01/14/14

Crowdsourcing : Novin fabrique les rêves des internautes

crowdsourcingL’innovation conjointe est au cœur du renouveau du marketing, comme nous l’avons vu récemment avec Lidia Boutaghane, dans un article dédié à la co-création avec les clients (marketing collaboratif). Voici un autre exemple, plus dans la lignée de ce que l’on appelle le Crowdsourcing, même si cette initiative nouvelle, d’une start-up de la région de Saint-Étienne (c’est assez original pour être souligné) va bien au-delà de la simple soumission d’idées et la définition étroite et habituelle du crowdsourcing. En effet, ici, le projet voit son aboutissement dans la création et la fabrication du produit, il s’agit d’un projet ambitieux, inspiré d’un site américain, lui aussi récemment lancé localement. Des débuts prometteurs donc, avec un exemple concret cité par le responsable de la communication de Novin Aurélien Désert, dans cette interview que j’ai réalisée il y a quelques semaines, mais aussi de nombreux défis, comme toujours dans la création en commun et la participation, qui consiste à avoir suffisamment d’idées, suffisamment solides, pour pouvoir aller au bout du projet. L’avenir nous dira donc si ce genre de concept fonctionne, mais nous pouvons dans tous les cas, souligner son caractère novateur.

Du crowdsourcing à la fabrication : interview d’Aurélien Désert : Novin

Novin est une plate-forme d’innovation collaborative. Le principe en est de permettre à chaque internaute de déposer une idée innovante et de participer ensuite à son développement afin qu’elle soit ensuite commercialisée. On s’est rendu compte qu’en France, au moment où on a lancé Novin, il n’existait rien qui permette à tous les consommateurs, quel que soit leur niveau de compétence, de participer au développement d’un produit. Il existait pas mal de plates-formes qui permettaient à des entreprises de faire de l’innovation participative, et qui permettaient également de faire du Crowdsourcing en faisant appel à des profils techniques, mais rien qui implique réellement tous les consommateurs dans le développement d’un produit.

L’inspiration : Quirky.com

image Novin - crowdsourcingOn s’est inspiré d’une plate-forme américaine qui s’appelle Quirky.com qui s’est créée il y a quelques années aux États-Unis et qui a très bien marché, sans doute car là-bas le do it yourself marche très bien. Cette plate-forme s’est lancée en France il y a quelque temps, c’est très récent ; il y a quelques produits qui sont en place, mais rien pour l’instant qui pointe son nez pour être produit prochainement. Quirky a cependant mis en place avec Auchan, un partenariat mondial qui fait que le distributeur nordiste a l’exclusivité sur la vente en magasin des produits Quirky.

Avoir des concurrents n’est pas un handicap !

Ce qui nous a fait vraiment plaisir, c’est que depuis que nous avons lancé Novin en décembre 2012, il y a au moins 2 concurrents français qui se sont créés dans la foulée, dont un qui s’est calé exactement sur le même modèle que Novin. Donc c’est plutôt enthousiasmant.

Pour l’instant, nous avons dépassé le millier de membres actifs sur le site. On aimerait bien atteindre 5000 d’ici le milieu 2014, et si possible 10 000 fin 2014. Car l’idée, à terme, est de pouvoir produire 2 à 3 produits par an.

Au départ, l’internaute décrit son idée dans un brief, c’est-à-dire qu’il va exprimer un problème à résoudre, ou un besoin, et ensuite il va décrire le produit éventuel et les fonctions que celui ci pourrait avoir. Il présente aussi des produits qui existent déjà ou qui pourraient se substituer à ce produit, il définit une cible. Pendant un certain temps qui est variable en fonction des projets, toute la communauté des « novacteurs », et potentiellement tous les internautes, peuvent venir et proposer une amélioration sur ce brief. Ce n’est qu’une fois qu’on a commencée à affiner l’idée qu’on va pouvoir lancer des challenges, qui vont viser à solliciter l’avis des internautes pour des concepts techniques, pour fabriquer l’objet : sur le design, sur la cible, sur le nom du produit, le nom de marque etc. Les challenges représentent une étape plus aboutie du développement des produits.

