07/5/13

5 préjugés sur Pagesjaunes, géant du marketing B2B – interview de Julien Billot

julien-billotNous sommes tous, au-moins à certains moments, sous l’emprise de préjugés qui nous font croire des choses qui ne résistent pas à l’épreuve des faits. C’est ce dont je me suis encore aperçu lors d’une discussion avec Julien billot, DGA de Solocal group (ex Pagesjaunes) qui m’a permis de démonter les préjugés que nous pouvons avoir sur le sujet du Solomo (cartographie, annuaires et mise en relation avec les professionnels en ligne). Il ne s’agit pas d’une affaire réglée, où Google règnerait en maître, et où ils auraient tout écrasé sur leur passage. Du moins, pas en France ! La vérité en chiffres, sur le village gaulois des services de relation aux professionnels avec cette interview exclusive de Julien Billot (cf. photo) réalisée il y a quelques semaines.

rollodexPréjugé numéro 1 : Pagesjaunes est un annuaire. Ce n’est pas tout à fait faux, mais le champion historique français des annuaires professionnels est devenu bien plus que ça : « c’est une plate-forme de mise en relation » selon Julien Billot. Car ce qui intéresse le professionnel, c’est qu’on le promeuve, qu’il soit vu en ligne ou sur papier et que sa notoriété croisse ainsi que son business. Pagesjaunes réalise tout un attirail de mise en relation, des bannières pour promouvoir des professionnels, des pages d’atterrissage et aussi des sites Web. Surtout, l’entreprise française va bien au-delà du simple annuaire de téléphone, en fournissant la certification des informations sur les professionnels grâce à sa base de connaissances et à sa présence sur le terrain. En fait, le vrai métier de Pagesjaunes c’est de donner “toutes les informations pour permettre aux consommateurs de choisir un annonceur”. On joue quelque peu sur les mots ici, mais on comprendra aisément le positionnement.

newspaper-largePréjugé numéro 2 : l’annuaire papier est mort. Rien n’est moins vrai. Certes, 60 % du chiffre d’affaires et des « vues » Pagesjaunes se réalisent en ligne, mais il faut souligner que le papier est encore distribué à 20 millions d’exemplaires. Il y a certes une perception assez parisienne et biaisée, qui veut que l’annuaire papier a disparu, mais en fait, nombre de provinciaux préfère encore le papier et ce pour des raisons pratiques ; l’ordinateur, dans un habitat horizontal, n’étant pas toujours à portée de main. Certaines régions résistent mieux que d’autres à cette survie du papier. Bordeaux est une région papivore par exemple, la région parisienne, tend à voir sa distribution baisser. Car Pagesjaunes, autre préjugé, ne distribue pas d’annuaires à n’importe qui n’imorte comment ; il s’agit d’un processus raisonné et mesuré, avec des ajustements statistiques, qui permet de distribuer jusyte ce qu’il faut de papier. Il est vrai que chaque annuaire coûte 2.90€ environ. Il est certain cependant que, selon Julien Billot, le papier baisse régulièrement, mais il n’est pas mort, et encore faudrait-il mieux au contraire, souligner que c’est surtout le digital qui se développe, ce dont nous nous plaindrons pas sur ce site.

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Solocal Group regroupe 17 marques, dont les 2 marques phares PagesJaunes et Mappy

4:11 de chiffres sur Solocal group … n’en jetez plus !

Préjugé numéro 3 : Google est leader, Pagesjaunes est ringard. Il est vrai que Google adresses (places, en partenariat avec Zagat) est bluffant. Tapez un nom de commerçant connu et vous savez, s’il est à jour, s’il est correct et s’il existe encore, son téléphone peut être actionné directement par un lien sur votre Smartphone. Puissant, certes, mais ce type de recherche, celle des « professionnels connus » n’est pas la plus répandue. Ce d’autant plus que “peu de professionnels sont intéressés de payer pour référencer leur propre nom !” m’a confié Julien Billot. La rechercher la plus répandue et la plus lucrative est bien celle des professionnels non connus, justement. Par exemple : « boulanger à Lille ». Sauf que cette recherche sur Google donnera probablement un résultat faux, selon Julien Billot , consistant à vous renvoyer vers un magasin d’électroménager ! (comme j’aime bien vérifier, je peux ajouter que c’est vrai pour une requête de base sur le moteur de rercherche, mais pas tout à fait sur Google places).

