Facebook n’est plus un réseau social c’est une plateforme

Fort de son milliard et demi d’utilisateurs, Facebook se lance dans le Web to Store

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Fraîchement débarqué de l’aéroport je suis arrivé à Monaco vendredi dernier à 11:00 précises, à l’invitation des organisateurspour assister à la conférence sur le marketing à la performance sur Facebook qui s’est tenue le dernier jour de la conférence ecommerce 1 to 1. Le titre exact de cet atelier était ´Facebook : du multi-device à l’omnicanal, comprendre et mettre en place le « people-based marketing » ‘. Mais le titre relevait de l’euphémisme, car cette conférence était cruciale et signalait, me semble-t-il, un passage en force de Facebook dans le B2B et dans le Web to Store. Nul doute qu’avec une base d’utilisateurs aussi énorme, un big data comportemental à la pointe et un savoir faire sur la personnalisation, Facebook est en train d’innover de façon majeure dans ce domaine. Retour sur une conférence qu’il ne fallait pas rater.
Facebook

Alexandre Vatus de Facebook nous a présenté la vision de Facebook pour le futur de la data et de la personnalisation 

« Chez Facebook, tout part du partage, et tout y restera » ont prévenu les présentateurs, Alexandre Vatus et Brice Chalopet. Une logique virale qui est à la base du succès du célèbre réseau social. Mais le savoir faire de Facebook ne s’arrête bien entendu pas là. Les 12 000 employés de Marc Zuckerberg se pensent encore comme une « petite entreprise » selon les mots mêmes de son fondateur. Leur savoir-faire est néanmoins immense en matière de ciblage comportemental, et cela va au-delà de la simple promotion de billets et englobe la maîtrise des ad servers au point d’en avoir fait un produit maison « Atlas », sur la base d’un produit Microsoft qu’ils ont acquis en 2013  puis modifié.

Facebook Atlas
Francois Xavier Pierrel responsable de la plateforme Atlas de Fcebook
Facebook est-il en train de devenir un nouveau Google ? J’en ai bien l’impression. De géant du partage, ils sont devenus géants du mobile puis géants de la publicité et maintenant des Big Data et du Web to Store avec un ad server qui permet de faire le lien entre tous les devices, tous les points d’accès. Et justement, ils sont aussi des géants du mobile et n’hésitent pas à préciser que « les utilisateurs ne cherchent pas sur le mobile ils recherchent une expérience ». Voilà pour la petite pique.

Il faut cesser de regarder Facebook comme un réseau social, c’est une plateforme

Facebook

Au-delà du partage, Facebook est très présent et dans tous les domaines : Internet.org, dont l’objet est de donner accès à internet aux 2/3 de la population mondiale qui n’y a pas encore accès se présente comme un futur géant des télécoms. Encore une corde à leur arc. Il serait déjà disponible dans 29 pays. L’hégémonie de Facebook se construit peu à peu autour d’une plateforme universelle qui se complète par deux outils de messagerie, un outil de partage d’images et bien d’autres encore. Il faut donc arrêter de regarder Facebook comme un réseau social c’est une plateforme à part entière, un backbone sur lequel un nouvel acteur généraliste du Web s’est construit. En 12 ans à peine. Lire la suite

Facebook n’est plus un réseau social c’est une plateforme was last modified: avril 1st, 2016 by Yann Gourvennec

web to store : le bon vieux catalogue papier survivra au digital

Des technologies qui ont récemment débarqué dans le grand public (notamment grâce à la généralisation du smartphone) comme la réalité virtuelle et la géolocalisation, offrent de nouvelles perspectives au Web to Store. Cependant, bien qu’il faille qu’une entreprise vive dans son époque, elle ne doit toutefois pas être trop en avance et abandonner ce qui fonctionne pour miser sur une technologie qui n’en restera peut-être qu’au stade d’expérimentation. C’est ce que pense Matthias Berahya, PDG de Bonial, qui, à l’instar de la cohabitation entre la télévision et la radio, ne voit pas le catalogue digital remplacer le catalogue papier, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de deux stratégies digitales différentes. 

Vous avez fait une annonce de centre commercial virtuel : la réalité virtuelle va t-elle révolutionner la vente ?

C’est pour l’instant encore un projet de recherche. Il faut être conscient que la réalité virtuelle est une technologie encore extrêmement jeune et qu’à ce stade, ce n’est pas encore une technologie grand public. Si Bonial a décidé d’investiguer dans cette direction, c’est que nous avons vécu il y a quelques années  la transformation mobile. Le mobile, qui n’était au début qu’une expérience, représente désormais environ deux tiers de nos revenus : l’entreprise en entier est tournée vers le mobile.

