panorama français des médias sociaux – petit déjeuner Skema (2/2)

image_thumb6La 2e partie de la conférence était assurée par Antoine Spadoni, fondateur et dirigeant de la société Social shaker, éditeur d’applications Facebook depuis 2009. La solution a été lancée en 2011 et la société est aujourd’hui leader en France, selon Antoine. L’objectif de Social Shaker, est de permettre l’administration des comptes Facebook afin de de « créer de l’engagement ». Antoine a donc pu rassembler toute son expérience professionnelle afin d’éclairer l’assistance sur l’état des lieux des médias sociaux. En route donc pour un balayage de ce paysage.

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2 présentations pour le prix d’une aujourd’hui : celle d’Antoine Spadoni et la mienne

En France depuis 2010 … dans le grand public

« En France, les réseaux sociaux se développent depuis 2010 » a-t-il annoncé dans sa présentation. Or, « la question n’est plus de savoir si on intègre des médias sociaux dans son mix aujourd’hui, mais comment on le fait mieux » a-t-il poursuivi fort justement. En ceci, il a insisté sur la très rapide prise de maturité de ce secteur, que nous décrirons plus en détail avec Hervé Kabla notre futur ouvrage la communication digitale expliquée à mon boss (http://amonboss.com). Mais les fondamentaux restent là, comme le répète Antoine fort justement « avant, on poussait de l’info, maintenant on peut et on doit parler directement à ses clients et ses prospect ».

Facebook … portrait d’un géant de 25 millions d’utilisateurs hexagonaux

Facebook a désormais 25 millions d’utilisateurs actifs en France (NDLR : et 1 milliard dans le monde) et la base de ce réseau social est ce qui s’appelle « le social graph », qui imprime une logique affinitaire et non pas uniquement basée sur le contenu (un mélange de contenu et d’utilisateurs en somme). Avec Facebook « tout est un objet, tout est connecté » précise Antoine. C’est le cas notamment avec des applicatifs comme Deezer au Spotify etc. Avec Facebook donc, on construit une « communauté » c’est-à-dire un ensemble de fans et d’amis de ses fans. Ce que, au début du Web 2.0, on appelait FoaF (friend of a friend), le système qui avait été popularisé par un des premiers réseaux sociaux jamais créés : friendster (désormais racheté et reconverti dans le jeu social). Avec cette logique d’amis des amis, « on multiplie ainsi par 10 ou 15 la portée de ses messages » (ce que dans le jargon on appelle le « Reach ») a précisé Antoine Spadoni.

À ceci il faut ajouter le fameux algorithme « edgerank », dont personne ne sait exactement comment il fonctionne, mais dont on sait qu’il s’appuie sur l’affinité, le poids et la renaissance des publications, textes etc. Comme exemple de conversation bien menée, Antoine nous a montré le poste de Ikea Marseille sur l’annonce allô Hållö, qui est effectivement un concentré d’humour et de commerce. On peut véritablement, dans ce cas, parler « d’engagement », on est bien au cœur du marketing du bouche-à-oreille, si souvent décrit, et si souvent mal compris.

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Le « Graph Search » … un cran plus loin avec Facebook

Mais ce n’est pas tout, arrive le « graph search » : il s’agit d’une nouvelle manière de référencer les contenus, une manière de rechercher à la fois les gens, les endroits et les choses. Et tout tourne autour de la géolocalisation bien entendu. Pour donc être bien référencé dans Facebook, Antoine nous donne ses conseils :

  1. bien remplir sa section « à propos »
  2. bien enseigner son adresse
  3. bien engager durablement avec Stéphane car le taux d’engagement influence référencement

Bien sûr, ces conseils s’adressent essentiellement aux entreprises et aux entrepreneurs.

Et voici Twitter

Depuis 2011, Twitter a fait également son apparition en France. Ou plutôt, c’est le grand public qui vient de le découvrir ; je suis pour ma part sur ce réseau social depuis 2007. Aujourd’hui, les journalistes y sont inscrits, les médias se sont approprié cet espace, et le hashtag devient universel nous a expliqué Antoine (il se pourrait même qu’il soit repris sur Facebook bientôt). Et la télévision adore les hashtags, avec un palmarès 2012 qui montre en tête de liste …TF1 avec 12.7 millions de tweets ! Comme on le voit, la fin des mass media, ce n’est pas pour aujourd’hui.

