tableau de bord des médias sociaux : décembre 2011 et analyse

Il y a quelques mois, vers la fin de 2011, alors que je donnais un discours sur le ROI/ROE des médias sociaux à la conférence iStrategy d’Amsterdam, je demandais à mon équipe chez Orange de mettre en place un tableau de bord mensuel, plus élégant que celui que nous établissons toutes les semaines sur la base de fichiers Excel plus ou moins bien fichus, et qui cependant serait un bon outil de travail et de décision pour les managers, y-compris moi-même. Et j’en livre ici même la version de décembre, très largement remaniée suite aux justes remarques et critiques de notre ami Philippe Nieuwbourg, observateur avisé de la statistique décisionnelle. Ceux qui le désirent, peuvent revenir à la version d’octobre et vérifier les différences réalisées grâce aux remarques de Philippe de Decideo et de Claude Henri Meledo de Visual Decision.

Comme je le faisais remarquer dans ma présentation d’Amsterdam (voir ci-dessous), ce tableau de bord est en mode apprentissage et le sera toujours. Il est donc amené à changer en fonction du temps. Nous ne désirons pas utiliser ce tableau de bord pour nous vanter que nous sommes les meilleurs, ou pour montrer que nous sommes fiers de nous, mais au contraire pour montrer en toute transparence et humilité notre désir de faire mieux (je livre les chiffres tels qu’ils sont et partage ce fichier en toute transparence, qu’ils soient bons ou mauvais).

Ce tableau de bord, doit se lire également en fonction de la présentation que j’ai faite à Amsterdam (ci-dessus) et qui en donne le contexte. Je vous demanderai donc si vous le pouvez de passer un peu de temps à écouter cette explication qui permet de comprendre ce que nous avons essayé de faire et dans quel contexte nous l’avons fait. J’ai y ai introduit également certaines réflexions autour du retour sur investissement qui me semblent importantes dans ce cadre.

to Klout or not to Klout?

Sur le sujet de la mesure elle-même, un grand nombre de choses peuvent être dites, à commencer par la qualité des mesures elle-même. J’ai suffisamment écrit d’articles critiques sur Klout pour prendre en compte le fait que nous devrons bientôt changer cette mesure. J’envisage de la remplacer assez rapidement par le système TweetLevel d’Edelman, car il faut bien reconnaître qu’une mesure est néanmoins nécessaire ; Edelman fournit une telle mesure de façon assez fiable et surtout autour de laquelle il y a beaucoup moins de bruit, ce qui nous permet de nous améliorer à l’abri des interférences.

engagement rates … what are we measuring here?

En ce qui concerne le taux d’engagement (engagement rate) le problème est encore plus aigu, dans la mesure où la mesure issue de l’outil Social Bakers (dont je ne pense que du bien par ailleurs, c’est un outil très utile) se révèle pénalisante pour nous, car elle ne prend en compte ni les sondages que nous réalisons souvent sur notre mur, ni le fait que nous soyons multilingues et multi pays, et nous nous trouvons donc pénalisés de façon indue. Deux solutions donc s’offrent à nous : la première que nous avons déjà entamée, qui consiste à nous retourner vers Social Bakers afin de faire corriger cette mesure et faire prendre en compte des critères non utilisés aujourd’hui ; la deuxième consiste à créer notre propre calcul de taux d’engagement qui prendra en compte ces critères, et qui viendra pondérer la mesure initiale. A suivre …

Tout ceci pour montrer qu’il faut véritablement avoir beaucoup d’humilité par rapport à ces mesures, mais qu’elles sont nécessaires pour nous aider à nous améliorer (je répète, plutôt que d’essayer de faire de la gonflette) en toute humilité et en restant professionnels. En espérant que ce travail puisse vous être utile, nous le mettons en accès libre sur Internet dans un format creative commons que vous êtes libres de partager et de télécharger (la résolution est meilleure une fois téléchargée).

voici notre tableau de bord de décembre 2011:

clavardage ZEVILLAGE : c’est maintenant !

La sélection du jour …

C’est le clavardage d’aujourd’hui à 17.00 c’est à dire maintenant (clavardage un néologisme super sympa en provenance du Canada, pour remplacer l’horrible « chat ») sur le thème du « coworking » (pas de francisation pour ce barbarisme là par contre). En partenariat avec zevillage.

