Le Web de demain est déjà là aujourd’hui

computer-largeSuite des interviews du Web2Connect, mais cette fois-ci c’est moi qui m’y colle, dans un exercice pas facile qui est celui des sables mouvants de la prédiction. Certes, quand je dis que des changements sont prévisibles, je ne fais que me faire l’écho de notes émises ici et là, hier par exemple et encore aujourd’hui, qui corroborent mon propos. Les outils vont donc évoluer, mûrir, fusionner … jusqu’à ce que la fonction sociale soit entièrement intégrée aux flux d’entreprise (RSE) et Web (socialisation des sites). Il ne faut cependant pas surestimer la rapidité des changements, et surtout ne pas croire que les changements observés aujourd’hui sont le fruit d’une révolution instantanée. Bon nombre de ces changements sont en effet le fruit d’une longue maturation. Comme le remarque Adage, et comme je l’ai moi-même indiqué à de nombreuses reprises lors de mes conférences, Facebook aura 9 ans l’an prochain et n’est plus du tout une start-up. Que dire alors de LinkedIn qui soufflera quant à lui sa dixième bougie … Mais le point qui est le plus marquant à mon avis est celui lié à la « mobilité »ou plus exactement, l’usage du Web en « situation de mobilité » (c’est à dire statiquement mais via un appareil mobile) qui va reconfigurer totalement la façon dont nous concevons le Web, le contenu et les partages. De jolis défis en perspective.

Le Web de demain est déjà là aujourd’hui was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

interview : « les blogs ne sont pas morts, ce qui est mort ce sont les commentaires »

computer-largeC’est un peu ma version des blogueurs qui bloguent sur les blogueurs qui bloguent Il y a quelques semaines, dans le cadre du Web2connect [transparence :  dont je suis un des sponsors à titre professionnel], j’ai pu interrompre quelques minutes mes confrères Bruno Fridlansky et Frédéric Canevet dans leurs activités de Networking afin de répondre à quelques questions sur un sujet qui sera également traité plus en détail dans notre nouveau livre la communication digitale expliquée à mon boss, sur lequel nous travaillons actuellement avec Hervé Kabla, et dont la sortie est prévue pour la mi 2013. Voici quelques-unes des conclusions tirées de cette interview :

  1. les blogs ne sont pas morts mais de nouveaux formats comme les blogs collaboratifs ont vu le jour  (Locita, mycommunitymanager etc.)
  2. le blogueur solo peut difficilement exister car il faut avoir suffisamment de contenu pour survivre à la pléthore d’informations disponibles sur Internet
  3. pour un blog personnel : l’objectif n’est pas le même, c’est plus de se faire plaisir
  4. il y a encore la possibilité de trouver des écrits tiers ailleurs sur la toile pour pouvoir donner un autre angle à son blog existant et tisser des partenariats
  5. la « dictature de la visite » : n’est pas applicable aux blogs personnels
  6. il y a des audiences qui se spécialisent par rapport à une thématique. Il faut être en phase avec elles sous peine de ne pas être lu
  7. thématiques : Frédéric Canevet fait remarquer que même si c’est céder à la facilité, faire un article sur la dernière fonctionnalité de Facebook permet d’être dans le top, même si ce n’est pas très intéressant, à condition d’être le premier à l’annoncer. 2 façons de regarder cette chose-là : soit vous faites entrez dans la compétition, soit vous vous moquez du nombre de visites ou de votre rang dans la compétition et vous cultivez votre jardin …
  8. Les blogs ne sont pas morts c’est un écosystème qui va subsister : c’est même une première phase d’existence qui se poursuivra ensuite dans les médias sociaux
  9. Ce qui est mort, ce sont les commentaires : très peu de blogs arrivent à les garder (presse-citron étant une exception et un contre-exemple) les commentaires sont partis sur les réseaux sociaux [NDLR : et je rajouterais les outils de curation]
  10. Ce qui est important, c’est le mobile, Facebook est juste un service. Nos amis blogueurs ne croient pas trop finalement Web parallèle qui essaierait de s’emparer de l’Internet, malgré mes tentatives de leur faire faire ce constat ou de le corroborer

En conclusion, les blogs ne sont pas morts, il existe de nouveaux blogueurs qui arrivent sur ce marché, les “vieux de la vieille” se sont lassés et le niveau a aussi beaucoup augmenté. La curation elle aussi est arrivée en apportant une nouvelle ère. WordPress permet également de devenir un outil de curation et nos amis blogueurs soulignent l’arrivée de nouveaux producteurs de contenu dont la principale qualité est de savoir sélectionner le contenu des autres. Il n’y a plus besoin d’être auteur pour générer du contenu. Selon les cas, on pourra soit s’en réjouir, soit le déplorer.

interview : « les blogs ne sont pas morts, ce qui est mort ce sont les commentaires » was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Médias Sociaux : Instagram et Twitter, ces nouveaux Mass Media

$-largeLes médias sociaux entre « pipolisation » et monétisation à outrance : ceux qui doutent encore de la fin d’un règne et de la mort définitive du « Web 2.0 », une expression que nous devrions désormais bannir de notre vocabulaire tant elle est éloignée de la réalité, en seront pour leurs frais aujourd’hui.