Vine … mais à quoi ça sert ?

clip_image003Plus anecdotique, du moins a priori, Antoine a montré à l’assistance, quelque peu médusée, le service Vine, lancée par Twitter en 2013. Il s’agit de contenu vidéo en 6 secondes, un peu à la manière des GIF animé, qui boucle indéfiniment. Cela peut paraître anecdotique et superflu, mais l’exemple de The Wolverine montrée par Antoine, prouvant que les marques peuvent s’emparer intelligemment d’un nouveau service, même si la majorité des utilisateurs ne comprend pas à quoi il sert.

La présentation n’aurait pas été complète sans évoquer le bon vieux Google+, la dernière tentative de Google de revenir dans le coup des médias sociaux. Google a interdit les jeux concours sur son réseau social, et son approche « serait plus orientée vers le référencement naturel (SEO) », même si d’aucuns, dont je suis, ne sont pas complètement convaincus. Antoine n’a pas tellement développé sur le réseau social de Google, qui a beaucoup perdu en mêlant, depuis son lancement de la mi 2010, date à laquelle il allait révolutionner le monde, mais ceci ne s’est pas passé. Antoine nous a quand même démontré l’utilisation d’une fonctionnalité assez intéressante à palais un garde ce qui permet jusqu’à 10 personnes de se réunir en ligne, voir même de diffuser en live une présentation sur YouTube.

Enfin, pour conclure, Antoine a démontré  Tumblr, Instagram (100 millions d’utilisateurs actifs à aujourd’hui et, c’est récent, la moitié sur Android après un an seulement d’existence), et le bon vieux Pinterest avec l’exemple de delamaison.fr, qui arrivent à avoir quelques suiveurs (424 mais j’en ai même un peu plus moi-même alors que je ne l’utilise pas), mais force est de constater qu’il ne s’y passe pas grand-chose non plus.

Cette présentation est mise à votre disposition directement sur Slideshare et ci-dessous:

Enfin, une 3e présentation et non des moindres, la mienne, concernant une mise à jour complète de la présentation antérieurement présentée à Londres et à Zagreb « quels outils pour quels messages », qui a été également francisée pour location :

N’hésitez pas, si vous êtes un ancien diplômé de Skema, à vous positionner lors de la prochaine conférence du club Solomo, et si vous n’en êtes pas, à suivre une formation dans cette excellente école afin de pouvoir en être.

à quoi servent (vraiment) les applications mobiles – petit déjeuner Skema (1/2)

imageLa semaine dernière, le club Solomo de Skema Business School (contacter Quentin ici) a organisé sa première réunion publique (thème : « Le mobile et les réseaux sociaux : quels outils, pour quels usages ? ») – devant un auditoire d’environ 40 personnes, rue du faubourg Saint-Honoré – qui est peut-être le point médian entre Paris et Nice, à condition de faire un effort d’imagination. Les participants ont eu droit à 3 présentations lors de cette conférence : d’une part Bruno Vercelli de Sentinelo, Président des anciens élèves de Skema, a parlé des applications mobiles ; Antoine Spadoni, fondateur de socialshaker, a ensuite dressé un panorama complet des médias sociaux, chiffres à l’appui, et enfin, je me suis livré un exercice de stratégie associée à la marque, avec la nouvelle version (française) entièrement revue de ma présentation « médias sociaux : quels outils pour quels messages ? ». Voici les points qu’il fallait retenir de cette conférence, en 2 parties, en commençant par la présentation de Bruno :

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[Antoine Spadoni (à gauche) et Bruno Vercelli (au fond à droite derrière la foule)]

Bruno Vercelli : état des lieux des applications mobiles

Bruno a commencé sa présentation en expliquant l’état des lieux du paysage mobile: il ne s’agit pas d’un épiphénomène : 20 millions de Smartphones existent en 2012, 40 millions seront disponibles en 2014, en France uniquement. Ce n’est plus non plus un phénomène de geeks et de jeunes, car la barre des 50 % de possesseurs de Smartphones a été franchie. Il y a, selon Bruno, un parallèle à faire entre applis mobiles et début du Web. « Au début, il fallait avoir une application parce que c’était à la mode, mais c’est devenu cher, et il fallait savoir également ce qu’on voulait en faire ! ».

Avant toute chose, il faut noter que les applis mobiles ne sont pas que pour les Pure Players a précisé Bruno dans son introduction. Les entreprises à forte notoriété les utilisent aussi pour fidéliser, également pour le multicanal, ainsi que pour localiser leurs magasins.

Les market stores : un problème d’œuf et de poule

Il n’est cependant pas toujours facile de se faire entendre sur ce marché dominé par deux acteurs (IOS d’Apple et Android de Google). L’arrivée des nouveaux entrants (BB10 et Windows Phone 8) pourrait ainsi changer la donne, sans compter les systèmes d’exploitation libres comme Firefox et Tizen qui sont soutenus par les opérateurs**. Mais en attendant, il faudra faire avec ces acteurs dominants… et probablement un troisième, Amazon, qui veut aussi sa part du gâteau.

** voir ici l’annonce récente de Telefonica, au Mobile World Congress

Le problème de base, pour le développeur d’application, c’est la notoriété : « comment être au top du référencement dans un market store qui contient plus de 800,000 applications ?  Le référencement naturel par mots-clés est restreint » a-t-il prévenu « et le référencement payant n’est pas possible ». « Le seul critère est le nombre de téléchargements » a-t-il poursuivi, ce qui finalement crée un joli cercle vicieux : si pour être beaucoup téléchargé, il faut être vu, et qu’on n’est vu que lorsqu’on a été beaucoup téléchargé, la boucle est bouclée.

D’ailleurs, les statistiques ne sont guère encourageantes. La durée de vie sur l’écran d’accueil (le « Springboard » dans le jargon, voir celui de l’iPhone à gauche) d’un utilisateur est de 3 mois (sans pour autant avoir été utilisée), et 93 % des applications ne sont utilisées qu’une seule fois conclue Bruno Vercelli.

Revenir aux fondamentaux du commerce

C’est là qu’il faut revenir aux fondamentaux : 73 % des recherches Web (pas seulement mobiles) sont locales (horaires, recherche de magasins etc.) indique Bruno (photo) et « 92 % du CA global du commerce en France est réalisé dans les magasins physiques, ceci malgré l’augmentation du commerce en ligne ».

C’est donc de cela qu’il faut s’occuper, en se dévouant au ROBO (« research online, buy offline » : recherche en ligne, achat en magasin) car « 70 % des chercheurs d’information sur le Web finissent par acheter en magasin ». BUT a même trouvé qu’un utilisateur pouvait aller chercher de l’information 8 à 10 fois avant de passer à l’acte, et c’est pour cela qu’ils ont décidé de se lancer dans le show-rooming, un nouveau concept où on accueille le client en magasin, avec un stock restreint, et où la commande se fait depuis le lieu d’achat, en ligne avec un conseiller, qui livre le client à domicile.

Pour ceux qui douteraient encore de l’importance de l’expérience client, Amazon vient de leur envoyer un message fort. Et pour en rajouter un peu, Le Monde de dimanche/lundi du 1er avril a décrit la crise actuelle du e-commerce qui a subit la crise de plein fouet, en même temps qu’il se développe (un paradoxe compréhensible car si le gâteau grandit, le nombre de bouches à nourrir aussi).

3 options

Comment donc les applications mobiles peuvent-elles soutenir les commerçants ? Il existe 3 façons de faire selon Bruno Vercelli :

  1. Le « Web to store » : c’est donner le choix aux clients d’aller chercher le produit en magasin (livraison en boutique, store locator, stocks en temps réel …) ;
  2. Le Couponing : « cela marche bien, mais s’adresse surtout aux chasseurs de promotions » selon Bruno ;
  3. Le « mobile to store » : dans ce cas, c’est l’application mobile qui a pour but de ramener le client dans le magasin, comme dans le cas de Sentinelo, dont Bruno est un des cofondateurs (voir ici une présentation d’une de ses présentations antérieures).

La conclusion, c’est que la tendance du commerce de demain, c’est la convergence, et non l’opposition entre commerçants en ligne et physiques (voir aussi ses autres exemples dans une présentation que j’ai faite récemment).

