4 exemples Concrets du Big Data avec information builders et business & decision

Jean-Michel Franco, Business & DécisionsLe 16 octobre j’ai assisté à une conférence organisée par information builders au Shangri la de Paris intitulée : « Les nouveaux enjeux de l’EIM, MDM et big data, l’association gagnante ».  Même si le titre est un peu abscons, et requiert lui-même un peu de data mining, le contenu allait au-delà de mes espérances avec une présentation très intéressante de Jean-Michel Franco (photo), Directeur de l’innovation chez Business & décision. Et je peux dire qu’enfin j’ai tout compris, ou presque,au big data, au vrai big data, pas aux incantations aux dieux de la mode, mais à la description d’une vraie révolution au sein des entreprises et des directions marketing qui n’a pas fini de créer des remous dans les organisations et les méthodologies. Voici mon compte-rendu :

Business et décision, contexte

Business et décision est une société de services numériques (nouveau nom des SSII) forte de 2500 collaborateurs dont la moitié est située en France. La moitié des effectifs français est en région. La société est présente sur 16 pays, et dispose de 17 agences régionales en France. Les 3 spécialités du cabinet sont le business intelligence (BI), le CRM et le e-business. Ils font aussi de l’EIM (Enterprise Information Management : ou informatique décisionnelle) et du conseil et auraient été placés par Gartner dans le magic quadrant du CRM (NDLR: source non trouvée), preuve de leur expertise.

MDM (Gestion des données de référence)

Le MDM, ou Master Data Management est la discipline dédiée aux données cœur de l’entreprise, celles qui vont servir à son système d’information. Les données clients, produits, ventes etc… Bref les données dures, celles qui sont structurées, maîtrisées (enfin plus ou moins, il y a encore du travail dans nombre d’entreprises pour que les fichiers clients soient exploitables et propres), par opposition aux données non structurées, dont les plus emblématiques sont celles issues des médias sociaux. C’est la rencontre de ces deux types de données, sur le plan de la donnée seul, qui donne naissance à cette nouvelle dynamique des big data.

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Jean Michel Franco de Business & Decision

MDM et big data sont aussi un sujet de spécialisation et d’avenir pour B&D a indiqué monsieur Franco : 50 personnes en France sont déjà dédiées à ces sujets au sein du cabinet et 80 dans le monde. La société est aussi animatrice d’un veille technologique avec l’animation des matinales du MDM dont la 5e édition a eu lieu récemment. “La Méthodologie de mise en œuvre du MDM n’est pas facile” a dit Jean Michel Franco : “elle nécessite de la transversalité et des méthodes agiles et des références dans tous les secteurs de ce domaine”.

Quels sont les enjeux de l’EIM en 2013 ?

Pour expliquer ces e,jeux, M. Franco a pris l’analogie d’Amazon : “Amazon, on en parle depuis 15 ans comme un vendeur de livre et aujourd’hui c’est la marque préférée des français. Tous les secteurs sont dans le domaine d’Amazon aujourd’hui et ils pèsent 61 milliards de $ (2012). Alors voici quelques métriques en rapport avec Amazon :

  • 1/2 seconde gagnée sur le temps de conclusion d’une vente équivaut à 1% du ÇA chez Amazon ;
  • On y reconnaît immédiatement le client et ils ont inventé le one click ™ : celui-ci est estimé à environ 20% du CA en plus. Cette connaissance client se traduit concrètement dans le chiffre d’affaires de l’entreprise ;
  • Le catalogue : c’est le principe de la longue traîne donc ils ont étendu la gamme et ils ont même intégré une marketplace et amazon est garant d’amener le produit chez vous. La marketplace c’est 25% ou 30% du CA rien que par le fait qu’ils soient capables de référencer tout ;
  • Valoriser l’écosystème : amazon vous amène de la confiance sur son écosystème. Le e-commerce est un marché qui a changé, ce n’est plus de la logistique. La différence se fait sur les informations additionnelles qu’Amazon est capable de gérer et de croiser ;
  • L’information était du pouvoir maintenant elle est partagée et c’est de la valeur pour l’entreprise.

