23/07/13

Génération Y et inter-génération : l’âgisme, ce nouveau racisme

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
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La sélection du jour …
eye-largeEst cet article de Jean-Philippe Déranlot accompagné de plusieurs autres et d’une vidéo (voir ci-dessous) qui soulève à nouveau le sempiternel débat autour de la génération Y, maintes fois traité ici, en jetant un coup de projecteur sur un aspect intéressant, et à mon avis fondamental du sujet, qui est la nécessité de faire travailler les générations entre elles.
apprendre aux jeunes qui apprennent aux vieux …
De temps immémoriaux, les vieux ont appris aux jeunes qui ont appris aux vieux qui ont appris aux jeunes et ainsi de suite (à moins que ce soit l’inverse) … et ma boule de cristal me dit que cela … ne changera pas malgré les tentatives de mercantilisation des générations qui tendent à les enfoncer dans des caricatures. Consumo ergo sum ? Ces stéréotypes, ne frappent pas que la génération Y, ne sont pas que l’apanage de la génération X, des “seniors” (euphémisme pour “vieux”) ou de tout autre acronyme qu’on veuille bien utiliser.

AccueilDerrière cette réflexion apparemment anodine et évidente qui consiste à dire que travailler ensemble vaut mieux que travailler les uns contre les autres, et au-delà de l’apparente simplicité qui en dérive du point de vue de l’efficacité de la société et de son simple fonctionnement, se pose en fait la véritable question soulevée fort à propos dans un document publié par la société de conseil Achieveglobal et trouvé sur le site Web d’une université américaine : les stéréotypes entre générations sont-ils une nouvelle forme de racisme dénommé « âgisme ».

image
légende : les préjugés entre générations, préalable à la rupture du dialogue, au relativisme et au racisme (“âgisme ») – dessin antimuseum
vidéo de JP Déranlot sur l’inter génération
12 signes de l’âgisme

En se basant sur les travaux du professeur Jean Twenge, Achieveglobal relève 12 signes du racisme basé sur l’âge tel qu’on peut le rencontrer dans les entreprises au quotidien. Les voici traduits en français :

  1. Les employés se jugent de façon régulière en se basant uniquement sur leur âge ;
  2. Les équipes métier générationnelles éprouvent des difficultés à mener leurs projets à bien ;
  3. Vieux et jeunes employés sont en concurrence pour l’attribution des ressources ;
  4. Les employés se plaignent quotidiennement auprès des membres d’autres générations ;
  5. L’entreprise embauche traditionnellement à l’intérieur d’une seule ou de quelques générations ;
  6. Les employés refusent quotidiennement les idées venant d’autres employés, plus jeunes ou plus vieux ;
  7. Les managers pensent qu’il faut une formation particulière pour mener les autres générations dans leur travail ;
  8. Les gens font des commentaires ou des hypothèses à propos d’individus en se basant sur leur âge ;
  9. Les managers posent l’hypothèse que les employés plus jeunes ou plus vieux sont incapables de réaliser certaines tâches ;
  10. Les membres de certaines générations sont quotidiennement évacués des vagues de promotion ;
  11. Les employés plus âgés font souvent valoir leurs droits à la retraite plutôt ;
  12. Les employés plus jeunes semblent se désinvestir ou se désintéresser de leur travail.

>> lire le document de Achieveglobal sur les stéréotypes de l’âgisme dans son ensemble ici

>> [addendum du 20/08/2013 : et le document dans sa version française ici]

On pourrait commenter chacun de ces points, même s’ils paraissent assez faciles d’accès. Ce qui est certain c’est que l’on voit difficilement comment résoudre ce problème au travers d’une loi, ou pire encore, les politiques de quotas, qui semblent être l’unique réponse à la discrimination dans notre société d’aujourd’hui … tout en créant ainsi, une autre forme de discrimination, dite “positive”.

On peut cependant utiliser voir cette liste de contrôle, comme autant de points de vigilance qui permettent, et dans ce cas chaque employé est responsable, de souligner et de dénoncer ces attitudes et comportements déviants. J’ai particulièrement souligné le numéro 7 qui m’est apparu de nombreuses fois dans les entreprises, où sous l’apparence d’un désir de formation et d’œcuménisme inter-générationnel, pointe sourdement l’âgisme et la crainte de l’aléterité. Quoi ? M’apprendre à “comprendre” les jeunes ? Ne parlent-ils pas ma langue ? N’assistent-ils pas à mes cours ? Ne pouvons-nous nous respecter ? Ne sont-ils plus des êtres humains, ou sont-ils devenus des mutants ? Cette hypothèse d’incompréhension inter-générationnelle est tout bonnement insupportable.

