NFC : l’avenir des moyens de paiement ?

NFC - moyens de paiementLimonetik a invité un panel de professionnels du monde des paiements et de l’Internet à participer à une table ronde à la nouvelle Eve, à Paris : Son NGUYEN, VentePrivée.com, Delphine Desgurse, groupe La Poste, Yann Gourvennec, Visionary marketing , Pascal Burg, Edgar Dunn, Hervé Kabla, Media Aces – Be Angels, Christophe Bénavent, Université de Paris Ouest …le débat était animé par Eve Chegaray, de BFM. Je partage avec vous les notes qui ont servi à préparer cette table ronde.

Moyens de paiement : une ébullition d’innovation

Le monde du paiement est à nouveau en ébullition depuis quelques années, et ceci avec une agitation croissante. Après une période initiale très riche au milieu des années 90, puis une longue normalisation de 2000 à 2010 (où nous avons attendu le paiement mobile sans jamais rien voir venir de concret sauf sans les PVD), nous entrons à nouveau dans un cycle de turbulences et d’innovation extrêmement intéressante qui augure de nombreux changements dans les modes de paiements, les habitudes de consommation, et le paysage banquier et financier en général. Ceci, aussi bien du point de vue du Online que du Offline. Ceci est renforcé en Europe par un environnement réglementaire favorable, comme l’a démontré encore hier, le lancement du compte Nickel (fondé par l’ex patron de Boursorama). Ceci étant, aux Etats Unis, on vient seulement de découvrir la carte à puce … qu’on considère là-bas comme une “nouvelle technologie” ! NFC - moyens de paiement Une visibilité limitée

La visibilité sur cette innovation et la compréhension des changements qui vont en découler, est cependant plus délicate. C’est un euphémisme. Les innovations sont foisonnantes, depuis la monnaie virtuelle (Bitcoin depuis 2009), le NFC, sous forme de cartes, sous forme de mobiles, et son vrai-faux concurrent le Beacon, le peer-to-peer et ses avanies, les porte-monnaie électroniques (qui n’en finissent pas de se développer et d’arriver sur le marché et de s’entre déchirer dans une guerre sanglante), les paiements embarqués via les mobiles dans les taxis notamment, et l’ineffable Web to store et store to web qui sont amenés à faire tomber la barrière entre commerce réel et Internet. Cette absence de visibilité interdit toute prédiction péremptoire quant au développement de ces nouvelles technologies et de leur place dans l’avenir. Dieu seul sait laquelle de ces technologies sera prédominante, voir celles qui resteront ou qui disparaîtront, et comment elles seront mises en œuvre. Tout ceci indépendamment de la qualité intrinsèque des solutions en question.

Focus sur le NFC ; déploiement massif et décollage des usages (enfin peut-être)

Ce n’est pas complètement nouveau, mais cette fois-ci, le décollage est massif, surtout si j’en crois Pierre Métivier, à la tête de l’association du forum SMSC (Services Mobiles Sans Contact) et auteur d’un blog sur le sujet. En fait, au Royaume-Uni, le déploiement des cartes sans contact et NFC a démarré dès 2012. Tout d’abord avec une limite à 15£, vite remontée à 20£ en 2e partie de 2012. Les réticences utilisateurs ont été au départ assez nombreuses, si j’en crois les témoignages reçus lors d’une conférence sur les paiements à Londres en Juin 2012, mais l’usage s’est instauré et la distribution de la carte s’est généralisée (ils en étaient au même niveau que nous, 20 millions de cartes, il y a 2 ans). L’arrivée de la carte NFC en France est plus tardive, mais nous y sommes en plein, en ce moment-même. Le NFC sur carte bancaire, et par mobile Je reprends ici les notes issues de mes conversations avec Pierre Métivier que je remercie vivement pour son éclairage :