L’information est devenue ouverte : elle représente la valeur

Surtout, il y a un changement de mentalité entre information ouverte et fermée : “dans les cabinets de conseil il y a une culture du secret et la volonté de cacher les consultants alors qu’avec LinkedIn tout est ouvert il n’y a plus rien à cacher” a défendu M. Franco. “Dans l’hôtellerie on avait de beaux sites web, mais maintenant on va sur trip Advisor car c’est sur l’information ouverte que s’est déplacée la valeur”.  Les projets MDM sont tous soumis aux enjeux métiers (si on est en rupture de stock pas exemple, comment faire apparaître le produit néanmoins et livrer vite ?) Il y a des projets de fusion et acquisition, de reconfiguration de marques, de désimbrication de SI (au moment ou des entreprises se séparent), et d’entreprises étendues.  Tout cela change la donne … et la donnée !

Redonner le pouvoir aux utilisateurs : sans perdre le contrôle

“L’enjeu dans les entreprises c’est un changement entre intégration de données en silos gérées en central par l’informatique, très maitrisées avec les utilisateurs cantonnés dans un rôle d’utilisation qui crée des conflits et des frustrations (tout le monde se rejette la faute de la non mise à jour de la BDD clients)” à un monde où la donnée est mise en commun pour créer de la valeur. “L’enjeu c’est que les métiers prennent la main sur la définition des besoins et réclament un catalogue de services pour pouvoir croiser des données” a ajouté JM Franco : “l’informatique doit continuer à accompagner les utilisateurs et il n’est pas question de faire tout ça sans contrôle mais il faut redonner l’émouvoir aux utilisateurs”.

Les données de référence : bien mais pas suffisant !

Un master data c’est une donnée commune au référentiel de l’entreprise, partagée par plusieurs entités de l’entreprise. Le MDM c’est la mécanique, technologique et humaine pour mettre ces projets en route. A peu près 1/3 des données sont des référentiels (clients et produits), puis les choses, puis les lieux (3% seulement aujourd’hui de données mais on peut s’attendre à un décollage dans ce domaine)

Mais le MDM ne suffit pas, car gérer les référentiels c’est bien, mais ça n’est pas assez. La qualité des données est liée à leur gouvernance, à leur maintenance par les utilisateurs, au “lifecycle management” de ces données et à leur stockage temps réel dans l’entreprise et enfin, il faut savoir comment on va mettre la donnée à disposition des utilisateurs, à la manière d’Amazon. 

Les 4 grands types de données dont certaines amenées par le big data 

  • Les métadonnées (qui servent à décrire d’autres données : exemple la date de sa production, les coordonnées GPS, les données EXIF d’une photo etc.) ;
  • Données transactionnelles qui résultent de l’achat en ligne ou non ;
  • Données référentielles : qui sont propres à décrire les assets de l’entreprise, ses produits, ses prix, etc.
  • Enfin les données décisionnelles qui vont se référer aux segments, aux clients, aux codes qui permettent de qualifier, segmenter, analyser, requêter sur les clients, les produits, les régions, les vendeurs etc.

Comment ça se met en place ? il y a 3 étapes !

  • phase de cadrage : est-ce que j’ai une plateforme, comment je gère mes dictionnaires de données. On analyse les différentes technologies et on en définit le hub de données ;
  • définition de l’organisation : sur chacun des métiers il va falloir responsabiliser les métiers responsables, comment on partage ces responsabilités. C’est ce qu’on appelle le “stewardship” (qui gère ?) et le “ownership” (qui est responsable ?)
  • Enfin la méthodologie de projet itérative pour la mise en œuvre proprement dite

Et le big data dans tout ça ?

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M Franco n’y va pas par quatre chemins : “c’est un peu fumeux donc je propose une définition et pourquoi on en arrive là (voir le slide ci-dessus). On explique ça avec le 4v.” Je n’y reviens pas, il suffit de voir cet autre article.