La suite avec la présentation d’Antoine Spadoni, sur l’état des lieux des médias sociaux (et la mienne) dans un article à paraître incessamment …

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à propos de l’événement Skema (par le bureau de Skema)

SKEMA Alumni a eu le plaisir d’accueillir près de quarante diplômés au petit-déjeuner/conférence du Club SOLOMO (Social Local Mobile) du 26 mars sur le thème : « Le mobile et les réseaux sociaux : quels outils, pour quels usages ? »

Le club SOLOMO a pour objet de réunir, d’échanger et de partager autour des nouvelles technologies, de la mobilité et des réseaux sociaux.

Communiquer via le mobile et les réseaux sociaux, pour quelle stratégie de communication opter et pour qui ? Quels outils choisir, pour quels messages ? Quel retour sur investissement est généré par ces nouveaux moyens de communication ?

  • Bruno VERCELLI (Vice-Président et Cofondateur de SENTINELO) a exposé l’importance du mobile dans notre société actuelle et l’intérêt de développer une application de géolocalisation des produits/services d’une entreprise. Ce concept répond à une attente du consommateur dont le comportement est d’acheter en magasin après une recherche online, appelé aussi « phénomène ROBO (Research Online Buy Offline) » ;
  • Antoine SPADONI (Fondateur et Dirigeant SocialShaker) a mis en évidence le panorama de réseaux sociaux à disposition des entreprises et a présenté les différents bénéfices des réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Google+,… ;
  • Yann GOURVENNEC (Président et co-fondateur de Media Aces, créateur de Visionarymarketing.com) est quant à lui intervenu sur le choix stratégique et le retour sur investissement de ces outils qui dépendent avant tout, du message souhaité et de la cible visée. Yann anime un blog et est également le co-auteur des livres « Les médias sociaux expliqués à mon boss » et « La communication digitale expliquée à mon boss » (ce dernier sort en juin 2013).

Les anciens de Skema Business School qui sont intéressés par les conférences du club Solomo sont priés de contacter Quentin Fontvielle directement.

Big Data : 1% seulement des données servent au décisionnel et c’est parfaitement normal

 

eye-largeNON ! JE NE VOUS PARLERAI PAS de l’opération Carambar en vous donnant un point de vue différent comme tout le monde ! C’est un joli coup de pub et de RP, il n’y a rien à (en) dire, sinon un coup de chapeau pour cette manipulation (qui risque de coûter un peu cher à la marque et ou l’agence la prochaine fois car les journalistes n’aiment pas qu’on se moque d’eux). Aujourd’hui, nous allons parler, comme le businessman du Petit Prince, de “choses sérieuses”… Le BIG DATA et le CLOUD COMPUTING.


239854_1.pngLes anciens de l’informatique connaissent bien Information Builders, entreprise pionnière de l’informatique décisionnelle (38 ans d’existence, classée leader de son domaine par Gartner, voir ci-contre en cliquant), et de ce qui se nommait EIS (Executive Information Systems) et a évolué vers le BI (Business Intelligence). J’avais un peu perdu de vue l’entreprise depuis lors, mais à la faveur d’une conférence intitulée “autonomie d’une nouvelle prise de décision” qui s’est tenue le 27 mars 2013 sur les nouvelles tendances de l’informatique et leurs conséquences sur les entreprises en termes de décision. La table ronde accueillait également des intervenants d’EMC et de Inbox.
 On y a parlé beaucoup Big Data, Cloud Computing et décisionnel.

déplacement du domaine du décisionnel

Je ne suis pas un fan du terme “big data” qui tend à faire passer la quantité (big) pour de la qualité, et surtout de la “donnée” pour de “l’information”, ce qu’elle n’est pas bien-sûr. Revenons sur les fondamentaux…

La problématique du décisionnel a beaucoup changé depuis les années 1990. A l’époque, les données étaient rares, mais elles étaient propres (dans les 2 sens du terme). La préoccupation des patrons du Marketing – comme c’était le cas chez Unisys quand j’y travaillais – était de bien utiliser ces données internes, peu pléthoriques, mais déjà difficiles à analyser. L’emphase était alors sur la l’analyse pure et, surtout, la présentation formelle des données propres à la prise de décision, en temps réel dans les réunions de comités de direction. Ce champ a été occupé, au fil des années, par des acteurs comme Business Objects (plus tard racheté par SAP) et Information Builders, mais le décisionnel s’est semble-t-il déplacé sévèrement et a succombé à la mode des médias sociaux. Certes, mais le Big Data ne se limite pas à ça comme le montre ce visuel issu de l’étude IDC /EMC.

