Email : environ 50% du temps de « travail » et autant de stress

La lecture du jour …

Est une sélection d’infographies et un article de Forbes (2013) sur l’usage du mail au travail qui m’a fait froid dans le dos et m’incite à continuer de chercher de l’information sur ce sujet que je considère vraiment comment un sujet majeur du mal-être au travail mais aussi de l’inefficacité des organisations. L’email est d’ailleurs un peu ma bête noire depuis longtemps, vu que je l’utilise au travail depuis 1988 (Unisys était un véritable pionnier en la matière). Au fil du temps, l’email est devenu un outil “indispensable » dont on ne peut nier l’utilité, notamment lorsqu’on exerce une profession commerciale ou assimilée. Mais en même temps, on observe tous les jours un peu plus sa nocivité quand il est mal utilisé, notamment au travail. Malgré tous les discours et les tentatives courageuses, comme celle d’Atos que nous avons décrite en colonnes, l’e-mail est là pour rester encore un bon bout de temps et je suis donc parti à la recherche de quelques statistiques ; voici le résultat de mes recherches.

L’e-mail n’est pas mort, loin de là … hélas

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Les chiffres sont vertigineux : en nombre de comptes, de messages, de mises à jour quotidiennes, il n’y a pas photo. En prime, on compare des choux et des carottes car faut certainement pas loin de 10 messages instantanés pour passer 20 % de ce que l’on peut écrire dans un mail et encore … Quant à comparer les médias sociaux et une correspondance email, je pense qu’il est très difficile de faire le lien. Les médias conversationnels sont en effet très différents de l’email et ne s’adressent d’ailleurs pas à une ou un groupe de personnes en particulier, mais à l’ensemble d’un lectorat (“following”).

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Bonne nouvelle cependant, pas plus de 20 %, selon les infographies, de l’email reçu serait du Spam, et il faut avouer que les filtres antispam sont devenus très efficaces. C’est d’ailleurs ce que confirme Mashable dans son infographie, mais ils font quant à eux monter ce taux spam à 65 % ce qui me paraît plus crédible. Malgré les filtres plus efficaces, les utilisateurs restent sur leur garde et se méfient du spam, ils ont bien raison.

Les faux positifs : les emails qui ne sont pas du spam mais traités comme du spam

Il faudrait, à mon humble avis, également mesurer le temps perdu avec l’inverse du spam : les faux positifs. Les faux positifs représentent le courrier email repéré comme un spam par le filtre antispam et qui va dans la corbeille du courrier indésirable alors qu’en fait vous auriez dû le lire. Certaines messageries email professionnelles, et notamment gmail, sont particulièrement réputées pour se mélanger les crayons entre messages indésirables et messages normaux (ce qui explique pourquoi je suis passé de Google à Microsoft Office 365). J’estimerais le temps perdu avec de telles messageries email à environ 10 à 15 % par jour, à aller chercher les messages dans la boîte des indésirables et qui n’en sont pas. Imaginez quand il s’agit d’une commande client ou d’une importante communication sur un projet ! Les coûts induits et les dommages en termes d’image de marque vis-à-vis des clients et des partenaires sont terribles.

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A noter que Les chiffres ne sont pas forcément cohérents d’une infographie à une autre, mais on saisit bien, en gros, le problème : entre 150 et 200 milliards de mails envoyés chaque jour, dont on peut enlever la moitié qui viennent d’Asie, et environ 25 % qui sont situés en Europe.En conclusion, pour le grand public, l’email reste incontournable. Mais c’est encore plus le cas pour le monde du travail. Sans compter la part de plus en plus difficile à faire entre emails professionnels et personnels, et les employés qui mélangent allègrement les deux.

Email au travail : un problème de stress important

Le problème qui nous préoccupe pour notre parte est surtout le stress généré par le (mauvais) usage de l’email au travail. Pour évaluer cela j’ai trouvécet article de Forbes dont voici un extrait traduit et quelques chiffres qui font réfléchir :

Les 5 raisons pour lesquelles vos employés sont malheureux au travail à cause de l’email (Forbes, 2013)

« Environ 90 milliards de mails professionnels sont envoyés chaque jour selon Mimecast, une entreprise spécialisée dans la gestion du mail, et nous passons à peu près la moitié de notre journée de travail (4 heures) à utiliser l’email (bien que d’autres rapports situent cette proportion à environ 25 à 30 %). En outre, 39 % des utilisateurs envoient, reçoivent et vérifient leur email régulièrement en dehors des heures de travail (Mimecast : “The Shape of Email 2012″). Ceci signifie que la moitié de notre temps de travail payé est dédié à l’utilisation de l’email : une statistique plutôt effrayante.