On peut décrire l’évolution des données ainsi :

  1. En 1950, démarrage des systèmes de données
  2. En 1960 le système Sabre est inventé qui n’est pas seulement un système de réservation aériennes mais aussi un Système de pricing, qui a préfiguré les systèmes d’aujourd’hui .. On en est encore au MB
  3. En 1970 Fedex trace ses colis
  4. Dans les années 1980 Citicorp fait monter les bases au GB
  5. Dans les années 1990 on atteint les TB avec Walmart
  6. Puis les PB avec Google dans les années 2000
  7. Et en 2010 Facebook fait monter les données à des centaines de PB

“On est obligé de subir cette inflation de données” a conclu M. Franco

“Le big data c’est la longue traîne appliquée à notre métier” a-t-il ajouté. La FNAC vend surtout les best sellers. Amazon a eu une logique différente. Ils vendent beaucoup de livres en peu d’exemplaires. Le e-commerce a permis de faire baisser le coût de gestion des références et ils ont étendu leur assortiment aux livres qu’ils n’ont pas en stock, puis ils ont tout dématérialisé. Leur catalogue est quasi infini. Le processus marche bien, le big data permet de changer de braquet. Le client a besoin de temps réel, et ça permet des s’intéresser à de nouveaux types de données et notamment des données non structurées.

Mais il n’y a pas qu’Amazon, donc M. Franco nous a cité 4 exemples emblématiques des entreprises de tous les jours :

4 exemples de longue traîne appliqué à la data

  1. Sears : veulent aller plus loin que le stockage des bons d’achat et personnaliser les magasins. Leur process de pricing prenait 5 semaines avec des logiques de batch. Ils ne pouvaient pas le faire tourner souvent et impossible de différencier les prix selon les magasins. Ils ont tout descendu sur Hadoop, Le processus, de 5 semaines est tombé à 3 jours ;
  2. Exemple français avec Veolia qui met des capteurs sur les compteurs pour éviter les fuites et les fraudes. Toutes les heures ils ont une vue instantanée sur leur réseau. Ainsi la plupart du temps ça ne sert à rien, mais en cas de problème, ils sont capables d’agir vite et aussi de prévenir le client final et lui permettre d’agir en conséquence.
  3. The climate Corp, est une startup fondée par des anciens de Google et ils proposent des assurances personnalisées et à distance aux agriculteurs, grâce à des capteurs, pour suivre les risques sur une récolte. Pour les sinistres c’est facile aussi, il y a une mesure. Cette Startup a été rachetée près d’un milliard de $ par Monsanto.
  4. Infinity : toujours de l’assurance, ils récupèrent toutes les données de déclaration de fraudes et en déduisent les signes avant-coureurs. Exemple : si vous déclarez que la voiture à brûlé mais il n’y avait rien à l’intérieur, donc cela permet de faire du scoring beaucoup plus précis et sans lancer des enquêtes pour rien car ça coûte cher. 85% des cas transmis au service des enquêtes sont un succès donc il y a un gain rapide de ROI.

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Le Big data ne s’appplique pas qu’au e-commerce et pas seulement aux américains. l’exemple de Veolia est bien parlant

S’organiser pour stocker et analyser les données

Il faut ensuite s’organiser : où je stocke les données, comment je les tague (gouvernance) et comment je les analyse, avec des outils de BI et enfin comment j’agis sur le business en revenant vers les utilisateurs.

C’est pour cela que le MDM et le big data sont des sujets connexes

  • Pourquoi le big data à besoin du MDM : Exemple : la dématérialisation des vœux au Père Noël. A partir d’une lettre on va extraire le contenu, une gestion de la qualité et la réconciliation avec les master data (quoi/quand/où…) et comment la commande peut arriver à temps avant Noël. Si je fais du big data il faut que j’aie le pivot qui permette de donner du sens à mes données même si elles sont totalement non structurées comme dans cet exemple.
  • Pourquoi le MDM à besoin du big data : pour constituer un référentiel complet il faut que je puisse insérer des données d’information clients de toutes les sources structurées et non structurées. C’est ce qui permet d’enrichir la gestion classique des données  et de les réinsérer dans les sites web car c’est là qui se passe et c’st comme ça qu’on trouve le ROI

et demain ?