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Si l’essentiel des données  viennent aujourd’hui des outils de surveillance (là on se doute des noms des principaux clients des outils du décisionnel, et on imagine leurs galons), il semblerait que le médical parte en flèche dans les années 2020, ce qui n’est peut-être pas étonnant vu le vieillissement des populations occidentales. Mais le fait notable est, selon cette prévision, le tassement (en proportion) des données issues des médias sociaux et surtout la quasi disparition des images et des vidéos utilisateurs. Même si je suis assez étonné par cette dernière trouvaille, je n’ai pas de mal imaginer que les données moins “futiles” sont plus à même de fournir de l’information décisionnelle. Il y a plus à tirer de l’analyse d’une cohorte de malades, que d’une horde de “likers” frénétiques.

Car beaucoup des discussions du panel (voir photo ci-dessous) ont tourné autour de l’analyse de tonalité, un “vieux” sujet de 2006-2007 qui est un peu en mode survie aujourd’hui et que j’ai toujours voulu prendre avec des pincettes. L’analyse des sentiments est effectivement le graal du décisionnel dans les médias sociaux et dans la communication en général, mais … car il y a un mais … Jon Husband, présent dans l’assemblée, l’a fait remarquer, ‘”l’analyse prédictive de la tonalité – sentiment analysis en Anglais – reste un défi car les logiciels sont peu capables d’analyser ces données molles du fait du manque de contexte”. Il faudra ajouter de l’intelligence humaine, c’était ma conclusion dès 2006, à la naissance de ces concepts et de ces logiciels : il s’agit d’un marché – à terme – de conseil et non simplement de mesure.

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Le panel de la discussion lors de la conférence IB, Directeur Adjoint du pôle éditorial de Brainsonic. De droite à gauche : Eric Mokemat, Dir technique IB, Sébastien Schreiber de Brainsonic (animateur), Nicolas Kaddeche, Directeur Conseil, Inbox, Sébastien Verger, CTO EMC France

3 V ou 3 T ?

Le panel de la discussion a évoqué les 3 V  du Big Data : volume, vitesse, variété de données : selon les panelistes, ces 3 enjeux du Big Data, sont aussi ceux de tous les décisionnaires de l’entreprise, pas seulement les top executives. Le 4ème v est encore plus important, c’est celui de la véracité, celui va transformer la donnée en information. Mais où est le véritable problème marketing ?

Sans doute que la problématique de base est plus à chercher du côté du temps et de la maturité marketing (et non informatique) ? Seules 1% des données seraient analysées selon l’étude IDC / EMC. La donnée de base donc n’est pas la donnée ou l’infobésité, une préoccupation d’informaticien en somme, il n’y a que nous – et encore, je n’en fais pas partie – pour nous émerveiller des zettaoctets que nous générons. La plupart de ces inflations de données sont d’ailleurs fictifs et sont dus à l’infobésité des logiciels et des matériels : en revenant sur mes photos numériques des années 90, je me suis aperçu qu’elles faisaient 500 KO, et maintenant, un négatif numérique de photo d’art comme celle ci-dessous fait 25 MO! Certes, elle est plus belle, et me permet de faire de jolis agrandissements, mais ce n’est pas un accroissement d’information, mais un accroissement de données. Donc finalement, l’accroissement du nombre et du poids des photos sur Internet n’a pas changé la donne. La preuve … les photographes professionnels existent toujours, et vous pouvez toujours acheter un Nikon D600 ou même D800 pour essayer les suivre … vos fichiers de 25MO n’y suffiront pas.

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[le négatif digital (.dng) pourtant un format compressé fait 25 MO !]

Le décisionnel dans les médias sociaux, et ses acteurs de niche

Le véritable défi, pour les médias sociaux, me semble se situer aussi autour du fait qu’il semblerait que l’analyse de la donnée à des fins de décision, notamment liées aux médias sociaux, aient échappé – du moins temporairement – aux acteurs majeurs du décisionnel. Ainsi, les incontournables du domaine sont la plupart du temps de petits acteurs, historiquement implantés sur les médias sociaux : certains orientés outils et spécialisés (Tweetreach, imbattable sur Twitter en événementiel, Socialbakers sur Facebook, …) ou spécialisés sur le domaine de l’influence (comme l’excellent e-cairn, une création française, même si elle est implantée dans la Silicon Valley) ou qui viennent du monde de l’édition logicielle Web SaaS ou du service (Digimind en France et Synthesio en France et au UK, Radian6 aux US, Linkfluence, un petit acteur talentueux en France, …). Le responsable digital et décisionnaire ne sait plus où donner de la tête, mais en même temps il est piégé car aucun de ces outils n’est capable de tout traiter correctement.

