27/05/13

Faux commentaires : un ex-dirigeant d’Accor coupable d’un défaut de transparence sur Tripadvisor

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
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newspaper-largeQue ce soit avec Media Aces, ou sur ce blog, voire dans nos ouvrages comme les médias sociaux expliqués à mon boss publié en 2012, Hervé Kabla et moi-même sommes fatigués de le répéter : les exigences de transparence dans les médias sociaux (ou en dehors des médias sociaux d’ailleurs) sont impératives, et notre bonne société française n’y échappe pas. Un épisode récent, relayé le 24 mai sur le site du Daily Telegraph au Royaume-Uni, a mis en cause l’entreprise française Accor au travers d’un de ses ex-représentants en Australie (cf. l’annonce de sa mise à l’écart ici). Accor a pu faire valoir sa charte des médias sociaux qui incluait une clause de transparence. Cet incident vient nous rappeler le caractère crucial de ces règles de transparence, souvent minimisées, voire raillées dans nos entreprises.

« L’astro surfing », ou l’art de manipuler l’influence

La manipulation de l’influence, n’est pas nouvelle. Même si le termes « astro surfing », lui-même dérivé du terme « astro turfing**» est assez récent, de tout temps les techniques « d’entrisme, » ont été utilisé une, notamment la politique. Ces approches, hautement non éthiques, sont cependant régulées, notamment en Europe au travers d’une directive européenne de 1972. L’astro surfing, peut se pratiquer en faveur de la société elle-même, ou en la défaveur de ses concurrents. Dans les 2 cas, il s’agit d’avancer masquer, voire de payer une entreprise spécialisée, préférence offshore, afin de parsemer le Web de fausses critiques et de commentaires bidons.

**le terme astro turf est une marque de gazon artificiel. L’expression a été créée pour souligner la différence entre un mouvement du terrain (grassroots) et un mouvement artificiellement créé au travers de l’entrisme. Le terme astroturfing daterait de 1985.

photo : antimuseum.com

Le rappel des faits

Le directeur de la communication d’Accor hôtels en Australie, auteur d’une centaine de revues sur trip Advisor, sur ses propres hôtels et sur ceux de sa concurrence, se fait prendre la main dans le sac au travers de l’application mobile trip Advisor, qui requiert une identification au travers de son compte Facebook (a priori supprimé), ce qui l’a exposé aux yeux de ses concurrents et du monde. En rupture avec la règle de transparence édictée par la société Accor sur son intranet et sur slideshare, le responsable de la communication australien, autoproclamé « directeur de la propagande » (Sic !) a été démis de ses fonctions. Son compte Twitter a subséquemment disparu , mais son compte LinkedIn, dont je ne suis éloigné que de 2 niveaux, est quant à lui toujours visible.

Le bruit fait autour de ce problème a été assez conséquent dans la sphère anglophone du Web, est quasi, voire inexistant en France comme en témoigne cette recherche sur le Google local en Français***.

***Rappelons, pour ceux qui l’ignoreraient encore, que les résultats de Google varient en fonction : 1) de la langue 2) du domaine 3) de l’IP … et même de la connexion aux médias sociaux, depuis peu. La requête tripadvisor Accor ne montre aucun résultat en France et en Français.

Le rappel des règles

exclamation-largeLa vertu de la répétition dans l’éducation n’étant plus à faire (bis repetita placent) rappelons, en la résumant en une phrase, ce qu’est l’exigence de transparence : elle peut se traduire simplement en disant que, quand je m’exprime sur une marque pour laquelle je travaille, je dis qui je suis, pour qui je travaille, puis je peux m’exprimer. Ceci s’applique aussi bien aux articles dans les blogs, que dans les commentaires dans des sites collaboratifs ou commerçants, comme Amazon ou trip Advisor. Cette règle, qui s’applique aussi aux sous-traitants, a été détaillée par socialmedia.org, et ce document traduit et mis à disposition par l’association media aces, dont je suis le président co-fondateur, ainsi que dans le livre « les médias sociaux expliqués à mon boss ».

Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà

Bien entendu, en France, pays de l’intelligence suprême, cette règle ne s’applique pas. Elle n’est valable que pour l’étranger, qui est retors et manipulateur, alors que nous sommes parfaits et irréprochables. Soupirs … Blaise Pascal, sors de ce corps !

