Modélisation de processus : les informaticiens sont-ils encore utiles ?

Le nouvel environnement et les nouvelles méthodes de travail imposent que l’on traite la modélisation de processus différemment. Il n’y a, en effet, pas besoin d’avoir fait de longues études pour savoir qu’il est essentiel de planifier avant d’agir. Cette règle élémentaire est parfaitement inscrite dans les codes de l’entreprise sous le nom de processus. La pratique en elle-même est ancienne, certes, mais pas obsolète. Malgré le développement rapide des nouvelles technologies à l’ère du digital où tout va très vite, la modélisation de processus a su s’adapter à ce « nouveau monde ». C’est à ce sujet que j’ai interviewé mon confrère Michael TARTAR, EVP Digital Entreprise pour ROK Solution. Au menu : les processus, le développement informatique, et les tendances autour de la modélisation de processus.

Pouvons-nous nous passer de la modélisation de processus ?

C’est un mot qui fait peur de par son ancienneté. Cela fait plus de 30 ans que nous faisons de la modélisation de processus. Le mot processus, dans l’imaginaire collectif, fait souvent allusion à cette armoire pleine de dossiers qui ne sont jamais lus, ou la grosse équipe de consultants qui font de gros dessins pas toujours compréhensibles. C’est un problème, mais il n’est pas insurmontable. Quand on veut créer une grosse entreprise, avoir une activité industrielle, les processus sont nécessaires. Il faut bien définir comment organiser le travail et c’est le rôle d’un processus.

moédlisation des processus à l'heure du digital
De quel manière le processus est-il influencé par le digital ? Est-il devenu obsolète ?

Pour développer un logiciel, il faut également modéliser des processus, définir comment les tâches vont s’exécuter les unes par rapport aux autres, comment le logiciel va y répondre, comment chaque contributeur au processus va apporter des données, et lire ces données. Le logiciel qui va être développé va permettre de séquencer les actions entre l’ensemble des contributeurs.

Avec les méthodes DevOps la modélisation est-elle donc obsolète ?

Ce n’est pas si simple que cela. La réalité, c’est que nous pouvons même aller un cran plus loin et se dire, avons-nous encore besoin de développer ? En d’autres termes, avons-nous encore besoin d’informaticiens ? C’est un peu dur de le dire mais avons-nous encore besoin de développer du code informatique pour des tâches à faible valeur ajoutée ? Et dans quelle mesure pouvons-nous aujourd’hui avoir la possibilité de donner aux métiers un peu plus de liberté dans leur manière d’appréhender leur propre système d’information, en ayant la capacité de modéliser eux mêmes leurs propres opérations, c’est cela le sujet. Ceci dit, il y aura toujours besoin d’informaticiens pour des tâches à forte valeur ajoutée, avec un algorithmie complexe. Pour cela, nous avons besoin d’avoir un niveau de compétence élevé, et donc, de travailler avec des gens du métier.

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L’innovation a ses raisons que la raison ne connaît pas

Conférence G9+ en partenariat avec Salesforce le 25 Juin 2015 à 18h30 à Paris Expo Porte de Versailles

Une conférence exceptionnelle aura lieu le 25 juin à 18:30 au parc des expositions de la porte de Versailles. Le G9+, think tank du digital, y organise, en partenariat avec Salesforce, une conférence sur l’innovation qui vaut le déplacement à plus d’un titre. Le thème de la conférence : l’innovation et ses secrets révélés par ceux qui la vivent au quotidien et qui, du Startup Weekend, à Qapa, Clustree, L’Oréal, Deloitte ou The Family en sont des acteurs quotidiens. Mais au-delà du thème ce sont les intervenants eux-mêmes qui méritent le détour.