Les éditeurs n’ont pas fini de chercher ni de mettre au point leurs solutions, à la recherche d’une perfection à 360° dans un domaine où ce n’est finalement peut-être pas possible. J’ai pour ma part arrêté de la chercher et j’essaie de prendre des décisions sur ce que je vois, plutôt que d’essayer de tout mesurer. Voir ma présentation en Anglais au sujet du futur des études de marché.

Peu importe, le vrai problème de la Big Data est hors des médias sociaux, on le voit clairement dans l’étude IDC, et la problématique de temps et de capacité à traiter ces données pléthoriques n’est pas triviale, les 3 v sont peut-être à remplacer par les 3 T : le temps, le temps et le temps.

En fin de compte, ce qui permet de trier la donnée, c’est le filtrage et l’élimination volontaire et arbitraire de la donnée pléthorique : il n’y a rien d’étonnant donc à que seules 1% des données servent à la décision. C’est même presque heureux.

Voici mes notes in extenso de la réunion et du panel

1. LE BIG DATA

Stéphane Schreiber (Brainsonic) a introduit la présentation en donnant “un seul chiffre : seulement 62% des entreprises ont conscience de l’importance du big data et la plupart ne savent pas véritablement ce que c’est”.

image“Ils ne savent pas par quel bout prendre le sujet” selon M. Kaddeche de Inbox, or le retour d’expérience, c’est qu’il faut d’abord explorer et voir ensuite ce qu’on peut mettre en œuvre.

Autre étude IDC (Digital Universe) : C’est une étude EMC qui en est à sa sixième année qui définit la taille de l’univers digital. IDC revient chaque année sur les données de l’année précédente.

En 2005, la taille de l’univers numérique, 130 hexa octets (1 milliard de GO), la prévision pour 2012? c’est 2.8 zettaoctets et pour 2020, on arrive à 40 zettaoctets [je ne sais pas exactement combien ça fait, mais ça doit être beaucoup !]

  • ces données viennent majoritairement 1) du particulier : le particulier est à l’origine de 60%+ des données produites 2) du m2M  : 20-25% des données générées mais à 2020 cela sera 40% des données générées 3)
  • environ 200 milliards d’appareils connectés (7 milliards d’individus) à l’horizon 2020. image

M. Kaddeche de Inbox

  • 16% de ces données sont transmises dans le cloud et cela sera 30% ou plus à horizon 2020. “Finalement, quand on réfléchit, cela ne fait pas tant que ça !” dit M. Verger. “La peur de M. tout le monde, c’est de perdre la main sur ses données”.  L’un des enseignements de cette étude, c’est que le consommateur va avoir le choix.
  • Tout ceci est un enjeu majeur pour les entreprises : 1) les médias sociaux : on sait déjà prédire une épidémie, un succès de cinéma, d’un lancement de produit avec les médias sociaux” a dit M. Khaddeche (photo ci-dessus), et il y a un volet interactif de plus en plus important, et les médias sociaux deviennent un véhicule de communication de plus en plus important. Le client pose déjà ses questions de SAV, et certaines entreprises maîtrisent déjà cela très bien 2) les données de navigation

L’infobésité n’est donc pas près de disaparaître nous a confrmé M Mokemat de Information Builders. “Sur un plan technique, le premier porblème à régler sera celui du stockage, et le deuxième sera l’intégration de ces données”. En effet, beaucoup de ces données sont des données non structurées. Le critère qui va prendre de plus en plus d’importance aussi, c’est l’intégrité de ces informations, leur fiabilité (voir mon compte-rendu sur la présentation de Yseulis Costes en Décembre 2012 sur ce sujet).

