Transformation digitale : la DILA, éditeur de l’Etat

Editeur public de référence, imprimeur de l’état, la DILA (Direction de l’Information Légale et Administrative) a su entreprendre sa transformation digitale pour devenir également un opérateur de services publics numériques. Une révolution silencieuse qui a porté ses fruits. Dès 2010, année de la fusion de la direction des journaux officiels et de la Documentation française au sein de la DILA, ce sont 65 millions d’internautes qui ont visité le site Legifrance.fr. Plus que la population française. Quant à servicepublic.fr, il atteignait cette année-là les 70 millions de visiteurs. Preuve que le digital permet d’élargir significativement l’audience. Ces deux exemples montrent à quel point ce service de l’Etat, rattaché au Secrétariat Général du Gouvernement a su tirer parti des mutations technologiques.

Emmanuel Cortes - Directeur de Programme à a DILA
Emmanuel Cortes

Une transformation digitale qui s’est d’abord accompagnée d’une mutation profonde des métiers de cet éditeur de l’Etat : une bonne partie des métiers actuels au sein de cette direction n’existait pas quand ceux qui les occupent actuellement sont entrés dans la vie active. Dès sa création, la nouvelle structure a également repensé en profondeur son business model : l’accélération de la dématérialisation est allée de pair avec le développement de son chiffre d’affaires et une réduction de ses coûts d’exploitation. Nous avons interviewé Emmanuel Cortes, Directeur de programme à la DILA, pour faire le point sur cet exemple de transformation digitale réussie.


TransparenceTransparence : ce dossier est écrit pour le compte de notre client eZ Systems. Tout dans ce billet a été traité exactement de la même manière qu’à l’habitude, avec l’objectif de fournir un contenu de valeur, de qualité et innovant. Ce dossier est orienté sur les innovations marketing Internet basées sur la solution eZ Publish. Notre passé en tant que client de cette solution nous a convaincu de la nécessité d’élaborer ce dossier du fait du caractère innovant et qualitatif de cette plateforme, afin de faire découvrir des sites Web basés sur cette solution et de décrire le métier des responsables Web qui gèrent leurs sites d’entreprise au quotidien. Toutes les opinions exprimées dans ce billet sont celles de son auteur.


 

La DILA est un éditeur de l’état : avec la transformation digitale, comment gérez-vous cette responsabilité d’éditeur public aujourd’hui ?

Nous avons une mission importante qui a évolué au cours du temps et des technologies. Historiquement, la DILA est une fusion entre la direction des journaux officiels et la direction de la documentation française et qui a pour mission de diffuser un certain nombre d’informations que ce soit des informations régaliennes ou administratives ou de la transparence économique. La DILA a aussi un rôle d’éditeur public. La Documentation française a pour mission de diffuser un certain nombre de documentations en compte propre ou pour le compte de tiers à travers notre site web, qui a été rénové récemment, et qui a la volonté de s’inscrire dans les nouveaux canaux et supports de vente car nous vendons en librairie, mais aussi en ligne sous un format dématérialisé.

Direction de l'Information Légale et Administrative

Vous regroupez tout un ensemble d’activités différentes…

Tout à fait : legifrance, qui a pour mission de diffuser le droit à l’ensemble des acteurs aussi bien économiques que citoyens, est un des sites les plus fréquentés des sites publics français et ce site doit pouvoir être accessible, avec une continuité de service tout au long du temps. Par exemple, le journal officiel est publié sur ce site. Quant à BODACC et BOAMP, ce sont deux sites d’importance économique car ils existent dans le cadre de notre mission de transparence économique et nous diffusons aussi bien des annonces de marché publics qui ont pour mission de mettre en relation l’administration, tout le secteur public avec les entreprises privées pour répondre à un certain nombre d’appels d’offre. Pour information, le marché des annonces est un marché à 300 millions d’euros rien que sur cette valeur économique. Sur la partie Bodacc.fr, on est dans une mission de transparence vu que toutes les annonces civiles et commerciales sont diffusées sur notre site et permettent à l’ensemble des acteurs d’être informés sur les actions réalisées dans le cadre de ces entreprises.