computer-largePréjugé numéro 4 : Pagesjaunes c’est le papier, Google c’est l’Internet. Encore un préjugé faux. Car même sur le Web et le mobile, Pagesjaunes est un leader, du moins en France. Son application, disponible sur tous les systèmes d’exploitation y compris Windows Phone et BlackBerry, a été téléchargé 15 millions de fois, ce qui, si on rapproche ce chiffre au nombre de Smartphones en France (20 millions) représente environ 75 % des Smartphones français (voire un peu moins si on considère que tous les chargements ne sont pas actifs). Il s’agit même de la 3e application la plus téléchargée sur l’App store, derrière Facebook et Shazam en France. Si on regarde des supports plus larges comme l’iPad, c’est Mappy, qui est la 2e application la plus téléchargé et Pagesjaunes la 5e. On peut en effet supposer qu’il est plus facile de regarder les Pagesjaunes sur une tablette au travers du navigateur Safari directement. Le résultat est bluffant, Mappy et Google Maps font jeu égal, contrairement aux préjugés, et le service de cartographie français se paie même le luxe d’être 100 fois plus gros que ViaMichelin, et même « loin devant Apple Maps » selon Julien Billot, qui pense que le service de géolocalisation de la marque à la pomme a été un fiasco. Le site Web de notre champion national n’est pas en reste, avec 1 milliard de visites et 300 millions de visites sur mobile, ce qui représente à peu près l’équivalent du nombre de consultations des 20 millions d’annuaires papier distribués (1 milliard de consultations par an). Autant dire que page jaune est un vari leader de l’Internet en France (Solocal, 8e groupe sur le Web en France selon JDNet avec 20 millions de VU par mois soit environ 240 millions de VU par an, Pagesjauunes.fr 24e site Web sur Alexa), un vrai poids-lourd qui rivalise avec les géants américains du secteur, et non le “nain digital” que les préjugés pourraient décrire.

€-largePréjugé numéro 5 : Pagesjaunes est en régression. Pagesjaunes, renommé Solocal group, car l’entreprise se « réinvente autour de la cartographie », c’est aussi une belle entreprise génératrice d’emplois, dans le secteur du digital et du marketing, on ne va pas bouder notre plaisir en ces temps de crise. Ce groupe, c’est 5000 personnes, plus d’1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et une rentabilité extraordinaire de 450 millions d’euros. Chiffre encore plus évocateur, Pagesjaunes génère 660 millions d’euros de revenus publicitaires sur Internet, ce qui en fait un des 10 plus gros acteurs mondiaux de la publicité en ligne alors qu’il n’est présent qu’en France. Sur les 5000 personnes du groupe, on compte 2000 commerciaux dont 1000 présents régulièrement sur le terrain, chargés de rencontrer directement les professionnels. On n’oubliera pas les 500 personnes dédiées à l’édition de sites Web, activité qui regroupe des profils aussi variés que des webmasters, des curateurs des marketeurs et des développeurs. Pagesjaunes, est non seulement un géant publicitaire, aussi un géant de l’Internet, mais c’est aussi un géant du service car ce qui fait véritablement la force du groupe, c’est cette capacité à qualifier l’information et à la rendre utilisable pour le public, les consommateurs ou les professionnels.

Autant de préjugés qu’il fallait combatttre ; j’ai personnellement appris beaucoup de cette interview, et je verrai différemment Pagesjaunes et le groupe Solocal à partir d’aujourd’hui.

Note : Cette interview est rescapée d’un vol dont j’ai été victime mardi 2 juillet au soir, au cours duquel je me suis fait subtiliser tout mon matériel, y compris mon précieux carnet moleskine, sur lequel j’avais noté toutes les références chiffrées relatives à l’interview. Je l’ai reconstituée de mémoire grâce au podcast que j’avais enregistré ; il se peut qu’1 ou 2 détails m’aient échappé dans ce processus.

04/5/13

panorama français des médias sociaux – petit déjeuner Skema (2/2)

image_thumb6La 2e partie de la conférence était assurée par Antoine Spadoni, fondateur et dirigeant de la société Social shaker, éditeur d’applications Facebook depuis 2009. La solution a été lancée en 2011 et la société est aujourd’hui leader en France, selon Antoine. L’objectif de Social Shaker, est de permettre l’administration des comptes Facebook afin de de « créer de l’engagement ». Antoine a donc pu rassembler toute son expérience professionnelle afin d’éclairer l’assistance sur l’état des lieux des médias sociaux. En route donc pour un balayage de ce paysage.