Le Nombre de mails que les employés reçoivent est si extraordinaire qu’il s’agit souvent de la première activité du matin pour nombre d’employés et une des dernières choses qu’ils font avant de se coucher. Le groupe Radicati  estime que les employés reçoivent environ 78 mails professionnels par jour et en envoient environ 37 chaque jour. Ceci nous amène à un total d’environ 115 emails par jour (envoyés et reçus) ! En moyenne, les employés vérifient leur email 36 fois par heure ce qui équivaut à 288 fois par jour pour une journée de 8 heures. Ce problème empire encore quand on sait qu’un employé met environ 16 minutes à se remettre au travail après travaillé sur l’email. Le fait que les employés reçoivent tant d’emails chaque jour (et on ne parle ici que de l’email professionnel) signifie qu’ils travaillent plus longtemps. Et ceci s’explique dans la mesure où la moitié de leur temps de travail n’en est pas véritablement. En conclusion, trop de mail rend les employés malheureux au travail ».

via 5 Ways Email Makes Your Employees Miserable.

casser les silos de l’organisation : le mythe de la transformation digitale

En fin d’année dernière, une présentation réalisée dans les locaux de Visionary Marketing sur le sujet du travail entre le marketing et la DSI avait donné lieu à un article intéressant dans les Échos (10 septembre) intitulé « selon Yann Gourvennec, le Chief Digital Officer, c’est pour la Comm… ». Cet article insistait sur un point très important de l’organisation lié à la transformation digitale : il ne sert à rien de casser les silos pour faciliter la transformation digitale, cela peut même être contre-productif. Les prémices de cet article sont bonnes, mais malheureusement certains de mes propos y avaient été légèrement déformés. J’ai donc répondu à quelques questions qui m’ont été posées lors du Hub forum de l’année dernière par mon ami Bruno Fridlansky m’ont permis de rétablir l’intégralité de mon discours : l’organisation en silo n’est ni bonne ni mauvaise, elle est les deux à la fois, mais rien ne sert de la casser artificiellement, si ce n’est pour alimenter les discussions de salons, mieux vaut favoriser l’intrapreneuriat. Voici mes explications.

Les silos organisationnels ne sont ni bons ni mauvais

Rien ne sert de s’énerver, comme je l’entends systématiquement à chaque fois que la transformation digitale et l’innovation sont évoqués, sur ces pauvres silos organisationnels qui n’ont rien fait à personne (je vois que Claude Super a traité aussi de ce sujet). L’organisation étanche par processus se crée voire se recrée de façon naturelle de façon d’une part à protéger le pouvoir, exécuter les processus plus facilement et permettre aux responsables des organisations de mesurer les résultats de façon plus aisée. On peut écrire des livres sur 300 pages pour expliquer qu’il est plus efficace de travailler avec son voisin. Il est par contre beaucoup plus difficile d’aller expliquer comment mesurer ce qui ne peut être mesuré et notamment la capacité à travailler à plusieurs en transverse d’une organisation. Quiconque a travaillé dans une organisation pluri-matricielle sait l’inefficacité et la paralysie engendrée par ce type d’organisations. Croyez-moi j’ai assez modélisé ce type d’organisations en tant que maîtrise d’ouvrage, lorsque je devais automatiser des processus commerciaux et marketing au travers de logiciels de CRM. J’ai payé pour le savoir. Quand tout le monde « reporte** »  à tout le monde et que tout le monde travaille avec tout le monde, le résultat est loin d’être bon. C’est pour cela, que l’on aime ou que l’on n’aime pas, que la pression soit importante et la frustration élevée ou non, que les silos organisationnels sont là pour durer. Mieux vaut vous en faire une raison.

