communication digitale : conférence #mediaaces du 14/11/2013 (1/2)

Compte-rendu par Thierry Moussu pour Visionarymarketing.com

A l’occasion de la sortie du livre « La communication digitale expliquée à mon boss », co-écrit par Hervé Kabla et Yann Gourvennec, Media Aces a organisé ce jeudi 14 novembre une conférence dans les locaux du MBA ESG, à laquelle participaient plusieurs experts ayant témoigné dans le livre.

Ce premier billet rend compte des trois premières interventions. Le prochain traitera des trois dernières.

La communication digitale expliquée à mon bossPremier à s’exprimer, Philippe Gérard, manager à la Cegos a pris la parole sur les nouveaux métiers de la Communication digitale.

La sphère de la Communication Corporate, compte – en 2001, source IFOP – 110 000 professionnels, dont 14.5% sont impliqués dans la Communication Digitale, soit environ 16 000 personnes. On peut raisonnablement imaginer que ce total tourne aujourd’hui plutôt autour de 20/25 000 personnes.

On connait depuis maintenant un bon moment les webmaster, media planner, traffic manager, référenceur, curateur, webmarketeur, blogueur : chacun apporte sa pierre à l’édifice depuis quelques années voire quelques décennies.

Philippe Gérard de la CEGOS

Aujourd’hui, il faut repenser les schémas classiques de la communication. Le principe de Shannon (l’émetteur – l’entreprise – envoie un message au récepteur – le consommateur) s’est inversé : les « messages » vont des récepteurs vers l’émetteur, et encore, quand les « récepteurs » ne parlent pas entre eux de l’émetteur !

A l’heure où tous les métiers sont impactés par le digital (Marketing, Informatique, Communication, CRM, RH, …), on a vu apparaître les métiers de Community Manager et – plus récemment – de Digital ou Social Media Strategist, l’équivalent en Communication « classique » des Chargés de Communication et Directeur de la Communication.

Pour coordonner la Communication Digitale, un nouveau métier est en train de voir le jour, celui de CDO ou Chief Digital Officer (aussi appelé « Head of digital » par les anglo-saxons, et que l’on pourrait traduire par Directeur du digital / du numérique). Et visiblement, il y a un fort besoin : Gartner prédit que 25% des organisations se seront dotées d’un CDO d’ici 2015 ! Et bien entendu, les CDO devront être intégrés aux Comités de Direction. En France, des entreprises comme Total, Yves Rocher, April ou Bouygues ont déjà nommé des CDO.

Les métiers du digital devenant de plus en technologiques et complexes (cf. Big Data), le CDO ne pourra pas tout gérer par lui-même : il aura besoin de s’appuyer sur des Data Scientists (plutôt des profils ingénieurs ou statisticiens) et des Data Analysts (de formation en Marketing), encore deux nouveaux métiers !

Les principales missions du CDO, dont le métier amené à disparaître lorsque le digital sera – réellement – intégré dans les moindres recoins des entreprises, sont multiples :

  • Elaborer et appliquer la stratégie digitale globale
  • Tracer la feuille de route pour l’ensemble des services impliqués
  • Accompagner les managers et les équipes
  • Définir les KPI (Key Performance Indicators ou Indicateurs Clés de Performance) et mettre en place un plan de mesure
  • Développer les bonnes pratiques
  • Repérer les nouvelles techniques / technologies du digital
  • Veiller, créer et … développer

Un exemple des défis qui vont accompagner la montée en puissance des CDO, l’Internet Des Objets (ou IOT en anglais pour Internet Of Things), qui est selon Philippe la prochaine révolution du digital.

Pour conclure, il pose la question de la formation à l’ensemble de ces nouveaux métiers, soit via des filières spécifiques à créer (à ce jour, il existe 17 formations en France sur les technologies du Big Data), soit par la formation continue. Une bonne base de réflexion quand on sait qu’il y a déjà pénurie de Data Scientist et qu’aujourd’hui la plupart des CDO sont soit des anciens Directeur du Marketing, soit des anciens Directeur des Systèmes Informatiques, mais que rares sont ceux qui possèdent l’ensemble des compétences requises (marketing, stratégie et informatique principalement) !