C’est un fait, les histoires de ce genre, dans les journaux, en France, sont très rares. Même cette anecdote récente concernant pourtant une société française majeure ; mais, me dire-vous, le mal vient encore de l’étranger et le journaliste est Anglais, ce qui explique pourquoi il ne trouve aucun écho de ce côté-ci de la Manche. Pourtant, l’impact sur la marque, dans ce cas, est bien mondial, et ne préserve pas notre champion hôtelier national. D’autant plus qu’en France il existe une loi ancienne, qui préexiste aux médias sociaux, alors qu’en Grande-Bretagne, celle-ci est récente et issue de la législation européenne. Pourquoi donc si peu d’attention est-elle donnée à ces dérives ?

Peut-être bénéficie-t-on d’une mansuétude plus grande de la part des journalistes chez nous ? Je ne sais. Au Royaume Uni, les affaires de ce genre éclatent au grand jour et sont monnaie courante. Les journalistes, redoutables et implacables, s’en donnent à cœur joie à longueur d’année. On ne badine pas avec le mensonge de l’autre côté de la Manche.

Peu importe, l’erreur est commise, il faut la réparer. Certes, Accor avait pris toutes les précautions à la fin de 2012 (c’est assez récent, mais bien stipulé dans la règle n° 4), dans sa charte des médias sociaux, qui lui a permis de se dédouaner du problème, et probablement de mettre en vacances l’individu en question ; reste à prendre les mesures correctives pour que cela n’arrive plus et communiquer sur ces dernières.

Je profite de cet épisode pour répéter … quelques règles de conduite quant à la transparence

  1. De toutes les règles que vous édictez dans votre charte des médias sociaux, la charte de transparence est probablement la plus importante sinon la seule qui soit importante. Les entreprises prennent un temps infini à essayer de régenter les droits et les devoirs de leurs utilisateurs, alors que j’ai remarqué un certain laxisme, pour dire les choses gentiment, eu égard à ces règles de transparence. Je ne parle pas, de ces collègues à qui j’essaie toujours d’expliquer ce point et qui refusent, ou qui sont incapables, de le comprendre ( “ah bon ! c’est vrai ? mais pourquoi ?!” … re soupirs)
  2. Le problème ne vient pas toujours du bas, cet exemple chez accord montre effectivement l’implication d’un directeur de la communication, à un niveau de direction important de l’entreprise. Ne partez pas du principe que les seuls à surveiller sont le « petit personnel » ;
  3. Il faut s’assurer à tout prix que la charte des médias sociaux a été vue et acceptée : il est par exemple conseillé de la fusionner avec les conditions d’accès à l’Internet, en stipulant que leur acceptation vaut l’acceptation également de la charte de transparence ;
  4. L’évangélisation vaut mieux que la dénégation. Et celle-ci commence par le haut. Répétons-le, le danger ne vient pas que du « petit personnel ». Cet exemple vient nous le rappeler et le démontrer ;
  5. Dans le cadre d’un problème comme celui-ci, apporter 1 démenti, ou 1 mise au point, ne suffit pas tout à fait. Il faut également répéter, de façon ouverte officielle et claire, l’engagement de l’entreprise au respect de la règle de transparence. Ceci a un double effet : envoyer le message clair vers l’extérieur que ceci ne se reproduira plus, et que la société est respectueuse et de sa concurrence et de sa clientèle. Et d’autre part, ceci envoie un message clair aux employés qui doivent lire, comprendre, admettre et respecter cette règle de transparence de façon absolue.

Quelques remarques sur trip Advisor et les sites d’évaluation

Il serait facile de jeter trip Advisor avec l’eau du bain ; trop facile. Les sites d’évaluation sont souvent meilleurs et plus utiles qu’on le croit, même si de temps en temps un canard boiteux fait son apparition. D’une part, le canard boiteux en question est souvent démasqué, ce qui a été le cas ici même. D’autre part, je m’en suis moi-même mordu les doigts lorsque en réservant un hôtel à San Francisco sans réfléchir, je me suis aperçu rétrospectivement que j’avais oublié de lire les avis sur ce site. Cette précaution m’aurait évité bien des problèmes (lire les avis de cet hôtel désastreux pour comprendre ce que j’aurais pu éviter).

