Transformation digitale : le réveil des RH

 Paroles de DRH le 14 Avril avec le G9+

Alors que les DRH sont très attendus pour faire bouger les choses on les entend peu sur le sujet transformation digitale :« Quand on parle de transformation de l’entreprise, la parole se situe rarement du côté des praticiens RH, même si tout le monde convient qu’il s’agit avant tout d’une question culturelle centrée sur les collaborateurs ». (cf. Article de Anthony Poncier).

Une conférence du G9+, think tank du numérique, et deux livres viennent inverser cette tendance et donnent la parole aux DRH. Le G9+, think tank sur le numérique, réunira un panel de dirigeants de Dassault, Orange, General Electric, Edenred, Usine i.o… le 14 Avril prochain pour comprendre comment la RH peut répondre & faire face aux nouveaux défis entrainés par la transformation numérique (identifier les compétences émergentes dans les différents corps de métier, former et acculturer l’entreprise au numérique, détecter les leaders autrement que par leur CV, comprendre les sujets de préoccupation professionnelle etc.). La conférence « Quelles stratégies RH pour accompagner la transformation numérique ? » l’Institut G9+ aura lieu le 14 avril prochain. Suivez-ce lien pour vous inscrire.

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Les intervenants seront:

  • Benjamin Carlu, Co-fondateur et Président de l’Usine IO, le lauréat de l’appel à projets « fablabs » du Redressement Productif 2014
  • Céline Crevelier,  qui est DRH Technocenter chez Orange 
  • Frédéric Gautier, Vice-Président du pôle People@3DS EMEAR HR chez Dassault Systèmes 
  • Robert Plana, Senior Engineer, Emerging Technologies, chez General Electric 
  • Konstantinos Voyiatsis, le DG Technologie et SI Stratégiques chez Edenred

La conférence sera guidée et animée par le Jean-Pierre Blettnet, directeur éditorial de la Revue du Digital.

DRH face au numériqueDeux livres récents viennent enrichir ces réflexions.  Dans « DRH 3.0, face au défi du numérique » (Editions Kawa 2016), Pascal Nicaud et Karim CHERIF analysent en quoi nos modèles traditionnels d’entreprise sont impactés par le numérique. « Après avoir synthétisé les stimuli impliquant une nécessaire transformation face à ce phénomène sans précédent, ils partagent une centaine d’initiatives digitales, actuelles ou en devenir. Tel le parcours initiatique du Jedi, cet ouvrage nous convie à un voyage expérientiel et visionnaire, de la « menace fantôme » du digital jusqu’au « réveil de la Force » RH ».

DRH et numérique

Autre livre qui donne la parole aux RH : « Faut-il libérer l’entreprise ? » de Gilles VerrierNicolas Bourgeois (Dunod 2016). « En ce début de XXIe siècle, les transformations à l’œuvre dans l’environnement de l’entreprise lui imposent de revisiter en profondeur ses pratiques de management des hommes et des organisations. Sur la base de nombreuses observations en entreprise et de 12 témoignages de dirigeants, les auteurs s’interrogent sans partis pris sur les modes de fonctionnement à construire. Cet ouvrage fait émerger les clés et les repères qui permettront à l’entreprise de se réinventer : autonomie, responsabilité, confiance, projet partagé, repositionnement des managers, nouveaux choix d’organisation, etc. L’approche résolument opérationnelle permettra à tous ceux qui veulent transformer l’entreprise de construire des réponses concrètes. »

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[Infographie] La transformation digitale des DSI (with @flashtweet)

sondage-dsi-bmc.pngLes avancées du cloud computing et les nouveaux services proposés en SaaS à moindre coût redistribuent les cartes au sein de l’entreprise, et la DSI, qui autrefois était au coeur des décisions et des besoins informatique devient de moins en moins nécessaire aux métiers qui trouvent désormais des solutions par eux-mêmes. Certains diront que cela est dû à l’arrivée de la génération Y dans l’entreprise, mais la raison est certainement plus simple : les solutions grand public proposés dans le Cloud sont à la fois moins chères, plus flexibles, régulièrement mises à jour, facilement interchangeables… Ces nouvelles habitudes mettent les DSI dans une position inconfortable, et l’on peut légitimement se demander quel sera l’avenir des informaticiens dans l’entreprise.

