la malédiction des start-up ou pourquoi l’amitié ne résiste pas à l’argent !

J’ai au moins 3 choses en commun avec Guy Jacquemelle, que j’ai interviewé il y a quelques jours sur la sortie de son nouveau livre :  une passion pour l’innovation, notre éditeur (Kawa) et enfin, le fait de travailler dans la même entreprise. C’est avec plaisir que j’ai reçu Guy pour nous parler de son dernier livre qui est plus qu’un mode d’emploi à destination des entrepreneurs : (tout savoir sur…) la malédiction des start-up (Les créateurs se séparent. Pourquoi ?)

Guy JacquemelleC’est un petit ouvrage d’une centaine de pages, qu’on peut lire ou du moins parcourir assez rapidement, mais il est d’une incroyable richesse, notamment pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’informatique, et ils sont nombreux sur ce site.

Ce livre pose une question simple : pourquoi les créateurs de start-up, souvent un couple d’amis se séparent-ils ?

Afin de répondre à cette question, le livre s’articule autour de 3 grandes sections :

  1. d’une part, un historique détaillé et incroyablement bien documenté de l’histoire des fondateurs de 4 sociétés emblématiques de l’informatique américaine : Apple, Microsoft, Facebook et Twitter. Pour toutes ces entreprises, un couple d’amis fondateurs a permis de faire éclore l’innovation, et le succès, mais aucune de ces histoires d’amitié n’a survécu au succès de l’entreprise ainsi créée.
  2. La 2e section, explique pourquoi l’amitié n’a pas résisté. À cela, beaucoup de critères importants comme l’éducation, complémentarité des profils, et surtout les objectifs divergents, comme dit explique dans la vidéo ci-dessous. Ajoutez à cela l’argent et le « 3e homme » et vous avons un cocktail détonant qui mène souvent, voire toujours, à la séparation.
  3. Le dernier chapitre, probablement le plus important pour les fondateurs de start-up, consiste en quelques conseils avant de se lancer sur le marché ; notamment pour ce qui concerne le choix du bon partenaire. Ainsi les entrepreneurs ne pourront plus commettre les erreurs du passé autrement qu’en connaissance de cause.
Guy Jacquemelle présente son ouvrage : la malédiction des startups

Existe-t-il des contre exemples ? Oui nous dit Guy Jacquemelle dans cette interview vidéo (ci-dessus). Regardez Google, Sergei Brin et Larry Page ne se sont jamais séparés, et le 3ème homme a même été écarté récemment pour laisser la place au fondateur historique qui n’en a pas profité pour éliminer son ancien ami.

une leçon universelle ?

Dans un sens, ce que nous explique Guy dans ce livre, dirigé par notre directeur de collection Henri Kaufman qui est toujours sur les bons coups, est sans doute quelque chose de plus universel que simplement le fait de créer une entreprise ensemble. L’amitié a en général du mal à résister au temps. Avec l’âge, les centres d’intérêt évoluent, les individus divergent.

Ce qui change avec la start-up, c’est qu’en plus il y a l’argent et l’ambition qui viennent se rajouter. Enfin, on pourrait faire remarquer que ce qui se passe dans ces start-up et la façon dont elles se séparent de leurs cofondateurs, est assez proche de ce qu’on observe dans les groupes de rock : en quelque sorte, on y retrouve la même recette : des copains, des complémentarités, du succès, puis l’argent, le 3e homme (producteur) etc. et enfin la brouille.

Les récits de Guy Jacquemelle nous racontent plus que l’histoire des fondateurs de start-up, ils nous content l’histoire des hommes. Ma seule frustration, est de ne pouvoir découvrir l’histoire détaillée et documentée d’un autre grand échec de l’amitié de l’histoire de l’informatique et d’Internet : Wikipedia avec la légendaire brouille entre Larry Sanger et Jimmy Wales.

8 retours d’expérience des pionniers du Web social – #confdigital

2.0-large_thumb.gifDemain vendredi 14 décembre a lieu à l’hôtel Méridien Etoile (Porte Maillot) aura lieu la conférence annuelle du Directeur de la Stratégie Digitale que j’aurai l’honneur de présider. Ma présentation, inédite en Français, sera tournée autour de la veille sur les médias sociaux  je reviendrai sur 6 ans d’expérience dans ce domaine, dont 5 passés aux commandes tout d’abord d’Orange Business Services, puis d’Orange groupe. dii-directeurdigital

Je cite les organisateurs : 

logo_dii_headerV2Pour passer le cap de la digitalisation et injecter du numérique dans vos chantiers traditionnels, les départements marketing, relations clients, ou encore communication se réinventent, allant parfois jusqu’à la création d’une fonction pilote : le Directeur de la Stratégie Digitale. Pourquoi et comment passer de l’opportunisme à la stratégie sur les nouveaux outils digitaux – Ipad, Smartphone, géolocalisation- et répondre aux défis du SoLoMo* ? Comment sélectionner les opportunités innovantes et ludiques pour vous démarquer sur la toile, et attirer la génération Y ?

