Transformation digitale des banques (2) : les défis de la refonte du back-office

La plupart des banques investissent massivement dans la transformation digitale. Leur démarche est avant tout centrée sur l’amélioration de l’expérience client, comme je l’ai montré dans mon précédent article. Ainsi, un tiers des 31 milliards de dollars investis en 2011 par les banques dans la transformation digitale a été affecté au développement de leurs services mobiles (mobile banking). Toutefois, si l’on considère l’ensemble des enjeux de la transformation digitale des banques, ce volet ne représente que la partie émergée de l’iceberg. Pour la banque de détail, il existe un potentiel d’opportunités bien supérieur lié à la dématérialisation des opérations et à la modernisation de son back-office. Se limiter à la refonte du réseau de distribution et au développement de l’omnicanal, serait donc une erreur stratégique pour restaurer la croissance et relever le défi de la compétitivité.

L’infrastructure IT des banques date des années 70-80 : sa modernisation est inévitable

Aujourd’hui encore, les banques continuent de s’appuyer sur une infrastructure IT déployée dans les années 70-80. Des systèmes complexes, dont la mise à niveau serait très coûteuse. Les remplacer sans affecter la continuité des opérations bancaires s’avèrerait en outre être un véritable défi. C’est la raison pour laquelle la plupart des banques se sont contentées de développer des applications supplémentaires qui fournissent au client une interface utilisateur améliorée, mais continuent de fonctionner à partir du noyau technologique existant.

A moyen terme, cette solution ne sera toutefois plus tenable.

D’abord parce qu’il sera de plus en plus difficile de répondre sur cette base aux exigences toujours plus grandes des clients en termes de disponibilité, réactivité et fluidité des services bancaires. L’infrastructure technologique vieillissante des banques deviendra rapidement un obstacle insurmontable à l’amélioration de l’expérience client dans laquelle elles investissent tant d’efforts.

Ensuite, parce que la réorganisation du réseau de distribution et le développement de l’omnicanal ne suffiront plus à poursuivre la nécessaire réduction des coûts d’exploitation bancaire. Tôt ou tard une refonte et une rationalisation des process de back office s’imposeront. Actuellement le back-office des banques de détail doit gérer entre 300 et 800 process différents. Des opérations qui nécessitent beaucoup de personnel et qui sont peu dématérialisée. Aux Etats-Unis, une l’octroi d’un simple prêt hypothécaire nécessite en moyenne 35 interventions manuelles sur des dossiers imprimés. La banque américaine TD estime ainsi la consommation annuelle de papier à 10000 feuilles par collaborateur. Ces simples exemples suffisent à mettre en lumière les retards en matière de dématérialisation et d’automatisation des opérations.

Enfin, parce que le mode de fonctionnement actuel aboutit au stockage de l’information en silos, ce qui est peu compatible avec l’enjeu stratégique que représente la collecte, le croisement et le traitement des informations pour tirer parti des opportunités business issues des big data.

Pourquoi la transformation digitale du back office bancaire est-elle nécessaire ?

Comment opérer la transformation digitale du back-office bancaire ?

Les technologies numériques peuvent aider les banques à rationaliser efficacement leurs processus et ainsi réaliser de substantielles économies sur leurs coûts d’exploitation. Pour rendre possible cette étape de leur transformation digitale et consentir les investissements nécessaires, elles devront redéployer leur budget consacré à l’IT dont 90% est actuellement consacré à la seule maintenance d’une infrastructure technologique lourde et vieillissante.

Capgemini propose une typologie intéressante des technologies à mettre en œuvre, en trois catégories fondée sur le montant des économies annuelles qu’elles offrent et le niveau d’investissement nécessaire à leur déploiement.

1- Les solutions tactiques qui exigent de faibles niveaux d’investissement et peuvent être mises en place sans passer par une refonte massive de l’infrastructure IT existante. Elles concernent les activités bancaires de base, telles que l’ouverture de compte ou le traitement des dossiers de crédit, par exemple. Elles permettent de réduire l’utilisation du papier et d’accélérer les délais de traitement. Le retour sur investissement est rapide, généralement en moins d’un an. Parmi ces solutions : le Document Management System (DMS) et la signature numérique.