L’occasion de notre présence au BMC Exchange était trop belle pour ne pas passer à côté d’un sondage en temps réel auprès d’une centaine de DSI et métiers de l’informatique, afin de connaître leur ressenti sur la situation actuelle et celle des années à venir. Nous avons donc posé 9 questions que nous présentons ici dans une infographie, diffusée en avant première auprès du club utilisateurs France dans cet article. Si vous êtes informaticien et que vous souhaitez nous livrer votre opinion, vous pouvez dès maintenant répondre à ces 9 questions dans le sondage en ligne : http://bit.ly/sondage-dsi

Le bilan de ce sondage

Ce qui m’a le plus marqué, c’est que la majorité des DSI que l’on a interrogés a intégré l’importance de la transformation digitale. La nécessité de travailler avec le CDO semble également bien être intégrée. En revanche, 80% des DSI estiment qu’ils ne sont pas prêts pour les Big Data, alors que l’intégration des données, leur analyse,et leur mise à disposition aux marketeurs et aux métiers est désormais un enjeu crucial.
Cependant, concernant le cloud computing, il semble y avoir confirmation que quelque chose est en train d’évoluer. On suit à distance la transformation en cours depuis quelques années aux Etats-Unis.
Une autre surprise, agréable cette fois-ci, est à constater du côté des RSE, dont les DSI semblent reconnaître l’impact dans l’entreprise. Cet entrain de la DSI est à relativiser avec les difficultés de mise en place d’un RSE, qui sont à chercher davantage du côté de la mauvaise utilisation qui en est faite, plutôt que de l’outil en lui-même.

Quel avenir pour la DSI ?

L’avenir de la DSI est multiple :
  • d’une part une diminution forte, voire une suppression de la partie infrastructure qui va progressivement se transférer dans le cloud computing avec la généralisation des infrastructures dans le cloud (IaaS) et une généralisation du PaaS (Platform as a service) avec par exemple Hadoop as a Service.
  • la partie infrastructure diminuant, les DSI vont se repositionner autour des métiers du logiciel et du développement, et vont petit à petit se rapprocher des métiers.
Il y a encore du travail à effectuer pour transformer la DSI en fournisseur de services. La DSI devra ainsi accepter de mettre de l’eau dans son vin : pour répondre aux exigences de réactivité imposées par les métiers, elle devra par exemple parfois recourir aux logiciels en SaaS.
Ce changement ne doit pas susciter l’inquiétude. Le métier va évoluer mais devenir plus intéressant et plus innovant. La partie métier liée au processus de l’entreprise ne disparaîtra pas.

Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à commenter cette infographie et à participer au sondage en cliquant sur le lien suivant.

Télétravail – Quoi ? Combien ? Où ? Et la polémique

Notre partenaire Zevillage nous a alertés récemment sur une contestation des chiffres du télétravail, un sujet que nous suivons régulièrement du fait de notre intérêt pour le sujet depuis de nombreuses années. Le télétravail recouvre une réalité du terrain non uniforme (tous les métiers ne sont pas touchés de la même manière, voire certains ne sont pas touchés du tout. D’autres au contraire, sont touchés massivement comme dans la High-Tech). Mais par dessus tout, il s’agit d’un terme impropre, grossièrement simplificateur, qui recouvre une réalité sociologique et organisationnelle bien plus complexe que ce que peut le présupposer le terme valise de télétravail. Las, les greffes de nouveaux noms sur ce concept n’ont jamais pris. Ceci ouvre la voie à des raccourcis lapidaires, dont la dernière contestation des chiffres du télétravail par l’Obergo, observatoire de l’ “ergostressie”. Le débat semble en effet se déplacer vers la définition stricte du terme de “télétravail”, issue du code de travail, dont tout le monde connaît la modernité, et du décompte pur des “travaux effectués de manière régulière et volontaire” au détriment de la mesure des différents : 

“Depuis 2012, le code du travail définit précisément le télétravail: un travail qui « aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur », mais effectué « hors de ces locaux de façon régulière et volontaire » et encadré par un avenant au contrat de travail. Il exclut donc le télétravail non formalisé alors que les enquêtes régulièrement publiées mêlent souvent les télétravailleurs déclarés et les autres. “ (L’Expansion – L’Express)

Le télétravail c’est la santé

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Le concept d’ “ergostressie » a été créé par Yves Lasfargue, créateur et animateur de l’Obergo.  souvent décrit comme sociologue dans les journaux, ce titre ne figure pas pour autant dans son CV en ligne et cette activité sociologique ne semble pas être pratiquée dans le cadre d’un organisme reconnu (CNRS, EHESS…).  On pourra déplorer ce manque de croisement d’informations dans la presse… J’ai passé un bon bout de temps sur ce site, qui m’a interpelé. Yves Lasfargue fait autorité dans la presse où il fait passer un message clair et non ambigu. Dans le langage de la profession on appelle ça un “bon client”, quelqu’un qui est toujours prêt à être interviewé et qui surtout ne va pas contredire le journaliste. Enfin et surtout, quelqu’un qui va faire passer un message clair et si possible assez tranché.