Des exemples

Au départ, un jeune ingénieur qui habite à Taiwan s’est rendu compte que quand il faisait du sport en salle, il avait un problème pour ranger ses vêtements de travail et de sport dans le même sac car les uns peuvent être souillés par les autres. Et donc il a eu l’idée de concevoir un sac qui soit compartimenté pour pouvoir y ranger surtout les vêtements humides, les vêtements secs, les chaussures et le pantalon dans êtes compartiments différents, notamment, ce sac est prévu avec un porte pantalon.

Idée Produit

Le smart bag sur novin.fr

Il a déposé son idée et cela a très bien fonctionné, et certains sont venus apporter des idées complémentaires, par exemple sur la sécurité du sac. Ce n’était pas une problématique qui était présent au début, c’est la communauté qui est venue soulever ce problème. Il y a plusieurs challenges qui ont été mis en place, en partenariat avec un designer de la région de Saint-Étienne qui a fait des propositions sur la base des besoins exprimés par des membres de la communauté. Il a fait 3 propositions de design pour ce sac, et un des challenges a été de choisir le design du sac, un autre d’en choisir le nom. Aujourd’hui, tout ça est très bien engagé, et des bêta testeurs vont recevoir gratuitement un exemplaire de la première série qui va être fabriquée courant février. Une fois qu’ils l’ont reçu, ils vont le tester, ils nous en feront un retour, et ceci nous permettra de vérifier les problématiques de conception et d’usages et de lancer la série finale en production.

Le « novacteur » peut théoriquement sans doute fabriquer en Chine ou en Tunisie lui-même mais il a peu d’intérêts à le faire. L’objectif, c’est que nous fournissions tout le circuit de fabrication pour permettre à tout un chacun de produire, car en principe les quidams n’ont pas accès aux circuits de fabrication.

 

Continue reading

12/12/13

Crowdsourcing, crowdfunding, réseaux sociaux … Quand les foules changent la société et le marketing (Reputation War – 17/01/14)

Une conférence va se tenir à Paris le 17 janvier … une conférence de plus ? C’est tout l’inverse ! Il d’agit de la 2ème édition de REPUTATION WAR dont le thème est FOULES SENTIMENTALES. La 1ère édition a eu lieu en janvier 2013 et l’idée de cette conférence, selon son organisateur Christophe Ginisty (photo), a été de “créer une conférence alternative”.  “La techno et les médias sociaux, on sait comment ça marche”, nous a-t-il déclaré, “mais ce qui est intéressant c’est de dépasser ça. Les usages sont prépondérants. Dans les petits pays, comme au Pérou par exemple, je me suis aperçu que les gens ont déjà dépassé les médias sociaux. Ils sont plus en d’avance que nous.  car Ils ont découvert les médias traditionnels en même temps que les médias sociaux”. Citoyen engagé, blogueur depuis 2004, professionnel des RP, de l'influence online et de la communication de crise, optimiste exigeant et idéaliste compulsif. J'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.Pourquoi parler des phénomènes de foules, de ces foules sentimentales ? A cause de l’importance des phénomènes de foule qui s’embrasent dans un sens ou dans un autre dont certains ont marqué durablement leurs sociétés – et la nôtre – car pour la première fois, nous avons assisté en direct à une révolution continentale. Mais la révolution est aussi culturelle et sociétale, à l’intérieur même de notre monde occidental, qu’on dit matérialiste, mais qui en fait est plus sentimentale que ce qu’on pourrait croire. “C’est ça qui rend le métier passionnant” nous a déclaré Christophe Ginisty lors de la préparation en amont de cette conférence dont je serais, au côté d’amis blogueurs et influenceurs, un des ambassadeurs (d’où cet article). image Ces sentiments de foules inspirent médias et marques imageCes sentiments de foule sont des marqueurs sociaux et ce sont les nouveaux marqueurs de la réputation. C’est ce qui va inspirer les médias traditionnels et aussi les marques” a poursuivi Christophe. On peut sans crainte enlever le futur et tout mettre au présent. Et de poursuivre : “les entreprises vont devenir des Community-driven companies”, ou à tout le moins, beaucoup essaient de le devenir, nous en verront quelques unes présenter lors de la conférence du 17 janvier. Les principes de la conférence sont clairs et marquants :

