Le syndrome de Powerpoint (2) – Tribune

eye-large.gifMon récent article sur la véritable nature des infographies m’a incité à faire surgir du passé cet article de Giancarlo Livraghi vieux de 10 ans, et qui se trouvait à l’origine sur mon site Visionarymarketing.com. Même si certaines de ses références sont quelque peu datées, rien n’a changé depuis loirs, si ce n’est le moyen sans cesse croissant et puissant de fabriquer et faire circuler de la fausse information. Je tiens à noter ici par avance, afin de prévenir les commentaires qui ne manqueront pas de fuser, que ceci est un tribune et que, personnellement,  je n’ai rien contre PowerPoint, dont j’essaie d’etre un utilisateur éthique. Par « maladie de PowerPoint » c’est le lecteur (c’est-à-dire nous tous) et son manque de recul que l’on fustige.

Par Giancarlo Livraghi

Beaucoup des maladies actuelles remontent à l’origine de notre espèce. Il est aisé d’imaginer un peintre préhistorique, qui aurait trouvé un moyen rapide et facile de dessiner un bison, couvrant les murs d’une grotte de scènes coloriées de chasse, sans s’interroger sur sa capacité à nourrir sa famille ou sa tribu.

Le  » syndrome de Powerpoint  » est une maladie bien connue, clairement diagnostiquée, non seulement par de brillants caricaturistes comme Scott Adams, mais aussi dans diverses analyses de l’efficacité et de la communication des entreprises. Cette maladie est appelée Outre-atlantique  » disinfotainment « , que l’on peut traduire par ‘désinformation ludique’.

Il a été prouvé qu’elle peut sérieusement perturber la communication d’entreprise. Certaines firmes, dont Sun, l’ont même bannie de leur organisation.

AP/Wide World PhotosTufte satirizes the totalitarian impact of presentation slideware.
AP/Wide World Photos : Tufte satirizes the totalitarian impact of presentation slideware.

Le magazine Wired de septembre 2003 contenait un article de Edward R.Tufte, professeur émérite de Yale intitulé Le pouvoir corrompt, Powerpoint corrompt absolument. (Sa monographie,  » The cognitive Style of Powerpoint  » est disponible chez Graphics Press).

Voici quelques extraits de cette intéressante réflexion :

Imaginez une publicité largement diffusée recommandant l’usage d’un médicament onéreux qui rendrait beau, mais qui serait inefficace. Au lieu de cela, le médicament aurait de fréquents et sérieux effets secondaires : abrutissement, neurasthénie, aboulie, difficultés d’expression. Ces effets secondaires conduiraient à juste titre à un retrait mondial du produit.

Pourtant, les logiciels de présentation sont partout présents : dans les entreprises américaines, les administrations et même dans les écoles. Plusieurs centaines de millions de copies du logiciel de Microsoft Powerpoint projettent des milliards de ‘transparents’ chaque année. Ces logiciels peuvent aider les conférenciers à étayer leurs messages. Mais cette commodité peut entraîner un affaiblissement du propos ainsi que de l’attention des auditeurs. La présentation type faisant appel à ces logiciels privilégie la forme au détriment du contenu, trahissant une attitude de vendeur de soupe qui transforme tout en  » baratin  » commercial.

Pour une grande part, ces présentations pêchent par la qualité, la pertinence et l’honnêteté du contenu. Si vos résultats vous gênent, alors vous présentez des résultats erronés. Si vos textes ou vos images ne sont pas au point, faisant sautiller les couleurs, ils ne perdront pas pour autant de leur pertinence. L’ennui du public vient généralement d’un contenu défaillant non d’une mauvaise présentation

Une présentation a minima n’est pas dommageable alors que Powerpoint fréquemment hache, domine et banalise le discours.

Les conclusions pratiques sont claires. Powerpoint est un bon outil de gestion de projection de ‘transparents’ mais plutôt que d’enrichir un exposé, il en arrive à s’y substituer. Ce mauvais usage ignore la règle majeure : le respect de l’assistance.