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2 présentations pour le prix d’une aujourd’hui : celle d’Antoine Spadoni et la mienne

En France depuis 2010 … dans le grand public

« En France, les réseaux sociaux se développent depuis 2010 » a-t-il annoncé dans sa présentation. Or, « la question n’est plus de savoir si on intègre des médias sociaux dans son mix aujourd’hui, mais comment on le fait mieux » a-t-il poursuivi fort justement. En ceci, il a insisté sur la très rapide prise de maturité de ce secteur, que nous décrirons plus en détail avec Hervé Kabla notre futur ouvrage la communication digitale expliquée à mon boss (http://amonboss.com). Mais les fondamentaux restent là, comme le répète Antoine fort justement « avant, on poussait de l’info, maintenant on peut et on doit parler directement à ses clients et ses prospect ».

Facebook … portrait d’un géant de 25 millions d’utilisateurs hexagonaux

Facebook a désormais 25 millions d’utilisateurs actifs en France (NDLR : et 1 milliard dans le monde) et la base de ce réseau social est ce qui s’appelle « le social graph », qui imprime une logique affinitaire et non pas uniquement basée sur le contenu (un mélange de contenu et d’utilisateurs en somme). Avec Facebook « tout est un objet, tout est connecté » précise Antoine. C’est le cas notamment avec des applicatifs comme Deezer au Spotify etc. Avec Facebook donc, on construit une « communauté » c’est-à-dire un ensemble de fans et d’amis de ses fans. Ce que, au début du Web 2.0, on appelait FoaF (friend of a friend), le système qui avait été popularisé par un des premiers réseaux sociaux jamais créés : friendster (désormais racheté et reconverti dans le jeu social). Avec cette logique d’amis des amis, « on multiplie ainsi par 10 ou 15 la portée de ses messages » (ce que dans le jargon on appelle le « Reach ») a précisé Antoine Spadoni.

À ceci il faut ajouter le fameux algorithme « edgerank », dont personne ne sait exactement comment il fonctionne, mais dont on sait qu’il s’appuie sur l’affinité, le poids et la renaissance des publications, textes etc. Comme exemple de conversation bien menée, Antoine nous a montré le poste de Ikea Marseille sur l’annonce allô Hållö, qui est effectivement un concentré d’humour et de commerce. On peut véritablement, dans ce cas, parler « d’engagement », on est bien au cœur du marketing du bouche-à-oreille, si souvent décrit, et si souvent mal compris.

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Le « Graph Search » … un cran plus loin avec Facebook

Mais ce n’est pas tout, arrive le « graph search » : il s’agit d’une nouvelle manière de référencer les contenus, une manière de rechercher à la fois les gens, les endroits et les choses. Et tout tourne autour de la géolocalisation bien entendu. Pour donc être bien référencé dans Facebook, Antoine nous donne ses conseils :

  1. bien remplir sa section « à propos »
  2. bien enseigner son adresse
  3. bien engager durablement avec Stéphane car le taux d’engagement influence référencement

Bien sûr, ces conseils s’adressent essentiellement aux entreprises et aux entrepreneurs.

Et voici Twitter

Depuis 2011, Twitter a fait également son apparition en France. Ou plutôt, c’est le grand public qui vient de le découvrir ; je suis pour ma part sur ce réseau social depuis 2007. Aujourd’hui, les journalistes y sont inscrits, les médias se sont approprié cet espace, et le hashtag devient universel nous a expliqué Antoine (il se pourrait même qu’il soit repris sur Facebook bientôt). Et la télévision adore les hashtags, avec un palmarès 2012 qui montre en tête de liste …TF1 avec 12.7 millions de tweets ! Comme on le voit, la fin des mass media, ce n’est pas pour aujourd’hui.

Vine … mais à quoi ça sert ?

clip_image003Plus anecdotique, du moins a priori, Antoine a montré à l’assistance, quelque peu médusée, le service Vine, lancée par Twitter en 2013. Il s’agit de contenu vidéo en 6 secondes, un peu à la manière des GIF animé, qui boucle indéfiniment. Cela peut paraître anecdotique et superflu, mais l’exemple de The Wolverine montrée par Antoine, prouvant que les marques peuvent s’emparer intelligemment d’un nouveau service, même si la majorité des utilisateurs ne comprend pas à quoi il sert.

