Le Crédit Agricole accélère sa transformation digitale

Les 100 agences « Active » du Crédit Agricole

Fin décembre 2015, le Crédit Agricole Ile-de-France a fêté sa 100ème agence rénovée «Active». L’occasion pour le groupe de revenir sur les avancées digitales et humaines de ses nouvelles vitrines. Cet investissement chiffré à 250 millions semble destiné à redonner goût à l’agence physique à des clients de plus en plus présents sur internet. En effet, selon la Banque de France, le nombre d’agences bancaires en France est passé de 39 800 à 37 600, et leur fréquentation au moins une fois par mois se situe désormais autour de 17% de la population contre 62% en 2007. Des changements rapides liés au digital mettent donc à mal le système d’agences bancaires physiques, et le Crédit Agricole n’échappe pas à la règle : la banque a dû supprimer 50 agences l’année dernière (2015) selon le JDD. Peut-on aller jusqu’à prévoir la fermeture de la dernière agence en 2025, comme l’imagine Philippe Herlin dans cet article ? Le Crédit Agricole semble confiant en investissant notamment dans la formation et dans la transformation physique des agences. Il est clair que ces bouleversements importants – à l’instar de ce qui s’est passé au Royaume Uni qui a vu 50% de ses agences disparaître depuis 1990 (Chris Skinner) – vont avoir un impact non négligeable sur les femmes et les hommes des banque. Ces défis, qui ne font qu’arriver chez nous, vont se faire sentir nettement dans les mois qui viennent, car la France est un des pays d’Europe, selon les chiffres donnés par Chris Skinner, qui a encore le plus d’établissements bancaires par tête d’habitant derrière Chypre et l’Espagne*. 

Aux Pays-Bas aussi les agences ferment à marche forcée
Aux Pays-Bas aussi les agences ferment à marche forcée (the finanser in Chris Skinner’s blog)

Cependant, on peut légitimement se poser la question de savoir si ces défis, que l’on nomme digitaux, ne sont pas en fait essentiellement humains. Ils pourraient même, c’est notre avis, rappeler ce qui a été connu et vécu dans les télécommunications à la fin des années 1990, époque où la notion de « client » (vs. celle d’usager) a fait son entrée, avec une concurrence accrue et le reclassement de bon nombre de personnels dans des postes de conseil au client (avec les connaissances qu’on connaît dans ce secteur quand ce n’est pas bien géré). C’est sans doute là que le digital jouera le plus grand rôle, dans l’accompagnement en formation, en information et l’accompagnement opérationnel et technique, pour soutenir l’évolution de tous ces personnels bancaires qui vont se trouver face au client, non plus dans une agence, mais aussi sur le terrain, à distance et sur des centres d’appels décentralisés. La transformation (digitale) ne fait que commencer, les changements innombrables qui la composent également. Voyons dans ce retour de terrain le plan d’action du Crédit Agricole avec tous les chiffres et les retours de la banque sur cette expérience des agences « Active ».

* « La France a le plus grand nombre d’agences bancaires en Europe à la fin de l’an dernier [2013] avec 38 450 agences, soit une agence pour 1 709 habitants, devancée seulement par l’Espagne et Chypre. Cette dernière avait un ratio de 1 agence pour 1 265 habitants ». ( Chris Skinner, Digital Bank)

Le Crédit Agricole passe à la banque à valeur ajoutée

« Les attentes de nos clients évoluent, ils sont de plus en plus autonomes dans leurs opérations au quotidien. Leurs demandes vis-à-vis des agences, c’est avant tout du conseil, de la valeur ajoutée. Nous avons voulu que nos agences soient extrêmement transparentes, et que l’accueil soit le plus proche possible de nos clients », déclare  Bertrand Chevallier, directeur général adjoint du Crédit Agricole.