Bien évidemment, les outils de présentation existaient déjà, longtemps avant l’apparition de l’informatique ; il s’agissait des tableaux (noirs ou papier) des rétroprojecteurs de transparents etc… Quelques-uns unes des plus belles peintures et sculptures du patrimoine de l’humanité étaient utilisées pour présenter ou illustrer une idée, une ligne de pensée, une attitude, un projet ou un plan d’action. Mais la plupart des présentations Powerpoint ne peuvent se prévaloir du titre d’œuvre d’art, ni même d’exemple de présentation efficace.

Les aides visuelles peuvent être utilisées efficacement, pour attirer l’attention sur des points-clés, pour mettre en valeur une information importante, pour rendre les choses claires. Mais il est hélas si facile de faire le contraire, d’embrouiller, de rendre confus ou de pervertir délibérément les faits, les enjeux et les concepts.

Nous savons que les données, les bilans, les statistiques, les tendances, les projections et prévisions peuvent être manipulées de différentes manières. Il y a cinquante ans, ceci était clairement expliqué dans un merveilleux petit livre de Darrel Huff : How to lie with statistics (comment mentir avec les statistiques) ; sorti en 1954, il est encore édité et se révèle toujours aussi pertinent.

Darrel Huff explique comment les données peuvent être mal utilisées ou représentées, par erreur ou par manipulation délibérée. Il montre aussi comment elles peuvent en outre être perverties dans une présentation visuelle. Par exemple des données chiffrées peuvent être montrées en deux dimensions plutôt qu’en lignes, colonnes ou barres. La hauteur du schéma indique la valeur exacte mais la perception des écarts est double. En utilisant des images, l’effet est encore plus fort, la perception est tridimensionnelle. Si nous utilisons l’image d’un animal pour montrer l’évolution d’une espèce ou une vache pour représenter la production de lait, nous pouvons faire croire à un doublement quand l’augmentation n’est que de 30%. Et au-delà, des erreurs de perception peuvent être ajoutées en utilisant le mouvement.

Cela peut-il être fait avec les valeurs ? Oui, bien sûr ! Au lieu d’utiliser des courbes ou des graphiques à barres, on peut utiliser des billets de banque, des pièces de monnaie ou des porte-monnaie. Cela s’appelle la dramatisation mais est en réalité tromperie, comme l’expliquait Darrel Huff il y a cinquante ans, lorsqu’il n’y avait pas l’informatique pour faciliter la chose. Les moyens visuels par eux-mêmes ne sont pas en cause, ce sont des outils et le résultat dépend de la façon dont ils sont utilisés. Un exposé bien préparé peut être certifié honnête, mais s’il est délibérément truqué, il peut être un moyen de tromperie ou, s’il n’est pas soigneusement préparé et testé, ses effets peuvent être tout autres que ceux attendus par le présentateur. Les outils et les styles standardisés peuvent rendre les choses encore pires. Les présentations qui suivent une démarche prédéfinie lassent l’assistance par l’emploi répété des mêmes procédés au lieu d’éveiller son intérêt et susciter ses questions.

Un exposé efficace nécessite un travail sérieux, attention et compétence. Il demande à être essayé et testé, afin de trouver la forme la plus efficace en rapport avec le contenu, la cohérence étroite entre les supports visuels, le propos et le but recherché. Même lorsque les moyens techniques étaient moins aisés à mettre en œuvre et plus onéreux que ceux d’aujourd’hui (temps de réalisation, soin à y apporter, qualification, mais aussi coût apparent), il y avait des erreurs et des mésaventures aussi bien que des tricheries. Mais cela n’arrivait pas aussi souvent que de nos jours parce que davantage d’efforts et de compétence technique étaient nécessaires. Les choses ont empiré à cause de l’ivresse provoquée par Powerpoint.

Cela semble si facile. Une présentation sophistiquée peut-être mise sur pied en quelques heures. L’abondance de gadgets et d’outils entraîne l’exagération. Le résultat est souvent déprimant.

Les possibilités offertes par les outils standards de projection sont limitées, aussi les présentations ont-elles un air de déjà vu bien qu’elles traitent de sujets totalement différents. Cela conduit à la confusion et à l’ennui. Nous voyons souvent un présentateur emprisonné dans un schéma prédéterminé, incapable de répondre à une question simple parce qu’il est entraîné à répéter, sans compréhension approfondie, un exposé préparé par quelqu’un d’autre. Même quand les personnes préparent elles-mêmes leurs présentations, elles se perdent souvent dans les mécanismes de formatage d’écrans et manquent la cible qu’elles étaient sensées viser. Une autre conséquence ridicule est que, au terme d’un meeting ou d’un séminaire, au lieu d’un document rédigé, les participants reçoivent une copie des écrans de la présentation. Il est évident que ces images d’écrans préparés pour appuyer l’exposé ne sont pas le support approprié à la lecture et manquent cruellement d’information et d’explications. Mais la hâte, l’habitude, et la soumission irréfléchie à la technique conduisent à la production de documents sans intérêt qui brouillent le message (même lorsque leur caractère décevant n’est pas voulu).

Il y a aussi des résultats désastreux dus à la  » personnalisation « . Il est facile avec un traitement de texte de changer un nom, trop facile. Un document (ou une présentation) qui montre à la page 1 le nom d’une personne ou d’une société du monde de l’édition révèle à la page 12 qu’il a été écrit à l’origine pour un vendeur de voitures. Les choses empirent avec la télécommunication. Il est déjà assez agaçant de recevoir un fichier Powerpoint joint, de 3 mégaoctets pour nous apprendre ce qui pourrait être dit en six lignes de texte, mais il y a aussi des sites web qui contiennent des informations inadaptées manifestement extraites des textes traitant d’un tout autre sujet. Sans compter la bien connue et très répandue maladie qui voit les artifices de présentation prendre le pas sur le contenu. Après de nombreuses années de sérieuse discussion sur la pratique et le contenu du management, les meilleurs concepteurs de sites web savent que la substance importe davantage que l’apparence. (Voir The architect and the gardener : L’architecte et le jardinier).

Mais beaucoup de propriétaires de sites veulent des choses faites à moindre coût, parce qu’ils ne comprennent pas qu’Internet n’est pas la télévision ou parce qu’ils sont infectés par le virus du Powerpoint, ou bien encore parce qu’ils ne veulent pas confier à leur personnel la production d’un contenu signifiant. Aussi sommes-nous harcelés par une prolifération de  » boîtes vides  » à l’apparence brillante mais sans contenu. Le syndrome Powerpoint n’est pas seulement le mauvais usage d’une technologie spécifique, c’est un défaut culturel. L’abondance de moyens pour réaliser des écrans et les présenter d’une manière chatoyante conduit à l’exagération et à la superficialité. Lorsque la forme prend le pas sur le fond, il est plus facile de dissimuler tromperies et tricheries. Nous devons apprendre à maîtriser la prolifération des outils pour les mettre au service de notre propos, du moins chaque fois que quelque chose mérite d’être dit.

Conférence Media Aces : les medias sociaux dans votre assiette

Je voulais écrire un retour sur la conférence d’hier sauf que je n’avais pas le temps … Et voici que je découvre le superbe article de Michaël qui semble confirmer notre impression de réussite. Un grand merci à lui pour cet article très complet. Pour les slides c’est sur http://bit.ly/msassiette

infographies, degré zéro du savoir ? (1)

tv-large

Un petit coup de gueule du mardi matin. Grâce à mon application Firefox préférée (StumbleUpon) qui me permet de trouver de nouveaux contenus et de nouveaux sujets, j’ai découvert cette très intéressante infographie sur la véritable nature des marques en fonction de leur couleur. Je ne suis pas certain que ces graphiques, Fort beaux au demeurant, « vous disent tout sur la nature de votre business » comme l’indique le sous-titre, mais j’ai par contre la conviction que je commence à mieux comprendre la façon dont nous lisons, comprenons et sommes influencés par les images.

Il y a longtemps (2003), je publiai un article sur Visionarymarketing.com, mon site Web, par Giancarlo Livraghi, un publicitaire italien et l’auteur d’un livre transalpin intitulé « la culture de l’Internet » (au sens voltairien du terme). Giancarlo, dans cet article, décrivait ce qu’il appelait la maladie de  PowerPoint, un concept qu’il avait trouvé en voyant Colin Powell utiliser les images pour convaincre les Nations Unies que la guerre contre l’Irak était justifiée. Son argument était que la plupart des images utilisées par Powell étaient fabriquées mais n’avaient subi aucun questionnement car il est difficile de ne pas croire aux images. Cette théorie fut ensuite accréditée dans un film hollywoodien basé sur une histoire vraie (Green Zone – 2010). Je republierai l’article de Giancaro Livraghi très prochainement.

Imago ergo sum …

Les infographies, notamment les infographies comme celle-ci qui sont particulièrement belles et mises en page avec beaucoup de goût, sautent directement à la conclusion et sont faciles à comprendre. Elles sont émotionnelles et esthétiques. Elles font appel à nos sentiments. De plus, car elles sont si simples et didactiques, elles sont prises pour argent comptant, tant et si bien que personne n’ose dire qu’elles pourraient peut-être être fausses. Tout ce dont vous avez besoin est de cliquer sur votre souris et hop ! L’image est multipliée et partagée dans le monde entier. Il ne s’agit plus de cogito mais de imago ergo sum.

Simplistes et exagérées

Et pourtant, les infographies sont aussi simplistes et exagérées. Elles vous font gagner du temps mais en même temps, les images tendent à vous à priver les lecteurs de leur œil critique (entendons-nous bien, le problème vient bien du lecteur et non de l’objet de la lecture). La plupart du temps elles sont non représentatives et font état de résultats étonnants. On y trouve souvent des mentions à « une étude des meilleurs [remplacez par ce que vous voulez] du Monde » (les marques dans ce cas particulier) mais qui a sélectionné l’échantillon ? Quelles sont ces marques ? Qui a commissionné l’étude ? Où sont les résultats de cette étude ? Quelle en est la méthodologie ?… de telles questions sont et resteront probablement sans réponse.

ING-orange-account

Le compte bancaire orange d’ING voué à l’échec ? Ben voyons !

Un regard attentif porté aux détails ci-dessous éclairera encore plus votre lanterne. Je me suis juste focalisé sur la couleur orange pour une raison évidente (transparence : je travaille pour Orange). Comme cette couleur est utilisée par l’entreprise pour laquelle je travaille, j’ai eu le plaisir de m’apercevoir qu’elle était populaire pour la high-tech, si l’on en croit cette infographie, et que le code couleur en est cohérent avec les valeurs de la marque que nous aimons. J’ai lu également que cette couleur est censée être non populaire pour les services bancaires alors qu’ING l’a utilisée avec beaucoup de succès non seulement aux Pays-Bas mais dans le Monde entier et notamment aux États-Unis où son nom est très associé à cette couleur.

Comme un horoscope

Pas besoin d’aller plus loin. Regarder une belle image comme celle-ci me fait penser à la lecture d’un horoscope : c’est sympa, c’est amusant, cela vous interpelle légèrement, mais cela n’est pas du savoir. Celui-ci requiert de sourcer ses informations. Il requiert de la contradiction. Le savoir peut utiliser les images ; mais il peut certainement se passer de certaines infographies.

true-colors1

Conférence Media Aces LIVE : 18/02 à 11.30 précises – #SMWParis

Pas pu vous inscrire à la conférence Media Aces du 18 février 2013 ? Ce n’est pas grave. Grâce à SMW Paris, vous pourrez vous inscrire au live stream en cliquant sur le graphique ci-dessus. Début de la conférence : 11.30 CET (heure de Paris).

lesmediassociauxdansvotre assiette

innovations pour le marketing de demain – le Web social en 10 questions (9-10)

innovationSuite et fin de la version intégrale de l’interview que je donnais dans le n° spécial de Marketing Magazine intitulé “Marketing [R]évolution” et qui préfigure ce que sera notre futur ouvrage Le Marketing Digital Expliqué à Mon Boss qui sortira mi 2013 aux éditions Kawa. Voici l’intégralité des 10 questions qui m’ont été posées, en 10 épisodes. Il faudra taper http://bit.ly/wsocial10 pour rassembler tous les articles.