Dans le même esprit, Olivier Cimelière, président fondateur de Heuristik Communication, a axé sa présentation sur le nécessaire effort que doivent fournir les dirigeants et manager vis-à-vis de la communication digitale. Et de commencer par évoquer les 6 paradigmes qui changent tout :

AvantAujourd’hui
Top DownBottom Up
Emetteur vers récepteurEmetteur / Récepteur en alternance
Info rare / Temps quotidien / chroniqueInfobésité / Temps réel / Connectivité
Incantation (croyez-nous)Conversation (Convainquez-nous)
Savoir académique / ExpertsMode collaboratif / peer-to-peer
Opacité relativeTransparence accrue

Expliquant que « La com’ à papa », c’est bel et bien fini, Olivier cite plusieurs exemples qui montrent bien que la Communication est entrée dans une nouvelle ère :

  • « David à un clic de Goliath » : Edward Snowden vs. la NSA, ou comment un simple « quidam » a mis une pagaille monstre en divulguant quelques informations bien senties à un blogueur influent, ou le passager mécontent de British Airways qui n’a pas hésité à dépenser 1000 dollars pour se payer un tweet sponsorisé jetant le discrédit sur la compagnie aérienne !
  • Le développement de mouvements spontanés tels que la page Facebook de soutien au « Bijoutier de Nice », qui a réussi l’exploit d’accumuler 1.4 millions de Like en quelques jours (soit environ 4% des utilisateurs français de Facebook)
  • La montée en puissance des plateformes numériques de pétition en ligne telles que Change ou One : la pétition lancée par les parents de Trayvon Martin (un garçon noir de 17 ans abattu le 26 février par un vigile de Floride) pour que l’auteur du meurtre soit incuplé, a recueilli plus de 2.2 milions de signatures en début d’année.

Olivier Cimelière, fondateur de Heuristik Communication

Pour Olivier, les Entreprises ont encore un problème de posture vis-à-vis de la communication digitale : le web social n’est pas juste un « tuyau à communiquer », il leur faut passer du déni à l’écoute active, ce qu’à fait par exemple Nestlé après le bad buzz « Kit-Kat » en 2010, en s’équipant d’une « Digital War Room ». Mais aussi « penser collaboratif », pour impliquer les consommateurs qui meurent d’envie de s’exprimer !

De même, les Entreprises négligent encore trop souvent aujourd’hui leurs collaborateurs en tant que vecteurs de communication positive : quand 64% des entreprises restreignent l’accès aux réseaux sociaux à leurs salariés, elles devraient savoir que, lorsqu’ils s’expriment sur leur employeur, on constate que la très grande majorité des prises de parole sont positives ! Et nourrissent donc la Marque Employeur à peu de frais…

Sur le même sujet : à une question de la salle sur la nécessité de rédiger une Charte d’utilisation des Medias Sociaux, Olivier conseille plutôt de diffuser un guide des bonnes pratiques, plus pédagogique.

Enfin, à l’heure ou le « Storytelling » – développé à partir d’une trame purement marketing – est de plus en plus taxé de « lavage de cerveau », Olivier recommande de plutôt faire du « Storydoing », basé sur des faits concrets et avérés. Je vous conseille à ce propos le récent et très instructif article de Doc News.

Dans un tout autre registre, Jean-Marc Goachet, Responsable communication digitale et web marketing de l’école MINES ParisTech est venu nous parler de la nécessaire digitalisation des établissements d’enseignement supérieur et en particulier des enseignants-chercheurs : il y a à peine trois ans, les écoles et universités se demandaient encore s’il fallait ou non se rendre sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, se pose la question de « comment y aller ».

Jean Marc Goachet de Mines Paritech

Au jour le jour, Jean-Marc s’attache à évangéliser l’utilisation des médias sociaux auprès des enseignants-chercheurs de MINES ParisTech. Pour ce faire, il s’appuie sur une liste de conseils :

#1 : Exister
Cela peut paraitre banal, mais c’est indispensable : les étudiants « googlise » très souvent leurs professeurs et ceux qui ne sont pas présents sur Internet partent avec un handicap à leurs yeux ! De plus, cela permet d’éviter le cybersquatting.

#2 : Publier
« Publish or Perish » : les enseignants-chercheurs ont déjà l’habitude de publier les résultats de leur travaux de recherche, quoi de plus simple que de relayer ses publications sur Twitter ou Google+ par exemple, ou même encore sur des plateformes de publication collaboratives comme Zotero, Mendley ou Openedition par exemple.

#3 : Echanger
Ne pas se contenter de publier de manière « top down », mais en profiter pour susciter les commentaires de son audience pour engager la conversation. Tout en s’adaptant au public : on ne parle pas à des étudiants comme on discute avec d’autres chercheurs !

#4 : Réseauter
Il existe une multitude de réseaux professionnels spécialisés pour les enseignants, comme Scientix, PeerEvaluation, ou ResearchGate. Sans oublier linkedin !

#5 : Contribuer
Tout comme les salariés d’une entreprise, les enseignants-chercheurs sont les meilleurs ambassadeurs possibles de leur école ou université, et peuvent (doivent ?) donc contribuer à la Communication de leur établissement en relayant les valeurs et les messages clés.

#6 : Piloter sa réputation
Pour éviter le discrédit (le web n’oublie jamais), l’enseignant-chercheur se doit d’assumer ses positions – quelles qu’elle soient – en ayant le même discours offline et online. Et donc gérer sa « marque personnelle », sans nuire à celle de son école ou université.

#7 : Enseigner autrement
A l’heure où les étudiants ont leur mobile ou leur PC portable avec eux et n’hésitent pas à vérifier sur wikipédia ce que le professeur vient de dire, et sont habitués à la consommation collaborative, les cours doivent l’être aussi. Terminés les cours unidirectionnels où le professeur fait un long monologue !
Jean-Marc cite l’exemple des « nuggets », des vidéos courtes diffusées à l’attention des élèves quelques jours avant un cours, sur lesquelles les étudiants seront amenés à débattre / argumenter le jour J. Et de prédire que les SPOC (Small Private Online Courses) détrôneront rapidement les MOOC (Massive Open Online Courses) !

#8 : S’ouvrir
Faisant écho à l’Open Source, il existe des plateformes dédiées qui permettent aux enseignants-chercheurs de partager les données dont sont issues leurs travaux, comme par exemple RunMyCode ou MyExperiment. Dans un autre registre, le réseau FING met en relation des chercheurs, scientifiques, experts ou étudiants sur des projets de réflexion sur la place du numérique.

#9 Militer
En participant aux efforts d’ingénierie pédagogique (qui vise à repenser les supports de cours au niveau des 3 unités que sont le temps, de lieu et d’action), et en accompagnant les élèves (toujours en mode collaboratif).

Pour conclure, Jean-Marc a insisté sur le manque de formation des enseignants-chercheurs au digital directement par l’Education Nationale : à combler au plus vite !

En attendant la suite de ce compte-rendu dans un prochain billet de blog, les présentations de ces 3 premiers intervenants sont d’ores et déjà disponibles sur le compte Slideshare de Media Aces :

Un livre de marketing fondamental (collection B.A-BA chez Studyrama)

Le marketing fondamental (lien) est très demandé, nos statistiques nous le montrent tous les jours. Aussi, quand j’ai reçu le béat bas du marketing (édition ce qui dira ma) par Yves Pariot, j’ai pensé immédiatement que cela pourrait intéresser mes lecteurs. Voici une brève introduction de l’ouvrage et les liens pour vous le procurer. Un ouvrage bien utile, notamment pour les étudiants en recherche d’orientation.

Le marketing est une discipline protéiforme avec une myriade de spécialités, et aussi une forte propension à l’autocritique. Mais avant de dépasser les fondamentaux du marketing, encore faut-il les connaître ; un point moins anodin qu’il paraît, car aussi étrange que cela semble, il n’existe pas de définition figée du marketing (page 15), mais de multiples définitions. Le livre d’Yves Pariot revient donc sur ces fondamentaux autour de 6 parties :

  1. Découverte du marketing (définition, organisation) ;
  2. Le marketing stratégique (diagnostic, stratégie, plan d’actes qui ont marketing) ;
  3. Conception des produits et des services… (Mix marketing) ;
  4. Conception des offres (dans l’acception large, au-delà du simple produit, services…) ;
  5. Commercialisation des produits, services et offres.

