Les « digital natives » n’existent toujours pas #10ansmarketing

Les “digital natives”  n’existent pas
10ans marketing - digital natives

Les « digital natives » n’existent toujours pas : digital natives, générations X, Y, Z et maintenant alpha, sont un marronnier du Web et de la littérature. En tant que digne représentant de la génération archaïque des baby-boomers, je suis d’ailleurs disqualifié. N’étant pas né après 1964 (pourquoi pas 63 ni 65 ?), Je n’ai pas voix au chapitre, et suis destiné, avec mes congénères, à la disparition (à terme, notons que cela se vérifie pour toutes les générations y-compris pour celles qui nous considèrent obsolètes . Ce marronnier, je le décrypte déjà depuis quelques années, et comme c’est l’année des 10 ans du blog, j’en ai profité pour le remettre au goût du jour. Surtout que je viens de repérer une étude de la fondation ECDL (European Computer Driving Licence), commentée par Rue89 (qui ont plagié mon titre d’il y a 2 ans, et c’est pour cela que j’ai découvert le rapport). La vérité choquante est que, selon les études, décidément les faits sont têtus, il n’existe pas de digital natives. Je vous invite donc à la lire et à découvrir ou redécouvrir ce vieil article écrit en 2 parties, basé sur le travail des sociologues, basé sur les faits et non les mythes autour de ces pseudo digital natives.

digital natives
Légende : décrite de façon humoristique et légèrement caricaturale, dans le film While We’re Young, deux générations à l’opposé des stéréotypes, les vieux obsédés par le jeunisme et la techno, les jeunes attirés par tout ce qui est vintage (vélos, chaînes HIFI et disques vinyles, vieux postes de TV, meubles artisanaux etc.). Caricatural mais pas faux.

imageQuelle que soit la terminologie employée, avec plus ou moins de précision, les prémisses sont les mêmes : les digital natives (génération Y, Z, Alpha etc. remplacez le terme de base par ce que vous voulez), sont surdoués en informatique, les autres sont nuls (surtout les vieux). Le fait d’être né après 1980 (selon Prensky, l’inventeur de cette notion fantaisiste, qui a d’ailleurs mis de l’eau dans son vin par la suite) vous donne un avantage concurrentiel sur les autres. Les infographies sur le Web abondent, les poncifs s’enchaînent, les anecdotes se succèdent, mais la réalité et la science ne reculeront pas. Il est temps de rétablir la vérité, grâce à cette étude de l’ECDL, certes qui prêche un peu pour sa propre paroisse, qui souligne l’urgence d’une formation des jeunes en digital et qui donne quelques chiffres impressionnants sur l’inculture de ceux-ci dans certains pays (je nomme l’Autriche principalement).

Il ne s’agit pas de faire de ce sujet un point de méthodologie ni de s’arc-bouter sur une notion finalement peu importante. Comme le signale le rapport de l’ECDL, les mauvaises conceptions autour de cette génération Y / digitale native a des conséquences graves pour la société, l’enseignement, le fonctionnement des entreprises. Dans l’article précédent, où je traitais de ce sujet, j’insistais aussi sur les dangers de l’ostracisme envers les générations plus anciennes, déjà victimes de la mise à l’écart dès qu’elles ont passé la cinquantaine d’années (contrairement à ce qu’on pourrait croire, les mises à la pré-retraite ne sont pas moindres aujourd’hui, elles sont plutôt déguisées). Sans parler de la pression intergénérationnelle que cela peut engendrer à l’intérieur des entreprises.

Tout cela est très nocif et va à l’encontre de la nécessaire et saine collaboration entre les diverses générations, qui peut amener harmonie, enrichissement personnel et collectif, et surtout efficacité à l’intérieur des entreprises. La sacralisation de ces mauvais concepts par des managers, souvent hors du coup matière de digital, relève plus de la diversion et de la modernisation par procuration. Surtout, le concept de digital native, ne résiste pas à l’épreuve des faits.

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Les « digital natives » n’existent toujours pas #10ansmarketing was last modified: juillet 29th, 2015 by Yann Gourvennec