Quelques conseils pour bien décoder les avis sur 1 site d’évaluation comme trip Advisor

Je me suis inspiré ici de quelques conseils sur le site d’AOL, que je me suis permis de personnaliser et d’adapter :

  1. Ne pas se limiter à 1 seule revue sur 1 hôtel/restaurant, en lire un grand nombre, et éviter celles qui paraissent « suspectes ». Ne garder en tête les critiques hyper positive ou hyper négative que si elles sont d’une part très argumentées et d’autre part corroborées par d’autres évaluations du même genre ;
  2. Soyez vous-même régulièrement contributeurs, plus il y a de contributeurs individuels, plus vous découragerez et diluerez les astro-surfeurs ;
  3. Si le responsable de l’hôtel ou du restaurant répond lui-même à chacune des critiques, et qu’il apporte un réponse à celle-ci, alors il y a de fortes chances qu’il apporte même soin à son établissement ;
  4. Méfiez-vous des commentaires dont le vocabulaire se rapprocherait de celui d’une brochure commerciale, il s’agit
    probablement d’une fausse évaluation. De même, les évaluations écrites dans une langue approximative, sont peut-être l’œuvre d’une entreprise offshore spécialisée en commentaires bidons ;
  5. Souvent, une fausse évaluation incluera quelques critiques mineures afin de paraître plus crédible, ou l’inverse s’il s’agit d’une fausse évaluation destinée à un concurrent ;
  6. Plus la photo semble professionnelle, moins elle risque de venir d’un utilisateur lambda ;
  7. Toujours regarder le pseudo de l’utilisateur qui a commenté si vous avez un doute sur ce commentaire. Une brève recherche dans Google vous amènera sur d’autres commentaires du même utilisateur ;
  8. Il est difficile de se faire une idée sur un établissement lorsque les évaluations sont peu nombreuses, privilégiez donc ceux où les évaluations sont diverses et variées ;
  9. Et comme d’habitude, il faut croiser vos informations via d’autre sites de façon à vous assurer de leur véracité.
16/02/12

faux commentaires Orangina : à quoi servent vraiment les médias sociaux ?

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Yann Gourvennec

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Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
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La sélection du jour …

eye-largeC’est le coup de gueule du jour et je dois avouer être particulièrement énervé. Des années (plus de 4 ans) que je passe, dans les traces d’Andy Sernovitz, avec l’aide d’Hervé dans le cadre de Media Aces à évangéliser autour de la déontologie dans les médias sociaux (guide de la transparence) et tout ça pour ça ! “Ça” c’est ce qu’on appelle de l’astrosurfing un terme dérivé d’un autre – tout aussi énigmatique, l’astroturfing, une technique d’infiltration ou d’entrisme de la fin des années 80 (comme quoi ce n’est pas nouveau). “Astroturf” c’est le nom du gazon artificiel, et l’astroturfing est la manière de générer un faux mouvement de base (“grassroots”) à partir de faux représentants ; c’est une forme de propagande et de manipulation qui est contraire au code de l’éthique.

L’astrosurfing est le fait de payer des gens pour ajouter de faux commentaires sur vos produits. Mais ici nous atteignons un autre niveau de la bêtise : on paie des gens non pas pour dire du bien (ça, je veux bien encore comprendre), mais pour entretenir des discussions vides de sens !

mais à quoi ça sert ?

imageLa vraie question est donc ailleurs. Peu importe le “mauvais buzz” car au pire il amènera plus de “fans” à ces mauvais élèves; peu importe également la mauvaise pratique en elle-même qui sera sans doute corrigée, nolens volens. La vraie question est de savoir pourquoi vous voudriez maintenir artificiellement une conversation vide de sens sur un soda aux arômes avec des faux “amis” ?!

casino royal

Je crois que c’est là le fond du sujet, et pas la pratique répréhensible – et illégale rappelons le – de l’astrosurfing. D’ailleurs, quand on regarde le visuel sur la droite issu de la page facebook en question, on finit par se demander si nous sommes encore sur une page de fabricant de soda aux arômes ou sur celle d’un casino ou du club med. Quel est le rapport à la marque ? …

La fin du début des médias sociaux

C’est cela qui va se passer en 2012, le début de la fin des imbécilités, des achats de fans, des faux commentaires et du cyberbabillage vide de sens. Il est temps d’aller s’inscrire à la prochaine conférence Media Aces du 06/03 et de découvrir ce à quoi servent vraiment les médias sociaux (et pas seulement Facebook).

poursuivre avec l’article d’Hervé sur Media Aces.

La fin des médias sociaux à la mode « secouez-moi »? • Media Aces – Médias sociaux et entreprise

orangina3-515x397Ni Yann ni moi ne pensions que l’actualité rattraperait le débat que nous avions lancé à la fin de l’année dernière, sur la « fin des médias sociaux«. S’il ne s’agit pas d’anticiper ici la disparition des plateformes sociales et du web social dans son ensemble, nous sommes convaincus en revanche, que l’ère des pionniers est révolue, et que les enjeux vont prendre le dessus sur les formes d’engagement.

