Quand les Big Data viennent sauver l’emailing

L’emailing est affublé de tous les maux. Sous la pression publicitaire, les consommateurs (et les clients B2B) ont trouvé la parade : l’indifférence, mais aussi le bouton « spam » qui tend à faire tomber la “déliverabilité” de l’emailing de masse qui reste, qu’on le veuille ou non, le nerf de la guerre du marketing en ligne. Que faire alors, pour faire sortir l’emailing du cercle vicieux : « plus j’envoie de mail moins j’ai des résultats ». Et comment faire pour le faire entrer à nouveau dans un cercle vertueux ? Kwanko, les premiers, ont trouvé la solution, qu’ils ont appelée emailbidding (une startup portugaise intégrée à la société française) et qui est en fait l’application du principe du RTB (Realtime Bidding) à l’emailing. J’ai interviewé François Bieber, il y a quelques semaines, pour faire le point sur cette nouvelle méthode marketing à la performance sur emailing, qui va permettre selon lui, d’éviter à l’outil favori des marketeurs, de s’autodétruire.

Envoyer le bon emailing à la bonne personne

Si l’emailing est souvent conçu par les béotiens comme un moyen de casser les pieds à un maximum de personnes sans efforts, bien utilisé, il devrait être au contraire le moyen d’envoyer juste le nombre d’emails suffisants aux bonnes personnes. « Il faut donc changer de paradigme » nous a confié François Bieber. Non seulement améliorer le ciblage, mais adopter le bon business modèle. En évitant la publicité de masse.


emailing - emailing rtb
François Bieber innove sur le marché pourtant usé de l’emailing

Car ce cercle vicieux décrit plus haut est un obstacle de plus au ROI de l’emailing : « plus on augmente les masses, moins le business modèle est adapté » indique le patron de Kwanko. Mes derniers calculs sur les bases de plusieurs opérateurs télécoms ont démontré en effet des rendements très faibles. Même avec des messages et des contenus bien faits, j’ai ainsi compté un taux de clic aux alentours de 2 pour 1000 ! (c’est-à-dire ramené sur le total de la base. Ce taux est toujours présenté au travers d’une astuce simple : calculer le taux de clic (CTR) par rapport au taux d’ouverture ce qui augmente artificiellement les chiffres). Bref, pas de quoi se réjouir.

Agréger les bases de données d’emailing qualitatives du marché

Voici la solution trouvée par Kwanko : un algorithme qui plonge au cœur du big data pour s’appuyer sur la réactivité de chaque adresse e-mail. En fonction de cette réactivité, on rentre dans un processus d’e-mailings adapté, basé sur un principe d’A/B testing. 2 ans et demi de développement ont été nécessaires pour mettre en place ce nouveau service basé pour partie sur un développement maison en machine Learning (intelligence artificielle) et pour l’autre partie sur le rachat de la start-up portugaise e-mailbidding elle-même, désormais intégrée dans Kwanko.

emailbidding : une innovation protugause autour de l'emailing

La base de données d’emailing comme point de départ

L’origine des bases des mailings et cruciale pour s’assurer d’un processus de qualité : « celles-ci viennent des acteurs média du marché » nous précise François Bieber. C’est de l’opt-in européen cependant, pas de l’opt-in au sens américain (plus strict) du terme. En soi, le manque de rigueur en Europe sur la qualité de l’opt-in, surtout en France, est déjà une des raisons de la résistance des utilisateurs à la pression par l’emailing. L’Allemagne quant à elle fait exception : « un mail non sollicité envoyé par une agence leur a coûté 300 k€ » explique le patron de Kwanko. Ça ne plaisante pas outre Rhin.

Les chiffres ne sont pas encore significatifs, mais les prévisions indiquent que ce service devrait terminer l’année vers 1 à 2 % d’un chiffre d’affaire total, qui lui-même est déjà en forte augmentation. L’affiliation, activité principale de l’entreprise, se porte bien et reste à 90 % du chiffre d’affaires du prestataire de services.

Parmi les autres innovations de Kwanko comptons également ClicTime(r), où au lieu du clic, on vend le temps passé sur le site (Web et mobile) après le clic : on mesure ainsi l’engagement et l’annonceur paie plus cher pour un clic qui a plus de valeur. L’innovation est intéressante.

présentation en français de la plateforme emailbidding

Et enfin pour la bonne bouche : la pub mobile décolle enfin !

