ING veut changer la banque

Le sujet de la transformation de la banque est un classique de ce blog depuis quelques années maintenant. Nous avons déjà décrit les enjeux des front offices bancaires et des back offices bancaires. Puis est venu l’exposition des querelles entre anciens et modernes à l’occasion de la sortie du livre collectif d’Athling auquel nous avons d’ailleurs collaboré (voir mon article en anglais intitulé ‘cessez d’imaginer la banque du futur elle est déjà là’). En attendant notre analyse de l’agence du futur à la mode Crédit Agricole, que nous publierons ici dans les jours qui viennent, revenons sur la querelle des anciens et des modernes, avec l’intervention de Benoît Legrand, patron d’ING direct France et qui est fervent évangéliste de la Fintech.

changer la banque - comparatif
ING figure en bonne place des banques en ligne, au coude à coude avec Boursorama (Groupe SG) copie d’écran du comparateur Banques-en-ligne.fr

Changer la banque ? Mais pour quoi faire ? Elle marche très bien comme ça

Benoît nous a fait l’honneur d’inaugurer nos nouveaux locaux pour nous livrer une superbe interview tournée dans notre salle de réunion de la rue Taitbout, sur les lieux mêmes où Chopin a vécu au milieu des années 1800. Mais du passé peut naître l’avenir et c’est exactement ce que nous avons évoqué avec lui : le futur de la banque. Or, ce futur de la banque pour Benoît est simple : il faut la changer ! J’aurai assez entendu de critiques, parfois acerbes sinon carrément agressives, pour stigmatiser les acteurs du marché du changement digital  – ils sont réunis dans le livre d’ATHLING la banque de demain – qui veulent changer la banque. Même si cette volonté de changement s’explique par un intérêt fort pour ce secteur (que j’aime particulièrement, car je le trouve complexe et intéressant, et car j’y ai travaillé), il y a aura toujours au moins un grincheux sinon beaucoup pour vous expliquer que vous n’y connaissez rien ou que vous n’êtes pas légitime. Après tout, tout le monde sait que Richard Branson, qui a fait fortune en vendant les disques de Mike Oldfield, n’était pas légitime pour faire voler des avions, n’est-ce pas ?

Qu’importe, il faut laisser les grincheux « grincher », c’est leur raison d’être ; et ils ne s’étonneront pas que c’est le monde qui les changera plutôt qu’eux qui changeront le monde. Cette fois-ci, les grincheux en question vont sans doute encore s’en donner à coeur joie et pester contre un trublion de la banque qui pourtant, « marche très bien comme ça ». Alors pourquoi cette manie de tout vouloir changer, alors que tout fonctionne si bien ? Parce que changer la banque, et c’est ce que veut faire ING, n’est pas seulement une lubie, c’est un positionnement certes, mais c’est aussi et surtout le résultat d’une conviction. Une conviction que Benoît exprime très bien dans cette interview. Et pour une fois, les grincheux ne pourront pas se plaindre que l’interviewé ne connaît pas la banque ni qu’il est illégitime : c’est lui-même un banquier.  CQFD

 

ING vuet changer la banque
Benoît Legrand est venu nous rendre visite. Son objectif est rien de moins que changer la banque. Cette fois-ci on ne pourra pas dire que l’iconoclaste est un outsider

Vous dirigez ING et vous êtes l’auteur d’un livre : Changeons la banque. Pourquoi faut-il changer la banque ?

Il y a beaucoup de choses à changer dans la banque, d’ailleurs si vous parlez aux français en général, la majorité d’entre eux vont vous dire qu’ils ne sont pas très contents de leur banque, prouvant qu’il y a beaucoup de changements à effectuer dans la banque.

ING veut changer la banqueOn va remonter un peu dans le temps et repartir en 2008, date où la crise des subprimes touche l’Europe. Que s’est-il passé à cette époque-là ?

