Dessin ou long discours ? Le content marketing amusant

Je suis tombé en arrêt ce matin sur une présentation de Philippe Ingels de Wakster,  une agence de contenus au Royaume-Uni, dédiée  à l’utilisation des personnages dessinés pour le marketing. Voilà un sujet qui m’a semblé passionnant. Plutôt que d’essayer d’assommer vos lecteurs avec des choses barbantes, mieux vaut un petit dessin qui vaut beaucoup mieux qu’un long discours.  C’est le sens de la présentation de Philippe Ingels, est également celui de notre travail chez Visionary Marketing.

un dessin vaut mieux qu'un long discours
vous trouvez ci-après les dessins de Philippe Ingels issus de sa présentation

Et pourtant, il flotte comme un parfum de matraquage sur Internet, et ailleurs également, une sorte de pensée unique de la publicité qui tend  à se reposer sur l’adage : « si vous ne m’avez pas entendu, je vais crier plus fort ! »

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Le dessin : un moyen de sortir du lot

Le résultat n’est pourtant pas au rendez-vous. Les utilisateurs se détournent des messages trop insistants. L’annonceur et l’éditeur rivalisent d’astuces techniques pour les afficher, toujours plus  nombreux (j’ai compté jusque 4 couches de publicités sur un même texte !), mais le lecteur détourne les yeux, pendant que votre Web Analytics vous fait croire que vous avez un lecteur. Big data, mais aussi big illusion.

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Dessin ou long discours ? Le content marketing amusant was last modified: juin 29th, 2016 by Yann Gourvennec

Back-linking, la lèpre du marketing de contenu (avec @flashtweet)

Ne pas confondre back-linking et liens de qualité

Le Back-linking (ou installation de rétro-liens en français) est vieux comme le monde, mais l’essor récent du content marketing semble avoir décuplé les ardeurs de tous les fabricants de liens de la planète. Pas un jour ne passe, en effet, sans que j’aie une « Cindy » qui m’appelle ou qui m’envoie un message (voir le mail reproduit ci-dessous) proposant des liens mirifiques qui vont décupler mon référencement naturel. J’ai beau avoir ajouté une mention spécifique sur notre formulaire de contact pour indiquer que nous n’établirons aucun lien non significatif dans le cadre d’une quelconque campagne de Back-linking, je continue de recevoir les sollicitations plus ou moins honnêtes de ces fournisseurs de « contenu » qui ont dû confondre ce mot avec sa première syllabe. Pourtant, Google prévient clairement les utilisateurs et les gestionnaires de sites (et cela s’adresse également à nos clients et futurs clients) en leur donnant la règle à suivre et en les prévenant de ce stupide jeu de dupes qui consiste à essayer de tromper le plus grand moteur de recherche du monde. En fait, il n’existe pas de méthode miracle pour augmenter votre référencement, si ce n’est de créer un contenu de qualité, ce que Google lui-même explique fort clairement dans ses instructions de la console du moteur de recherche. Le Back-linking est à proscrire absolument. C’est un affadissement de votre site ou de votre blog et si vous avez de l’argent en trop, dépensez-le pour créer plus de contenu de qualité et pertinent, ceci aura forcément des retombées positives sur votre référencement et de façon durable. Voici ce que dit Google du Back-linking sur sa page d’aide de la Search console (ex Google Webmaster tools). J’en ai extrait les passages qui nous concernent. J’ai également ajouté des commentaires là où c’était nécessaire. Pour les reconnaître je les ai marqués par le signe **, mis entre [ ] et colorés en bleu.

Back-linking ou rétro liens

Tout lien visant à manipuler le classement [**au cas où vous n’auriez pas compris, cela ne sert à rien de tricher. Si vous êtes une entreprise, c’est encore plus bête] PageRank  ou le classement d’un site dans les résultats de recherche Google peut être considéré comme faisant partie d’un système de liens, et constitue, de ce fait, une infraction aux Consignes aux webmasters de Google. Sont incluses dans cette catégorie toutes les opérations visant à manipuler les liens dirigeant vers votre site ou les liens contenus dans votre site et redirigeant vers d’autres pages.