[NDLR du 11/05 suite à un commentaire d’un lecteur : s’entend au sens anglais du terme, c’est-à-dire littéralement « quand tout le monde est le chef de tout le monde » mais cette expression est peu traduisible et son adaptation très longue donc pardon à mes lecteurs pour cet anglicisme malheureusement difficilement évitable]

casser les silos : le demi de mêlée et l'intrapreneur
l’intrapreneur est comme le demi de mêlée (ici le stade de France lors du match contre Clermont il y a 15 jours à Jean Bouin). Il est petit, mais agile et rapide (photo antimuseum.com)

En fait, quiconque a étudié les organisations dans le cadre de l’innovation sait qu’aucune organisation n’est parfaite, et qu’aucun type d’organisations ne permet de résoudre la difficile question de l’innovation à l’intérieur d’une entreprise. Ce qui permet de résoudre ces équations subtiles ne sont pas des organigrammes, mais des hommes, des compétences et le leadership qui favorise – ou non – leur travail.

la vidéo de Bruno sur son blog Consonaute

Le travail de l’innovation transverse peut et doit prendre pied au travers des silos organisationnels

Mais le travail transverse, indispensable préalable à l’innovation, peut et doit prendre pied au travers de ces différents silos, en faisant fi de ces difficultés. Ceci ne veut pas dire en conclusion, comme cela est expliqué dans l’article ci-dessous que je glorifie l’organisation en silos (je répète, il n’existe pas d’organisation parfaite pour l’innovation), ce que cela veut dire vraiment c’est qu’il n’est pas nécessaire de “casser » ni les organisations ni les personnes qui les représentent pour innover, il existe d’autres méthodes qui permettent de contourner la difficulté. C’est ce que dans la vidéo je décris comme la méthode du « demi de mêlée » qui n’est pas le plus gros ni le plus lourd, mais qui est certainement celui qui est le plus malin et qui court le plus vite.

L’intrapreneur : le vrai « casseur » de silos

C’est là qu’entre en jeu l’intrapreneur. Il ne s’agit pas d’une faute de frappe, l’intrapreneur est la personne, ou le groupe de personnes, qui arrive à innover à la manière des entrepreneurs à l’intérieur d’une (grande) organisation. Pour réussir, l’intrapreneur se moque complètement de l’organisation. Les organigrammes peuvent changer au jour le jour, voire même ne pas exister (ne riez pas, c’est la majorité des cas : l’organisation change tellement vite que l’organigramme n’a même pas le temps de s’adapter et que personne ne connaît vraiment la hiérarchie qui se reconfigure en permance). Il se moque tout à fait de cette organisation non pas parce qu’il est un anarchiste ni qu’il cherche à renverser le pouvoir, même si certaines personnes peuvent le penser. Il se moque de cette organisation car elle n’a pas d’importance.

Silos et transformation digitale
les 4 types d’organisation les plus courants pour l’innovation. Le cabinet CCA en 2010 a démontré qu’aucune de ces organisations n’était bonne ni mauvaise. Seuls comptent le leadership et la mise en œuvre

 

La seule chose qui compte ce sont les personnes de qualité, sur lesquelles il ou elle va pouvoir se reposer. À la manière du demi de mêlée, l’intrapreneur est agile il va vite et il se débrouille pour trouver une solution à un problème a priori insoluble (il est petit et léger alors que ses adversaires sont lourds et énormes). L’intrapreneur ne lutte pas contre des adversaires, il lutte contre l’immobilisme et les freins au changement. Pour ce faire il va s’appuyer sur les hiérarchies de la compétence qui mènera à une auto organisation de l’innovation qui ensuite, sur la base des preuves qu’il aura établies permettra ensuite de structurer une organisation… Si nécessaire.

l'innovateur ne demande pas s'il vous plaît, il demande pardon (David Armano)
l’innovateur ne demande pas s’il vous plaît, il demande pardon (David Armano)

En conclusion, l’intrapreneur ne demande jamais s’il vous plaît, il ne pose jamais la question de savoir où il se situe dans l’organisation ni si son « job description » contient l’objectif de réussir l’innovation en question, il prend l’initiative et cherche les acteurs de changement sur lesquels s’appuyer. Ceci ne veut pas dire bien entendu que l’innovation ne peut pas arriver par le haut, cela est tout à fait possible, et même souhaitable. Ceci étant, la méthode ne change pas, même si vous êtes soutenus par le haut, soyez humbles et travaillez comme des intrapreneurs car telle est la méthode pour faire réussir l’innovation qui par définition vient bousculer l’ordre établi et nécessite donc qu’on change aussi les méthodes de travail si l’on veut changer le résultat.

LES ECHOS du 10/09/2014

Selon Yann Gourvennec, le chief digital officer unique n’a pas d’avenir.

