communication digitale : a-t-on vraiment besoin d’experts ?

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C’est le coup de gueule du matin … il en faut bien un de temps en temps

La sélection du jour, est cet article de Jasmine Sandler sur Search engine Watch qui se propose de dresser une liste des points qui vous permettent de déceler les vrais experts des faux dans le domaine du social media. D’une part, j’ai envie d’élargir le sujet de façon à englober la communication digitale dans son ensemble (on pourrait prendre aussi d’autres sujets), d’autre part, je voudrais aussi remonter d’un cran et me reposer la question de savoir si l’expertise a réellement une importance.

Expertise a-t-elle de l’importance ?

La question paraît anodine et pourtant, elle est plus profonde qu’il y paraît. D’une part nous vivons dans un monde où les experts sont omniprésents, afin de décoder des mondes excessivement complexes où le vulgum pecus a perdu pied du fait du foisonnement d’informations et de données contradictoires, et que tout bêtement, il a besoin de se repérer. D’autre part, à l’opposé de ce spectre, il y a le rejet de l’expert, relayé à l’envi par tous les sondages opinion, car il est catalyseur des ressentiments, soit par excès d’arrogance, affichage de fausses certitudes, ou tout bêtement car l’expert, par son travail, par son savoir, par le fait qu’il a approfondi un sujet, se situe au-dessus de la masse, ce qui tend à le rendre antipathique, que cela soit fondé ou non.

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l’expert est souvent challengé sur des détails par des gens qui sont incapables de les comprendre, mais qui insistent néanmoins à les connaître … sans les maîtriser. C’est un problème cornélien, celui de tous les formateurs qui tentent d’éduquer, en sachant que l’on ne peut jamais convaincre tout le  monde !

Ce phénomène de l’expertise, que l’on trouve dans le grand public et donc, on le retrouve également dans le domaine du digital. Le responsable digital, est un animal bizarre qui maîtrise un vocabulaire hypothétique et la plupart du temps parsemé d’anglicismes, qui décrit un monde faussement « virtuel » et qui déstabilise son auditoire ; qui plus est, il/elle réfléchit à la vitesse de l’Internet (7 ans = 1 an) ce qui a encore plus tendance à horripiler les gens autour de lui/elle, plus habitués à prendre 1 an pour ne pas décider (après tout, la moitié des problèmes se règlent d’eux-mêmes selon l’adage bien connu).

L‘expertise ne serait-elle pas la boule puante du digital ?

Alors, à chaque nomination d’un directeur digital qui n’y connaît goutte, dont le profil LinkedIn (sic ! Je ne citerai pas le nom) affiche fièrement 0 (zéro !) connexion, qui n’a jamais écrit sur Internet, jamais travaillé avec Internet, et qui probablement n’y passe pas beaucoup de temps non plus ni pour lire ni s’instruire, la même question surgit : l’expertise ne serait-elle pas la boule puante du digital ? Après tout, ne vaudrait-il pas mieux un manager absolument ignorant de tout, mais parfaitement à l’aise avec le niveau du dessus, de façon à ne blesser personne, et surtout, de ne jamais s’expliquer des choses trop compliquées, qui risqueraient de nous emmener trop loin …

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dessin par toonpool

Procédons par analogie

Les tentatives d’explication rationnelles dans ce domaine hélas, échouent souvent. Alors, j’ai envie d’utiliser une analogie, que je nomme l’analogie du chirurgien. Admettons que vous ayez un enfant unique, qui soit l’être le plus cher de votre vie. Celui-ci devant se faire opérer, confieriez-vous sa vie, celle de cet être le plus cher, à un chirurgien, comme celui représenté dans l’image ci-dessus, dont les connaissances sont nulles.

Alors, pourquoi le « geste technique » pour reprendre l’expression utilisée par Stéphane Jaubert de CGI dans une conférence à laquelle j’ai assisté il y a quelque temps, n’a rien d’anormal, voire est parfaitement valorisé, dans des domaines comme la finance, la fusion acquisition, la comptabilité, le Consulting, le marketing, la gestion, l’industrie, le manufacturing … et serait un élément de repoussoir dans une des disciplines les plus techniques et technologiques qui soit, le mélange le plus élaboré et subtil de sociologie, d’organisation, de management, et de marketing ?