  • C’est le NFC par carte bancaire qui se développe le plus. On compte aujourd’hui 20 millions de cartes (par rapport à 11 millions en 2012). Rien que Carrefour, possède 2.5 millions de cartes NFC, distribuées à ses clients. Le déploiement est donc massif.
  • En 2012.1, 2 millions d’actes de paiements ont été réalisés par les cartes NFC, 7.9 millions en 2013 (facteur 7). Ceci correspond à des montants relativement modestes de chiffres d’affaires, qui vont de 12 millions d’euros en 2012 à 86 millions d’euros en 2013 (avec des paniers moyens de 10 à 11 €**). En 2014, les prévisions sont assez vagues, puisqu’on s’attend à un volant de chiffre d’affaires allant de 150 millions à 1 milliard d’euros ! Impossible donc de faire des prévisions, même à 5 ans. Tout dépend de l’adoption de ce mode de paiements par les utilisateurs, mais aussi de l’équipement des magasins. Sur les 28 milliards d’euros de transactions en 2012 (source : FBF), le NFC ne représente encore que 0.3%, même si on peut s’attendre à des augmentations fulgurantes en pourcentages … pas d’affolement.
  • Une anecdote : dans un magasin de mobiles (qui vend donc des mobiles NFC) je fais remarquer au marchand que son terminal de paiement est validé NFC (car il comporte le logo sans contact). Réponse du marchand : “Ah bon ! c’est quoi ça ? De toute façon, aucune de mes 4 banques ne propose encore ce service sur leurs CB. Nous avons décidément beaucoup de retard sur le Royaume Uni, ce qui est d’autant plus incroyable que nous avons déployé le “chip and pin” en 1990, soit près de 20 ans avant eux et que le secteur du paiement en France est une industrie très dynamique, forte de 90 000 emplois (selon Pascal Burg d’Edgar Dunn)
  • Aujourd’hui, seuls 10 % des points de vente sont équipés. Certes, tous les Carrefour, les Disney et les Gibert Joseph et d’autres enseignes sont équipés. Mais il faudra attendre la fin 2014 pour que toutes les autres grosses enseignes (dont Leclerc) se mettent au NFC, ce qui amènera ce chiffre à 50 ou 60 % environ des points de vente équipés (toujours selon Pierre Métivier). Il restera encore à équiper tous les points de vente indépendants, ce qui risque encore de nous occuper pendant un bon bout de temps. La mise en place est donc massive, mais pas immédiate.

Pour ce qui est des banques qui s’équipant en cartes bancaires NFC, une grande majorité d’entre elles est concernée, mais on compte encore des exceptions notoires comme : American Express, AXA banque, LCL … Il doit y en avoir d’autres mais c’est déjà beaucoup. Les mobiles à la traîne Du côté les mobiles, c’est un peu plus long. Il faut encore attendre qu’il y ait un alignement entre les banques et les opérateurs. On observe, comme depuis de nombreuses années dans ce domaine du paiement mobile, une guerre de positions entre les organismes bancaires, et les opérateurs, avec certains de ces derniers un peu plus en pointe que les autres. On notera en particulier Orange, présent sur ce secteur et qui a annoncé, en novembre dans son show Hello, la mise à disposition de la carte Orange cash, déjà disponible au Royaume-Uni. Il nous reste à observer l’attitude des banques par rapport à ce lancementLire la suite

10 étapes pour réussir sa création d’entreprise

Création d'entrepriseLa création d’entreprise, voilà un sujet qui intéresse les Français ! Peuple paradoxal et bipolaire, où les entreprises et les patrons sont souvent stigmatisés par certains (cf. les conseils aux patrons séquestrés par le blog la commune), mais aussi où la création d’entreprise est florissante. Un pays où la “flexibilité du travail” est vilipendée et en même temps plébiscitée par une myriade d’entrepreneurs qui osent et sautent le pas, souvent seuls. Au salon des entrepreneurs, le mercredi 05/02 à Paris, une présentation de l’ordre des experts comptables revenait sur la création d’entreprise et nous fournissait 10 conseils pour se lancer.

On observe, en 2009, un gros pic de création à cause de l’invention du statut d’auto entrepreneur. Les créations ont doublé. Pourquoi ? C’est simple à créer (ça se fait en ligne) on ne paie que si on fait du chiffre, et enfin, on peut en sortir rapidement. Cependant, il faut l’utiliser pour tester ses idées et en sortir et éviter les activités où il y a des produits à fabriquer par exemple, selon la présentation de l’Ordre des experts comptables. A noter aussi qu’au bout de 5 ans une entreprise sur deux n’existe plus.

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image par Captaineconomics.fr sur la base de chiffres de l’OCDE

En général tous les secteurs sont en recul sauf la Finance et l’assurance et aussi l’enseignement et quelques autre secteurs. Seulement 10% des sociétés emploient des salariés. La plupart des SAS sont aussi des entreprises unipersonnelles qui ont un seul salarié. La moyenne est de 2.8 employés par société. 38% des créateurs d’entreprise sont des femmes.

