Le vrai-faux de la mondialisation du Web

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En matière de mondialisation, les poncifs sont nombreux. À commencer, celui qui voudrait que les Français sont nuls et incapables de comprendre les langues et les cultures. J’ai eu la chance de visiter Datawords à Levallois-Perret le mois dernier, en compagnie de son cofondateur Alexandre Crazover (lui-même parlant chinois couramment et ayant vécu en Asie). J’ai rencontré Alexandre (photo ci-dessous) pour la première fois lors de la conférence e-commerce Monaco one to one au début de cette année, et nous sommes restés en contact. J’ai été conquis par l’enthousiasme d’Alexandre, enthousiasme d’entrepreneur, mais pas seulement. Celui-ci est aussi le produit d’une passion sans bornes pour le multiculturalisme, dont certes il a fait son métier, mais aussi sa ligne de conduite dans sa vie personnelle. J’aime cette façon de s’engager dans une éthique est une philosophie, et d’aller jusqu’au bout de la démarche, sans compromis. C’est que la conviction d’Alexandre, va complètement à contre-courant de ce que tout le monde pense du Web et de la mondialisation. Démonstration avec cette interview sous forme de vrai-faux de la mondialisation du Web.

Mondialisation du Web : parlons plutôt de “glocalisation” (global/local)

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Alexandre Crazover : appelez-le 柯胜愉

28-42-2014_07.42.52-CapturFilesLa tendance généralisée est de croire que, alors que l’union européenne vient de condamner Google pour abus de position dominante, l’ensemble du monde parle anglais, utilise les mêmes moteurs de recherche, les mêmes médias sociaux, et fabrique des sites Web exactement de la même façon. Et bien ce n’est pas vrai ! Et cela est même tellement faux qu’Alexandre Crazover et ses cofondateurs de Datawords ont voulu et pu le démontrer au travers de la création d’une société dédiée à l’internationalisation des sites Web et de leur déploiement dans le monde. Hélas, pour des raisons de confidentialité clients, je n’ai pas eu l’autorisation de prendre des photos chez Datawords. C’est bien dommage, car dans leurs superbes locaux de Levallois-Perret, on y découvre une foultitude de gens de toutes les nationalités, qui parlent toutes les langues et j’aurais bien aimé faire une sorte de micro trottoir sur les plateaux, tant cela est sympathique. Surtout, à l’heure où on outsource à l’autre bout du monde les actions qui peuvent être faites en France, Alexandre ses collègues ont démontré qu’on pouvait faire l’inverse, internationaliser le monde depuis la France, et aussi installer une entreprise française à l’autre bout du monde (pour autre raison que l’évasion fiscale) : aux États-Unis à Hong Kong et ailleurs. C’est une belle réussite qui a été d’ailleurs couronnée récemment (le 22 octobre) par un trophée de la French Tech, événement organisé par UBIFrance et auquel mon compère Hervé Kabla a dédié un compte rendu circonstancié.

Voyons maintenant avec Alexandre et cette interview vidéo prise sur le vif, le vrai et le faux de la mondialisation du Web :

1. Le Web est global

FAUX : On considère qu’il n’y a pas un Internet mais plutôt des Internet(s), que le Web est territorialisé et qu’il faut au contraire l’appréhender localement, le Web n’est pas global. Cette approche que l’on appelle l’e-multiculturalisme est à prendre en compte pour déployer, accélérer sa présence digitale dans le monde.

2. Des site comme Google, Amazon, Facebook, sont partout dominants …

FAUX : Même si Google est présent dans beaucoup de régions, il n’est pas présent majoritairement en Russie (Yandex), en Chine (Baidu), en Corée (Naver), au Japon (Yahoo) et même dans les régions où Google est présent, il ne l’est que localement. Il s’intègre dans la culture locale. Les requêtes des mots clés en Arabie Saoudite ou en Turquie ne se font pas en anglais. C’est cela l’e-multiculturalisme : c’est prendre en compte les spécificités locales et comprendre qu’internet n’est pas un ensemble uniforme.

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Le vrai-faux de la mondialisation du Web was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec