Cyber-flânerie : les nouvelles technologies et leur impact sur la productivité

Selon les chiffres de l’Insee, en France 99% des entreprises ont une connexion internet à haut débit et 64% ont un site internet. Aussi, 51% des salariés utilisent internet. Ce chiffre, légèrement plus élevé que la moyenne de l’Union Européenne (48%), suscite une interrogation : internet est-il un facteur de productivité pour l’entreprise ? Nous concernant, la réponse est évidente : c’est un outil indispensable pour pouvoir travailler. Mais à mesure que les salariés ont davantage accès à l’Internet sur leur lieu de travail, on observe des habitudes de surf non directement lié à l’accomplissement de tâches professionnelles. C’est ce que l’on appelle la cyber-flânerie, terme sur lequel nous sommes revenus dans un article que nous avons rédigé pour Secure-IT (transparence : Secure-IT est le blog de notre client Egedian).

Si l’on pourrait croire que l’Internet a été un important facteur de productivité, on ne constate pourtant pas de forte hausse de la productivité horaire en France. À l’inverse, on s’aperçoit même qu’elle a diminué entre 2006 et 2009. Outre-Atlantique, on observe un phénomène inverse. Cela s’explique en fait par l’investissement plus massif dans les technologies, tandis qu’au même moment la France investissait principalement dans du capital non-TIC.

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Le marketing c’est comme le football, ça se joue en équipe

Je viens de publier un nouvel article sur le blog de notre client Sparklane (L’Euro 2016 du marketing | Sparklane), au moment où nous nous préparons mentalement pour le match de ce soir entre l’équipe de France et l’équipe d’Allemagne (en tremblant un peu à l’idée que nous n’avons battu cette équipe depuis 1958 un point d’exclamation). Cette fois-ci, il s’agit d’un exercice de style, où je me suis livré à une comparaison entre le marketing et le football. J’aurais pu prendre n’importe quel sport collectif d’ailleurs, la comparaison aurait très bien fonctionné avec le rugby également. Mais les circonstances obligent. Dans ce billet, je reprends chacun des postes du football et je les compare à une équipe marketing. Le petit dessin de la feuille de match a été réalisé par Cédric Jeanblanc.

Le marketing, comme le football se joue en équipe

Avouons-le, nous avons tous été contents du dernier match des Bleus contre la valeureuse équipe d’Islande. En regardant cette victoire des Bleus m’est venue l’idée que l’on pouvait comparer l’équipe marketing à une équipe de football. Comme le football, le marketing requiert des compétences différentes et complémentaires, un esprit d’équipe et une volonté de gagner pour réussir. Que la France aille ou non au bout de cette expérience, et même qu’elle nous ramène peut-être un trophée, la comparaison restera valable. Soyons optimistes et souhaitons qu’en plus de nous faire réfléchir, cette comparaison serve de mascotte à notre équipe.

1. Le terrain c’est le marché

Football et Marketing : La feuille de match du marketing 1
la feuille de match du marketing

En marketing, il est indispensable de bien délimiter son marché, de le segmenter. Pour le B2B, c’est plus difficile que pour le marketing aux consommateurs. Il faut souvent faire de la segmentation intuitive (segmentuition), comme j’en parlais dans un article précédent. En fait c’est un peu comme le footballeur qui découvre la pelouse mitée du stade Pierre Mauroy au moment de tirer. Mieux vaut apprendre à regarder où on met les pieds avant de courir dans tous les sens. En B2B c’est surtout sur le marché PME qu’on risque les erreurs de terrain. Hyper segmentés, ces marchés de “petites” entreprises sont très divers et se sous-segmentent en fonction de leurs secteurs et surtout de leurs usages en plus de leur taille, qui n’est pas toujours le critère le plus évident. Attention aux trous dans la pelouse !

Source : L’Euro 2016 du marketing | Sparklane

Marketing de l’influence : vers la « confluence »

Le 30 juin, l’équipe Visionary Marketing et moi-même nous sommes rendus à la réunion organisée par Traackr et la content marketing académie. Cette présentation était dédiée au marketing de l’influence et au content marketing  et elle nous a apporté l’occasion d’apprendre un nouveau mot et de nous familiariser avec un concept original : celui de « confluence », qui correspond à la  contraction entre contenus et influence. Parmi les invités, nous comptions les influenceurs qui sont cités dans le rapport de Traackr et de la content marketing académie, et dans lequel Visionary Marketing figure à une bonne place. Une bonne occasion de revenir sur les fondamentaux du content marketing et du marketing de l’influence (ou plutôt de la confluence devrions-nous dire). Cette réunion était animée principalement par Karine Abbou et Nicolas Chabot (Traackr) qui sont tous les deux sur la photo ci-dessous.