Les enjeux de demain, selon Forrester c’est la prédiction, comme LinkedIn qui propose des contacts potentiels, dès la première connexion. “Nos applications doivent devenir un coach personnel par rapport aux actions qu’il doit pouvoir faire dans le futur” a conclu, M. Franco. Alors que beaucoup d’industriels en sont encore à se gratter la tête pour savoir ce que big data veut dire, les leaders en sont déjà sur le coup d’après. Tout va très vite dans ce monde de la donnée pléthorique.

4 exemples Concrets du Big Data avec information builders et business & decision was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Conférence : 10 constats sur le marketing de contenu (« brand content »)

visionary-publishingLe marketing de contenu se généralise. Mais est-il nouveau ? Idem pour le bouche à oreille, le Web collaboratif, l’UGC (User Generated Content) … Qui plus est, alors que la communication digitale se généralise, est-elle toujours bien comprise ? Le Web est-il toujours perçu à sa juste valeur ? Les entreprises qui se lancent à corps perdu dans la course quantitative au contenu de marque (content marketing), trouvent-elles toujours la note juste ? Ce soir, je parlerai autour d’une version mise à jour de ma présentation de Lille en Mars, remise à niveau et où je ferai allusion à mon nouvel ouvrage fraîchement paru la communication digitale expliquée à mon boss, dans lequel une section complète est dédiée au marketing de contenu, dans le cadre d’une réunion organisée par Lise Janody à Soleilles Cowork, rue Richelieu à Paris (Bourse). Venez nombreux à 19:00 précises !

la version de Mars, qui sera revue et mise à jour pour la conférence de ce soir

Et voici l’annonce de la conférence par les organisateurs (inscrivez-vous il n’y aura pas de place pour tout le monde):

Dix constats autour du contenu digital : Rencontre avec Yann Gourvennec

Les médias sociaux ont-ils tué le site web ou le blog ? La communication digitale passe-t-elle obligatoirement par la vidéo ? Quid des podcasts, de la web radio, du « user-generated content » ? Quel avenir pour le Brand content ?

Pour la « reprise » de notre groupe Content Strategy Paris, je vous invite à venir discuter de ces tendances – et des idées reçues – avec quelqu’un qui n’a guère besoin de vous être présenté : Yann Gourvennec, cadre dirigeant à l’international, marketer, spécialiste du Web et des médias sociaux, intervenant en marketing, conférencier et auteur, et digital native… depuis 1996. Vous ne connaissez pas Yann ? Je vous invite à visiter son site VisionaryMarketing.com pour en savoir plus….

Nous vous attendons mardi, 22 octobre, de 19h à 21h dans les locaux de Soleilles Co-Work. Une participation de 10 Euros vous sera demandée pour aider à payer la location de la salle.

Les places sont limitées, donc n’attendez pas à vous inscrire (et si vous devez vous désister, même à la dernière minute, n’oubliez pas de nous en avertir…)

Conférence : 10 constats sur le marketing de contenu (« brand content ») was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

« autant de différences entre mobile et internet qu’entre Tv et radio » – Benoît Corbin (MMAF)