Ce sont des sites majeurs : combien de personnes sont affectées à leur maintenance ?

Nous avons une équipe informatique représentant 80 personnes, et nous gérons 80 services au total dont une dizaine de sites internet, plus des applications interministérielles et qui sont internes à la DILA. Associé à cela, nous avons deux missions importantes qui sont la mission d’informations régaliennes, administratives et économiques, qui réunit une centaine de personnes ayant la charge d’alimenter l’ensemble de ces sites, ainsi que la mission « débat public » qui permet d’alimenter le département d’édition qui fabrique un certain nombre de livres alimentant la documentation française. Cela nécessite une centaine de personnes pour produire les différents contenus.

Au niveau de l’alimentation de ces sites, vous avez un webmastering intégré ou cela est décentralisé auprès de vos contributeurs ?

Le choix retenu est celui de définir une ligne dans le cadre de notre mission de service public, et en parallèle, l’ensemble des différents sites qui diffusent nos informations sont directement réglés par différents webmasters qui ont la maîtrise car c’est une activité clairement différente entre un site en ligne comme la documentation française et legifrance qui a un rôle de continuité dans le temps et d’impartialité totale.

Ce qui est orignal, c’est que la même plateforme de gestion de contenu gère des sites complèteent différents. Comment est-ce organisé ?

Il y a quelques années, nous avions le besoin de rénover l’ensemble de nos briques technologiques pour diffuser sur internet et dans le cadre de la meilleure utilisation des deniers publiques, nous devions passer au maximum dans un mode industriel et dans une capacité à mieux utiliser l’ensemble des ressources internes et externes mises à notre disposition. Aussi nous avons fait un comparatif pour essayer de trouver un gestionnaire de contenu qui permettrait de répondre à 90% de nos besoins et notre choix à cette époque s’était arrêté sur eZ Publish sur lequel nous avions été attiré par l’ensemble des fonctionnalités offertes par rapport aux concurrents de l’époque et par le service qu’il proposait (et qu’il continue de proposer) qui pour nous est un aspect très important.

Comment gère t-on des sites aussi différents avec un éditeur comme celui-ci ?

L’ensemble de nos développeurs sont mutualisés par exemple sur le site bodacc.fr puisque l’on gère des annonces et du contenu associé pour les mettre en valeur et expliquer comment utiliser l’ensemble des services. Sur d’autres types de sites, nous avons de l’aide extérieure car une activité de vente en ligne nécessite une expertise pointue qui n’est pas reprise sur nos autres sites. Nous avons donc mutualisé au maximum, par exemple des choix tecnologiques, un hébergement etc. Par contre, dès que l’on assure des besoins très différents comme un tunnel d’achat dans un site de vente en ligne, on s’appuie sur des expertises externes qui pour nous sont importantes.

Vous parliez de tunnel d’achat : c’est un site à vocation e-commerce sur lequel on trouve des publications numériques. Comment est conçue cette architecture particulière ?

A l’époque nous avons choisi le CMS. Pour le site d’e-commerce il était indispensable d’avoir une brique de gestion spécifique e-commerce que n’avait pas eZ à l’époque. Cette brique e-commerce est dédiée au tunnel d’achat et à la gestion des stocks. Comme vous l’avez dit, nous vendons des livres associés à des supports numériques, et l’ensemble des publications propres seront intégralement en version numérique pour les nouvelles éditions à partir de septembre 2015. Pour la partie pure numérique, on est dans du eZ alimenté par nos outils internes backoffice qui détiennent l’ensemble de nos catalogues et références documentaires, et pour la partie pur commerce, nous utilisons Prestashop qui nous permet de faire notre tunnel d’achat et de gérer nos stocks.

