05/14/13

Comment l’Occident peut apprendre des pays émergents – l’innovation Jugaad (Navi Radjou)

Evernote Camera Roll 20130509 185127Fin avril, nous avons eu la chance, un petit groupe de blogueurs dont j’étais (voir ici le post d’Anthony Poncier), de rencontrer Navi Radjou, passé par Paris pour évangéliser la France et la convertir à l’innovation frugale (ou Jugaad innovation), une nouvelle façon de voir l’innovation, et au delà, notre rapport à la modernité. Français, Natif de Pondicherry, diplômé de Centrale, Navi est consultant indépendant dans la Silicon Valley où il réside depuis de nombreuses années. Il a occupé diverses fonctions de haut niveau chez Forrester, et plus récemment dans le cadre du centre for India and global business à la Judge Business School, de l’université de Cambridge et en tant que membre de la faculté du World Economic Forum. Outre ce CV impressionnant, Navi Radjou est venu nous présenter la version française de son ouvrage L’innovation Jugaad, co-écrit avec Jaideep Prabhu et Simone Ahuja et paru récemment aux éditions Diateino sous la traduction de Jean-Joseph Boillot (24€).

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[Navi Radjou : photo Jugaadinnovation.com]

Où on ressort le système D du placard

« Jugaad » ou »Jugard » est un terme Hindi qui est assimilable à notre bon vieux système D, signe que dans nos traditions gauloises les plus ancrées, il reste peut-être quelque chose de nos lointaines racines indo-européennes. L’innovation Jugaad, souvent traduite « innovation frugale », car il y est question de « faire plus avec moins », est non seulement une nécessité dans les pays émergents, mais aussi et surtout une inspiration nouvelle dans les pays occidentaux, sans parler des innombrables échanges possibles entrées visions occidentales êtres pays dits du Sud. Ce concept d’innovation, qui est plus qu’en méthode, et plus véritablement une vision du monde à fait l’objet d’un ouvrage collectif paru aux USA, et qui vient d’être traduit et adapté chez Diateino sous le titre « innovation Jugaad, redevenons ingénieux ! » J’ai rencontré Navi Radjou avec quelques confrères a Paris fin Avril, et l’auteur nous a présenté son ouvrage en agrémentant sa présentation de nombreuses anecdotes.

La R&D en panne

Le point de départ de cet ouvrage a été, selon Navi, une étude de Booz Allen, étude qui a démontré que l’innovation était très coûteuse et que « les sommes importantes d’argent dépensées en R&D produisent peu d’effet ».Un autre défaut souvent rencontré est que « l’innovation est assez élitiste et qu’elle ne se fait que dans les labos. « Or, avec les médias sociaux, il y a des moyens de réunir des cerveaux de manière moins coûteuse, plus agile et moins élitiste » a ajouté Navi Radjou. Voilà un phénomène que nos lecteurs connaissent bien, sous forme de l’innovation conjointe, traitée souvent dans ces pages.

Y-a-t-il un besoin de changer la façon d’innover dans les pays occidentaux ?

Le point de départ du livre consistait à se focaliser sur les pays émergents et comprendre comment malgré le manque de ressources et de moyens ils arrivent à innover quand même. Par exemple, en cherchant un peu, les auteurs ont entendu cette anecdote de « cet Indien qui a inventé un frigo à base d’argile », une sorte de réinvention de la glacière des temps anciens en quelque sorte. Autre exemple, un autre Indien se lasse de conduire son vélo sur une route pleine de nids de poule et donc il pense à équiper son vélo d’un amortisseur qui convertit les trous en énergie pour faire avancer le vélo plus facilement. Cette anecdote et bien d’autres encore, bien souvent puisées dans l’imagination sans borne des entrepreneurs et inventeurs indiens se retrouvent à bien des endroits du livre, avec des exemples et des témoignages occidentaux qui permettent de montrer pourquoi et comment cette démarche « frugale » peut être incorporée à nos démarches d’entreprise également.

