Maturité du Social Business : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Voici venir les congés et croyez-moi, jamais repos n’aura été plus mérité. Voici un peu plus d’un an que j’ai transformé Visionary Marketing en agence marketing et nous n’avons pas chômé, et rien ne peut me faire autant plaisir. Nous avons eu la chance de travailler pour des clients fantastiques, beaucoup de grands comptes, mais aussi des start-ups (ou plutôt des “build-ups” pour reprendre le vocabulaire Google, c’est-à-dire des jeunes pousses déjà financées et qui sont en pleine croissance), et enfin les grandes écoles comme Essec, HEC et surtout Grenoble Ecole de Management pour le compte de laquelle, j’ai la chance de diriger un programme très ambitieux et innovant sur la stratégie digitale (Mastère spécialisé à Paris).

Grenoble - Digital Business Strategy - Social Business

Nous aurons l’occasion d’en reparler bientôt, restez-donc en prise sur nos blogs, dès la rentrée, y-compris notre blog anglais qui va être relancé (j’ai déjà recommencé un peu à bloguer en anglais, mais ça ne fait que commencer). En attendant de reprendre le collier et de se connecter à nouveau de façon permanente, en bon apôtre de l’informatique omniprésente (ubiquitous computing), il va bien falloir se déconnecter, comme le recommande sainement ma consoeur et amie Catherine Lejeal, sociologue et professeur à ESG. Mais déconnexion ne signifie pas qu’il va falloir bronzer idiot. Alors, voici le dernier article de juillet, en attendant de reprendre le stylo (ou plus exactement le microphone car je suis un adepte de la reconnaissance vocale).

Et quoi de mieux pour finir l’année scolaire qu’un article de teasing sur le futur livre blanc de notre baromètre Hootsuite/Adetem/Visionary Marketing ? Pour vous en parler, nous allons faire un petit détour par les Etats Unis, avec cet article d’Ed Terpening, ex confrère de Socialmedia.org, désormais analyste chez Altimeter Group. On verra ainsi que l’état de l’union en termes de médias sociaux n’est pas si merveilleux que cela. « Quand je me regarde je me désole, quand je me compare, je me console” nous apprend la sagesse populaire, et c’est encore le cas aujourd’hui. Ceci étant, maintenant que nous sommes consolés, il faut bien reconnaître que la maturité du secteur en France est très faible. C’est pour cela que je renvoie à notre travail sus-cité en bas de cet article afin surtout de ne pas oublier de vous inscrire et de recevoir notre livre blanc de la rentrée. Il est très beau, même s’il est encore légèrement couvert de fautes de frappes à l’heure qu’il est ; il va bien falloir attendre la fin des vacances afin qu’il se fasse tout beau. Et en prime à la rentrée, le T-shirt de l’année, préparé par notre ami Yann Dirheimer de Hootsuite (si, si .. il me l’a promis). Quand on a un nom de domaine comme http://medias-sociaux.net il ne faut pas rechigner. Voici donc sans plus attendre cette analyse d’Altimeter avec mon commentaire, bonne lecture, bon repos et, chères lectrices et chers lecteurs, revenez-nous en forme.

Le rapport d’Altimeter sur l’état du social business aux USA

Voici mon commentaire sur le rapport de Ed Terpening d’Altimeter Group sur l’état de maturité des médias sociaux aux USA sur la base d’un large panel de sociétés interrogées par l’analyste californien, spécialisé dans le digital.