La Documentation Française

Dans le cadre de votre transformation digitale, avez-vous des projets concernant les interfaces mobiles ?

C’est un point important : nous avons fait le choix de faire passer ce site en responsive design en 2015. Le développement d’application est un coût non négligeable et les technologies évoluent très vite. Le responsive design nous permet d’être compatible sur tous les supports et à moindre coût, ce qui pour nous est un aspect important.

Transformation digitale : la DILA, éditeur de l’Etat was last modified: janvier 13th, 2015 by Frédéric-Michel Chevalier

27 trucs pour améliorer votre utilisation de l’Internet

InternetNous sommes souvent la recherche de trucs et astuces pour mieux surfer sur Internet : comment mieux organiser sa veille, comment récupérer un fichier caché (en toute éthique bien sûr), comment taper une adresse plus rapidement, comment aller directement dans un bain d’adresse de votre navigateur, comment passer l’intro d’une vidéo YouTube etc. J’ai trouvé au travers de ma veille ce matin, ce site, qui a sélectionné 27 trucs et astuces postées par les utilisateurs dans les forums. Les sélectionner quelques-uns, sans changer de numéro une que je vous ai traduit car je trouvais particulièrement intéressants. Bonne navigation !

(une sélection parmi) 27 trucs et astuces pour améliorer votre utilisation de l’Internet

note : sur Mac, remplacé la touche « contrôle » par la touche  « commande » ou « pomme »

1.  aller directement à une adresse Web

Quel que soit l’URL que vous voulez taper, par exemple IBM, allez dans la barre d’adresse tapée IBM et appuyer sur contrôle + entrée et le www. ainsi que le .com seront rajoutés automatiquement.

4. Comment rechercher tous les sites partirent d’une image (Chrome)

Vous connaissez la recherche d’images dans Google, maintenant nous vous proposons l’inverse c’est-à-dire chercher tous les sites qui se réfèrent à l’image que vous avez trouvée à partir de Google : appuyer sur S et enfoncer le clic droit de la souris cliquer toutes les images se référant à l’image de base vont s’afficher. Avec leur site. Très pratique pour comparer les prix de produits par exemple

[addendum du 13/12/2014 suite au Tweet de Alkanz : sur le Mac il faut appuyer sur le « S », puis activer le click contextuel qui consiste à toucher le pad avec 2 doigts et on arrive direct sur le menu, il n’y a plus qu’à cliquer. D’ailleurs, l’image ci-dessous a été réalisée sur mon iMac]

Internet
Légende : un truc super pratique, ou comment trouver tous les sites web qui se réfèrent à une image

6.  comment ouvrir un onglet de navigateur que vous venez de fermer

Vous venez de fermer un onglet et malheur ! Il ne fallait pas…  Pas de panique : appuyer sur Ctrl + Shift + T  et votre onglet réapparaîtra comme par enchantement.

8.  Comment revenir automatiquement à la part d’adresse de votre navigateur (chrome)

CTRL + L mettre en surbrillance la barre d’adresse de Chrome

11.  comment stopper l’animation d’un GIF animé

Voici un truc particulièrement utile pour arrêter ces horripilantes animations GIF : appuyer sur  la touche « échappe »  (ESC) et votre GIF cessera de vous casser les pieds.

12.  Un classique : comment naviguer entre les différents onglets

Le truc est assez connu : il suffit d’appuyer sur Ctrl tab et vous passerez d’un onglet ouvert à un autre*

14.  comment et pourquoi ouvrir une fenêtre incognito sur chrome

Ctrl + shift + n  ouvrira une nouvelle fenêtre incognito sur chrome. Ainsi, vous pourrez naviguer en toute sécurité, à l’abri des cookies sans historique. No cookies either.

15.  comment vider le cache simplement

CTRL + SHIFT + R =  videra  le cache et rafraîchir à la page… Très pratique celui-là !

