web to store : le bon vieux catalogue papier survivra au digital

Des technologies qui ont récemment débarqué dans le grand public (notamment grâce à la généralisation du smartphone) comme la réalité virtuelle et la géolocalisation, offrent de nouvelles perspectives au Web to Store. Cependant, bien qu’il faille qu’une entreprise vive dans son époque, elle ne doit toutefois pas être trop en avance et abandonner ce qui fonctionne pour miser sur une technologie qui n’en restera peut-être qu’au stade d’expérimentation. C’est ce que pense Matthias Berahya, PDG de Bonial, qui, à l’instar de la cohabitation entre la télévision et la radio, ne voit pas le catalogue digital remplacer le catalogue papier, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de deux stratégies digitales différentes. 

Vous avez fait une annonce de centre commercial virtuel : la réalité virtuelle va t-elle révolutionner la vente ?

C’est pour l’instant encore un projet de recherche. Il faut être conscient que la réalité virtuelle est une technologie encore extrêmement jeune et qu’à ce stade, ce n’est pas encore une technologie grand public. Si Bonial a décidé d’investiguer dans cette direction, c’est que nous avons vécu il y a quelques années  la transformation mobile. Le mobile, qui n’était au début qu’une expérience, représente désormais environ deux tiers de nos revenus : l’entreprise en entier est tournée vers le mobile.

On ne pouvait pas donc ignorer une technologie comme la réalité virtuelle qui pourrait devenir, en tout cas selon certains grands « gourous », la prochaine technologie grand public. A ce stade ce n’est pas le cas. Mais c’est important d’apprendre et d’être dans les premiers à maitriser cette technologie afin d’être prêt à son explosion.

A quoi sert cette vision 3D à 360° ? A faire comme Dior dans ses magasins, avec l’expérimentation digitale ?

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web to store : le bon vieux catalogue papier survivra au digital was last modified: mars 18th, 2016 by Cédric Jeanblanc

Bonial chiffre l’impact du digital sur le commerce physique (Web to store )

Bonial a réalisé cet été une étude avec Opinion Way  sur 509 acheteurs d’articles de sport. Cela va nous permettre de mettre enfin des chiffres sur l’importance de la recherche en ligne et du web to store. Pourquoi le sport ? Quel impact ? Dans quelle proportion le digital incite-t-il au commerce et provoque-t-il la vente ? Pour découvrir cela, nous avons interviewé Matthias BERAHYA-LAZARUS, Président de Bonial France, un portail de consommation sur le Web (bonial.fr), qui permet au consommateur de consulter tous les prospectus et les catalogues qui se trouvent autour de sa position. Concrètement, un individu va être localisé, et va pouvoir localiser autour de lui les supermarchés et les surfaces spécialisées qui proposent des offres et des promotions sous forme de prospectus. Le modèle économique de Bonial est tourné vers les enseignes : c’est un modèle à la performance, au nombre de fois que l’on a pu déclencher une consultation des catalogues par un internaute ou un mobinaute qui se situe autour du point de vente. 

Pourquoi avoir fait porter cette étude sur les articles de sport ? 

Nous avions conduit une étude il y a environ 12 mois sur le premier réflexe des Français en matière de préparation d’achat et nous avions comparé différents secteurs : l’électronique, l’ameublement, les articles de sport, l’alimentaire, les articles de bricolage. Nous avons découvert que, derrière l’électronique qui est le secteur le plus digitalisé (environ 65 % des consommateurs se renseignent en ligne avant d’acheter), on trouvait les articles de sport (51 % de premier réflexe de consultation en ligne). C’est cela qui nous a décidé d’aller plus loin à creuser ce secteur et apporter les chiffres objectifs aux décideurs de la grande distribution dans le domaine du sport.

Les premiers enseignements sur cette étude sont les profils.

Ce sont des profils que Opinion Way a identifié comme étant plus jeunes, plus fortunés, et un peu plus diplômés que la moyenne de la population française.

 echantillon Bonial

Plus on descend en CSP, plus on trouve des comportements différents de l’autre extrême. Quelles sont ces comportements ?

Les CSP + vont avoir un panier moyen qui est plus important, à 446 € au lieu de 309 € pour la moyenne des Français. En revanche,  nous allons trouver des comportements différents concernant les plus modestes : la part du textile provenant des grandes surfaces de sport sera plus importante par rapport au total dépensé par ces ménages en matière de produits vestimentaires. Les ménages les plus modestes ont tendance à dépenser plus en matière de textile dans les magasins spécialisés de sport.

Les motivations sont différentes : d’un côté l’envie et de l’autre le besoin. Les recherches avant l’achat sont-elles importantes en général ?

Elles sont importantes puisque dans 82 % des cas, les achats ont été précédés d’une phase de recherche, ce qui est un chiffre très important. Les achats de sport sont donc très soigneusement préparés par les Français. Globalement, le cycle de préparation d’achat pour le sport est relativement court : il ne nécessite que quelques jours, contre plusieurs semaines pour un achat plus onéreux.

Dans les recherches effectuées avant l’achat, l’aspect technique n’arrive qu’à la troisième position, pourquoi  ?