Alors que faire ?

Je pense que ce que démontre le travail aussi bien du professeur Twenge que de la société Achieveglobal, c’est que notre Société est profondément dysfonctionnelle. Car une Société où l’on oppose les différents membres de sa congrégation, est un lieu où les enfants n’aiment plus leurs parents, et leurs parents n’aiment plus leurs enfants. C’est la négation de la base même de la Société. Entendons-nous, ma vue n’est pas pessimiste au point de croire que nous sommes perdus, je n’y crois pas une seconde. Mais il faut être vigilant car la multiplication de ces stéréotypes à l’envi, jusqu’au point de les ériger en dogme, voire en outil d’éducation est un danger non négligeable.

Alors pour remède à l’âgisme, les recommandations de la société de conseil en éducation sont les suivantes me paraissent aussi pétries de bon sens :

  1. refusez les stéréotypes et combattez-les ;
  2. trouvez un terrain d’entente (entre générations) ;
  3. recherchez le talent en chacun ;
  4. favorisez la mixité ;
  5. soyez positifs et exigeants.

et partagez les valeurs communes propres à toutes les générations qui sont le respect, la compétence, le lien et l’autonomie.

génération Y : le web 2.0 de 7 à 77 ans

Mon récent billet intergénération, apprentissage & numérique : le tiercé gagnant a fait l’objet de quelques commentaires unanimes pour dire (je résume) que la génération Y n’est rien de plus qu’un concept marketing fumeux pour lequel, notamment, la capacité à utiliser les outils informatiques et numériques n’a rien à voir avec l’âge des utilisateurs. Par contre, pour ce qui est de l’acceptation à exécuter des ordres le petit doigt sur la couture du pantalon… c’est une autre affaire qui n’est pas limitée au moins de 30 ans…

L’acceptation des ordres sans comprendre n’est pas le propre de la génération Y.

Si je me base sur la récente remarque d’un de mes clients, je ne peux que le confirmer.

Voici son histoire.

via génération Y : le web 2.0 de 7 à 77 ans | efficaciTIC.

14/05/12

confiance et organisation virtuelle

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Yann Gourvennec

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Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
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Lundi 14 mai, à l’espace Soleilles Cowork, rue Vivienne à Paris, je présenterai le sujet suivant : “confiance et organisation virtuelle, impact sur le poste de travail du futur présent.

Je vous livre en avant-première, ci-dessous, la présentation sur ce blog. Il s’agit d’une présentation déjà réalisée dans le cadre d’une visite client avec mes collègues d’Orange Business Services, dans le cadre d’une réflexion menée avec ce client grand compte sur le poste de travail du futur.

14/03/12

une loi pour rien sur le télétravail mais ce n’est pas grave …

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
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En France, quand on a un problème …  on fait une loi ! Voici une pratique bien singulière et qui doit sans doute correspondre à un besoin sociologique profond. C’est ce que semble nous dire Xavier de Mazenod dans ce commentaire d’une loi récente sur le télétravail, lors d’une interview réalisée avec lui par téléphone le Vendredi 09 mars 2012. Mais cela est-il grave ?

il ne s'est rien passé !

il ne s'est rien passé ! - photo Yann Gourvennec http://bit.ly/picasayann

où en est le télétravail un an après notre dernier point ?

computer-largeIl y a un an, nous avions fait le constat que ça ne marchait pas . Les seuls chiffres étaient ceux du centre d’analyse stratégique, qui disaient qu’environ 10% de salariés français s’adonnaient aux joies du télétravail à distance. On était donc à la traîne, “avec un indicateur très bas, 1 jour par semaine” ajoute Xavier de Mazenod, “le seul pire que nous, c’était l’Italie”. Les numéros 1 n’étaient pas les pays anglo-saxons cependant, même si les pays dits latins étaient en retrait.