17.  Les plug-ins qui tuent

  • YouTube Center:  permet  personnaliser YouTube
  • Imagus: permet de visualiser des images justes en naviguant  au-dessus d’un lien
  • AdBlock:  tout le monde connaît, il permet de supprimer les bannières

21.  comment supprimer un mot d’une recherche Google ?

Il suffit de rajouter le signe  « – » devant le terme a enlever.  par exemple : apple -fruit

23.  Comment échapper à la censure Internet ?

Se connecter sur https://hola.org/  pour choisir le proxy du pays que vous désirez

27.  Vous cherchez un vieux site qui a disparu ?

Ouvrez archive.org et vous pourrez retrouver toutes les copies de ce site à travers les âges. Je m’en sers souvent pour retrouver les vieux sites que j’ai développés jusqu’à il y a 20 ans !

Et pour les curieux, voici le site américain d’origine : 

27 People Share The One Cool Internet Or Computer Trick They Know | Thought Catalog

1. A shortcut to any website.

Whatever you type into the URL bar can be surrounded by www. & .com by pressing control + enter.

2. An easy way to browse photos on a subreddit hands-free.

When viewing picture based subreddits, add a “p” into the url like so: redditp.com/r/subreddit to get a picture slideshow of the posts on that subreddit. This is particularly useful when you want to browse a picture based subreddit ahemhands-free.

via27 People Share The One Cool Internet Or Computer Trick They Know | Thought Catalog

27 trucs pour améliorer votre utilisation de l’Internet was last modified: décembre 13th, 2014 by Yann Gourvennec

Le vrai-faux de la mondialisation du Web

Earth large

En matière de mondialisation, les poncifs sont nombreux. À commencer, celui qui voudrait que les Français sont nuls et incapables de comprendre les langues et les cultures. J’ai eu la chance de visiter Datawords à Levallois-Perret le mois dernier, en compagnie de son cofondateur Alexandre Crazover (lui-même parlant chinois couramment et ayant vécu en Asie). J’ai rencontré Alexandre (photo ci-dessous) pour la première fois lors de la conférence e-commerce Monaco one to one au début de cette année, et nous sommes restés en contact. J’ai été conquis par l’enthousiasme d’Alexandre, enthousiasme d’entrepreneur, mais pas seulement. Celui-ci est aussi le produit d’une passion sans bornes pour le multiculturalisme, dont certes il a fait son métier, mais aussi sa ligne de conduite dans sa vie personnelle. J’aime cette façon de s’engager dans une éthique est une philosophie, et d’aller jusqu’au bout de la démarche, sans compromis. C’est que la conviction d’Alexandre, va complètement à contre-courant de ce que tout le monde pense du Web et de la mondialisation. Démonstration avec cette interview sous forme de vrai-faux de la mondialisation du Web.

Mondialisation du Web : parlons plutôt de “glocalisation” (global/local)

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Alexandre Crazover : appelez-le 柯胜愉

28-42-2014_07.42.52-CapturFilesLa tendance généralisée est de croire que, alors que l’union européenne vient de condamner Google pour abus de position dominante, l’ensemble du monde parle anglais, utilise les mêmes moteurs de recherche, les mêmes médias sociaux, et fabrique des sites Web exactement de la même façon. Et bien ce n’est pas vrai ! Et cela est même tellement faux qu’Alexandre Crazover et ses cofondateurs de Datawords ont voulu et pu le démontrer au travers de la création d’une société dédiée à l’internationalisation des sites Web et de leur déploiement dans le monde. Hélas, pour des raisons de confidentialité clients, je n’ai pas eu l’autorisation de prendre des photos chez Datawords. C’est bien dommage, car dans leurs superbes locaux de Levallois-Perret, on y découvre une foultitude de gens de toutes les nationalités, qui parlent toutes les langues et j’aurais bien aimé faire une sorte de micro trottoir sur les plateaux, tant cela est sympathique. Surtout, à l’heure où on outsource à l’autre bout du monde les actions qui peuvent être faites en France, Alexandre ses collègues ont démontré qu’on pouvait faire l’inverse, internationaliser le monde depuis la France, et aussi installer une entreprise française à l’autre bout du monde (pour autre raison que l’évasion fiscale) : aux États-Unis à Hong Kong et ailleurs. C’est une belle réussite qui a été d’ailleurs couronnée récemment (le 22 octobre) par un trophée de la French Tech, événement organisé par UBIFrance et auquel mon compère Hervé Kabla a dédié un compte rendu circonstancié.