s'inscrire gratuitement (1€ symbolique) - conférence innovation du G9+

25 juin bis

Modératrice: Alice Zagury, PDG de The Family. Intervenant(e)s : Bénédicte de Raphélis Soissan: PDG et fondatrice de Clustree Stéphanie Delestre: PDG et Co-fondatrice de Qapa.fr, Laurence Kerjean, directrice du e-business, L’Oréal Paris France, Yann Glever, directeur de l’innovation de Deloitte France, Franck Nouyrigat, co-fondateur de Startup Weekend

Une modératrice de choc : Alice Zagury, « wonder-woman de la high-tech française» PDG de TheFamily, un accélérateur de start-up qu’elle a cofondé avec Oussama Ammar et Nicolas Colin, et qui est actionnaire de 200 start-ups. Anti-langue de bois elle dit d’elle-même ‘«Je ne suis pas un modèle de politesse ni de tact. »

Franck Nouyrigat , cofondateur des ‘Startup Weekends’. Français installé aux Etats-Unis depuis quelques années il passe rarement à Paris. Je l’ai rencontré pour la première fois il y a deux ans quand il animait une conférence G9+/ Salesforce sur le thème « Startups, regards croisés franco-américains ». Depuis je ne rate pas une seule de ses conférences. Enfin je veux dire par là que je vais tous les ans à la conférence G9+ / Salesforce dans laquelle il intervient. Pourquoi ? Parce que son talent d’orateur, d’animateur et son humour font vibrer la salle et font de cette conférence un grand moment. Passionné d’échange, il a l’entrepreneuriat et l’innovation dans le sang et ce n’est pas quelqu’un qu’on a souvent l’occasion de croiser, à Paris en tout cas.

Laurence Kerjean, responsable du numérique de L’Oréal DPP, ou « Digital disrupter @L’Oréal » comme elle se présente sur son profil Twitter. Elle a récemment organisé un Hackaton, L’Oreal Hack Day, à l’école 42 pour mêler talents techniques et sens du business.

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On parle du baromètre des médias sociaux !

L’équipe d’eMarketing était présente lors de la journée « Best-of des événements » de l’association nationale des professionnels Adetem, et a rédigé un superbe article sur le sujet. Les résultats du premier baromètre des médias sociaux organisés par Hootsuite en partenariat avec Adetem et Visionary Marketing seront bientôt disponibles et vous seront présentés lors d’un webinaire (organisé en partenariat avec Webikeo) le jeudi 2 juillet à 14h00. Pour vous inscrire, cliquez sur l’image ci-dessous :

Webinar médias sociaux
Pour suivre notre Webinar le Jeudi 2 JUILLET à 14h00.

 

Les réseaux sociaux, un incontournable pour les marques. Mais, quelle en est l’utilisation faite par les marketeurs et leurs entreprises ? Hootsuite et Visionary Marketing ont présenté leur premier baromètre sur le sujet, à l’occasion de la journée « Best-of des événements » de l’association nationale des professionnels du marketing Adetem.

La rédaction d’eMarketing y était et vous fait partager les principaux enseignements de cette étude. Les entreprises françaises ont largement intégré les réseaux sociaux…96 % des professionnels du marketing déclarent utiliser les médias sociaux à titre personnel et professionnel. Dans le cadre professionnel, et sans surprise, LinkedIn tire son épingle du jeu, avec 81 % d’utilisateurs. Twitter (79 %), Facebook (60 %), YouTube (58 %) et Google + (42 %) suivent. A titre privé, le réseau social Facebook prend, pour sa part, la tête du classement des réseaux sociaux, avec 85 % d’utilisateurs, suivi de LinkedIn (83 %), de YouTube (72 %) et de Twitter (71 %).