L’important est que ce message ne soit pas brouillé par des explications nuancées ou alambiquées. Quiconque a été “mediatrainé” selon le langage consacré voit ce que je veux dire. Pour mieux comprendre le concept de l’ergostressie, David Fayon a réalisé une interview de Lasfargue sur son blog. Il milite dans la presse et au travers de ses nombreux ouvrages pour un monde débarrassé de sa “Cybersecte”. La Cybersecte – ceux que nous appelons parfois les “technolâtres” dans ces colonnes – sont ceux qui prétendent que la technologie peut tout résoudre, ce sont les scientistes du 21ème siècle. Je n’ai pas beaucoup de sympathie pour eux non plus.

Beaucoup de ses concepts sont intéressants et ont le mérite d’être clairs. Le choix du vocabulaire (“stressie” semble indiquer qu’on provoque volontaire le stress, “secte” qu’on a affaire non des personnes qui se trompent mais qui complotent contre le bien commun etc.) dénote par contre d’une sorte de schizophrénie anti-technologique.  Sous ce prisme le télétravail y est vu comme un événement potentiellement nuisible, destiné à nuire à son utilisateur (sous-entendu, “presser le citron” un peu plus car le travail est une souffrance (“stressie”), ce qui n’est d’ailleurs ni complètement faux, ni nouveau (dans la vue judéo chrétienne de la chose : “tu travailleras à la sueur de ton front” etc.). Entendons-nous, je ne prétends pas que la technologie est bonne ou mauvaise, c’est juste un outil à utiliser à bon escient. Le fait que (environ selon Obergo) 20% des travailleurs se sentent exclus par la technologie ne me choque pas non plus (ce chiffre me paraît même sous-évalué en France) et je comprends qu’il s’agisse d’une souffrance pour ces personnes. Mais la question n’est pas là. Il n’y a pas de déterminisme machiavélique dans l’innovation. A mon humble avis.

Il n’y a pas UN télétravail

L’ennui, c’est que le télétravail, c’est un peu comme la solitude, ça n’existe pas vraiment. Ou plutôt, ce terme valise  est impropre à décrire la réalité du terrain, véritablement sociologique, et donc éminemment complexe. Comme je l’expliquais ci-dessus, ce qui est complexe et ambigu ne peut être mis dans les colonnes d’un journal dont chaque article est contraint par la taille.  Ce qui m’intéresse en effet, ce sont les nouveaux modes de travail, dans lesquels les technologies apportent soit un avantage en terme d’efficacité d’organisation, soit en termes de puissance et de qualité du travail. Imaginez par exemple de pouvoir travailler, comme cela était le cas pour moi pendant trois ans dans une société internationale (Equant, citée plus bas dans l’article de Zevillage) sans la messagerie instantanée pour pouvoir échanger avec ses collègues du monde, et vous pouvez directement rentrer chez vous.

Il est certain que là où il a raison, c’est que certains métiers,  dont des professions largement majoritaires dans le nombre d’employés comme les employés du secteur de la distribution par exemple, sont immunisés contre le  Travail à distance/télétravail. On ne peut pas envisager, on ne pourra jamais envisager, qu’un rayon puisse être rempli à distance d’un ordinateur. Cela peut être possible mais peu probable. De là à traduire que  ces métiers ne sont pas stressants c’est bien une autre affaire. À l’autre bout du spectre, on va retrouver les métiers high-tech qui sont surreprésentés. l’Obergo lui-même en a fait la démonstration. Là aussi je suis d’accord avec lui, ces métiers nous sont proches mais ils ne sont pas majoritaires.

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Les chiffres de l’Obergo sur le télétravail dans la High-Tech (encore appelée TIC, une survivance du passé)

En conséquence, mesurer le télétravail en moyenne sur l’ensemble des secteurs n’a a priori aucun intérêt car on va mélanger des choux et des carottes,  des secteurs où le télétravail est majoritaire car  consubstantiel du travail en question, et d’autres secteurs où le télétravail/travail à distance a peu d’impact et n’en aura jamais. Lire la suite

La maladie de Powerpoint ou la désinformation ludique

Un PowerPoint quelques images et hop !
Un PowerPoint, quelques images et hop!