Un an après on n’a pas de chiffres plus précis  mais “on voit des frémissements partout” (colloques, journaux, mentions de Google …) nous affirme Xavier avec un certain enthousiasme. “On parle de plus en plus de tous ces sujets : télétravail, co-working, espaces partagés etc. Les gens les opposent mais rien n’est opposable”. Car il s’agit de catégories plus complémentaires qu’il n’y paraît.  Le télétravail gris (c’est à dire le télétravail pratiqué sans déclaration, de gré à gré entre manager et managé) est toujours là, “d’où la nécessité de rassurer l’ensemble des partenaires sociaux” ajoute Xavier de Mazenod et donc “il n’y a pas d’excuses pour ne pas cadrer le travail à distance”.

“En Hollande, l’employeur (le manager) a le droit d’aller voir si l’employé est bien installé quand il télétravaille” poursuit le fondateur de Zevillage, “ce qui est inimaginable en France”. En France, on est dans l’affrontement et la méfiance… “donc en France il fallait une loi”.

la réalité : environ la moitié des employés travaillent à distance

Mais la réalité du travail à distance est bien autre que celle transmise par ce chiffre de 9 ou 10%. “Télétravailleurs gris + télétravail + co-working + nomades = 40-50% des salariés” confie Xavier de Mazenod, car les études qui mesurent l’occupation des bureaux montrent toujours la même chose : “un taux d’occupation à environ 50%”.

La loi qui vient d’être votée

question-largeC’est une loi “qui n’a rien à voir avec le télétravail” commente Xavier : c’est une proposition de loi relative à la simplification du droit et l’allègement des démarches administratives et il y a l’article 46 qui évoque le télétravail et qui le fait entrer dans le code du travail. En 2005, une avancée notable avait déjà été faite, régie par 3 grands principes au sein d’un accord national inter-professionnel (ANI) signé par tous les partenaires sociaux en 2005 (“c’est un texte intelligent” affirme Xavier de Mazenod). Voici ces 3 principes de base :

  1. le salarié doit être volontaire
  2. la contractualisation (accord entre les partenaires sociaux et/ou avenant au contrat de travail)
  3. la réversibilité

“Il n’y avait pas besoin de loi mais on est en France et on adore légiférer pour rien ; c’est de l’archaïsme” poursuit-il. Tous les syndicats ont signé mais ils ne sont pas unanimes. Certains poussent le télétravail, d’autres non. De même au Medef, il y a des groupes qui s’opposent sur ces thèses.

une autre proposition de loi en 2009 … qui a heureusement capoté

“Un groupe de 50 parlementaires en 2009 avait produit un texte complètement fourre-tout sur le maintien de l’emploi et elle n’est jamais sortie du Sénat. Celle ci est enterrée et elle ne sortira plus car la nouvelle loi l’a devancée” avance Xavier de Mazenod.

juste un symbole pour rassurer …

exclamation-largeMais pourquoi faire une loi ? “Ça ne modifie rien par rapport à la situation, l’ANI suffisait” ajoute Xavier, “ça fait cependant sauter les fausses excuse et ça va rassurer tous les gens qui ont une culture du code du travail, c’est donc à prendre comme un ‘signe de l’Etat’,  un symbole ». Grâce à cela, on ne peut plus avoir deux types de salariés, ceux qui ont droit et ceux qui n’ont plus droit. “Dans les pays anglo-saxons ça s’est réglé par la jurisprudence, cela se serait passé ainsi également en France – de façon adulte – mais maintenant on a cette loi. Et puis ce qui est valable pour (certains employés) d’Orange n’est pas valable pour les ouvriers de PSA” commente Xavier de Mazenod.

Quel impact sur le développement du télétravail ?

“Aucun ! C’est juste un épisode amusant qui est révélateur de l’état d’esprit français, l’esprit des lois ! même si ce texte est moins grave que celui de 2009 qui précisait des détails juridiques et techniques et qui visait des employés non concernés par l’ANI”.

en conclusion : une autre forme de “travail en miettes”

En conclusion, beaucoup de bruit pour rien, mais ce qu’il faut retenir de cet épisode, outre le côté amusant du législateur façon “allumeur de réverbère” du Petit Prince, c’est que le mouvement qui est en marche est inéluctable, et que nous entrons bel et bien dans l’ère des “analystes symboliques” décrits il y a un peu moins de vingt ans par l’observateur irlandais Charles Handy. Quand je me repenche sur mes années à l’école, cela me remémore les ouvrages du sociologue Roger Friedmann, “le travail en miettes”, qui décrivait – à l’heure où la société était encore largement industrielle, un travail entièrement vidé de son sens par la taylorisation. Aujourd’hui, c’est en quelque sorte l’inverse, avec chaque employé qui devient sa propre entreprise, mais pour arriver à un résultat similaire, où l’émiettement des acteurs est flagrant. Ceux qui ont su ou sauront s’adapter en sortiront grandis, les autres subiront ces changements. Une nouvelle révolution industrielle se déroule sous nos yeux, à laquelle la loi ne peut rien.

