6/06/13

Dialogfeed révolutionne le Web avec les réseaux sociaux – en mode cloud ! (startup du mois)

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
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imageGérard Depardieu, reviens ! Les entrepreneurs belges s’intéressent à la France, c’est bon signe. Et ce n’est pas étonnant non plus. La France est un grand marché européen et  l’accueil fait à l’innovation y est meilleur qu’en Belgique selon Alexandre Vandermeersch qui vient d’installer dialogfeed en France. J’ai interviewé Alexandre fin Mai 2013 à Paris ; hors micro, il nous confiait : “quand je paie un employé belge, cela me coûte jusque 3 fois son salaire, il ne lui reste plus grand-chose dans la poche en fin de mois !” Voilà de quoi nous faire cesser de pleurnicher, et nous pourrions même nous réjouir de payer peu d’impôts … du moins en comparaison de certains pays ou certaines régions.

tv-smallEt la startup d’Alexandre, ce n’est pas n’importe quoi, elle est en effet sur un créneau hautement porteur qui est celui de la socialisation des sites Web. Révolution que mes lecteurs connaissent bien puisque je la prône depuis 3 ans, et l’ai pratiquée en entreprise pendant plus de 2 ans. Cette révolution est cruciale, et mène aussi à la fameuse TV connectée (alias 3ème écran) avec la décision de France 24 de choisir Dialogfeed le 4 juin 2013 pour son émission Le Débat. “Le démarrage s’est bien passé” nous a confié Alexandre et “la chaîne va monter en puissance prochainement avec un hub central pour le streaming et la curation sociale à l’antenne en studio et sur le Web”.

Concept très intéressant, ils sont déjà quelques uns, notamment aux US, à proposer la socialisation de sites Web clé-en-main, sans rien avoir à coder soi-même. Ceci est avantageux, car pour l’avoir vécu moi-même, la mise au point de l’intégration sociale dans les sites Web statiques requiert un savoir-faire technique important, et une capacité d’adaptation permanente. Il n’est donc pas idiot, et surtout il est plus économique et rapide, de recourir à un service en mode SaaS qui va permettre l’intégration sociale dans les pages html … sans rien coder.

Et cela, en prime, est accessible aux e-commerçants et aux blogueurs les plus petits, il n’y a pas de limite basse d’usage et la montée en charge est possible. Zoom sur Dialogfeed avec son Directeur Général :

Qui est Dialogfeed et pourquoi venir en France ?

Dialogfeed est une start-up belge, voire même franco-belge puisqu’elle vient d’installer son bureau à Paris. J’ai fondé dialogfeed il y a un an en l’incubant dans dialog solutions et ces deux sociétés sont en train d’être séparées afin de laisser voler dialogfeed de ses propres ailes.

Alexandre Vandermeersch de Dialogfeed pendant notre interview à Paris

Le marché français est beaucoup plus important que le marché belge, et il est aussi plus innovant, plus ouvert aux médias sociaux et à l’innovation, et au digital en général.

Notre philosophie est principalement de rendre les sites Web plus sociaux avec une intégration beaucoup forte des conversations sur les marques, pertinentes, sur les médias sociaux et les contenus sociaux ; tout cela intégré de manière intelligente sur le site de l’entreprise, qui est l’endroit où ils vont convertir et convaincre leurs clients.

Pourquoi la socialisation de sites Web est-elle importante ?

Nous sommes « programmés » pour interagir avec d’autres humains, et pour prendre des décisions en fonction de ce qu’on appelle les « signaux sociaux ». Vous allez rentrer dans un restaurant si vous voyez qu’il y a du monde, et pas dans celui d’à côté qui est vide. C’est exactement la même mécanique qu’on reproduit sur le site, en reprenant le flux des contenus sociaux et en l’associant avec des visages pour augmenter le taux d’engagement et diminuer le taux de rebond. Ceci permet de mieux convertir et convaincre les clients potentiels, via les critiques positives sur les produits, les catégories de produits, le SAV, les commentaires de Facebook sur la marque etc.

On inclut aujourd’hui Facebook, Twitter, YouTube, Google+, LinkedIn en B2B, les flux RSS pour inclure le contenu des blogs ou de Pinterest qu’on intègre aussi via le biais-là. Chaque semaine ou chaque mois, on intègre de nouveaux médias sociaux.

