Madmagz réinvente le magazine d’entreprise

Youssef RahouiYoussef Rahoui, créateur de Madmagz décrit la logique marketing qui sous-tend l’invention de son journal d’entreprise hybride – Internet & papier – un peu le lulu.com du journal corporate en quelque sorte. La réflexion est intéressante et le marché me semble prometteur. C’est pour cela que j’ai demandé à Youssef d’intervenir sur le blog de Visionarymarketing et d’expliquer sa vision. Dites-nous et dites à Youssef (ou écrivez-lui) ce que vous en pensez au travers des commentaires.

Le chemin de croix du magazine d’entreprise

Mme Pink est directrice générale d’un des leaders du self stockage. C’est elle qui crée quatre fois par an le magazine de sa société. Elle le réalise sur Word©, le fait photocopier puis envoyer à ses cent cinquante salariés et franchisés.

M. Green est directeur de la communication d’une business unit d’Areva. Il a confié à une agence de communication la réalisation de son journal interne, à l’exception de sa rédaction. C’est un trimestriel envoyé à 1.500 personnes. Chaque magazine l’accapare un total de quinze jours. La facture annuelle est de 50.000 €.

Dans ces deux cas, réels mais rendus anonymes, ont été soulignés la longueur et la complexité du processus. Il faut juger de la mise en page, du graphisme, de l’iconographie, etc.

Pourquoi donc ces cadres dirigeants persévèrent-ils ? Pourquoi ne créent-ils pas un blog, par exemple ? Cela rendrait le journal certainement plus populaire ?!

Plus de 90% des journaux d’entreprise sont en papier

Sur ce dernier point, assurément non. Le magazine est le média le plus populaire dans les entreprises. Ainsi, selon la dernière étude sectorielle, que tend à confirmer une récente enquête, plus de 90% des entreprises de plus de 500 personnes publient au moins un journal interne. Dans plus de 90% des cas, ce journal est en papier. Populaire, il l’est également au plan affectif. Les salariés apprécient sa convivialité, sa lisibilité et la mise en scène des contenus. Les décideurs en apprécient l’efficacité.

Le papier, encore plus d’efficacité pour plus de plaisir

La notion d’efficacité peut surprendre, mais c’est elle qui explique que Mme Pink et M. Green utilisent ce média, en dépit du lourd investissement temps et argent qu’il impose. En effet, aucun média écrit ne met en valeur avec cette richesse et cette pertinence textes et images. On lit un magazine avec plaisir : qui lit avec plaisir sur Internet ? De plus, le papier permet d’atteindre 100% de son public. De nombreux salariés ne disposent pas d’un ordinateur individuel relié à Internet. Enfin, le magazine n’oppose pas de barrière culturelle. Chacun sait ce que c’est qu’un magazine et comment cela s’utilise. Il en va autrement d’un blog, d’un wiki, etc. Ils requièrent apprentissage, et font donc courir le risque de faire échouer la communication.

Les méthodes actuelles

Examinons maintenant les procédés employés par les entreprises pour créer leur magazine. Celui de Mme Pink est le lot de la majorité des PME. Celles-ci réalisent leur magazine sur Word© ou Powerpoint© pour l’imprimer sur un photocopieur ou bien chez un petit imprimeur. L’opération est longue et complexe, pour un résultat souvent médiocre. Le seul avantage est l’économie.

Celui de M. Green est le lot des grandes entreprises et PME. Parfois, tout ou partie des différents métiers que fédère l’agence de communication (les acteurs sont ici Textuel, Publicorp…) sont intégrés à l’entreprise : graphisme, impression, etc. Parfois aussi, des progiciels (Wedia, Publiatis…) sont employés pour gérer une partie du processus. Si le résultat est de qualité, le processus demeure long, complexe et coûteux.

C’est pour relever ce triple défi que j’ai lancé Madmagz à Noël dernier. Il s’agit d’un site Web qui permet de créer des magazines, puis de les publier au format Flash (exemple) et/ou papier. Service intégré et simple à utiliser (la démonstration est éloquente), il affranchi ses utilisateurs de toute contrainte pour les laisser se consacrer à leur métier : la communication. Ils gagnent ainsi du temps. De plus, parce qu’une maquette est créée pour être réutilisée, les coûts sont sensiblement réduits. En revanche, la limite est celle-même de l’industrilaisation : si l’on peut commander des gabarits sur mesure, leur mise en page et les styles sont figés, et il faut y adapter ses contenus.

Une solution alternative

En conclusion, si la popularité et l’efficacité du média magazine en entreprise sont démonrés, les décideurs ont désormais trois solutions pour le réaliser : l’amateurisme avec des solutions de fortune, le sur-mesure avec les agences de communication et le prêt à porter avec Madmagz.