Gérer son portefeuille

L’ensemble des fonctions marketing est donc évoqué ici, dressant un portrait-robot du métier, vite devenu un incontournable dans la panoplie de la gestion des entreprises (ce n’était pas encore le cas lorsque j’étudiais, même si les choses changeaient alors). Et ici, l’étudiant désireux de s’orienter, trouvera rapidement (en environ 165 pages), autour de chapitres brefs et synthétiques, les infos nécessaires la compréhension de ce métier, sa technicité et ses particularismes.

Le livre est fort bien conçu et décrit le jargon de la profession de façon très didactique. Parmi les nombreux chapitres voici quelques les points qui ont attiré particulièrement mon attention :

  • page 21 : différence entre B2B et B2C pour ouvrir l’horizon des étudiants qui ignorent le plus souvent, et à tort, les perspectives offertes par le marketing du business-to-business ;
  • Page 28 : l’explication sur le big data, un des secteurs en plein essor pour les jeunes désireux de trouver des débouchés sur ce marché ;
  • Page 33 : l’explication des tensions entre commerciaux et marketeurs, très bien vu… ;
  • Page 55 à 57 : les comparaisons des canevas stratégique entre marketeurs low-cost et traditionnels, particulièrement intéressant à mon avis (voir une capture d’image ci-dessous sur un cas fictif de cabinet de conseil low-cost qui viendrait concurrencer un cabinet traditionnel en en changeant les méthodes et les bases de coût) ;

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  • page 82. L’importance de la veille pour rester à l’écoute de l’évolution de son marché ;
  • page 96 à 97 : les études du Credoc sur le « prix juste » avec quelques analyses éclairantes sur perception et déclaration.

Impossible de tout citer ici sans faire de doxographie inutile. Il ne vous reste donc plus qu’à acheter ce nouvel ouvrage, soit pour vous rafraîchir la mémoire, soit pour orienter vos carrières futures. À vos souris !

infographie de Samsung au Gartner Symposium (mobilité d’entreprise)

mobile-large_thumb.gifLa journée d’hier fut bien remplie, je suis rentré, après quelques conférences supplémentaires sur le cloud computing que je n’ai pas encore complètement digérées, bien fatigué de ma journée au Gartner symposium, mais aussi conscient que des choses importantes se préparent dans le domaine de la mobilité d’entreprise. Les deux présentations d’hier, celle de Jae Shin et d’Andrew Mills de Samsung (dont je suis l’invité ici au Gartner Symposium), ont été particulièrement éclairantes pour souligner l’importance de la sécurité dans l’environnement de travail d’une part, et d’autre part la façon de résoudre les principaux défis relatifs à la généralisation d’Android en entreprise. Je partage donc ce matin avec vous en guise de récapitulatif, cette infographie tirée de la présentation d’Andrew Mills, à laquelle malheureusement je n’ai pas pu assister, car elle a eu lieu avant mon arrivée. Cette infographie résume la situation (et la stratégie de la division Samsung Entreprise Business) et donne quelques chiffres intéressants sur la mobilité en entreprise. On y voit notamment la part de marché d’Android qui a atteint les 55 %, alors que la part de marché des Smartphones en Europe est proche des 50 %. Enfin, la citation d’Andrew Mills qui synthétise les interviews d’hier autour d’un équilibre à trouver entre confort de l’utilisateur, généralisation des fonctionnalités et sécurité contrôle par l’entreprise. On voit bien que les enjeux du BYOD vont trouver leur résolution autour de ce consensus.