Cet article sur la « maladie de PowerPoint » est une résurgence de mon disque dur, intervenue à l’occasion d’une discussion avec une amie italienne qui dirige le MS sur le luxe à Grenoble Ecole de Management. Nous en sommes venus à parler de Giancarlo Livraghi, philosophe et auteur de livres sur l’Internet. Hélas, je me suis aperçu que Giancarlo est décédé en 2014, il est vrai que cela faisait longtemps que je n’avais plus de nouvelles. Auteur de nombreux ouvrages dont le fameux « La Coltivazione Dell’Internet » son site Web est encore disponible à la lecture. Il est toujours triste de voir un bel esprit disparaître, tant la Terre en manque. Chaque perte comme celle-ci est immense. J’ai donc décidé de republier aujourd’hui ce vieil article du début des années 2000, qui doit se lire, non seulement à l’aune des âneries dont on est abreuvé chaque jour dans le monde de l’entreprise, mais aussi et surtout de la fameuse « guerre contre la terreur » de cette époque post 2001. On se souviendra notamment comment une image (la petite éprouvette) et quelques slides illisibles ont permis à Colin Powell et George Bush, à l’issue d’un célèbre discours à l’ONU de lancer la guerre contre l’Iraq. Mais doit-on faire porter la responsabilité à l’outil ou à celui qui l’utilise ? Je vous invite à lire – ou relire – ce texte fondamental que Giancarlo m’avait communiqué il y a une dizaine d’années.

PowerPoint est-il un virus ?

Par Giancarlo Livraghi

PowerPoint est-il un virus ?

image : virus (Pixabay image libre de droits)

Le  » syndrome de Powerpoint  » est une maladie bien connue, clairement diagnostiquée, non seulement par de brillants caricaturistes comme Scott Adams, mais aussi dans diverses analyses de l’efficacité et de la communication des entreprises. Cette maladie est appelée Outre-atlantique  » disinfotainment « , que l’on peut traduire par ‘désinformation ludique’. Beaucoup des maladies actuelles remontent à l’origine de notre espèce. Il est aisé d’imaginer un peintre préhistorique, qui aurait trouvé un moyen rapide et facile de dessiner un bison, couvrant les murs d’une grotte de scènes coloriées de chasse, sans s’interroger sur sa capacité à nourrir sa famille ou sa tribu.

Il a été prouvé qu’elle peut sérieusement perturber la communication d’entreprise. Certaines firmes, dont Sun, l’ont même bannie de leur organisation.

Le magazine Wire de septembre 2003 contenait un article de Edward R.Tufte, professeur émérite de Yale intitulé Le pouvoir corrompt, Powerpoint corrompt absolument. (Sa monographie,  » The cognitive Style of Powerpoint  » est disponible chez Graphics Press).

Voici quelques extraits de cette intéressante réflexion :

Imaginez une publicité largement diffusée recommandant l’usage d’un médicament onéreux qui rendrait beau, mais qui serait inefficace. Au lieu de cela, le médicament aurait de fréquents et sérieux effets secondaires : abrutissement, neurasthénie, aboulie, difficultés d’expression. Ces effets secondaires conduiraient à juste titre à un retrait mondial du produit.

Pourtant, les logiciels de présentation sont partout présents : dans les entreprises américaines, les administrations et même dans les écoles. Plusieurs centaines de millions de copies du logiciel de Microsoft Powerpoint projettent des milliards de ‘transparents’ chaque année. Ces logiciels peuvent aider les conférenciers à étayer leurs messages. Mais cette commodité peut entraîner un affaiblissement du propos ainsi que de l’attention des auditeurs. La présentation type faisant appel à ces logiciels privilégie la forme au détriment du contenu, trahissant une attitude de vendeur de soupe qui transforme tout en  » baratin  » commercial. Lire la suite

Changer de vie professionnelle : pourquoi pas vous ?

vie professionnelleChanger de vie professionnelle, et de vie personnelle aussi comme on le verra plus tard, est un sujet dont je suis plus que largement autorisé à parler. Je l’ai fait moi aussi. A un moment où beaucoup de collègues autour de moi songeaient au – ou partaient en – TPS (alias « Temps Partiel Senior ») j’ai échappé à cette petite mort en créant mon entrepriseOui, vous avez bien lu, je pouvais attendre peinard pendant à peine 2 ou 3 ans et partir en retraite. J’ai rejeté tout cela et me suis lancé dans l’entrepreneuriat, j’ai repris mon sac à dos et je suis parti sur les routes (les lignes de métro dans mon cas) pour rendre visite à des clients et monter le rêve de ma vie, après plus de 20 ans d’atermoiement.