Les résultats sont très variables ; cela va jusqu’à 30 % de taux de transformation sur les produits qui incluent ces témoignages sociaux, voire même plus quand on inclut des flux sociaux sur les pages d’accueil qui manquaient de visibilité auparavant. On a permis d’aller jusqu’à multiplier les ventes de 5 à 6 fois pour un opérateur d’assistance routière par exemple.

À qui cela s’adresse-t-il ?

Cela s’adresse essentiellement aux sociétés déjà présentes dans les médias sociaux et qui ont un site Web important, qui veulent vraiment vendre en ligne ou au moins convaincre les utilisateurs d’acheter leurs produits en ligne. Aucun prérequis n’est nécessaire puisque cela peut s’intégrer en quelques minutes. Il faut juste un minimum de contenu social, pour pouvoir en tirer avantages.

Pour créer un compte, comment fait-on ?

Il faut contacter dialogfeed afin d’accéder à leur site ou leur envoyer un e-mail à Alexandre’@’dialogfeed.com. La société belge va mettre en place dans peu de temps un compte de test gratuit que tout le monde pourra utiliser.

Le modèle économique

Il est basé sur le nombre de pages vues via les widgets, ce qui permet de travailler avec des sites e-commerce qui font juste quelques milliers d’euros par mois, jusqu’à des sites qui font €100 millions par an ou plus, mais avec un prix adapté. Cela commence à partir de €0 du fait du modèle gratuit mis en place pour les blogueurs. Cela peut aller ensuite jusqu’à quelques milliers d’euros par mois pour les grands comptes.

Cas concret : Touring en Belgique

Touring a intégré son flux social sur sa page d’accueil, et on est en train de réfléchir à d’autres intégrations sur les pages produits et les pages pour convaincre. Le but est, quand on a une présence sociale assez développée, avec des vidéos sur YouTube, des pages Facebook, des tweets, et que le terrain Web est quand même limité, de pouvoir intégrer ce contenu de manière intelligente, tout en mettant en avant le contenu de valeur, de façon à ce que les visiteurs passifs, qui ont coûté cher à recruter, voient les choses les plus intéressantes en premier. Ces utilisateurs seront ensuite beaucoup plus enclins à cliquer sur des bannières produits classiques. Si vous ne mettez que des bannières et des contenus purement commerciaux, le visiteur aura tendance à se désintéresser du site.

Les blogs d’entreprise

Beaucoup de nos clients, comme Telenet, qui est le premier câblo-opérateur belge, ont créé leurs propres contenus et se sont aperçus qu’ils ont beaucoup plus de facilité à générer les communautés des commentaires sur les médias sociaux, sur Twitter, Facebook et YouTube, que sur leur propre blog. Donc nous allons chercher ces commentaires pour les réintégrer sur le site de manière à favoriser la visibilité de la communauté qui interagit, valide le contenu, et de manière à augmenter aussi le partage. Ce cercle vertueux qui se met en place quand on crée une communauté, est le centre de la valeur car il n’y a rien de pire qu’un blog d’entreprise qui parle dans le désert, avec aucun commentaire, et aucune visibilité sociale.

Qui est Alexandre Vandermeersch ?

Alexandre VandermeerschAlexandre Vandermeersch est directeur de dialogfeed et aussi de dialog solutions qui est la société mère, et il travaille dans cette société depuis 2009. Avant cela il a exercé le conseil chez McKinsey & Cie ; il est également titulaire d’un MBA et a une formation d’ingénieur informatique.

21/05/13

Retour de Yahoo! sur fond de guerre économique entre géants de la nouvelle économie

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
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Le week-end n’a pas été très favorable aux vacanciers de la Pentecôte, mais comme ceux-ci s’ennuyaient ferme, ils purent lire leur journal et s’apercevoir que Yahoo! était passé à l’offensive en proposant ed racheter Tumblr et en musclant, ce matin-même, Flickr. C’est le retour du Freemium. Accrochez-vos ceintures et comptez les milliards !