La présentation n’aurait pas été complète sans évoquer le bon vieux Google+, la dernière tentative de Google de revenir dans le coup des médias sociaux. Google a interdit les jeux concours sur son réseau social, et son approche « serait plus orientée vers le référencement naturel (SEO) », même si d’aucuns, dont je suis, ne sont pas complètement convaincus. Antoine n’a pas tellement développé sur le réseau social de Google, qui a beaucoup perdu en mêlant, depuis son lancement de la mi 2010, date à laquelle il allait révolutionner le monde, mais ceci ne s’est pas passé. Antoine nous a quand même démontré l’utilisation d’une fonctionnalité assez intéressante à palais un garde ce qui permet jusqu’à 10 personnes de se réunir en ligne, voir même de diffuser en live une présentation sur YouTube.

Enfin, pour conclure, Antoine a démontré  Tumblr, Instagram (100 millions d’utilisateurs actifs à aujourd’hui et, c’est récent, la moitié sur Android après un an seulement d’existence), et le bon vieux Pinterest avec l’exemple de delamaison.fr, qui arrivent à avoir quelques suiveurs (424 mais j’en ai même un peu plus moi-même alors que je ne l’utilise pas), mais force est de constater qu’il ne s’y passe pas grand-chose non plus.

Cette présentation est mise à votre disposition directement sur Slideshare et ci-dessous:

Enfin, une 3e présentation et non des moindres, la mienne, concernant une mise à jour complète de la présentation antérieurement présentée à Londres et à Zagreb « quels outils pour quels messages », qui a été également francisée pour location :

N’hésitez pas, si vous êtes un ancien diplômé de Skema, à vous positionner lors de la prochaine conférence du club Solomo, et si vous n’en êtes pas, à suivre une formation dans cette excellente école afin de pouvoir en être.

04/3/13

à quoi servent (vraiment) les applications mobiles – petit déjeuner Skema (1/2)

imageLa semaine dernière, le club Solomo de Skema Business School (contacter Quentin ici) a organisé sa première réunion publique (thème : « Le mobile et les réseaux sociaux : quels outils, pour quels usages ? ») – devant un auditoire d’environ 40 personnes, rue du faubourg Saint-Honoré – qui est peut-être le point médian entre Paris et Nice, à condition de faire un effort d’imagination. Les participants ont eu droit à 3 présentations lors de cette conférence : d’une part Bruno Vercelli de Sentinelo, Président des anciens élèves de Skema, a parlé des applications mobiles ; Antoine Spadoni, fondateur de socialshaker, a ensuite dressé un panorama complet des médias sociaux, chiffres à l’appui, et enfin, je me suis livré un exercice de stratégie associée à la marque, avec la nouvelle version (française) entièrement revue de ma présentation « médias sociaux : quels outils pour quels messages ? ». Voici les points qu’il fallait retenir de cette conférence, en 2 parties, en commençant par la présentation de Bruno :

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[Antoine Spadoni (à gauche) et Bruno Vercelli (au fond à droite derrière la foule)]

Bruno Vercelli : état des lieux des applications mobiles

Bruno a commencé sa présentation en expliquant l’état des lieux du paysage mobile: il ne s’agit pas d’un épiphénomène : 20 millions de Smartphones existent en 2012, 40 millions seront disponibles en 2014, en France uniquement. Ce n’est plus non plus un phénomène de geeks et de jeunes, car la barre des 50 % de possesseurs de Smartphones a été franchie. Il y a, selon Bruno, un parallèle à faire entre applis mobiles et début du Web. « Au début, il fallait avoir une application parce que c’était à la mode, mais c’est devenu cher, et il fallait savoir également ce qu’on voulait en faire ! ».

Avant toute chose, il faut noter que les applis mobiles ne sont pas que pour les Pure Players a précisé Bruno dans son introduction. Les entreprises à forte notoriété les utilisent aussi pour fidéliser, également pour le multicanal, ainsi que pour localiser leurs magasins.