Source : [Baromètre] Réseaux sociaux : le marketing peut mieux faire

DMP : tour de contrôle Big Data de la personnalisation

Il est indéniable que la personnalisation revient au goût du jour. Les Big Data y sont certainement pour quelque chose, nous l’annoncions dans un article écrit pour Tikibuzz. Même si certains la trouvent assez bancale ou carrément insupportable, il est indéniable qu’elle est revenue au devant de la scène, alimentée par des technologies nouvelles et assez complexes et notamment la fameuse DMP (Data Management Platform) qui fait beaucoup couler d’encre. Vue par certains comme une panacée, et par d’autres comme le buzzword à la mode, elle avance – chaotiquement comme toutes les innovations – par à-coups vers le bon vieux marketing 1-to-1 désormais remis à la mode. Mais les exemples sont rares. Voilà pourquoi j’ai été particulièrement ravi de voir, lors du dernier social drink up de Adobe dont je suis un habitué, un véritable exemple bien étayé, de personnalisation temps réel 360° dans le domaine digital, avec une démonstration brillante d’un représentant de Danone. J’ai pu reconstruire le parcours de sa démonstration et l’illustrer de quelques images prises avec mon téléphone. Mon seul reproche est de n’avoir pu voir de véritable démonstration concrète cependant. Les exemples concrets de vrais projets Big Data sont très rares, car peu nombreux sont les clients prêts à témoigner en public. Ne boudons donc pas notre plaisir.

La personnalisation : avant la DMP, la sociologie

DMP : Alexandre Azzopardi

La soirée fut introduite par notre ami et confrère Alexandre Azzopardi (photo ci-dessous), avec qui j’ai eu l’occasion de débattre plusieurs fois lors de conférences organisées par le CCM Benchmark Group. Alexandre a rappelé que « segmentation et marketing sont une vieille histoire ». L’approche quantitative date en effet des années 30. L’origine en est la sociologie). Et les deux mondes de la sociologie et du marketing se sont rassemblés autour de la statistique, qui s’est beaucoup développée jusque dans les années 50-60. En 1960 cependant il n’y avait pas les mêmes outils, car depuis, il y a eu « l’essor massif des médias puis de l’internet commercial et enfin des mobiles” a précisé Alexandre.

DMP : The Economist data deluge

On est passés de 1% à 73% de pénétration mobile entre 1995 et 2014, et la prédiction de 2012 s’est avérée juste : nous sommes enfin entrés dans le monde mobile où le Web mobile a dépassé le Web classique. Deloitte qualifie les consommateurs de digital omnivores, avec des différences selon les classes d’âges. Les français aussi utilisent beaucoup leur smartphone en magasin (64%), même l’achat via les médias sociaux serait en croissance (même si pour le coup je suis beaucoup plus sceptique, mais passons). Tout cela génère un déluge de données pour reprendre le titre de The Economist.

DMP : plus de campagnes, on part des attentes du client 

DMP : Vincent Luciani d'Augusta

Vincent Luciani, d’Augusta (image de gauche), société de conseil dédiée à la Data a poursuivi la présentation en campant le décor pour la démonstration de Danone (il s’agit d’un projet sur lequel les deux sociétés ont travaillé ensemble). Vincent a rappeler que « si on accumule la donnée et qu’on n’en fait rien” on perd son temps.

Alors, il faut repartir aux fondamentaux et notamment la segmentation. Segmenter, c’est regrouper les populations. Cette notion n’est pas récente, et les Big Data n’ont pas apporté de rupture sur ce plan. « Après le Fordisme, on a essayé d’adapter l’offre aux populations” a expliqué Vincent Luciani. Les premiers algorithmes sont arrivés dans les années 50-60. Ainsi, les principaux algorithmes utilisés par Criteo et les autres dates encore des années 60-80 ! Les GAFA, eux, en sont déjà au one to one et notamment Amazon.

4 types de changements sont observés par Vincent Luciani :

  • le type et volume de données ;
  • le temps réel : avant les réflexions sur les segments avaient lieu tous les 2 ou 3 ans, maintenant on peut les mener en temps réel ;
  • le nombre de segments : dans un CRM classique on peut communiquer sur une dizaine de segments, maintenant on peut brasser jusque des milliers de segments ;
  • l’activation : activation non plus sur un ou deux points comme le physique ou le mailing papier … (multiplication des points de contact, ou « touch points” en anglais).