C’est officiel depuis ce matin. Si, comme moi (cf. mon compte ici), vous avez un compte Flickr, le service de partage de photos préféré des photographes, vous êtes un utilisateur heureux, et vous allez pouvoir ranger votre carte bancaire : Flickr passe au tout gratuit.

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Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiig data

Le changement est spectaculaire, car le stockage y devient quasiment illimité (soit environ 537,731 d’une résolution moyenne de 6.5 megapixels) : “les autres mesures en gigabytes, Flickr vous en donne 1000 fois plus. Un plein terrabyte. Gratuitement” tel est le message. Et moi qui venait de renouveler ma carte bancaire pour Flickr le mois dernier et pour Google Storage hier ! On peut s’attendre à des alignements de “prix” vers le bas.

Changement de cible

Il s’agit aussi et surtout d’un changement de cible : alors que Flickr se spécialisait, en se focalisant sur les photographes et les partages plutôt haut de gamme, il se prémunissait aussi, par un modèle payant des partages bas de gamme (photos mobiles, filtres préfabriqués Instagram) et les conséquences en trafic étaient prévisibles. On les voit nettement dans ce graphique (non certifié) de Alexa.com, qui indique et confirme la tendance. Elle n’est pas bonne.

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Yahoo! va donc recentrer son système de photos vers le mobile (la métrique est de 6.5 megapixels, un appareil haut de gamme, oscille entre 16 et 34 megapixels), et se détourner des amateurs de la photo qui risquent d’aller chercher un service plus stable … ou se contenter de Flickr mais en cessant de le payer ; car Yahoo! vous le propose : repassez au gratuit et la seule chose que vous perdez sont … les statistiques et les publicités.

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Retour de la nouvelle économie : “le chiffre d’affaires vaut-il 1 milliards €”

C’est le retour de la bonne vieille “nouvelle économie”, et des questions idoines. Quand Yahoo! propose de racheter Tumblr pour 1 milliard de $, la question fuse “une entreprise d’à peine 150 personnes qui fait peu ou pas de chiffre d’affaires vaut-elle aussi cher” demandait en substance un journaliste de France Info ce week-end.

Ce qu’il manquera toujours à Yahoo! cependant, c’est un véritable réseau social à la Google+ ou Facebook. Doit-on s’attendre à un nouveau rachat (les restes fumants de Myspace, juste relooké pour l’occasion ?) à coup de milliards ? ou à la création d’un nouveau (bâillement !) réseau social ? En tout cas, rassurez-vous et prémunissez-vous des analyses à l’emporte pièce, Yahoo! est encore très très riche, car il dispose encore de beaucoup de parts de Alibaba, le géant chinois du e-commerce, part évaluée par Forbes à l’équivalent de la capitalisation boursière de Yahoo! elle-même.

Yahoo! peut donc encore se permettre des erreurs et des achats à coups de milliards.

La guerre économique des géants

L’enjeu va bien au-delà des intérêts et des passions de collaboration des photographes amateurs qui ont pourtant fait l succès de Flickr (admirez le talent de photographes comme Mike Mike Milkshakes par exemple). Certes, les snobs de l’appareil photo – dont je fais probablement partie – iront probablement se réfugier sur Behance, le nouveau service ouvert par Adobe (voir ci-dessous).

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Behance.net, le nouveau bébé d’Adobe, futur refuge des amateurs de photos ?

Mais l’enjeu pour Yahoo! est ailleurs, il est de rester dans la course, voire de recommencer à la mener, course qui implique les 2 autres géants du Web : Google (avec Drive, que Google a fusionné avec Picasa et Google+), Facebook (et Instagram).

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Les “nouveaux” tarifs de Google Drive vont sans doute être revus à la baisse

Une fuite en avant … la Police suit de près

Tout ceci donne le goût d’une fuite en avant, à un moment où le Web social s’essouffle, mûrit et, logiquement, la bataille se déplace sur le prix, sans cesse plus bas du stockage en ligne ; on se demande même si on ne va pas vous donner de l’argent pour stocker vos données ! (peut-être une idée de start-up ? après tout, c’est l’utilisateur qui crée le contenu, pourquoi n’est-il pas rémunéré, et autrement que par les clopinettes habituelles, si c’est lui qui génère la valeur ?)