  • ne pas parler techno
  • Pas de patrons d’agence
  • des dircoms et des chercheurs .. ainsi que des personnalités placées au coeur des événements dont ils vont parler (par exemple, le ministre du tourisme égyptien qui va essayer de nous vendre que son pays n’est pas dangereux, qu’il y a un pas de la fiction et la rumeur à la réalité …” il va avoir du travail pour nous convaincre !

3 séquences

  • Les croyances : tout ce que les gens sont prêts à croire ou non
  • Les émotions : les liens qui nous unissent aux marques et aux entreprises. Ou qui nous poussent à les rejeter. Ce ne sont plus des liens rationnels.  L’
  • L’activisme : les individus – et/ou les foules – qui font bouger le système

3 études exclusives seront publiées le jour de la conférence : augure, opinionWay, CSA. Enfin une conférence qui parle de l’impact de l’usage de la technologie – et de sa sociologie – sur la société et non de bits and bites … Voilà qui va nous changer. Pour paraphraser France Inter qui fête ses 50 ans : “une conférence pour ceux qui en ont entre les oreilles” à vos souris !

image
1. CROYANCES

gerard-bronnerUne société de crédules ? avec Gérald Bronner, Sociologue, auteur de la Démocratie des crédules   hisham-zaazouGestion de la réputation internationale de l’Egypte en temps de crise : Témoignage sur la réputation internationale du pays et la difficulté de lutter contre les croyances de communauté internationale sur les dangers de la destination Egypte avec Hisham Zaazou, Ministre du Tourisme de l’Egypte guillaume-brossardPourquoi les fausses informations ont-elles tant de succès sur le web social ? Comment les identifier et les combattre ? avec Guillaume Brossard, Guillaume Brossard – Fondateur de Hoax Buster eric-walterDuel : Quand la réputation de votre organisation prend le dessus sur la vôtre, avec Eric Walter, Secrétaire Général de Hadopi philippe_spangheroDuel : Comment j’ai protégé l’honorabilité de mon nom de famille pendant la crise de la viande de cheval en me servant des réseaux sociaux ? Retour sur la crise de la viande de cheval avec Philippe Spanghero, Ancien Rugbyman professionnel

2. EMOTIONS

je-saulnierEmotions : Gérer la réputation de la plus grande entreprise de France sur un secteur traditionnellement controversé et sensible. avec Jacques-Emmanuel Saulnier, Directeur de la Communication Total stan-percevauxCréer des liens émotionnels pour faire aimer les marques. Avec Stan de Percevaux, Directeur Marketing Orangina Schweppes France. julien-villeretQuand la concurrence surfe sur l’émotion : quel impact pour la réputation ? Julien Villeret, Directeur de la Communication SFR denis-pingaudDuel : Le « storytelling » est-il un passage obligé de la communication publique ? Denis Pingaud, auteur de « L’homme Sans Com » n-albertiniDuel : Emotions et télévision : les clés pour comprendre avec Nathalie Nadaud-Albertini, Sociologue, spécialiste de la téléréalité

Présentation des résultats d’une études exclusive ReputationWar sur les émotions des foules connectées

 

3. ACTIVISME

robert-phillipsActivisme : Réputation & confiance : une société activiste a besoin de leaders avec Robert Phillips, Auteur, professeur, co-fondateur de Jericho Chambers De l’ordinateur de ma chambre au cabinet du Ministre, avec Adrien Sergent, Initiateur du mouvement des « Poussins » paul-hilderLe phénomène des pétitions dans le monde – émergence d’un contre pouvoir planétaire pour les marques et les entreprises ? avec Paul Hilder, Vice President de Change.org alexandre-boucherotLa réputation, enjeu des financements participatifs, avec Alexandre Boucherot, CEO et fondateur de Ulule.com