ON observe également une augmentation des professions libérales, car on n’a pas besoin d’investir, donc cela se comprend. La moitié des entreprises sont des auto entreprises, 30% sont des sociétés, 67% sont des SARL et 33% des SAS … “mais il n’y a pas de statut miracle” nous a dit la présentatrice, même si dans les rangs, il y avait beaucoup de plaintes contre le statut de Gérant majoritaire et son exposition au régime du RSI (indépendants).

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Valerie Beyaert, de val expertise, sur le stand de l’ordre des experts comptables

Les 10 étapes de l’idée au résultat

La création est facile car elle peut même se faire en ligne en prenant des statuts en ligne… Mais en cas de statuts non adaptés, les conséquences peuvent être lourdes. Valérie Beyaert a ensuite décrit et détaillé les 10 étapes de la création :

  1. Il faut d’abord trouver une idée : une fois l’idée trouvée, ce qui n’est pas si facile, il faut la valider en vérifiant si l’idée peut trouver son public. Il faut aussi protéger votre société en déposant son nom et surtout son nom de domaine ;
  2. Analyser votre projet personnel : cela peut aussi se faire seul. Il se peut que la raison soit de devenir son propre patron. Il faut aussi évaluer si d’un point de vue financier on peut être autonome et comptine il faut investir. Il faut aussi évaluer ses revenus et ses dépenses avant de se lancer et “éviter de se trouver face à un mur de dettes” ;
  3. Faites votre étude de marché : il y a des secteurs où c’est très compliqué (export par exemple) mais plus c’est simple et plus elle est facile et moins elle est coûteuse. Faire des hypothèses de travail et se demander si le résultat sorti est suffisant pour vivre ;
  4. Élaborez des prévisions financières et définir si le projet est pérenne. Essayez de prévoir les dépenses à 2 ou 3 ans en fonction des résultats attendus. Définir le point mort pour savoir combien de.  Chiffre d’affaires il faut faire pour équilibrer ses dépenses… En voyant si on peut éviter de se payer pendants les premières années par exemple.
  5. Évaluez les besoins de financement : savoir de combien vous avez besoin pour éviter les problèmes de trésorerie. Il faut aussi capitaliser comme en demandant à sa famille (love money) ou des investisseurs. L’expert comptable peut aider dans ce cas mais il n’est pas là pour expliquer le projet ;
  6. Les aides : il y a beaucoup d’aides en France. Il faut voir les chambres de métier et voir avec son expert comptable qui peut vous conseiller ;
  7. Choisir ses statuts juridique, fiscal et social : l’expert comptable ou l’avocat d’affaire va étudier et optimiser le choix de la société en fonction de vos objectifs. Le statut influence le statut du dirigeant aussi : SARL en indépendant ou SAS salarié. Pour ceux qui ne veulent pas commencer par la création de la société il est possible de démarrer en portage salarial. Mais entre ce qui est facturé et ce qui est retiré par l’entrepreneur il y a une grosse différence. Les couveuses et les coopératives d’activité peuvent aider à rompre l’isolement et obtenir de l’accompagnement ;
  8. Accomplir les formalités : il est préférable de passer par un expert comptable qui va s’en charger et contacter le CFE. Il connaît les formalités et cela vous évitera de perdre du temps et de faire des erreurs et surtout de vous détourner de votre activité commerciale …
  9. Installez votre entreprise : au départ, on commence par se domicilier chez soi. Mais il y a aussi la possibilité d’avoir juste une domiciliation ou de s’installer dans une pépinière où il y a plusieurs créateurs d’entreprise. Ceci aide aussi à rompre l’isolement et du soutien est possible. Il Faut absolument assurer la société et éviter les poursuites personnelles en cas de désastre par exemple. Préparer ses documents commerciaux en amont. Recruter aussi des collaborateurs ou des apporteurs d’affaire. Il faut également préparer ses outils de gestion et de suivi des règlement. Il faut aussi des outils de gestion avec des tableaux de bord qui permettront de voir si on est en phase avec le prévisionnel. Idem pour le site web ;
  10. Analyser les premiers mois d’activité : Il faut demander a son expert comptable à faire un prévisionnel de trésorerie et le mettre à jour tout seul. La trésorerie est le nerf de la guerre. La croissance est aussi potentiellement un problème si cela n’a pas été anticipé quand la nouvelle entreprise ne peut pas faire face à la concurrence. Il faut pouvoir suivre son activité au moins trimestriellement. Il faut se poser ces questions vite car il faut éviter le découvert.