Il est encore tôt pour dire si ces gesticulations de Yahoo! seront suffisantes pour lui redonner sa position perdue de la fin des années 90, mise à mal par Google (que Yahoo! rappelons-le, a refusé d’acheter en son temps, cf. l’anecdote narrée par Scott Berkun dans son livre sur les mythes de l’innovation).

L’enjeu est plus que jamais sur les audiences, et l’inflation à la baisse pour les attirer n’a jamais été aussi incroyable. Mais tous ces sacrifices financiers mènent aussi à l’optimisation fiscale qui commence à irriter sérieusement les gouvernements, pas seulement français, comme ici au Royaume Uni, et c’est nouveau, même aux Etats Unis (en commençant par Apple).

à suivre …

27/04/13

Non ! Non ! Non ! Le Web social, n’est pas mort … Il s’est juste professionnalisé !

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a plus de 20 ans d'expérience en Marketing & Innovation. Il a créé le site http://visionarymarketing.com en 1996. Visionary Marketing est devenue une agence Marketing en 2014
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exclamation-largeSi vous avez besoin d’une preuve de la concordance des temps entre l’éclatement de la bulle (2000 et 2001-2002 en France) et la période actuelle, période de professionnalisation du Web, il suffit de vous replacer dans le débat au travers des échanges de blogs avec mes amis Grégory Pouy et Hervé Kabla. Échanges d’ailleurs fort courtois et amicaux, tout n’est donc pas mort dans la sphère des « bisounours » 2.0. Alors, qu’en est-il vraiment ? Revenons, comme toujours avec froideur et recul sur les événements et leur interprétation… Et voyons pourquoi je pense que la conclusion qui voudrait que le Web social est mort est fausse. Avec en prime, une vidéo interview de Marilyne Lacaze à l’issue de la conférence.

Un seul être vous manque…

Partons de ce constat qui peut nous rassembler : si Facebook a dépassé le milliard d’utilisateurs vers la mi 2012, il est vrai que l’audience du plus gros de nos réseaux sociaux stagne. Un bref regard à Social Bakers montre que l’audience du réseau de Monsieur Zuckerberg est en effet restée à environ 1 milliard d’utilisateurs. Cela doit sans doute être très grave. Certes, Google+ annonce des chiffres mirobolants, mais chacun sait, sauf à être vraiment de mauvaise foi, qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Les sources me disent même que les « rats » (les initiateurs du projet chez Google) auraient même déjà quitté ce navire. Facebook reste donc, qu’on le veuille ou non incontournable. Et si cela changeait ? Eh bien, nous passerions à l’outil suivant, cela ne serait pas la première fois.

[Facebook est-il devenu un désert ? …. hmmmm]

Revenons sur les notes de ce débat qui a eu lieu dans la première moitié d’avril au salon marketing direct, que j’ai animé comme tous les ans, et dont j’étais membre du comité de programme ; il s’intitulait « Facebook pour les marques, comment l’aborder ». Il regroupait un panel de qualité et les échanges étaient de très bon niveau, voire très techniques, signe, s’il en fallait, que la professionnalisation des médias sociaux est une réalité. Pour être tout à fait franc, je me demande même si la salle a vraiment tout compris tant c’était technique.

Voici les panélistes :

  • Marilyne Lacaze, directrice digitale du parc Astérix
  • Danielle Kindermans, Directeur des Opérations Digitales chez GRENADE & SPARKS
  • Laurent Michel, patron de Playapp
  • Benjamin Lemaire, responsable des médias sociaux de Gaumont Pathé

1. Le constat : on ne se pose plus la question

Premier tour de table : la question de savoir si on était présent sur Facebook ne se pose plus. Certes, il y a les « Loved brands » comme parc Astérix ou Gaumont Pathé qui sont un peu atypiques, mais Laurent Michel a aussi cité des clients comme la mutuelle des armées (UNEO) qui avait su aussi tirer parti du réseau. On passe donc à la question suivante…