Voyons maintenant avec Alexandre et cette interview vidéo prise sur le vif, le vrai et le faux de la mondialisation du Web :

1. Le Web est global

FAUX : On considère qu’il n’y a pas un Internet mais plutôt des Internet(s), que le Web est territorialisé et qu’il faut au contraire l’appréhender localement, le Web n’est pas global. Cette approche que l’on appelle l’e-multiculturalisme est à prendre en compte pour déployer, accélérer sa présence digitale dans le monde.

2. Des site comme Google, Amazon, Facebook, sont partout dominants …

FAUX : Même si Google est présent dans beaucoup de régions, il n’est pas présent majoritairement en Russie (Yandex), en Chine (Baidu), en Corée (Naver), au Japon (Yahoo) et même dans les régions où Google est présent, il ne l’est que localement. Il s’intègre dans la culture locale. Les requêtes des mots clés en Arabie Saoudite ou en Turquie ne se font pas en anglais. C’est cela l’e-multiculturalisme : c’est prendre en compte les spécificités locales et comprendre qu’internet n’est pas un ensemble uniforme.

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Le vrai-faux de la mondialisation du Web was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Internet et capitalisme : utopie et dystopie avec Rifkin et Attali au @G9plus

Luc Bretones pendant son introduction Hier soir, la conférence du G9+ était extraordinaire et nos félicitations vont aux organisateurs (et notamment nos amis d’Orange comme Luc Bretones, à gauche, photographié pendant son introduction). On est bien sortis du consensus pendant cette soirée et je ne serai pas en reste. Deux vues se sont en effet opposées hier, celle de Jeremy Rifkin, assez discutable, même si elle a amené sur la table des points de réflexion stimulants. Et l’autre, plus réaliste mais alarmiste, et donc peu enthousiasmante, avec Jacques Attali. Le mode d’interaction imposé par la distance (comme quoi la technologie ne peut pas tout faire, ce n’est pas nouveau) n’a pas permis les débats mais a rendu possible le développement de  deux visions du monde, l’une technoscientiste et l’autre technosceptique, qui nous font poser la question de savoir s’il y a de la place dans le monde pour autre chose que le yoyo entre utopie et dystopie. En un sens, un yoyo assez connu des observateurs du monde de l’innovation et des innovations technologiques en particulier. Une bien belle conférence en somme, dont voici mon compte rendu.

Internet va-t-il tuer le capitalisme ou est-il au contraire l’épitomé de sa formidable capacité d’assimilation ?

Ce qu’il y a de fantastique avec Internet, et cela fait 20 ans que ça dure, c’est qu’on n’hésite pas à aller d’un extrême à l’autre. D’une part les hippies de la Californie, libertaires et ouverts sur le monde, qui ont donné naissance au contenu généré par l’utilisateur, le web 2.0, le wiki, le crowdsourcing etc. Un monde de Bisounours où tout le monde aime tout le monde et le monde devient comme le dit Rifkin, un « village mondial où les habitants ont le sentiment d’appartenir au même village ». D’autre part, le capitalisme sauvage, où « le gagnant emporte tout » (« the Winner takes almost all » pour la version intégrale de Seth Godin) pour utiliser les mots de Jacques Attali ; si tant est qu’on pense que ces monopoles dont Internet serait le but ultime (Attali), seraient le seul fait de l’économie digitale (ce que les lecteurs de Visionary Marketing savent être faux). Entre les agneaux (les premiers) et les loups (les vilains capitalistes monopolistiques), au bord de la route, les philosophes goguenards, voire apôtres de l’apocalypse qui nous annoncent la fin du monde ou à tout le moins la fin de la démocratie, car elle « n’a pas su se globaliser, seul le marché l’a fait ».