Le Doument Management System accompagne la dématérialisation des documents. Il permet la réduction des coûts humains, des coûts d’impression, mais aussi les coûts induits par les éventuelles erreurs ou la perte de documents papier. Capgemini évalue à 6% la réduction annuelle de coûts obtenue grâce à cette technologie de gestion des documents dématérialisés.

Alors que le système actuel repose largement sur la signature manuelle des documents et contrats, ce qui oblige les entreprises et les particuliers à imprimer et transmettre un volume considérable de documents, la généralisation de la signature électronique simplifierait les procédures, tout en réduisant substantiellement les coûts d’impression. En France, le groupe BPCE a lancé un programme de signature électronique pilote qui permet aux clients de lire et de signer leurs contrats sur les tablettes. Une initiative qui devrait permettre d’économiser 1 milliard de feuilles de papier par an. En outre, il apparaît que la signature électronique permet d’augmenter les taux de conversion.

2- Les solutions stratégiques, comme le Business Process Management ou gestion des processus métiers qui permet d’avoir une vue d’ensemble des processus métiers de la banque pour les optimiser et les automatiser autant que possible. Une solution de BPM est une plateforme intégrée qui combine la surveillance de processus en temps réel, modélisation et optimisation des capacités. Contrairement aux solutions tactiques qui sont généralement mises en œuvre de manière statique, le BPM fonctionne sur le principe d’amélioration continue. Il permet ainsi des réductions de coûts qui sont durables sur le long terme.

Au Royaume-Uni, Lloyds Banking Group a investi en 2011 dans un programme de transformation digitale de son back office sur 4 ans, incluant le déploiement d’une application de BPM qui a permis d’automatiser et de simplifier les processus bancaires complexes jusqu’alors manuels. Cette initiative a permis de réaliser des économies annuelles de £ 352 000 000, et une réduction de 7% des coûts totaux. Le nombre de processus uniques est passé de 700 à seulement 23, contribuant ainsi à réduire de moitié le nombre d’erreurs manuelles. En 2014, l’objectif de Lloyds Banking Group était de parvenir à 1,7 milliards £ d’économies.

3- Les solutions de transformation, quant à elles, réclament des investissements plus élevés pour un retour sur investissement plus long. Leur impact est ressenti à tous les niveaux de l’organisation. Elles permettent l’innovation  « produit » et le développement de nouvelles applications, web ou mobiles, destinées à améliorer l’expérience client grâce à une parfaite intégration du back office et des front office. Ainsi capables de consolider les données provenant de systèmes disparates, la banque peut ainsi répondre rapidement aux exigences du marché et fournir à ses clients une expérience sans faille.

 

La transformation digitale du back office bancaire constitue une révolution encore plus profonde que celle de la relation client. Par la refonte des process et une large part accordée à l’automatisation, elle induit d’importants changements sur les métiers de la banque. Je traiterai dans un prochain billet le volet ressources humaines de la transformation digitale des banques.

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Lire aussi : Transformation digitale des banques (1) : Repenser la distribution autour de l’expérience client


 

 

Le véritable Internet des objets n’est pas celui que vous croyez

L’ Internet des objets est pour moi un étrange sujet. En tout premier lieu, c’est un thème aussi vieux que l’Internet. J’ai entendu parler de réfrigérateurs connectés dès 1996. Après avoir disparu pendant quelques années[1], le sujet a ressurgi voilà quelque temps. En même temps, même si l’on en parle encore au futur, il faut reconnaître que nous sommes déjà familiers de l’ Internet des objets. Vous avez très certainement un Smartphone, une montre connectée, ou encore une ceinture cardio que vous sortez le dimanche lors de votre exercice physique matinal. Pourtant, l’ Internet des objets pourrait bien finir par devenir quelque chose de totalement différent. Après tout, qui sait comment cela peut évoluer ? C’était exactement le discours de Doc Searls, lorsque le co-créateur du Cluetrain Manifesto a décrit sa propre vision des choses à venir. Et vous allez le voir, ses conclusions sur ce domaine apparemment anodin et rabâché, ne sont pas exactement celles que l’on peut lire partout.