Et pourquoi confieriez-vous ce qu’il y a plus cher dans votre entreprise à un débutant, à savoir son futur, car le digital est bien le futur de votre entreprise, qu’il passe par les modèles hybrides de commerce en ligne et physique, génération de leads, de communication digitale, de Social média etc. ; un quidam qui ne sait même pas ce que c’est, mais qui est capable de reproduire les beaux discours appris dans les journaux …

La lecture du jour

http://i2.wp.com/visionary.files.wordpress.com/2013/09/25822-leo-ferre-peint-par-jean-pierre-blanchard.jpg?w=768Si je ne vous ai pas encore convaincu, je vous incite donc à lire l’article de Jasmine Sandler qui vous donnera les moyens de repérer les faussaires, qui vous rassureront peut-être, mais vous emmèneront dans le mur, et ce, dans des domaines encore bien plus importants que ceux des médias sociaux. Il vous restera à adapter cette liste de contrôle pour aller un peu plus loin. Mais force est de constater, qu’encore une fois, la maturité des entreprises aux États-Unis permet ce genre de discours, et que sauf dans le beau pays de Descartes (où si j’en crois Léo Ferré « les conneries se fouttent en cartes ») on considère toujours, celui qui a appris et qui sait comme un prétentieux.

Bonne lecture …

12 Questions to Separate Social Media Experts From Pretenders – Search Engine Watch (#SEW)

Social media takes time. Lots of time. But it has the potential to really build your business and brand.

If your waking hours are needed elsewhere and you don’t have a team member to take over, you should consider using a freelance resource. That may sound like an easy decision, but finding a competent resource is a real challenge.

Many people talk the talk, but very few walk the walk. Alas, the world is full of fast-talking people who know enough buzzwords to convince you to hire them as « social media experts. »

Here are 12 questions I now ask of anyone – whether it’s a potential full-time employee or consultant – who claims social media expertise and proposes to help with social media.

Take this list seriously, because paying someone who does nothing for you is worse than doing nothing in the first place.

via 12 Questions to Separate Socialedia Experts From Pretenders – Search Engine Watch (#SEW).

Marketing du contenu : 3 conseils à suivre et 5 pièges à éviter pour ses livres blancs (2/2)

book-new-large_thumbCe billet est le deuxième volet d’une série de 2 articles écrits à quatre mains avec Jérôme Delacroix de Smartwords. Le sujet en est la rédaction de livres blancs de qualité. Il propose cinq pièges à éviter dans la rédaction de ses livres blancs, afin de les rendre plus efficaces, de manière à générer des ventes (“leads” ou prospects). Il fait suite à l’article de Jérôme Delacroix publié hier et décrivant les 3 conseils à suivre pour réussir son livre blanc :

Partie n°2 par Yann Gourvennec, Visionary Marketing

5 pièges à éviter pour réussir son livre blanc (2/2)

Piège n°1 : truffer son texte de banalités

« Les clients aujourd’hui sont de plus en plus… », « Le marché est de moins en moins… », « L’innovation s’est accélérée ces dernières années… » etc. sont autant d’expressions sans intérêt, du bouche-trou langagier qui n’apprend rien et ne risque pas de circuler. Les bons livres blancs sont parsemés de chiffres, de citations, de méthodologies originales, de conseils avisés et d’anecdotes. Pour qu’un document circule, qu’il soit partagé, il faut à la base un contenu unique, exemplaire, une « pépite » de contenu. Et une bonne façon de rendre son livre blanc unique et intéressant est de l’associer à une étude par exemple. Dans ce cas, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un investissement conséquent et que les études requièrent un savoir-faire et de la méthodologie** (qui doit être décrite pour permettre l’évaluation de l’étude par les lecteurs). Si vous ne disposez pas de cette compétence ni d’un budget propre à en pallier l’absence, ni le temps nécessaire à le réaliser, pensez alors à vous adosser à un partenaire, voire à un cabinet d’études.

** voir nos articles sur les études de marché et notamment ceux dédiés aux méthodologies et aux biais de questionnement

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Les pièges à éviter dans l’écriture de ses livres blancs. Photo antimuseum.com

Piège n° 2 : employer la langue de carton des plaquettes publicitaires

Un livre blanc se doit d’être percutant, se situer sur le fond et d’apporter un point de vue original. Ceci n’est pas compatible avec le langage stéréotypé et édulcoré des plaquettes publicitaires. À peine le lecteur, futur clients potentiel, a-t-il flairé les fameuses formules commerciales qu’il va s’enfuir en courant. Le livre blanc se doit d’être réellement documentaire et de faire abstraction de la vente… pour mieux y revenir en fin de compte. Les clients font confiance aux entreprises qui savent prodiguer leurs conseils et de cette confiance, que le livre blanc vous aide aussi à établir, peut naître ensuite un contact commercial. Il ne s’agit donc pas plus de faire de la communication pour la communication, mais de bousculer l’ordre des priorités sans perdre de vue son objectif cependant ; un exercice de contorsionniste difficile à appréhender pour les béotiens, qui ont toujours tendance soit à trop vendre trop vite, soit à oublier totalement leur objectif économique. La réalité se situe entre les deux ; un savant dosage.