Groundhog Day?

Le jour sans fin C’est qu’en fait on croirait revivre la nième rediffusion de cette émission intitulée « visions of heaven and Hell » – je vous l’accorde, il fallait se trouver à Londres à ce moment-là – de Channel Four en 1994 où se succédaient les personnalités (Esther Dyson, Faith Popcorn, Charles Handy, et bien d’autres encore). Qu’y voyait on ? D’un côté, les optimistes mettaient toute leur foi dans la technologie toute puissante qui allait régler tous les problèmes : hiérarchies pesantes, États pléthoriques, état écologique inquiétant (déjà), consommation, économie … L’Internet (que personne alors n’avait vraiment vu !) allait tout résoudre. Et de l’autre côté, les pessimistes qui voyaient le monde en noir, et le diable incarné dans cette révolution technologique qui allait tout tuer, la vie privée, la démocratie, la liberté … Bref, en somme, rien de nouveau depuis les Luddites du 19ème siècle, et depuis 25 ans on n’en finit pas de se poser les mêmes questions.

la digestion des technologies
La fameuse courbe de la digestion des technologies issue de notre premier ouvrage “les medias sociaux expliqués à mon boss”. Cette digestion des innovations amenées par Internet ressemble plus, 25 ans plus tard à une indigestion.

Et nous avons assisté à cette rediffusion hier. D’un côté une extrapolation bizarre et jamais étayée, noyée dans un galimatias faussement séduisant et fait d’ « évidences » sans preuves et de l’autre côté l’apocalypse du genre humain du fait de la technologie, qui serait même un jour à l’origine de la « résurgence du fascisme » (en substance, J Attali). C’est lui faire trop d’honneur. L’Internet des objets est un outil, ou une collection d’outils : de simples objets techniques (on parle abusivement de technologies). Qu’il ne convient ni de diaboliser ni de défier, mais d’essayer d’utiliser le moins bêtement possible (et Dieu sait que les hommes sont bêtes lorsqu’il s’agit d’utiliser la technologie).

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Internet et capitalisme : utopie et dystopie avec Rifkin et Attali au @G9plus was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

Soyooz l’aide au choix technologique – startup du mois

SoyoozChez Visionary Marketing, et particulièrement sur notre blog, nous accordons beaucoup d’importance au vécu et à l’expérience : c’est donc avec attention que nous avons écouté Olivier Pistiaux créateur du site Internet, Soyooz, un outil d’aide au choix permettant de trouver un produit en fonction de son besoin. Il suffit pour cela de répondre à un questionnaire qui se veut être le plus simple possible. Ce questionnaire a la particularité d’être porté sur l’usage que l’on va faire du produit et non sur ses caractéristiques techniques. Retour sur la création et le développement de Soyooz…

Soyooz, plus qu’un comparateur, un outil d’aide au choix technologique … en moins de 3 minutes !

La première étape était de créer une équipe : vous aviez besoin de deux compétences différentes…