Reprise des #Clavze (Clavardage + Zevillage), chats thématiques de Zevillage sur Twitter, le jeudi 12 janvier 2012, de 17 à 18h. Thème : Bonnes pratiques pour animer un espace de coworking.
Ce #ClavZe se tiendra depuis les Rencontres d’Autrans. Pour participer, c’est simple, vous publiez sur Twitter en ajoutant le hashtag #ClavZe.

logo ClavZe

Vous aussi pouvez suivre les échanges en ligne, en temps réel.

Les 7 péchés capitaux du marketing digital 2/2

l’interview du jour (2) …

Dans la vidéo précédente, nous avons vu Hervé nous présenter les “ sept péchés capitaux du marketing digital. Dans cette deuxième partie, nous allons nous appesantir sur un des péchés mignons de nos amis marketeurs (experts numériques ou pas d’ailleurs), qui consiste à se reposer uniquement sur ce que l’on appelle le SEM (search engine marketing) et de négliger de faire ses gammes, à savoir optimiser le référencement naturel de son site Web (SEO). C’est ce que Hervé appelle le syndrome de la grenouille. Explications de l’expert :

livreblanc (1)Pour en savoir plus, sur le référencement naturel et lire nos conseils adressés au marketeurs (pas forcément spécialiste du numérique) nous vous recommandons de lire notre dossier dédié à ce sujet.

Les 7 péchés capitaux du marketing digital 1/2

L’interview du jour …

… est celle de notre confrère Hervé Bloch, expert en marketing numérique :  en matière de marketing numérique, il y a encore beaucoup d’éducation à faire ! Tant de marketeurs cèdent à la facilité, qu’il est utile de pouvoir rappeler les fondamentaux. C’est ce que fait Hervé Bloch de Digilinx dans ce petit ouvrage essentiel intitulé « les sept péchés capitaux des marketeurs digitaux » et qui décrit les travers les plus fréquents de nox chers confrères, et ce qu’il faudrait faire en regard de chacun de ces défauts de comportement.

Ouvrage essentiel disai-je, à tel point que j’en ai acheté une cinquantaine pour le distribuer autour de moi à chaque fois que j’ai une question fondamentale sur le marketing numérique.

Dans cette première vidéo enregistrée dans mon bureau il y a quelques semaines, en fin 2011, je reviens avec Hervé sur chacun de ces travers :

  • l’orgueil : qui décrit la propension à se focaliser sur la joliesse dans la conception des sites marchands, au détriment de l’efficacité (ceci ne s’applique pas d’ailleurs qu’aux sites marchands) ;
  • la paresse : qui fait tendre beaucoup de marketeurs vers la facilité de l’achat de mots-clés (SEM) au détriment de l’optimisation du référencement naturel (SEO) ;
  • la luxure : où l’on voit beaucoup de marketeurs acheter des adresses de prospects au kilo avant même de savoir ce qu’ils vont faire ;
  • l’envie : c’est-à-dire la propension à bombarder ses abonnés d’e-mails, au lieu d’abandonner le marketing de masse au profit de l’e-mail marketing ;
  • la colère : quand les marketeurs se bardent d’outils qui veulent tout mesurer mais qu’il n’y a pas deux outils (notamment en mesure publicitaire et mesure d’audience) qui disent la même chose ;
  • l’avarice : qui fait qu’on oublie d’investir dans la gestion de la relation client ou la gestion de la relation de ses prospects ;
  • la gourmandise enfin, qui pousse les marketeurs numériques à monétiser tout et n’importe quoi, souvent au détriment de leur propre chiffre d’affaires ou de leurs objectifs non marchands dans le cas où le site ne l’est pas.


>> télécharger le livre blanc de digilinx à cette adresse : http://www.digilinx.fr/les_7_peches_capitaux.html

bienvenue dans la jungle des API – 2/2 – ce que les marques devraient faire

Bienvenue dans la Jungle des APIs ou pourquoi les développeurs doivent apprendre à trouver, sélectionner et intégrer les API et contribuer à leur amélioration et évolution (2ème partie). Ceci est la traduction d’un article paru en Anglais en fin 2011.

par Martin Duval, CEO de Bluenove

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Le domaine des APIs est en effet très dynamique. Ces deux analyses graphiques de ProgrammableWeb sur les APIs les plus utilisées en Mashups montre certes la dominance des gros acteurs historiques sur une vue historique (see all time) mais aussi l’émergence d’acteurs nouveaux comme Twilio sur une vue plus récente (last 14 days), à la convergence du Cloud et des Telecoms.

imageIntéressant de voir aussi l’apparition de nouveaux types de services qui viennent en soutien technique pour faciliter la gestion d’infrastructure d’APIs comme la division Application Enablement Services d’Alcatel-Lucent (qui a racheté ProgrammableWeb), Mashery, Apigee ou bien encore Aepona ou 3Scale.