Présentation des résultats d’une étude exclusive sur la réalité de l’activisme vis à vis des marques
Conclusion : réflexions sur le rôle à venir de ces foules sentimentales

Conclusion de la journée et ouverture sur l’avenir par un grand témoin : Synthèse sur des choix de société et un regard sur l’avenir de la place de ces foules sentimentales. image Media aces est un des partenaires de la conférence reputation war image

05/23/13

Studyka : une startup amène l’innovation en crowdsourcing dans l’entreprise

earth-largeIl y a peu je recevais Guillaume Coudert de Studyka qui est venu me présenter son projet. Guillaume est directeur commercial et business development chez Studyka et Agorize. Studyka est une des plateformes de crowdsourcing qui montent en ce moment. Mais c’est aussi bien plus que cela : un véritable moteur (Studyka c’est la partie “étudiant”, mais la plateforme sous-jacente est nommée Agorize) qui permet d’apporter la logique du crowdsourcing dans les entreprises, qui veulent faire collaborer leurs employés, leurs clients et au-delà … et qui souvent ne savent pas comment faire et requièrent donc du conseil, du service.  Les 3 fondateurs de la société, Charles Thou, Yohann Melamed et Yohan Attal se sont recontrés alors qu’ils étaient encore étudiants et ont pris conscience de ce besoin de coopération au-delà des différentes frontières des écoles où ils se trouvaient.

Wikinomics: How Mass Collaboration Changes EverythingLeur démarche, très pragmatique, les a emmenés des “challenges étudiants” à la collaboration en entreprise, dans une mouvance qui se fait de plus en plus nette en ce moment et qui correspond à une remise en selle du concept de crowdsourcing, défendu dans le livre de Don Tapscott, qui date de 2008. Même si le crowdsourcing a mis plus de temps à démarrer que prévu, et qu’il a soulevé et soulève encore quelques interrogations, il devient un instrument incontournable de l’innovation, dans une période où, comme le remarque Guillaume Coudert à juste titre, “les entreprises ont besoin de l’innovation pour vivre” et faire face à une concurrence accrue dans un environnement pris dans une zone de turbulences.

Cette vague du crowdsourcing ne fait que commencer, voyons donc comment Studyka – dont on pourra juste regretter qu’ils aient plusieurs noms – a envisagé son développement et quelles sont ses perspectives.

Studyka, qu’est-ce que c’est ?

“Studyka est une plate-forme Web qui propose aux étudiants des problématiques en ligne, des problématiques diverses, comme « inventer la vidéo/télévision de demain », ou tout autre sujet auquel vont répondre des étudiants de formation complémentaire et éventuellement internationale. Si vous allez sur studyka.com, vous pourrez voir l’ensemble des challenges qu’on a pu réaliser jusqu’à présent.

À titre d’exemple, on a mené dernièrement un challenge avec le groupe pages jaunes (solocal group maintenant), dans le but de d’imaginer leurs prochaines applications mobiles et avec Cételem pour réinventer la finance personnelle ou tout autre challenges de ce type.”

image

Nombre de participants

image“En fonction de la thématique, des lots à gagner (car on offre à chaque fois des lots aux participants, soit des voyages, des iPhones, les iPads par exemple) cela varie en général, en règle générale, on a sur chaque challenge entre 50 et 100 équipes constituées de 2 ou 3 participants. On peut avoir des challenges qui explosent vraiment, c’est le cas notamment des challenges internationaux qu’on a lancés jusqu’à présent, avec Google notamment, ou le challenge « ville de demain » qui associe des profils vraiment internationaux. Les équipes se voient soumettre un challenge sur une problématique, l’équipe qui développera la meilleure idée gagnera des lots, et sera éventuellement récompensée par des stages et des emplois au sein des entreprises partenaires du challenge.”

Nombre de challenges ?

