Transformation digitale : une véritable aventure humaine

Il en est de la transformation digitale comme de — feu — l’entreprise 2.0. Les termes ont changé, effets marketing obligent, mais la question, et les promesses que ces expressions véhiculent sont restées les mêmes : comment utiliser et mettre à profit les technologies qui, désormais, structurent notre vie privée, pour améliorer les performances de l’entreprise ? Des forums de discussion aux tchat bots, une multitude d’outils a émergé au cours de ces dix dernières années, pour la plupart adaptés de ceux que nous utilisons dans notre vie personnelle. Si l’utilisation de ces outils s’est montrée, dans ce cadre, relativement intuitive pour peu qu’ils remplissent une fonction correspondant à une attente, même non formulée, il n’en va souvent pas de même dans l’entreprise. Dès lors, la question de l’utilisation, de moins en moins pertinente au fur et à mesure du développement du cloud, s’est effacée pour laisser place à celle, bien plus épineuse, de l’adoption.

 

Si la majorité des entreprises a aujourd’hui compris que la trtransformation digitaleansformation numérique ne se limitait pas au déploiement de technologies collaboratives (quoique parfois…), bien peu nombreuses sont celles qui ont suivi jusqu’au bout le chemin qui mène à une adoption harmonieuse et profitable de ces outils. Soit, une fois en service, les outils ne tiennent pas leur promesse d’accélérateur d’efficacité, soit seule une minorité se les approprie, allant parfois jusqu’à en détourner la finalité. Et ce, quels que soient le soin et les ressources apportés à la communication et à la gestion du changement.

Si la technologie est le point de départ, l’arrivée est uniquement affaire humaine, avec son lot de paradoxes, d’incohérences et d’irrationalité. En l’essence, la transformation digitale se conduit, mais ne se manage pas. Pour la réussir, il est indispensable de ne pas la considérer comme un projet, aussi ambitieux soit-il, mais de l’aborder en tant que transformation qui touchera jusqu’aux fondamentaux de l’entreprise, en tant qu’aventure humaine. Pour se faire, il est bon de rappeler quelques principes essentiels. Lire la suite

Transformation digitale : une véritable aventure humaine was last modified: septembre 26th, 2016 by Thierry de Baillon

Click & Collect : 50% des ventes de Darty.com (hors gros électroménager)

Les exemples concrets et chiffrés de Click & Collect et de Web to Store sont rares. Ce n’est pas tous les jours en effet qu’un véritable expert de la distribution vient vous livrer ses chiffres d’affaires en cross-canal. Or voilà justement ce à quoi j’ai assisté le 06 septembre, jour de la rentrée pour Adobe [transparence : Adobe est notre client] et 12ème édition Adobe social drink up. Cette conférence aurait dû avoir lieu avant les vacances, dans le cadre du forum cross canal, mais du fait de l’Euro 2016 de foot, elle a été déplacée. Dans un sens c’est une très bonne chose car il aurait été dommage de priver nos lecteurs d’un pareil retour d’expérience à cause des congés. Voici donc le compte-rendu de l’intervention d’Olivier Godart sur le Click & Collect chez Darty. Elle fait suite à la présentation de Régine Vanheems et celle de Nissan sur la DMP pour compléter un triptyque dédié au commerce cross-canal. J’ai agrémenté ce compte-rendu d’une interview réalisée en juillet avec une responsable marketing produits d’Adobe.

Darty inventeur du Click & Collect © et pionnier du Web to Store

Après une brève introduction par Christophe Marée, Directeur Marketing Cloud France et Régine Vanheems (que nos lecteurs connaissent bien maintenant), qui ont planté le décor de la cross canalité, nous sommes entrés de plain pied dans le sujet avec Olivier Godart Directeur du E-commerce Darty offline et online chez Darty. Celui-ci nous a confirmé que le consommateur avait pris le pouvoir, et j’en profite pour renvoyer mes lecteurs à l’article sur le client roi, qui leur fera découvrir, s’ils ne le savent pas déjà, que l’inventeur du commerce moderne n’est pas américain mais français, et qu’il avait déjà érigé ce principe en dogme. Plus tard, c’est lui, Aristide Boucicaut, qui fut copié par Selfridge, l’américain fondateur du célèbre magasin éponyme d’Oxford Street, créé sur le modèle du Bon Marché.