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Samsung à l’assaut du marché de la mobilité d’entreprise

J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Andrew Mills,Andrew Mills, Vice President, Enterprise Business, qui nous accordait une interview exclusive pour marquer le lancement de la division entreprise de Samsung (transparence : j’étais l’invité de Samsung aujourd’hui). Cela fait plus de 10 ans que les services de mobilité se vendent aux grandes entreprises, les premières flottes mobiles datant des années 2002-2003 si mes souvenirs sont bons, et au premier abord, j’étais un peu surpris de cette annonce de la création récente d’une entité dédiée au B2B chez Samsung. Réflexion faite, et au travers des explications d’Andrew, tout ceci fait sens. Un seul chiffre permet de comprendre l’ampleur du phénomène : la moitié environ des mobiles achetés en Allemagne dans les entreprises le sont sur le marché ouvert… Samsung désire donc se positionner de façon importante et volontariste sur ce marché d’entreprises, non seulement du côté du matériel, mais aussi du côté du service, sans oublier la convergence entre leurs différentes lignes de produits une particularité due à leur historique de conglomérat.

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Andrew Mills pendant notre interview ce matin

 

Pourquoi lancer une division entreprise en 2013 ?

« Quand on regarde la croissance sur le marché des Smartphones aujourd’hui, on observe une croissance de 10 % d’année en année. Sur le marché des entreprises, c’est 3 à 4 fois ce chiffre ! » a déclaré Andrew Mills dans son introduction. De tels chiffres sont suffisants pour réveiller les consciences et faire en sorte que « nous saisissions le bon moment pour résoudre les problématiques qu’ont les directeurs informatiques aujourd’hui » poursuivait-il. « Les CIOs ont encore quelques soucis autour de la confiance dans la plate-forme Android et ses vulnérabilités, KNOX a été développé pour les résoudre. Mais ce n’est pas tout, le temps est mûr, et de nombreux directeurs informatiques sont en attente de solutions » a poursuivi Andrew Mills.

Se rapprocher de l’utilisateur

Mais avant toute chose, ce que cherche à faire Samsung, c’est de se rapprocher de l’utilisateur… sans casser son circuit de vente traditionnelle, essentiellement tourné vers les distributeurs et les opérateurs. « Avant, nous ne travaillions que de façon indirecte, dans le futur nous continuerons à travailler avec des opérateurs ; mais nous allons nous ouvrir aussi aux revendeurs IT et au marché ouvert (« open Channel ») celui-ci représente déjà 45 à 50 % des ventes de mobiles en Allemagne ».

Une équipe pan européenne

Samsung a donc décidé de mettre en place une équipe européenne qui va travailler directement avec les clients, en leur fournissant des conseils et du support aussi sur l’usage des matériels. Ceci, ira bien au-delà du simple département informatique, impliquant ainsi un rapprochement avec les directions métiers, de plus en plus importantes dans les choix de ce domaines. L’Internet des objets n’est pas non plus en reste car une des particularités de Samsung, étant un conglomérat, est de fabriquer aussi bien des PC des écrans que des mobiles et de « les connecter ensemble » pour reprendre les mots d’Andrew ; ceci avec des solutions de plus en plus verticales qui pourront s’adresser à l’hôtellerie, la distribution et l’éducation.

Vers la convergence ?

Les entreprises ont commencé à réfléchir au remplacement des PC, certaines entreprises ont même déjà franchi ce pas nous a confié Andrew Mills. Le fabricant coréen a d’ailleurs entamé des partenariats avec des intégrateurs comme Atos, notamment pour adresser le marché de la distribution. Dans ces accords, les éditeurs comme SAP ou Citrix ne sont pas en reste. Faut-il pour autant parler de convergence ? « Il y aura une rédaction du nombre de terminaux, mais les PC resteront un segment important » a précisé Andrew, « mais dans certains cas, les PC seront remplacés quand même ». « Les directeurs informatiques ont passé beaucoup de temps à rationaliser leurs infrastructures », a-t-il ajouté, « mais le futur et dans l’interface utilisateur », toute la transformation interviendra de ce côté selon lui.

Où sera l’innovation

L’innovation, il ne faut pas la chercher dans le matériel mais dans le service. Samsung s’est décidé à se positionner « avec de nouveaux services pour les entreprises » a ajouté Andrew Mills. « Le premier service que nous proposerons sera le service de support clients, qui sera disponible à la fois en marque blanche, via des partenaires, et en direct auprès de Samsung. C’est un grand pas en avant pour le constructeur qui sort de la simple relation de fournisseurs de matériels, pour entrer de plain-pied dans le domaine du service B2B.