Chaque métier de l’entreprise se numérise à son rythme. Il préconise une organisation en silos. Yann Gourvennec envoie valser les idées préconçues de la transformation numérique. A domicile dans les locaux de l’agence Visionary Marketing qu’il a crée, l’ancien directeur Internet d’Orange Business Services a donné, mardi 9 septembre, ses recettes de gestion de projets innovants. Consultants et experts vantent les mérites de la transversalité et appellent à « casser les silos » dans les entreprises. Lui plébiscite cette organisation en business units, traditionnelle et réputée être un frein pour la collaboration inter services. « L’expérience montre que cela marche mieux quand l’entreprise est organisée en silos, marque t il, c’est beaucoup plus facile de manager en confiant un objectif de P&L à chacun (Profit and loss : une modéllisation du business qui fait apparaître les marges envisagées ou réalisée, ndlr) plutôt qu’en essayant de convaincre que travailler avec untel améliorera le résultat ». Ce qui n’empêche pas les métiers d’échanger entre eux. Ils y ont même chacun un intérêt pour leur rentabilité à l’image des équipes marketing et de la DSI dans le domaine des mégadonnées (Big Data), par exemple.

Lire le reste de l’article des Echos

 


 

 

Le Web To Store : on en fait depuis longtemps sans le savoir

Le Web to store est un sujet qui existe depuis longtemps, mais dont on parle depuis peu. Trouver un article sur le web to store datant d’avant 2011 est presque impossible, alors que le e-commerce existe depuis plus de 25 ans… Pourquoi cette prise de conscience si tardive ? Les enseignes physiques ont tout d’abord pensé que le e-commerce aspirerait leur clientèle et les forcerait à mettre la clé sous la porte. En témoigne l’hyperactivité juridique des grandes entreprises contre les e-commerçants au tout début des années 2000 (voir ici l’offensive des marchands de parfums contre les e-commerçants). Mais l’épée de Damoclès du e-commerce n’est jamais tombée et les enseignes physiques se sont rendues compte que le e-commerce n’était pas un ennemi mais un outil, un nouveau canal pour vendre davantage. Mais beaucoup ont fait l’erreur de séparer complètement le site internet et l’enseigne physique. En témoigne l’accueil (glacial) réservé aux clients de Fnac.com lorsqu’ils arrivaient en magasin pour demander un conseil sur un produit récemment acheté en ligne.

Web to store : l’internaute cherche un produit, pas un magasin

Aujourd’hui, les choses ont bien changé, et le site e-commerce d’une enseigne physique fait partie du magasin. On a fini par comprendre à la fois que le consommateur n’arrêterait jamais d’acheter en magasin, mais aussi qu’internet était devenu indispensable pour vendre. Et pas seulement en ligne. Comme nous l’expliquions dans notre article sur le ROPO, et dans celui portant sur l’étude de Bonial, l’achat en magasin physique commence dans la plupart des cas sur Internet. Internet est, certes, un outil d’achat, mais aussi un outil de recherche, qui aide l’internaute à préparer son achat en magasin. C’est sur ce point que doivent travailler les entreprises pour « capter » le client dès le début de sa recherche afin de le guider vers leur point de vente. Et, signe que le Web to store n’en est qu’à ses début et manque encore de maturité, beaucoup d’entreprises communiquent encore uniquement sur leur magasin. Or, quand il prépare un achat, l’internaute cherche avant tout un produit, et non un magasin.

Pour parler du Web to store, nous avons interviewé Bruno Dachary, directeur général délégué de Mappy, qui nous explique cette évolution du e-commerce et l’adoption du Web par les enseignes physiques.

On a récemment pris conscience de l’utilité du Web to store, alors qu’inconsciemment, on en fait depuis longtemps…

Le Web to store, on a en a tous fait sans le savoir : nous sommes tous des Jourdain du Web to store. On a tous cherché sur Internet un jour un produit, trouvé l’endroit où l’on pouvait se le procurer, et on achetait le produit. C’est un phénomène qui prend tout de même de l’ampleur depuis deux ou trois ans : on n’en parle de plus en plus. En réalité, au départ, les réseaux d’enseignes faisaient du e-commerce avec leur site et se sont rendus compte que cela pose un problème de concurrence avec leur propre réseau d’enseignes physiques. On a ensuite fait évoluer tout cela dans des logiques de vente en direct, mais aussi d’aller ramener des utilisateurs dans les points de vente à travers des promotions, du marketing direct et d’autres dispositifs.