Esprit frugal … Et agile

Les deux exemples ci-dessus illustrent l’esprit frugal et l’esprit agile. « L’Afrique est en train de devenir la base de l’innovation mobile avec Mpesa » a affirmé notre hôte en citant le succès de la fameuse solution de paiement mobile du Kenya, qui a permis les échanges de monnaie au travers des téléphones mobiles dans un pays où l’équipement en cartes de crédite est cependant très faible. « Le Myanmar a vu le succès de Mpesa par Vodafone et ils ont stipulé que les opérateurs de Telecom qui veulent une licence doivent offrir le service de paiement » a poursuivi Navi. L’Inde, quant à elle, est un pays paradoxal. « Il y a en Inde 900 millions d’abonnés au téléphone mobile … mais 800 millions qui n’ont pas accès aux comptes bancaires ! »

Photo : lepotentielonline

On comprend donc que dans ces pays « paradoxaux » où la modernité entre en masse mais où les inégalités restent criantes et la bancarisation des habitants demeure une exception, l’innovation frugale, sorte de système D à base d’ingénuité et de bon sens, est une obligation vitale. Mais pourquoi devrions-nous nous en préoccuper en Occident, où tout, du moins en apparence, respire l’opulence et si peu nous pousse à la frugalité ? La réponse a cette question est plus évidente que vous croyez.

Des employés démobilisés dans des pays en crise

C’est que dans le monde occidental, la démobilisation est générale. « Il y a un tiers des employés (ce chiffre serait de 60% en Inde selon l’auteur) qui se sentent impliqués par l’entreprise. L’idée est de dire ‘pourquoi les pays émergents arrivent de façon abordable à apporter plus de valeur à moindre coût ?’  » a expliqué Navi Radjou. Si le système issu de la R&D est si insatisfaisant, il doit donc y avoir d’autres méthodes, et ces pays émergents peuvent ainsi, pour une fois, servir de modèle aux nôtres.

Ce n’est pas tout ! Car en Occident il y a la crise, en plus de ce malaise au travail. « Même à Palo Alto ! » A précisé Navi, cela est rassurant, le sentiment de désinvestissement n’est pas limité à quelques pays au Sud de l’Europe. « Il y a un clash des cultures dans des entreprises comme Cisco » a précisé Navi, loin de limage d’Epinal que nous eavons de ce côté-ci de l’atlantique. « Car dans ces entreprises comme dans les nôtres, il y a 3 générations d’employés car les jeunes veulent innover au travers des médias sociaux ». « Comme dans le cas de la Refonte de l’interface de la communication unifiée » a decrit Navi, « le challenge est que le top management a envie de changer mais pas le middle management ». Le résultat, c’est que « les hauts potentiels commencent donc à partir » a précisé Navi.

L’exemple Nissan …

Dans le cas de Renault Nissan, Carlos Ghosn [NDLR : auteur de la préface du livre] a transféré son responsable Logan dans le sud de l’Inde pour l’exposer aux conditions de vie des habitants. Ils vont y développer tous les ‘entry level vehicles’ « sous la supervision d’un occidental pour ensuite faire la synthèse entre le côté ingénieux et rapide en Inde ». Voilà comment combiner le meilleur de ces deux mondes l’occidental et le monde émergent, moins contadictoires que complémentaires, malgré les apparences. Gohsn y précise dans la préface de l’ouvrage qu’il ne s’agit cependant pas de s’inspirer de l’Inde pour développer des véhicules bas de gamme, mais pour repenser les futures de demain, vendues dans le monde entier.

Siemens s’attaque au segment ‘SMART’ … Estimé à 200 millions de dollars

Et Navi de nous donner un autre exemple et de montrer en effet que cette innovation frugale a frappé les imaginations de plus d’un capitaine d’industrie : « Christophe de Maistre président de Siemens France pense qu’il y a le haut de gamme et le milieu de gamme, et qu’ils n’étaient pas capables d’attaquer le segment 3 (segment abordable SMART : Simple, Maintenance-friendly, Affordable, Reliable, Timely-to-market) dont il pense qu’il représente 200 milliards de $ ». Car l’innovation frugale, ce n’est pas seulement une vision du monde inspirée de la frugalité et du manque de moyens : il s’agit également d’un véritable business !

« Ainsi, si l’on prend le monitoring des battements de cœur des fœtus pour la surveillance des naissances en Inde, les indiens ont remplacé les ultra sons par des micros ! » explique Nadjou. Cette solution beaucoup moins chère permet un résultat équivalent et amène le progrès au cœur des provinces indiennes les plus reculées. Ces produits vont trouver des marchés équivalents aux États Unis (et ailleurs) mais les cas d’usage seront différents a précisé Navi. « Cette innovation médicale par exemple, pourra être utilisée dans les ambulances aux États Unis ».