“Une bonne trentaine de challenges ont été développés jusqu’ici, qui sont visibles en ligne sur la plate-forme. Il y a eu aussi des challenges développés en parallèle et qui ne sont pas encore visibles dans la plate-forme, et qui étaient destinés à des communautés bien particulières, comme les junior entreprises ou autres communautés de ce type.Environ 10 000 participants sont maintenant inscrits sur la plate-forme, avec des profils vraiment différents, et cela croît énormément aujourd’hui.”

Agorize

image

“Studyka est la partie étudiante des challenges que l’on propose. On surfe sur la vague du Crowdsourcing et la technologie qu’on a développée s’appelle Agorize. Forts du succès de Studyka sur la communauté étudiante, les entreprises nous ont dit « OK, on aime beaucoup ce concept, mais on aimerait pouvoir le proposer en interne pour animer des réseaux de personnes ou de communautés d’innovation par exemple » et du coup, aujourd’hui, on met à disposition en marque blanche cette technologie pour lancer différents challenges sur des thématiques comme les problématiques intergénérationnelles, inventer un nouveau produit innovant pour l’entreprise ou le grand challenge des stagiaires dans certaines sociétés. Le logiciel est mis à disposition sous forme de licence en fonction d’une durée précise. On peut par exemple lancer 3/parents, on peut mettre la plate-forme agora je disposition de l’entreprise sur une longue durée, ensuite entreprise pourra lancer autant de challenges qu’elle le désir.”

Les services proposés

“Dans certaines entreprises, c’est un peu compliqué de mettre en place les idées proposées. Il y en a d’autres qui sont beaucoup plus proactives sur ces sujets d’innovation, mais nous sommes là aussi pour accompagner les clients en interne afin de leur proposer de mettre en place ces idées, que ce soit au niveau juridique (propriété intellectuelle, pour laquelle nous avons une équipe dédiée) ou pour ce qui est de la mise en oeuvre par exemple. On propose maintenant ce nouveau service d’accompagnement et de conseil du fait du succès de la plate-forme Agorize.”

Maturité du marché

“Le marché et assez mûr aux États-Unis et dans d’autres pays très à la pointe où on parle de Crowdsourcing depuis des années maintenant. En France, cela commence vraiment à émerger avec des sociétés comme mymajorcompany, ou d’autres startups de ce genre. Cela commence vraiment à croître mais on n’est pas arrivés à la phase de maturité ; mais ce concept va bien fonctionner dans les années à venir. La popularité du sujet dans les médias grands publics est la preuve de ce nouvel essor. Toutefois, il n’y a pas encore d’études faites à ce sujet, en tout cas pas ma connaissance.”

Approche sectorielle

“Le secteur de l’informatique (avec Microsoft par exemple) est très en avance sur innovation. D’autres secteurs sont plus sur la réserve, prisonniers du culte de la confidentialité, donc où on ne sait pas trop ce qu’ils font en interne en termes d’innovation. Le caractère innovant des entreprises est aussi une question de personnes qui en interne sont plus ou moins sensibles à ce sujet. C’est toujorus une affaire de personnes, qui vont impulser la démarche d’innovation. La crise pousse les entreprises à innover aussi, car sans innovation, une entreprise meurt.”

Les projets

“On a lancé un challenge avec la marque Casta Luna, un challenge photos qui permet aux femmes de déposer leurs photos en ligne et à celle qui obtiendra le plus de « Likes » sur Facebook ou Twitter, et qui sera la plus plébiscitée en ligne d’emporter des lots et des chèques cadeaux. On développe aussi une nouvelle plate-forme qui permet de lancer des Hackathons et d’en faciliter l’organisation, la plate-forme s’appelle Hackateam. Il y a un tas d’autres projets, tous fondés sur le Crowdsourcing qui permettent d’animer différentes communauté.”

Une start-up française mais internationale

“Les projets de Studyka sont développés en France, mais les challenges sont internationaux pour la plupart ; on connaît beaucoup d’entreprises aux États-Unis, on a été sélectionné pour le French Tech tour en 2012, et on a pu rencontrer des sociétés à San Francisco. Du coup, l’idée à plus ou moins long terme, c’est de développer l’activité outre-Atlantique.