On ne pouvait pas donc ignorer une technologie comme la réalité virtuelle qui pourrait devenir, en tout cas selon certains grands « gourous », la prochaine technologie grand public. A ce stade ce n’est pas le cas. Mais c’est important d’apprendre et d’être dans les premiers à maitriser cette technologie afin d’être prêt à son explosion.

A quoi sert cette vision 3D à 360° ? A faire comme Dior dans ses magasins, avec l’expérimentation digitale ?

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web to store : le bon vieux catalogue papier survivra au digital was last modified: mars 18th, 2016 by Cédric Jeanblanc

Le Big Data au service du Web to store

Le Web to store est un sujet souvent évoqué sur ce blog. Celui-ci se développe à un rythme effréné, grâce notamment à l’émergence des objets connectés et des big data. Le Big Data permet en effet de perfectionner une stratégie de Web to store en identifiant le client et en réutilisant ces informations à bon escient en magasin. J’ai rencontré récemment Vincent Heuschling d’Affini-Tech. Nous avons eu une discussion intéressante durant Vincent nous a parlé des Big Data, et expliqué leur utilisation dans le cadre de Web to store. Il nous a également présenté deux cas concrets menés par son entreprise.

Comment le Big Data aide-t-il à améliorer le web to store ?

Je vais prendre un exemple : un de nos clients nous a sollicité. Celui-ci avait une activité en magasin, et finançait des campagnes publicitaires sur le web. Pourtant, il ne connaissait pas l’impact de ses activités sur les ventes en magasin. Dans quelle mesure, cette activité sur le Web, très couteuse, peut-elle être rentabilisée ? Et comment l’optimiser ? Dans ce cas, nous parlons de « Data science » : c’est-à-dire trouver les meilleurs algorithmes de la donnée, pour saisir les corrélations. Nous avons donc regardé les catégories d’articles les plus appétantes, puis de créer des promotions sur le web pour générer par la suite des visites et des achats en magasin. Il est important de réussir à trouver une liaison entre des activités bien « trackées » (traffic web) et d’autres qui le sont moins facilement (traffic en magasin).

tunnel de conversion
Créer un tunnel de conversion en magasin est moins simple que sur le Web, mais il existe des outils permettant d’unifier les deux parcours, et ainsi mieux servir le client.

Pour créer ce tunnel de conversion, nous avions distribué des cartes de fidélité aux clients qui venaient en magasin. Ceci permettait d’avoir un suivi de l’individu dans sa visite sur le web, de savoir combien de temps après ceci il venait en magasin, et si ce client-là avait fait un achat qu’il avait vu sur le web. Ce système permet donc d’avoir une identification plus précise.

Pour les autres, c’était plutôt de la projection de cette identification sur des grandes masses de population. Dans ce cas, nous n’avons pas un individu, mais une zone géographique qui est la zone d’échelle d’indice d’un magasin. Par exemple : nous avons eu beaucoup de visites sur une catégorie d’article, et quelques jours plus tard, nous avons eu une augmentation de l’achat dans ces catégories d’articles. Il y a toujours dans ces sujets Big Data une certaine marge de manœuvre, mais également une incertitude qui reste malgré tout.

Nous parlons donc de corrélation et non pas de cause à effet ?

Pour les clients qui sont encarté, et qui ont eu des visites identifiées sur le Web et en magasin, puis un achat en magasin, nous parlons d’une vraie causalité. Un vrai impact de la visite et de la promotion sur le web d’un article a eu lieu.

Sur la grande masse effectivement, nous ne pouvons nous dire qu’il y a une probabilité que la projection du comportement de ces clients très fiables qui sont encartés soit valable sur le reste de la population.

Un grand volume de visite est-il donc nécessaire ?

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Le Big Data au service du Web to store was last modified: décembre 1st, 2015 by Yann Gourvennec

3 exemples concrets de Web to Store avec Solocal Group

Web to store - la vidéo

Le Web to store est un sujet récurrent de ce blog, et ce depuis les premières interviews de François Bieber il y a quelque temps déjà, qui nous déclarait que le Web to Store, beaucoup en parlaient mais peu en faisaient. Les choses ont beaucoup changé en très peu de temps. Voici un nouveau sujet sur ce thème, avec l’interview de Cyril Laurent, DG et fondateur de Leadformance, un véritable pionnier du domaine car sa start-up – désormais intégrée au groupe Solocal – a lancé les premiers projets de ce type dès 2007. C’est donc un visionnaire du secteur qui est venu nous rendre visite il y a quelques semaines, et pour l’occasion, je lui ai demandé de me citer et décrire 3 exemples concrets de web to store. J’ai repris les copies d’écran et quelques déroulés de navigation pour les inclure dans la vidéo de l’interview, que vous retrouverez également sur notre chaîne YouTube, à laquelle vous pouvez vous abonner.