Il y a eu une prise de conscience dramatique, du fait d’éléments exogènes. La première c’est que cette globalisation de l’économie et de la finance, est une réalité : il se passe quelque chose d’un côté de la planète et l’autre côté est affecté. On peut continuer à raisonner en termes locaux, régionaux, nationaux, mais  je pense que c’est une équation qui n’est plus valable. La deuxième est que les choses vont en s’accélérant. On vivait dans des rythmes que l’on maitrisait encore. Aujourd’hui, un événement financier se passe la nuit, le lendemain matin, le reste de la planète en subit les conséquences.

Comment cela s’explique ?

Les échanges commerciaux et l’ouverture de l’économie demandent un soutient des banques qui est aussi transnational. On ne peut plus fonctionner dans un périmètre extrêmement local, parce que nos entreprise, nos clients et les particuliers voyagent et évoluent dans des environnements économiques et internationaux. Donc, les banques qui soutiennent le développement de l’économie sont amenées à suivre leurs clients dans leurs développements.

Troisième point, c’est que la confiance est plus que jamais, un point central

En fait, le monde de la banque, c’est un monde uniquement basé sur la confiance. C’est comme ça que cela a commencé il y a plusieurs siècles avec le Mont-de-piété. Finance vient du latin, la Fiducia, la confiance. Je vous prête de l’argent, je vous le prête parce que j’ai confiance dans le fait que vous allez me le rembourser. La confiance est essentielle, et cette crise a montré que des banques qui se faisaient confiance entre elles se sont trompées. Il y avait une banque qui n’était pas forcément digne de confiance et qui a fait exploser le système. Cette chute de Lehman Brothers, a fait que les banques ont arrêté de se faire confiance. A partir du moment où les banques ne se font plus confiance, le système bancaire est paralysé. Et quand une banque ne fait plus confiance, elle va avoir beaucoup de difficultés à financer les prêts qu’elle accorde, et si elle n’accorde plus beaucoup de prêts, l’économie ralentit.

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Le digital au service du marketing territorial

Les territoires se conçoivent de plus en plus comme des marques qui doivent « se vendre » pour attirer de nouveaux habitants, des entreprises, des investisseurs… en affirmant leurs atouts vis-à-vis de leurs congénères et concurrentes. Le marketing territorial, comme il convient d’appeler ce phénomène, s’inspire des méthodes traditionnellement utilisées par le marketing. Les technologies digitales, en fort développement, occupent une place prépondérante dans cette stratégie. De plus en plus présentes sur les médias numériques, et notamment sur les réseaux sociaux, les collectivités professionnalisent leur approche du marketing digital. En période de restriction budgétaire, elles doivent aussi prendre des virages stratégiques en se donnant les moyens d’agir efficacement pour obtenir des résultats à la hauteur de leurs attentes.

Les techniques du marketing au service du public

Très logiquement, les destinations touristiques – en particulier au travers des offices de tourisme – ont été les premiers acteurs territoriaux à adopter des méthodes issues du marketing. Logos, goodies, slogans publicitaires destinés à promouvoir des villes ou des territoires plus larges sont apparus avec pour objectif d’attirer des touristes et de développer la notoriété de la destination. Un objectif très proche du marketing dans le secteur privé en somme. Mais peu à peu, des villes ou des territoires plus larges (régions, communautés d’agglomération…) ont développé à leur tour une approche marketing de leur territoire en vue d’accroître leur notoriété mais aussi d’attirer des habitants et des entreprises. Le marketing territorial était né. Vincent Gollain, Directeur Economie et Développement Local à l’IAU Ile-de-France (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Ile-de-France), spécialiste du marketing territorial précise que « le marketing territorial vise à agir sur la valeur perçue d’un territoire ». Si, comme l’indique Gérard Lombardi, Responsable Marketing Territorial – Emploi au sein de l’Agence des Territoires d’Auvergne, « le marketing territorial n’échappe pas aux règles du marketing classique », contrairement à une marque ayant une identité unique, « le marketing territorial est un processus collectif puisqu’un territoire est composé de plusieurs acteurs », souligne Vincent Gollain.

marketing territorial
Beaucoup de régions utilisent le digital pour se mettre en valeur, à la façon d’une marque.