Information Builders a pour premier métier l’intégration des données (j’ai souvenir en effet de présentations auxquelles j’ai assisté en 1995 sur le BI ou “Business Intelligence”). Ils avaient construit un middleware ‘ESQL’ qui permettait de se connecter à plein de sources de données hétérogènes. Le vrai enjeu pour la société informatique est maintenant de se brancher sur les automates qui seront les premiers fournisseurs de données. “Le challenge sera de croiser ces données avec les données de l’entreprise, qui sont elles des données maîtrisées et aussi anticiper les événements pour prendre de meilleures décisions”. Il y a une partie dédiée à la collecte, à l’analyse et enfin à la distribution et la présentation de ces données. De plus en plus, il faudra aussi être capable de faire du prédictif.

L’écueil de base est de tenter de résoudre le problème métier par la donnée, même si c’est ce qu’on imaginait au début du CRM” a dit M. Kaddeche. Si un client a besoin de voir un conseiller, il ne faut pas l’envoyer sur un achat en ligne” a-t-il dit

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La FNAC : mythe vivant ou survivance du passé ?

La sélection du jour …

fnacEst cet article de Benoït Meyronin de l’école de Management de Grenoble également relayé par Thierry Spencer (c’est comme cela que j’y suis arrivé) qui parle d’une enseigne chère à tous ceux qui ont fait leurs études dans les années 80 (en économisant pour s’acheter leur chaîne Hifi, vous vous souvenez, ce “machin” qui servait à écouter de la musique – qu’on achetait – avant l’invention du lecteur mp3 et au temps où les mélomanes avaient des oreilles) et qui détiennent encore aujourd’hui – de façon un peu fétichiste – une carte d’abonné de la FNAC. A l’heure du ROBO/ROPO (Lire le compte-rendu de la présentation de Bruno Vercelli ici et celle de ma présentation sur le u-commerce l’an dernier là) on a la sensation, en accord avec le long développement de Benoît Meychenin, que la FNAC est passée à côté de quelque chose.

Et pourtant ! L’esprit de la FNAC, apporté par un de ses créateurs, Philippe Mondan (avec qui j’ai eu la chance de m’entretenir l’an dernier chez KEA partners), et amélioré dans l’enseigne Extrapole (vous vous souvenez, il y a 20 ans ?!) qui avait même racheté cette icône de la librairie indépendante qu’est le Furêt du Nord (le vrai, l’unique, celui de Lille, que j’ai connu dans ma jeunesse) n’a pas non plus survécu à la déferlante. En l’occurence, Extrapole n’a pas pu prolonger sa vie après une série investissements ratés en Pologne, et fut racheté par … Virgin. Virgin, et là nous bouclons la boucle, ferme enfin son magasin des Champs en Janvier 2013 “acculé par Internet” si on en croit L’Expansion.

Certainement donc qu’avoir de bonnes idées ne suffit pas, et peut-être que la FNAC, loin d’être un mythe vivant n’est qu’une survivance d’un passé. Certes … un passé dont je suis moi-même nostalgique. Un jour peut-être encadrerai-je ma carte d’abonné de la FNAC pour me souvenir des bons moments d’antan.

A suivre …

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[Requiem pour la FNAC ? photo antimuseum.com]

“ Extrait de l’article de Benoît Meyronin

[…]

La Fnac n’est pas une marque, c’est un mythe

La Fnac aurait pu figurer dans le célèbre ouvrage de Roland Barthes, Mythologies. Pourquoi ? Parce qu’elle n’est PAS une marque mais bel et bien, au même titre que le TGV, un élément du patrimoine français de la seconde moitié du 20ème siècle. Un symbole de la démocratisation culturelle. On peut juger la part du mythe quelque peu écorné par le comportement de certains vendeurs (oui, parfois, ils ne sont pas à la hauteur de nos attentes, c’est vrai… mais connaissez-vous une enseigne pour qui ce n’est jamais le cas ? Moi non).

Malgré des déceptions inévitables et une frilosité bien compréhensive depuis quelques années, la marque reste belle, puissante, évocatrice…

La Fnac, une marque « générationnelle » : Je me souviens…

Comme les fraises Tagada, comme la DS pour les générations précédentes, et bien d’autres marques encore, la Fnac reste associée pour moi à une époque, aux années 80 en l’occurrence, quand la montée en puissance du CD et la hifi reine me conduisaient dans les rayons de la Fnac de la rue de Rennes à Paris ou, à la fin des années 80, de celle de Clermont-Ferrand où j’étais étudiant. Je me souviens des « imports », ces disques introuvables de la BBC ou d’ailleurs que l’on ne pouvait trouver que là, le saint Graal…

La Fnac, c’est une marque puissamment générationnelle pour toutes celles et tous ceux qu’elle aura accompagnés durant ces belles décennies d’avant l’ère de l’Internet, quand subitement tout s’est déréglé.

