques, certaines plus que d’autres

Je parle souvent des marques aimées, une segmentation issue d’un travail sur les marques et Internet réalisé il y a quelque temps avec Synthesio, et qui est toujours d’actualité. Souvent, ces marques aimées ne prennent pas la parole, voire sont réticentes à toute intervention, allant jusqu’à développer le culte du secret (ce qui déclenche les rumeurs les plus folles de la part des fans qui, pour une fois, portent vraiment bien leur nom).

Il arrive même que les fans aillent au-delà et n’hésitent à détourner le logo en question (le mail de l’administrateur confirme une page non officielle). La marque n’intervient pas. Au cas – improbable – où ce serait elle-même qui organiserait son détournement (cette communauté est promue via la publicité Facebook, c’est comme cela que j’y suis arrivé), il y a de quoi hérisser le poil à bon nombre d’Ayatollahs du “branding” …  mais aussi de combler les amoureux de la marque. Et si l’on veut à nouveau se convaincre que ce n’est plus de l’amour mais de la rage, il suffit d’aller voir les classements d’engagement où une bataille BMW/Audi semble faire rage entre marques allemandes. En tout cas, le taux d’engagement est maximum et le filtrage des photos va bon train. Inutile de poster une photo qui sort de leur charte éditoriale !

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Facebook : les (vrais) fans aiment les marques, certaines plus que d’autres was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Médias sociaux : les blogueurs qui bloguent sur les blogueurs qui bloguent ?

le petit monde des médias sociaux tourne-t-il en rond ?

Je vais bientôt attaquer le millième article sur ce blog. Si j’ajoute mes articles en Anglais, cela pourrait atteindre 1300. Certes, nous nous y sommes mis à plusieurs, mais cela fait quand même du travail ! Et ceci sans compter les nombreuses pages publiées sur Visionarymarketing.com depuis 1996 et que j’ai enlevées récemment afin de me concentrer sur mes blogs. Et encore, je ne compte pas les articles sur des sujets annexes comme les aquarelles ou la photographie. Or, une chose m’interpelle depuis peu : le phénomène des blogueurs qui bloguent sur les blogueurs, pas nouveau en soi, s’accentue encore, malgré la maturation du secteur. Zoom et débat (si vous le voulez) sur les bons et les mauvais côtés de ce phénomène :

lesblogueursquibloguent

[photo Yann Gourvennec http://bit.ly/picasayann cc 2012]

Community Management über alles

Les articles traitant des médias sociaux et en particulier du Community management au sein des entreprises, s’envolent. Un post sur le sujet amènera plus d’une centaine de Tweets (plus de 320 pour mon record). Ça commence à faire pas mal ! D’une certaine manière cela montre la puissance des médias sociaux, d’autres part, on est toujours à l’intérieur d’un phénomène incestueux. Reste à faire la démonstration en dehors du Community management. Car les articles « sérieux » sur des sujets d’économie, et même d’économie numérique, attirent quant à eux beaucoup moins de visites, même si parfois on peut faire de jolis scores comme sur cette vidéo de seedbees.com enregistrée à son lancement.

scoop’it s’envole !

scoopit

En soi, c’est une bonne chose. Je suis devenu un récent converti à l’outil de Marc Rougier de Guillaume de Cugis. J’y reviendrai bientôt sur ce blog. Mais d’un autre côté, ceci renforce l’idée que les « geeks » ont pris le pouvoir. Sur la plupart de mes articles d’aujourd’hui environ 50 % des commentaires proviennent de scoop’it, encore plus dès que le sujet se rapproche des blogueurs qui bloguent …

les commentaires se déplacent

Au début des blogs, les commentaires se faisaient sur… Les blogs. Il y a quelque temps déjà, Jacques Froissant me faisait remarquer que les commentaires sur son blog se déplaçaient sur Facebook. Cela est certainement dû au fait que son sujet de prédilection étant le recrutement, et que les principaux clients pour ce sujet étant les jeunes et les étudiants, Facebook est particulièrement adapté. Pour ce qui me concerne, le déplacement des commentaires se fait vers LinkedIn.