NB : Cet article a été écrit suite à la conférence Youstice de Prague qui réunissait des pionniers du Web mi octobre 2014 et a été traduit par nos soins en ce début 2015. Par transparence, il faut préciser que Youstice est devenu notre client

Internet des objets : « aujourd’hui, c’est un peu comme les ordinateurs en 1978 ! »

Internet des objetsPour décrire la situation actuelle concernant les objets connectés, Doc Searls fait un parallèle avec le début de l’informatique à usage personnel : « C’est un peu comme en 1978 , du temps des ordinateurs personnels, de nombreux standards ont émergé, mais la plupart n’a pas abouti ». « Nous avons le même souci aujourd’hui : l’ Internet des objets, c’est aujourd’hui le Google des objets, l’Amazon des objets, le Facebook des objets, etc. Et dans ce domaine, c’est pour l’instant Amazon et Google qui s’en sortent le mieux. »

Cependant, nos efforts sont voués à l’échec, dans le cas où l’on réussi à connecter tout ce que l’on a… si on oublie de penser au parcours du consommateur. « Esteban Kolsky a complètement inversé le cycle d’achat du consommateur [2] » Continue Doc Searls. « Nous possédons de nombreux objets qui ont une identité. Le marketing voit le consommateur comme un acheteur, alors qu’il est avant tout un propriétaire, le possesseur d’un objet. »

Internet of things
Diagramme d’Esteban Kolsky, pris sur son blog

 

Or, l’expérience et la possession sont un point essentiel : nous ne sommes pas dans l’acte d’achat, et l‘expérience se gagne sur la durée, dans l’utilisation d’un produit ou l’adoption d’une technologie. Le fait même que l’on aime un produit ou non évolue avec le temps.

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Afin d’illustrer son propos, Doc prend pour exemple le travail de Paul Windley [3], qui pense que l’on devrait imaginer l’ Internet des objets d’une manière différente. « Supposons que quand vous achetez une voiture, vous disposez d’un Cloud, un espace virtuel où vous avez tout l’historique de vos services. Ce que nous avons là est un espace où vous pouvez apporter et vous servir de tout ce dont vous avez besoin. »

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Doc Searls explique le diagramme de Kolsky, dessiné au tableau

Dans cet univers des objets connectés, toutes ces données constituent un point de contact entre le client et l’entreprise. C’est une « technologie à la première personne” (« first person technology ») ajoute Searls. Le client contrôle seul son Cloud, sa caméra etc. « La question n’est pas de savoir comment les personnes voient l’ Internet des objets, mais comment je peux faire pour inverser les rôles».

Internet des objets : “Ford veut vous espionner, pas VW”

Ethan Katsh, l’inventeur de la discipline de la résolution des litiges en ligne s’interroge également : « Qui possède le Cloud ? Qui possède les données de ce Cloud de l’ Internet des objets ? ». Pour Doc Searls, « dans l’industrie automobile, les choses sont en mouvement », et les constructeurs sont loin de partager le même avis. Par exemple, Ford « veut espionner, veut placer de la publicité sur le tableau de bord. À l’opposé, Volkswagen prétend qu’ils ne souhaitent pas construire une immense « méduse » de données : pour le constructeur allemand, l’erreur que l’industrie de l’IT est en train de commettre doit être évitée. », poursuit Doc. « Si nous, les consommateurs, prenons le contrôle sur notre cycle d’achat, cela peut être bénéfique pour notre industrie ». Et nous ne sommes limités que par notre imagination. « Les distributeurs comme Tesco ont accès à une quantité illimitée d’informations, uniquement avec les cartes de fidélité des clients. Cela ouvre des perspectives sans bornes pour ces entreprises. ».

Notes de lecture

[1] Si on fait abstraction des quelques contre exemples à forte coloration R&D qui ne manquent pas de ressurgir de temps en temps comme par exemple : http://group.electrolux.com/en/a-refrigerator-that-thinks-intelligent-refrigerator-will-simplify-homes-4349/

[2] http://blogs.law.harvard.edu/vrm/tag/esteban-kolsky/

[3] ttps://twitter.com/windley

10 conseils pour les entrepreneurs avec le livre  » j’ose entreprendre « 

Futurs ou jeunes entrepreneurs, écoutez ces conseils de bon sens

Inviter Stéphane Degonde à nous parler de création d’entreprise dans nos locaux de la rue Taitbout avait une signification très profonde pour moi, alors que cela fait presque un an que j’ai quitté mon employeur pour me lancer dans la grande aventure entrepreneuriale (avec son aide d’ailleurs, que mes anciens collègues et désormais client en soient ici remerciés). Du moins j’espère qu’elle le sera et je fais tout pour cela. Il y a à peine un an je me posais les questions que nous avons soumises à Stéphane et si vous m’aviez interviewé à l’époque j’aurais certainement été embarrassé de vous dire quoi que ce soit d’intelligible tant j’étais dans l’action.
Et pourtant ces questions, je me les suis posées, sans même me l’avouer tout à fait, mille et mille fois, avec un mélange d’assurance issue de ma longue expérience et de candeur de débutant qui ignore tout de ce qui va suivre. Car l’entrepreneur, quand il est seul, du moins au démarrage, ne sait pas toujours où ni comment aller de l’avant, doser son effort, gérer sa vie personnelle – où le peu qui en reste – exercer son métier, apprendre ce qu’il ne sait pas ; créer son entreprise équivaut à monter une montagne par toutes les faces en même temps, c’est souvent intimidant, mais c’est aussi terriblement excitant.

conseils pour les entrepreneurs par Stéphane Degonde
Retrouvez les conseils pour les entrepreneurs de Stéphane Degonde sur twitter : #JoseEntreprendre

Alors notre entrepreneur se tourne vers tous les gens qu’il rencontre, ses amis, ses connaissances et même n’importe quel étranger qui passe et qui peut d’une manière ou d’une autre avoir un avis, de près ou de loin, sur la question. Et cet entrepreneur, dès lors, entend tout : le vrai comme le faux, le bon conseil qui sauve et le mauvais plan qui est dangereux, sans oublier les oiseaux de mauvais augure qui vous mettent le moral à zéro. Et n’oublions pas les vantards qui gonflent leurs chiffres d’affaires pour vous montrer que vous n’êtes pas à la hauteur. Pas grand chose de nouveau depuis les salles de classe. C’est là que j’aurais aimé avoir un ouvrage comme celui de Stéphane entre les mains, car ses conseils sont lumineux, faits de bon sens et faciles à comprendre. Bien des écueils qu’il décrit je les ai heureusement évités, mais il faut rester vigilant, et ne jamais être complaisant, toujours rester concentré, même s’il faut savoir se ménager, comme il me l’a prescrit, à juste titre, lors de notre rencontre de cette semaine. Écoutez donc bien ces conseils, futurs ou jeunes entrepreneurs (dans ce métier on peut être « jeune » et avoir passé comme moi les cinquante ans) car ils vous seront utiles et vous éviteront bien des erreurs.

Les conseils de Stéphane Degonde pour les entrepeneurs – interview

Quand on envisage de devenir entrepreneur, on se retrouve face à une multitude de questions : à quel moment doit-on se lancer ? Avec qui s’associer ? Doit-on garder son idée ou la partager autour de soi ? Autant de questions qui peuvent angoisser, voire empêcher l’ex-futur entrepreneur à ne jamais passer à l’acte. Stéphane Degonde, auteur du livre J’ose entreprendre ! et du blog Une vie d’entrepreneur, réussir contre vents et marées nous apporte son expertise en entreprenariat pour vous délivrer 10 conseils fondamentaux pour réussir à gérer son entreprise nouvellement créée.

