co-création et implication du consommateur à l’ordre du jour d’une table ronde au SEMO 2010

Semo 2010Je me suis rendu le mercredi 3 novembre au salon des études marketing et d’opinion à la porte Maillot, le Semo, afin d’animer une réunion sur le principe de co-création avec le consommateur qui réunissait un panel d’experts et de praticiens du domaine. Tout d’abord, Oleg Curbatov, enseignant-chercheur et maître de conférences à l’université Paris XIII, puis Nathalie Perrio-Combeaux de Harris interactive accompagnée d’Anita Hughey, directeur du département études de Henkel France, et enfin Anne Eberlé, chef de projet chez Dream Orange.

Le sujet précis de cette table ronde, était « quand l’étude devient aide à la création : les nouvelles façons d’impliquer le consommateur« .

co-création et communautés, rappel de contexte

J’ai introduit le sujet en revenant sur la co-création, ce concept si nouveau et pourtant développé il y a si longtemps par Bernard Cova et Olivier Badot au début des années 90 (Le Néo-marketing). Bien des concepts lancés par Badot et Cova en ces années ont été repris maintes fois dans ce que les auteurs eux-mêmes ont appelé les « panacées marketing », notamment outre atlantique (one-to-one marketing, consomm’acteurs, co-création, crowdsourcing, wikinomics etc. etc.) autant de concepts souvent présentés comme des réinventions du marketing et qui correspondent en effet à une certaine révolution. Et pourtant ces « panacées marketing » sont remises en cause par Cova lui-même, et Marie Claude Louyot et Audrey Bonnemaizon (présentes toutes 2 dans la salle), dans le cadre d’un nouvel ouvrage paru chez Lavoisier récemment (marketing critique le consommateur créateur en question) et qui sera analysé sur ces pages (publication prévue le 15/11 au matin).

Je suis revenu sur les trois principes qui guident le marketing des communautés : la passion, l’entraide entre les membres et enfin, le bénéfice commun. Mais il faut reconnaître, qu’avant d’atteindre ce nirvana, bien des tentatives peuvent être lancées à divers niveaux, et nous en avons vu deux exemples lors de cette table ronde.

retour sur la méthodologie

 

Oleg Curbatov

 

Tout d’abord, Oleg Curbatov est revenu sur les différentes typologies d’implication du consommateur dans le processus de création du produit ou du service. co-innovation, co-promotion, co-détermination et co-production sont les différents leviers qui existent et que l’on peut actionner dans l’entreprise. « On parle beaucoup de co-création » a ajouté Oleg, « mais il s’agit d’un concept vague ». Toutefois, les facteurs clés de réussite de la co-création dans les études de marché existent bel et bien : ces facteurs clés identifiés par lui sont au nombre de trois : être attentif à l’intégration du consommateur individuel dans l’entreprise et dans la communauté, être attentif aux connaissances du consommateur et à ses compétences requises pour la co-création d’études (tous les consommateurs ne sont pas compétents), intégrer le consommateur à l’expérience de co-création en fonction de ses propres ressources.

Partant de ce constat méthodologique, nous avons pu voir deux interventions intéressantes sur ce sujet, l’une, celle de Henkel et de Harris interactive, une étude de marché faisant intervenir l’interaction client en ligne, et l’autre, celle de Dream Orange, plus communautaire et basée sur la durée à l’intérieur d’une communauté high-tech.

Henkel : au-delà des études de marché classiques

 

Anita Hughey et Nathalie Perrio-Combeaux

 

L’objectif principal de Henkel était de réaliser une étude plus interactive, même si l’objectif n’était pas véritablement d’aller jusque la co-création. À l’origine, l’entreprise souhaitait aller au-delà des études traditionnelles de consommateurs qui sont, ces consommateurs, « souvent enfermés à l’intérieur de segments, de sous segments, et à l’intérieur de tests en silos (packs, pub, concept… ) qui sont limités dans le temps » nous a confié Anita. Henkel voulait, ajouta-t-elle, quelque chose de plus transverse, avec un impact direct sur les marketeurs « sans même quitter l’entreprise », au travers d’un concept fédérateur d’hygiène et de beauté, qui regroupe à la fois les produits cosmétiques et les produits d’entretien (une première sur ces sujets habituellement traités séparément).