Des réseaux sociaux à la marque employeur en passant par le social CRM, bénéficiez de témoignages exclusifs des Directeurs Digitaux, Web et Marketing digital lors de ce rendez-vous unique. Cette journée inédite vous permettra notamment de :

 Identifier KPIs pour mesurer la performance et leROI de votre stratégie
 Anticiper les risques 2.0, protéger vos données personnelles et votre e-réputation
 Adapter votre organisation et attirer les talents digitaux face à la rareté des compétences.

Et je vous livre ma présentation brute de fonderie  (le slide important est à la page 22 !) : 

Cette présentation a un titre assez alambiqué mais en fait elle devrait se nommer « veille et médias sociaux : comment passer du bruit au signal ». J’y reviendrai sur notre expérience de 6 ans sur ce sujet.

Knowledge Plaza : la curation dans l’Intranet – #curationb2b

network-largeC’est Antoine Paerdens, co-fondateur et CEO de Knowledge Plaza qui a conclu le cycle de présentations d’hier au Dupont Café sur la curation de contenus. Au départ, c’est un outil de partage de lien, sur le modèle delicious qui a été un précurseur du partage de liens en ligne. Cet outil, qui a beaucoup évolué depuis sa création selon son fondateur, sa particularité est qu’il est orienté vers la veille et le partage de l’information dans l’entreprise.

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L’esprit de la frontière …

Dans l’entreprise, il y a une frontière : “c’est celle de l’Intranet et cette frontière est importante” :

  • Sur Internet, tout est disponible et accessible à tous, mais en interne on a une problématique de protection de l’information, et notamment il y a le filtre du “proxy” ;
  • Il n’y a “pas non plus de ‘youtube’ dans l’entreprise” et donc il y a aussi dans ce produit, la possibilité de rajouter du contenu car “ce dont on se rend compte c’est que comme cette fonction n’existe pas en interne les utilisateurs les mettent sur Youtube pour les partager, mais ce contenu n’a pas de vocation à être externalisé !

Fonctionnalités clé de Knowledge-Plaza

  • Les mots-clefs : c’est un travail manuel de taxonomie
  • Ranger les contenus dans des thématiques : on peut ajouter un contenu à plusieurs thématiques sans les dupliquer et créer des “réseaux d’intérêt” ;
  • la possibilité de créer des contenus (exemple ci-dessus avec la possibilité de stocker des vidéos directement dans l’outil) ;
  • Créer un réseau social : pourquoi ? pour mettre les acteurs de l’entreprise sur ce réseau.

Quelle valeur pour l’entreprise : 2 exemples

La valeur de Knowledge Plaza selon Antoine Perdaens est de permettre de capturer l’information afin de la rendre utilisable dans l’entreprise.

  • Le PMU utilise l’outil pour faire de la veille, et permettre de capturer les différentes informations et de les organiser avec les mots-clefs. Au lieu d’envoyer un document monolithique, on va permettre d’organiser un rapport dynamique que les utilisateurs pourront utiliser à bon escient. “Avant nous avions une ‘baleine’, aujourd’hui nous avons plein de bancs de poisson” a témoigné Monique Duizabo du PMU
  • Chez Lafarge, on utilise l’outil pour créer un réseau de nombreux collaborateurs dans le monde et partager les informations sous forme d’un référentiel ;
  • La société a été créée en 2009 et a pour clients entre autres, EDF, ADP, Orange (transparence : dont je suis Directeur Internet & Médias Sociaux),  International Polar Foundation et beaucoup d’autres entreprises.

Marc Rougier de Scoop’it : « à l’origine de la curation, l’infobésité ! » – #curationb2b

eye-largeSuite de ce petit déjeuner sur la curation de contenus Marc Rougier, co-fondateur de Scoop’it (transparence : je suis un client de Scoop’it). Marc a rappelé les fondements du marketing de contenu, “qui transforme les marques en médias” dans une présentation claire et directe.