5 conseils à suivre pour les entrepreneurs qui veulent se lancer

1. Faire son bilan humain

Réfléchir à ce que l’on est véritablement et les raisons pour lesquelles on a envie de créer et d’entreprendre. Trop d’entrepreneurs se lancent avec un cliché autour de cette audace et une vision de l’entreprise qui n’est pas forcément leur entreprise et qui n’est pas l’idée qu’ils se font de leur réussite. Ils répondent pour beaucoup à des clichés de la start up, avec de la croissance, des investissements, des équipes parfois lourdes. Cela ne correspond pas véritablement au projet qu’ils pourraient porter. Il y a d’autres entrepreneurs pour qui l’entreprise est individuelle, unipersonnelle, avec de petites équipes et une grande liberté. Il faut véritablement prendre conscience de ce à quoi on aspire véritablement en tant qu’entrepreneur.

2. S’associer sans se tromper

Trop d’entreprises disparaissent dans leur phase 0-3 ans à cause d’une mauvaise entente entre associés. L’une des raisons pour lesquelles on se trompe est que trop souvent, on ne vise qu’une chose : la complémentarité des associés. On en oublie une autre, qui est la correspondance des associés. La correspondance des ambitions, des aventures, des aspirations, des contextes personnels… Par exemple, si un collaborateur a 50 ans, est marié, a des enfants, un crédit, sa configuration d’entrepreneur ne sera pas la même qu’un jeune célibataire de 25 ans. Ces contextes et le rapport que l’on peut avoir avec son contexte personnel, vont avoir une implication très forte pour l’entreprise. Une grande question pour les entrepreneurs est de discuter au delà de la complémentarité technique, pour voir les valeurs partagées, leur éducation, et leurs aspirations.

3. Ne pas chercher les investissements à tout prix

Beaucoup d’entrepreneurs se lancent dans la création d’entreprise en pensant avant toute chose à la levée de fond. La première chose à laquelle devrait penser un entrepreneur, c’est de vendre ses produits ou ses services. Il faut bien retenir que le premier investisseur de l’entrepreneur, c’est son client. Son client va lui générer du chiffre d’affaires, fournir du profit, garantir sa trésorerie. La priorité pour un entrepreneur est donc d’avoir des clients pour faire du profit, Le financement viendra plus tard. D’autre part, le financement sera facilité, voire rendu possible dès lors que l’entrepreneur aura trouvé son marché et validé son business modèle.

4. Parler de son idée

Trop de personnes ont une idée et refusent d’en parler. En général, lorsque quelqu’un dit « j’ai une idée mais je ne peux pas t’en parler », le projet reste à l’état d’idée et ne se développe jamais. Il est essentiel de parler de son idée, car cela va permettre deux choses : lorsque l’on parle de son idée autour de soi, on se donne la possibilité de voir cette idée améliorée, nourrie par l’avis, par l’expérience des autres. Aussi, plus on en parle, plus on verbalise son idée, plus on la rend intelligible, plus on s’approprie le sujet, et au final, on commence à la vendre. Une idée dont on parle, c’est une idée que l’on vend. C’est le même fonctionnement que pour l’entretien de recrutement : on n’est pas très bon au départ, mais plus on avance, meilleur on est. L’idée est la même. Lorsque l’on fait les premiers pitchs devant des investisseurs, on est rarement excellent, puis, plus on avance dans ces pitchs, meilleur on est et plus on a de chances d’être financé. Il en est de même pour les clients.