Pas uniquement une démarche low-cost

Pour Siemens, cette forme d’agilité et de simplicité est aussi importante pour les produits haut de gamme. Témoin cet examen de projet gouvernemental où les ingénieurs étaient uniquement obnubilés par la prouesse technologique, alors que l’innovation frugale était aussi adaptée au haut de gamme » a insisté Navi. Troisièmement, notre auteur pense qu’il y a une convergence entre la classe A et la classe B. « La classe a A sera le raffinement et la masse sera sur la classe B ». Pour Siemens, il faut être présent sur ce créneau haut de gamme mais « comment préserver l’existant et développer de nouveaux marchés ? »

Encore des progrès à faire !

Navi Radjou a présenté son concept d’innovation frugale au Board de Siemens et selon lui, « il y a encore des progrès à faire » nous a-t-il confié car « ils pensent que les pays émergents sont un marché et pas une source d’innovation et ils ont tort ».

« Franck Riboud de Danone a dit quant à lui que c’était un état d’esprit qu’il faut adopter en occident car cela sera bon pour nous aussi » et l’entreprise française a d’ailleurs employé des méthodes frugales pour établir des usines de fabrication de yaourts au Bengladesh par exemple.

Légende : une vidéo explicative du concept Jugaad

Dans l’industrie pharmaceutique, toujours ce fameux paradoxe indien, « le sous-continent a plus d’usines certifiées FDA que les États Unis et pas seulement sur les génériques ». Le cycle de pénétration vers l’Occident va se faire rapidement. Chaque pays est en train de se spécialiser sur sa spécialité et en fin de compte le profuit fini est fabriqué en Chine (ou les pays vers lesquels la Chine, en voie d’enrichissement, délocalise). « On va avoir de plus en plus de trend seekers qui seront à l’affût des tendances dans les pays émergents » prédit Navi Radjou.

Dans la finance, l’innovation est en train d’arriver par Walmart, qui ouvre des kiosques : « l’innovation va arriver par des entreprises qui ne sont pas dans le secteur. Walmart est en train de faire une vraie rupture ». La société de distribution américaine a en effet lancé l’initiative PAYwithcash en 2012 qui permet à des familles non bancarisées de payer leurs achats en ligne en cash.

Trois niveaux pour s’inspirer des pays émergents

Navi Radjou donne 3 pistes pour que les entreprises occidentales puissent profiter à pleine de l’innovation Jugaad.

  • D’abord, prendre un produit d’un pays émergent et l’amener en Occident (c’est ce qu’a fait GE) ;
  • Deuxiemement, s’inspirer et développer des solutions locales ;
  • Enfin, changer la culture d’entreprise au travers de l’innovation frugale (unilever veut doubler son profit en réduisant son empreinte environnementale).

Navi pense ainsi que la plupart des entreprises va se focaliser sur le n°1. En tout cas, il y a un signe qui ne trompe pas, c’est la création du MIT Tata center for frugal engineering qui est imminente (Directeur Charles Fine). Le Jugaad va gagner ses lettres de noblesse. Accenture n’est pas en reste non plus. Le cabinet de conseil américain lance le programme ADP Accenture Development Partnerships : pendant 2 ans « les volontaires ne seront pas payés beaucoup mais ils iront faire des projets au Kenya ou en Inde… Ceci se revelera utile pour les clients. Il faut développer des capacités à se renouveler. De plus en plus, il faudra apprendre à s’adapter » a ajouté Navi, ce genre de mission Jugaad, aux confins de l’innovation et du caritatif est non seulement dans l’air du temps et dans les demandes des employés qui cherchent à remettre du sens dans leurs vies professionnelles et personnelles, mais il s’agit également d’un bagage supplémentaire pour ces employés qui peuvent ainsi le valoriser auprès des entreprises.

Navi voit 4 rôles se dégager :

  1. Les inventeurs
  2. Les transformeurs
  3. Les financiers
  4. Les brokers

Une forte demande en France

Navi Radjou a quitté la France en 1995 et il « ne voulai[t] pas revenir » nous a-t-il confié. Aujourd’hui il est contacté régulièrement, car il y a une forte demande en France. C’est l’Europe qui l’appelle et il a été agréablement surpris, finalement le temps n’est pas aussi linéaire qu’il le croyait et il a meme decouvert beaucoup de choses qui se passent notamment à Grenoble. Comme quoi notre regard très critique à l’égard de notre pays, sous le feu roulant des « dêclinologues », devrait s’adoucir un peu : sans doute que notre ancienne tradition du Système D et notre débrouillardise nationale nous prédispose à l’innovation Jugaad … Il y a donc de l’espoir.