Quelques points d’analyse et de vigilance dans un projet de DMP

  • AT&T : pour la campagne it’s not complicated, au lieu de faire une création, l’opérateur américain en a lancé 370 et ont labellisé chacune des campagnes (par types d’humour, par exemple) et ils se sont ensuite livrés à un calcul de corrélation entre l’humour et la vente. Les conséquences étaient contre-intuitives car la campagne “sarcastique” était notamment la plus efficace, contrairement à ce que l’on aurait pu croire ;
  • Analyse du parcours de conversion : au-delà du résultat, observer les segments qui n’ont pas répondu ;
  • LTV (lifetime value) chez un client qui fait des biens culturels : avant la segmentation, les achats étaient  dé-corrélés de la LTV. ex : les livres ne sont pas rentables, mais les clients qui achètent des livres le sont ;
  • Analyse du cycle de vie : ce qui est important c’est le passage d’un segment à un autre segment qui induit une évolution du besoin. Quand on vient d’avoir un bébé, par exemple, on est plus enclin à recevoir des stimulations de la part d’une marque (c’est ce qu’on appelle le Kairos (prononcer « Caille-Rosse« , le moment propice, nous a rappelé Henri Kaufman, ceci non plus n’est pas nouveau, la technologie permet cependant de systématiser et de fluidifier une méthode classique) ;
  • Distribution : les moments-clé sont ceux où on introduit une notion d’habitude client sur un espace temps. Au lieu de faire un push immédiat, on identifie le meilleur moment. Par exemple envoyer des messages à des heures différenciées en fonction des habitudes de shopping des clients par exemple.

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Crowdfunding en France : déjà 100% de croissance en 2014

Le financement participatif, Crowdfunding en anglais, est une pratique qui consiste à investir, ou faire don de la somme que l’on veut à une association ou une entreprise. Le crowdfunding est une pratique qui s’effectuait déjà avant l’Internet. Cependant, l’essor d’Internet a provoqué le développement de plateformes spécialisées dans le financement participatif, qui voit son nombre de collaborateurs augmenter significativement d’années en années. C’est à ce sujet que nous avons interviewé Rony GERMON, Co-auteur du livre Le crowdfunding : les clés du financement participatif.

Le crowdfunding n’est pas un phénomène récent malgré ce que l’on peut penser

crowdfunding les clés du financement participatifEn effet, le crowdfunding n’est pas un phénomène récent. Prenons l’exemple du financement du piédestal de la Statue de la Liberté, si la statue en elle-même est un cadeau de la France aux Etats-Unis, le piédestal  a été financé via une forme de crowdfunding.

De façon plus récente, le crowdfunding a été utilisé comme mode de financement de la première campagne de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis.

Internet a joué un rôle important dans le développement du Crowdfunding

L’atout fabuleux d’Internet, c’est de jouer le rôle d’une énorme caisse de résonnance capable de fédérer une masse importante de foule (crowd) pour financer (funding) des projets de toutes natures.

Internet permet au Crowdfunding ou financement participatif d'évoluer et donc de sortir de l'ombre.
Internet permet au Crowdfunding ou financement participatif d’évoluer et donc de sortir de l’ombre.

Quelle est l’ampleur du crowdfunding en France ? Avez-vous des chiffres ? 

Si on se base sur les chiffres donnés par Finance Participative France (l’association national qui regroupe l’ensemble des plateformes de crowdfunding agissant sur le territoire) sur l’année 2014, nous pouvons observer qu’il y a plus de 152 millions d’euros qui ont été prêtés via le crowdfunding. Soit presque deux fois le chiffre de 2013 à savoir 78 millions d’euros prêtés grâce à cette forme de financement. La croissance est donc conséquente et rapide. Si nous revenons quelques années en arrière, en 2011, il n’y avait que 11 millions d’euros financés grâce au crowdfunding.

Combien y a-t-il de contributeurs ?

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