C’est aux sources de ce client soir qu’Olivier Godart nous a conviés, en nous faisant « découvrir le parcours client de façon pragmatique » pour reprendre ses mots.
30% des ventes de Darty.com en Click & Collect
30% des ventes de Darty.com en Click & Collect

Click &Collect : des innovations faciles à mettre en œuvre

Le site Darty.com a plus de 10 ans, le e-commerce n’est donc pas une nouveauté pour le géant de la distribution spécialisée. Mais « des améliorations sont possibles » nous dit Olivier Godart. Et parmi celles-là, «  il y a des choses faciles à mettre en œuvre ». Par exemple, « des clients nous ont demandé comment prendre rendez vous en magasin » nous a-t-il confié, ce sont des demandes qui peuvent êtres écoutées et trouver des solutions simples avec le digital. Car telle est la mission du responsable du e-commerce, faire en sorte que « le digital soit au service des magasins car il n’y a qu’un site web et [Darty possède] 250 magasins ».

Click & Collect : du Web to store au store to Web

Olivier Godart, gardien du temple du click & collect chez Darty
Olivier Godart, gardien du temple du Click & Collect chez Darty

L’équipe Web a aussi développé une solution pour que le parcours de visite de Darty.com s’adapte aux utilisateurs. La raison en est simple : « tout le monde ne met pas le même temps à choisir un produit » nous a dit Olivier Godart. Certains « mettent 90 jours à choisir un grille pains » nous a-t-il expliqué. Il fallait donc s’assurer que les préférences des acheteurs soient conservées plus longtemps afin de ne pas perdre un client. Une autre idée simple a consisté à connecter les listes d’envies (« wishlists ») avec le SI de l’entreprise et de permettre aux acheteurs de les partager avec les vendeurs. Darty est allé plus loin. L’équipe Web a décidé de connecter le système à l’envers : si les clients peuvent partager leurs listes d’envie avec les vendeurs, pourquoi ne pas faire l’inverse et laisser les vendeurs partager leurs listes avec les clients ? Encore une petite idée facile à réaliser qui permet de changer le rôle du vendeur en conseiller. Un concept de Store to Web en quelque sorte, qui permet encore à Darty d’innover et de décloisonner le Web qui sort ainsi de son ghetto digital pour se mettre au service des magasins et des clients. Pour cela « il faut donc écouter les clients, mais aussi les employés » nous explique Olivier Godart.

Avec le Click & Collect, le magasin est l’avenir du e-commerce

Que le magasin soit le futur du e-commerce n’est pas une nouveauté pour les lecteurs de Visionary Marketing. Darty est cependant allé au bout de ce concept. “Nous développons des solutions pour résoudre une équation importante : moins d’un tiers des informations qui sont sur le site sont disponibles en magasin et tous les produits ne sont pas disponibles non plus” car les surfaces des magasins ne sont pas suffisantes pour contenir tout l’inventaire en ligne. Le digital n’a pas de limites en termes de place, mais les magasins en ont. Par ailleurs, « il n’est pas possible de tester sur place tous les produits pour des raisons d’hygiène” explique Olivier Godart. Les robots de cuisine par exemple, ne peuvent être vraiment testés par les clients sur place, alors que sur le Web on peut aisément amener du contenu et de l’entraide (voir plus loin pour ce dernier point). C’est la limite du Web to Store, tout n’est pas possible partout, ni dans tous les magasins.

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Click & Collect : 50% des ventes de Darty.com (hors gros électroménager) was last modified: septembre 20th, 2016 by Yann Gourvennec

Design thinking et transformation digitale

Nous avons régulièrement abordé sur ce blog les difficultés rencontrées par les entreprises pour se transformer digitalement. Dans le cadre de nos missions, nous nous en rendons compte : chaque entreprise a son fonctionnement et ses contraintes et la digitalisation ne s’opère pas partout de la même façon. La remise en question est alors essentielle et la recherche d’une solution, quitte à s’éloigner des sentiers battus, est primordiale. Existe-t-il une méthodologie pour innover et trouver des solutions propres à la transformation digitale et aux problèmes qu’elle induit ? Oui, et elle n’est pas nouvelle : nous allons parler dans cet article de design thinking, sujet sur lequel nous avons également écrit un livre blanc, que vous pouvez télécharger en cliquant sur ce lien ou sur le bouton ci-dessous.