Piège n° 3 : faire la même chose que tout le monde

Il y a 15 ans, faire du marketing de contenu était considéré comme très audacieux et original. Aujourd’hui, c’est la norme et le problème souvent rencontré est la multiplication des informations et des contenus, souvent sur des thèmes et des angles fort similaires. Il faut donc faire preuve d’imagination et de créativité : soigner son titre, traiter des angles délaissés par les concurrents, apporter des analyses originales, éviter à tout prix les témoignages de ces mêmes « experts »qu’on retrouve partout, et notamment sur les livres blancs de vos confrères. Il faut apporter sa touche personnelle. Sinon, quelle sera la motivation de télécharger votre « précieux » document ? Pour cela, désolé… il n’y a pas de recette miracle, hormis celle qui consiste à recruter un employé (ou une agence à défaut) créatif.

Piège n° 4 : bâcler le “marketing automation”

« Être intéressant avant d’être intéressé** » est la base du marketing de contenu, mais cela n’a jamais, au grand jamais, voulu dire qu’il fallait être sintéressé. Bien au contraire. Tout doit être fait pour capturer la précieuse adresse e-mail, celle qui va permettre, en « opt-in », de rester en contact avec votre interlocuteur. Quelques points de vigilance cependant :

  • fournir un lien de téléchargement exclusivement dans l’adresse mail du demandeur, ceci filtrera les adresses fantaisistes (du moins une grande partie d’entre elles)… ;
  • ne surchargez pas les formulaires : un trop gros nombre de champs décourage les utilisateurs. Le gain en informations en sera inversement proportionnel. En B2B, les utilisateurs sont très ouverts et n’aiment pas être contraints ;
  • n’oubliez pas de faire quelque chose de vos adresses mail, c’est évident mais… il faut donc prévoir le lien de cette base avec la base de mail du site de votre CRM. Le mieux est d’équiper l’entreprise d’une médiathèque du style de celles qu’on trouve sur les sites information Web ; s’il est impossible ou trop difficile de mettre tout cela en place, ayez recours à l’externalisation : vous y perdrez en autonomie, mais le résultat final en sera quand même meilleur, et il est somme toute moins difficile de travailler avec un prestataire que de mener une conduite du changement interne, périlleuse et complexe ;
  • enfin, il faut absolument éviter de mettre votre livre blanc à plusieurs endroits qui ne pointeraient pas vers la même page d’atterrissage. C’est ce que j’appelle « sanctuariser » le livre blanc. Un point indispensable pour focaliser les regards vers ce livre blanc et optimiser les actions de promotion, les visites et les taux transformations.

*je pense avoir emprunté cette formule à Laurent Ollivier d’Aressy. Redde Caesari

Piège n° 5 : inventer des choses qu’on ne sait pas faire

Ceci paraît encore frappé au coin du bon sens, mais comme toutes les choses évidentes, on s’aperçoit qu’il n’est pas inutile de les rappeler souvent. Surtout, le piège est plus subtil qu’il en donne l’impression. La tendance à tout sous-traiter est une solution de facilité souvent choisie par les professionnels qui y voient la solution à tous leurs problèmes : les techniciens qui ne savent pas s’exprimer, les difficultés de rendre disponibles les profils clé de l’entreprise, la difficulté de trouver un angle de vue original… Tout cela fait qu’il est plus facile de demander à un journaliste, qui va baser ses écrits sur sa propre expérience, d’écrire un papier ex nihilo. Il n’y a plus qu’à payer, c’est plus facile… Mais qui adoptera cette vision d’entreprise ? Qui la défendra ? Qui l’exécutera ?

Souvent, les erreurs décrites dans les points décrites précédemment sont-elles dues à ce choix ; et vous vous trouvez donc à la tête d’un capital de contenu de marque standardisé et impersonnel, sans contexte culturel ni originalité, déconnecté de la réalité de votre entreprise ; en d’autres termes un livre blanc alibi qui permet de « mettre une croix dans une case » et de passer à la chose suivante. Oh ! rassurez-vous, il sera bien téléchargé par quelques personnes … après tout, il y a tant de monde qui surfe sur le Web. L’honneur sera sauf, ou presque. Et dans le cas contraire, vous pourrez toujours acheter un peu de mots clefs chez Google comme tous les marketeurs fainéants ! Pour les autres, et tous ceux qui veulent réellement réussir, il reste à mettre la main à la pâte, même en se faisant accompagner, et à suivre les conseils de Jérôme Delacroix pour écrire un livre blanc de qualité qui maximisera les résultats.