Studyka a une équipe d’environ 20 personnes basées à Paris. La société est financée de différentes manières, par les challenges proposés d’abord (les entreprises rémunèrent la start-up en fonction de la visibilité qui va leur être offerte). On est jeune entreprise innovante aussi, ce qui permet d’avoir des financements, et on a aussi finalisé une levée de fonds fin 2012 (Bouygues Telecom Initiative a pris 15% de leur capital pour une somme non dévoilée), ce qui a permis de bien développer l’activité.”

Guillaume_COUDERT_TwitterGuillaume Coudert est également blogueur RH 2.0, diplômé de l’ISC Paris et de l’Université Panthéon-Assas, il intervient sur les problématiques d’attractivité et de fidélisation des talents qu’il a notamment pu expérimenter en France et à l’étranger au sein de groupes tels que Total et AREVA. Retrouvez Guillaume sur son blog : marque-employeur.blogspot.com

11/15/10

déconstruction du marketing collaboratif : un livre critique et fondateur du marketing postmoderne

Il y a livre de management et livre de management. C’est à un ouvrage majeur et fondateur que nous sommes confrontés aujourd’hui, oeuvre de Bernard Cova et de ses disciples, Marie-Claude Louyot-Gallicher et Audrey Bonnemaizon. Ajoutons par transparence que je m’inscris largement dans cette mouvance initiée par Bernard et Olivier Badot dès 92 avec le néomarketing, ce livre qui a ébranlé pour toujours nos convictions héritées de l’école classique du Marketing, et m’a donné une ligne de conduite pour les 15 ans qui ont suivi. Comme pour le néomarketing, cet ouvrage fait date car – tout en renforçant la mise en avant du SOCIETING, terme avancé dès la fin de 1992 dans le néomarketing – il ajoute une dimension critique des mythologies du marketing collaboratif. Tout ceci fait de cet ouvrage un ouvrage indispensable. En voici une description et une analyse en raccourci pour nos lecteurs de Visionary Marketing.

commander le livre "marketing critique"

commander le livre "marketing critique"

À la base de l’écriture de cet ouvrage, quelques constatations faites par les auteurs : d’une part, la rémanence d’un courant dit « réactionnaire » du marketing, en réaction à tout ce qui n’est pas issu du sérail, et notamment qui vient du monde de l’Internet. Pivot de la création de ce livre, la réaction des caciques à la vue du fameux tableau de Kathy Sierra sur les différences entre vieille et nouvelle école de marketing. En filigrane, « si Kathy Sierra est une blogueuse, et non une professionnelle du marketing, cela doit vouloir dire qu’elle n’est pas sérieuse ». Bernard Cova et ses disciples ont voulu nous montrer le contraire. Toutefois, ce livre va plus loin que les bricolages souvent idéologiques et préparés à la hâte, des différents récits qui se bâtissent autour des mythes et des discours auto nourris des propagateurs des pensées du marketing postmoderne (ce que Cova, Badot, Ampelio et Bucci ont décrit comme étant les panacées marketing). C’est ce qui fait l’originalité de ce livre, un ouvrage qui sort des sentiers battus et qui ose contredire les théories ambiantes, tout en défendant une vision non réactionnaire du marketing précisons-le.

Contre le marketing « colonialiste »
À la base, la critique d’une approche communautaire dite « colonialiste », métaphore qui décrit le marketing qui essaie de convaincre de force la population du bien-fondé de sa démarche, proche du marketing traditionnel, où l’entreprise reste le centre du monde. C’est à cette vision que les auteurs opposent une vision non colonialiste, basée sur le respect des communautés. Pour quiconque a travaillé sur le marketing communautaire, notamment sur Internet, cette thèse s’impose comme une évidence.

Mais c’est aussi un livre qui s’élève contre l’idéologie du marché comme unique objet d’étude, auquel il tend à substituer la société au sens large dans laquelle s’insère ce marché (d’où le terme de societing).