Avec un tel « capital de marque », comment la Fnac a-t-elle pu se laisser aller, ne pas mobiliser ses adhérents autour d’elle, ne pas jouer plus activement de l’effet communautaire quand tout le monde n’a plus que ce mot à la bouche ? Incompréhensible pour moi…

[…]

via FNAC, mon amour… | Cultures Services.

cashback : pourquoi Kraft n’a pas développé d’application mobile

kraft coupon mobileEn Angleterre, Kraft goûte à la promotion dématérialisée avec un produit de circonstance : la pâte à tartinée Philadelphia au chocolat Cadbury en s’invitant dans le smartphone des consommateurs grâce à l’application mobile Shopitize.
La première question qui se pose est de savoir pourquoi Kraft n’a pas choisi de développer sa propre application mobile ou de lier un partenariat avec une application mobile d’enseigne? Quelles comparaisons peut-on faire avec les solutions de dématérialisation des offres promotionnelles existant ailleurs? Pourquoi ne peut-on pas encore parler de Coupon Mobile? Autant de questions sur lesquelles cet article se propose d’apporter un éclairage.

App downloads are vanity, usage is sanity*

De la même manière que pour un produit, le succès d’une application mobile repose sur un savant équilibre de son Marketing Mix.

Si le nombre de téléchargements est un indicateur clé de performance, à lui seul il ne peut garantir la pérennité d’une application mobile qui elle repose sur les fonctionnalités et usages offerts à ses détenteurs.

Se fier uniquement au nombre de téléchargement d’une application mobile est donc pure vanité vs le nombre d’utilisateurs actifs …

Shopitize a connu une phase pilote de 3 mois sur iPhone et Androïd auprès de 15 000 consommateurs en Angleterre. Le taux de conversion annoncé est de 15 % avec près de 50 offres référencées sur la période. Aujourd’hui l’application mobile est disponible à tous les Anglais. Aucun indicateur n’a été communiqué concernant le nombre de vues / impressions des offres, ou le nombre moyen de participations par utilisateur. Or, l’un des principaux atouts de ce type d’application est de loin d’être un véritable média.

Le choix de Kraft peut donc s’expliquer – entre autre – par une économie de coûts de référencement d’une application et de recrutement d’utilisateurs …

Cinématique de l’offre

Le concept de Shopitize est celui du CashBack. Comme l’indique son claim ‘Shop – Snap – Save’**, l’application intègre la prise en photo du ticket de caisse, la preuve d’achat étant l’un des critères fondamentaux des offres promotionnelles – dématérialisées ou non.

Le remboursement du consommateur n’est cependant déclenché qu’à partir de 5 £ ce qui induit une participation à plusieurs offres de la part du consommateur.

Si la géolocalisation du point de vente où les produits porteurs des offres sont référencés est une fonctionnalité intégrée, Shopitize ne permets pas de créditer les offres de réductions sur une carte de fidélité de l’enseigne de son choix comme le fait Coupons.com aux Etats Unis ou Leclerc en France : cette mécanique porte le nom de Load to card mobile.

Shopitize

Digital Deals vs Coupon Mobile

Dans cette optique, peut-on parler de coupon mobile ? Shopitize propose des ‘deals’ et non des coupons de réduction : en effet, les offres référencées dans l’application ne sont pas porteuses de code barres, élément indispensable aux critères de validité d’un bon de réduction.

Vers le Marketing en temps réel ?

Si Shopitize permet de diffuser des offres au bon moment, au bon endroit et à la bonne personne, l’application n’est pas encore interfacée avec Passbook ce qui permettrait d’intégrer le geofencing ou déclenchement d’une offre à proximité du point de vente … Coupons.com aux EU le fait déjà …

Sources : MCDPromoaffinity

* Détournement d’une maxime utilisée en communication financière ‘Revenue is Vanity, Profit is Sanity, Cash is Reality’.

** Acheter, photographier, économiser