« L’affaire Orangina » est venue à point nommé pour illustrer nos propos: il est temps que cessent ces pratiques d’un autre âge, qui relèvent plus de la manipulation des foules et du public, que d’un véritable engagement avec les communautés auxquelles les entreprises et les marques peuvent – et doivent – légitimement s’adresser. Et pourtant, elles ne cessent de se banaliser.

via La fin des médias sociaux à la mode « secouez-moi »? • Media Aces – Médias sociaux et entreprise.

30/11/11

plaidoyer contre la culture web du trash

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Yann Gourvennec

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La sélection du jour …

Est cet article de Ronan Boussicaud issu de l’excellent blog « my community manager » ou comme quoi il n’y a pas que les vieux croûtons qui trouvent que la qualité baisse …

De plus en plus on observe l’émergence de pratiques fallacieuses sur le net. Pour amener du trafic, booster le nombre de partages ou simplement décupler sa notoriété, bon nombre d’internautes n’hésitent plus à s’adonner à des exercices de critiques ouvertes en balançant des noms banckables.

Pourquoi les gens sont-ils friands de ces étalages publics ? Les flagellations écrites sont-elles moins choquantes que certaines campagnes marketing ?  Pourquoi a-ton envie que le bad guy sorte vainqueur dans les films ? Qui sont les blousons noirs de la toile ?

Je tiens à préciser que cet article témoigne d’un avis personnel et qu’il n’est en aucun cas omniscient.

Le web est une foule compacte qui évolue au sein d’une même enveloppe virtuelle. Même si certains éléments semblent vouloir se détacher, ils finissent toujours par rejoindre les rangs, qu’ils le veulent ou non. Dans ce contexte, la plupart des papiers exemplaires ou juste bon à jeter à la poubelle sont modelés sous le prisme des attentes des internautes. Parler d’un sujet actuel, tendance ou innovant semble déjà une bonne voie pour s’extirper de la sonorité régulière du métronome de la toile.

Mais ce que préfèrent par-dessus tout les explorateurs du virtuel, ce sont les clashs, les critiques ouvertes et les prises de position sans compromis. On a longtemps associé le web 2.0 au monde des bisounours, car le « biberonnage » au respect et la gentillesse à la guimauve que certains percevaient,  éclaboussaient leur visage d’une hypocrisie écœurante. Pourtant il vaut mieux évoluer dans une ambiance d’encouragements, de clins d’œil et de félicitations que de conflits et d’insultes sans raisons apparentes non ?

via La culture web du trash: un marécage nauséabond | My Community Manager.

6/01/11

5 escroqueries en e-marketing par Daniel Laury

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En novembre dernier, à l’occasion d’un voyage de Presse dans la Silicon Valley, je rencontrai Daniel Laury, que j’ai interviewé déjà une fois sur la saga Luckysurf et qui dans cette nouvelle vidéo, nous décrit sa vision des cinq plus grosses arnaques au marketing de l’Internet qu’il ait pu observer sur le terrain. Certes, toutes les innovations de l’Internet ont donné lieu à des escroqueries : le mail a donné naissance au spam, le paiement au clic a aussi donné lieu à des escroqueries qui continuent encore allègrement aujourd’hui. Voici cinq autres pratiques non déontologiques qui ont énervé particulièrement Daniel Laury au cours de sa carrière et que nous vous soumettons :
  • tout d’abord, les fausses offres pour voler les coordonnées d’un utilisateur : dans cette arnaque, on propose à l’utilisateur de gagner un iPhone, iPad etc., un d’objets désirable en tous les cas, et au bout de 20 écrans où on a baladé l’utilisateur, on lui a pris ses coordonnées mais on ne lui offre jamais l’objet en question. Un moyen non déontologique utilisé parfois pour voler les coordonnées d’un utilisateur ;
  • les transferts de données : dans cette arnaque, l’utilisateur achète réellement quelque chose, mais ses données sont exfiltrées à quelqu’un d’autre ou une autre société à son insu. Ceci n’est pas aussi grave que le phishing, puisqu’il ne s’agit pas de vol de données privées, mais cela constitue néanmoins une pratique non déontologique ;
  • la co-régisration est ce système qui permet de demander à un internaute de s’abonner à plusieurs newsletters par exemple à la fois. La déontologie veut que les cases à cocher ne soient pas pré-cochées à l’avance. On a vu cependant bien souvent des cas où l’inverse était vrai, ce qui n’est pas déontologique ;
  • la quatrième arnaque repérée par Daniel, est celle des entreprises qui font remplir des faux prospects (leads) dans un pays à bas coûts comme le Vietnam par exemple via les pages jaunes. Le client paie au prix fort des prospects qui n’en sont pas ;
  • enfin, la dernière arnaque repérée par Daniel et probablement la plus grave : il s’agit de celle qui consiste à payer l’apport de trafic sur son site mais de le faire en sorte que le script qui déclenche le paiement ne se déclenche qu’une fois sur deux, ce qui permet d’obtenir deux fois plus de trafic pour le même prix.
12/11/08