Cette présentation fut poursuivie par Nathalie de Harris Interactive qui nous a détaillé cette étude. Celle-ci, « directement accessible aux équipes marketing depuis leur bureau », s’est inscrite dans la durée « autour d’une idée de communauté ». Le parti pris de cette étude était de recourir à un échantillon représentatif de femmes « qui n’était pas nées avec une souris entre les doigts » a précisé avec humour Nathalie. Il s’agit donc d’une communauté d’études, pas de marque, basée sur un recrutement de 600 personnes sur la base d’un access panel (celui de Harris interactive, fort de 6 millions de membres au monde et 750.000 en France). Il ne s’agissait pas non plus d’une communauté de passionnés ont précisé les intéressées, mais bien d’un échantillon représentatif d’études.

Cette étude s’est réalisée sur la base d’une plate-forme d’études non signée « Henkel », car la marque du groupe ne représente pas forcément quelque chose pour les consommateurs qui connaissent beaucoup mieux les produits marque par marque (Supercroix, Le Chat etc.). L’intérêt principal de cette étude était également la capacité de permettre de revenir jour après jour afin de permettre aux membres de la communauté de communiquer entre eux dans la durée. La communauté pouvait voter sur les idées, échanger les bonnes astuces, participer à des tests (réalisés pour faire revenir les membres au travers de jeux concours, sans pour autant verser d’incentives exorbitants).

Les clés du succès soulignés par nos deux protagonistes étaient les suivants :

  1. un rassemblement de thèmes hétérogènes (détergents et cosmétiques),
  2. une richesse de contenus énorme, encore exploités aujourd’hui,
  3. un accès en temps réel déterminant qui a permis de montrer l’importance du dispositif aux responsables marketing,
  4. Une liberté quant aux quali-quanti menés en ligne, et l’innovation dans l’animation de l’étude.

Les bénéfices de l’entreprise étaient les suivants : « un beau projet d’entreprise qui remettait le consommateur au centre de l’innovation », une boîte à idées intéressante et une association du client dans un dispositif d’études à l’opposé des silos évoqués par Anita au début de sa présentation.

Les bénéfices perçus par les consommatrices étaient également nombreux : elles ont beaucoup apprécié les astuces ainsi que les quiz, elles apprécié les tests produits (une constante dans les tests immersifs, les consommateurs adorent tester les produits et qu’on leur demande leur avis) et une amélioration des liens avec l’entreprise. Côté des desiderata, les consommatrices – qu’on se refuse à appeler méngère de moins de 50 ans j’ai remarqué – auraient aimé quand même un peu plus de co-création et d’interactivité, ce sera partie remise.

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co-création et implication du consommateur à l’ordre du jour d’une table ronde au SEMO 2010 was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

réunion IABC : Marques et médias sociaux : faut-il en être ou pas ?

J’ai participé le 20/10 au matin à une réunion organisée par IABC (http://france.iabc.com/fr/, l’association Internationale des communicants d’entreprise) et ceci était ma 2ème réunion IABC d’ailleurs. L’organisation était impeccable, l’ambiance sympathique, le cadre superbe et j’ai découvert Stanislas Magniant de Publicis avec mon ami Hervé Kabla. Bonne table ronde, où tout le monde se renvoyait la balle, animée de main de Maître par notre confrère et ami Canadien Matthew Fraser.

Mais en rentrant hier soir, quelle surprise ! un compte-rendu intégral et circonstancié avec photos à l’appui et tutti quanti par  Olivier Cimelière himself, sur son superbe blog. Alors lecteurs, chapeau bas, j’abandonne le micro et je passe la parole à Olivier :

J’ai participé comme auditeur à une intéressante conférence intitulée « Digital Branding: The Latest Trends and What You Need to Do About Them » qui s’est tenue le 20 octobre à Paris à l’initiative de l’association IABC France et de l’American University of Paris (AUP). Les médias sociaux sont en effet au cœur des préoccupations des communicants. Qu’ils soient en charge de marques produits ou de marques d’entreprise, la question lancinante demeure identique : faut-il céder à la « mode » des réseaux sociaux ? En d’autres termes, doit-on engager la conversation avec les internautes ou doit-on finalement se taire quand on n’a rien à dire ou à partager, voire qu’on a guère la volonté de s’investir ?

Sous la houlette de Matthew Fraser, professeur associé à l’AUP et auteur d’un ouvrage sur le sujet (Throwing Sheep in the Boardroom: How Online Social Networking Will Change Your Life, Work & World), trois experts ont débattu des dernières tendances et enseignements des expériences menées par différentes entreprises dans l’univers fascinant et fluctuant du Web 2.0. Le Blog du Communicant 2.0 vous propose un substantifique (à ses yeux !) résumé des principales interventions de Yann Gourvennec, directeur Internet & médias numériques chez Orange Business Services (ainsi que membre fondateur de l’association Media Aces en France), Hervé Kabla, président fondateur de l’agence de communication stratégique Blog Angels (et autre membre fondateur de Media Aces en France) et enfin Stanislas Magniant, directeur de stratégies digitales de Publicis Net Intelligenz.

la suite de ce post sur le blog d’Olivier Cimelière

réunion IABC : Marques et médias sociaux : faut-il en être ou pas ? was last modified: octobre 21st, 2010 by Yann Gourvennec

Comment transformer son écosystème en ambassadeurs de la marque ?