Retrouvez la conférence Media Aces 2009 sur TechTocTv

Je relaie ce message de l’association Media Aces, dont je suis co-fondateur, afin que ceux de mes lecteurs ayant loupé la séance du 14 décembre à la grande Arche, puissent voir les débats et les présentations. La vidéo a été tournée et hébergée par nos confrères et partenaires de Techtoc.TV

Alors que la première conférence 2010 approche – notez bien la date, le 16 mars prochain à la Grande Arche de la Défense – voici l’enregistrement de la dernière conférence en décembre 2009 à la Grande Arche. Deux heures de vidéo qui valent largement le coup, avec les témoignages de Frnack La Pinta (Société Générale), Olivier Cimelière (Ericsson France) et Philippe Nieuwbourg (Musée de l’Informatique).

enregistrement intégral de l'AG de Media Aces du 14/12/2010

enregistrement intégral de la conférence Media-Aces
du 14 décembre 2010

Techtoc.TV

10 conseils pour profiter du boom des médias sociaux en 2010 – 8ème partie

professionaliser les médias sociaux en entrepriseSuite de la 1ère partie dédiée aux 10 conseils pour profiter du boom des médias sociaux en 2010. Ce billet s’attache au huitième conseil.

conseil N° 8 : revenons à la question du ROI/ROE

C’est un sujet dont nous avons déjà bien des fois débattu (ici et encore ici par exemple), c’est-à-dire celui des tableaux de bord du retour sur investissement (ROI) ou retour sur engagement (ROE ; je préfère de loin ce terme ROE car il met l’emphase sur ce qui n’était pas possible de faire avant) devront être créés ou améliorés de façon à démontrer un bénéfice. En dehors des outils quantitatifs traditionnels qui permettent de mesurer le nombre de visiteurs et sa popularité, il serait bon que les managers des médias sociaux soulignent les montants économisés grâce à la production de contenu généré par l’utilisateur (UGC). En ce qui me concerne, mon hypothèse est que le l’UGC a permis à Orange Business Services de d’économiser au minimum 200.000 € sur ses contenus en 2009. Jamais je n’aurais été capable de monter autant de contenus de qualité sans les médias sociaux et sans une approche UGC. C’est ce que j’appelle le ROE.

10 conseils pour profiter du boom des médias sociaux en 2010 – 7ème partie

professionaliser les médias sociaux en entrepriseSuite de la 1ère partie dédiée aux 10 conseils pour profiter du boom des médias sociaux en 2010. Ce billet s’attache au septième conseil.

conseil N° 7 : préparez-vous à l’arrivée de Facebook en entreprise

2008 et 2009 ont été de grandes années pour Facebook. L’usage en a significativement augmenté, et surtout un business modèle a été inventé. S’il reste encore une chose qui cloche avec Facebook – sans mentionner son interface bizarroïde – c’est bien le fait que Facebook ne passe pas le pare-feu des entreprises. Ceci n’est pas seulement mauvais pour les marketers du b2b qui désirent utiliser Facebook pour leur marketing, mais aussi pour les marketers de la grande consommation (b2c), car où se trouvent les consommateurs dans la journée – hormis les cols bleus – si ce n’est sur leur lieu de travail derrière leur pare-feu d’entreprise ?. Peu à peu, les entreprises américaines se sont ouvertes à l’usage des médias sociaux en entreprise. Je soupçonne que c’est ce qui va arriver en Europe également : peu à peu, les administrateurs réseaux lèveront l’interdiction sur l’usage de Facebook, ce qui permettra une meilleure pénétration des entreprises par les médias sociaux et le marketing social. l’étape suivante consiste à aiguiser ses compétences marketing sur Facebook, et à se préparer tranquillement pour le futur du marketing en apprenant à marcher en marchant. Un bon point de départ me semble le livre de Paul Dunay (en Américain) « Facebook marketing pour les nuls » qui vous permettra de développer ces fameuses compétences et de vous préparer.

10 conseils pour profiter du boom des médias sociaux en 2010 – 6ème partie

professionaliser les médias sociaux en entrepriseSuite de la 1ère partie dédiée aux 10 conseils pour profiter du boom des médias sociaux en 2010. Ce billet s’attache au deuxième conseil.

conseil N°6 : de la vidéo à la radio

Comme l’a démontré John Earnhardt de Cisco à la fin des années 2008 lors d’une conférence Blogwell à San Jose, le vlogging (c’est-à-dire le blog vidéo) a rendu possible la production de vidéos plus directes et plus fraîches, et surtout à un coût très raisonnable. Cependant, si les vidéos restent plus faciles à produire que les articles de blog, il est certain que le contenu radio l’est encore plus. Et ceci principalement avec des outils comme Blogtalkradio ou Saooti par exemple. Ainsi est encore plus vrai pour les entreprises qui sont disséminées au travers de plusieurs continents comme Orange Business Services : enregistrer une vidéo avec un expert a Sydney et un autre à Vienne est complètement impossible. Les studios de radio sur Internet rendent ce type de contenu nouveau disponible à tous ; ne pas avoir l’image n’étant qu’un inconvénient mineur. Devrions-nous appeler ça le rlogging ? Je ne suis pas sûr, il y a peut-être une limite aux néologismes, même en 2.0.