Marilyne Lacaze à l’issue de la conférence

2. Professionnalisation

Marilyne, a déclaré à juste titre « c’est hallucinant qu’on ne parle que de Facebook » car elle préfère parler de CRM et de « lever les barrières à l’entrée » grâce aux médias sociaux. La démarche se professionnalise, la « course aux fans » que nous avons très tôt décriée, est finie. Ouf ! Attachez vos ceintures. Gaumont approuve la même stratégie de Parc Astérix, car leur métier est de « vendre des billets » et non pas d’accumuler les fans sur Facebook. D’ailleurs Benjamin Lemaire fait remarquer que 250 000 fans, « c’est ridicule, mais il faut bien commencer quelque part », en faisant référence à la proportion de fans par rapport au nombre de clients. L’objectif n’est donc pas d’essayer de faire concurrence au commerce, mais bien « d’amener les clients dans les cinémas à partir des médias sociaux », même si au départ on parle à une petite proportion de gens.

Laurent Michel a ajouté qu’on peut intégrer Facebook à plein d’endroits : le nombre de fans est un chiffre concret pour se comparer aux autres certes, mais la bataille de Facebook en ce moment est sur le flux d’actualités des utilisateurs et non pas sur les pages des marques. il y a donc « une nouvelle stratégie à repenser » selon lui.

Damien insiste également sur Facebook comme plateforme technique, via opengraph2. La principale fonction de Facebook se reporte sur son Facebook connect et son login, qui lui est comptabilisé avec les statistiques de Facebook. Ceci permet de rebondir sur ses audiences et de profiter de leur capacité sociale ; sans être obnubilé par sa page fan.

3. Facebook fatigue … mon œil !

Benjamin Lemaire nous a rappelé que « on a tous le souvenir de MySpace ». La même chose peut arriver donc à Facebook. « Notre métier n’est pas de faire des médias sociaux mais de vendre des billets » a-t-il rappelé à juste titre. Il y a donc des gens qui risquent de quitter Facebook… Mais les internautes continueront d’initier des discussions !

clip_image002Marilyne a fait également allusion au fameux rapport montré par Grégory sur les digital détox (Dagobert) en montrant facétieusement une bouteille de boisson de régime ; mais elle a expliqué que c’était un peu « comme une crise d’adolescence ». Dans cette crise, on peut moins manger, « Maisonneuve passait de manger ». Il faut donc « revenir aux fondamentaux et « se poser la question de savoir ce que veulent les gens ». Damien Kindermans a précisé que le Web communautaire a existé avant (c’est un ancien de multimania il y a 14 ans, il sait de quoi il parle) et il existera après. Intégrer le communautaire dans le service ou le produit, c’est baser sa stratégie sur ses clients.

Damien cependant fait remarquer que pour la première fois, on avait des fermetures de comptes, et même qu’il y avait une sorte de paranoïa sécuritaire, relayée par les médias ; dans un sens c’est plutôt bon cela permet de d’éviter les excès.

Laurent Michel a fait quand même remarquer que 1 milliard d’utilisateurs sur 2 milliards d’internautes est peut-être le signe que l’on avait atteint un plateau et que cela était normal. Facebook représente encore selon lui environ 40 % du temps sur les smartphones (chiffre comscore), et Facebook est rapidement devenu le premier acteur de la publicité mobile (meilleure régie sur ce canal). Dans l’avenir, il est difficile de savoir ce qu’ils vont faire. Quant à Google +, Laurent insiste sur le fait que ces 500 millions d’utilisateurs, sont souvent poussés par Gmail.

Un exemple concret, il cite les pages du PSG, avec 2.8 millions de fans sur Facebook et à peine 220 000 sur Google+. 15 000 like sur Facebook sur le même poste, génèrent environ 87+ sur Google +. Fin de la démonstration.

Marilyne Lacaze a enfoncé le clou en disant que Google+ c’était « quasi rien du tout », et qu’elle préférait se focaliser sur des outils comme tripadvisor par exemple, très important dans le domaine du tourisme.

La question de la Facebook fatigue n’a donc pas soulevé de débat parmi nos professionnels, la question ne semble pas être là

4. Le mass social media ?

J’ai voulu amener le panel sur cette question de savoir si on n’était pas passé du social média, micro ciblé éthique et responsable, au mass social media, publicitaire et intrusif.