Contre les discours marketing postmodernes préfabriqués
Ces discours postmodernes – souvent préfabriqués – sur le consomm’acteur, le consommateur 2.0 ou encore la fameuse génération Y (souvent dénoncée dans ces pages et aussi à l’ordre du jour d’un séminaire prévu le 22 octobre malheureusement annulé pour cause de grève et qui sera bientôt reprogrammé) ont leurs limites, même si la tendance de fond – comprise par tous – d’un consommateur qui s’extrait de la mainmise du marketing manipulateur, a toujours un sens certain. Pour dépasser ce discours « idéologique » pour reprendre le mot des auteurs, ceux ci se livrent à un véritable décodage de chacune de ces tendances en les passant au crible. La conclusion est somme toute plus complexe que celle des livres de management moyens dont les piles non négligeables passent entre nos mains chaque année et qui développent une thèse, simple et linéaire : ici, pas de développement en noir et blanc, l’approche est complexe, mieux vaut s’accrocher.

Du Web 2.0 à la génération Y : personne n’y échappe
Les auteurs passent ainsi à la loupe tous les discours incantatoires autour de la prétendue mutation du consommateur, la soi-disant révolution « Y » où les jeunes viendraient tout renverser sur leur passage tels une bande de Huns et sur l’impact – plus limité dans la réalité que dans les discours – du Web 2.0 sur nos comportements quotidiens. Les faits sont têtus et les habitudes lentes à changer. N’aurions-nous pas exagéré les changements que nous vivons ? La prétendue révolution d’innovation que représente le XXIe siècle existe-t-elle vraiment ? Ie siècle de l’innovation ne fut-il pas d’ailleurs le XIXe où tout était à inventer ?

Le nouveau consommateur-collaborateur, créature des chercheurs ?
Là encore, tout le monde en prend pour son grade, jusqu’à Bernard Cova lui-même qui remet en perspective son propre travail de vulgarisateur de la sociologie, de « Marketo sociologue » selon le vocable choisi par les auteurs eux-mêmes. Tout ceci dans une savoureuse mise en abyme, discrète mais amusante (p 39).  Nous les remercions néanmoins, ces « Marketo sociologues », de traduire pour nous des ouvrages écrits dans des sabirs souvent impénétrables et de faire progresser ainsi la connaissance.

Le consommateur-collaborateur est ainsi, selon les auteurs, moins une invention que la mise en avant arbitraire par les chercheurs – peut-être sous couvert de simplification – d’une des composantes de la post modernité (elle-même, une constante depuis les années 80). Ce n’est donc pas une création, ce consommateur-collaborateur, mais plutôt une sorte d’auto prophétie : on annonce le consommateur-collaborateur, les outils de collaboration se développent donc, et par là on salue le consommateur-acteur etc. etc.

Je suis en phase largement sur ce point. Le marketing des communautés est largement exagéré. Beaucoup de marques n’ont pas et n’auront pas de communauté; malgré tous leurs efforts. Une masse de gens qui achètent un produit ne constitue pas – ou pas toujours – une communauté, mettons-nous le dans le crâne une bonne fois pour toutes. Ajoutons à cela 2 chapitres dédiés à, pour le premier, les difficultés du consommateur-collaborateur, vues de l’intérieur (cas Warhammer) – et un deuxième où les consommateurs collaborent … sans l’entreprise. Ce dernier point me paraît particulèrement important. J’ai vu des marques paniquer à cause d’une page Facebook à leur gloire, réalisée sur eux et sans eux, au lieu de s’en réjouir, d’en encourager les auteurs (quitte à leur demander de rajouter la mention « non officielle ») et de … collaborer dans le respect de la communauté et non dans cet esprit « colonialiste » dénoncé par les auteurs et si souvent rencontré. Quel imbécile préférerait payer des millions de dollars une agence pour faire moins bien ? Hélas, beaucoup. Triste état du Marketing « réactionnaire » dénoncé aussi bien souvent par François Laurent sur son blog et dans ses livres.