D’une part, commençons par la nouvelle la plus dure, « Instagram déclare qu’il pourra désormais revendre les photos que vous avez stockées sur son service ». On peut, comme la Tribune de Genève, y voir simplement un échange de données avec Facebook, mais c’est en fait beaucoup plus grave que cela.

Cela veut dire d’une part, que les photos que vous avez prises gratuitement, pourront être revendues au profit de la plate-forme qui les héberge, alors que les termes de cette transaction n’étaient pas connus ni clairs dès le départ. Imaginez par exemple, que Dropbox se mettent à vendre vos fichiers de données, à commencer par votre tableur de comptes familiaux !

fin du cordon de sécurité qui entourait les médias sociaux – photo antimuseum

Cela veut dire également que vous avez été bernés : vous croyiez benoîtement toutes ces années alimenter un service ludique de partage alors qu’en fait, vous étiez un des éléments anonymes faisant partie de la constitution d’une base de données marchande. Ce n’était sans doute pas l’intention originelle, mais l’IPO de mai 2012 s’est vite chargée de changer la donne.

Cela veut dire enfin qu’à terme, vous pourriez être amenés à payer pour avoir utilisé votre propre photo prise par quelqu’un d’autre sur Instagram, où la photo de votre entreprise ou de votre hôtel etc.

Tout ceci, comme le fait remarquer Reginald Braithwaite (cité par Cnet), nous donne l’impression que « vous n’êtes pas les clients d’instagram, vous êtes juste un troupeau qu’on mène à l’abattoir et qu’on vend au plus offrant. »

Le droit des images sur Internet n’est pas innocent. Enfreignez les droits, même sur une minuscule vignette d’une photo qui appartient à Getty Images par exemple, et vous encourrez  – logiquement – une amende, qui pour un particulier, peut se monter à 6000 €. Mon expérience personnelle montre que si les démarches entreprises pour collecter les droits enfreints sont parfois inadaptées au droit français, celles-ci sont néanmoins très strictes et vous risquez de passer un sale quart d’heure au cas où vous ne respectez pas les règles. Sauf que pour Getty Images, vous étiez prévenu dès le départ ; le caractère onéreux et contraignant du service ne faisant pas de doute et s’établissant à juste titre (juste rémunération de photographes professionnels). Idem pour Fotolia qui rémunère les amateurs et les professionnels en toute transparence.

Que faire désormais pour stocker ses photos ?

Même si cela m’attriste un peu, car j’aimais beaucoup Instagram et son côté ludique, pour des raisons morales et le principe, je vais certainement fermer mon compte et continuer à stocker mes photos personnelles sur Flickr ou Picasa, dont la politique de droit est beaucoup plus favorable utilisateurs,… Encore aujourd’hui.

Le jour où cela change, je migrerai toutes ces choses sur les espaces personnels… Comme c’était le cas il y a 10 ans, nous sommes bien à la fin de l’ère du partage et du fameux Web 2.0 ! La messe est dite.

mise à jour 18/12/2012 à 13:48 : Instagram a publié un démenti sur son blog indiquant que sa politique n’avait pas changé ; mais Timo Elliott remarque dans un tweet que cela est un exemple « classique de mauvais marketing : vrai techniquement, mais propre à induire en erreur ».

… et Twitter devient un Mass Media

Pour ceux qui veulent encore une preuve de changement, je reçois aujourd’hui une récapitulation de l’année Twitter 2012. Je vous laisse cliquer sur le lien pour découvrir vous-même les tweets les plus importants de l’année. Ma conclusion, c’est que pour lire ou savoir ce que pense Obama après sa réélection ou Justin Bieber, ou Madonna ou Lady Gaga ou n’importe qui de ce genre, je n’ai pas besoin de Twitter.

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Le défunt « Web 2.0 » nous avait ouvert une fenêtre sur l’avenir, un avenir où quiconque, même avec un auditoire de 3 personnes, pouvait créer son propre médium, son « média social ». Mais à partir du moment où ce même médium devient l’expression du plus grand nombre, qu’il se nivelle par le bas, et qu’on y retrouve exactement la même chose que sur les autres médias, la publicité par l’interruption elle aussi revient en masse et la boucle est bouclée, nous avons créé un nouveau Mass Media… sauf qu’il est peut-être moins efficace que la télévision qui reste un véhicule privilégié est indéniable de la publicité ou avantages renvoient aux travaux de Byron Sharp sur ce sujet).

Nous avions anticipé du changement depuis longtemps avec Hervé Kabla, coauteur avec moi en 2011 de « les médias sociaux expliqués à mon boss », et la prochaine version du livre sur laquelle nous travaillons actuellement ne traitera pas des médias sociaux proprement dits, mais de la communication digitale en général, dans laquelle nous inclurons les médias sociaux qui désormais ont bien perdu leur spécificité et deviennent un outil parmi d’autres.