Avec le Web to store la première porte du magasin est sur Internet

avec Cyril Laurent, fondateur de Leadformance, Solocal Group

Vous êtes fondateur de Leadformance, membre du groupe Solocal, et vous êtes un visionnaire, un leader du Web to store et du ROPO*

C’est le résultat d’une suite logique : j’ai un parcours antérieur au sein de la grande distribution, et dans les logiciels de merchandising et “searchandising” chez Danone. Avant de créer Leadformance, avec le même associé, nous avions fondé une agence Web et SEO, donc, on était déjà dans l’acquisition de client via le Search et on s’est simplement orientés vers le Search local, ce qui a donné naissance à Leadformance et à notre plateforme, qui est dédiée à l’acquisition de clients online,  l’acquisition de clients ROPO ou Web to Store.

*ROPO = Research Online, Purchase Offline

3 exemples concrets de Web to store
Web to store : le online et le offline sont un peu comme les poupées russes du commerce

Et très rapidement, dès les années 2007, vous vous êtes aperçu que le client ne voulait pas quitter les magasins

On s’en est même rendu compte déjà avant, dans le cadre de l’activité de l’agence web et SEO, qu’on avait créée, puisqu’on était toujours surpris de voir un bon nombre de clients grands comptes, qui avaient des réseaux de magasins et des réseaux de distribution assez fournis. Sur le territoire ou à l’étranger ils nous demandaient de travailler uniquement sur leurs sites e-commerce, au travers de recherches génériques, de recherches produits sur Google. Or si on regarde tous les acteurs “annuairistes”, ce que j’appelle le « Search local« , ceux-ci représentaient un volume de trafic important avec en plus des taux de conversion qui, en magasin, étaient beaucoup plus importants que les taux de conversion qu’on connaissait sur Internet.

Dans certains secteurs, ces taux de conversion avoisinent les 20% comme dans le textile, sinon il faut compter de 15 à 20% en moyenne alors que le taux de conversion online est de 1% seulement.

Il y avait donc tout intérêt à se focaliser sur ces consommateurs qui recherchaient de l’information locale, qui recherchaient clairement à se rendre dans un magasin pour finaliser leur achat, et les accompagner tout au long de ce parcours. Or personne ne les considérait ni ne s’y intéressait, et c’est ce qui nous a donné l’idée de nous lancer et de créer cette Start-Up dédiée justement à ce parcours d’achat Web to Store.

Et aujourd’hui les recherches locales constituent une portion très importante des recherches sur Internet

Effectivement en 2007, quand on, s’est lancés sur ce sujet, nous étions quelque peu en avance sur le marché. Ensuite sont venus les premiers chiffres avant-coureurs : quand Google a annoncé, pour commencer, qu’une recherche sur quatre sur ordinateur, se faisait avec un terme géographique. C’était un signal fort qu’il fallait écouter le consommateur, à travers les recherches qu’il effectue dans Google. L’été dernier nous avons appris que recherche mobile avait égalé en volume la recherche sur ordinateur. C’est un phénomène qui est en croissance très forte et qui ne dit que commencer.

On constate ce phénomène partout sur la planète, dans tous les pays et dans tous les secteurs, mais d’un secteur à l’autre, d’un pays à l’autre, les parcours sont très spécifiques. Il s’agit de bien les connaitre ces parcours afin de s’y adapter et d’optimiser ses actions.

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3 exemples concrets de Web to Store avec Solocal Group was last modified: novembre 1st, 2015 by Yann Gourvennec

Le Web To Store : on en fait depuis longtemps sans le savoir

Le Web to store est un sujet qui existe depuis longtemps, mais dont on parle depuis peu. Trouver un article sur le web to store datant d’avant 2011 est presque impossible, alors que le e-commerce existe depuis plus de 25 ans… Pourquoi cette prise de conscience si tardive ? Les enseignes physiques ont tout d’abord pensé que le e-commerce aspirerait leur clientèle et les forcerait à mettre la clé sous la porte. En témoigne l’hyperactivité juridique des grandes entreprises contre les e-commerçants au tout début des années 2000 (voir ici l’offensive des marchands de parfums contre les e-commerçants). Mais l’épée de Damoclès du e-commerce n’est jamais tombée et les enseignes physiques se sont rendues compte que le e-commerce n’était pas un ennemi mais un outil, un nouveau canal pour vendre davantage. Mais beaucoup ont fait l’erreur de séparer complètement le site internet et l’enseigne physique. En témoigne l’accueil (glacial) réservé aux clients de Fnac.com lorsqu’ils arrivaient en magasin pour demander un conseil sur un produit récemment acheté en ligne.