Les market stores : un problème d’œuf et de poule

Il n’est cependant pas toujours facile de se faire entendre sur ce marché dominé par deux acteurs (IOS d’Apple et Android de Google). L’arrivée des nouveaux entrants (BB10 et Windows Phone 8) pourrait ainsi changer la donne, sans compter les systèmes d’exploitation libres comme Firefox et Tizen qui sont soutenus par les opérateurs**. Mais en attendant, il faudra faire avec ces acteurs dominants… et probablement un troisième, Amazon, qui veut aussi sa part du gâteau.

** voir ici l’annonce récente de Telefonica, au Mobile World Congress

Le problème de base, pour le développeur d’application, c’est la notoriété : « comment être au top du référencement dans un market store qui contient plus de 800,000 applications ?  Le référencement naturel par mots-clés est restreint » a-t-il prévenu « et le référencement payant n’est pas possible ». « Le seul critère est le nombre de téléchargements » a-t-il poursuivi, ce qui finalement crée un joli cercle vicieux : si pour être beaucoup téléchargé, il faut être vu, et qu’on n’est vu que lorsqu’on a été beaucoup téléchargé, la boucle est bouclée.

D’ailleurs, les statistiques ne sont guère encourageantes. La durée de vie sur l’écran d’accueil (le « Springboard » dans le jargon, voir celui de l’iPhone à gauche) d’un utilisateur est de 3 mois (sans pour autant avoir été utilisée), et 93 % des applications ne sont utilisées qu’une seule fois conclue Bruno Vercelli.

Revenir aux fondamentaux du commerce

C’est là qu’il faut revenir aux fondamentaux : 73 % des recherches Web (pas seulement mobiles) sont locales (horaires, recherche de magasins etc.) indique Bruno (photo) et « 92 % du CA global du commerce en France est réalisé dans les magasins physiques, ceci malgré l’augmentation du commerce en ligne ».

C’est donc de cela qu’il faut s’occuper, en se dévouant au ROBO (« research online, buy offline » : recherche en ligne, achat en magasin) car « 70 % des chercheurs d’information sur le Web finissent par acheter en magasin ». BUT a même trouvé qu’un utilisateur pouvait aller chercher de l’information 8 à 10 fois avant de passer à l’acte, et c’est pour cela qu’ils ont décidé de se lancer dans le show-rooming, un nouveau concept où on accueille le client en magasin, avec un stock restreint, et où la commande se fait depuis le lieu d’achat, en ligne avec un conseiller, qui livre le client à domicile.

Pour ceux qui douteraient encore de l’importance de l’expérience client, Amazon vient de leur envoyer un message fort. Et pour en rajouter un peu, Le Monde de dimanche/lundi du 1er avril a décrit la crise actuelle du e-commerce qui a subit la crise de plein fouet, en même temps qu’il se développe (un paradoxe compréhensible car si le gâteau grandit, le nombre de bouches à nourrir aussi).

3 options

Comment donc les applications mobiles peuvent-elles soutenir les commerçants ? Il existe 3 façons de faire selon Bruno Vercelli :

  1. Le « Web to store » : c’est donner le choix aux clients d’aller chercher le produit en magasin (livraison en boutique, store locator, stocks en temps réel …) ;
  2. Le Couponing : « cela marche bien, mais s’adresse surtout aux chasseurs de promotions » selon Bruno ;
  3. Le « mobile to store » : dans ce cas, c’est l’application mobile qui a pour but de ramener le client dans le magasin, comme dans le cas de Sentinelo, dont Bruno est un des cofondateurs (voir ici une présentation d’une de ses présentations antérieures).

La conclusion, c’est que la tendance du commerce de demain, c’est la convergence, et non l’opposition entre commerçants en ligne et physiques (voir aussi ses autres exemples dans une présentation que j’ai faite récemment).

La suite avec la présentation d’Antoine Spadoni, sur l’état des lieux des médias sociaux (et la mienne) dans un article à paraître incessamment …

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à propos de l’événement Skema (par le bureau de Skema)

SKEMA Alumni a eu le plaisir d’accueillir près de quarante diplômés au petit-déjeuner/conférence du Club SOLOMO (Social Local Mobile) du 26 mars sur le thème : « Le mobile et les réseaux sociaux : quels outils, pour quels usages ? »

Le club SOLOMO a pour objet de réunir, d’échanger et de partager autour des nouvelles technologies, de la mobilité et des réseaux sociaux.

Communiquer via le mobile et les réseaux sociaux, pour quelle stratégie de communication opter et pour qui ? Quels outils choisir, pour quels messages ? Quel retour sur investissement est généré par ces nouveaux moyens de communication ?