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Depuis l’instauration du bouton du partage du célèbre réseau social américain (voir ci-dessus) , il n’est pas rare que sur certains sujets j’aie un nombre similaire, voire supérieur de partages via le réseau social professionnel que via Twitter. Quand on a un réseau comme le mien de plus de 3.500 contacts professionnels (il s’agit de contacts choisis rassemblés patiemment depuis 2004 ), ceci peut être particulièrement puissant.

certains articles des grands médias pataugent

Un de ces derniers week-ends, je lisais un article sur un sujet brûlant des télécoms dans le Figaro (sujet que je m’interdis de commenter un public vu mon occupation professionnelle ; mais cela n’empêche pas de se renseigner …). Malgré un titre racoleur (et pus que légèrement décalé par rapport aux dires de l’interviewé d’ailleurs), la faiblesse des tweets était frappante (moins que sur mes articles les moins repris ; il y a eu du mieux depuis, mais cela reste faible). Et pourtant, c’est toujours un sujet high-tech. Ceci voudrait-il dire que les blogs ont pris le pouvoir sur ce domaine des hautes technologies ?! Cela est possible, mais nous sommes toujours dans le domaine très fermé de la high-tech et des « dindes qui votent pour Noël ».

la vitesse de libération

Sans titreNous venons de franchir un pas très important. Il y a huit ans lorsque je suis passé du site aux blogs, la volumétrie n’a pas tellement changé au début (et pourtant, je suis vite devenu numéro deux des blogs marketing dans le classement wikio, devenu aujourd’hui e-buzzing, vers 2006 2007). La vitesse de libération est désormais atteinte, le rythme de publication s’accélère, le décollage des « médias alternatifs » est fulgurant. Regardez dans la high-tech, un Korben ou un presse-citron ou un Frenchweb et un Locita qui sont devenus de véritables contre-pouvoirs numériques. Reste à reproduire cette vitesse de libération sur de véritables journaux en ligne qui parlent d’autre chose que de technologie et qui ne se fassent pas racheter par des titres de la Presse classique. Affaire à suivre…

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[même sur le très médiatisé Huffington Post, et sur un sujet aussi brûlant que le premier tour des élections d’hier, déjà 30 commentaires sur cet article à la Une, mais très peu de partages. Y aurait-il 2 types de lecteurs ?]

parler d’autre chose…

Justement, il est donc temps de parler aussi d’autres choses pour éviter l’asphyxie. C’est pour cela que je continue et continuerai à écrire des articles moins populaires et plus proches de ce que, bien égoïstement, j’aurais moi-même envie de lire !

Médias sociaux : les blogueurs qui bloguent sur les blogueurs qui bloguent ? was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Synthesio : « médias sociaux : vers de profondes réorganisations des entreprises »

hqdefaultEn Juillet 2010 j’interviewais Loïc Moisand, le co-fondateur de Synthesio. Loïc me fournissait alors ce qui allait devenir un des piliers de notre livre Les Médias Sociaux Expliqués à Mon Boss à savoir une lecture très synthétique et visionnaire typologie de marques appliquées aux médias sociaux. Retour sur ces points avec Charlotte Lesage, Community Manager chez Synthesio, 1 an 1/2 après (soit environ 70 ans en années social media) et en images :

Tout d’abord, une transcription sommaire de l’interview

Rappelons d’abord le classement, toujours valable, des 4 catégories de marques différentes :

  1. marque vitale
  2. sous le radar
  3. fonctionnelle
  4. passionnante

Cette typologie permettait aux entreprises de savoir ce qui se disait (ou pas) sur elles et de déterminer leur stratégie numérique et les tactiques sur les médias sociaux associées. Un an après, “ce qui a changé, c’est que la démarche des entreprises est devenue proactive et non plus seulement passive (écoute)”.

La question de savoir si on va ou on ne va plus sur les médias sociaux ne se pose plus”.Il est maintenant évident qu’on doit être sur les médias sociaux et qu’on ne doit pas y être pour rien. Il est question de savoir ce qu’on y fait et de déterminer quel contenu utile on doit diffuser à ses clients.

Synthesio confirme donc bien la fin du début des médias sociaux annoncée par media aces

une réorganisation profonde des entreprises

CRM/ Marketing et R&D ne peuvent plus travailler dans leur coin mais vont devoir mettre en commun leurs informations et collaborer. Combien de temps cela va-t-il prendre ? Quelques mois selon Charlotte, et “2012 sera un tournant” annonce-t-elle. Les plates-formes de Social CRM vont donc s’améliorer et permettre de récupérer l’information et de la transmettre au bon département. Ainsi, Synthesio développe Unity (déjà utilisé par certains clients) :agréger, structurer et lier et organiser les réponses.

Puis l’interview elle-même

Synthesio : « médias sociaux : profondes réorganisations des entreprises »

Le livre blanc de Synthesio intitulé « le Guide de l’E-reputation et du Social CRM » est disponible sur l’espace Slideshare de l’éditeur.

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