Le marché réagit avant tout aux prix et aux promotions. C’est une composante assez lourde dans notre économie en ce moment, où les budgets des Français sont contraints. On retrouve cette dimension prix qui revient de manière massive puisque 80 % des Français disent rechercher les promotions de manière systématique ou fréquente. En comparaison, 60% des Français disent rechercher une information technique sur internet de façon systématique ou fréquente.

Les recherches de démonstrations vidéo sont assez faibles dans ce secteur …

La démonstration vidéo est plus utilisée dans d’autres domaines, comme le bricolage ou l’on a besoin de tutoriels, par exemple pour monter un produit. Dans le domaine du sport, on pratique déjà le sport que l’on achète : on a besoin de peu de démonstration, et je pense que c’est pour cela que le la vidéo est en dernière position.

Autre constatation choc : les sources digitales sont très importantes à l’intérieur de ces recherches.

Nous voyons une part du digital monter de plus en plus vite : 76 % des sportifs ont consulté au moins une source digitale avant d’aller dans un point de vente. Les sources digitale ne sont pas exclusives, mais on voit néanmoins que les points de contact sont quasiment deux fois plus nombreux sur le digital que sur les sources traditionnelles. On observe donc que le digital devient extrêmement prépondérant par rapport aux sources traditionnelles.

Lorsque l’on observe le détail des sources informations, les moteurs de recherche arrivent quasiment au même niveau que les informations disponible dans les magasins de sport.

Les informations disponibles dans les magasins de sport constituent une source plébiscitée, grâce à la présence des vendeurs. Les moteurs de recherche constituent une source également très appréciée. Les prospectus, que ce soient des versions papier ou en ligne sont toujours très précieux pour des consommateurs qui veulent se faire une première idée sur ce que les magasins proposent.

 sources info

Les catalogues, guides, et prospectus en ligne arrivent quasiment au même niveau que les catalogues, guides et prospectus papier.

On a encore une puissance du marketing papier qui est sans commune mesure avec les prospectus en ligne, puisque des dizaines de millions de prospectus papier sont distribués chaque mois. Les prospectus en ligne ont la particularité de pouvoir cibler le consommateur. Un consommateur ne trouve jamais un prospectus en ligne par hasard : il « tombe dessus » car il est allé le chercher. C’est cela que les Français nous disent, lorsqu’ils disent apprécier ces médias. Ils apprécient le fait qu’ils soient allé cherché l’information qui les intéresse que ce soit sur le site du distributeur ou sur une plate-forme qui regroupe les prospectus, comme Bonial. C’est ce mode qui est apprécié par les consommateurs.

Les dollars du marketing vont vers le papier, alors qu’ils devraient se diriger vers le numérique…

Je ne suis pas sûr que l’on puisse vraiment en vouloir aux distributeurs. Dans l’histoire des médias, les annonceurs ont toujours dû attendre l’essor d’un média avant de pouvoir y investir de manière intense. Aujourd’hui dans le secteur du sport c’est assez clair, les sources digitales sont plus nombreuses et il y a des leçons à tirer pour le mix marketing : on devrait dans les prochaines années se pencher sur des sources davantage digitales, au détriment des sources plus traditionnelles.

Les blogs et les forums spécialisés sont peu utilisés, contrairement aux réseaux sociaux. 

D’une certaine manière les forums spécialisés sont un effet de mode : il y a eu la période des forums entre les années 2000 et 2007. Aujourd’hui, les forums spécialisés où l’on échange les avis sont moins populaire auprès des internautes. Les réseaux sociaux ont quant à eux explosé depuis 2007. Ce sont davantage des endroits où l’on converse, où l’on échange, mais moins des espaces où l’on va se renseigner sur des articles que l’on compte acheter dans les prochains mois. Je pense que c’est cela qui ressort dans l’étude.

Y a-t-il un mix entre source digitale et source non digitale ?

Ce que l’on observe de manière très claire, c’est que si la préparation d’achat se situe majoritairement en ligne, la transformation se fait toujours de préférence en magasin, avec un rôle du vendeur qui est très important, et l’acheteur change souvent d’avis dans les rayons. Cela est favorisé par le format des grandes surfaces qui propose un choix important. Mais l’essentiel de ce marché se situe encore, et à mon avis pour de longues années, dans les magasins physiques. 

Le Showrooming est-il une fable ?

Oui, en quelque sorte. Sur ce marché, il est ressorti que les personnes qui changent d’avis,  parce qu’ils ont comparé depuis leur Smartphone et trouvé moins cher ou mieux à un autre endroit, représentent 5 % des personnes ayant changé d’avis en magasin. Lorsque les consommateurs dans le magasin sortent leur Smartphone pour se renseigner sur un produit, ils le font avant tout pour aller consulter le site du distributeur, tout simplement. C’est une nouvelle fois une influence positive du digital sur les points de vente.

Quand un utilisateur achète en ligne, il achète aussi dans les magasins.

Les plus gros acheteurs en ligne sont aussi ceux qui achètent le plus en magasin. On voit que d’une manière générale, les Français aiment bien la diversité : sur un secteur où il n’y a que peu d’acteurs, comme le sport, ils se renseignent en moyenne dans 3,55 enseignes différentes chaque année et effectuent leur achat dans 2,9 enseignes différentes. Il y a une appétence à « changer de crémerie » sans doute en fonction des prix et des promotions.

Bonial chiffre l’impact du digital sur le commerce physique (Web to store ) was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec