retour (utile) sur la définition des médias sociaux

eye-large.gifLa sélection du jour, c’est l’article de Thomas Jammet de l’agence 71Signe qui revient sur la définition des médias sociaux et cite bon nombres d’ouvrages sur le sujet dont le nôtre : Les médias sociaux expliqués à mon boss. La tentative est loin d’être idiote. Un nom (encore plus un nom composé) est porteur de sens. En changeant le vocable « Web 2.0 » en « Social Media », la « communauté » (il est difficile de savoir qui a défini ce nom pour la première fois, mais voici un des textes fondateurs, peut-être le premier, qui donne d’ailleurs une drôle de définition en exergue…), a de facto reconnu un certain nombre d’évolutions des médias sociaux :

photo http://antimuseum.com
photo http://antimuseum.com
  1. Web 2.0 faisait référence au Web, pas les médias sociaux . C’est que la prédominance du Web mobile (aujourd’hui, environ 20% des visites en moyennes sur les sites que j’ai gérés) se fait pressante ;
  2. En incluant le vocable SOCIAL, le Web collaboratif devient le point focal du partage. Le Web 2.0 était plus le reflet d’expériences de startups, et comportait aussi des éléments technologiques (rss, client léger,…) qui tendent à être pris pour argent comptant ;
  3. En insistant sur le « média », le terme veut dire 2 choses : a) la reconnaissance du Web collaboratif comme nouveau média, comme cela s’est vérifié maintes fois, notamment via Twitter qui devient, on peut d’ailleurs critiquer certaines dérives, un mode d’information même pour les professionnels de l’information. « L’information circule sur Twitter » entend-on, ce qui fait réfléchir… b) le média, c’est aussi un medium de publicité. Le changement de vocable est aussi le signe de la monétisation des médias sociaux, sujet devenu central dans le développement de certaines plateformes, comme Facebook, sommées par leurs actionnaires de monétiser vite et beaucoup (au détriment de l’ouverture de leurs API et du respect, parfois, de leurs utilisateurs).

Voici l’article de 71signe, qui a aussi produit un livre blanc sur lequel nous reviendrons bientôt.

71Signe Experience » Médias sociaux : une esquisse de définition

La curiosité et l’enthousiasme que suscitent les médias sociaux sont à la hauteur de la difficulté de leur appréhension et de leur définition. Peut-on éclaircir en une phrase ce que recouvre ce concept fuyant ? Petit tour d’horizon (non exhaustif) de quelques propositions courantes, disponibles sur le web.

Faire le tri

Trois éléments transversaux caractérisent tous les médias sociaux : le support technologique nécessaire à l’existence et à l’évolution de ces nouveaux outils d’information et de communication, l’interaction sociale qu’ils favorisent ou facilitent par rapport à d’autres médias, et la création de contenu par les utilisateurs (user-generated content, abrégé UGC), qui les singularise et contribue à leur intérêt en même temps qu’elle brouille les rôles culturels traditionnels du producteur, du diffuseur et du consommateur.

Si ces trois caractéristiques centrales font l’objet d’un consensus parmi les théoriciens et praticiens du web, elles ne permettent pas encore l’établissement d’une définition unanime de ce que sont concrètement les médias dits « sociaux ». Ces dispositifs offrent certes un accès plus direct, par rapport à des formes plus « classiques » de médias, à l’expression et à la modification du contenu qu’ils véhiculent. Mais leur diversité, tant en termes de supports que d’usages effectifs, les rend difficiles à subsumer sous une étiquette unifiante.

[…]

via 71Signe Experience » Médias sociaux : une esquisse de définition.

des « techos » et des hommes … ou la difficulté de communiquer

J’ai trouvé cette image (ou plutôt c’est ma femme qui l’a trouvée, soyons honnête) postée par Physicisttv sur leur page Facebook page hier soir, et je n’ai pas pu m’empêcher de la partager avec vous sur ce blog. En fait, on pourrat en changer les légendes et remplacer “programmeurs” et “utilisateurs” par à peu près n’importe quel fonction de l’entreprise que vous/les autres/nous (remplacez les pointillés) ne comprenez pas.