[**Attention ! ceci ne veut en aucun cas signifier qu’il ne faut pas de liens vers l’extérieur comme je vois trop de clients le faire remarquer. Une page Web DOIT avoir des liens et notamment DES LIENS VERS L’EXTERIEUR car c’est cela qui va la rendre crédible et aussi lisible (les utilisateurs sautent de lien en lien pour lire le texte en ligne). Il faut donc des politiques de liens SIGNIFIANTS. En d’autre termes, si votre lien vient renforcer votre contenu de manière intelligente et raisonnée, vous pouvez le faire. Si vous cherchez juste à ajouter des liens de manière artificielle à la manière de Cindy ci-dessous, même sans les fautes d’orthographe, réfléchissez à deux fois] .

Veuillez trouver ci-dessous des exemples de systèmes de liens pouvant avoir un effet négatif sur le classement d’un site dans les résultats de recherche :

  • Achat ou vente de liens pour améliorer le classement PageRank. Cela inclut l’achat de liens ou de messages contenant des liens, l’échange de biens ou de services contre des liens, ou encore l’envoi d’un produit « gratuit » en échange d’un commentaire incluant un lien.
  • Échanges de liens excessifs (« Établissez un lien vers mon site et j’établirai un lien vers le vôtre ») ou pages partenaires utilisées exclusivement à des fins d’échange de liens

[**Google explique clairement qu’il ne faut pas rentrer dans ce système. Méfiez-vous également des officines basées en France et Outre Mer qui vous proposent des articles pseudo originaux qui n’ont d’autre intérêt que de planter des liens sur votre site. Dans le meilleur des cas ils viendront diminuer l’intérêt de votre site en en minimisant la qualité. Attention ! Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire de “guest-blogging” bien au contraire. Mais si vous le faites, privilégiez la qualité par rapport à la quantité et assurez vous de la réelle unicité et qualité du contenu. Il m’est arrivé de refuser des articles tiers – poliment – car je considérais que leur qualité ou leur contenu n’était pas en phase avec le niveau d’exigence que j’impose aux auteurs permanents de mon blog].

  • Vastes campagnes de marketing via des articles ou de publication de messages de blog en tant qu’invité

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Back-linking, la lèpre du marketing de contenu (avec @flashtweet) was last modified: avril 25th, 2016 by Yann Gourvennec

Expérience client : la transformation digitale impose l’humilité

Voici avec un léger décalage, le reportage que j’ai réalisé sur place lors du dernier social drink up d’Adobe, organisé le 8 mars dans le cadre de la semaine “customer experience week ». Sept sessions comme celle ci furent organisées par l’éditeur américain. Le but de cette soirée, a expliqué Christophe Marée, était de comprendre que le consommateur est devenu hyper connecté (Christophe a cité le chiffre de 41 trillions de données gérées par adobe marketing cloud en février 2016). Mais dans ce « brouhaha numérique aucune marque n’existe, elles doivent toutes se démarquer” a-t-il ajouté. Or, quand l’expérience du site est mauvaise le client va changer de marque. Cette expérience est devenue vitale à telle point que celle-ci est devenue la valeur de la marque. Et les critères de l’évaluation de cette expérience sont l’utilité, la pertinence, le temps réel et la personnalisation. Mais comment arriver à l’excellent dans cette expérience client si importante ? Par la vision d’abord, nous dit Christophe, « qui est le mariage de l’art et de la science, au travers de la donnée”. Dans un sondage réalisé par Adobe sur 7000 interviewés, 31% des répondants ont cité ciblage et personnalisation comme étant leurs priorités de 2016. Avec en focus numéro 1 l’expérience client, en numéro 2 la cohérence entre l’expérience Off et online et enfin, en numéro 3, faire face à des enjeux de formation et de compétences en interne en intégrant de nouveaux talents. Mais avant d’en arriver là il faut en revenir à la vision. Et pour cela Adobe avait invité notre confrère Manuel Diaz, fondateur bien connu de l’agence Emakina et qui fut l’an dernier sponsor du Mastère Spécialisé Digital Business Strategy dont je suis directeur de programme.