L’enjeu du Web to store est beaucoup plus large : il faut pouvoir s’adresser au maximum de personnes. Ce que je constate, au travers d’une étude que l’on a réalisée avec BVA (voir le slideshare ci-dessus), c’est que 91 % des personnes ont déjà eu une expérience Web to store et le font assez régulièrement. De plus en plus de personnes sont équipées de Smartphone et de tablettes. De ce fait, le Web to store prend une ampleur considérable. L’important pour un réseau d’enseignes ou un commerçant indépendant est d’être visible sur Internet. Et pour être visible, l’essentiel est de l’être à travers ses produits, car c’est ce que cherche le consommateur. Il n’ira pas d’abord dans le magasin : il cherchera le produit est ensuite le magasin. Ceci est un point très important.

Les enseignes physiques vouées à disparaitre ? Une fausse idée à laquelle les commerçants ne croient plus.
Les enseignes physiques sont vouées à disparaitre ? Une fausse idée à laquelle les commerçants ne croient plus. Plus qu’un simple bonus, le Web to store devient nécessaire.

Faut-il mettre uniquement le produit en avant ?

Il faut faire les deux : se mettre en avant et se rendre visible au travers de ses produits. Pour cela, il y a un certain nombre d’acteurs sur le marché qui proposent des solutions, comme Mappy qui permet à des commerçants ou à des réseaux d’enseignes d’être visibles.
Par exemple, nous avons réalisé, durant la dernière période de Noël, une opération où nous avions mis en avant les magasins de jouets et les catalogues de ces réseaux d’enseignes. Cela permettait aux magasins d’avoir tous ses produits en ligne et d’indiquer si ceux-ci étaient en stock ou non.

Lors de la recherche du produit par le consommateur, le premier réflexe, c’est Google : comment se démarquer lorsque l’on s’appelle Mappy ?

Il n’y a pas que Google, puisque l’on a 10 millions de visiteurs uniques par mois (NDLR : 3 millions selon Webuka), ce qui n’est pas rien. Plus de 80 % de nos utilisateurs viennent en direct sur Mappy. Nous sommes également présents sur des résultats Google dans les recherches produit. Nos utilisateurs aiment aussi Mappy pour plusieurs raisons, par exemple la carte est différente, nous sommes très anciens sur le marché et nous avons des produits spécifiques. Nous sommes implantés dans le local, contrairement à Google qui a certes d’énormes moyens, et Mappy est adossé à Pages Jaunes et a donc des contenus locaux. Cela donne plus de précisions et d’informations, notamment au niveau du commerce local.

.fr et .paris : de la technique à l’outil marketing – Mathieu Weill [AFNIC]

En 2012, l’ICANN (l’autorité de régulation de l’Internet) a autorisé la création de plus de 2000 nouveaux domaines de premier niveau. Le déploiement de ces domaines a commencé deux ans plus tard, en 2014. Il y a quelques mois, nous avons rencontré Mathieu Weilll, directeur de l’AFNIC (qui gère notamment les extensions en .fr) pour nous parler de l’arrivée de ces nouvelles extensions que l’on va progressivement voir de plus en plus sur nos écrans. Parmi elles, nous retrouvons des extensions régionales comme le .paris et le .bzh. Pourquoi utiliser ces extensions ? Qu’apportent-elles de plus qu’un .fr ou un .com ? Quelques éléments de réponses avec Mathieu Weill.


Quelle est la situation des domaines en .fr ?

Le .fr représente 2 800 000 noms de domaines. La croissance du .fr en 2013 était d’un peu plus de 8 %, ce qui place le .fr comme l’une des trois extensions les plus dynamiques en Europe, puisque le taux moyen se situe autour de trois ou 4 % en moyenne, à cause de la crise.

Comment se situe la France par rapport à l’Allemagne et l’Angleterre ?

Nous sommes la cinquième extension nationale, loin derrière les Allemands, les Anglais et les Hollandais. Cela s’explique pour deux raisons :

  • la première est structurelle : les petites entreprises françaises utilisent moins le Web que leurs homologues européennes ;
  • la deuxième raison est liée au démarrage du .fr, : les règles d’attribution étaient, au départ, très strictes, ce qui explique un nombre conséquent de report sur d’autres extensions de domaines comme le .com.