A l’origine de la curation : l’infobésité

“Le curateur est une fonction qui existe depuis toujours, mais la nouveauté est l’infobésité qui nous submerge et qui pose 2 problèmes” a livré Marc en guise d’introduction :

  • si tout le monde peut parler, comment qualifier le contenu ?
  • si tout le monde peut parler, comment puis-je me faire entendre ?

Nous eussions pu ajouter : “si tout le monde peut parler, dois-je pour autant tout écouter ?

La réponse est de ramener l’humain dans ce processus, “cet être humain c’est le curateur, qui va compenser les lacunes du moteur de recherche”. La frontière entre l’écrivain et le lecteur s’est brouillée, et le curateur apporte à nouveau de l’organisation dans ce contenu.

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“Cet être humain qui revient dans le jeu est non seulement une nécessité mais une opportunité de gagner une voix, une réputation et une visibilité” a dit Marc Rougier.

Comment ça marche ?

Il faut comprendre pour cela “les enjeux des entreprises dans le Web social : Les barrières à l’animation des comptes Twitter ou Facebook sont assez basses. Mais quand on fait du Marketing on a l’habitude de travailler, classiquement, sur les mesures de ROI, or dans le Web social, a dit Marc, on ne le sait, même si on a du mal à se dire qu’on pourrait passer à côté des 4.5 milliards d’Internaute. Par contre, ce qu’on sait faire, c’est créer de ‘l’engagement’ et même si on ne sait pas comment faire pour lui donner une valeur comptable on est sûr que c’est quelque chose d’important”.

Les différentes étapes des entreprises dans le Web social :

  1. ne rien faire (et il y a encore quelques entreprises françaises qui en sont encore là) ;
  2. écouter passivement ;
  3. “réagir à ce qui se dit” et beaucoup d’entreprises sont déjà là a dit Marc ;
  4. La vraie façon d’agir est de “nourrir l’auditoire de façon proactive” et il “faut que les marques et les entreprises deviennent des médias”. Pour cela il faut raconter des histoires et donc apporter des stratégies de contenu.

… Il faut donc une stratégie de contenus. Qu’est-ce qu’un bon contenu ?

  • C’est un contenu qui a de la valeur ;
  • qui résoud des problèmes et qui apporte quelque chose à son lecteur ;
  • qui soit cohérent par rapport à votre image et votre mission ;
  • et qu’il soit dynamique.

Le Web social est très “gourmand” pour reprendre les termes de Marc, il faut donc le nourrir plusieurs fois par jour.

Alors … comment créer ce contenu ?

  • C’est très difficile pour les entreprises et c’est là qu’intervient l’opportunité de la curation ;
  • Ce contenu ne peut toujours être créé ex nihilo ;
  • On peut “augmenter le contenu éditorial en curant les contenus des autres”.

Que faire ? 4 choses principales

  1. définir les thèmes : il ne faut pas pousser les valeurs Corporate, entretenir son écosystème ;
  2. Sources : c’est un métier, il faut organiser et saisir l’opportunité de saisir les bons contenus ;
  3. Il faut aussi une  bonne ligne éditoriale et ajouter un style à son contenu
  4. Une stratégie de diffusion, soit en interne (partage de connaissances) on en externe (communication).

Il faut donc se poser ces questions qui sont assez simples et qui sont à l’origine de la création de Scoop’it, qui n’est pas un outil automatique mais qui permet d’assister le travail de sélection et d’éditorialisation et de partage du contenu. l’offre ouverte au public a été lancée il y a 13 mois et a plus de 1000 clients premium entreprise et a réalisé 6 millions de visites en 13 mois. L’outil existe aussi en mode privé. La société a été fondée à Toulouse et est également présente à San Francisco, où se trouve son autre co-fondateur, Guillaume de Cugis. EDF.com, La Poste et Orange font partie des clients. J’ai d’ailleurs témoigné sur mon expérience avec inside.orange.com.

Marianne2 et la curation de contenus : « Pearltrees a réorganisé complètement notre site » – #curationB2B

J’ai répondu à l’invitation de Marc Rougier de Scoop’it au Dupont Café du Châtelet. La première présentation était réalisée par Patrice Lamothe, fondateur de Pearltrees et Mathieu Maire du Poset pourMarianne. Elle répondait à une question simple : “Qu’est-ce que la curation ?” Et la question n’est pas idiote, 3 ans après, de se demander ce que c’est vraiment, même (et surtout) si nous l’utilisons tous les jours.

A quoi ressemblait le Web en 2010?