Marketing territorial : une démarche d’attractivité globale

 » Le marketing territorial doit être une démarche d’attractivité globale », explique Christophe Alaux, Maître de conférences en  Sciences de Gestion, Directeur de la Chaire « Attractivité et Nouveau Marketing Territorial » et Directeur-adjoint de l’IMPGT (Institut de management public et gouvernance territoriale) qui remet chaque année les « Place marketing Awards » aux territoires champions du marketing territorial. La réussite d’une démarche de management territorial repose selon lui sur plusieurs Lire la suite

Quel avenir pour les réseaux sociaux ?

En cette fin d’année 2015, j’ai eu la chance d’être interviewé quelques fois. Voici une de ces interviews, un long développement fleuve d’au-moins 4000 mots ! qui a été courageusement retranscrit par Aurore Lanchart Gonzalez et je dois avouer que cette interview m’a fait vraiment plaisir. J’ai rencontré Aurore dans le cadre de l’association Nos Quartiers Ont Des Talents. Elle venait me voir pour prendre des conseils et chercher un travail, ce qui n’est pas toujours facile quand on habite St Denis. Quelques années plus tard, elle a créé avec une amie le blog “le petit cloud” où elle y documente sa passion pour le numérique. Dans ce cadre elle interviewe diverses personnes du secteur. Voici mon interview sur l’avenir des réseaux sociaux, avec laquelle elle a clos l’année précédente, le temps pour moi de vous souhaiter tous mes voeux pour celle qui vient à peine de commencer.

Quel avenir pour les réseaux sociaux ?

Le marketing visionnaire de Yann Gourvennec – Le Petit Cloud

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A votre sens quel est l’avenir des réseaux sociaux, et quelle est le rôle des réseaux sociaux éphémères comme Snapchat, ou “privatisés” comme Whatsapp, les groupes fermés de Facebook… Est-ce qu’il y a une place pour le marketing là dedans ?J’ai une théorie là-dessus : les systèmes de chat servent essentiellement aux jeunes qui essaient d’échapper aux parents, et tous les ans ils changent de système. Je sais qu’on compte toutes ces messageries parmi les réseaux sociaux mais à mon avis c’est vraiment quelque chose à part, que je définirais plus comme outils de télécom que comme des médias sociaux. Si on revient sur les vrais réseaux sociaux, la messe est dite, il n’en reste plus que deux : Facebook et Twitter.

Il y a aussi Pinterest qui intéresse 2-3 geeks mais qui a beaucoup perdu ces derniers temps, ce n’est même plus un réseau social féminin, ça a complètement changé ! Et puis il n’y a pas d’engagement sur Pinterest, sauf dans la mode. Aujourd’hui vous avez Facebook et Twitter, point ! D’ailleurs on voit bien ce que font les marques aujourd’hui. Par exemple, en 2011 Google+ est arrivé et on s’est tous retrouvés sous pression : tous les responsables de marques ont commencé à transpirer, ils ont tous fini pour ouvrir un compte pour occuper le terrain, mais qu’est-ce qu’ils ont fait avec ? Ils ont mis du contenu automatique : le contenu qu’on mettait ailleurs, on le reprenait sur Google+ pour être tranquilles. On a tous baissé la tête en attendant que ça finisse, et 5 ans après ça y est, Google+ est mort, même à titre personnel c’est terminé.

si même Google n’y arrive pas – et ça fait 4 fois qu’ils essaient- c’est que les réseaux sociaux généralistes c’est terminé ! Peut être que dans deux ou trois ans quelqu’un me montrera que j’ai tort en sortant un truc complètement renversant et bouleversant, mais j’ai du mal à y croire : je pense que la vague des médias sociaux généralistes est terminée. Est-ce que le marketing du bouche à oreille, lui, est terminé ? Non, car il ne se limite pas aux médias sociaux et il ne mourra pas avec les médias sociaux.

C’est ce que je dis depuis le début, ces outils là (Facebook, Twitter…) peuvent disparaître d’un moment à l’autre, il y en aura d’autres qui viendront les remplacer. Je ne suis même pas sûr que Twitter survive. J’en suis désolé parce que j’adore cet outil ! Donc ce que je prévois, c’est qu’il restera un –peut être deux- médias sociaux généralistes, pas plus.La prochaine bataille de Facebook, c’est d’aller piquer le trafic de Google : ils essaient de développer le moteur de recherche interne pour tout ramener dans Facebook, et si ça marche ils ont tué l’internet !