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Nos trois intervenants de la soirée Adobe du 8 mars. Ce premier billet se focalise sur les 2 premières interventions et surtout celle de Manuel Diaz

Quand on ne sait pas ce qu’on fait, on fait de la transformation digitale

Manuel, comme à son habitude a frappé fort, pour réveiller les consciences. Et je ne peux que lui donner raison. Il y a un besoin de redonner du sens dans cet environnement où le business se laisse emprisonner dans les buzzwords les plus abscons. « Quand on ne sait pas ce qu’on fait on fait de la transformation digitale” a-t-il dit. Or, avec avec la transformation, comme avec l’expérience client, il faut rester humble. Le sujet c’est de s’adresser à ses auditoires, comment attirer leur attention et les inspirer émotionnellement, et cela demande à la fois beaucoup d’ambition et aussi d’humilité : humilité pour reconnaître qu’on peut toujours faire mieux, dans une logique d’amélioration permanente.

L'expérience client
L’expérience client comme valeur de la marque

Qu’est-ce qu’une expérience et comment la manager ?

Emakina (l’agence fondée par Manuel et qui est devenue une des plus grandes agences indépendantes) a passé 2 ans à réfléchir sur ce sujet, et notamment sur la façon dont on peut « transformer son message en expérience”. Car les marques ont des progrès à faire selon Manuel : « Les marques acceptent de se faire appeler annonceurs mais c’est pathétique” a-t-il déclaré. « La première question à se poser ce n’est pas de savoir si on est au monde pour « annoncer » mais comment on laisse une trace« . Alors qu’est-ce qui caractérise l’expérience client ? Au bout de deux ans de R&D Emakina est arrivée à une définition en trois tiers :

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Expérience client : la transformation digitale impose l’humilité was last modified: mars 30th, 2016 by Yann Gourvennec

Les 5 enjeux du content marketing (exclu @FlashTweet)

Le mercredi 2 mars s’est tenu un Webinaire organisé par Visionary Marketing, ayant pour sujet « les 5 enjeux du content marketing ». Il s’agit d’un petit résumé de cette session très enrichissante, de par les échanges avec les participants et de leur intérêt pour ce sujet (nous avons même dépassé de 45 minutes la durée du Webinaire en raison de nombreuses questions très intéressantes). Voici, pour les personnes n’ayant pas pu participer, une séance de rattrapage sur les 5 enjeux du content marketing, expliqué par Yann Gourvennec : 

Content marketing : comment sortir du lot ?

« Ces 5 enjeux ne sont pas issus d’enquêtes, d’études ou de statistiques, mais de mon expérience du terrain. L’effet de maturation du content marketing est assez net, et de moins en moins de clients me posent la question « pourquoi faire du content marketing ? » : leurs questions sont désormais davantage portées sur le « comment ».

1er enjeu : du content shock au content chance

Pour cibler correctement les attentes des participants au webinaire, j’ai réalisé un petit sondage dont les résultats ont conforté l’intuition que j’avais : la question qui angoisse le plus les clients est « comment sortir du lot? ».

Le blogueur américain Marc Schaeffer a appelé cela le « content shock ». Cela signifie que la capacité à créer du contenu sur internet est infinie. Mais celle des internautes à lire du contenu ne l’est pas : au bout d’un moment, il y a une saturation de contenus qui fait que l’on produit du contenu, mais le rapport coût/bénéfice disparaît, comme le montre ce schéma ci-dessous.

La production de contenu évoluant plus vite que le lectorat, il y a un point de saturation au-delà duquel le contenu n'est plus aussi rentable qu'auparavant. Schéma réalisé à partir de http://www.christopherspenn.com/2015/05/2015-kpcb-internet-trends-suggests-content-shock-is-here/
La production de contenu évoluant plus vite que le lectorat, il y a un point de saturation au-delà duquel le contenu n’est plus aussi rentable qu’auparavant. Schéma adapté de :   http://www.christopherspenn.com/2015/05/2015-kpcb-internet-trends-suggests-content-shock-is-here/

La question de la pléthore de contenu s’est posée il y a fort longtemps, dès l’arrivée de l’imprimerie. Les lettrés se sont émus que la culture devenant accessible au vulgum pecus allait se niveler par le bas et devenir quelque chose d’anti-culturel. En réalité, tous les contenus ne sont pas destinés à tout le monde : plus il y a une pléthore de contenus de bas niveau, plus il y a une chance de trouver un lectorat haut de gamme se retrouvant en manque de contenu qui lui correspond. C’est ce que j’appelle le content chance. Cela a été démontré plusieurs fois, notamment en B2B. Lire la suite

Les 5 enjeux du content marketing (exclu @FlashTweet) was last modified: avril 30th, 2016 by Cédric Jeanblanc

Marketing de contenu : une question d’application

Inbound marketing : le marketing de contenu est-il soluble dans la traduction ?