Mais revenons au lien entre les Apps et les APIs [8]

Les applications ne sont elles finalement pas que des canaux ? Pour assurer leur promotion, on peut raisonnablement parier que les grandes marques créeront à l’avenir elles aussi leurs propres APIs, avec d’ailleurs un retour sur investissement plus évident à démontrer que par celui de statistiques sur le téléchargement ou l’utilisation d’une App.

Les marques pourraient créer des APIs pour accroître la portée de leurs services. Voici quelques exemples pour des marques connues :

  1. Nike pourrait créer une API « Just Size It » qui donne la pointure de chaussure parfaite en prenant en photo son pied.
  2. Evian pourrait créer une API d’hydratation qui calcule la quantité d’eau que l’utilisateur a besoin de boire par jour et lui rappelle de le faire.
  3. Le caviste Nicolas pourrait créer une API qui permet de trouver et laisser des recommandations sur le vin qu’il vend.

Comment feraient ces entreprises pour s’assurer de la diffusion de leur API, et donc de la promotion de leur marque ? Ce sont les développeurs qui se chargeront de la rendre accessible sur de multiples interfaces, en trouvant par eux-mêmes les moyens de leur rétribution.

Il serait bien sûr possible de développer des applications dédiées, mais le choix de mettre à disposition une API permet d’augmenter de manière exponentielle la portée de la promotion de la marque.

Beaucoup de responsables marketing actuels sont parfois victimes du syndrome du « gadget» : ils suivent la tendance en glissant le dernier truc à la mode dans leurs plans marketing. Une année c’est ‘la page Facebook’, l’autre année c’est ‘l’application mobile’.

Mais dans une stratégie de marketing et d’innovation pérenne, la meilleure réponse pour une marque pourrait bien ne pas être une application, mais une API.

Autre tendance à prendre en compte dans l’augmentation du nombre d’APIs, l’Open Data. L’ouverture de donnés publiques par les administrations est en marche (EtaLab [10] prépare l’ouverture du portail Data.gouv.fr pour fin 2011) et des villes comme Rennes [11] , Paris [12], Montpellier [13]  proposent déjà des jeux de données dont certains sous forme d’APIs. Ces concepts arrivent aussi dans le monde de l’entreprise comme le montre l’initiative de bluenove d’un Livre Blanc sur « L’Open Data ; quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ? » soutenu par des partenaires comme SNCF, le groupe LaPoste, SUEZ environnement et Groupe Poult. Là aussi, les administrations, les collectivités locales, les grandes entreprises devront apprendre à intéresser, mobiliser, animer une communauté de développeurs, mais aussi d’entrepreneurs, chercheurs, étudiants, d’autres entreprises partenaires à s’interfacer à leurs données ouvertes pour booster leur capacité à innover.

D’un côté les grandes plateformes continuent inexorablement de s’ouvrir afin que la créativité des développeurs rende certaines fonctionnalités accessibles au plus grand nombre. De l’autre, les développeurs chercheront non seulement inventer de nouvelles application mais devront aussi s’appuyer sur un nombre croissant d’APIs disponibles et des compétences nouvelles pour les identifier, les sélectionner, les intégrer et contribuer à les améliorer voire en solliciter de nouvelles.

Martin Duval, CEO of BluenoveDe nouveaux types de besoins, de services voire de métiers sont en train de voir le jour pour soutenir ces dynamiques de collaboration et d’innovation entre les acteurs de ces écosystèmes extrêmement dynamiques au sein duquel les développeurs ont un rôle fondamental à jouer.

Martin Duval, CEO, Bluenove

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[7] KPI : Key Performance Indicator

[8] Exemples donnés dans cet article tirés de Mashable par Adam Kleinberg : http://mashable.com/2011/01/04/brand-open-api-developers/

[10] EtaLab : http://www.etalab.gouv.fr/

[11] Rennes Open Data : http://www.data.rennes-metropole.fr/

[12] Paris : http://www.bluenove.com/publications/revue-de-presse/bluenove-fait-parler-les-donnees-de-la-ville-de-paris-et-le-web/

[13] Montpellier Open Data : http://opendata.montpelliernumerique.fr/Le-projet