Au début du Web, on disait que les PME étaient en retard : finalement cela n’a pas tellement évolué

Cela a évolué sur certaines statistiques. Mais n’oublions pas que l’on parle du Web : tout ce qui ne bouge pas recule. Nous avons malgré tout progressé, concernant l’utilisation par les PME et les TPE de l’Internet. Aujourd’hui tout le monde est pratiquement équipé et les salariés ont accès Internet, mais les pages Web sont encore assez peu développées pour stimuler le développement de l’activité économique des entreprises.

les noms de domaines en .fr
Pendant que l’aiguille tourne, la France essaie de rattraper son retard : à l’inverse de l’Allemagne et de l’Angleterre, les petites entreprises françaises sont encore trop peu présentes sur le Web.

On voit encore des entrepreneurs avec des adresses « @wanadoo.fr »

C’est malheureusement encore le cas, notamment chez les artisans, et le but de notre campagne qui s’appelle « réussir en .fr » est de faire passer ce message, d’expliquer à quel point on a un gain d’image et un gain économique pour un très faible investissement. On passe au numérique, même quand l’activité n’est pas portée sur le numérique.

Quels sont les risques d’avoir une adresse en « @orange.fr» ou « @wanadoo.fr » ?

L’élément-clé est que le jour où l’on veut changer de fournisseur Internet, en tant qu’entrepreneur, il va falloir changer d’adresse. Il faudra donc refaire les papiers à en-tête et les cartes de visite. Le fait d’avoir son nom de domaine permet d’être indépendant, on peut le porter chez n’importe quel fournisseur d’accès, et on le conserve plus longtemps.

Pour stimuler l’usage du domaine .fr en France, vous avez lancé une nouvelle campagne qui a démarré en octobre dernier

Nous avons lancé la campagne « réussir en .fr » qui est une campagne qui allie du contenu de référence, que ce soit sur la manière de créer son site pour une entreprise, la manière d’optimiser le passage sur Internet ou encore la capacité d’enregistrer son nom et en faire usage rapidement grâce à des offres que nous avons sélectionnées chez nos fournisseurs. Nous avons également réuni des témoignages d’entrepreneurs français qui expliquent pourquoi ils ont choisi le .fr.

On retrouve également des « moocs » sur votre page

Cela fait partie de notre stratégie de présence, parce que l’on sait que c’est que cela est demandé, notamment en France. Nous avons mis l’accent dessus c’est quelque chose qui est en construction et qui va se consolider dans les mois qui viennent.

Avez-vous déjà des résultats sur cette campagne ?

On voit monter le trafic entrant, il y a beaucoup d’intérêt pour les contenus de type « mooc ». En ce qui concerne la transformation concrète, je pense que le passage à l’acte n’est pas forcément immédiat. Cela va se construire dans la durée.

Dans le paysage français de l’Internet, il y a également d’autres nouveautés comme le .paris.

Le .paris est un projet en phase de déploiement et va concerner tout le monde, puisque l’extension est disponible depuis le 2 décembre dernier. Qui que ce soit, qu’il habite Paris, qu’il aime Paris, qu’il visite Paris, va pouvoir disposer de ce nom de domaine. Cela concerne bien entendu le secteur du tourisme, du luxe, du commerce local, et il y a déjà un certain nombre d’exemples qui sont disponibles, à l’image de la ratp, bercy, les aéroports de paris, et la tour Eiffel.

Il y a un contexte propre à chaque extension, cela correspond à un positionnement

L’intérêt est que derrière cette fameuse extension, on sort d’une logique du choix par défaut pour une logique de pertinence : le choix de l’extension est fonction du message que l’on veut faire passer. Pour renforcer le message, on indique très clairement qui l’on vise et à qui on veut s’adresser. L’extension est ainsi devenue un vrai outil marketing et non plus seulement un choix par défaut.

Il y a une autre extension qui nous est chère chez Visionary Marketing, c’est le .bzh.

C’est une extension où il y a également beaucoup de potentiel. Le lancement a eu lieu le 4 décembre dernier. bzh est une extension culturelle et linguistique qui a pour objectif le développement de la culture et de l’identité bretonne. On sent une grosse attente de la part des bretons, mais aussi des entreprises locales, car il y a un fort attachement à la culture bretonne. Cela mobilise beaucoup : c’est un très beau projet qui montre bien à quel point avec Internet, on peut construire des identités locales tout en pensant globalement. Ce n’est pas une volonté de fermeture, c’est une volonté d’annoncer au monde, de communiquer avec le monde, en montrant son identité.