Marketing du contenu : 3 conseils à suivre et 5 pièges à éviter pour ses livres blancs (1/2)

book-new-largeCe billet est le premier volet d’une série de 2 articles écrits à quatre mains avec Jérôme Delacroix de Smartwords. Le sujet en est la rédaction de livres blancs de qualité. Il propose trois critères de succès pour un livre blanc efficace, de nature à générer des leads. Je reviendrai pour ma part demain sur les 5 pièges qu’il est important d’éviter, dans le cadre de la deuxième partie de cet article :

Partie n°1 par Jérôme Delacroix, Smartwords 

Depuis maintenant 8 ans que nous écrivons des livres blancs, nous avons acquis une certitude : le livre blanc est un élément clé d’une démarche de marketing de contenu (brand content) en B2B. Les taux de téléchargement et de lecture de nos ouvrages (ex. : plus de 30 000 vues pour Social CRM, vers la relation client augmentée) et les échos informels que nous pouvons recevoir, confirment cette certitude.

Dans ce billet, nous allons prendre un peu de recul pour nous demander ce qui fait la qualité d’un livre blanc. Sans doute n’y a t-il pas une seule façon de rédiger un ouvrage efficace. Mais chez Smartwords, nous avons une conviction : nos livres blancs rencontrent leurs cibles parce qu’il s’agit de vrais livres, avec tout l’aspect qualitatif que cela comporte.

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Jérôme Delacroix de Smartwords, photo antimuseum.com

Conseil n°1 : le livre blanc, des histoires vraies

Nos livres blancs reposent tous sur des retours d’expérience de professionnels (une dizaine au minimum et jusqu’à une centaine dans le cas des référentiels de bonnes pratiques). C’est ce qui les rend vivants. Les contributeurs que nous rencontrons dans les entreprises aiment raconter leurs histoires professionnelles. Ce plaisir qu’ils ont à témoigner de leurs projets et de leurs analyses se ressent et touche le lecteur. Il est communicatif car, de l’autre côté, les destinataires du livre blanc (c’est-à-dire, in fine, les cibles marketing de l’ouvrage) aiment lire des histoires. Les lecteurs se projettent dans les témoignages qu’ils lisent, se retrouvent dans les interrogations des contributeurs et dans les réponses qu’ils ont trouvées, en tirent leurs propres enseignements. Quoi de plus normal ? Nous aimons tous lire des histoires.

Toutefois, cela ne suffit pas. Un bon livre blanc ne saurait être la juxtaposition de témoignages. Nous dénonçons ainsi le mythe du livre blanc collaboratif : ce n’est pas parce que les contributeurs apportent le cœur de la matière de l’ouvrage que l’on doit s’imaginer que ce sont eux qui font tout le boulot. Encore faut-il que les témoignages soient mis en contexte, se répondent les uns aux autres, éclairent différentes facettes d’un problème. C’est la dimension pédagogique du livre blanc.

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Conseil n°2 : le livre blanc, une approche pédagogique

Un livre blanc doit permettre à un lecteur de prendre une décision : cette technologie peut-elle me rendre service, dans mon contexte particulier ? Comment aborder tel ou tel aspect de la gouvernance de mon entreprise ? C’est pourquoi nous préconisons qu’un livre blanc cherche à donner une vision à 360° d’une question. L’ouvrage doit être problématisé, ne pas occulter des limites ou des écueils s’il y en a. L’entreprise n’y cherchera pas un moyen de vendre à tout crin sa technologie ou son savoir-faire, mais se servira du livre blanc pour instaurer une relation de confiance avec ses prospects, par un discours de vérité. Demain, les ventes viendront par surcroît.

Il s’agit donc de mener une enquête avec une approche de type journalistique. Les retours d’expérience seront ainsi mis en relief par des études statistiques, des encadrés méthodologiques, des explications de tel ou tel aspect technique ou juridique pointu (cf. nos ouvrage sur le cloud computing ou la voix sur IP, par exemple). Il n’est pas exclu que la rédaction amène à mettre en évidence des tensions, voire des contradictions, entre les témoignages des contributeurs. Ce n’est pas grave : une situation n’est pas l’autre, c’est au lecteur de se faire sa propre opinion, en s’aidant des exemples concrets des entreprises interrogées.

Cette approche est d’autant plus importante quand une marque souhaite capitaliser sur de nouveaux usages ou affirmer sa légitimité sur une technologie émergente, lorsque les tendances du marché ne se distinguent pas encore clairement. Ce qu’attendent ses prospects, c’est que le livre blanc les aide à comprendre ces mutations, face auxquelles ils s’interrogent.