Banque Active - Crédit Agricole
CRÉDIT AGRICOLE – AGENCE DE VERSAILLES CENTRE – ©ERANIAN

En effet, ces dernières années, les modes de consommation ont beaucoup évolué, notamment sous l’impact des nouvelles technologies, et la banque ne fait pas exception : on constate une baisse des visites en agence et un accroissement des échanges dématérialisés. Tout l’enjeu consiste donc pour les acteurs du secteur bancaire à adapter leur organisation pour satisfaire pleinement ces nouvelles attentes. Le Crédit Agricole d’Ile-de-France a ainsi décidé d’investir massivement pour transformer chacune de ses agences en agence « Active » (pour Accueil, Conseil, Territoire, Innovation, Valeur et Ecoute) :

  • création d’agences plus chaleureuses,
  • développement des compétences des conseillers,
  • outils de communication de pointe …

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Le Crédit Agricole accélère sa transformation digitale was last modified: mars 9th, 2016 by Isabelle Lefaucheur

Comment combattre la fraude bancaire avec les Big Data

[NDLR] Nous avons eu la chance de rencontrer Thomas Gerbaud l’année dernière lors d’une réunion sur les Big Data. Nous en avions d’ailleurs profité pour l’interviewer sur son métier de data scientist. Il nous arrive souvent de décrire les data sous un angle marketing dans ce blog, et celui de nos clients et partenaires. Il serait faux cependant de croire que seul le marketing est concerné par cette révolution de la donnée. On peut bien entendu et surtout les utiliser aussi à titre préventif dans le cadre de la détection de la fraude bancaire par exemple. Dans la mesure où cet aspect de la détection des fraudes, dans le domaine bancaire et dans le ecommerce, peut également être vu comme un avantage concurrentiel ou une constituante du service : nous avons donc demandé à Thomas de traiter ce sujet. Nous vous livrons donc ses réflexions sur ce sujet dans le billet suivant.

Comment combattre la fraude bancaire avec les Big Data

Par Thomas Gerbaud, CEO Ocean Data, Fondateur de Mantiq et Data Scientist

Exemple basé sur une situation réelle – bien évidemment. Je me garderai donc bien de donner toute formation d’indication chiffrée.

La banque X travaille avec Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), comme toutes les autres. En tant qu’organisme financier, elle a l’obligation légale de participer activement à la lutte contre le blanchiment d’argent. Toute entrée d’argent suspecte doit donc être notifiée au régulateur. Cela représente un coût certain, essentiellement humain et en temps. Une perte sèche, au mieux compressible. Des outils de détection existent, bien sur, souvent basés sur des filtres ad-hoc. Le souci, c’est que ces outils sont fondamentalement idiots.

A l’heure où l’intelligence artificielle titille les experts du Go, et alors qu’aucun être humain n’a battu un supercalculateur aux échecs depuis 2006 (voir ce très bon article du Monde), est-il encore nécessaire de fixer les seuils de déclenchement d’alertes à la main ? Ne pourrait-on pas injecter un peu d’intelligence dans les routines de détection de fraude ? Questions légitimes. Réponse affirmative.

fraude bancaire
les big data arriveront-ils à allumer la petite lumière de l’intelligence des outils de détection la fraude bancaire ?

Détection de fraude : pour une approche plus futée… et plus efficace

Je me propose d’illustrer, dans ce billet, les limites de la détection par filtres, et de présenter une approche plus futée. Et plus efficace !

La détection par filtre consiste à modéliser un comportement suspect, puis à le détecter ; c’est-à-dire décrire le comportement en terme d’observables (par exemple, un virement rond supérieur a 5000e, ou un dépôt de liquide atypique), et placer des filtres sur les opérations. Cette approche est efficace si le nombre de règles est suffisant, et si tous les cas sont couverts. L’intelligence réside donc dans la conception et l’ordonnancement des filtres, qui sont voués à se multiplier pour embrasser la multiplicité des situations qui seront, selon le contexte, suspectes ou non. Trop larges, ces filtres provoquent des avalanches de faux-positifs; trop restrictifs, ils ne détectent rien. Si, pratiquement parlant, cela fonctionne quand même, au prix d’une certaine complexité, cette approche n’est intellectuellement pas satisfaisante. Puisque l’approche descriptive suppose une certaine ressemblance dans les comportements suspects, ressemblance que l’on traduit par des règles simples, pourquoi ne pas pousser la démarche et laisser l’ordinateur détecter ces motifs tout seul ? Lire la suite

Comment combattre la fraude bancaire avec les Big Data was last modified: février 18th, 2016 by Thomas Gerbaud