9. Quelles nouvelles technologies au service du marketing de demain ?

Je ne parlerai pas du cloud computing qui entre désormais dans une phase de maturité.

adobe-pdfPar contre j’évoquerai les « big data » avec ce nouveau buzzword inventé par les pros de l’informatique. Le marché du numérique fonctionne à coups de prophéties auto-proclamées et donc il faut être très à l’écoute, car de nombreuses innovations vont naître de ce bouillonnement d’innovation. Cependant, beaucoup trop de marketeurs ignorent encore les données existantes de leurs bases actuelles pour passer à l’étape suivante. Nous avons vécu des périodes similaires dans les années 90 avec le datamining qui devait révolutionner la banque, ce qui n’est pas arrivé. Toutefois, les professionnels du business intelligence (BI) comme SAP, ex Business Objects par exemple ont déjà mis en œuvre ces logiques de manipulations de données en temps réel avec la grande distribution afin d’améliorer leur marketing et le merchandising dans leurs rayons. Ce genre de démarches s’applique aux secteurs murs (comme celui de la distribution), qui traitent beaucoup de données et qui sont capables de réagir en quasi temps réel sur le lieu de travail.

Enfin il y a les technologies d’impression en 3D qui sont en passe d’arriver dans le grand public. J’ai déjà décrit sur mon blog des expériences artistiques réalisées avec ces techniques qui sont moins nouvelles qu’on croit mais qui amorcent désormais leur phase industrielle[1]. Avec ces nouvelles technologies, les usages sont à inventer, mais imaginez dans le marketing B2B la possibilité d’imprimer des maquettes en 3D et dans le marketing grand public, l’éventualité de faire toucher des prototypes sur des populations de clients tests. Les possibilités sont infinies, ce monde nouveau est à inventer !

10.  Entre-t-on dans l’ère des robots ?

antimuseum.com-_DSC2325
Fiat lux!

A regarder nos chaînes de production, il faut croire que l’ère des robots remonte déjà à de nombreuses années. Je me souviens avoir visité à Amiens, un atelier de stockage automatisé de l’usine Whirlpool (Philips à l’époque), entièrement automatisé et autonome. C’était il y a 27 ans ! Paradoxalement, dans les domaines de l’informatique et de la maîtrise d’ouvrage, les besoins en humains sont toujours aussi grands. Certes, une bonne partie des développements informatiques se font en offshore, en Inde et en Roumanie notamment. Mais le marché n’a jamais été autant en quête de talents, que ce soit pour le marketing des TIC (mon domaine), ou celui de la maîtrise d’œuvre. Au plugandplaytechcenter de Sunnyvale en Californie, dans les ascenseurs, on trouve des affiches : « Wanted, PHP developer, $ 100,000 » ! Et les meilleurs peuvent même toucher jusque 200.000 $.

Tout ceci est assez paradoxal, l’automatisation des tâches a chassé le Taylorisme des usines, mais la valeur – dans nos sociétés occidentales – s’est déplacée vers la prestation intellectuelle et le haut de gamme. La prédiction de Charles Handy en 1995 s’est révélée exacte, nous sommes devenus des « analystes symboliques » dans un monde où la matière première est l’information, et où cette information – rebaptisée « big data » par les informaticiens – permet de faire du marketing en temps réel basé sur les comportements d’achats.

Il est clair que l’automatisation, notamment dans le marketing de la grande distribution, n’en est qu’à ses débuts. Toutefois, je ne vois pas cela comme un monde qui se « robotiserait », mais plutôt comme un monde en perpétuelle reconfiguration, où les tâches changent, et où certaines disparaissent pour laisser la place à d’autres, où l’Humain doit sans cesse prouver sa valeur.

Quant aux médias sociaux, la présence des humains est non seulement nécessaire, elle est indispensable. La montée en charge ne doit pas mener à la robotisation, sinon les utilisateurs se détourneront de ces plateformes et si les utilisateurs s’en vont, les marques n’auront plus rien à y faire.


[1] voir l’article sur visionary marketing (digital arti) http://bit.ly/digarti