Orangina frappe en-dessous de la ceinture et marque des points

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Yann Gourvennec

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Orangina - naturally juicy - naturellement pulpeuse 

Orangina – naturally juicy – naturellement pulpeuse (cf. 

http://commercial-archive.com/)

Il y a tout juste un an, quand Odile Biger a publié son précédent billet (voir ‘la nouvelle publicité Orangina se concentre sur le produit‘) sur ce blog au sujet de la nouvelle publicité d’Orangina, je ne voyais pas personnellement – dans un monde où la sollicitation du dessous de la ceinture est omniprésent, où les publicités du porno chic ont transformé le consommateur en cobaye volontaire et assumé du porno dit chic- où était le problème. Voilà une publicité avec des animaux plus ou moins bien modélisés, un sous-entendu grivois qui faisait passer de la pulpe au pulpeux ; quelle affaire ! Une publicité de plus me disais-je. Et je me trompais à l’évidence comme se sont trompés nombre de nos lecteurs qui ont réagi sur nos pages en se récriant. La création n’était pas terrible selon certains, la pub était d’un mauvais goût absolu selon les autres, et il est vrai que la suggestivité est assez directe, jusqu’à l’apothéose, à savoir le jaillissement (!) de la boisson gazeuse hors de sa bouteille.

Un an après donc, un article de Challenge (n°141, 23 Octobre 2008 signé Alice Mérieux) fait le bilan de la publicité en question et l’auteur y annonce son verdict : La nouvelle publicité Orangina est la source du renouveau de la marque. +12% en valeur, +4% en volume alors que depuis des années (7 pour être précis) les ventes du précieux liquide symbole de la fierté nationale étaient en chute libre. Mieux encore, grâce à cette nouvelle réclame (le nom semble dépassé, mais en sommes nous si loin ?) la nationale boisson réussissait à porter le fer dans la perfide Albion, lieu de collusion avec le non moins perfide breuvage d’Atlanta (ce qui les sert bien d’ailleurs, vu les ravages de l’obésité outre Manche). Les réclamations au Advertising Standards Authority (le BVP local) furent nombreuses – tous les britanniques ne sont pas libérés de leurs préjugés moralistes et puritains semble-t-il – et les ventes s’y développèrent de façon spectaculaire avec une augmentation de 77%.

Certes, les esprits chagrins pourront faire remarquer que si l’augmentation de 4% en volume a généré 12% d’amélioration en valeur, il s’est sans doute passé autre chose qu’une publicité (quoique l’effet du change à l’export puisse aussi jouer). Egalement, on pourrait remarquer qu’il pourrait tout bêtement s’agir d’une augmentation liée à un retournement de tendance lié aux habitudes de consommation, l’Orangina n’étant – bizarrement – pas toujours considéré comme un ‘soft drink’, alors que ses concurrents souffrent – ou devraient souffrir de la campagne anti-obésité. Mais c’est Zéro le héros de la campagne anti-obésité, et lui qui fait d’ailleurs le plus souffrir Orangina. Orangina a en effet manqué ses innovations (l’Orangina rouge au Guarana qui avait un goût assez supersonique n’a pas survécu à la crise) alors que Coca en tente beaucoup et en réussit quelques unes de façon spectaculaire. Ceci étant les modes changent, et parfois dans les 2 sens. Témoin le come back spectaculaire et temporaire il y a quelques années de la boisson antédiluvienne Cacolac (relancé par la marionnette de Jean Pierre Papin des Nuls il y a plus de 10 ans). Orangina serait-il revenu à la mode ? Nous n’en avons pas la preuve.

Cette fois-ci donc il faut se rendre à l’évidence, la publicité a eu certainement un effet positif en réveillant les consciences et en choquant (comme le dit le directeur marketing de la marque « on aime ou on n’aime pas » (Challenges, ibid.). Ceci nous dit aussi que les vieilles recettes de la publicité limite font toujours recette, mais aussi que le public est finalement – même si c’est marginal dans les nombres – assez vite choqué par des choses bien inoffensives. Et n’oublions pas de reconnaître qu’Odile a été visionnaire dans son billet.