Quelques notes plus personnelles

Comme, si l’on en croit Beaumarchais, « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », on pourra souligner ici et là de nombreuses références dans le livre à l’inévitable Steve Jobs, affublé de qualités d’empathie dont il a à l’évidence fait défaut à de nombreux moments de sa vie (il avait a priori d’autres qualités). Je ne suis pas persuadé que ces exemples, que d’aucuns trouveront convaincants à part moi, ajoutent beaucoup à la crédibilité d’un concept qui apporte beaucoup plus par les inventeurs ingénieux du monde émergent.  Le lien est ténu.

2008 bugC’est même dommage car cela vient affaiblir le propos pourtant fort pertinent. Certes, on pourrait aussi reprocher à ce nouveau concept de vouloir devenir une « panacée marketing » pour reprendre le vocable souvent utilisé par Bernard Cova, mais les auteurs ne tombent pas dans ce piège-là.

L’innovation Jugaad n’est pas destinée à remplacer d’un coup de crayon tout ce qui existe, surtout quand les résultats sont bons. Il y est plus question de s’ouvrir sur le monde et de fournir une vision différente du monde, inspirée de pays qu’on a eu sans doute trop tendance à regarder du haut de nos piédestaux. Ceux-ci ayant quelque peu tendance à se fendiller, il est de bon ton de jeter un autre regard, moins condescendant, plus respectueux, vers ces pays où la pénurie oblige à l’ingéniosité et où l’innovation et l’astuce remplace l’opulence. Dans les meilleures démarches, il y a toujours à prendre et à laisser, et si l’on se souvient des déboires récents de Mohamed Yunus, pourtant lauréat d’un prix Nobel pour une innovation frugale intitulée « micro finance », il est possible de nuancer les bénéfices des démarches de ce genre. Il est à noter également que l’exemple de Danone cité dans le livre, autour de la société Grameen Danone, elle aussi est au cœur de controverses qui impliquent le même Mohamed Yunus.

Une autre façon de voir est de considérer la beauté de l’invention et de faire abstraction, si cela est possible, de ces affaires dont la justice ne manquera pas de sanctionner les fautifs, si tant est que leur culpabilité puisse être prouvée. Qui vivra verra, et ce qui restera demain de la micro finance et de l’innovation frugale en général.

12/20/12

Vous prendrez bien un petit kawa, 1er épisode : le thème et le plan du livre #petitkawa

tv-largeL’idée a germé en un week-end en discutant avec Madame Gourvennec, toujours de bon conseil, qui nous entendant parler avec Hervé de notre futur ouvrage « la communication digitale expliquée à mon boss » a suggéré que nous en fassions une web série, toutes les semaines (ouvrables), avec Hervé autour d’un café. Notre éditeur s’appelant Kawa, vous avez tout compris … Voici donc la première partie et le premier épisode de cette série – probablement une des Web-séries de l’année 2013 Winking smile – avec le sujet et l’introduction de ce nouveau livre en préparation.

Tout d’abord le thème : la question s’est posée rapidement de savoir si nous devions écrire une suite à les médias sociaux expliqués à mon boss ? L’intérêt pour les médias sociaux étant désormais généralisé à la plupart des entreprises, nous n’avons pas hésiter à en changer le périmètre et à l’élargir largement dans cette nouvelle édition à l’ensemble de la communication digitale. Les enjeux qui sont ceux des responsables digitaux dans les entreprises vont bien au-delà des seuls médias sociaux, même si ceux-ci prennent une part de plus en plus importante dans l’ensemble du dispositif.

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Ensuite, un livre de sensibilisation à des outils dont nous sommes désormais tous utilisateurs à titre professionnel et personnel n’a plus véritablement de sens aujourd’hui. Nous préférons ajouter un chapitre à la fin de l’ouvrage pour ceux qui auraient « raté le coche » et qui se demanderaient encore comment et pourquoi, voire même si c’est tout à fait pertinent, de sauter encore dans le train en marche.

vous prendrez-bien un petit kawa !–épisode n° 1–thème et plan du livre

Enfin, ce qui nous a frappé, au vu de notre expérience du terrain, c’est que bien que le digital prenne une importance croissante, et que la transformation digitale des entreprises soit quelque chose de courant, il serait faux de croire que ce travail de transformation est terminé, loin de là. Beaucoup font du digital par mode, sans en comprendre vraiment les enjeux, les luttes organisationnelles faisant souvent oublier la logique. Humain et même trop humain me direz-vous, c’est justement pour cela qu’un livre adressé à nos boss est pertinent aujourd’hui. Nous reviendrons dans un autre épisode sur les détails et les angles d’approche de ce que nous faisons et développerons dans ce livre.