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain: cela ferait trop plaisir aux « réactionnaires »
Le phénomène de la collaboration cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, comme je l’entends de plus en plus, en provenance des fameux « réactionnaires » dénoncés par Cova, Louyot-Gallicher et Bonnemaizon (n’arrivant pas à travailler avec les communautés, mieux vaut tirer dessus, c’est plus confortable et cela évite de se remettre en question). Ce phénomène existe bel et bien … en certains endroits et pas forcément comme les marques aimeraient cependant. Notons aussi que paradoxalement, la collaboration est certainement plus aisée en B2B, même si elle est moins spectaculaire, je l’ai signalé maintes fois, ou d’autres comme Loïc Moisand de Synthesio, même si les discours des marketeurs – et aussi de nos auteurs – reste essentiellement basé sur un marketing de la grande consommation, paré de toutes les vertus, et pourtant bien moins sophistiqué souvent que son petit frère du B2B.

En conclusion
En conclusion, cet ouvrage est un ouvrage majeur et fondateur, en ceci qu’il renforce tout en le critiquant le travail initié dès les années 90 par Bernard Cova et ses disciples. Cependant il est d’autant plus important qu’il apporte cet élément critique, véritablement démystificateur, qui est indispensable à la compréhension du monde qui nous entoure et des approches marketing qui en découlent.

Mes réserves sur le livre sont limitées et amicales (qui aime bien châtie bien): d’une part, en critiquant de façon fort justifiée les mythologies en question, à mon avis, une version anglaise de ce livre me paraît indispensable de façon à faire connaître ce travail sur la scène principalement anglo-saxonne qui contribue à alimenter ces mythologies, afin d’aller porter le fer sur ce terrain là, et non sur le terrain transalpin, déjà acquis à ces causes. Une grosse réserve également sur le titrage et l’aspect extérieur du livre qui mériterait un emballage plus percutant et graphique et un titre plus polémique, ce qui lui donnerait une meilleure visibilité sur le marché. Un peu de Marketing que diable !

Cette visibilité serait méritée, tant cet ouvrage est fondateur et profond. A acheter absolument (134 pp, 29€ seulement, 27.55€ sur Amazon)

Marketing critique : le consommateur collaborateur en question (Collection EDF R&D)

Auteur(s) : COVA Bernard, LOUYOT-GALLICHER Marie, BONNEMAIZON Audrey

Date de parution: 06-2010
Langue : FRANÇAIS
134p. 15.5×24 Broché

acheter le livre sur Amazon

11/6/09

marketing : au-delà du crowdsourcing, les pistes de Fred Cavazza

notepadUn article très complet et bien documenté sur les nouvelles tendances du Marketing sur le blog de FredCavazza que tout le monde connaît. Le marketing collaboratif on connaît, le crowdsourcing on connaît, mais Fred nous emmène un cran plus loin avec des concepts qui vont au-delà, tels que les marques grises (i.e. powered-by) et les pro-ams (professionnels tout en étant amateurs).

nb: je recommande aussi le livre de François Laurent sur le Marketing 2.0

Vers des marques générées par les utilisateurs
par Fred Cavazza
sur http://www.fredcavazza.net

Au début des années 90, un concept curieux a fait son apparition : l’auto-marketing. L’idée étant que les clients allaient eux-mêmes choisir (concevoir) les produits qu’ils allaient acheter. Ce concept a trouvé un écho notable au début des années 2000 avec la vague du marketing 1to1 (”marketing individualisé” en français) où il était question de personnaliser l’offre de façon tellement fine que les prospects ne pouvaient refuser ce qu’on leur proposait.

Plus tard, nous avons vu apparaitre des boutiques en ligne d’un nouveau genre où les client participaient de façon active à la conception des produitsLaFraise pour des T-shirt, Lego pour des constructions, Ponoko pour les objets artisanaux, Crowdspirit pour des produits électroniques… aujourd’hui le crowdsourcing semble donc être le modèle le plus proche de l’auto-marketing. Pourtant je suis persuadé que nous pouvons aller plus loin, beaucoup plus loin… notamment grâce à l’open innovation, aux pro-ams et aux marques grises.

lire la suite sur le blog de FredCavazza