Vous allez être contents, chers lecteurs, qui attendez patiemment, depuis 10 ans où nous annonçons sur ce blog le décollage de la fameuse pub mobile : François Bieber indique avoir lui aussi avoir été sceptique jusqu’en 2013 puis a vu le secteur décoller enfin en 2014. Sur l’ensemble de l’année, la norme de visite reste scotchée à 20 à 30 % selon ses dires, une proportion conforme à notre observation. Ce qui fait que ce n’a pas décollé c’est que la publicité sur mobile était trop identique à ce qui se passait sur le navigateur. Ce n’était pas un problème de technologie, mais de contenu nous a indiqué François Bieber. Le téléphone est un objet intime et personnel, et le SMS mobile a été perçu comme un « viol » (on vient m’agresser dans ma sphère intime). L’objet peut-être d’un prochain article ?

Quand les Big Data viennent sauver l’emailing was last modified: juillet 15th, 2015 by Yann Gourvennec

La rupture par l’innovation technologique est-elle un mythe ?

La rupture par l’innovation technologique est-elle un mythe ? Tel était le thème de la soirée social drinkup d’Adobe de fin septembre, que nos lecteurs connaissent bien. Quel rôle va donc jouer l’innovation dans le marketing d’aujourd’hui a dit Olivier saint léger dans son introduction ? S’agit-il d’une réelle valeur ajoutée ? Cette accumulation de nouveautés technologies peuvent elles avoir un impact et une valeur pour le marketeur. Les mariages peuvent elle capter de nouvelles audiences ? Fidéliser des clients et surtout … L’investissement en compétences est-il nécessaire ? Cette conférence a aussi été l’occasion de se poser la question fondamentale de savoir si l’innovation technologique du 21ème siècle n’est pas – un tant soit peu – surévaluée. C’est bien là que nous a emmené notre ami et confrère Frédéric Cavazza avec son brio habituel.

Ne pas parler de Smartphones, mais parler d’innovation

C’est ainsi que Frédéric est rentré dans le vif du sujet, dès la première minute : “on ne va pas parler objets connectés ou smartphones mais parler d’innovations qui pourraient avoir un impact pour des directeurs marketing” a-t-il prévenu. Voilà qui était fait pour nous plaire ainsi qu’à nos lecteurs de Visionary Marketing.

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Frédéric Cavazza nous oblige à regarder plus haut que l’écran de nos Smartphones
Gartner a livré un travail remarquable avec le hype cycle a rappelé Frédéric Cavazza mais « je n’y trouve pas mon compte” nous précise-t-il. Il a donc établi un panorama d’innovations qu’il nous a décrit lors de cette conférence :

La 3D et les interfaces 3D

Il y a d’un côté les produits très médiatisés comme les Google Glass « qui ne sont rien d’autres qu’un outil de projection” a-t-il indiqué, et d’autre part, « les masques d’immersion 3D qui vous projettent dans des environnements multidimensionnels qui sont très impressionnants” a précisé Frédéric en témoignant de sa propre expérience.

Les interfaces innovantes (IHM)

Il y a ensuite les IHM innovantes comme le Lip motion, l’interface gestuelle, corporelle et même neuronale (la plus futuriste). Il existe des vidéos où on voit des actions bien isolées par la pensée nous indique Frédéric Cavazza, et je me souviens pour ma part de la première souris bougée d’ordinateur par la pensée en Angleterre en 1993 ou 1994. De quoi se redemander pourquoi les innovations qui sont censées aller si vite à notre époque vont si lentement.

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La rupture par l’innovation technologique est-elle un mythe ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Henri Seydoux (Parrot) : l’innovation ce n’est pas marrant ! #hubforum

Innovation

C’est un moment qu’on attend depuis longtemps a dit Vincent Ducrey en accueillant hier Henri Seydoux, PDG et fondateur de Parrot. Le PDG du champion français de la High Tech nous a livré une leçon magistrale d’innovation, et nous vous prévenons, ce n’est pas drôle … il va falloir travailler !

L’innovation c’est difficile

Parrot a été fondée en 1994 avec l’aide de Sofinova. Il est passé par toutes les étapes : le garage, l’ANVAR, le capital risque, le 2ème tour, puis la bourse. Dans Parrot, il a créé des “startups”, des micro équipes qui sont en ligne avec ce que Parrot sait faire mais qui innovent en dehors du cœur du métier. Parrot est à l’origine spécialisée dans le traitement de signal et ils sont devenus le leader du téléphone dans la voiture (y-compris en OEM avec des fabricants de voitures).

