Outiz : la start-up de St Gobain qui transforme le groupe

Outiz est un cas d’école de la transformation digitale, ou comme nous le verrons à la fin de cet article, de la transformation avec le digital. Souvent on entend parler de grandes entreprises qui essaient de singer les start-ups, la plupart du temps sans succès. Mais il en existe aussi d’autres qui y arrivent très bien. J’ai ainsi eu la chance d’assister à la présentation de Jean-Jacques Bourhis à Grenoble fin mars 2017 sur la présentation d’Outiz, une filiale à 100% de St Gobain dont il est DG. Il a lui-même passé 14 ans chez St Gobain, avec derrière lui un véritable Itinéraire d’intrapreneur. St Gobain a 350 ans : Louis XIV, énervé par le verre vénitien qui était importé pour son palais a décidé de la création d’une société spécialisée dans le verre dans le village de St Gobain pour faire tous les miroirs de la galerie des glaces et c’est ce qui a mené à la création de ce géant mondial de la verrerie.

Outiz
La galerie des glaces, les vitraux de Matisse etc. etc. Les projets de la vieille manufacture de St Gobain (Aisne) ont été prestigieux et nombreux. Et voici qu’il faut y ajouter maintenant les projets de Web startups
Saint Gobain Outiz
20€ chez Amazon, une superbe rétrospective avec photos couleur

Il serait facile d’ironiser sur ce vieil acteur de l’industrie à la française, et de passer à côté d’une intéressante culture de l’entreprise et de l’intrapreneuriat, très inhabituelle et porteuse de résultats. Comme quoi il serait bien inapproprié d’opposer histoire et innovation.

Saint Gobain (qui n’a pas hésité à publier un superbe livre aux éditions Albin Michel décrivant l’histoire de la société), c’est 170 000 collaborateurs et 98 nationalités avec 40 milliards de € de CA, pour une société qui aujourd’hui couvre tous les secteurs de l’habitat. 48% du CA est réalisé avec des marques comme Lapeyre, la Plateforme du bâtiment et Point P (c’est la division « distribution » de ce géant de la construction). Outiz fait partie du pôle distribution qui lui-même représente 18-19 milliards € de CA.

Outiz : « Internet au cœur de notre métier »

Alors que nous avons tant d’interlocuteurs, y-compris dans la high-tech qui se posent encore des questions existentielles sur l’importance du digital, chez St Gobain, on n’hésite pas : « On est partis du principe que l’Internet était au coeur de notre métier » a expliqué Jean-Jacques Bourhis. C’est ce qui a amené à cette nouvelle initiative il y a 4 ans : outiz.fr, au bout d’1 an de projet. Outiz est donc opérationnelle depuis 3 ans et ramène à ce titre de l’argent à St Gobain. Elle est une filiale à 100% de sa maison mère.

Outiz

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Outiz : la start-up de St Gobain qui transforme le groupe was last modified: mai 15th, 2017 by Yann Gourvennec

Sommes-nous tombés en panne d’innovation ?

Nous sommes en ce moment dans une période d’effervescence technologique : le cloud et le Big Data viennent révolutionner nos usages informatiques, le smartphone et la tablette sont omniprésents et apportent l’internet en mobilité, l’imprimante 3D va bientôt nous permettre de créer nos propres objets du quotidien, et le travail est en train de se réinventer, à cause de l’ubérisation et la robotisation. C’est en tout cas ce qu’on lit et entend.

Pour Kasparov, les intelligences artificielles comme Watson resteraient finalement assez élémentaires. (Source )

J’ai donc été surpris de lire dans cet article un commentaire de Kasparov, grand champion d’échecs Russe, très critique sur l’innovation :

« Les éditeurs informatiques se sont contenté d’améliorer des algorithmes mathématiques. Ils n’ont pas persévéré vers la création d’une véritable intelligence artificielle (…) Chaque année, on nous sort un nouveau programme d’échecs, une nouvelle version. En fait, ce sont des programmes anciens des années 60 et 70 qui se contentent de choisir [des combinaisons] au milieu de millions de possibilités. [Ils ne créent rien] »  

Après quelques recherches, j’ai trouvé une citation du même homme, encore plus catégorique : 

« Nous vivons aujourd’hui dans le progrès technologique le plus lent depuis plusieurs centaines d’années »

C’est peut-être un peu surprenant à lire, mais observons d’un regard un peu moins ébahi les « dernières » inventions : les premières imprimantes 3D, smartphones et tablettes sont nés dans les années 80, les innovations issues du cloud (VDI (virtual desktop insfrastructure), mail et stockage à distance, dématérialisation du logiciel, etc.) apportent finalement plus de légèreté à des outils que l’on utilise depuis les débuts de l’informatique. Les programmes informatiques quant à eux, à part une refonte graphique et l’ajout de nouvelles fonctionnalités, n’ont pas vraiment évolué de façon fondamentale (il n’y a qu’à voir cette démonstration de la première version d’Illustrator pour voir que les changements apportés sont mineurs).