  • Bruno VERCELLI (Vice-Président et Cofondateur de SENTINELO) a exposé l’importance du mobile dans notre société actuelle et l’intérêt de développer une application de géolocalisation des produits/services d’une entreprise. Ce concept répond à une attente du consommateur dont le comportement est d’acheter en magasin après une recherche online, appelé aussi « phénomène ROBO (Research Online Buy Offline) » ;
  • Antoine SPADONI (Fondateur et Dirigeant SocialShaker) a mis en évidence le panorama de réseaux sociaux à disposition des entreprises et a présenté les différents bénéfices des réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Google+,… ;
  • Yann GOURVENNEC (Président et co-fondateur de Media Aces, créateur de Visionarymarketing.com) est quant à lui intervenu sur le choix stratégique et le retour sur investissement de ces outils qui dépendent avant tout, du message souhaité et de la cible visée. Yann anime un blog et est également le co-auteur des livres « Les médias sociaux expliqués à mon boss » et « La communication digitale expliquée à mon boss » (ce dernier sort en juin 2013).

Les anciens de Skema Business School qui sont intéressés par les conférences du club Solomo sont priés de contacter Quentin Fontvielle directement.

03/20/12

l’Open Graph de Facebook : l’accélérateur du Web

Club Métier SOLOMOCO (SKEMA Business School)Antoine Spadoni a présenté ce matin au club Solomo de Skema Business School à Paris. Il est l’éditeur de SocialShaker qui est une application qui sert 60 millions de fans à aujourd’hui. Le travail de SocialShaker en ce moment est dédié à l’accessibilité des applications Facebook depuis des appareils mobiles.

100_0117Facebook, la plupart des gens le connaissent dans ses actions de partage volontaire, mais ce qui a changé depuis quelque temps déjà, c’est l’interaction avec des pages de marques – qui d’ailleurs viennent elles aussi de changer comme on peut le voir sur celle d’Orange (transparence : dont je suis le directeur du Web). “La révolution, c’est le partage automatique et sans friction” a expliqué Antoine ; “dès qu’on a donné les droits à une application de publier sur votre profil, le partage sera automatique” (comme avec Deezer par exemple, que les clients Orange Internet peuvent coupler avec leur abonnement standard ou fibre).

pas de chance … ça marche surtout sur le desktop

“Le problème c’est que ça marche depuis un desktop, mais 45% des utilisateurs ont un accès mobile à Facebook” précise Antoine Spadoni. Or, désormais, “via le HTML5 sur applis mobiles, il est possible d’accéder à l’Open Graph via un appareil mobile, et tout sera partagé de la même manière”. Voilà une bonne nouvelle qui va permettre enfin de rendre Facebook intelligent sur un mobile … il y avait du travail !

l’exemple de soundcloud … et des éditeurs de jeux

Exemple : Soundcloud : toutes les actions (lire, aimer un morceau, suivre un utilisateur etc.) se publient au travers de la “timeline”, aussi bien sur leur application native, l’application Facebook ou le Facebook pour Desktop.

“Tous les éditeurs de jeux sont notamment en train de faire évoluer leurs applications dans ce sens” a précisé Antoine, montrant ainsi l’importance de cette nouveauté .

Autre exemple de HTML5 : http://www.audiovroom.com/ qui va voir tous les titres écoutés et qui va agréger une radio sociale, partageable avec tous ses amis. L’aboutissement de ce qui fut lancé par l’antique Pandora il y a plus de 6 ans ! (on verra au passage que Visionary Marketing avait vu le vent venir et qu’il porte bien son nom !)

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les critiques …

Les critiques cependant sont nombreuses, y-compris parmi les observateurs des médias sociaux, qui reprochent à ces systèmes de partage automatique de tuer l’idée de partage puisque le choix en est absent. Trop de partage tue le partage …

The Guardian (parmi d’autres) a cependant su en tirer profit, en passant de 0 à 3.9 million d’utilisateurs actifs en 5 mois grâce à l’Open Graph !

et Antoine de conclure : “C’est vraiment nouveau et c’était inenvisageable il y a à peine 6 mois, de pouvoir intégrer les mécaniques de partage au sein des applications Facebook”.  Comme quoi le petit monde des médias sociaux bouge très vite ; et nous n’avons encore rien vu !