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Henri Seydoux sur scène au hub forum interviewé par Frédéric Simottel

L’innovation c’est très dur ce n’est pas marrant

A dit Henri Seydoux. Dans une entreprise, tout fait que c’est dur d’innover c’est pour cela qu’il faut que « le boss montre le chemin ». Il y a 450 ingénieurs chez Parrot dont une grande partie travaille pour des clients et une poignée travaille sur des startups qui créent des choses qui existeront peut-être mais ne “seront pas évidentes”. On a lancé les petits robots (mini drones) pour lancer une innovation dans le spectre du téléphonie portable qui soit proche du monde du jeu vidéo. « L’Internet des objets on l’a vu il y a longtemps », mais “j’ai vu tout de suite qu’on ne pourrait pas le faire”. Henri Seydoux nous explique pourquoi et sutout, pourquoi il ne faut pas copier les autres (surtout les champions du monde) si l’on veut innover.

Ne pas copier, et tutoyer l’interdit

Apple avait déjà développé un Apple Nano qui pouvait servir de montre et ça a décidé Seydoux de ne pas copier. La première difficulté c’est de ne pas copier. C’est pour cela que Parrot s’est lancé dans des innovations comme les drones. « C’est à la limite de l’interdit » a dit Frédéric Simottel qui l’interrogeait : “tout ce que nous faisons est à la limite de l’interdit” a répondu Henri Seydoux, et « cela doit être sans doute une des lois de l’innovation ». Aujourd’hui Parrot est le leader des drones pour architectes et ambitionne de devenir le premier pour les agriculteurs également (on le sait ici, les agriculteurs sont les champions de l’innovation, comme l’expliquait encore Hervé Pillaud que j’interviewais hier) alors qu’il commentait un film d’amateur tourné par des ingénieurs de l’entreprise. Grâce au community manager de Parrot qui est aussi un lève tôt, nous vous livrons les deux vidéos des drones ci-dessous. Comme l’explique M. Seydoux, « les drones, cela fournit toujours de belles images ». Il ne me reste plus qu’à en acquérir un pour l’antimuseum !

Henri Seydoux (Parrot) : l’innovation ce n’est pas marrant ! #hubforum was last modified: octobre 10th, 2014 by Yann Gourvennec

La CCI de France donne un carton rouge au gouvernement #hubforum

Entrepreneuriat : le chaud et le froid du Hub Forum

L’innovation, c’est le nerf de l’entrepreneuriat et c’est sous cette bannière que le Hub Forum en ce deuxième jour de son ouverture a commencé la journée. La célèbre manifestation de la communication parisienne s’est désormais installé dans le paysage des conférences et attire tous les ans. Après un tour d’échauffement avec des acteurs majeurs de l’innovation française comme FrenchWeb.fr, La French Tech, HEC, Numa.paris et la CCI de France où on a soufflé le chaud. Le chaud d’abord avec un plaidoyer de Richard Menneveux Frenchweb.fr envers les les grandes entreprises qui “doivent aller au-delà des commandes “ et de Numa qui accueille “tous les entrepreneurs et pas seulement les start-ups”. Le froid ensuite avec Vincent de Bernardi de la CCI de France, l’organisme fédérateur des CCI de France qui a averti le gouvernement sur la conséquence de ses actes. “ils vont chercher l’argent là où il n’est pas » a-t-il dit. Et de poursuivre : “nous en verrons les conséquences en 2015”.  Et d’interpeler le premier ministre qui “dit aimer les entrepreneurs dans toutes les langues et qui devrait regarder le film de Frenchweb.fr (sur les entrepreneurs).

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Clara Delétraz de la French Tech au micro du Hub Forum : la French Tech a développé un ensemble d’outils pour accélèrer le développement des startups. Et en prime, une enveloppe de 15M€ pour développer la marque French Tech à l’international 

Voilà qui ne sent pas bon pour les entrepreneurs, souhaitons qu’il se trompe. HEC nous a quand même rassuré avec les 15% des étudiants créateurs d’entreprise de HEC, selon Laurent Allard, et ce qui est frappant c’est que ces jeunes “veulent créer des emplois” et ont envie d’aller de l’avant. Nous aurons ensuite eu droit à la keynote très attendue d’Henri Seydoux, PDG et fondateur de la fameuse marque Parrot, porte-étendard de l’innovation française dans le monde, responsable notamment des premiers systèmes de communication Bluetooth pour téléphones dans les voitures, dès les années 2000 !

Clara Delétraz de la French Tech au micro du Hub Forum : la French Tech a développé un ensemble d’outils pour accélèrer le développement des startups. Et en prime, une enveloppe de 15M€ pour développer la marque French Tech à l’international 

La CCI de France donne un carton rouge au gouvernement #hubforum was last modified: octobre 16th, 2014 by Yann Gourvennec