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Design thinking : définition et méthodologie

L’approche du design thinking a été inventée dès les années 60, suite aux travaux d’Herbert Simon sur le sujet. Ce concept n’a pourtant trouvé écho auprès des entreprises qu’au début des années 2000. La définition s’est affinée au fil des années et l’on s’accorde aujourd’hui sur celle de 2008 formulée par Tim Brown : « Le Design Thinking est une approche de l’innovation centrée sur l’humain qui s’appuie sur les outils du designer pour intégrer les besoins des individus, les possibilités de la technologie, et les conditions premières du succès commercial». Tim Brown a également créé une méthodologie du design thinking, présentée ci-dessous :

design thinking

Voici point par point la définition des différentes étapes :

Emphatise : Emphatise peut se traduire par « s’identifier ». Il s’agit de comprendre un problème, se placer dans la situation pour mieux saisir les enjeux. Empathie est un terme adéquat car il s’agit de se mettre à la place du client et de comprendre le contexte de l’intérieur. C’est donc un travail d’observation qui doit être effectué avec sérieux, car il s’agit du fondement du design thinking.

Define : Suite à la première étape, il va falloir définir une question sur la problématique rencontrée lors de la phase d’identification. Cette étape consiste à créer une vision commune dans l ‘entreprise, car chaque décideur d’une société a son propre point de vue sur un problème.

Ideate : Cette phase consiste à brainstormer, générer des idées. Attention, il ne s’agit pas de trouver une solution : on va au contraire proposer et explorer les champs des possibles, tout en gardant en tête les besoins du client lors de la génération d’idées.

Prototype : Après le processus d’idéation vient celui de la sélection. Les idées sont triées et les moins applicables/pertinentes sont exclues. Le prototypage (d’un produit, d’un service, d’un fonctionnement, etc.) va ensuite permettre de voir les premiers défauts, les premières modifications à faire, mais aussi les premiers résultats et pistes à développer.

Test : Cette étape est généralement fortement liée à la précédente. Elle permet d’étudier les réactions des clients et de générer des premiers résultats qui serviront à modifier le produit. Une nouvelle boucle recommence ainsi, parfois jusqu’à la première phase, jusqu’à ce que le produit/service soit finalisé.

Le design thinking s’applique à de nombreux cas, allant d’un produit, un service, un mode d’organisation, une amélioration, etc. Voici, pour apporter une vue plus concrète sur le design thinking, un exemple récent.

Airbnb sauvé de la faillite grâce au design thinking

Vu le succès que rencontre aujourd’hui la start-up californienne, on a du mal à croire que celle-ci a bien a failli fermer, peu de temps après sa création. Voici étape par étape comment elle a réussi à survivre et croître, grâce au design thinking.

Emphatise : Après quelques mois de service dans l’anonymat et un chiffre d’affaires de 200 dollars par mois, l’équipe s’est rendue à l’évidence : personne n’utilisait ce site. Le co-fondateur Joe Gebbia s’est donc efforcé de trouver le problème en se mettant dans la peau du client. Après de nombreuses recherches sur le site dans la ville de New-York, il a établi une constante dans toutes les annonces, qu’il a résumé très simplement : « the similarity is that the photos sucked ».

Define : Partant de ce constat, Joe Gebbia a défini le problème du site qu’il avait créé : les appartements étaient loués par des particuliers, et ces derniers n’avaient pas l’expertise des agences de location ou des hôtels en matière de présentation et de mise en valeur du bien loué. « Ce n’était pas surprenant que les clients ne réservent pas d’appartement s’il ne pouvaient pas vraiment voir ce qu’ils étaient censés payer ».

Ideate : Cette étape où l’équipe brainstorm a pour but de proposer des idées sortant de l’ordinaire, et allant parfois à l’encontre de certains principes intangibles. Pour cette jeune start-up, ce principe était celui de la scalabilité. « Nous avions cette mentalité de la Silicon Valley, où la résolution d’un problème doit être scalable. Vous pouvez changer une ligne de code et résoudre un problème pour un client, 10 000 ou 1 million ». L’idée trouvée par Gebbia a été finalement de réaliser lui-même des photos correctes des appartements loués dans la zone de New York.

Prototype and test : Joe Gebbia et ses associés ont donc pris le premier avion pour New-York et loué du matériel professionnel pour produire ces photos de qualité à leurs clients. Une solution non-scalable et non technique qui pourtant a été le point de départ de l’envolée d’AirBNB, la start-up augmentant immédiatement son chiffre d’affaires.

Cet épisode nous montre qu’une approche de design thinking permet de sortir des sentiers battus qui contraignent l’imagination et donc la résolution de problème. Ici le carcan dans lequel étaient contraints les associés d’AirBNB était la scalabilité et l’idée selon laquelle le code est la solution à tous les problèmes. Cette démarche de design thinking s’est depuis ancrée dans la société  pour résoudre des problèmes en se plaçant au plus près du consommateur, comme le montre cet article.