Pour les formalités légales, en fonction du greffe, il faut compter 200 à 400 euros, mais avec les frais d’honoraires cela va monter à 1000 € voire 2000 ou 3000 € si on passe par un avocat. Les tarifs vont varier en fonction de la complexité de la situation mais aussi de l’avocat ; les fourchettes ci-dessus restent raisonnables.

En résumé, les experts comptables peuvent aider le créateur d’entreprise sur tout un ensemble de tâches administratives et gagner du temps pour se consacrer à ses clients en optimisant ses choix (achat d’un véhicule, perso/pro/leasing ? Chaque solution correspond à un problème). Sans expert comptable on peut avoir des rappels, des majorations et des frais supplémentaires. Les experts comptables font partie d’un ordre et ont une garantie de formation tous les ans. L’annuaire des experts comptables est disponible en ligne et il faut vérifier que l’expert comptable auquel vous faites appel fait bien partie de l’ordre.  (site experts-comptables.fr)

13 cours de Marketing Digital gratuits sans bouger de chez vous (du 10 au 14/02/14)

computer-large-newDu 10 au 14 février ne ratez pas l’événement gratuit de l’OMI auquel Visionary Marketing participe. Il vous permettra de vous former au marketing digital gratuitement et sans quitter votre fauteuil !image

Nom : OMI Digital Marketing Week 2014 (en français), du 10 au 14 février 2014 (GRATUIT)

Cours gratuits de Marketing digital :

1. Découvrez comment booster votre business avec une vision marketing à 360°

Ce qu’est une vision marketing à 360°, et en quoi cela peut vous aider à booster votre business. Comment allier le Web et le monde réel pour dévélopper son activité. Comment automatiser votre business et fidéliser vos clients avec des outils et méthodes adaptées aux PME…

Formateur : Frederic Canevet

par Visionary Marketing
2. Le contenu web historique constats et avenir

Le contenu de marque, et notamment le contenu digital est à la mode. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Quelle en a été l’évolution, comment est-il utilisé, quels sont les points d’amélioration, tels sont les points vus au cours de cette présentation qui plonge au coeur de l’historique du contenu et de son évolution future.

Formateur : Yann Gourvennec

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Relation client et innovations technologiques, les tendances

Relation client et innovations technologiques, les tendances marketing selon Yann Gourvennec – iAdvize

Auteur, intervenant, conférencier, Yann Gourvennec est spécialiste du marketing digital, du web et des médias sociaux. Ayant sillonné le monde pour de nombreux projets, Yann Gourvennec distille son expérience et ses précieux conseils au sein d’un blog, Visionary Marketing, devenu depuis peu une agence marketing digitale.

A l’aube de cette nouvelle année, Yann Gourvennec a répondu à nos questions, entre relation client et innovations technologiques.

visuel_interview_gourvennecQuelles sont pour vous les tendances marketing à adopter en ce début d’année 2014 ?

Comme chaque année de nombreuses prévisions sont faites concernant les tendances marketing à adopter. J’en retiendrai uniquement 3 pour cette année 2014.

Premièrement, nous devrions assister à une recrudescence de l’utilisation du contenu digital chez les entreprises. Ce n’est pas quelque chose de foncièrement nouveau, cependant on sent une nette accélération des tactiques de « brand content » qui deviennent un pivot du marketing en ligne. Il s’agit en 2014 de donner à ses lecteurs du contenu qui les intéressent, avec le plus d’intelligence possible, avec la différentiation et la pertinence nécessaires car le contenu créé en entreprise doit circuler, être partagé, au delà des simples employés ambassadeurs de la marque. Il faut pour autant faire attention à la manière dont ce contenu est diffusé, et éviter la recherche du « buzz marketing » à tout prix, car celui-ci, quand il est recherché pour lui-même, est une arme coûteuse, aléatoire et à double tranchant pour les marques. Le marketing de contenu rentre donc en phase de maturation, et il faut réfléchir à la façon dont ce contenu est perçu de ses lecteurs et des prospects.