exclamation-smallLa semaine dernière s’est tenu le 4ème Social Drinkup d’Adobe, un événement qui est vite devenu un de mes préférés, tant la qualité des intervenants est grande. Cette dernière édition n’a pas dérogé à la règle, loin de là, et le sujet du Marketing mobile s’est révélé, sans surprise, passionnant. Surtout, j’ai aimé la présentation de Benoît Corbin, à contre courant des idées reçues et Dieu sait qu’il y en a dans ce domaine ! Le marketing mobile est un sujet à la mode, et qui plus est, un sujet souvent traité dans ces colonnes et depuis fort longtemps. Ce qui est amusant avec ce thème, ou à tout le moins qui prête à réflexion, c’est que les poncifs sont souvent servis, mais qu’ils n’ont pas beaucoup de rapport à la réalité. Le Graal recherché par les annonceurs, les éditeurs et les fournisseurs de technologie est le display sur mobile, mais la réalité se trouve dans le Search et le SMS (Sic!). Le mobile est présenté comme un outil de “geo-fencing” mais son utilisation principale est à la maison. La montée des tablettes est souvent vue comme le signe avant-coureur du fait que les PC sont morts, et pourtant, selon une étude de Deloitte, ce sont surtout les seniors qui privilégient la tablette au détriment des écrans plus grands, qui ont toujours la faveur des plus jeunes… Allez comprendre ! Le marketing mobile est un lieu de fantasmes pour marketeurs en mal d’hyper ciblage mais la réalité est ailleurs. Préparez-vous à ce que le renouveau de Google passe par là … ils ont compris ce mouvement il y a bien longtemps et ont même acheté un fabricant de matériel. Plongeons dans cet univers en deux parties, d’abord avec Jacinthe Busson et Benoît Corbin, puis avec Yves Tyrode dans une autre présentation, dédiée aux applications mobiles.

 

Jacinthe Busson de Kontest au micro, devant Benoît Corbin (centre) et mon ami Olivier Saint Léger de Neuromass (co-organisateur)

Jacinthe Busson (Agence kontest et Co-organisatrice de l’événement) a introduit la soirée en présentant un état des lieux du marketing mobile en 2013. « Beaucoup de données sont disponibles » a-t-elle avancé en guide d’introduction, « mais c’est encore plus impressionnant sur ces 3 derniers mois ». Et il est vrai que nous sommes abreuvés de données … Alors qu’en est-il ?

  • Le mobile représenterait (en moyenne) 15% du trafic sur le web  : surtout dans le Commerce où 62% l’utilisent pour se renseigner avant un achat précise Jacinthe ;
  • 45% des transactions de Groupon sur l’Amérique du Nord sont le fait du mobile et 26% chez ventes privées en France ;
  • 62% des utilisateurs d’iPad auraient réalisé des achats mobiles
  • « La question se pose donc : les générations à venir vont elles connaître le PC ? » Même si des rapports contradictoires montrent que la consommation de web sur tablettes, notamment, est plus le fait de personnes plus âgées et que les plus jeunes ont encore une d’entre préférence pour l’en on vieux Pc/Mac ;
  • Les plateformes : on observe sans surprise depuis au moins deux ans le leadership incontesté d’android mais les dernières versions sont plus à jour sur les Apple, car Androïd ne permet pas de mettre à jour son système d’exploitation à la manière d’IOS. Ainsi, ces derniers voient ils les utilisateurs passer des rapidement à IOS 7 malgré certaines railleries ;
  • App ou web app : « 84% du trafic mobile vient des applications natives » ce qui aurait tendance à régler le sort des sites Web mobiles et du responsive design … Un peu vite sans doute car des nuances méritent d’être apportées ;
  • 66% des marketeurs en b2b indiquent que le mobile amplifie l’expérience de marque. Et 51% utilisent le mobile dans leur stratégie digitale.
  • Principaux usages des mobiles pour les campagnes : la visibilité

Il y a encore des responsables Web qui négligent le mobile et les tablettes, c’est une erreur. Le trafic mobile est en effet en plein boom … Même s’il est un peu dangereux d’afficher trop de certitudes dans un domaine très mouvant et en constante reconfiguration : nous y reviendrons.