  • La montée en charge n’est plus une question pour les sociétés américaines interrogées, d’après l’analyse faite par Altimeter. Ce rapport s’est focalisé sur « l’intégration des médias sociaux dans le digital ». Cela me fait penser au film Groundhog day (Un jour sans fin, 1993). A mon avis, les médias sociaux n’ont aucun intérêt s’ils sont isolés, et le problème n’est pas l’intégration des médias sociaux dans le digital mais l’intégration des médias sociaux dans tous les domaines du business. Le travail que j’ai effectué dans le temps avec Orange était, dans une large mesure, déjà orienté vers cela. De ce fait, je ne suis pas certain que cela soit signe d’une maturité supérieure de nos ami d’outre Atlantique ;
  • Casser les silos requiert plus d’implication de la part de nos leaders, mais ça, ce n’est pas nouveau non plus. Mon opinion à ce sujet, c’est que l’implication n’est pas le seul facteur à prendre en compte :  les intrapreneurs doivent eux aussi faire preuve de courage, car les social medias managers doivent être intrapreneurs ;
  • Les programmes RH et les programmes d’ambassadeurs de la marque sont à l’ordre du jour, et je peux confirmer que la même chose se passe de ce côté-ci de la planète. Il y a un intérêt renouvelé pour ce genre de programmes, certaines grandes entreprises se lançant en ce moment dans des programmes d’ambassadeurs et de formation transverses touchant l’ensemble du personnel. La plupart du temps, tout le monde cherche à savoir comment s’y prendre. Mon intuition est que, souvent, le problème est appréhendé sous l’angle de l’apprentissage et de la transmission des compétences, alors qu’il s’agit  plutôt d’un sujet lié à la conduite du changement. Notre façon d’aborder ce sujet chez Visionary Marketing a plus à voir avec la conduite du changement que l’enseignement en soi, même si la formation est bien sûr, et plus que jamais, à l’ordre du jour ;
  • La pub en ligne (plus particlulièrement dans le domaine des médias sociaux) est bien orientée à la hausse (ce qui n’est pas nouveau non plus), je ne suis pas certain que c’est une bonne chose, mais comme je l’ai dis lors d’une vidéo enregistrée pour Hootsuite mi-2013, nous n’avons pas vraiment d’autre choix que d’accepter cet état de fait. Les marketeurs semblent déterminés à placer une part de plus en plus importants de leurs budgets digitaux dans les médias sociaux. À mon humble avis, ils devraient dépenser plus de temps et d’argent dans le bouche-à-oreille, mais il est périlleux d’empêcher un marketeur de dépenser de l’argent, surtout que c’est comme cela que la profession se mesure et se valorise. Ce n’est pas moi qui le dit mais Capgemini consulting, dans son rapport du printemps 2015. Et de conclure qu’il est temps de changer. CQFD. Ceux qui comprennent ces enjeux mieux que leurs concurrents, sont ceux qui, à mon avis, auront la récolteront aussi les meilleurs résultats.
altimeter social business
Le Social Business a besoin d’un management de qualité pour se faire conduire jusqu’à bon port

J’ai également noté le retard des entreprises en B2B, mais on voit les choses bouger dans ce domaine et, au risque de me répéter et passer pour un fou ou un rêveur, je continue à penser que le B2B est, à mes yeux, un secteur de choix pour les médias sociaux et le social business. La bouche à oreille est, dans B2B, incontournable, parce que le coût complet de la publicité digitale/sociale est une épine dans le pied des entreprises B2B, qui nourrissent en outre un complexe vis à vis de la publicité. Ceci les force à trouver des stratégies alternatives et c’est toujours, à mon humble avis à nouveau, dans le B2B que se trouvent les stratégies les plus intéressantes et les plus imaginatives. Ne me prenez pas pour un fou, je pense qu’il y a un potentiel énorme et que trop peu d’agences se concentrent sur ces secteurs ; peu d’entre elles ont en effet les moyens – ou les capacités et le savoir-faire – pour investir dans ces sujets de niche, complexes, techniques et apparemment rébarbatifs. Voilà pourquoi, et aussi du fait de la faible maturité des clients, ce secteur demeure – à aujourd’hui – largement  inexploité. Lire la suite

Maturité du Social Business : y a-t-il un pilote dans l’avion ? was last modified: juillet 31st, 2015 by Yann Gourvennec