 

Ce rêve, beaucoup le font, épuisés par la politique interne, ou motivés par le désir d’autonomie et de créer ou même les deux. Beaucoup le font mais tous ne passent pas le pas car le chemin n’est pas aussi simple qu’il paraît. Pour ma part, ce changement je le dois à deux personnes en particulier : un confrère de SITA (les télécoms pour le secteur aérien, pas le SITA des poubelles – qui au passage auraient bien besoin de conseil sur la gestion des noms de domaines et des redirections http) et Mireille Garolla. En fait c’est ce collègue qui m’a conseillé d’aller voir Mireille. A un moment où tout le monde veut vous faire croire que parce que vous êtes vieux vous êtes foutu, j’ai pris conscience au contraire du fait que c’était la bonne période pour lancer mon entreprise : à 50 ans passés, on est encore jeune, 30 ans au moins, de vie s’offrent à vous. Et les 30 ans d’expérience accumulées et la largeur du réseau construit au cours de ces années est un atout incroyable.

Il ne faut cependant pas surestimer ses forces, se croire invincible. Entreprendre (ou changer de vie ou devenir free-lance car tout le monde n’a pas envie ni les capacités d’être entrepreneur) est un boulot à plein temps. D’abord il faut prendre conscience de ses forces (et de ses faiblesses), ne pas surestimer son réseau (c’est un atout mais un réseau doit vivre car sinon il vieillira avec vous) et surtout travailler sans relâche : pour cela partez de zéro comme au première jour et considérez que rien – absolument rien – n’est acquis. Par un effet miroir vous vous rendrez ainsi compte que si rien n’est acquis, rien n’est non plus jamais perdu, qu’il faut garder la tête froide et croire en sa bonne étoile. Oui, changer de vie possible et ne vous méprenez pas, changer de vie professionnelle est un changement de vie personnelle également. Mes deux premières années se sont passées sans week-end mais c’est un prix qu’il fallait payer pour bâtir une entreprise et une clientèle. Pour le reste je vous laisse voir avec Mireille. Mireille Garolla est la directrice du Groupe 3C, cabinet de gestion du capital humain, et auteure du livre « Changer de vie professionnelle : c’est possible en milieu de carrière« .

Changer de vie professionnelle, revient-il à changer de vie tout court ?

Effectivement, il s’agit de changer de vie professionnelle, mais il s’agit également de se poser la question de savoir qui l’on est et où l’on souhaite aller. Cela aide à accélérer drastiquement sa transition professionnelle.

Parfois, l'herbe est plus verte dans le pré d'à côté et il n'est jamais trop tard pour franchir la clôture...
Parfois, l’herbe est plus verte dans le pré d’à côté et il n’est jamais trop tard pour sortir de chemin et tracer une nouvelle route

Y a t-il une recette pour changer de vie professionnelle ?

Il n’y a surtout pas de recette ! Il ne faut pas appliquer des principes préconçus que l’on trouve un peu partout, notamment sur internet.

Dans ce panel de solutions, il y a les médias sociaux. Peuvent-ils nous aider à changer de vie ?

Les médias sociaux sont une formidable opportunité pour nous aider à changer de vie. Dans ce changement, on passe d’un écosystème que l’on connaît à un autre que l’on ne connaît pas. Et pour cela, les médias sociaux ont un double rôle :

  • Être un observateur silencieux dans un milieu que l’on ne connaît pas. Des communautés issues de ces écosystèmes actifs sur LinkedIn, Twitter ou Facebook nous donnent des clés et l’on peut se rendre compte des règles de fonctionnement d’un écosystème, des personnes qui interviennent et de l’intérêt que cela génère pour soi-même ;
  • Développer son réseau : avant 2007, on disait qu’il était possible de contacter n’importe qui dans le monde en 7 contacts. Les médias sociaux ont permis une diminution de ce nombre : on peut aujourd’hui rencontrer la personne que l’on souhaite en un ou deux contacts. C’est une question de ciblage, mais aussi de capacité à se présenter aux autres.

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