Benoît Corbin, Président d’honneur de la MMA (Mobile Marketing Association)

La suite de Jacinthe fut assurée lors de cette soirée par Benoît Corbin, Directeur associé de Go Shop et Ancien président de la MMA (mobile marketing association), que j’avais connu dans cette fonction lors d’un jury e-marketing l’an dernier. Sa présentation était riche d’enseignements. Benoît vient de quitter la MMA mais il en est encore président d’honneur et c’est donc en cette qualité qu’il s’exprimait. Benoît s’est chargé de l’intégration internationale de l’association en 2012. Le rôle de cette association est de promouvoir le mobile et la tablette en tant que support de publicité. « On n’en est même plus à dire ‘mobile first’, même en France » a précisé Benoît, indiquant ainsi que la mobilité est déjà inscrite dans les gènes du Web Marketing depuis longtemps … sauf pour les plus myopes.

En voici quelques points, notés lors de sa présentation, qui est disponible ci-dessous également :

La France n’est pas en retard … loin de là

La première réaction de Benoît à l’introduction fut de dire que « le trafic des annonceurs dans les pays développés  est largement au dessus des 15% », ceci « surtout sur les sites des médias » car il s’agit en fait de moyennes, largements démenties par certains sites à fort trafic. Certes, « mais le problème est de monétiser le mobile« . Sa deuxième réaction fut pour corriger un malentendu : « En France on n’est pas en retard sur le mobile, au contraire » a déclaré Benoît : « au MWC le pavillon France est trois fois plus gros que les autres ; il y a une différence très nette en faveur de la France même si sur la monétisation c’est un peu différent ».

L’Internet mobile est mort, c’est un sujet totalement différent

Première constatation, l’Internet mobile est mort : « pendant un temps on parlait d’Internet mobile, mais il y a autant de différence entre le mobile et internet qu’il n’y en a eu entre la Tv et la radio » a insisté Benoît. Il faut éviter de refaire la même chose que ce qu’il y avait sur le Web (le display notamment). Toutefois, « ce n’est pas facile car il y a pression des acteurs de l’Internet qui voient ça comme un levier de croissance » or « c’est tout l’inverse du web : il ne faut pas gommer les différences entre les canaux« . La preuve ? Google et Microsoft ont dû racheter un fabricant de mobile … Il y a une raison à cela, c’est qu’on est bien dans un monde où tout est différent, même le design des interfaces logicielles, même le graphisme ! « Le Pc on ne l’a pas dans la poche » ajoute Benoît, et aussi, les plateformes mobiles (IOS Appstore, Android Google Play …) se permettent aussi de déréferencer les développeurs, c’est inédit, les rapports de force ont changé de bord. C’est aussi un monde beaucoup plus propriétaire, très différent du Web que l’on connaît. « On a mis nos équipes Web [d’entreprise] au digital » a poursuivi Benoît « et la question est de se poser comment on fait évoluer ces équipes car même parmi les graphistes il y a ceux qui sont à l’aise avec les petits formats et ceux qui ne le sont pas »

Deuxième constat : le décalage entre l’audience et l’investissement (ci-dessus) : « la question qu’on peut se poser c’est est-ce que le mobile sera le premier media non perméable aux revenus publicitaires » a ajout Benoît ; et il faut avouer qu’il résiste bien, le bougre. Je parle de publicité mobile sur ce blog depuis 2007, et annonce l’avènement de la pub mobile comme le nouvel eldorado depuis cette époque là … sans que cela soit jamais arrivé ; et pourtant les tentatives et les innovations ont été nombreuses ! « aujourd’hui il y a un rapport de 1 à 7, et une vraie angoisse sur ces revenus publicitaires, c’est ce qui a fait plonger Facebook » ajoute Benoît. Et reconnaissons-le, l’interface Facebook pour le mobile est loin d’être une réussite, même en dehors de ses soucis publicitaires. C’est compliqué le mobile, Benoît a raison, ce n’est pas l’Internet porté sur un petit écran, c’est quelque chose d’entièrement différent. Et selon Benoît, la mesure est aussi le problème : « tous les gens qui mesurent les revenus publicitaires ne sont pas forcément au fait des méthodes mobiles ; ils ne mesurent que le display mobile qui a, à mon avis peu d’avenir » nous dit Benoît. En d’autres termes et comme je l’ai commenté plusieurs fois sur ce sujet, de nouveaux modèles restent à inventer … plus facile à dire qu’à faire, il faudra quelques itérations, et quelques ratés avant que ça marche. Comment faire pour mesure quelque chose que l’on ne comprend pas ? Pas simple… Il y a 3 choses à noter nous dit Benoît :