Le marketing de contenu n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Nous travaillons actuellement sur un projet de marketing de contenu qui nous amène sur un terrain bien connu de nos lecteurs : le web to store. Enfin, web to store est le vocable que nous utilisons en France, mais celui-ci, bien que parfaitement lisible et compréhensible, n’est usité ni outre Manche ni outre Atlantique. Nos articles étant écrits en anglais puis traduits (adaptés plutôt, on verra pourquoi un peu plus bas) en français et en espagnol, il s’agit d’un véritable casse-tête. En effet, que nous faudrait-il utiliser en anglais ? Et une fois le mot clef web to store remplacé par une périphrase, comment le traduire ? Voilà une question simple qui apporte une réponse complexe. Celle-ci tient en une phrase : il faut tout réécrire.

Marketing de contenu, traductions et adaptations

Si je peux écrire sur ce sujet aujourd’hui, c’est que j’ai pratiqué le dur métier de traducteur interprète lors de mon passage à l’Etat major de l’armée de terre. Un vieux souvenir, mais des leçons jamais oubliées, car essentielles à ma pratique professionnelle, même aujourd’hui, à l’heure où la réforme orthographique fait rage et où le niveau de français moyen vous vaut des remontrances à chaque fois que vous utilisez un pluriel irrégulier (oui, les consommateurs finals ne sont pas finauds même si certains dictionnaires ont baissé les bras et les ont rendu finaux – notez le « rarement » dans le Larousse).
Une clé pour ouvrir le marketing de contenu
L’art de la traduction est celui qui consiste à prendre la bonne clé pour ouvrir la bonne porte.  Le véritable problème est de savoir quelle porte on doit ouvrir, et quand vous n’avez pas la clé, de savoir la forger vous-même.
Par essence je pense que l’exercice de la traduction est un des plus difficiles qui soient. Bien plus difficile que de résoudre une équation (même si je sais que dans ce dernier exemple, je ne brille pas par mes qualités). Une équation peut être entrée dans un ordinateur. C’est même fait pour ça en grande partie. Une traduction, c’est plus compliqué. Réaliser une traduction, c’est un peu comme si on essayait de résoudre deux équations symétriques en deux langues différentes et qu’on tentait de retrouver le même résultat dans la transposition finale du texte. Et je vous fais grâce de ces traducteurs de poésies qui sont en outre capables de retomber sur leurs pattes et en plus de faire des rimes.
Ce genre d’exercice peut paraître aisé, surtout quand les langues en question sont des langues communes. Et pourtant il n’en est rien. Ceci s’explique à mon avis à l’aide de plusieurs facteurs :
  1. Les règles de grammaire, notamment en français, sont exprimées de façon imparfaite (il m’arrive de lire certaines règles de grammaire française et d’être incapable de les comprendre dans leur intégralité. je ne pense pas être seul)
  2. Une langue n’est pas seulement le résultat d’un choix de mots et de grammaire, c’est également le résultat d’expressions vernaculaires qui doivent sonner juste à l’oreille des lecteurs.
  3. Parce que les traductions ne sont pas juste des transpositions : toutes les références locales doivent être changées ou expliquées. Si on prend notre exemple de la distribution, et si je mentionne Casino ou Leroy Merlin en français, il y a de fortes chances pour qu’aucun européen ne comprenne qu’il s’agit de chaînes de distribution. Et vice versa si je vous cite Argos ou Asda (des distributeurs britanniques), vous n’auriez aucune idée de quoi je parle, et potentiellement vous pourriez même croire dans le cas d’Argos que je parle de balises GPS. Tout ceci nécessite adaptation et explications. Lire la suite
Marketing de contenu : une question d’application was last modified: mars 2nd, 2016 by Yann Gourvennec