Réseaux sociaux d’entreprise : le vrai-faux des idées reçues

Cela fait maintenant quelques années que le marché des réseaux sociaux d’entreprise a pris de l’ampleur, et nous avons d’ailleurs pu constater, à l’occasion de la présentation du dernier rapport Lecko, que la plupart des grandes entreprises en sont désormais équipées. Pourtant, certaines idées reçues et approximations sur le sujet persistent, et donnent une vision des réseaux sociaux d’entreprise qui ne correspond pas forcément avec la réalité du terrain.  Nous tenions donc à présenter le point de vue d’un expert des réseaux sociaux, et pour cela, qui de mieux qu’Alain Garnier, co-fondateur et patron de Jamespot ? Alain Garnier s’est donc prêté au jeu du vrai/faux avec son habituel franc-parler, donnant son point de vue sur différents aspects des RSE.

  • Un réseau social d’entreprise sert à s’envoyer des lol cats entre collègues

FAUX – « Les réseaux sociaux d’entreprise proviennent des réseaux sociaux grand publique, où l’on s’échange des contenus souvent légers (lol, trash, cute). Dans le monde de l’entreprise on va plutôt échanger des documents, des agendas, des quizz, des enquêtes… On est dans le sérieux, on est dans le métier. »

  • Un RSE apporte de la transversalité dans l’entreprise

VRAI – « On le constate avec tous les projets que l’on a mis en place : dans le réseau social de l’entreprise, on va mettre en relation par exemple des personnes travaillant dans le département R&D avec des commerciaux pour qu’ils échangent autour du produit qu’ils commercialisent. Grâce à cela, on casse les silos, on ouvre des fenêtres entre ces services qui des fois ne se connaissaient même pas. Cela s’explique par le fait qu’ils vont pouvoir échanger en temps réel des éléments de leur métier de manière transversale. »

  • Le réseau social d’entreprise va tuer le mail

VRAUF – « C’est vrai et faux. Certaines personnes disent que les réseaux sociaux d’entreprise vont supprimer le mail, mais il se trouve que ce n’est toujours pas le cas.  Cela devient par contre un compagnon du mail : il permet de diminuer les mails inutiles. Le mail d’un réseau social d’entreprise est un mail d’action : on peut directement participer à une conversation en un clic, et comme ce mail est toujours conservé dans le RSE, on n’a pas besoin de le conserver dans sa boite mail. »

 

dessin RSE

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Réseaux sociaux d’entreprise : le vrai-faux des idées reçues was last modified: mai 19th, 2016 by Cédric Jeanblanc

RSE : où en sont les entreprises françaises ? Principaux enseignements de l’étude Lecko (2016)

Visionary Marketing était, le jeudi 28 janvier, à la présentation de l’étude annuelle sur les réseaux sociaux d’entreprise (RSE) réalisée par Lecko depuis maintenant 8 ans. Cette étude est un excellent moyen d’observer le niveau de transformation digitale dans les entreprises françaises : si tous les outils sont à disposition pour apporter de la transversalité et de la collaboration aux entreprises, il y a souvent une opposition au changement au sein de l’entreprise, et l’outil en reste finalement au stade d’expérimentation. Nous avons pu parler de ces problèmes de transformation culturelle avec Arnaud Rayrole, CEO de Lecko, dans une interview que vous pourrez lire après les principaux points que nous avons retenu de cette étude. Cette étude sur les RSE est téléchargeable en cliquant sur ce lien : http://referentiel.lecko.fr/publications/rset8/

1 – Les managers perçoivent l’apport des RSE…

Cette étude a été réalisée avec OpinionWay auprès de 850 managers dans des entreprises de plus de 5 000 salariés. Le premier enseignement de cet étude est encourageant : sur ces 850 managers, 88%, soit près de 9 managers sur 10, disent comprendre la stratégie numérique de leur entreprise. Mieux encore, 93% des managers imposent aux collaborateurs de progresser en permanence pour s’adapter à l’évolution des contextes opérationnels ! Qu’en est-il alors du RSE ? Comme vous pouvez le voir ci-dessous, plus de 7 managers sur 10 sont d’accord avec des affirmations telles que « les RSE facilitent la circulation de l’information dans l’entreprise », « les RSE facilitent l’entraide » et « l’émergence d’idées originales », et environ 6 manager sur 10 perçoivent l’intérêt du RSE dans la recherche de coordination, la détection des problèmes et la montée en compétence des équipes. Ces pourcentages sont certes moins alléchants que ceux vus précédemment, mais signifient tout de même qu’une majorité de managers voient dans le RSE un moyen de gagner en productivité. Qu’en est-il de l’adoption concrète du RSE ?

2 – …Mais ne poussent pas l’utilisation du RSE dans l’entreprise

Cette statistique est un retour à la réalité un peu brutal et marque la différence entre la volonté apparente et la mise en oeuvre concrète : seulement 25% des managers utilisent leur RSE tous les jours. Alors que 58% des grandes entreprises utilisent un RSE, c’est une large moitié des managers qui n’utilisent pas ou sous-exploitent un outil de transformation digitale pourtant mis à leur disposition. Cela traduit donc une problématique régulièrement évoquée au cours de cette présentation (et souvent répétée sur notre blog et auprès de nos clients) : avant de passer par l’outil, la transformation digitale passe tout d’abord par un changement culturel au sein de l’entreprise.

Enjeux, solution et mise en oeuvre du RSE selon Lecko : dire n’est pas faire, et de nombreux managers, s’ils ont compris l’urgence du changement, n’osent franchir le pas (source : étude de l’art des réseaux sociaux d’entreprise – Tome 8, slide 25  – Lecko 2016)

3 – Malgré tout, l’utilisation du RSE continue à progresser

Il serait dommage de rester sur une note négative, car il y a toutes les raisons de penser que l’utilisation active et régulière des RSE va se généraliser : on constate une augmentation du nombre d’utilisateurs de RSE de 15%, mais également un taux d’engagement en augmentation (+15%). De plus, les managers utilisant un RSE sont relativement jeunes (35-40 ans), ce qui laisse présager une généralisation de cet usage au fur et à mesure des années.

Pour aller plus loin…

Nous avons interrogé Arnaud Rayrole, afin de répondre à certaines questions suscitées par les résultats de l’étude. Le patron de Lecko nous a notamment éclairé sur les raisons pour lesquelles les managers peinent à imposer le changement au sein de l’entreprise.

Quelle est l’évolution du marché ?

Nous n’avons pas mesuré le chiffre d’affaires du marché dans cette étude car nous considérons qu’aujourd’hui le social est tellement présent dans le marché du software que les mesures que l’on avait sur les études précédentes n’étaient pas représentatives. Ce que l’on constate néanmoins, c’est que les usages progressent dans les entreprises, d’environ 15%. On observe également un grand dynamisme des acteurs du marché qui continuent à innover. Ce marché du social software était une niche, mais désormais se dilue dans celui de la collaboration.

Ce marché n’est donc toujours pas prêt de se consolider…

Je ne pense pas qu’il se consolidera. Si les briques d’infrastructures deviennent interopérables, il peut y avoir une consolidation à ce niveau. Mais on gardera cet émiettement des solutions, dans un modèle ressemblant plus aux apps qu’aux logiciels. Il n’y a pas vraiment de pression économique dans ce marché. Une solution peut être tenue par uniquement deux personnes, car il ne s’agit pas encore d’une haute technologie. En revanche, le niveau technologique augmentera quand des modules d’analyse de données seront intégrés à ces logiciels. IBM, Oracle et Microsoft vont très certainement investir massivement dans ces outils d’analyse.

Cette étude avance que la culture est plus importante que le RSE lui-même. On peut donc prendre n’importe quel RSE ?

Nous le disons dans un contexte donné : actuellement, les entreprises sont largement en mesure de s’outiller, mais ont une véritable difficulté à se mobiliser autour du changement culturel. Le problème, ce qui ralentit les entreprises et les empêchent d’aller au delà de l’expérimentation, c’est le changement comportemental : les managers doivent appréhender différemment l’information, prendre des décisions, gérer les compétences de leurs collaborateurs.

Les managers ont-ils peur du changement ?

Les managers ont été façonnés dans un monde et une culture donnés et ont adopté ces codes. Ils ont réussi à être performant et ont été promus grâce à l’adoption des bons codes. Aujourd’hui, on leur demande de revoir tout cela, et de changer ces codes. Cela est donc compliqué pour eux car c’est un déracinement : l’humain n’est pas à l’aise quand on lui change son environnement. Il y a malgré tout une partie des managers qui comprennent ces changements et les voient comme une opportunité de développer leur carrière et se lancer sur des projets intéressants.

Bientôt, toutes les entreprises auront un RSE… Le mail va t-il mourir ?

Non, il a encore un atout que sont très loin d’avoir les RSE, c’est qu’il est universel. Un mail peut être échangé avec n’importe qui, quelles que soient les technologies. De plus, la notion de message d’une personne à une autre n’a aucune raison d’être remise en question. En revanche, l’outil de gestion central qui sert à la fois à coordonner les activités, partager les documents, recevoir de l’information est dépassé, car nous sommes dans une logique de pile. Imaginez que le matin vous ouvrez votre boîte aux lettres et vous sortez 200 lettres : vous ne les lisez plus. C’est ce qui se passe avec le mail qui est adapté à la base pour lire quelques éléments, et qui se retrouve maintenant l’outil d’une logique de flux. L’email est donc amené à se repositionner.

Dans cette étude, la notion de leader fait son apparition. Combien de messages dois-je envoyer par jour pour être un leader ?

Ce n’est pas notre indicateur : un leader est une personne qui va utiliser les outils de RSE de manière équilibrée. N’est pas un leader quelqu’un qui va poster beaucoup d’informations, régulièrement sans créer de conversation ou d’engagement. Un leader est dans l’échange, consomme l’information de manière active, en « likant », en partageant, la commentant, ne serait-ce que pour accuser réception, pour remercier la personne qui a publié. Ces personnes le font avec une régularité dans le temps : nous mesurons cela sur 3 mois.

Pour plus d’informations téléchargez le rapport lecko en cliquant sur ce lien : http://referentiel.lecko.fr/publications/rset8/

RSE : où en sont les entreprises françaises ? Principaux enseignements de l’étude Lecko (2016) was last modified: février 9th, 2016 by Cédric Jeanblanc

Pour tout savoir sur les Réseaux sociaux d’entreprise avec Lecko

Etude Lecko 2016 sur les Réseaux Sociaux d’Entreprise, piliers de la transformation numérique

Nous avions interviewé l’année dernière Arnaud Rayrole, DG de Lecko, pour faire un état des lieux du marché des RSE (voir ici notre article sur le sujet). Nous étions alors dans un marché en pleine progression, passant de 40 millions en 2013 à 56 millions en 2014. Le constat principal était une absence de consolidation du marché : arrivera t-elle cette année ou constaterons-nous, comme les années précédentes, un afflux de nouveaux acteurs ? Ce marché va t-il d’ailleurs continuer à progresser ? Nous serons présents le 28 Janvier prochain à la présentation de l’étude 2016 sur les RSE pour répondre à toutes ces questions.

 

Lecko et le marché des RSE
Le marché des RSE, en plein boom depuis 2010 va t-il continuer sur cette voie, ou ralentir, stagner, voire régresser en 2016 ?

Avant d’aborder le sujet de l’évolution du marché, revenons un peu en arrière : apparus un peu comme des OVNIS il y a 10 ans dans la panoplie des outils du travailleur connecté, les réseaux sociaux d’entreprise (ou RSE) ont suscité beaucoup de questions. A quoi servent-ils exactement ? Sont-ils une version moderne de l’intranet ? Peut-on les comparer à Facebook avec qui ils partagent quasiment le même nom ? A-t-on vraiment besoin du logiciel d’un éditeur ? La DSI ne peut-elle pas développer un logiciel de ce type beaucoup plus adapté aux besoins de l’entreprise ?

10 ans après les questions suscitées par les RSE ont changé. Les réseaux sociaux d’entreprise ont peu à peu conquis les entreprises et ont su faire les preuves de leurs bénéfices. En 2015 Lecko, cabinet de conseil en organisation et fournisseur de solutions pour porter la transformation numérique, avait montré dans son étude annuelle, que 80% des entreprises du CAC 40 ont au moins un RSE. Pour 75% des sociétés du CAC40 il existe un RSE transversal accessible à tous les collaborateurs du groupe. Certaines d’entre elles (Orange, Bouygues…) en sont déjà à un RSE de deuxième génération. Le marché s’est développé, les usages ont changé et les entreprises ont peu à peu entamé une indispensable « transformation numérique. Lecko analyse tous les ans depuis 8 ans, l’évolution de l’adoption et des usages en entreprises ainsi que l’évolution des solutions. Voici les résultats de la dernière étude réalisée, parue début 2015.

La transformation numérique est l’adaptation de l’entreprise à l’ère numérique (nouveaux produits, nouveaux modèles économiques, nouveau positionnement, et non une numérisation des activités de l’entreprise). Dans cette adaptation, les réseaux sociaux internes des entreprises jouent un rôle central car ils permettent de mettre en réseau les collaborateurs pour être plus agiles, adapter leurs modes d’organisation, développer de nouvelles compétences, mieux partager l’information, etc. Cette transformation interne nécessite une prise de conscience, une mobilisation et une mise en mouvement des collaborateurs et des managers. Où en sont les grandes entreprises en France en 2016 ? Réponse le 28 janvier 2016 avec la présentation par Lecko du 8ème opus de son étude annuelle.

Nouveauté 2016: Lecko a réalisé une enquête auprès de 850 managers dans les entreprises de plus de 5000 personnes et s’est appuyé sur OpinionWay pour s’assurer de consulter un panel suffisant et représentatif. Cette étude apporte des points de repère sur l’appréhension de la collaboration par les managers, tant sur leur mobilisation au sein des projets de transformation interne, que leur perception des enjeux et leur mise en pratique effective.

Cette présentation est gratuite mais l’inscription est obligatoire (attention il ne reste que quelques places).

A propos de Lecko
Lecko est un cabinet de conseil en organisation et fournisseur de solutions pour porter la transformation numérique. Lecko apporte une expertise méthodologique pour créer des dynamiques de changement et développer des usages collaboratifs et sociaux. Lecko propose une offre différenciée d’aide aux choix technologiques (s’appuyant sur son benchmark des solutions du marché http://referentiel.lecko.fr), de pilotage de la transformation avec de l’analytics couplé aux plateformes de Réseau social d’entreprise (RSEanalytics.lecko.fr) et de développement des usages avec l’approche Micro-social-learning. Lecko publie régulièrement des états de l’art disponibles gratuitement sur publications.lecko.fr. Lecko compte près de 80 projets de Réseaux sociaux d’entreprise à son actif pour des entreprises telles que Bouygues, BNPP, Credit Agricole, GDF Suez, Kering, L’Oreal, La Poste, MAAF, RATP, Technip…

Pour tout savoir sur les Réseaux sociaux d’entreprise avec Lecko was last modified: janvier 26th, 2016 by Natacha Heurtault

4 conseils pour structurer son déploiement des médias sociaux

Structurer son déploiement des médias sociaux

L’étude que nous avons menée avec Hootsuite et Adetem (baromètre 2015 des médias sociaux medias-sociaux.net) a montré clairement un déficit en France dans la manière dont les entreprises s’organisent autour des nouveaux médias, qui peu à peu ont touché tous les compartiments de l’entreprise (communication, ventes b2b, relation client, parcours client, support et feed-back du terrain et les différentes business units). En touchant l’ensemble de l’entreprise ces nouveaux outils placent un niveau d’exigence supérieur sur l’entreprise qui doit s’organiser de façon plus systématique et plus professionnelle, en s’éloignant peu à peu des approches pragmatiques des débuts. Pour cela un certain nombre d’actions doivent être menées :

  • Structurer les processus pour éviter de redécouvrir les mêmes choses à chaque crise ou événement. Lien entre les services, liaison avec les RP, tactiques de réponse (ou de temporisation selon le cas) aux crises, réponses aux clients etc. Ces différents événements font le quotidien des medias sociaux en entreprises – avec des spécificités pour chaque entreprise et chaque secteur – et il n’est pas normal de voir encore de l’improvisation sur le terrain dans les moment critiques et même dans les actions les plus simples ;
stratégie digitale
Une démarche incitative de conduite du changement doit être initiée, pour déployer une stratégie cohérente et en faciliter le déroulement
  • Former les personnels et diffuser la culture médias sociaux dans l’entreprise pour favoriser la gestion décentralisée en étoile et répartir les responsabilités dans l’entreprise en fonction des localisations, des langues et aussi des domaines de compétences. A terme, les fonctions centrales seront essentiellement en charge de coordonner les équipes d’ « ambassadeurs de la marque« . Ces dispositifs de formations se devront d’être différenciés selon les publics et peuvent bien entendu passer par des événements internes (ou mixtes) destinés à promouvoir la culture digitale et l’innovation à l’instar de mes petits déjeuners du Web des années 2008-2010 chez Orange Business Services, qui ont débuté comme de petits événements internes et ont fini en larges rassemblements incluant les visiteurs externes ;

  • Structurer les usages autour de chartes de conduite incitatives et motivantes. Rappelons, toujours selon notre baromètre, que seuls 30% des répondants (vs. Près de 60% aux US sur un baromètre similaire) affirment disposer d’une charte des médias sociaux. La nécessaire structuration de leur usage dans l’entreprise devra se faire néanmoins dans le respect de l’innovation et de l’initiative locale ;

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4 conseils pour structurer son déploiement des médias sociaux was last modified: octobre 30th, 2015 by Yann Gourvennec

Transformation digitale: pas de prêt-à-porter, du sur mesure

Qu’y a-t-il de commun entre le premier envol d’un papillon et la diffusion d’un nuage de vapeur ? A priori rien, si ce n’est que tous deux sont les résultats d’une transformation, d’une chenille dans le premier cas, d’une certaine quantité d’eau dans le second. Il ne viendrait sans doute pas à l’idée de quiconque de rapprocher les deux, tant leur nature, leur contexte, les conditions de départ et les mécanismes qui les régissent sont différents. Contre toute attente, c’est pourtant le genre d’amalgame régulièrement fait lorsque l’entreprise considère sa transformation digitale.

transformation digitale
Quel rapport entre le premier envol d’un papillon et la diffusion d’un nuage de vapeur ? Les deux sont le résultat d’une transformation (qui n’est pas pour le coup une transformation digitale).

La croyance selon laquelle la technologie, accompagnée par ce qu’on appelle pompeusement « gestion du changement », et qui généralement se résume à un mélange de communication (plus ou moins inspirée) et de formation (plus ou moins pédagogique), était censée entraîner la transformation en générant par elle-même de nouveaux usages, est enfin révolue. A témoin le tout récent changement de nom de l’Entreprise 2.0 Summit, l’une des plus importantes conférences en France sur le sujet de la transformation digitale interne, en Digital Enterprise Summit. Ce changement est l’aboutissement logique de la prise de conscience par ses organisateurs de la nécessité de ne pas considérer le développement des pratiques collaboratives dans l’entreprise comme une fin en soi, mais comme un élément clef d’une digitalisation impliquant les métiers, les processus, le delivery, voire la structure même de l’organisation.

Un autre indice, bien plus important encore, montrant que la transformation digitale est désormais l’affaire de tous les services et de toutes les fonctions de l’entreprise, est la tenue à Paris les 27 et 28 octobre prochains d’une conférence dédiée à la transformation digitale des ressources humaines: HR Tech World Congress, dont les précédentes éditions s’étaient déroulées à Amsterdam. Un événement d’importance, qui démontre que l’implication et la mobilisation d’une des fonctions traditionnellement -en France du moins- les plus réticentes à passer de la réflexion sur l’impact des technologies digitales sur les comportements à leur adoption par l’entreprise, et qui devrait attirer plus de 4 000 participants professionnels des ressources humaines.

Parallèlement, de plus en plus d’entreprises créent ou ont créé la fonction de Chief Digital Officer, prenant conscience, entre autres, de l’importance de transformer les canaux et les pratiques par l’intermédiaire desquels elles interagissent avec leurs clients. Mais que la prise en compte par l’entreprise des conditions nouvelles, fluctuantes, incertaines, et hyper-connectées de son environnement provienne de la pression externe de ses clients ou d’un besoin interne de repenser le travail, elle se traduit encore bien trop souvent par l’application de recettes « sur étagère ». Dans bien trop de cas, tout se passe comme si la technologie « aplatissait » le contexte dans lequel l’entreprise opère.

Le fait que, comme l’exprimait très récemment Gérard Mestrallet, PDG d’Engie, le digital ne soit pas une option, mais une nécessité, ne doit pas être un prétexte pour se jeter tête en avant dans la mise en place d’outils ou de stratégies à la mode. Il n’y a pas de prêt-à-porter en matière de transformation numérique; une entreprise se construit au fur et à mesure des années, développe une culture qui lui est propre dans le contexte qui est le sien, faite d’interactions humaines, de pratiques aux origines parfois obscures, de réseaux de compétence dont la configuration ne ressemble pas à celle de l’organigramme officiel. Chaque entreprise doit entreprendre SA transformation digitale, une transformation qui ne ressemble à aucune autre, et qui s’ancre bien davantage dans la créativité humaine que dans les sirènes de la technologie. Il s’agit d’une transformation fondamentale, qu’il s’agit d’entreprendre, ou de poursuivre, en s’engageant dans la bonne direction et en impliquant l’ensemble de l’entreprise, pour éviter bien des déboires.

Transformation digitale: pas de prêt-à-porter, du sur mesure was last modified: octobre 15th, 2015 by Thierry de Baillon