La double stratégie de Samsung se met en marche au travers d’un programme qui s’appelle STEP et qui s’adresse aussi bien aux éditeurs de logiciels, aux intégrateurs systèmes qu’aux revendeurs distributeurs. Cette plate-forme STEP (« Samsung Team of Empowered Partners » une bien jolie anagramme) permet de fournir aux ventes indirectes un support directement depuis la marque. « L’équipe B2B de Samsung est déjà forte de 600 personnes au travers de l’Europe et a déjà doublé cette année » a précisé Andrew Mills. Elle doublera encore probablement l’année prochaine (ce nombre n’inclut pas le support produit). L’Europe des 7 est déjà staffée, le développement se poursuit avec l’Europe centrale.

Peu de concurrence directe

S’il existe des concurrents dans chacune des différentes catégories où Samsung est présent, Andrew Mills ne se reconnaît pas de véritable concurrent direct qui couvre l’ensemble du spectre de la digitalisation des entreprises ; même s’il se défend d’une certaine arrogance qui selon lui ne serait pas de mise sur des marchés aussi mouvants. Mais le challenge n’est pas mince car si Samsung a un historique dans le marché du consommateur où il a développé des atouts très forts, «la façon dont on adresse marcher B2B et très différente et cela devra être pris en compte par la marque » a-t-il précisé. C’est certainement là leur plus gros challenge, même si Andrew et ses équipes sont prêts à le relever.

Nous n’avons pas fini de voir des changements de position sur ce marché de la mobilité, et notamment la montée en charge des fabricants, comme Samsung, qui se rapprochent de l’utilisateur et du client entreprise.

BYOD : Samsung KNOX rend le mobile de l’utilisateur compatible avec l’entreprise

La sécurité des mobiles est un sujet que j’ai déjà évoqué sur visionarymarketing, notamment dans le cadre du Mobile World Congress de 2012, lors d’une démonstration prophétique de Kaspersky. L’évolution du marché a fait que l’importance de la sécurité des mobiles s’est déplacée très nettement dans le domaine professionnel, c’est ce dont nous avons discuté ce matin avec Jae Shin, VP Strategic Marketing de Samsung. Monsieur Shin dirige de l’entité marketing dédiée à l’offre de sécurité KNOX (dont le nom s’inspire de la célèbre banque centrale américaine) pour les flottes de mobiles entreprise.

 

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VP Jae Shin, ce matin sur le stand de Samsung au Gartner Symposium de Barcelone

Le problème que nous avons rencontré sur le marché lorsque nous avons lancé le Galaxy S1 a expliqué Monsieur Shin, c’est que les entreprises voyaient d’une vulnérabilité de Google et qu’il n’existait pas à l’époque de solution pour s’en prémunir. Samsung s’est donc attelé à créer des dispositifs de sécurisation des mobiles Android, y-compris le hardware, ainsi que des outils de management de flottes à distance. Tout cela est arrivé il y a environ 2 ans avec le Galaxy S2.

« Il y avait 3 choses qui attisaient les craintes des entreprises et de leurs responsables de la mobilité :

1. un manque de sécurité de la plate-forme ;

2. un manque de sécurité des informations (qui pouvaient trop facilement passer du privé au public) ;

3. et enfin la possibilité de mettre en place un contrôle des politiques de sécurité.

C’est ainsi que Samsung s’est attaché à améliorer Android. « Chaque fournisseur a sa recette secrète pour améliorer Android » a dit Monsieur Shin, « Nous avons créé KNOX pour entrer de plain-pied dans le domaine de l’entreprise ».

Le BYOD a explosé

« Avec l’arrivée du GS 3, nous avons assisté, il y a un peu plus d’un an à une explosion de l’utilisation d’appareils privés dans la sphère de l’entreprise » a poursuivi M. Shin, « via ce que l’on appelle BYOD » (Bring Your Own Device, soit le fait que les utilisateurs apportent leurs propres terminaux au travail. « Nous assistons à une véritable consumérisation de l’informatique et les directeurs informatiques sont très préoccupés ; même leurs patrons sont venus avec des tablettes personnelles au travail ! » a-t-il ajouté. Avec le BYOD, de nouveaux soucis sont donc apparus, en parallèle d’une prolifération d’appareils non contrôlés et non propriétaires.