ING veut changer la banque

Le sujet de la transformation de la banque est un classique de ce blog depuis quelques années maintenant. Nous avons déjà décrit les enjeux des front offices bancaires et des back offices bancaires. Puis est venu l’exposition des querelles entre anciens et modernes à l’occasion de la sortie du livre collectif d’Athling auquel nous avons d’ailleurs collaboré (voir mon article en anglais intitulé ‘cessez d’imaginer la banque du futur elle est déjà là’). En attendant notre analyse de l’agence du futur à la mode Crédit Agricole, que nous publierons ici dans les jours qui viennent, revenons sur la querelle des anciens et des modernes, avec l’intervention de Benoît Legrand, patron d’ING direct France et qui est fervent évangéliste de la Fintech.

changer la banque - comparatif
ING figure en bonne place des banques en ligne, au coude à coude avec Boursorama (Groupe SG) copie d’écran du comparateur Banques-en-ligne.fr

Changer la banque ? Mais pour quoi faire ? Elle marche très bien comme ça

Benoît nous a fait l’honneur d’inaugurer nos nouveaux locaux pour nous livrer une superbe interview tournée dans notre salle de réunion de la rue Taitbout, sur les lieux mêmes où Chopin a vécu au milieu des années 1800. Mais du passé peut naître l’avenir et c’est exactement ce que nous avons évoqué avec lui : le futur de la banque. Or, ce futur de la banque pour Benoît est simple : il faut la changer ! J’aurai assez entendu de critiques, parfois acerbes sinon carrément agressives, pour stigmatiser les acteurs du marché du changement digital  – ils sont réunis dans le livre d’ATHLING la banque de demain – qui veulent changer la banque. Même si cette volonté de changement s’explique par un intérêt fort pour ce secteur (que j’aime particulièrement, car je le trouve complexe et intéressant, et car j’y ai travaillé), il y a aura toujours au moins un grincheux sinon beaucoup pour vous expliquer que vous n’y connaissez rien ou que vous n’êtes pas légitime. Après tout, tout le monde sait que Richard Branson, qui a fait fortune en vendant les disques de Mike Oldfield, n’était pas légitime pour faire voler des avions, n’est-ce pas ?

Qu’importe, il faut laisser les grincheux « grincher », c’est leur raison d’être ; et ils ne s’étonneront pas que c’est le monde qui les changera plutôt qu’eux qui changeront le monde. Cette fois-ci, les grincheux en question vont sans doute encore s’en donner à coeur joie et pester contre un trublion de la banque qui pourtant, « marche très bien comme ça ». Alors pourquoi cette manie de tout vouloir changer, alors que tout fonctionne si bien ? Parce que changer la banque, et c’est ce que veut faire ING, n’est pas seulement une lubie, c’est un positionnement certes, mais c’est aussi et surtout le résultat d’une conviction. Une conviction que Benoît exprime très bien dans cette interview. Et pour une fois, les grincheux ne pourront pas se plaindre que l’interviewé ne connaît pas la banque ni qu’il est illégitime : c’est lui-même un banquier.  CQFD

 

ING vuet changer la banque
Benoît Legrand est venu nous rendre visite. Son objectif est rien de moins que changer la banque. Cette fois-ci on ne pourra pas dire que l’iconoclaste est un outsider

Vous dirigez ING et vous êtes l’auteur d’un livre : Changeons la banque. Pourquoi faut-il changer la banque ?

Il y a beaucoup de choses à changer dans la banque, d’ailleurs si vous parlez aux français en général, la majorité d’entre eux vont vous dire qu’ils ne sont pas très contents de leur banque, prouvant qu’il y a beaucoup de changements à effectuer dans la banque.

ING veut changer la banqueOn va remonter un peu dans le temps et repartir en 2008, date où la crise des subprimes touche l’Europe. Que s’est-il passé à cette époque-là ?

Il y a eu une prise de conscience dramatique, du fait d’éléments exogènes. La première c’est que cette globalisation de l’économie et de la finance, est une réalité : il se passe quelque chose d’un côté de la planète et l’autre côté est affecté. On peut continuer à raisonner en termes locaux, régionaux, nationaux, mais  je pense que c’est une équation qui n’est plus valable. La deuxième est que les choses vont en s’accélérant. On vivait dans des rythmes que l’on maitrisait encore. Aujourd’hui, un événement financier se passe la nuit, le lendemain matin, le reste de la planète en subit les conséquences.

Comment cela s’explique ?

