médias sociaux : le « retard français » en chiffres

la lecture du jour …

Remonte à quelques mois (Mai 2011) mais n’est pas obsolète et concerne une antienne bien connue, le « retard français » , un sujet qui – voir cet article que j’ai écrit en 2007 – ne concerne pas que les Français, mais que nous affectionnons particulièrement, comme s’il était plus intéressant de regretter son retard que d’essayer de le rattraper. Ceci étant, les chiffres (issus d’une enquête menée par REGUS) valent la peine qu’on s’y attardent … Alors quand même, pour mettre les choses en perspective, les Français parlent français (une langue devenant hélas minoritaire et peu parlée dans les pays dominants), et surtout, n’oublions pas que – même si on nous annonce le déclin américain à longueur d’années – que les Etats Unis représentent encore une bonne moitié du marché high-tech mondial, voire même plus de 60% dans le cadre du cloud computing par exemple (selon Gartner, en 2011). Il faut donc savoir garder ces proportions en tête … et pédaler plus vite pour développer les usages chez nous aussi !

La révolution des réseaux sociaux n’a pas encore pris en France. |

500 millions d’usagers sur Facebook à travers le monde dont 27 millions en France, 200 millions de « tweets » chaque jour dont 50,000 en français, 30 millions d’inscrits sur Viadeo, 10 millions de videos postées sur Youtube chaque semaine.

Les chiffres ci-dessus peuvent surprendre voire faire peur mais ils sont aujourd’hui une réalité que votre entreprise ne peut plus nier.

Facebook, Twitter, Viadeo, Linkedin, Youtube, Flickr, ou encore Foursquare ou StumbleUpon pour les accrocs aux dernières tendances outre-Atlantique. Ces réseaux sociaux vous sont sûrement pour la plupart familiers et pour cause ; il ne se passe plus une journée sans que l’on entende parler d’eux. Et si vous avez pu penser à un moment donné que ceux-ci n’annonçaient qu’un court effet de mode, au risque de vous décevoir, vous vous êtes trompés.

via La révolution des réseaux sociaux n’a pas encore pris en France. |.

Diaspora : réinventer les médias sociaux (pas pour tuer Facebook, quoique…)

« Le but de Diaspora n’est pas de tuer Facebook ou Google+ » affirment les créateurs de ce nouveau projet du Web social sur leur mur tout juste ouvert. « Il s’agit plutôt de réinventer le Web social ». J’ai eu la chance d’obtenir un accès à Diaspora, encore en version alpha et donc balbutiant, grâce à l’intervention de notre confrère de Like Minds, James Barisic. À première vue, Diaspora à des faux airs de Google+ avec une catégorisation de ses contacts appelés « your aspects » dans le même esprit que les cercles de son concurrent. De la même façon, ces catégories renvoient vers des listes séparées d’amis, de connaissances de relations de travail.

Skiormas Istraidés, un nouvel utilisateur le fait remarquer : « c’est [Diaspora] un peu plus élégant que Google+. Toutefois, c’est encore très ressemblant ».

mais où est donc passé le bouton Twitter ?!

Mais le véritable enjeu est ailleurs, au-delà de l’interface graphique de l’outil ou de ses simples fonctionnalités. La vraie question est celle de l’Internet ouvert et de la disparition des murs propriétaires qui cachent les « API » (ces programmes exportables qui permet d’utiliser, par exemple, Facebook, Google plus ou Twitter, à l’intérieur d’une autre application) d’une plate-forme sociale à une autre. Cherchez par exemple le bouton Twitter sur YouTube !… Il a disparu (voir illustration ci-dessus).

L’autre enjeu est celui de la protection des données personnelles, un champ de bataille laissé libre par Facebook notamment, qui croit à la disparition de la donnée privée. De même, Google plus a été attaqué assez rapidement sur ce sujet là avec son nouvel outil de Web social.

Voici, ci-après et en anglais, la réponse de Yosem Company de Diaspora:

« Yosem Companys – 7 days ago – 101 reshares

I’m re-posting this comment I wrote, as some folks said they’d like to reshare it:

The media has painted us as the David that will either slay or succumb to Goliath. (Insert FB or G+ for the Goliath, depending on the media’s narrative.)

It’s also a function of competitive differentiation. You only know what something is by comparing it to something else that exists. The media has chosen to compare us to FB & G+, which is understandable.

The better comparison, however, is AOL vs the WWW. When AOL appeared on the scene, it was the only commercial email provider. You couldn’t send email to Prodigy, for example, from AOL, and vice versa. AOL would force you to navigate the Internet through AOL’s portal. Then the (free or open-source, use your preferred term here) WWW came on the scene. Soon thereafter came communication protocols that enabled different email providers to connect their users with each other. AOL clung to their walled garden approach and slowly over time was transformed from a monopolist into just one of many actors on the open web.

Fast forward to today, and you find a similar situation. FB doesn’t allow its users to message G+ users, and vice versaFB forces all applications to use their API, thereby losing the richness of the larger web, forcing applications to conform to FB’s development environment.

D* is not trying to kill FB or G+. Like the WWW before it, D* is trying to reinvent the social web from one that relies on walled gardens to one that is open to all players. We believe the world will be better when users own their own social data and decide with whom to share it with, regardless of where these users are online. There is no reason why you shouldn’t be able to communicate with G+ users from FB, and vice versa. There is no reason why you should be forced to use pre-approved FB apps instead of any web app available online in its native environment.