Il y a un enjeu de neutralité du net qui est gigantesque. La promesse de l’internet c’était l’accès à la connaissance pour tous, de la même façon, et le même droit pour tous de produire de l’information. C’est ça le vrai dilemme des réseaux sociaux de demain : si Facebook réussit à englober Google, à ramener le contenu dans le réseau, on va se retrouver dans une situation de monopole, et nous n’aurons plus que l’opportunité de payer Facebook. Si vous tenez à internet, si vous tenez à votre liberté individuelle, à la liberté d’information, il faut que le débat que la net-neutralité devienne audible et c’est aux citoyens et aux entrepreneurs de se lever… Je suis optimiste, je crois qu’il y aura un sursaut, une vague d’innovation qui va revenir.

Vous vous reconnaissez dans notre slogan “La tête dans le web, les pieds dans les nuages” ou vous préférez toujours rester les pieds sur terre ?

Moi j’ai la tête dans les nuages et les pieds sur terre !

Source : Le marketing visionnaire de Yann Gourvennec – Le Petit Cloud

Joyeux Noël de la part de Visionary Marketing

L’année se termine. Une année riche, pas toujours drôle, mais « globalement positive » malgré les événements comme aurait dit Georges Marchais. Nul doute que l’année 2016 sera riche elle aussi, et souhaitons-nous la gaie heureuse et positive. Tous nos voeux vous accompagnent chères lectrices et lecteurs et à bientôt pour de nouvelles aventures passionnantes sur ce blog et bientôt, un nouveau livre blanc sur l’innovation. Joyeux Noël et Bonne Année à toutes et tous.

Joyeux Noël - antimuseum.com
Joyeux Noël : Dessin antimuseum.com

Réflexion sur la vente en B2B pour terminer l’année

Quels sont les enjeux B2B les plus importants pour les entreprises ?

Nous profitons de ce dernier article de l’année 2015 pour souhaiter à tous nos lecteurs de très bonnes fêtes de fin d’année. En attendant le bilan de notre deuxième année d’existence, mi-février, nous pouvons déjà nous réjouir de cette année, en attendant 2016 ! A l’occasion des rencontres internationales de la French tech, Thomas Benzazon de Widoobiz a réalisé une interview de Yann Gourvennec, sur les enjeux des entreprises impactées par le digital. L’enjeu principal est celui de la vente qui se retrouve profondément chamboulée par le digital.

Il y a un enjeu énorme pour les 5 prochaines années. Cet enjeu est la vente. On pensait justement que la vente serait à l’abri de la transformation digitale : un commercial va simplement voir un client pour lui vendre le produit ou la solution. Sauf que les choses vont changer. Il y a tout d’abord l’évolution du comportement des clients B2B qui se rapproche de celui des consommateurs B2C. On peut le voir avec la tendance du self service : le client a horreur qu’on lui vende, mais il adore acheter. Or, lorsqu’il veut acheter, il va chercher automatiquement le conseil, l’avis de quelqu’un, qui n’est pas forcément le vendeur. Ce comportement évolue et pousse les utilisateurs à réclamer le self service.

Amazon est connu pour ses livres mais fait de l'argent avec le B2B et AWS (Amazon Web Services)
Amazon est connu pour ses livres mais fait de l’argent avec le B2B et AWS (Amazon Web Services)

En sachant cela, que doit-on mettre en place dans les entreprises ?

Pendant des années, on nous a répété que l’e-commerce pour le B2B n’avait aucun avenir. Dans les 5 prochaines années, il va pourtant y avoir une course à l’e-commerce B2B ! Il y a une inclusion du domaine Web à l’intérieur du circuit commercial B2B. Il existe un exemple marquant : Amazon web services (qui vend de l’hébergement pour les entreprises sur internet), qui a fait sensation en août dernier en publiant leurs chiffres : 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Retrouvez l’interview sur Widoobiz.com