Les échanges commerciaux et l’ouverture de l’économie demandent un soutient des banques qui est aussi transnational. On ne peut plus fonctionner dans un périmètre extrêmement local, parce que nos entreprise, nos clients et les particuliers voyagent et évoluent dans des environnements économiques et internationaux. Donc, les banques qui soutiennent le développement de l’économie sont amenées à suivre leurs clients dans leurs développements.

Troisième point, c’est que la confiance est plus que jamais, un point central

En fait, le monde de la banque, c’est un monde uniquement basé sur la confiance. C’est comme ça que cela a commencé il y a plusieurs siècles avec le Mont-de-piété. Finance vient du latin, la Fiducia, la confiance. Je vous prête de l’argent, je vous le prête parce que j’ai confiance dans le fait que vous allez me le rembourser. La confiance est essentielle, et cette crise a montré que des banques qui se faisaient confiance entre elles se sont trompées. Il y avait une banque qui n’était pas forcément digne de confiance et qui a fait exploser le système. Cette chute de Lehman Brothers, a fait que les banques ont arrêté de se faire confiance. A partir du moment où les banques ne se font plus confiance, le système bancaire est paralysé. Et quand une banque ne fait plus confiance, elle va avoir beaucoup de difficultés à financer les prêts qu’elle accorde, et si elle n’accorde plus beaucoup de prêts, l’économie ralentit.

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ING veut changer la banque was last modified: janvier 14th, 2016 by Yann Gourvennec

Transformation digitale des banques (2) : les défis de la refonte du back-office

La plupart des banques investissent massivement dans la transformation digitale. Leur démarche est avant tout centrée sur l’amélioration de l’expérience client, comme je l’ai montré dans mon précédent article. Ainsi, un tiers des 31 milliards de dollars investis en 2011 par les banques dans la transformation digitale a été affecté au développement de leurs services mobiles (mobile banking). Toutefois, si l’on considère l’ensemble des enjeux de la transformation digitale des banques, ce volet ne représente que la partie émergée de l’iceberg. Pour la banque de détail, il existe un potentiel d’opportunités bien supérieur lié à la dématérialisation des opérations et à la modernisation de son back-office. Se limiter à la refonte du réseau de distribution et au développement de l’omnicanal, serait donc une erreur stratégique pour restaurer la croissance et relever le défi de la compétitivité.

L’infrastructure IT des banques date des années 70-80 : sa modernisation est inévitable

Aujourd’hui encore, les banques continuent de s’appuyer sur une infrastructure IT déployée dans les années 70-80. Des systèmes complexes, dont la mise à niveau serait très coûteuse. Les remplacer sans affecter la continuité des opérations bancaires s’avèrerait en outre être un véritable défi. C’est la raison pour laquelle la plupart des banques se sont contentées de développer des applications supplémentaires qui fournissent au client une interface utilisateur améliorée, mais continuent de fonctionner à partir du noyau technologique existant.

A moyen terme, cette solution ne sera toutefois plus tenable.

D’abord parce qu’il sera de plus en plus difficile de répondre sur cette base aux exigences toujours plus grandes des clients en termes de disponibilité, réactivité et fluidité des services bancaires. L’infrastructure technologique vieillissante des banques deviendra rapidement un obstacle insurmontable à l’amélioration de l’expérience client dans laquelle elles investissent tant d’efforts.

Ensuite, parce que la réorganisation du réseau de distribution et le développement de l’omnicanal ne suffiront plus à poursuivre la nécessaire réduction des coûts d’exploitation bancaire. Tôt ou tard une refonte et une rationalisation des process de back office s’imposeront. Actuellement le back-office des banques de détail doit gérer entre 300 et 800 process différents. Des opérations qui nécessitent beaucoup de personnel et qui sont peu dématérialisée. Aux Etats-Unis, une l’octroi d’un simple prêt hypothécaire nécessite en moyenne 35 interventions manuelles sur des dossiers imprimés. La banque américaine TD estime ainsi la consommation annuelle de papier à 10000 feuilles par collaborateur. Ces simples exemples suffisent à mettre en lumière les retards en matière de dématérialisation et d’automatisation des opérations.

Enfin, parce que le mode de fonctionnement actuel aboutit au stockage de l’information en silos, ce qui est peu compatible avec l’enjeu stratégique que représente la collecte, le croisement et le traitement des informations pour tirer parti des opportunités business issues des big data.

Pourquoi la transformation digitale du back office bancaire est-elle nécessaire ?