Web to store : l’internaute cherche un produit, pas un magasin

Aujourd’hui, les choses ont bien changé, et le site e-commerce d’une enseigne physique fait partie du magasin. On a fini par comprendre à la fois que le consommateur n’arrêterait jamais d’acheter en magasin, mais aussi qu’internet était devenu indispensable pour vendre. Et pas seulement en ligne. Comme nous l’expliquions dans notre article sur le ROPO, et dans celui portant sur l’étude de Bonial, l’achat en magasin physique commence dans la plupart des cas sur Internet. Internet est, certes, un outil d’achat, mais aussi un outil de recherche, qui aide l’internaute à préparer son achat en magasin. C’est sur ce point que doivent travailler les entreprises pour « capter » le client dès le début de sa recherche afin de le guider vers leur point de vente. Et, signe que le Web to store n’en est qu’à ses début et manque encore de maturité, beaucoup d’entreprises communiquent encore uniquement sur leur magasin. Or, quand il prépare un achat, l’internaute cherche avant tout un produit, et non un magasin.

Pour parler du Web to store, nous avons interviewé Bruno Dachary, directeur général délégué de Mappy, qui nous explique cette évolution du e-commerce et l’adoption du Web par les enseignes physiques.

On a récemment pris conscience de l’utilité du Web to store, alors qu’inconsciemment, on en fait depuis longtemps…

Le Web to store, on a en a tous fait sans le savoir : nous sommes tous des Jourdain du Web to store. On a tous cherché sur Internet un jour un produit, trouvé l’endroit où l’on pouvait se le procurer, et on achetait le produit. C’est un phénomène qui prend tout de même de l’ampleur depuis deux ou trois ans : on n’en parle de plus en plus. En réalité, au départ, les réseaux d’enseignes faisaient du e-commerce avec leur site et se sont rendus compte que cela pose un problème de concurrence avec leur propre réseau d’enseignes physiques. On a ensuite fait évoluer tout cela dans des logiques de vente en direct, mais aussi d’aller ramener des utilisateurs dans les points de vente à travers des promotions, du marketing direct et d’autres dispositifs.


L’enjeu du Web to store est beaucoup plus large : il faut pouvoir s’adresser au maximum de personnes. Ce que je constate, au travers d’une étude que l’on a réalisée avec BVA (voir le slideshare ci-dessus), c’est que 91 % des personnes ont déjà eu une expérience Web to store et le font assez régulièrement. De plus en plus de personnes sont équipées de Smartphone et de tablettes. De ce fait, le Web to store prend une ampleur considérable. L’important pour un réseau d’enseignes ou un commerçant indépendant est d’être visible sur Internet. Et pour être visible, l’essentiel est de l’être à travers ses produits, car c’est ce que cherche le consommateur. Il n’ira pas d’abord dans le magasin : il cherchera le produit est ensuite le magasin. Ceci est un point très important.

Les enseignes physiques vouées à disparaitre ? Une fausse idée à laquelle les commerçants ne croient plus.
Les enseignes physiques sont vouées à disparaitre ? Une fausse idée à laquelle les commerçants ne croient plus. Plus qu’un simple bonus, le Web to store devient nécessaire.

Faut-il mettre uniquement le produit en avant ?

Il faut faire les deux : se mettre en avant et se rendre visible au travers de ses produits. Pour cela, il y a un certain nombre d’acteurs sur le marché qui proposent des solutions, comme Mappy qui permet à des commerçants ou à des réseaux d’enseignes d’être visibles.
Par exemple, nous avons réalisé, durant la dernière période de Noël, une opération où nous avions mis en avant les magasins de jouets et les catalogues de ces réseaux d’enseignes. Cela permettait aux magasins d’avoir tous ses produits en ligne et d’indiquer si ceux-ci étaient en stock ou non.

Lors de la recherche du produit par le consommateur, le premier réflexe, c’est Google : comment se démarquer lorsque l’on s’appelle Mappy ?

Il n’y a pas que Google, puisque l’on a 10 millions de visiteurs uniques par mois (NDLR : 3 millions selon Webuka), ce qui n’est pas rien. Plus de 80 % de nos utilisateurs viennent en direct sur Mappy. Nous sommes également présents sur des résultats Google dans les recherches produit. Nos utilisateurs aiment aussi Mappy pour plusieurs raisons, par exemple la carte est différente, nous sommes très anciens sur le marché et nous avons des produits spécifiques. Nous sommes implantés dans le local, contrairement à Google qui a certes d’énormes moyens, et Mappy est adossé à Pages Jaunes et a donc des contenus locaux. Cela donne plus de précisions et d’informations, notamment au niveau du commerce local.

Le Web To Store : on en fait depuis longtemps sans le savoir was last modified: avril 13th, 2015 by Cédric Jeanblanc