Fin du marketing traditionnel, apparition du marketing de l’influence

Marketing de l'influence : vers la "confluence"
Nielsen, a indiqué Nicolas Chabit, nous confirme que les consommateurs, qu’ils ont interrogé dans le cadre d’une étude récente, voient leur confiance dans les marques s’éroder.
Marketing de l'influence : vers la "confluence"
Détournement publicitaire pour Coca-Cola
Non seulement la publicité est rapidement décodéevoire détournée par les consommateurs  – et le « branded content » est lui aussi bien souvent rejeté par des consommateurs qui ne sont pas dupes : en témoignent les articles publi-rédactionnels qui trompent le lecteur, juste le temps que celui-ci s’aperçoive qu’il s’agit justement d’un publi-rédactionnel. Ces derniers ont ainsi tendance à se réfugier dans les contenus qui font autorité, si possible émanant de personnes neutres qui analysent les marques et les phénomènes de manière rationnelle et étayée. Une défiance vis-à-vis du discours des marques s’installe donc, et le content marketing commence à s’imposer comme une alternative crédible. Lire la suite

Net neutralité : un futur de l’Internet radieux ou odieux ?

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Net neutralité : voilà un sujet qui n’est pas très sexy, il n’attire que peu de commentaires, notamment parmi les professionnels de l’Internet. C’est un sujet de Cassandres, de pleureuses, qui annoncent des catastrophes qui arriveront peut-être. Comme toutes les catastrophes qui arriveront peut-être, il n’y a pas d’assurance qu’elles se produisent. En parler ne crée pas l’enthousiasme. Et c’est le cas de la Net neutralité. Et pourtant, il s’agit d’un sujet important qui mérite d’être mis sur la table, même s’il fait grincer des dents ou qu’il peut, c’est le risque que je prends, vous faire passer pour un dangereux gauchiste ou un non moins dangereux réactionnaire, les deux extrêmes se rejoignant. Je suis fasciné de voir à quel point les jeunes professionnels que je retrouve dans les classes sur les bancs des écoles, qu’il s’agisse de  formations initiales ou d’exécutives, ont un esprit critique assez peu aiguisé vis-à-vis de la situation actuelle de l’Internet. Est-ce dû au fait qu’ils n’ont pas connu les années pionnières du Web où tout était possible ? La réduction de l’offre et des possibilités ne leur posent-elles pas de problèmes ? Le monde s’est-il mercantilisé au point d’en oublier ses principes fondateurs et fondamentaux ? Pourtant, cette situation n’est pas nouvelle. Je l’ai décrite plusieurs fois : la loi de Zipf tend à réduire la diversité de l’offre des services sur le Web. C’est une règle naturelle de l’économie, quand un marché mûrit il tend à se rétrécir en termes d’offres. Sur Internet, cela signifie toutefois quelque chose de plus grave et prend des proportions démesurées. Car l’Internet n’est pas seulement un espace marchand. C’est également un accès au savoir. On pourrait même dire que d’une certaine manière il devient l’accès principal de savoir beaucoup de personnes. De juger si cela est une bonne ou mauvaise chose est une autre affaire. Revenons donc à la Net neutralité, notre sujet du jour.

La net Neutralité ou neutralité du Net

Le sujet de la net neutralité est un sujet important. Il est souvent mis en avant par des associations libertaires comme la quadrature du Net. Voici la définition qu’ils donnent de ce phénomène :

La neutralité du Net (ou Net neutralité) est un principe fondateur d’Internet qui garantit que les opérateurs télécoms ne discriminent pas les communications de leurs utilisateurs, mais demeurent de simples transmetteurs d’information. Ce principe permet à tous les utilisateurs, quelles que soient leurs ressources, d’accéder au même réseau dans son entier. Or, la neutralité est aujourd’hui remise en cause à mesure que les opérateurs développent des modèles économiques qui restreignent l’accès à Internet de leurs abonnés, en bridant ou en bloquant l’accès à certains contenus, services ou applications en ligne (protocoles, sites web, etc.), ainsi qu’en limitant leur capacité de publication.

Net neutralité
La net neutralité est un sujet grave : regarder Internet au travers d’une seule fenêtre ne vous gêne-t-il pas ?