Comment opérer la transformation digitale du back-office bancaire ?

Les technologies numériques peuvent aider les banques à rationaliser efficacement leurs processus et ainsi réaliser de substantielles économies sur leurs coûts d’exploitation. Pour rendre possible cette étape de leur transformation digitale et consentir les investissements nécessaires, elles devront redéployer leur budget consacré à l’IT dont 90% est actuellement consacré à la seule maintenance d’une infrastructure technologique lourde et vieillissante.

Capgemini propose une typologie intéressante des technologies à mettre en œuvre, en trois catégories fondée sur le montant des économies annuelles qu’elles offrent et le niveau d’investissement nécessaire à leur déploiement.

1- Les solutions tactiques qui exigent de faibles niveaux d’investissement et peuvent être mises en place sans passer par une refonte massive de l’infrastructure IT existante. Elles concernent les activités bancaires de base, telles que l’ouverture de compte ou le traitement des dossiers de crédit, par exemple. Elles permettent de réduire l’utilisation du papier et d’accélérer les délais de traitement. Le retour sur investissement est rapide, généralement en moins d’un an. Parmi ces solutions : le Document Management System (DMS) et la signature numérique.

Le Doument Management System accompagne la dématérialisation des documents. Il permet la réduction des coûts humains, des coûts d’impression, mais aussi les coûts induits par les éventuelles erreurs ou la perte de documents papier. Capgemini évalue à 6% la réduction annuelle de coûts obtenue grâce à cette technologie de gestion des documents dématérialisés.

Alors que le système actuel repose largement sur la signature manuelle des documents et contrats, ce qui oblige les entreprises et les particuliers à imprimer et transmettre un volume considérable de documents, la généralisation de la signature électronique simplifierait les procédures, tout en réduisant substantiellement les coûts d’impression. En France, le groupe BPCE a lancé un programme de signature électronique pilote qui permet aux clients de lire et de signer leurs contrats sur les tablettes. Une initiative qui devrait permettre d’économiser 1 milliard de feuilles de papier par an. En outre, il apparaît que la signature électronique permet d’augmenter les taux de conversion.

2- Les solutions stratégiques, comme le Business Process Management ou gestion des processus métiers qui permet d’avoir une vue d’ensemble des processus métiers de la banque pour les optimiser et les automatiser autant que possible. Une solution de BPM est une plateforme intégrée qui combine la surveillance de processus en temps réel, modélisation et optimisation des capacités. Contrairement aux solutions tactiques qui sont généralement mises en œuvre de manière statique, le BPM fonctionne sur le principe d’amélioration continue. Il permet ainsi des réductions de coûts qui sont durables sur le long terme.

Au Royaume-Uni, Lloyds Banking Group a investi en 2011 dans un programme de transformation digitale de son back office sur 4 ans, incluant le déploiement d’une application de BPM qui a permis d’automatiser et de simplifier les processus bancaires complexes jusqu’alors manuels. Cette initiative a permis de réaliser des économies annuelles de £ 352 000 000, et une réduction de 7% des coûts totaux. Le nombre de processus uniques est passé de 700 à seulement 23, contribuant ainsi à réduire de moitié le nombre d’erreurs manuelles. En 2014, l’objectif de Lloyds Banking Group était de parvenir à 1,7 milliards £ d’économies.

3- Les solutions de transformation, quant à elles, réclament des investissements plus élevés pour un retour sur investissement plus long. Leur impact est ressenti à tous les niveaux de l’organisation. Elles permettent l’innovation  « produit » et le développement de nouvelles applications, web ou mobiles, destinées à améliorer l’expérience client grâce à une parfaite intégration du back office et des front office. Ainsi capables de consolider les données provenant de systèmes disparates, la banque peut ainsi répondre rapidement aux exigences du marché et fournir à ses clients une expérience sans faille.

 

La transformation digitale du back office bancaire constitue une révolution encore plus profonde que celle de la relation client. Par la refonte des process et une large part accordée à l’automatisation, elle induit d’importants changements sur les métiers de la banque. Je traiterai dans un prochain billet le volet ressources humaines de la transformation digitale des banques.

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Lire aussi : Transformation digitale des banques (1) : Repenser la distribution autour de l’expérience client


 

 

Transformation digitale des banques (2) : les défis de la refonte du back-office was last modified: octobre 15th, 2015 by Frédéric-Michel Chevalier