En 2010, a dit Patrice Lamothe, le Web était quasiment l’aboutissement du projet de Tim Berners Lee : “une grande bibliothèque”. Au départ on a eu le Web passif, puis le Web participatif (où on a démocratisé la création de contenu : Wikipedia, les blogs, les wikis, les forums …). Le Web en 2010 ressemblait à une boîte à outils. Le problème majeur dès 2007-2009, c’était “comment accéder au contenu qui les intéresse vraiment”. La réponse à l’époque était le moteur de recherche est ce qui a fait les beaux jours de Google.

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La curation, c’est l’inverse d’un moteur de recherche !

L’idée de curation est une idée simple qui renverse complètement cette logique : “ce n’est pas le Web qui va organiser les contenus pour vous, mais vous qui allez organiser les contenus pour le Web et les autres utilisateurs”. En quelque sorte, c’est la preuve que “le moteur de recherche le plus puissant est l’être humain … et ils aiment ça !” a dit le fondateur de Pearltrees. Pearltrees a peut-être été un des premiers services de ce genre. La conclusion est que, “deux ans après, tout le monde aime organiser les choses” a affirmé Patrice Lamothe.

La curation en 3 mots

Mais comment définir la “curation” : organiser, c’est à dire permettre aux gens de découvrir, et créer du plaisir en partageant. Quelques exemples :

  • Facebook : n’est pas un service de curation, mais le “like” est proche ;
  • Tumblr : est une plateforme de blogs qui a été détournée par les utilisateurs pour le partage ;
  • Pinterest : partager les objets qu’on aime .

Le futur au travers de Pearltrees?

“Maintenant que le mouvement est lancé et que les gens aiment cela et que même Google a incorporé les recommandations sociales (+1) dans son propre service”, qu’est-ce que les différents services existants vont créer à partir de ça ?

En décembre 2009-2010 a été un des premiers à se nommer “curation service”. Aujourd’hui, c’est l’endroit où on bâtit “la plus grande organisation humaine pour l’organisation de la connaissance”. Le service a séduit des particulier et des professionnels. Les usages sont mixtes. Le but est de construire “la base de connaissance non seulement de votre entreprise mais aussi de l’ensemble des personnes qui constituent votre entreprises”.

Pearltrees aujourd’hui, c’est 50 millions de “pearls” qui ont été organisées. “C’est une des plus grandes bases de la connaissance, plus que la bibliothèque du congrés (30 millions de livres)” a précisé le fondateur de Pearltrees.

Exemple de Marianne

Tout part de la volonté d’utiliser le Web comme terrain de jeu. Marianne a été un des premiers médias à travailler avec des blogueurs et un des premiers à les faire participer à la création d’un journal en ligne (avant le Huffington Post et les autres médias qui s’y sont mis depuis). “Pearltrees est venu dans un premier temps aider les journalistes dans leur travail de tous les jours et l’usage de Pearltrees s’est rapidement imposé comme un usage important” a précisé Mathieu Maire du Poset. Google n’est as pertinent pour les journalistes car le “classement n’est pas intelligent, il est juste soit historique ou statistique” a-t-il dit. Le besoin s’est donc fait sentir dans la rédaction d’organiser la recherche des informations. Le but pour les journalistes était de se constituer des dossiers et ensuite de les réutiliser au moment opportun soit pour nourrir des papiers soit comme base de référence personnelle.

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Les journalistes se sont donc mis rapidement  utiliser Pearltrees et très rapidement “cela est venu croiser un autre usage qui est de documenter nos articles sur Marianne2 et croiser avec d’autres informations. Même s’il y a 20 liens dans les articles, tous les utilisateurs ne vont pas cliquer sur tous ces liens. Sur Marianne on a donc très rapidement fait des dossiers sur des sujets d’information afin de leur fournir une sorte de ‘best-of’ avec des mélanges de contenus de Marianne et externes qui fournissaient des clés de lecture aux lecteurs. C’est là que Pearltrees a permis de répondre à ce besoin.

“On s’est rendus compte au bout d’un moment de l’importance de Pearltrees et de la profondeur de l’outil : avec le moteur de recherche du site on a du mal à trouver les informations et Pearltrees permet de réorganiser complètement notre site afin de relire Marianne 2 de façon différente. Sur 1 an 1/2 2 ans, c’est 1 million de vues sur Pearltrees, ce qui prouve que c’est un véritable usage par nos lecteurs”.

Un autre type d’usage cité par Mathieu Maire du Poset, “c’est la capacité en tant que responsable du site est de se faire des dossiers de Presse sur différents sujets et Pearltrees m’a permis de garder une trace de tout ce qui a été dit sur nous et de garder en archive tous ces articles avec une utilisation plus simple”.

>> accéder au Pearltrees de Marianne