comment les programmeurs voient les utilisateurs et vice versa

Bien souvent j’ai vu des “hommes/femmes d’affaires” coller l’étiquette de “techos” sur leurs experts digitaux, ce qui dans leur bouche voulait dire “Martiens”; cela m’est même arrivé (morrrrrrrt de rire !). Inversement, les informaticiens voient souvent leurs utilisateurs comme des imbéciles retardés (souvenez-vous de la règle de l’intelligence édictée par Dilbert dans le schéma ci-dessous, où les utilisateurs sont considérés plus bêtes que les marteaux ou la pâte à modeler !)clip_image002

 [in Dilbert Principle]

Après tout, je pourrais très bien, pour ma part, mettre un comptable dans cette chaise et j’y verrais aussi un Martien car je n’ai jamais bien pu comprendre, malgré des cours fort bien faits, la logique de ce métier et que mon intérêt pour leur travail est disons-le très limité. Une barrière de communication en quelque sorte, que l’on retrouve partout, comme dans les centres d’appel où la distance ajoute encore à la difficulté de de comprendre …

Dilbert.com

[graphique inclus depuis la Dilbert zone]

Harlem Shake, nouvelle forme de communion universelle ?

La sélection du jour …

C’est l’article du Monde d’hier, que le quotidien a généreusement mis en accès libre aujourd’hui sur son site. Le sujet en est l’inévitable – hélas ? – Harlem Shake, non pas la danse des années 1980, mais le phénomène de société (meme) de cette année dont une des premières sources revendiquées est celle de ce groupe de japonais (photo ci-dessous).

harlem-shake

Les exégèses sont nombreuses et les historiques – probablement farfelus – aussi (ici et ). Ce qui est certain, c’est que le feu de paille de cette nouvelle folie de l’Internet est indéniable, comme en témoigne cet extrait de Google Trends partagé par knowyourmeme.com

harlem-shake-buzz

Mais en dehors du fait que nous devions réécrire entièrement notre chapitre sur les buzz et ces phénomènes de partages frénétiques sur Internet pour le compte de notre prochain livre, je me pose la question de la raison sociologique de ce genre de phénomènes. Car si on nous explique le “comment ?” et le “quand ?” et le “où ?”, le “pourquoi?” fait cruellement défaut.

  1. pourquoi un “meme” surpasse-t-il tous les autres ? alors que rien ne le distingue d’un autre (après tout, ce n’est pas plus drôle que ça !)
  2. pourquoi les “memes” se multiplient-ils ?
  3. qu’est-ce qui pousse la planète à se passionner pour des clones de phénomènes a priori vides de sens.

Quelques explications sauvages qui me viennent à l’esprit et que je livre à votre sagacité :

  • la créativité : les memes sont un moyen de création aisé qui permettent à tous d’exercer leur créativité sans avoir à inventer un sujet (on prend un sujet et on élabore à l’infini : si on ne sait pas créer, on se contente de partager, cela est valorisant. Or, on le sait depuis longtemps, la création sur les espaces collaboratifs est limitée à quelques privilégiés qui sont moins de 1% de la population totale.
  • la communion : ces danses me font penser à des danses rituelles et initiatiques, à la manière du Vaudou, avec les mêmes symboles sexuels, et permettent à un groupe de se lâcher à la limite de l’interdit social, tout en étant toujours dans les clous (il y a finalement peu d’excès, on voit même des parodies de parodies qui restent très en deça de la pornographie qui, de toute façon, est censurée par les réseaux sociaux comme l’a montré pour la photo le magazine réponses photos de ce mois-ci).
  • la sédition : la chanson commence par une voix en Espagnol qui dit “con los terroristas” ; peut-être s’agit-il aussi d’un phénomène de rejet de la société de la peur générée par le 11 septembre 2001, peur qui nous suit depuis plus de 11 ans maintenant.
  • la politique : rejoint le point précédent, il est intéressant que des jeunes égyptiens et tunisiens utilisent la chanson et la danse contre les mouvances salafistes, qui peuvent être – par certains et sans que je prenne parti – considérées comme “terrorisantes”. Dans ce cas “con las terroristas” peut-il sans doute se comprendre comme étant une réaction des terroristes des terroristes ?

