Moteur de recherche : Internet redevient humain

Il y a quelques mois, Michael Kohen, co-fondateur du « moteur de recherche humain » Askwonder a visité nos locaux à Paris. Il a débattu avec Yann Gourvennec de l’évolution de la recherche sur Internet. Est-elle plus efficace aujourd’hui, ou lorsque l’homme intervenait ? Aujourd’hui, pour n’importe quelle question, on se tourne vers notre moteur de recherche préféré, Google, qui a la réponse à tout. Est-ce vraiment la solution la plus pratique lorsque l’on est chef d’entreprise et que l’on a pas vraiment le temps de regarder tous les résultats de recherche ? Nous vous présentons aujourd’hui un concept qui a retenu notre attention, le moteur de recherche humain. 

Retour au moteur de recherche humain

moteur de recherche humainAvant le Web, le savoir et l’information se trouvaient dans les bibliothèques physiques. On marchait dans les différents rayons, on s’arrêtait pour consulter les titres des livres, chercher des auteurs, consulter les index et tourner les pages à la recherche de l’information précieuse qui nous manque…
 Maintenant que tout  est disponible en ligne, l’aide et le suivi de la bibliothécaire a disparu petit à petit, et l’on est désormais seul face à son ordinateur, les allées de la bibliothèques ont été remplacées par une simple barre de recherche et l’on scroll désormais les pages de contenus comme on feuilletait autrefois les pavés.
Le concept apporté par Michael Kohen, et c’est ce qui a retenu notre attention, est d’utiliser le digital tout en y réintroduisant l’élément humain, qui est importantissime dans toute recherche. Combiner les deux approches, à la fois la puissance de calcul illimitée des machines et l’itelligence humaines que la meilleure des IA ne peut égaler, semble, au moins en théorie, le meilleur des deux mondes.
Moteur de recherche : Internet redevient humain was last modified: septembre 19th, 2016 by Mia Tawile

Savez-vous vraiment faire une recherche google ?

Tout le monde connaît Google, et tout le monde l’utilise chaque jour dans son travail. Mais pourtant, peu d’entre nous savent s’en servir de façon optimale. En effet, lors d’une recherche Google, on commence dans la grande majorité des cas à taper quelques mots clés, par exemple « articles transformation digitale », voire même des phrases comme « lire des articles sur la transformation digitale ». Car notre perception de l’intelligence artificielle évolue et s’éloigne davantage du dialogue homme-machine pour s’approcher d’un dialogue avec un véritable humain. Cette évolution, quoi qu’on en pense, nous éloigne pourtant de la véritable nature d’un moteur de recherche : un paquet d’algorithmes, donc une montagne de calculs, de paramètres, de langages etc. 

Il est donc évident que communiquer avec un robot au moyen d’une seule barre de recherche n’est pas si efficace… Une vraie recherche Google nécessite ainsi la maîtrise de certains petits outils : en voici quelques-uns.

Recherche Google : plusieurs opérateurs

  • Guillemets (« ) et exclusions (-) : vous les connaissez probablement : ces deux outils sont très couramment utilisés lors d’une recherche Google pour restreindre le nombre de résultats. Les guillemets vont servir à préciser le terme. Par exemple : article « transformation digitale », permet de supprimer les résultats où seul le mot « digital » ou « transformation » apparaît. Les exclusions vont permettre d’enlever un terme à la recherche. Par exemple : article transformation digitale –RH, permet d’enlever des résultats les articles traitant de la transformation digitale des RH.
  • Tilde (~) et astérisque (*) : Moins utilisé, le tilde permet d’élargir la recherche en permettant l’affichage de résultats à partir d’un synonyme. Par exemple, si l’on fait une recherche avec le mot digital mais que l’on ne veut pas se limiter à ce terme, on va entrer « ~digital », ce qui va également englober le terme « numérique » par exemple. L’astérisque est utilisé lorsque l’on cherche une expression sans connaître tous les mots. Il remplace le mot inconnu, par exemple : transformation * des RH.
  • OR et AND : Alors que OR permet de rechercher un terme ou un autre, l’opérateur AND exclu tous les résultats qui ne correspondent pas aux deux critères. On peut combiner les deux pour optimiser : Cloud AND IaaS OR Storage.
  • Site : le « site: » permet de faire une recherche uniquement dans un site internet donné. Par exemple : site:visionarymarketing.com transformation digitale.
  • Filetype : il permet de faire la recherche d’un type de document précis. Par exemple, la recherche « livre blanc big data filetype:pdf » permettra de trouver les livre blancs sur les Big Data uniquement sous format pdf.
  • Intitle : avec cet opérateur, Google ne va montrer que les résultats avec le terme de la recherche dans le titre de la page.
  • Related : cet opérateur s’utilise avec un URL. Par exemple, en entrant related:visionarymarketing.com, on trouve… Le réseau d’information régional sur l’Afrique et l’institut Indien de Management de Bangalore… Intéressant mais pas vraiment au point…

Et maintenant, la pratique…

Tous ces opérateurs n’ont d’intérêt que dans la pratique, c’est pourquoi nous en avons testé quelques uns dans des situations qui peuvent se réveler aussi intéressante pour la personne effectuant la recherche qu’embarrassante pour l’entreprise qui voit ses données accessibles par n’importe qui sur l’Internet. En effet, on sait que Google utilise ses robots pour scanner une (très) grande partie des pages Internet et les indexe ensuite dans ses résultats. Or, certaines entreprises mettent à disposition de leurs employés des documents sur leur site Internet… En oubliant de créer un espace privé ou de placer un « no crawl » devant leur page… Voici deux exemples qui devraient vous inciter à faire attention aux documents potentiellement importants, stockés sur votre site et potentiellement accessibles à tous.

Exemple n°1 : intitle + filetype

recherche google

Une simple utilisation d’un intitle:confidentiel et un filetype:pdf en retirant le terme « code client » pour ne pas se retrouver avec des pdf de conditions générales, et on trouve une quantité impressionnante de documents censés rester au sein de l’entreprise (ou de l’administration).

Exemple n°2 :

Même exercice, cette fois-ci en remplaçant le pdf par un xls, format de tableur excel. Prenons par exemple le terme « mailing » dans le titre : on trouve potentiellement des bases de données clients avec les adresses mail…

recherche google

Ces exemples nous rappellent qu’il faut toujours être vigilant avec ses données et que des documents supposés rester à l’intérieur de l’entreprise (symboliquement tout du moins) peuvent être accessibles par n’importe qui, au moyen d’une simple recherche Google.


 

Savez-vous vraiment faire une recherche google ? was last modified: octobre 15th, 2015 by Cédric Jeanblanc