5. Savoir célébrer les succès et ne pas faire des échecs un événement

On a une vision trop souvent négative, focalisée sur les échecs et pas assez centrée sur les succès. Un point est pourtant essentiel : plus on avance dans sa vie d’entreprise, plus on rencontre de « petits succès », et plus on célèbre ces « petits succès », plus on en fait une source de motivation. Prendre conscience des échecs et des raisons pour lesquelles on a failli est également important : cela doit servir d’apprentissage. Mais les succès doivent être célébrés pour emmener les collaborateurs dans cette logique de développement de l’entreprise, basée sur les succès.

5 écueils à éviter pour les entrepreneurs qui veulent se lancer

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Comment la révolution digitale transforme le monde – avec Gilles Babinet

Le monde digital est depuis quelques années en plein effervescence, et cette digitalisation en expansion  influe considérablement sur notre monde physique (donc sur la croissance). En effet, la révolution digitale représente un facteur de croissance indéniable pour les pGilles_babinet2ays et les entreprises qui savent l’exploiter : à l’image de M Pesa le service de paiement par téléphone lancé au Kenya en 2007 et qui a connu un succès immédiat pour devenir aujourd’hui le premier service de paiement mobile dans un pays en développement, fort de ses 26 millions d’abonnés. Si nombre d’entreprises savent exploiter cette révolution digitale, il est indispensable que les acteurs ayant le pouvoir de réguler et de normaliser, c’est-à-dire les états, ne s’opposent pas à cette révolution et acceptent ce changement inévitable, pour chercher à tirer parti de cette mutation : cela commence par le monde de l’éducation qui devra se renouveler pour ne pas se laisser submerger par la vague du numérique.

Pour nous parler de révolution numérique, qui de mieux que Gilles Babinet, responsable des enjeux de l’économie numérique pour la France auprès de la commission européenne ? Le « digital champion », serial entrepreneur, et auteur de L’Ère Numérique, un nouvel âge de l’humanité répond à nos interrogations sur un sujet capital, celui de la révolution digitale.

Nous sommes en train de vivre une véritable révolution digitale. C’est quelque chose de réel et que l’on peut mesurer. Comment fait-on ?

On la mesure par les chiffres, d’abord par le nombre d’internautes, en croissance exponentielle ces derniers trimestres. Il y a aussi des indicateurs, comme la croissance économique, notamment dans les pays africains où l’on voit l’impact de façon extrêmement claire dans les chiffres de la croissance du PIB.

Est-ce un des moyen de développement de l’Afrique ?

Je pense, car l’Afrique souffre d’un manque d’infrastructures, et ce que l’on observe c’est que les gains d’opportunités qui sont permis par le digital permettent de suppléer à cette absence d’infrastructures.

Il y a un exemple dans le développement digital en Afrique : c’est M Pesa.

Dans un pays comme le Kenya, il y a 40 millions d’habitants : 26 millions ont un compte M Pesa, et la très grande majorité de ces personnes sont des primo accédant du système bancaire. Cela aboutit à un accroissement des assets (actifs) de la banque centrale et 4% du PIB Kenyan est directement issu des bénéfices de M Pesa. Aujourd’hui, tous les pays africains souhaitent avoir l’équivalent de M Pesa.

Site internet de MPesa de Vodafone, connaissant un vif succès au Kenya
Site internet de MPesa de Vodafone, connaissant un vif succès au Kenya

L’essentiel de l’économie est-il en train de se virtualiser ?

La question est plutôt de savoir à quel terme. C’est certain que l’on voit un impact du numérique dans tous les segments d’activité économique. Cet impact est plus ou moins élevé, mais il sera appelé à être croissant dans les années à venir.

Cette révolution numérique n’a pas encore été comprise par certaines entreprises… Quel message peut-on leur faire passer ?

Je pense que les sociétés doivent comprendre que c’est un enjeu de management. Les sociétés commettant des erreurs sont des sociétés qui créent des directions numériques. Je pense que c’est quelque chose à éviter : c’est un sujet à porter au top niveau du management et avoir une vision digitale, une stratégie digitale. C’est important et je ne le vois pas toujours.

Il y a aussi un dernier groupe de personnes à qui il faut faire passer le message : ce sont les états, car ils sont aussi impactés par cette révolution numérique. Que peut-on leur conseiller ?