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Quant à l’articulation du livre, pour l’instant, et alors que l’encre n’est pas encore sèche, après une introduction de quelques notes de préface par des personnes reconnues du monde de l’entreprise et du digital (tout cela n’est pas encore complètement arrêté à ce jour) on observera 5 sections dans ce livre et une conclusion. On partira de l’importance du digital, son historique, ses caractéristiques et son évolution et nous reviendrons sur ce phénomène avec force chiffres et informations destinée à convaincre votre boss. La 2ème section sera dédiée au contenu et au marketing de contenu (alias « Brand content » en Franglais) car celui-ci est devenu un élément fondamental du marketing aujourd’hui, et mérite à lui seul un énorme chapitre.

Les protagonistes du livre pratiquant eux-mêmes le marketing de contenu depuis de nombreuses années, certains pour plus de 15 ans, de nombreux conseils seront échangés dans cette partie. La section numéro 3 sera dédiée au développement de sa communication digitale et rentrera plus dans les aspects mécaniques et tactiques. La section numéro 4 sera dédiée à la structure de la communication digitale, la gouvernance, les mécanismes de fonctionnements organisationnels divers et variés. La dernière partie sera comme nous l’avons évoqué tout à l’heure, dédiée à ceux qui ont « raté le coche ».

Le livre sera bien entendu, comme le précédent, agrémenté de nombreux témoignages d’experts, de membres de media-aces et aussi, c’est une nouveauté, d’experts internationaux.

Nous reviendrons dans un prochain « petit Kawa » sur ce point de l’internationalisation du livre.

12/17/12

la malédiction des start-up ou pourquoi l’amitié ne résiste pas à l’argent !

ebook-largeJ’ai au moins 3 choses en commun avec Guy Jacquemelle, que j’ai interviewé il y a quelques jours sur la sortie de son nouveau livre :  une passion pour l’innovation, notre éditeur (Kawa) et enfin, le fait de travailler dans la même entreprise. C’est avec plaisir que j’ai reçu Guy pour nous parler de son dernier livre qui est plus qu’un mode d’emploi à destination des entrepreneurs : (tout savoir sur…) la malédiction des start-up (Les créateurs se séparent. Pourquoi ?)

Guy JacquemelleC’est un petit ouvrage d’une centaine de pages, qu’on peut lire ou du moins parcourir assez rapidement, mais il est d’une incroyable richesse, notamment pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’informatique, et ils sont nombreux sur ce site.

Ce livre pose une question simple : pourquoi les créateurs de start-up, souvent un couple d’amis se séparent-ils ?

Afin de répondre à cette question, le livre s’articule autour de 3 grandes sections :

  1. d’une part, un historique détaillé et incroyablement bien documenté de l’histoire des fondateurs de 4 sociétés emblématiques de l’informatique américaine : Apple, Microsoft, Facebook et Twitter. Pour toutes ces entreprises, un couple d’amis fondateurs a permis de faire éclore l’innovation, et le succès, mais aucune de ces histoires d’amitié n’a survécu au succès de l’entreprise ainsi créée.
  2. La 2e section, explique pourquoi l’amitié n’a pas résisté. À cela, beaucoup de critères importants comme l’éducation, complémentarité des profils, et surtout les objectifs divergents, comme dit explique dans la vidéo ci-dessous. Ajoutez à cela l’argent et le « 3e homme » et vous avons un cocktail détonant qui mène souvent, voire toujours, à la séparation.
  3. Le dernier chapitre, probablement le plus important pour les fondateurs de start-up, consiste en quelques conseils avant de se lancer sur le marché ; notamment pour ce qui concerne le choix du bon partenaire. Ainsi les entrepreneurs ne pourront plus commettre les erreurs du passé autrement qu’en connaissance de cause.
Guy Jacquemelle présente son ouvrage : la malédiction des startups

Existe-t-il des contre exemples ? Oui nous dit Guy Jacquemelle dans cette interview vidéo (ci-dessus). Regardez Google, Sergei Brin et Larry Page ne se sont jamais séparés, et le 3ème homme a même été écarté récemment pour laisser la place au fondateur historique qui n’en a pas profité pour éliminer son ancien ami.

une leçon universelle ?