15/07/10

Développement du télétravail en France : « les méthodes des managers français sont anciennes »

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Nicole Turbé Suetens, co-auteure de Le télétravail en France, résume la situation de ce phénomène de société en nos frontières dans une brève vidéo réalisée par Xavier de Mazenod de Zevillage, que j’ai trouvée particulièrement intéressante :

  • - les chiffres qui sont les plus souvent cités montrant un blocage de la progression du télétravail en France sont des chiffres qui datent de 2004 et ne reflètent pas le réel développement de cette pratique ;
  • le développement spectaculaire du télétravail est indéniable mais il s’agit la plupart du temps d’un télétravail « gris » (c’est-à-dire résultant d’un accord tacite, et donc non recensé) ;
  • existe-t-il un blocage managérial en France ? Nicole Turbé Suetens confie que le blocage ne vient ni des syndicats ni du droit mais des méthodes sont anciennes du management en France qui souffre de 2 manques :
  • Que faire ? Mme Turbé Suetens conclut qu’il n’y a pas de retard sur le télétravail mais un retard organisationnel (confirmé par un rapport européen sur les organisations prenantes) que celui-ci se développe en même temps que la disponibilité des outils (outils collaboratifs/Web 2.0).

Quelques liens

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2/07/09

e-mail au bureau : Papy fait de la résistance

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le plateau de webcastory

le plateau de webcastory

Hier 1er Juillet 2009, avait lieu à St Ouen dans les locaux de Webcastory, un débat dit du Hamster sur l’usage de l’email au bureau. [voir ici la page TechToctv.com].

Pourquoi le Hamster ? parce que Ken Blanchard et 2 autres auteurs ont traité ce sujet dans un livre intitulé the Hamster revolution, arguant du fait que le manager moyen perdait environ 1 mois par an à cause de mails stupides et non productifs.

J’ai d’ailleurs moi-même – en tant qu’observateur du mail depuis 21 ans – déjà traité de ce sujet, le plus récemment dans BNET.CO.UK en donnant mes recettes personnelles de productivité.

Le débat avec Vincent Berthelot de B-r-ent, Emilie Ogez de Xwiki et Bertrand Duperrin de Bluekiwi a été très riche et Vincent a poussé un article sur le blog B-r-ent pour poursuivre ce débat, en reprenant certains des échanges que nous avons eus.

Pour ma part, je ne suis bien évidemment pas pour la disparition de l’e-mail, mais j’approuve les actions coup de poing  no email friday – comme chez US Cellular (2007), Deloitte (2008), pains Jacquet (2009) – qui ont pour mérite de fixer les esprits et de réveiller les consciences. Pour le reste, je vous conseille ma liste d’astuces.  Voici le post de Vincent :

Web 2.0 et mail, opposition, complémentarité ?
Le mail fait plus que résister….

Le dernier sujet du plateau techtoctv animé par Yann Gourvennec auquel j’ai participé portait sur le mail et son impact en terme de temps, efficacité, usages…

Bertrand Duperrin qui participait avec Emilie Ogez et moi-même avec son intelligence coutumière du débat a donné en exemple les nouvelles habitudes de son Boss qui passe par leur plateforme sociale, un Direct Message sur Twitter pour communiquer avec ses troupes et retrouve l’usage du mail uniquement sur des cas bien spécifiques et plutôt d’urgence.

Emilie malgré son habitude et son immersion quasi permanente dans le 2.0 confiait se servir encore pas mal du mail, quant à Yann et moi nous faisions le constat que la quasi-totalité de nos échanges passaient par le mail et le téléphone.

Bertrand avançait ainsi l’idée que la plateforme sociale peut utilement et efficacement remplacer le mail dès qu’il s’agit d’échanger sur un projet, dossier avec une équipe. En terme de tracabilité, de classement, d’archivage, de partage et surtout de moindre interruption de tache c’est un pari gagnant.

  • lire la suite sur B-r-ent, le blog de l’entreprise 2.0