D* wants to enable you to own your own data and enjoy the open web in a social way. It’s not about killing G+ or FB. It’s about enabling users to own their own social data and have the choice to use any service they want, which will force the walled gardens to provide better services, lest their users leave and take their own data to other services online that provide these for them.

médias sociaux : place à la guerre économique

la lecture du jour …

Ce qui a attiré mon attention, c’est cet article remarquable de Cyrille Frank (repéré via Christophe Asselin de Digimind sur Twitter) qui montre que le terrain de jeu des médias sociaux se déplace. Le fameux « klout » déjà maintes fois débattu sur ce blog devient le terrain de jeu non pas seulement de l’influence mais purement et simplement de l’accès aux avantages, aux meilleurs prix, et de l’employabilité … et donc un enjeu d’éducation … et de pérennité économique pour les Etats. A méditer en ces temps de pré campagne électorales où les médias sociaux me semblent extrêmement discrets, à l’inverse de ce qui s’est passé en 2007. Le temps de la poésie sur les médias sociaux est révolu, de la même façon que la bascule s’est effectuée vers le Web marchand au début des années 2000.

[image « economic warfare »  AttributionNoncommercialShare Alike Some rights reserved par Truthout.org

Mais les usages se déplaçant sur les réseaux sociaux, il fallait trouver de nouveaux critères d’influence. Et les marques ont élu Klout en la matière, quoi qu’on puisse penser de ce choix douteux pour mesurer l’influence sociale. En offrant des avantages à ceux qui dépassent un certain score, elles ne font que renouer l’alliance avec les fameux influenceurs, espérant bénéficier par la suite de leurs relais, car ils ne manqueront pas de s’en gargariser. Les employeurs aussi s’intéressent à la performance sociale de leurs futures recrues. Et privilégient déjà ceux qui ont su développer une certaine audience et dont ils espèrent bien profiter pour diffuser leurs messages, trouver des collaborateurs etc. La compétition au départ purement symbolique pour capter l’attention devient donc de plus en plus concrète. Il y a désormais de vrais enjeux économiques : trouver un job, payer ses achats moins cher… A l’heure où les inégalités de revenus reviennent au centre des préoccupations conjoncturelles de nos élus, cette nouvelle forme de sélection devrait les alerter. Non pas pour tâcher de le réglementer bêtement, par une loi inepte de non-discrimination Twitter à l’embauche. Mais en mettant les moyens sur l’éducation et la formation aux outils sociaux, à commencer par les employés du Pôle emploi. Cyrille Frank aka Cyceron via Klout, la bataille sociale se durcit » Médiaculture.

produit de l’année : et si les clients se moquaient de vos innovations ?!

La lecture du jour …

Est celle du blog de notre ami François Laurent, qui pose la question – bien pertinente – de savoir si l’innovation est effectivement ce que recherchent les clients. Ce qui nous ramène à la perception du marketing par ces mêmes clients? Au fait, aurions-nous un exemple de produit qui n’a pas changé depuis toujours (indice sur la gauche) ?

Les vrais questions sont de deux ordres.

D’ordre méthodologique, tout d’abord : les gens qui répondent aux enquêtes d’opinion sont-ils réellement représentatifs de la population étudiée ? Leurs réponses recoupent-elles celles des non répondants ? Impossible de savoir… La profession ne fera pas l’impasse d’une réflexion de fond sur le sujet : Web 2.0, c’est aussi un pavé dans la mare !

D’ordre sociétal, ensuite : l’élection des Produits de l’Année se fonde sur l’idée que l’innovation constitue la pierre angulaire du marketing ; et que sa capacité à sans cesse lancer de nouveaux produits exprime la bonne santé d’une marque – et en ce sens, il est logique de chercher à recueillir les suffrages des 10000 panélistes constituant le jury.

Peut-être serait-il temps de se demander si l’innovation constitue – ou non – un réel vecteur marketing… ou en d’autres termes si les consommateurs s’en soucient réellement!

via Innovation : cherchez l’erreur ! : Marketing Is Dead.

l’innovation par un des meilleurs experts

Je suis un peu partial car je l’ai eu comme professeur à EM Lyon et c’est quelqu’un dont j’admire particulièrement le travail : Paul Millier (auteur de divers ouvrages fondamentaux comme « marketing the unknown » et « l’anti-bible du Marketing et du Management« ) a lancé avec le Mastère de Management de la Technologie et de L’innovation d’EM Lyon, un blog très prometteur qui devra désormais faire partie de vos listes de lecture. A vos souri s !

Dans un précédent article nous discutions de la difficulté à faire accoucher les clients de leurs besoins. En matière d’analyse des marchés émergents, il y a encore une autre difficulté à surmonter ; d’ordre plus comportementale que que méthodologique à proprement parler. En effet, la logique et le bon sens font dire au rationnel qui sommeille en nous (et qui parfois veille plus qu’il ne sommeille) que plus on recueille d’information sur un sujet, mieux on le connait et moins il y a de risque de se tromper. Cependant il peut y avoir un inconvénient majeur à recueillir un maximum d’information, un problème lié à la quantité de données traitées. En effet des recherches ont prouvé que lorsqu’on collecte plus d’information pour se faire une opinion, ou décider quelque chose, ce qui augmente, ce n’est pas la pertinence du jugement ou de la décision mais le degré de confiance qu’on acquière à l’égard du jugement que l’on porte.

via www.blog-innovation.com