Une autre tendance qui marquera 2014 se situe dans la place de plus en plus importante prise par ce qu’on appelle désormais la transformation digitale. Il s’agit d’une phase stratégique que vivent ou vont vivre les entreprises dans les 5 ans qui viennent. Le Web sort enfin de son rôle de communication décorative et il s’agit désormais de dépasser cette approche d’une « cerise sur le gâteau » qui s’ajoute au marketing, d’un accessoire de communication pour faire « moderne ». On se pose à nouveau plus de questions sur la pertinence du Web par rapport au coeur de métier, et on salue donc ainsi un retour aux questions qui étaient communes dans les comités exécutifs lors des débuts du Web.

Celui ci est à nouveau perçu comme un atout stratégique. Il était temps !

Enfin, sous cette nouvelle pression stratégique se créent de nouveaux postes de CDO (Chief digital officer). On sent une nette fusion entre le online et le monde réel, et ceci pas seulement dans le secteur du commerce, même si ce dernier est au cœur d’une révolution (Web to store/store to Web). Des postes sont créés pour gérer le marketing digital d’une entreprise, et ces nouveaux profils font la synthèse entre ces deux mondes. On assiste en parallèle à une sensibilisation très large du personnel aux technologies et au marketing digital, ces nouveaux dirigeants, souvent placés au niveau du comité exécutif, souhaitent aider leurs employés à devenir non seulement des ambassadeurs, mais des acteurs digitaux de la marque.

via Relation client et innovations technologiques, les tendances marketing selon Yann Gourvennec – iAdvize.

Hopwork met en contact Freelances et Entreprises … Tout simplement !

La start-up du jour…

eye-smallC’est Hopwork ! Le travail dans tous ses états, télétravail, tiers lieu, free-lance… est à l’ordre du jour dans une France, on y reviendra bientôt, où la création d’entreprise est florissante. Mais le concept créé par Vincent Huguet et ses amis, va au-delà de la simple création d’entreprise ; il met le doigt sur une véritable révolution du travail tel que nous le connaissons aujourd’hui. Car aujourd’hui, il n’y a pas que les entreprises qui recherchent de la flexibilité, n’en déplaise à certains politiciens grincheux. Les employés eux-mêmes, et les jeunes en particulier, sont à la recherche de nouveaux modes de travail, plus respectueux de l’individu, plus individualistes, moins contraignants, et plus indépendants. Mais voilà ! Les outils mis à disposition de ces travailleurs d’un nouveau genre ne sont pas tous très performants ; il vous suffit d’aller en ligne pour essayer et vous en rendre compte. Voilà pourquoi il m’a semblé important ici de donner la parole à Vincent Huguet, dont on rappellera qu’il est aussi l’un des créateurs du célèbre dromadaire… Et d’ici à ce qu’il nous refasse le coup de la carte Internet en réinventant un business semble-t-il éculé, il n’y a qu’un pas. Bonne chance à Hopwork!

Interview de Vincent Huguet, fondateur de Hopwork (et auparavant de dromadaire et ooprint.fr)

Freelances : pourquoi une nouvelle plate-forme sur ce domaine ?

Il y a des choses qui existent, en France comme à l’international, mais qui ne correspondaient pas à mon avis aux besoins ni des freelances ni des entreprises. À plusieurs reprises, et c’est de là qu’est venu le besoin, j’ai recherché des freelances et je recherchais quelque chose de simple une espèce de catalogue ; je cherchais un mot-clé, comme « développeur PHP » par exemple, de façon à rencontrer les profils et discuter avec eux, et il n’y avait rien de simple sur le marché.

Freelances

la vision de Hopwork pourrait venir bousculer une offre établie qui ne représente que 0.5% du marché et tire la qualité – et les prix – vers le bas

Ce qui existe, ce sont plutôt des sites où on poste une mission, un appel d’offres auquel on reçoit des réponses, et souvent le système pousse à ce qu’on ait une réponse la moins chère possible, c’est un système d’enchères inversées, et on va se retrouver avec des profils qui ne sont pas forcément très bons et en plus, on ne va pas pouvoir les contacter personnellement. Alors que, souvent, on a besoin de discuter avec les freelances, ou au moins d’échanger avec eux via Skype ou par téléphone.

Donc, le système actuel pour moi ne fonctionnait pas. Pour les freelances, ces sites-là ne sont pas appréciés, parce qu’ils tirent vers la médiocrité et poussent au bas prix et pas forcément au travail sérieux. Il n’y avait donc pas une solution simple et notre équipe, nous sommes 3 cofondateurs, 2 issus du monde des freelances, et moi-même qui viens du côté client, et nous avons construit la plate-forme qui fonctionne le mieux possible pour les 2 parties.