Conseil n°3 :  le livre blanc, un vrai livre

Dernier conseil, et non des moindres : le livre blanc se doit d’être un vrai livre, sur le fond et sur la forme. Il doit être structuré, avec un plan bien ficelé. La marque mettra un point d’honneur à proposer un ouvrage au style clair et à l’orthographe impeccable. Il en va de l’image de professionnalisme qu’elle cherche à véhiculer. En fin de course, elle aura tout intérêt à faire appel aux services d’un relecteur professionnel, apte à débusquer la moindre faute d’accord ou ponctuation incertaine. L’aspect graphique est aussi très important : rien de tel qu’un schéma pour faire passer une idée complexe, comme une architecture technique ou un processus industriel par exemple. La présence des portraits des contributeurs est, quant à elle, de nature à valoriser ces derniers (qui ont accepté d’accorder de leur temps, ne l’oublions pas) et à humaniser le livre. La mise en page et le choix des couleurs seront au service de la lisibilité du livre blanc, et en cohérence avec la charte graphique de la marque.

Pour aller plus loin, arrêtons-nous un instant sur l’ « objet » livre blanc. A une époque marquée par la dématérialisation, sa mise à disposition au format pdf est bien sûr de nature à favoriser sa diffusion. Toutefois, l’entreprise a tout à gagner à proposer à ses prospects davantage qu’un simple fichier pdf. Un ouvrage physique relié reste le must. Non seulement il peut être remis en entretien commercial, en avant-vente, mais en plus il valorisera son détenteur si c’est réellement un bel objet. Sans compter la facilité qu’il y a à lire un livre physique dans les transports, par exemple. En complément, une application mobile est intéressante pour rendre possible la consultation du livre blanc sur smartphone ou tablette, et ajouter de l’interactivité (interviews audio et vidéo, animations, par exemple).

En réunissant ces trois critères, vous donnez toutes les chances à votre livre blanc de jouer son rôle de génération de leads. A condition, toutefois, d’éviter certains pièges, qui seront décrits par Yann Gourvennec dans le deuxième volet de cette série. Une dernière recommandation : le projet ne s’arrête pas à l’apposition du point final sur le manuscrit. La force du livre blanc, c’est que son impact peut être démultiplié sur de multiples canaux : blog de l’entreprise, reprise sur les médias sociaux, diffusion d’extraits sur des sites comme Slideshare, adaptations sous la forme de présentations graphiques, etc. C’est en ce sens que le livre blanc peut créer un véritable effet de levier pour la stratégie de marketing de contenu de la marque.

imageSmartwords est une société spécialisée en contenus de nouvelle génération, et experte notamment dans la rédaction de livres blancs (voir quelques exemples ici). Smartwords, fondée par Jérôme Delacroix, accompagne ses clients dans la réalisation de contenus et en particulier de livres blancs de qualité. Vous pouvez contacter Jérôme Delacroix directement depuis le site Web de Smartwords si vous désirez vous renseigner et/ou vous faire accompagner dans cette démarche.

dernière minute : votez pour Be-bound à la Startup Alley de Techcrunch à 17:00 CET aujourd’hui

imageDernière minute : suite à mon article de ce matin, concernant la startup Be-bound, j’ai appris par les fondateurs que Be-Bound participe au salon #TCDisrupt TechCrunch à San Francisco aujourd’hui (ouverture des votes à 17:00 heure de Paris).

Les lecteurs de Visionarymarketing peuvent soutenir nos petits français en votant afin que Be-Bound soit sélectionnée pour la Startup Battlefield, une compétition de pitch sur scène devant un jury composé de journalistes et spécialistes en IT. La décision dépend aussi du nombre de votes.

Merci de nous aider en votant pour Be-Bound à partir de 17h ce soir en cliquant sur ce lien

>> Communiqué de Presse de Be-Bound de la Startup Alley

Be-bound veut connecter le monde avec une innovation frugale (start-up du mois)

phone-largeC’est la première start-up de la rentrée sur visionary maketing; en ce début septembre nous avons interviewé Albert Szulman, fondateur de Be-bound, une start-up française qui s’apprête à lancer son application sur Google Play fin septembre. Explications sur les ambitions et l’histoire de la start-up, histoire de se redonner le moral et de prouver que depuis Versailles, même sans Louis XIV, on peut encore conquérir le monde !