Le Harlem shake (lui-même un meme d’une danse plus ancienne), est sans doute difficile à analyser, mais voilà certainement un véritable phénomène de société, qui n’est pas neutre. Peut-être que nous pouvons également avancer que dans un monde difficile à comprendre et qui perd son sens, ce genre de partages non signifiants vient souligner ce malaise et est peut-être un appel à la raison et au sens.

… l’article du Monde qui a déclenché ces réflexions

Une épidémie de Harlem Shake secoue la planète (Le Monde du 11/03/2013)

C’est le nouveau phénomène Web planétaire. Le Harlem Shake, cette bombe choré-musicale – assemblage de danse, de musiques urbaines, de tradition carnavalesque –, a véritablement explosé en un mois sur la Toile, suscitant quelque 50 000 versions postées un peu partout dans le monde sur YouTube et générant plus de 30 millions de vues.

Cette mode a même pris une tournure politique, servant de prise de parole pour des mouvements en rébellion contre le pouvoir. Comme en Chine – sur la question du Tibet –, ou bien encore en Tunisie et en Egypte où les jeunes révolutionnaires du « printemps arabe » s’empoignent sur leur droit ou non à faire leur Harlem Shake.

via Une épidémie de Harlem Shake secoue la planète

#Le street art au service du social game …

Je relaie ce post de Cécile Missir qui annonce un de mes derniers projets dans le cadre de mes fonctions actuelles.
Lieu du rendez-vous :
Vendredi 8 mars : Mur d’Oberkampf (105 rue Oberkampf 75011 Paris)
Samedi 9 mars : Parvis de Beaubourg.
Cet événement sera suivi d’un pot avec l’artiste dans l’un des cafés environnants.

Crowdfunding : SticknFind lève 1 million de dollars sur Indiegogo – #mwc13

Cet article a été originellement publié sur Live.Orange.com lors d’un voyage de Presse réalisé la semaine dernière, dans le cadre du Mobile World Congress de Barcelone 2013

Non, vous ne rêvez pas ! Sticknfind a bien levé près d’ 1m de dollars en janvier 2013

Non vous ne rêvez pas ! La start-up sticknfind a réussi à lever près d’un million de dollars sur la plate-forme de Crowdfunding Indiegogo.

Et les fondateurs de Sticknfind ne sont pas des débutants non plus car ce sont des pionniers du Bluetooth depuis les années 2003 et 2004 et ils ont travaillé depuis ce temps-là avec l’industrie automobile et gagné bien des récompenses a déclaré Jimmy Buchheim dans son introduction hier. Lui et ses équipes ont également développé le projet Blutracker, capable de localiser différents objets dans un rayon de 2500 pieds (projet également financé au travers de Indiegogo : $180 500 ont été levés pour ce projet) de même que Masterplug, une prise intelligente qui mesure la consommation électrique et l’affiche dans la monnaie locale (environ $128 000 levés également sur Indiegogo). « Cette entreprise a fini par être très profitable » a précisé le fondateur de Sticknfind. Il a démarré la nouvelle structure en début décembre. « cela n’a pas été facile » a-t-il dit, mais il avait l’air vraiment très content du financement qu’il a réussi à obtenir de la plate-forme de Crowdfunding. En effet, je connais peu de gens qui ne s’en contenteraient pas !

Jimmy Buchheim, patron et fondateur de SticknFind montre le produit SticknFind

Pourquoi utiliser le Crowdfunding ?

« Le moyen apparemment le plus direct pour démarrer l’entreprise aurait été de concevoir notre produit, le mettre en production, puis d’en faire l’article et ensuite le vendre à un industriel. Mais cela ne nous a pas paru la solution la plus simple. C’est ainsi qu’on a décidé d’aller dans le sens du crowdfunding parce que les retours des utilisateurs sont quelquefois plus intéressants que ceux venant d’une entreprise » a déclaré M. Buchheim. Il a ajouté « les Industriels veulent souvent changer les produits pour les adapter à leurs propres besoins et pas ceux de leurs clients ; quant à faire entrer des fonds d’investissement, cela a pour résultat que trop de gens veulent donner leur avis et c’est comme cela que ça commence à aller mal ! ».

Alors, quelle est cette innovation que les utilisateurs ont jugée falloir 1 million de dollars ?