 

Comment se transformer digitalement grâce au design thinking ?

Le design thinking, nous l’avons vu précédemment, trouve des applications dans de multiples domaines. Chez Visionary Marketing, nous utilisons ce concept dans la transformation digitale de nos clients. Le processus de transformation digitale est long, coûteux et difficile à mettre en place, notamment à cause des changements qu’il entraîne. Il est donc impérieux de comprendre les enjeux de la transformation chez chaque client et trouver avec eux les solutions à concevoir, prototyper et mettre en place. Dans ce cas de figure, le design thinking trouve toute son utilité.

C’est cet aspect que nous abordons dans un livre blanc intitulé « Design thinking et transformation digitale », que vous pouvez télécharger en cliquant sur ce lien ou sur le bouton ci-dessous.

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Design thinking et transformation digitale was last modified: septembre 1st, 2016 by Cédric Jeanblanc

Entreprise digitale : quand les leaders s’inspirent des start-ups

La transformation digitale est depuis des années au coeur des préoccupations des entreprises. Nous avons régulièrement abordé ce sujet sur ce blog. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette transformation est un processus long et difficile à mettre en place, un sujet que nous avons documenté au travers d’un livre blanc dédié au sujet de cette entreprise digitale et intitulé « la face cachée de la transformation digitale« . Afin de se différencier par l’innovation et améliorer leur processus, certaines entreprises ont recours modèle des start-ups. Le but est de devenir une entreprise digitale, en phase avec une époque où le consommateur transforme radicalement ses habitudes de consommation. Cela concerne tous les secteurs, de manière différente, y-compris les entreprises du secteur industriel qui s’inspirent de l’apport technologique des start-ups pour révolutionner leur modèle de production. Pour nous en assurer nous nous sommes rendus chez SAP pour interviewer Arnaud Merlet, Directeur des Opérations France de SAP.  

Entreprise digitale : définition

Entreprise digitale : un enjeu d'investissement
58% des DSI prévoient une augmentation de la digitalisation

Selon Arnaud Merlet, une entreprise devient une « entreprise digitale lorsque celle-ci utilise la technologie pour réussir à changer son modèle économique« . Ce phénomène a pris une ampleur très importante ces dernières années. En effet, d’après une étude annuelle menée par Accenture en partenariat avec IT for Business auprès des DSI, les investissements numériques ont augmenté en France. Les DSI prévoient une augmentation des budgets dédiés à la digitalisation des processus de 58% en 2015.

Pendant des années, en Europe, les entreprises étaient dans une logique d’optimisation de processus :  « SAP fournissait des instructions qui leur permettaient d’automatiser, de simplifier et de standardiser leur processus. Aujourd’hui, les entreprises sont obligées d’innover pour se différencier, survivre et gagner des parts de marché », explique Arnaud Merlet, « et pour cela, la technologie est nécessaire ». Lire la suite

Entreprise digitale : quand les leaders s’inspirent des start-ups was last modified: juillet 21st, 2016 by Claire Sorel

Charte informatique : à quoi ça sert, et comment l’élaborer ?

egedian-charteL’utilisation massive des outils numériques au travail a rendu nécessaire l’élaboration d’une charte informatique encadrant les usages. Ce sujet abordé dans le blog d’Egedian (transparence : Egedian est notre client) traite d’un sujet qui prend de plus en plus importance. En effet, le BYOD (Bring Your Own Device), mais aussi le COPE (Corporate Owned Personally Enabled, usage personnel sur un matériel professionnel), ou encore le CYOD (Choose Your Own Device) ont complètement fait exploser les habitudes traditionnelles au travail : en amenant de la souplesse dans les pratiques, on augmente également le risque de voir des pratiques inadaptées de la part des collaborateurs de l’entreprise. La charte, en plus de délimiter les usages, est également un moyen pour l’entreprise de se protéger juridiquement en cas de dommages commis par un employé.

C’est pour cela que l’élaboration d’une charte est vivement recommandée, même si celle-ci n’est pas obligatoire (en dehors des entreprises collectant des données à caractère personnel). Cependant, l’entreprise ne peut élaborer une charte sans suivre certaines étapes que nous vous avons résumé simplement dans l’infographie ci-dessous : Lire la suite

Charte informatique : à quoi ça sert, et comment l’élaborer ? was last modified: juin 21st, 2016 by Cédric Jeanblanc