Innovation frugale pour Monde en crise

Albert Szulman est modeste : « je ne suis pas ingénieur », nous a-t-il confié et pourtant, il est à l’origine, avec Be-bound, d’une rétro innovation fort ingénieuse qui pourrait bien devenir un leader mondial ; c’est en tout cas son ambition, et en se préparant depuis les Etats-Unis, il fait tout pour cela et n’oublie pas, dès le départ, de « penser global ». Be-bound, c’est un parfait exemple d’innovation frugale, un moyen de se connecter en 2G via un Smartphone, à ses applications favorites (gmail, métro

(e-mail, météo, Twitter, géolocalisation…), donc sans payer de coûts d’itinérance (« roaming ») lorsqu’on est en déplacement à l’étranger.

Albert Szulman (Be-Bound) (3)

Albert Szulman à LeWeb 2012 (photo Olivier Ezratty)

En attendant que l’union européenne fasse aboutir son projet de marché européen des télécoms ce qui risque de durer très longtemps, voici une solution qui s’apparente au bon vieux RTC, adaptée pour un mobile : le Smartphone communique avec Internet au travers de messages SMS, ce qui permet au téléphone intelligent de se connecter à Internet quand la 3G n’est pas disponible. Certaines fonctionnalités ne sont pas encore incluses (surf Internet, cartographie, pièces jointes des mails …) Mais si le besoin est là, nul doute qu’une solution technique pourra être trouvée le temps venu …

Un mode hybride particulièrement prometteur

Au-delà de la cible apparemment évidente des 92 % des utilisateurs de mobiles qui coupent leur accès données à l’étranger, d’autres usages peuvent être envisagés. Celui de l’utilisation en mode hybride me paraît probablement le plus intéressant car il s’adresse aux utilisateurs intensifs qui ne supportent plus les déconnexions (zones blanches, métro …) et qui pourraient ainsi, en couplant l’application Be-bound avec leur accès 3 G classique, continuer à travailler, ou à s’amuser, dans le métro par exemple, ou il est devenu quasi impossible de se connecter, depuis plus d’un an, du fait de l’explosion de l’utilisation des Smartphones (1 utilisateur sur 2 environ dans le métro de la RATP !). En tout cas j’en connais un, qui écrit ces lignes, qui serait rudement intéressé…

Le but n’est cependant pas de concurrencer les opérateurs, mais d’élargir le marché, ce qui à terme sera un moyen d’établir une relation gagnant-gagnant. Après tout, si 92 % des utilisateurs coupent par téléphone lorsqu’ils passent la frontière, ce n’est pas bon pour l’ensemble des acteurs. Une solution peut donc être trouvée.

Albert Szulman est trop modeste, le jury de LeWeb 2012 s’en est bien aperçu fin décembre 2012, en décernant à la start-up française, 2e prix de son concours.

Video du lancement de Be-bound

l’innovation frugale se moque des prouesses techniques gratuites

Il y a bien les grincheux tels qu’on peut les lire dans les commentaires du journal du geek, ce qui montre bien que les techniciens sont souvent les plus mal placés pour évaluer un marché, car ils se préoccupent uniquement de la prouesse technique, et non de la praticité de l’usage qui en est fait. Peu importe que la technique de Be-bound soit proche du RTC, c’est loin d’être risible si cela remplit un véritable besoin. D’ailleurs, quand je suis dans ma maison de campagne loin des accès Internet, j’en viens souvent à regretter le bon vieil accès RTC qui, finalement, ne marchait pas si mal, et me permettait de travailler même au milieu des Pyrénées. Retro innnovation de toute façon n’est pas synonyme de régression technologique, mais d’utilisation intelligente de la technique pour le service de l’utilisateur … au contraire, c’est même là qu’on trouve la véritable prouesse technique, celle qui sait se faire oublier !

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Les crédits Be-bound sont à acheter en ligne, en mode prépayé, ils s’appellent les Be-miles et sont payables par carte Visa, PayPal, Allopass ou CB) ; depuis le Web ou directement de son Smartphone. Ils sont vendus par pack (3€ = .35 Be-miles, 6 € = 100 Be-miles, 10 € = 200 Be-miles) auxquels il faut ajouter le coût du SMS.

Plus de détails sur l’application et l’histoire de Be-bound avec cette interview exclusive d’Albert Szulman :

Be-bound c’est une solution mobile pour tous les possesseurs de Smartphones qui leur permet de rester connecté à Internet, sur leur Smartphone, lorsqu’il n’y a pas du tout de connectivité, autrement dit, lorsqu’il y a uniquement du réseau 2G, celui qui permet de téléphoner ou d’envoyer des SMS ; ou lorsque la connectivité est très faible et qu’elle est insuffisante pour récupérer ses mails par exemple. Si on voyage, on peut l’utiliser sur la partie 2G, donc on n’a pas besoin du « roaming[i] », et cela économise bien sûr beaucoup d’argent, tout en permettant de rester connecté. Il y a seulement 14 % de la surface de la terre qui est couverte par la 3G, donc il y a beaucoup d’endroits où on n’a pas de connexion d’office. Et lorsqu’on est dans son pays, et qu’on a une mauvaise connectivité, parce qu’on est dans le métro, ou dans un building, et qu’on n’arrive pas à recevoir ses e-mails, on peut y arriver quand-même, parce que l’application Be-bound fait une utilisation très faible de la bande passante.