Un autre souci a résidé dans les parades trouvées par les CIOs eux-mêmes : « certains ont commencé à trouver des parades en permettant l’effacement total des données sur les terminaux des employés, « ce qui est a créé un problème aux utilisateurs qui ont dépensé beaucoup d’argent pour acheter des appareils qu’ils n’étaient plus capables d’utiliser comme ils le voulaient ! ». En outre, ces mêmes employés ne sont pas très enclins à voir leurs employeurs regarder ce qu’ils font en privé sur leurs terminaux, cela est aussi compréhensible. Le BYOD a donc bien changé la donne dans ce domaine, et on arrive donc un conflit total entre la demande de l’employé celle de l’employeur.

KNOX pour résoudre le problème

C’est là qu’est arrivé KNOX, un système de sécurisation qui résout la problématique de sécurité de ces appareils mobiles, sans pour autant empiéter sur la liberté des utilisateurs. Il est composé de 3 parties distinctes :

· D’une part un outil de sécurisation qui permet de faire évoluer la plate-forme Android, tout en la gardant entièrement compatible avec l’écosystème Google. La sécurité sur l’appareil s’effectue depuis la couche applicative jusqu’à la couche hardware avec différentes zones intermédiaires auxquelles seul le fabricant a accès. La tendance des hackers est d’installer des systèmes de « key logging » (saisie des frappes de l’utilisateur) sur les appareils mobiles afin qu’à l’insu de l’utilisateur, celui-ci passe des informations sans même le remarquer. Les hackers sont devenus si habiles qu’ils arrivent à masquer entièrement leurs opérations illégales aux yeux de l’utilisateur et même de l’administrateur. Avec cette modification du système d’exploitation, Samsung arrive à sanctuariser l’appareil de façon plus efficace et redonne le contrôle à l’administrateur ;

· Une deuxième partie de l’offre comprend la capacité de contrôler et de gérer les politiques de sécurité directement en central, permettant ainsi de pousser l’outil de sécurisation directement sur l’appareil de l’utilisateur. L’installation préalable de cet outil permet ensuite de garantir que l’utilisateur pourra utiliser son appareil en toute sécurité ;

· La troisième partie et non des moindres, est son volet destiné aux employés. Comme on l’a vu précédemment, le système KNOX est aussi destiné à préserver l’utilisation personnelle des mobiles par les employés. Après tout, ils ont dépensé une somme conséquente pour acheter un mobile, le système KNOX va donc leur donner la possibilité de séparer de façon étanche leurs données personnelles et privées de leurs données professionnelles. Il ne sera pas possible de faire passer des informations de l’un à l’autre domaine, sauf à les envoyer par messagerie, ce qui serait bien entendu moins facile et surtout non conforme aux règles d’usage. Grâce à KNOX, l’utilisateur peut donc disposer entièrement comme il veut de sa partie personnelle, sans risquer soit l’écoute par l’employeur ni un effacement malencontreux.

Vers une adoption large

Le système KNOX, déjà agréé par le gouvernement américain, est en cours de lancement par Samsung ; il concerne essentiellement les Galaxy note 2 et 3 et les Galaxy S3 et S4 ainsi que les tablettes Samsung Android. Il vient d’être lancé et 90 pilotes sont déjà en cours, dont un avec une banque en Australie et Nouvelle-Zélande. Des pilotes sont en cours également avec nombre d’institutions gouvernementales et des sociétés des secteurs du pétrole, de gaz et d’électricité). Ce pilote touche l’Europe, l’Amérique, l’Amérique du Sud, le Moyen-Orient et l’Asie, donc la quasi-totalité du monde !

Samsung n’a pas de relation exclusive avec Google ni Android ; la société coréenne diffuse également ses appareils avec Windows et Tizen. Mais KNOX n’est fait que pour Android à ce jour, les deux autres OS étant seulement en cours d’évaluation. La nécessité d’introduire un système de sécurisation pour Android a été rendu beaucoup plus impérieux ces derniers temps avec le déclin rapide de BlackBerry qui a créé une urgence pour trouver un nouveau système d’opération d’exploitation pour les mobiles en entreprise.