Mais la neutralité du net s’arrête pas là. Si les opérateurs sont parfois épinglés pour certaines pratiques à la limite du respect de ce principe fondateur du Web (on parle souvent de DPI ou Deep Packet Inspection, la capacité à décrypter la nature des messages que vous échangez), rien n’indique qu’il soit dans leur intérêt de poursuivre plus avant ce genre d’actions. Par ailleurs, les opérateurs sont en concurrence, et on peut même s’attendre à ce que cette concurrence accroisse ici les années qui viennent, sur un plan plus européen. La  Net neutralité à mon avis, s’étend également aux autres acteurs du Web. À ce que les opérateurs notamment les OTT (Over The Top).  C’est-à-dire ceux qui fournissent des services au-dessus des infrastructures des opérateurs, et notamment les quatre principaux que l’on rassemble au travers de l’acronyme GAFA (auxquels on peut rajouter un M pour en accueillir un cinquième). Eux, peuvent se livrer en toute impunité à de l’analyse en profondeur des données que vous fournissez, aux messages que vous envoyez, aux échanges que vous réalisez en ligne. C’est sans doute le côté le plus noir des Big Data. Il n’a pas grande portée, soyons clair, aujourd’hui, mais imaginons qu’une tentation totalitaire se fasse jour ici ou là, notamment aux USA où la présidentielle prend des accents assez nauséabonds. Il y a quand-même de quoi se poser des questions.  Lire la suite

15 astuces pour survivre à votre boîte mail

usage du mailLa semaine dernière fut très riche pour nous, de manière quasi surréaliste, à un moment où tout Paris semble s’est égayé pour jouer au football ou faire les soldes aux Galeries Lafayette (proches de Visionary Marketing, c’est pour cela que nous les y voyons). Elle fut riche surtout car je me suis rendu à Toulouse voir mon client ThalesAlenia Space, la branche spatiale de Thales, filiale en joint venture avec les italiens de Finmeccanica (devenus Leonardo entretemps). Thales organisait en effet une journée du bien-être au travail et ils ont eu la gentillesse de m’inviter. Ce fut une journée très riche, non seulement du fait du très chaleureux accueil dont j’ai fait l’objet, mais par la profondeur des échanges et surtout, du fait de l’existence des résultats d’une étude que nous avons menée nous-mêmes, avec le concours de l’entreprise, sur 130 cadres utilisateurs du mail. Les résultats sont très intéressants. Rarement ai-je eu la possibilité de toucher de véritables chiffres sur ce domaine, car nous avons toujours tendance à nous en remettre à des études américaines, légèrement décalées par rapport aux usages de ce côté de l’Atlantique. Cette fois-ci j’ai pu baser ma conférence sur de véritables chiffres, émanant de retours réels des cadres de Thales. Il serait sans doute intéressant de reproduire cette expérience sur d’autres clients. Si vous étiez intéressé, n’hésitez pas à me contacter. Je mets également la présentation de ces chiffres en téléchargement via Slideshare sur l’échantillon final, supérieur à 130 répondants.

La conférence a commencé par quelques présentations. Le temps de me retourner et de me rendre compte que j’utilise le mail depuis : 28 ans ! Malgré cet exploit, et le fait que j’écrive et présente sur ce sujet depuis près de 20 ans, j’ai trouvé mon Maître en la personne d’un directeur de l’innovation d’une grande banque de mes amis, qui m’a montré son iPhone. J’en ai récupéré ultérieurement une copie d’écran que voici :

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Oui, vous avez bien lu, 31 158 emails non lus. En fait il a cessé de les lire… sauf s’ils émanent du patron car dans ce cas il a une alerte. On peut désapprouver, mais dans tous les cas, ce cas extrême est bien là pour nous rappeler qu’il y a quelque chose de cassé dans la communication de bureaux. Intuitivement, tout le monde le sait. En fait, on en aura la preuve ensuite, la moitié seulement de tout le monde. Deux visions en effet s’affrontent : celle d’une population accro à l’email, qui ne peut s’en passer et en fait son outil favori, voire unique (j’ai même vu des gens me dire « mon travail c’est d’envoyer des mails » Sic !) et celle d’une population qui – sans nier les qualités de l’outil – sent au-moins intuitivement que quelque chose est cassé dans ce mode de communication, que ça ne fonctionne pas, et que le poids porté par les cadres est sans cesse plus lourd. Au Royaume Uni, ou du moins ce qu’il en reste par la grâce de Dieu et de Saint Georges, on parle même d’épidémie de mails au travail et on accuse le mail de tous les maux, et notamment celui d’être responsable de la faible productivité au travail britannique).

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Dans tous les cas, la fameuse vidéo Email in Real Life de Tripp & Tyler est là pour nous le rappeler, les usages du mail sont à revoir (d’où mes tuyaux ci-dessous).

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