Pour utiliser Be-bound on télécharge l’application sur son Smartphone, et ensuite on a juste à rentrer ses informations personnelles et à l’utiliser comme toute autre application sur Smartphone. Lorsqu’on l’utilise en 2G, il faut préalablement acheter des crédits prépayés pour pouvoir l’utiliser au fur et à mesure de son déplacement. L’avantage du prépaiement, c’est qu’on a zéro surprise ! On ne dépense que ce que l’on a mis dedans. C’est une méta-application, que nous avons développée et qui inclut les principales applications dont les gens ont besoin quand ils se déplacent : l’e-mail, Twitter, la météo, trouver un restaurant ou un hôtel, etc. Le but étant de permettre à toutes les personnes qui se déplacent, de trouver l’essentiel des services dont ils ont besoin, un peu comme un couteau suisse, et d’avoir toujours cette solution dans la poche.

On ne peut pas surfer aujourd’hui avec l’application, car on en est encore qu’à la première version ; on pourra peut-être le faire dans le futur, mais pas pour l’instant, c’est prématuré. On peut faire de la recherche sur Internet par contre. On ne peut pas encore mettre de cartes dans l’application pour l’instant, mais on y travaille, mais en tout cas on peut trouver le moyen de se diriger, d’aller dans une direction, et savoir comment on va d’un point A à un point B.

En fait, il y a deux types d’utilisateurs : il y a les gens qui voyagent et qui veulent rester connectés sans avoir à payer le roaming ou qui sont dans des zones qui ne sont pas couvertes en 3G. Et la deuxième cible, c’est vous et moi car qui n’a pas expérimenté le fait d’avoir à attendre une information urgente, juste au moment où vous n’avez plus de couverture ! Ou qu’elle est tellement faible, que l’information ne vient pas. Eh bien avec Be-bound, vous pourrez rester connectés, et récupérer cette information, que votre accès réseau soit très dégradé ou inexistant.

Cela concerne d’abord les pays développés, dans un deuxième temps on ira bien entendu voir les pays émergents, et les quelque 3 milliards de personnes qui ont un téléphone mais qui n’ont pas l’Internet. Mais chaque chose en son temps, notre priorité stratégique, c’est d’offrir un service qui permet à toute personne dans les pays développés de pouvoir rester connecté ; c’est quand même un outil qui est devenu indispensable, et moi j’ai du mal à supporter quand on n’est pas connecté, Be-bound me permet d’être plus calme !

Une énorme majorité des gens coupe leur téléphone lorsqu’ils vont à l’étranger, 92 % des personnes exactement. Lorsqu’il passent la frontière ils éteignent donc les données et la 3G. Et bien avec Be-bound, ces mêmes 92 % peuvent rester déconnectés de la 3G et quand même recevoir leurs mails. Et ils pourront également recourir à la géolocalisation en 2G : trouver un restaurant, une pharmacie etc. n’importe où dans le monde.

Nous ne sommes pas du tout contre les opérateurs puisque 92 % des gens qui vont à l’étranger coupent leur téléphone pour la « data ». En revanche, pour les opérateurs, l’intérêt c’est que chaque fois que leurs clients lanceront des requêtes, ceux-ci vont générer des SMS internationaux ; ça coûte un peu l’argent, mais bien moins cher que le roaming. Celui-ci est tellement cher que quand on veut l’utiliser, en fait, on ne se connecte pas. Ces SMS supplémentaires permettent de générer des revenus pour les opérateurs, donc tout le monde y trouve son compte. C’est beaucoup moins cher et plus pratique pour les utilisateurs, et pour les opérateurs ça génère un peu d’activité supplémentaire.

On est vraiment dans l’innovation fonctionnelle, pas dans l’innovation purement technologique. Je ne suis pas ingénieur, j’ai fait une école de commerce. Toute l’équipe qui est avec moi est intéressée par le fait d’apporter de nouveaux services, pour faciliter la vie des gens et le fait de se dire que l’on peut rester connecté partout, même quand il n’y a pas de couverture est une notion de sécurité, qui fait que je ne suis pas tout seul dans un endroit que je ne connais pas forcément bien, que ce soit en France ou ailleurs. Et pour nous, c’est important de contribuer justement à ce que les utilisateurs puissent avoir une plus grande connectivité grâce à Be-bound.