Dans un sens, ce que nous explique Guy dans ce livre, dirigé par notre directeur de collection Henri Kaufman qui est toujours sur les bons coups, est sans doute quelque chose de plus universel que simplement le fait de créer une entreprise ensemble. L’amitié a en général du mal à résister au temps. Avec l’âge, les centres d’intérêt évoluent, les individus divergent.

Ce qui change avec la start-up, c’est qu’en plus il y a l’argent et l’ambition qui viennent se rajouter. Enfin, on pourrait faire remarquer que ce qui se passe dans ces start-up et la façon dont elles se séparent de leurs cofondateurs, est assez proche de ce qu’on observe dans les groupes de rock : en quelque sorte, on y retrouve la même recette : des copains, des complémentarités, du succès, puis l’argent, le 3e homme (producteur) etc. et enfin la brouille.

Les récits de Guy Jacquemelle nous racontent plus que l’histoire des fondateurs de start-up, ils nous content l’histoire des hommes. Ma seule frustration, est de ne pouvoir découvrir l’histoire détaillée et documentée d’un autre grand échec de l’amitié de l’histoire de l’informatique et d’Internet : Wikipedia avec la légendaire brouille entre Larry Sanger et Jimmy Wales.

10/10/12

conférence y-a-t-il une malédiction des start-ups ?

On connaît la malédiction des Pharaons, délicieusement croquée par Hergé (par Incas interposés) dans les 7 boules de Cristal. Mais qu’en-est-il des start-ups ? C’est le sujet d’un nouveau livre intitulé «La Malédiction des Start-up» de Guy Jacquemelle, aux éditions Kawa. [transparence : Guy Jacquemelle est un collègue d'Orange et Kawa est mon éditeur] et d’une conférence qui a lieu le vendredi 19 octobre aux jardins de l’innovation38 Rue du Général Leclerc, 92130 Issy-les-Moulineaux de 12h00 à 13h00.

Tout le monde connaît l’histoire de Steve Jobs et de ses nuits entières passées dans son garage à Los Altos en Californie à créer Apple. Tout le monde connait l’histoire de Mark Zuckerberg, qui a quitté Harvard en pleine année ‘sophomore’ pour mener à bien son projet Facebook. Bill Gates (Microsoft) et Evan Williams (Twitter) ne sont pas non plus des inconnus au bataillon Mais les noms de Paul Allen, Eduardo Saverin, Steve Wozniak ou encore Noah Glass vous disent-ils quelque chose ?

Les connaisseurs sauront qu’il s’agit là des premiers amis et associés des quatre plus grands noms de ces trente dernières années dans le domaine de la high tech. Tous ont en commun d’avoir été présents aux côtés des génies cités un peu plus tôt au début de leur aventure, mais aux abonnés absents aujourd’hui, alors que Facebook, Twitter, Microsoft et Apple prospèrent aux quatre coins du monde.

Que sont devenus ces comparses de la première heure ? La mutation d’une start-up en une multinationale est-elle incompatible avec une amitié entre deux collaborateurs ? Guy Jacquemelle, responsable du service « My Friends » au sein de la Division NAC (Nouvelles Activités de Croissance) chez Orange, tente à travers son ouvrage «La Malédiction des Startups» d’apporter quelques réponses à ces questions, et analyse les comportements et les désaccords qui ont finalement poussé ces pairs à se scinder.

Le vendredi 19 octobre prochain, Guy sera au grand amphithéâtre des Jardins de l’Innovation pour présenter son bouquin et répondre aux nombreuses questions du public. En attendant, je vous invite à acheter le livre aux éditions Kawa et à découvrir les petits secrets de nos amis milliardaires…

05/22/12

les médias sociaux expliqués à mon boss en ebook !

Il est dispo depuis un moment, mais j’avais zappé la nouvelle. Notre livre “les médias sociaux expliqués à mon boss” est accessible en e-book sur toutes les bonnes liseuses du marché via Numilog. On peut même le feuilleter en ligne avec une lectrice virtuelle assez bien fichue :

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Voici les détails du livre pour l’acheter en ligne au prix imbattable de €9.99 :

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Les médias sociaux expliqués à mon boss par Hervé Kabla , Yann Gourvennec
Editions Kawa