Alors sommes-nous dans une période d’innovation incrémentale où rien de majeur n’apparaitra avant longtemps ? Avons-nous déjà découvert et inventé ce qui pouvait l’être, ne nous laissant aujourd’hui que des miettes ? Voici quelques pistes de réflexion.

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Sommes-nous tombés en panne d’innovation ? was last modified: avril 11th, 2017 by Cédric Jeanblanc

Transformation Digitale des Assurances : Le Cas Aviva

La transformation digitale des assurances n’avait pas encore été traitée sur ce blog. Voici cette erreur réparée, grâce à l’intervention de Maxime Truchard, CTO (Chief Technical Officer) d’Aviva, lors du superbe événement Assur & Bank 2017 organisé les 23 & 24 mars par nos confrères et partenaires de CCM Benchmark group. J’ai eu la chance d’animer une superbe table ronde avec 3 CDOs et juste après, le temps de poser mon laptop et de l’ouvrir, la présentation de M. Truchard est arrivée comme un point d’orgue sur cette matinée. Aviva est le nouveau nom de Norwich Union pour les plus anciens qui connaissait la fameuse firme anglaise qui s’était rendue célèbre par un contrat décès qui faisait sa spécialité. Les temps ont bien changé, et la transformation digitale est passée par là, très orientée métier, et c’est pour cela que j’ai choisi de relater la présentation d’Aviva, car elle est véritablement représentative et inspirante.

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Aviva, candidat à la transformation digitale des assurances

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« Aviva est une société d’assurances, non présente dans la banque, qui commercialise à la fois des assurances vie et des contrast d assurance » nous a expliqué Maxime Truchard. D’origine anglaise, elle s’est construite par acquisitions successives avec une intégration assez douce, même si le groupe cherche de façon plus en plus importante à imposer mondialement son image via le digital. Le groupe est puissant, mais en France, Aviva n’est « que le 13ème assureur local » et donc, selon Maxime Truchard, on pourrait la comparer à une grosse PME. Le groupe d’assurance multi produits, distribue principalement des Assurances Vie en France mais cela n’empêche pas Aviva de devoir « gérer toute la gamme dans sa complexité » a précisé le CTO de l’assureur. C’est une obligation nous a-t-il expliqué : « Que ce soit dans la banque ou l’assurance il faut gérer tout le stock sans oublier la traçabilité ». C’est aussi affaire de réglementation sur ces secteurs.

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Maxime Truchard lors de sa démonstration : accompagner clients et employés dans ce nouveau monde, voilà un joli programme

 

C’est un groupe complexe qui fonctionne en réseau, via des agents généraux et des courtiers (dans ce cas ce n’est pas Aviva qui gère le client, mais le partenaire). Ils sont aussi assureur de l’Afer et actionnaire de l’UFF (association de CGPI, les conseillers de gestion en patrimoine).

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Transformation Digitale des Assurances : Le Cas Aviva was last modified: avril 4th, 2017 by Yann Gourvennec

Gendarmerie nationale : le digital s’invite sur la route

Au détour d’une route de campagne, vous apercevez une patrouille de gendarmerie. Cette fois, vous n’y coupez pas. « Vos papiers s’il vous plaît » : un contrôle de routine. Vous tendez vos documents au gendarme pour vérification. Soudain, à votre grande surprise, ce dernier dégaine… son smartphone. Non, l’officier de gendarmerie n’est pas en train d’envoyer un texto à son épouse : il scanne votre carte grise et votre passeport sur son téléphone mobile, qui va comparer vos documents officiels avec une base de donnée sécurisée. Vous avez tous vos points, vos papiers sont en règle… « Merci, circulez ».

« 2017 sera l’année de la digitalisation de la Gendarmerie », selon le colonel Yves Mazin. Quelque 60 000 smartphones et tablettes tactiles seront en effet distribués en cours d’année aux gendarmes français, afin de moderniser leurs process et, notamment, les contrôles routiers. Fichiers des immatriculations, base des véhicules volés, base des permis de conduire, messagerie sécurisée, dépôt de plainte.. Un grand nombre de procédures seront désormais dématérialisées. Une (r)évolution pour la gendarmerie, qui reflète celle que vit l’ensemble du secteur de la conduite et de la route.

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« 2017 sera l’année de la digitalisation de la gendarmerie », selon le colonel Yves Mazin.

La transformation numérique de tout un secteur

Si les promesses de voitures autonomes font rêver plus d’un conducteur, la transformation numérique de nos habitudes de conduite passe, dès à présent, par une série d’innovations plus immédiatement applicables. Lors d’un contrôle, les automobilistes britanniques, par exemple, pourront bientôt présenter leur permis de conduire en version digitale.

Au Royaume-Uni, la Driver and Vehicle Licensing Agency (DVLA), qui avait déjà opéré la transition du traditionnel permis papier vers un format « carte de crédit », travaille d’arrache pied à la création d’un nouveau permis digitalisé. Une fois que la sécurité et l’aspect infalsifiable de celui-ci seront assurés, il sera stocké dans un portefeuille électronique, tel que l’Apple Wallet des iPhones, à côté des cartes bancaires ou de fidélité des conducteurs.

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Gendarmerie nationale : le digital s’invite sur la route was last modified: mars 28th, 2017 by Bastien Desplanques

Distribution : Amazon Prime fossoyeur du commerce alimentaire ?

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Pierre Denis, DG de retail explorer

La transformation digitale est en cours dans tous les domaines, et celui de la distribution n’y échappe pas. Nous avons voulu en savoir plus sur ce sujet, c’est pourquoi nous avons rencontré Pierre Denis, DG et fondateur de Retail Explorer, une filiale du groupe Sococal. Grâce à son expérience de plusieurs années dans ce domaine, Pierre est un spécialiste de la grande distribution. Il va donc nous faire partager ces connaissances sur le sujet par le biais d’Amazon Prime Now. Selon lui, et il a raison, Amazon et le digital en particulier ne sont pas les géants qu’on croit. Enfin pas tout à fait car Amazon représente déjà plus de 8% (UK) et 9 %(Allemagne) de la distribution non alimentaire et revendique la place de premier. La France pourrait bien subir le même sort rapidement. À un moment où des géants et pionniers hexagonaux comme Auchan éprouvent des difficultés, ceci est inquiétant pour nos champions nationaux. Les défis des distributeurs face à Amazon sont donc nombreux, ils ont même été recensés par Nielsen. En attendant, tout va bien, mais la situation pourrait bien évoluer et l’excellence d’Amazon n’est pas que digitale, elle est surtout celle d’un vrai distributeur.

La distribution alimentaire est-elle menacée par Amazon ?

« A court terme la réponse est non, car il faut savoir dissocier les services traditionnels d’Amazon où l’on réalise des commandes plutôt non-alimentaires d’Amazon Prime Now mis en avant sur la livraison à domicile de produits alimentaires. Il ne faut également pas oublier que dans le centre-ville des grandes agglomérations, les commerces de proximité sont de grands retailers tel que Carrefour City, Monoprix ou Franprix. Amazon ne cherche pas à se positionner sur ce marché et ne souhaite pas faire concurrence à ces enseignes. Le but premier d’Amazon Prime Now est d’attirer de nouveaux clients dans son système d’abonnement. Il est important de savoir que pour utiliser cette application disponible sur iOS et Android (référençant des produits frais ou encore des produits technologiques), il faut auparavant avoir un compte Amazon Premium. Le lancement d’Amazon Prime Now traduit donc une stratégie pour augmenter la fréquence du traffic des clients sur Amazon. »

Distribution et transformation digitale
La logistique est une des difficultés principales des distributeurs dans un monde digitalisé.

Le digital a t-il un rôle important dans le domaine de la distribution ?

« Il est très difficile d’identifier la part du digital dans le secteur de la distribution. En dehors du drive, c’est très peu significatif. Pendant longtemps, les propriétaires de magasins pensaient que le digital était un concurrent qui allait baisser la valeur patrimoniale de leur magasin. Or, cela s’avère faux. Le digital n’est pas un concurrent de la distribution, c’est un moyen d’améliorer les services clients. Leroy Merlin est un parfait exemple. Ce magasin est remarquable dans sa continuité du service à partir du digital. Dès que vous faites une commande et que vous appelez Leroy Merlin, un numéro vous est attribué. A partir de ce moment, vous avez le choix de retirer votre commande en magasin ou de vous faire livrer. Outre cet exemple, il s’avère parfois difficile de faire passer ce message auprès des acteurs classiques (retaillers, dirigeants de magasins, etc.).

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Distribution : Amazon Prime fossoyeur du commerce alimentaire ? was last modified: mars 14th, 2017 by Claire Sorel