  1. Tout d’abord, c’est essentiellement une « fonction de géolocalisation exceptionnelle » pour reprendre les mots de Monsieur Buchheim. « Nous avons mis beaucoup de recherche-développement dans ce mécanisme de localisation » a-t-il ajouté. Ce que cela veut dire c’est que cela donne à l’utilisateur la possibilité de mesurer très précisément où se trouve un objet. « La résolution est extraordinaire, le système est capable de mesurer des distances très petites » ;
  2. Deuxièmement, la fonctionnalité d’alertage qui permet au sticker d’envoyer une notification si l’objet appairé apparaît dans le rayon d’action. Les utilisateurs reçoivent donc une alerte sur leur téléphone s’ils oublient l’objet concerné. Vous pouvez mettre ce sticker sur une caméra, vos clés de voiture etc. et vous pouvez même mesurer la température d’un objet (ce qui par exemple, pourrait vous éclairer sur le fait que l’objet est à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment).
  3. Troisièmement, une capacité de zoom exceptionnelle qui permet de trouver ses clés dans un rayon de 45 mètres ; SticknFind a été capable d’étendre cette capacité jusqu’à 90 mètres. Grâce aux retours de ses utilisateurs, ils ont été capables de produire trois prototypes avec des Industriels différents. « Ceci nous a pris beaucoup de temps de mise au point » a ajouté Jimmy Bouchheim, « car ces stickers sont faits de petits composants et requièrent un travail intense mais nous avons fini par identifier la bonne composition du mélange plastique notamment (c’est-à-dire ni trop rigide, ni trop caoutchouteux), ce qui permet d’obtenir une meilleure portée. »

Stick find va commencer à expédier son produit la semaine prochaine. L’entreprise a démarré la production dès le mois dernier, ce qui veut dire que qu’ils sont en avance sur leurs plans initiaux et le produit sera disponible dans les boutiques dès avril. Ceci est la première génération de ce produit, a poursuivi Jimmy Buchheim, « nous sommes en train de créer un nouveau marché et celui-ci va déclencher de nouvelles applications. Les consommateurs et les entreprises perdent beaucoup d’argent avec les objects qu’ils égarent ».

Quid de la génération de 2 ?

« Elle sera encore plus petite », a précisé Jimmy, « vous pourriez même mettre un sticker V2 sur votre brosse à dents ! » a-t-il ajouté en plaisantant. « Ceci est le véritable Internet des objets » a-t-il déclaré. Le prix pour 2 stickers est de $49 et $89 pour 4 et il sera également disponible en packs de 10. L’application sera gratuitement disponible sur Google Play et iTunes et fonctionnera également sur le BlackBerry Z10 (à compter d’avril). La batterie dure 2 ans, donc même pas besoin de la changer très souvent.

Un SDK gratuit sera mis à la disposition des développeurs.  Le SDK sera aussi disponible pour Mac OS X (dès mars) et Windows 8 (à partir d’avril).

Il existe aussi des applications industrielles de cette technologie, comme celle qui consiste à garder la trace d’un inventaire, car il est possible de faire fonctionner le système avec 100 et même 1000 objets qui peuvent être géolocalisés en même temps. Le système, puisqu’il utilise Bluetooth 4.0, marche avec les téléphones de dernière génération (iPhone 4S ou plus récents, Samsung Galaxy SIII etc.) mais aucun accessoire supplémentaire n’est requis pour faire le faire fonctionner. « La seule façon de faire durer la batterie pendant deux ans a été d’utiliser la nouvelle génération de Bluetooth, sinon elle n’aurait pas duré plus de quelques jours » a déclaré le patron de SticknFind. Quant à la sécurité, l’appairage est limité aux appareils qui sont placés dans un rayon d’1 m et « vous devez taper sur le sticker pour pouvoir l’activer, ce qui est plus sûr ».

Cette technologie est une réelle innovation et une des meilleures que j’aie vues dans ce salon; elle remplit un besoin, est disponible tout de suite, est à la fois simple et offre un véritable facteur différenciant. Pas étonnant donc qu’ils aient réussi à lever autant d’argent au travers de Indiegogo.

interview de jimmybuchheim