Médias Sociaux : Instagram et Twitter, ces nouveaux Mass Media was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

8 retours d’expérience des pionniers du Web social – #confdigital

2.0-large_thumb.gifDemain vendredi 14 décembre a lieu à l’hôtel Méridien Etoile (Porte Maillot) aura lieu la conférence annuelle du Directeur de la Stratégie Digitale que j’aurai l’honneur de présider. Ma présentation, inédite en Français, sera tournée autour de la veille sur les médias sociaux  je reviendrai sur 6 ans d’expérience dans ce domaine, dont 5 passés aux commandes tout d’abord d’Orange Business Services, puis d’Orange groupe. dii-directeurdigital

Je cite les organisateurs : 

logo_dii_headerV2Pour passer le cap de la digitalisation et injecter du numérique dans vos chantiers traditionnels, les départements marketing, relations clients, ou encore communication se réinventent, allant parfois jusqu’à la création d’une fonction pilote : le Directeur de la Stratégie Digitale. Pourquoi et comment passer de l’opportunisme à la stratégie sur les nouveaux outils digitaux – Ipad, Smartphone, géolocalisation- et répondre aux défis du SoLoMo* ? Comment sélectionner les opportunités innovantes et ludiques pour vous démarquer sur la toile, et attirer la génération Y ?

Des réseaux sociaux à la marque employeur en passant par le social CRM, bénéficiez de témoignages exclusifs des Directeurs Digitaux, Web et Marketing digital lors de ce rendez-vous unique. Cette journée inédite vous permettra notamment de :

 Identifier KPIs pour mesurer la performance et leROI de votre stratégie
 Anticiper les risques 2.0, protéger vos données personnelles et votre e-réputation
 Adapter votre organisation et attirer les talents digitaux face à la rareté des compétences.

Et je vous livre ma présentation brute de fonderie  (le slide important est à la page 22 !) : 

Cette présentation a un titre assez alambiqué mais en fait elle devrait se nommer « veille et médias sociaux : comment passer du bruit au signal ». J’y reviendrai sur notre expérience de 6 ans sur ce sujet.

8 retours d’expérience des pionniers du Web social – #confdigital was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Knowledge Plaza : la curation dans l’Intranet – #curationb2b

network-largeC’est Antoine Paerdens, co-fondateur et CEO de Knowledge Plaza qui a conclu le cycle de présentations d’hier au Dupont Café sur la curation de contenus. Au départ, c’est un outil de partage de lien, sur le modèle delicious qui a été un précurseur du partage de liens en ligne. Cet outil, qui a beaucoup évolué depuis sa création selon son fondateur, sa particularité est qu’il est orienté vers la veille et le partage de l’information dans l’entreprise.

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L’esprit de la frontière …

Dans l’entreprise, il y a une frontière : “c’est celle de l’Intranet et cette frontière est importante” :

  • Sur Internet, tout est disponible et accessible à tous, mais en interne on a une problématique de protection de l’information, et notamment il y a le filtre du “proxy” ;
  • Il n’y a “pas non plus de ‘youtube’ dans l’entreprise” et donc il y a aussi dans ce produit, la possibilité de rajouter du contenu car “ce dont on se rend compte c’est que comme cette fonction n’existe pas en interne les utilisateurs les mettent sur Youtube pour les partager, mais ce contenu n’a pas de vocation à être externalisé !

Fonctionnalités clé de Knowledge-Plaza

  • Les mots-clefs : c’est un travail manuel de taxonomie
  • Ranger les contenus dans des thématiques : on peut ajouter un contenu à plusieurs thématiques sans les dupliquer et créer des “réseaux d’intérêt” ;
  • la possibilité de créer des contenus (exemple ci-dessus avec la possibilité de stocker des vidéos directement dans l’outil) ;
  • Créer un réseau social : pourquoi ? pour mettre les acteurs de l’entreprise sur ce réseau.

Quelle valeur pour l’entreprise : 2 exemples

La valeur de Knowledge Plaza selon Antoine Perdaens est de permettre de capturer l’information afin de la rendre utilisable dans l’entreprise.

  • Le PMU utilise l’outil pour faire de la veille, et permettre de capturer les différentes informations et de les organiser avec les mots-clefs. Au lieu d’envoyer un document monolithique, on va permettre d’organiser un rapport dynamique que les utilisateurs pourront utiliser à bon escient. “Avant nous avions une ‘baleine’, aujourd’hui nous avons plein de bancs de poisson” a témoigné Monique Duizabo du PMU
  • Chez Lafarge, on utilise l’outil pour créer un réseau de nombreux collaborateurs dans le monde et partager les informations sous forme d’un référentiel ;
  • La société a été créée en 2009 et a pour clients entre autres, EDF, ADP, Orange (transparence : dont je suis Directeur Internet & Médias Sociaux),  International Polar Foundation et beaucoup d’autres entreprises.
Knowledge Plaza : la curation dans l’Intranet – #curationb2b was last modified: décembre 13th, 2012 by Yann Gourvennec