Ils ont un rôle important dans l’émergence de la société numérique, notamment par la force de régulation et de normalisation dont ils disposent naturellement. Je crois que les états qui essaient de freiner la révolution numérique, sous prétexte de protéger l’emploi, et les conditions sociales, se mettent en danger. Cela a des effets négatifs à moyen terme.

Dernier point : la révolution du monde de l’éducation. Nous n’en sommes encore qu’au début…

La révolution numérique va toucher l’ensemble du monde éducatif et plus globalement l’ensemble du monde, car la vitesse de distribution de l’information et de l’éducation, c’est directement un facteur de croissance. Je crois que nous sommes en train d’accroitre cette vitesse de façon très significative. Nous sommes au tout début de cette révolution éducative qui prendra de l’ampleur et nous aurons très probablement des surprises de la part de zones qui ne sont pas traditionnellement innovantes.

De l’affiliation à l’affinité avec François Deltour

Deux ans après notre dernière interview avec François Deltour, patron d’Effinity (nouveau nom d’Effiliation*) il nous fallait faire un nouveau point sur l’affiliation et où elle allait. Parle-t-on encore d’ “affiliation équitable” ? Celle-ci fait-elle partie au contraire d’un paysage en pleine reconfiguration ? Plongeons dans le monde du Web à la performance avec un de nos meilleurs spécialistes et pionnier du Web marketing

*Transparence : François (et Effinity) est mon associé dans Visionary Marketing, comme cela est indiqué sur notre site Web 

Il y a deux ans, nous avions parlé d’affiliation équitable, quel est le constat et vers quoi évolue t-on aujourd’hui ?

L’affiliation équitable est une expérience passionnante que nous avons mise en place voilà deux ans, avec le parti pris consistant à ne pas rémunérer uniquement le dernier acteur d’une chaîne de transformation mais tous les contributeurs. Cela nous a éclairé sur la façon dont ont doit accompagner le client dans le programme de mise en place d’affiliation et de stratégie d’acquisition.

Il y a quand même cet enjeu du dernier clic…

Le dernier clic est un sujet très intéressant : c’est la doctrine qui prédomine dans l’univers des e-marchands car c’est simple. Or, tout ce qui est simple est faux, tout ce qui ne l’est pas est inapplicable… La beauté de la simplicité rend ce concept facile, cependant c’est faux. C’est d’autant plus paradoxal que l’on est à l’ère des Big Data et que l’on cherche des informations sur les client, et là, sciemment, les marchands décident d’oblitérer toute une partie de l’information, c’est-à-dire la façon dont le client est arrivé jusqu’à eux. Le dernier clic, c’est la survalorisation du dernier acteur et cela fait perdre énormément d’information.

Que se passera t-il dans le futur ?

Tous les jours, les outils s’enrichissent, que ce soient les nôtres avec les systèmes de tracking,d’attibution de commissions sur plusieurs acteurs etc. On rentre dans une ère plus sophistiquée, plus enthousiasmante.

Et par conséquent, le business model d’Effiliation est en train de s’élargir pour aller au delà de l’affiliation.

Effectivement, le business s’élargit de plusieurs façons : d’abord, on a fait le constat que dès lors que l’on s’intéresse à remonter dans la chaine de transformation et aller à la source de la prescription, la nature des prescripteurs varie. Il est évident que nous ne somme pas influencés par les mêmes personnes dès lors qu’il s’agit d’acheter une photocopieuse ou un pantalon. Les inspirateurs et les personnes compétentes ne sont pas les mêmes : chez nous, cela se traduit en termes d’organisation, de verticalisation de nos activités, avec la mise en place d’acteurs très spécialisés dans des écosystèmes différents. Nous avons démarré avec trois univers particuliers : le B2B que l’on connaissait bien puisque nous avions déjà une agence B2B, la mode avec la création d’Effinity Style, et la décoration et ameublement avec Effinity Home. Lire la suite