Le marché

Ces sites d’enchères inversées, sont en fait une minorité. Elance et Odesk qui viennent de fusionner, annoncent eux-mêmes ne couvrir que 05 % du marché mondial du recrutement des freelances. Pourquoi ? Parce qu’ils travaillent essentiellement avec des pays qui sont le Pakistan, dans le Maghreb et le Bangladesh, je n’ai rien contre le travail à distance avec ce genre de pays à bas coûts, mais c’est ils sont adaptés à des tâches très simples, qui peuvent être confiées à distance.

Pour quelque chose de plus compliqué, je pense que 90 % du marché des freelances, est composé de gens qui sont freelances français et qui travaillent pour des clients localement. Ceux-là ils peuvent travailler de chez eux, mais ils se rencontrent, les échanges se font dans la même culture et dans la même compréhension, et la collaboration entre le freelance et l’équipe de l’entreprise peut s’instaurer. Il y a aussi des freelances qui sont dans le mode « régie », c’est-à-dire qu’ils sont placés en permanence chez le client, pendant plusieurs mois.

Freelance.com, j’ai un peu de mal à décoder, mais c’est une boîte qui a un peu vieilli à mon sens, elle a à peu près 15 ans et elle fonctionne un peu comme une SSII. Ils vont travailler avec des grands comptes, et ils vont se faire référencer dans les systèmes d’achat, et ensuite ils vont placer des freelances. Ce n’est pas très simple à utiliser, si on est une PME et qu’on cherche un Web designer ou un Web développeur, on va aller sur freelance.com, on va taper la recherche, et on va tomber sur un peu n’importe quoi, et on ne sait pas trop ce qu’on trouve, ce n’est pas très facile à utiliser. Ensuite, on ne sait pas si on peut prendre directement contact avec le freelance, alors que chez nous on est sur un système très simple de moteur de recherche où on met un mot-clé, on ajoute la localisation et on tombe sur une liste de résultats, afin de voir les gens qui ont été commentés ou recommandés par les clients précédents, et ensuite on échange avec ces freelances directement. Donc c’est très simple, le moteur de recherche est simple, et nous avons beaucoup travaillé sur la présentation des profils des freelances pour qu’ils soient clairs pour l’entreprise.

hopwork

L’avenir du travail ?

C’est une tendance de fond importante. Les entreprises ont besoin de plus en plus de flexibilité, l’essentiel des emplois qui se créent aujourd’hui sont des emplois en CDD voire en intérim. On peut critiquer ce mouvement, mais c’est une réalité. La flexibilisation des 2 côtés est recherchée. Du côté des travailleurs, la génération qui arrive sur le marché du travail recherche aussi à ne pas travailler de 9 heures à 18 heures chez son employeur. Ils préfèrent choisir leurs missions et leurs clients.

Il y a un chiffre aux États-Unis où ils sont toujours en avance sur nous, qui dit qu’en 2020, 40 % des gens travailleront en freelance. C’est un terme large, disons, non-salariés. Le statut de salarié, qui a été inventé avec la sécurité sociale, après la seconde guerre mondiale, n’a pas toujours été une évidence et de plus en plus, les gens vont redevenir leurs propres employeurs et vont travailler via des missions données par les entreprises.

France et/ou international ?

Nous nous sommes lancés en juin 2013, et nous avons validé le principe et le modèle, on a amélioré le site et il y a encore beaucoup de choses à faire, mais sur 2014 nous avons accéléré et nous allons probablement lever des fonds dans les mois qui viennent. Si on valide bien cette accélération sur la France en 2014, c’est un modèle que nous étendrons sur d’autres pays européens qui ont les mêmes problématiques, et les mêmes besoins, dès la fin 2014.

Les chiffres

On a passé les 1000 freelances en décembre, en moins de 6 mois, et on est à presque 1200. Et cela avec une faible promotion et recherche de freelances, ce sont eux qui viennent spontanément et on en a à peu près une dizaine qui arrive chaque jour. On est aussi content du niveau des freelances qui viennent. Côté entreprise, il y a plusieurs centaines d’entreprises qui ont déjà travaillé via Hopwork pour proposer des missions aux freelances et on est sur un montant moyen de mission de 3500 €. C’est une moyenne, parce qu’il y a de petites missions sur un jour, et d’autres qui s’étalent sur plusieurs mois.