  • Le mobile a une force terrible c’est la présence du terminal en tout temps et tout lieu. Mais quand il est de petite taille,cela va à l’encontre de la valorisation des CPM ;
  • Il y a un vrai scénario c’est que la publicité, du moins traditionnelle, ne sera pas énorme ;
  • Par contre le poids du Search est énorme et Google a anticipé ce mouvement en 2007 c’était très visionnaire.

Analyez la part de marché des OS mobiles, ajoutez une pincée de Search et vous avez encore compris qui va tirer les marrons du feu de la monétisation du mobile demain.

Troisième et dernier décalage décrit par Benoît Corbin, le lien entre monde « virtuel » (mot que je n’aime pas beaucoup et que j’utilise faute d’équivalent) et réel  : « le mobile est une brique essentielle pour amener des gens en magasin » ce que nos lecteurs savent, pour avoir lu les nombreuses présentations sur ce sujet : « en 2000-2010 on a beaucoup développé de choses virtuelles, mais le Mobile raccroche ces choses là avec le monde réel et il a vrai rôle pour enraciner les digital dans le vrai monde » a poursuivi Benoît. Les récentes expériences du Showrooming, notamment chez But, ou du Family Concept chez Mc Do à Velizy, qui permettent, avec le digital, de ramener le client en magasin, sont des exemples qui ont de l’importance pour le futur, même s’il ne s’agit aujourd’hui que d’expérimentations. Et enfin, il y a ce « sujet que tout le monde trouve ultra ringard, le SMS, alors que ses revenus continuent de croître de 20% et c’est un media très sain, sans trop de spam, et avec de gros potentiels de croissance ».

« autant de différences entre mobile et internet qu’entre Tv et radio » – Benoît Corbin (MMAF) was last modified: octobre 15th, 2013 by Yann Gourvennec

couverture (presque) définitive du livre « la communication digitale expliquee a mon boss »

imageOuf ! Ca fait du bien quand on approche de la fin d’un travail titanesque. 9 mois ont été nécessaires à l’écriture de notre nouvelle Somme : “la communication digitale expliquée à mon boss”, toujours chez notre fidèle éditeur Kawa, dont on louera encore une fois la souplesse et l’adaptabilité, qualités indispensables lorsqu’on travaille avec des pros du Web, habitués à penser à la vitesse de l’hypertexte.

Près de 370 pages et environ 90 articles de 1800 mots en moyenne au total pour un livre, qui comme le précédent (les médias sociaux expliqués à mon boss), est destiné à se lire indépendamment, chapitre par chapitre, ou cursivement. Carte ou menu en somme, c’est le lecteur qui choisira.

Un livre sous le patronage du MEDEF, de Scoop’it et de Frenchweb.fr et de l’ESG

Nous sommes également très heureux d’annoncer que la première préface du livre est écrite en ce moment-même par Pierre Gattaz, le bouillonnant nouveau patron du MEDEF qui a sans cesse répété l’importance du numérique aux dernières universités du MEDEF, qui se sont tenues en Septembre 2013 sur le campus de HEC. Quelle plus belle preuve de l’importance du numérique voulions-nous ? Un grand patron industriel, boss des boss, qui explique spontanément l’importance d’un secteur traditionnellement – et par erreur – considéré comme “à part”.