Que faut-il faire pour réserver son .paris et son .bzh ?

Il a une cinquantaine de bureaux d’enregistrement qui sont des hébergeurs ou des sociétés spécialisées. Il faut aller par exemple sur bienvenue.paris pour le .paris, et pour le .bzh, il faut aller sur pik.bzh qui est le site de l’association qui porte le projet BZH.

Financement des start-ups … Comment devenir un leader mondial [ #G9plus ]

L’hexagone génère plus de start-ups que ses voisins européens (300 000 par an en France contre 200 000 en Angleterre selon The Cantillon [NDLR 09/04/15 à 7:00 : suite à l’intervention de Pedro Abrantes sur Twitter que nous remercions pour sa vigilance, il se pourrait que ce chiffre soit surestimé, la création de (vraies) entreprises ne dépassant pas 163.000 en France en 2014. Ceci étant, les créations d’auto entreprises et d’entreprises individuelles pourraient pour partie entrer en ligne de compte. Nous continuons de croiser les chiffres] et pourtant les start-ups butent presque toujours sur un plafond de verre : financement au-delà de 10 M€, stratégie de sortie, capacité à recruter rapidement, accès aux commandes publiques et confiance des grands comptes… Certes, il y a déjà quelques exemples de réussites comme Business Objects, Criteo ou BlaBlaCar, mais il en faudrait beaucoup d’autres pour que le monde nous regarde différemment.

Conférence G9+ Lundi 13 avril à 18h30

Quelles sont les bonnes pratiques pour dynamiter ce plafond de verre ? Comment les entreprises innovantes peuvent-elles se transformer en leaders mondiaux ?

financement des start-ups : s'inscrire

start-ups
malgré les succès de Blablacar ou Criteo, peu de nos start-ups percent le plafond de verre. Le G9+ organise une conférence pour expliquer comment devenir un leader mondial

 

Pour y répondre, l’Institut  G9+ et ses partenaires l’Afdel , Cinov-IT, et Syntec Numérique réunissent une dizaine de personnalités :

Philippe Berna, Médiateur de l’innovation à Bercy
Jean-David Chamboredon, Président de ISAI Gestion, Vice-President France Digitale
• Philippe Coup-Jambet, DG de PayTop
• Alexandre Crazover, CEO de Datawords
• Maïlys Ferrère, Directrice Pôle Investissement Large Venture, BPIfrance
• Eric Forest, PDG de EnterNext
• Christine Halliot, Directrice de l’Innovation de Total
• Frédéric Mazzella, Fondateur et CEO de BlaBlaCar

Ces acteurs de l’innovation, issus du monde financier, des grandes entreprises et des startups, vont apporter leurs éclairage et expériences des trois principaux freins que sont : l’investissement, la relation client (notamment avec les grands groupes) et le développement rapide – qui nécessite d’adapter le modèle économique, l’organisation…

financement des start-ups : s'inscrire

Jean-David Chamboredon, du fonds ISAI, Maïlys Ferrère de BPIfrance et Eric Forest, PDG de la filiale du groupe Euronext dédiée à la capitalisation des PME-ETI, EnterNext, partageront leur regard d’expert de la finance. Les startups, seront représentées par des acteurs à différents stades de développement : Frédéric Mazzella, Fondateur de BlaBlaCar, acteur pan-européen leader dans le co-voiturage, DataWords, qui est en train de monter en puissance pour atteindre le seuil critique et PayTop qui est en train de le franchir.

Philippe Berna, Médiateur de l’innovation à Bercy, et Christine Halliot, Directrice de l’Innovation chez Total, témoigneront des initiatives favorisant la collaboration, voire l’innovation ouverte (open-innovation) entre les grands groupes et les start-up. Une grande partie des efforts devant se concentrer sur la levée des réticences des grandes entreprises à travailler avec des petits acteurs pour mieux créer de la valeur ensemble.

« Les start-up françaises doivent pouvoir passer le seuil critique et compter sur la scène mondiale. Tous les intervenants apporteront un témoignage opérationnel et des solutions pour dynamiter ce plafond de verre », explique Jean-François Perret, du Cycle Prospective au G9+.

Rendez-vous le Lundi 13 avril 2015 à 18:30 à la Maison des Arts et Métiers – 9 Avenue d’Iéna, 75016 Paris.

Inscription à l’événement