Comment transformer son écosystème en ambassadeurs de la marque ? Telle était ma présentation à la dernière conférence Media Aces du 22 Juin 2010 qui a eu lieu à Paris. J’y ai décrit notre stratégie Marketing basée sur les médias sociaux (et non une stratégie de médias sociaux à part du reste du monde) ainsi que les résultats déjà obtenus, dans les 2 ans 1/2 qui ont suivi notre décision de nous lancer dans les médias sociaux.

pour tout savoir sur l’association Media Aces: http://france.media-aces.org

Comment transformer son écosystème en ambassadeurs de la marque ? was last modified: juin 25th, 2010 by Yann Gourvennec

prospection en ligne : révision des classiques

Nous accueillons aujourd’hui Dan Aldulescu de la société Lingo24 qui nous rappelle qu’avant d’innover il faut savoir faire ses gammes ; une recommandation loin d’être dénuée de sens. Retour aux bases du métier :

Atteindre ses prospects via internet. Quelques astuces de la promotion en ligne

Avec des efforts soutenus, vous réussirez à vous construire une forte image personnelle et de marque et votre site va commencer à générer des ventes. Le but principal de toutes ces démarches est de faire de votre site votre meilleur atout commercial disponible.

Le boom des « dot com » dans les années 1995 – 2000 a changé les règles dans le domaine des affaires et a fait de l’Internet un environnement très favorable au développement des entreprises car idéal pour trouver et toucher de nouveaux clients et prendre place sur de nouveaux marché, même hors de son pays d’origine. Aujourd’hui le web offre à l’entreprise les outils et les conditions nécessaires pour se rendre visible et disponible 24 heurs sur 24 pour un public global. Ainsi, via le web toute PME peut s’ouvrir vers l’international sans avoir un budget marketing impressionnant. Le secret est le suivant : il faut savoir optimiser le site pour les moteurs de recherche et se faire entendre par l’intermédiaire des medias en ligne et des réseaux sociaux.

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prospection en ligne : révision des classiques was last modified: juin 15th, 2010 by Yann Gourvennec

Wonka : retour aux fondamentaux d’une marque

Surfons sur la vague de Time Burton qui a récemment fait la une de Los Angeles Times (cf article paru dans Influencia à ce propos).

Lancer une gamme de chocolat premium, cela peut sembler risqué dans un contexte de crise économique où le pouvoir d’achat est au cœur des préoccupations.

Néanmoins, aux Etats-Unis, Nestlé a décidé de relever le défi avec pour principal atout la marque Wonka. L’article paru sur Brand Channel nous informe que la gamme de chocolats prémium s’appelle Wonka Exceptionals et qu’elle se décline en six saveurs acidulées.

Par ailleurs, à l’heure des réseaux sociaux et autres applications iPhone, le plan de lancement peut paraître pour le moins surprenant : en effet, il s’inspire – tout comme dans l’opus Charlie rendu mythique en 2005 par le remake de Time Burton avec Johnny Depp à l’affiche – d’un simple jeu promotionnel. 10 Tickets en Or sont en effet cachés à l’intérieur des barres chocolatées et offriront aux familles qui auront la chance de les découvrir un tour du monde.

Le décryptage que nous pouvons faire de cette actualité est qu’il faut revenir aux fondamentaux : la vocation des marques est de faire rêver le consommateur, c’est inscrit dans leur ADN mais la concurrence des MDD a tendance à modifier ce patrimoine génétique vers la baisse des prix …

La Promotion au sens noble du terme permet d’animer la marque et de déclencher des actes d’achats, tout l’enjeu étant d’opter pour une stratégie marketing opérationnelle équilibrée entre recrutement – volumes de ventes – fidélisation.

Quid donc des réseaux sociaux ? Nul doute que les Hashtag estampillés à la marque Wonka fleuriront sur twitter mais l’envie des consommateurs même les plus technophiles de se rendre dans les linéaires pour tenter leur chance sera certainement la plus forte – autrement dit : orienter les réseaux sociaux vers le transactionnel est sans conteste le levier de survie des marques.

C@

Wonka : retour aux fondamentaux d’une marque was last modified: mars 13th, 2010 by christelle