Pierre Gattaz écrit en ce moment-même, la préface de notre livre la communication digitale expliquée à mon boss (photo ledauphine.com)

Nous ne pouvions rêver mieux comme preuve de concept pour le lancement de ce livre qui, à notre avis, tombe exactement au bon moment pour annoncer un changement d’ère, où les médias sociaux sont devenus un élément incontournable d’un mix digital de plus en plus important, de plus en plus lié au cœur de métier, de plus en plus en prise avec la réalité. Foin de cette “virtualité” trop souvent avancée comme un épouvantail, le marketing et la communication digitale au service du métier, voilà bien notre Graal.

28 planches illustratives (“slides”) en libre service sur Slideshare

Préparez-vous, comme pour la version précédente à un Buzz à tout casser sur les planches illustratives du livre, un travail où nous n’avons pas non plus ménagé nos forces créatrices, car celles-ci sont abondamment illustrées de dessins originaux et de croquis. Nous serons secondés dans ce travail par nos amis de Scoop.it et de Frenchweb.fr, fidèles supporters de Media Aces.

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NB : le QR code renvoie au moment de l’écriture de cet article vers la version précédente des planches illustratives du livre, en attendant leur ouverture au public (http://amonboss.com/slides2013)

Deux super conférences en Novembre et en Décembre

Réservez dès à présent 2 dates dans vos agendas :

le 14 Novembre 2013, une super conférence à 2 salles sera organisée avec nos confrères, amis et sponsors de l’ESG (école où j’enseigne depuis 2007, et qui est présente sur les métiers du numérique depuis 2000). Nous vous préparons un programme autour du livre avec un grand nombre d’intervenants qui ont participé à l’ouvrage et qui viendront vous présenter leurs vues et leurs explications.

Et le clou du spectacle, une présentation pour les Boss, au MEDEF, le 3 Décembre 2013. Il est encore trop tôt pour vous dire ce que nous mettrons dedans, donc un peu de patience.

Voilà ! une page se tourne, avec près de 9 mois de travail acharné pour écrire un livre qui est quasiment deux fois plus gros que le précédent (la fonte est deux fois plus petite et c’est pour cela qu’il fait à peu près le même nombre de pages). Mais pour acharné qu’il est l’aventure n’est pas terminée pour autant … car la version anglaise du livre est en préparation, avec un premier jet de traduction qui sera bouclé cette semaine. Restera à réécrire et réadapter l’ensemble ; le travail est loin d’être terminé !

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couverture (presque) définitive du livre « la communication digitale expliquee a mon boss » was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Marketing du contenu (« brand content ») en B2B et B2C au Royaume Uni : « mind the gap! »

eye-large_thumb.gifLors d’un précédent article, j’avais posé la question de l’adoption du marketing de contenu (alias « brand content ») en France et notamment dans les PME. Voici une étude du content marketing institute qui montre l’énorme  fossé qui nous sépare du Royaume-Uni. Si 70% des sites Web des PME ne sont jamais mis à jour en France (source : Serge Henri Saint Michel), une vaste majorité des entreprises d’outre manche ont sauté le pas du marketing de contenu (95% des entreprises en B2B ayant répondu au questionnaire, sur un échantillon somme toute assez faible, mais très varié). La faiblesse de l’échantillon nous oblige à la prudence mais il indique bien une tendance lourde qu’il est facile à saisir. Quand en France on en est encore à batailler sur le fait de faire ou non des livres blancs (« les livres blancs ne servent à rien ! etc. etc. »), au Royaume Uni, cette fonction est intégrée à 100% dans la pensée Marketing et n’est sous-traitée qu’à 55% sur l’échantillon. On remarquera cependant que les interviewés ne sont pas toujours satisfaits des résultats : environ une grosse moitié se retrouvent au milieu de l’échelle, soit car ils ne mesurent pas bien leurs résultats et en conséquence répondent dans la moyenne ; soit parce la compétition sur le marketing de contenu est beaucoup plus féroce qu’ici et que pour se démarquer avec un contenu en Anglais, il faut vraiment faire un très gros effort d’originalité …

Marketing du contenu (« brand content ») en B2B et B2C au Royaume Uni : « mind the gap! » was last modified: février 28th, 2015 by Yann Gourvennec