Effectivement, et ces compétences étaient d’ailleurs assez rares. Tout d’abord, l’expertise. Le but est d’avoir des personnes connaissant l’ensemble d’un marché et non pas quelques produits, et qui soient aussi capables d’expertiser de façon pointue ces produits. Nous avons commencé par le high-tech, car c’est un domaine où beaucoup de personnes ont besoin d’aide pour plusieurs raisons, notamment à cause d’une barrière sémantique. De plus, les produits high-tech sont compliqués à comprendre et à maîtriser, la technologie évolue très vite et le consommateur peut rapidement être perdu à la sortie de nouveaux produits. Pour cela, il fallait des personnes capables d’analyser les produits en fonction d’une logique que nous avons mise en place qui est particulière et qui n’existait pas jusqu’ici. Nous avons commencé à trouver des experts, principalement issus de la presse spécialisée et qui ont plus de 15 ans d’expérience dans ce domaine. Progressivement, cela a attiré d’autres experts pour former aujourd’hui une équipe plus performante. Le second besoin était plus mathématique, algorithmique, puisqu’il a fallu développer un moteur qui soit capable de prendre en compte tous les besoins qui ont été exprimés pour les mettre en corrélation avec tous les produits du marché, pour offrir instantanément la solution adéquate.

 Comment met-on en place un tel moteur de recherche ?

C’était aussi un travail très long : cela nous a pris un an et demi avant que l’on soit complètement satisfait des résultats que le moteur était capable de produire. Cela a été un travail réalisé en étroite collaboration entre les experts en produits et les experts en algorithmes. Je compare cela à un pilote de formule 1 qui va mettre une saison avant de régler parfaitement son moteur avec les ingénieurs, mais cela fera la différence à l’arrivée. Nous avons donc parcouru la courbe d’apprentissage et nous allons désormais très vite pour intégrer de nouveaux univers car nous savons comment faire.

le site compare des produits pour le grand public selon leurs besoins... Ce qui intéresse les grandes marques de la high-tech.
le site compare des produits pour le grand public selon leurs besoins… Ce qui intéresse les grandes marques de la high-tech.

Pendant cette année de perfectionnement, craigniez-vous que la concurrence prenne votre idée et la développent plus rapidement ?

Oui, car on voit bien que cette idée circule de plus en plus sur le marché : le client a besoin d’aide à l’achat et certaines autres solutions que la notre sont apparues. Néanmoins, celles-ci sont soit trop techniques, donc ont une approche réservée aux personnes qui s’y connaissent déjà, soit trop simpliste, sans aucune expertise, ce qui amène dans les deux cas à un résultat différent.

Pour pouvoir conseiller les consommateurs, vous avez eu accès à tout le matériel nécessaire comprenant les appareils photo, les ordinateurs, tablettes, etc.

Exactement. C’était une contrainte que nous avions eu au début, voire même une crainte, celle que l’accès aux produit ne soit pas possible. Puis nous avons commencé à convaincre certains constructeurs, ce qui a eu pour effet de rassurer les autres constructeurs, voire même de les motiver : aujourd’hui, certains constructeurs nous sollicitent pour tester leurs nouveaux produits. Même Apple nous fournit aujourd’hui ses produits sans aucun souci.

 Vous avez commencé ce projet en vous basant sur un modèle économique qui a depuis évolué.

Nous avions pensé ce site exclusivement en BtoC où le but était de conseiller le grand public. Finalement, nous nous sommes rapidement aperçus que les constructeurs avec qui nous étions en relation avaient ce besoin-là, car ceux-ci ont des sites sur lesquels ils présentent leurs produits : comme leur gamme est large, ils ont besoin d’aider leurs propres clients à trouver le bon produit. Nous nous sommes également aperçus d’une chose à laquelle nous n’avions pas réfléchi au début : le parcours que l’on offre à l’utilisateur nous permet de comprendre de façon très précise les besoins de cet utilisateur. On va pouvoir non pas seulement savoir qu’un consommateur veut une tablette, mais que celui-ci veut pour un usage particulier, par exemple les jeux, pas pour de la photo etc. On a donc une connaissance très précise qui est quelque chose qui intéresse les constructeurs, mais aussi les distributeurs pour pouvoir ajuster leur offre à leur clientèle.

Soyooz l’aide au choix technologique – startup du mois was last modified: novembre 20th, 2014 by Cédric Jeanblanc