Nous avons créé la société Be-bound en 2011. Nous avons eu une chance fantastique, car la société a été créée à Versailles et la chambre de commerce et d’industrie de Versailles est extrêmement dynamique ; ils nous ont accompagnés pour le business plan, puis pour lever des fonds : nous avons obtenu un prêt d’honneur, qui a ensuite généré des prêts bancaires. On a pu commencer alors qu’on avait juste un business plan et €130 000 en poche plus le capital que nous avions mis dans la société au départ. Ceci nous a permis de trouver des partenariats, de commencer à recruter, et d’avancer pour pouvoir développer l’application. Avec l’aide d’Oseo bien sûr, qui a été extrêmement moteur dans notre partenariat.

Pour trouver des fonds d’amorçage en France, ce n’est pas facile, mais ce n’est pas impossible ! On peut donc lever l’argent, il faut pour cela avoir une bonne idée et une savoir comment la mettre en œuvre, et avoir les bonnes personnes pour la matérialiser derrière. Ceci ne nous empêche pas d’aller aux États-Unis, mais je ne suis pas sûr qu’on se considère comme un pigeon, quoique… Notre constat aujourd’hui, après avoir vu pas mal de financements pour les start-up, c’est que malheureusement, aujourd’hui il y a encore un décalage entre la France et les États-Unis. La notion de risque, il y a certainement plein de bonnes raisons à cela, n’est pas toujours bien appréhendée. Pourtant, sans prendre de risques, on ne fera rien ! Il faut donc pouvoir trouver les partenaires qui vous aident et qui croient en l’idée, qui croient au produit. Notre produit est en bêta test en ce moment, et nos partenaires nous accompagnent pour accélérer au plan mondial, et nous avons plus de répondant aux États-Unis sur ce point.

Avant d’aller aux États-Unis, on s’est posé la question de savoir comment professionnaliser notre approche, or, autant en technologique en innovation les Français sont très bons, en marketing … d’après ce qu’on a vu sur le marché, les Américains ont une avance nette sur le reste du monde, donc on est allé chercher les partenaires à ce moment-là, et on a fini par signer avec une entité qui dépend de l’université de San José en Californie et qui s’appelle US Market Access (US MAC), et qui viennent de signer un partenariat avec Cap digital.

Nous avons donc suivi un programme de Lean start-up, qui est l’équivalent du Lean management mais appliqué aux start-up, qui nous a ciselé toutes nos stratégies, toute notre approche. Ils ont accompagné 1200 start-ups et ils ont donc une bonne idée de ce qui marche et de ce qui ne marche pas. Et là, je dois reconnaître que j’ai pris une grosse claque ! Malgré l’expérience, il faut reconnaître qu’on a appris des choses qu’on ne savait pas très bien. Cela nous a beaucoup aidés à avancer à nous professionnaliser et à progresser dans le circuit pour non pas devenir une petite société mais une boîte mondiale. Alors grâce aux programmes Lean start-up, on a pu professionnaliser tout ça et on se prépare fait une tournée pour lever des fonds beaucoup plus importants. On a eu beaucoup de retours sur l’approche, et donc maintenant les prochaines étapes en ce qui nous concerne c’est d’abord de finir le bêta test, et de trouver les bêta testeurs dans le monde entier, en plus de la centaine que nous avons déjà, puis de mettre l’application en ligne sur Google Play vers la fin du mois de septembre.

Les prochaines étapes, ce sera la confrontation du marché et écouter les recommandations, les remarques et les retours que l’on aura pour savoir comment répondre aux attentes de nos utilisateurs. L’application sera lancée sur Google Play, en version Android, et nous travaillons en ce moment sur les applications sur les autres OS. Il a fallu faire un choix, dans une approche de Lean start-up, il faut faire des choix ! Il était donc logique de prendre la plate-forme qui était la plus répandue, à savoir androïde, donc on est partis à fond sur Android et maintenant on commence à préparer le reste. Apple passe après Android chronologiquement par rapport à nos choix stratégiques. Avec la conjoncture actuelle et les informations sur le rachat de Nokia mobile par Microsoft, il est clair que nous allons développer pour Windows mobile, mais nous en avions déjà l’intention. Cela ne fait qu’intensifier l’intérêt. Il y a également un petit détail ne pas oublier, c’est que 40 % des téléphones dans le monde sont des Nokia !


[i] coût d’itinérance