Marilyne fait remarquer que cela rejoignait la fameuse question du ROI que nous nous posons depuis de nombreuses années, et qui commence à trouver de véritables réponses aujourd’hui. Cette question trouve sa réponse dans la vente, mais aussi la collecte de données (au travers des jeux) mais aussi au travers de techniques publicitaires sophistiquées comme le RTB (vente de bannières en temps réel aux enchères) et des formes innovantes de publicité sociale.

Elle a fait remarquer que c’était même le sujet sur lequel elle investissait de plus en plus. Une proportion non négligeable de leur budget Google qui passe dans les médias sociaux, c’est un risque, mais qu’elle assume car le retour sur investissement et les impacts sur les fréquentations des visiteurs sont bons. Le parc Astérix se lance donc courageusement sur toutes les nouvelles formes de publicité en faisant baisser les publicités à la performance et en diminuant la pression publicitaire sur les clients. L’objectif c’est de faire de la publicité sociale en se basant sur la préférence des amis.

Les autres participants ont également acquiescé sur ce point en confirmant l’importance de la publicité sur le social. Laurent Michel, qui a commencé sur Facebook en 2009 fait également remarquer que les tarifs de la publicité sociale avaient bien augmenté depuis lors. Si en 2009, pour arriver à 2000 fans, un budget de 1000 € en Facebook ads était suffisant, en 2013 le dispositif se doit d’être beaucoup plus complexe, avec 20 % de ce budget sur la production de jeux et 80 % sur le média en achat d’espaces, et un coût final à l’arrivée qui se rapproche de 1€ par fan (l’exemple donné a été un fabricant de pneus, mais j’étais arrivé à la même conclusion sur d’autres secteurs).

23/04/13

RP : les grandes tendances de l’influence (2/3) – « le communicant, un leader, pas un dealer » – @ppc #tfoi

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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
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eye-large_thumb1Suite de la série de 3 conférences dans les locaux de Publicis Consultants le 18/04 dont le sujet était le futur de l’influence, organisée à l’initiative de Stanislas Magniant de Publicis et de la société Traackr. Voici la deuxième présentation, celle de mon confrère et ami PPC (Pierre Philippe Cormeraie)

https://bitly.com/XSwxrM.qrcode

lire les 3 articles

PPC est patron de l’innovation dans une grande banque et a une autre vie, qui se passe en partie sur Youtube et sur son blog, la nuit. Il s’est demandé si les journalistes ne seraient pas comme les blogueurs et il sort même, en prime un classement des 30 journalistes les plus influents, qu’il remet à jour régulièrement. Pour ceux qui me trouvent hyper-actif, voilà de quoi les calmer.

imageComme si ce n’était pas assez, il est aussi avec Nicolas Bordas de TBWA, le cerveau derrière le compte Twitter @tweetbosses qui est aussi partenaire de la future conférence Media Aces sur “Les Bosses qui Tweetent et Ceux qui Tweetent Pas !” . [http://bit.ly/tfoivision pour rassembler les 3 parties]

Je suis influent … mais ça veut dire quoi ?!

B/W photographs of Malala Yousafzai, Jay Z, Li Na, Aamir Khan and Elon MuskJuste une mise au point : « je suis influent » a annoncé PPC en montrant son compte KRED (voir ci-dessus) mais il a nuancé « vous ne savez pas ce que ça veut dire … Moi non plus ! ». « J’ai aussi un ‘gros’ klout de 73 ! » A-t-il ajouté, facétieux. En fait, il nous a détrompé en nous disant que non! Il n’était pas influent, il était peut être un peu populaire (je nuancerais en disant qu’il est aussi trop modeste), car “une personne influente est capable de changer les choses”. Voir à droite, pour ceux qui ont un petit score sur “Kred” et beaucoup de “Street Cred” au sens originel anglais du terme.

Evernote Snapshot 20130418 193536

Pierre Philippe, comme à son habitude, a su poser les vrais débats de manière ludique et humoristique

PPC a posé la question aux journalistes dans une vidéo témoignage où il leur a demandé ce qu’ils pensaient de l’influence digitale :

les journalistes se sentent-ils influents ?

L’influence, c’est un peu comme les critiques de films de Telerama

Ce qu’il faut retenir c’est que les vrais influents sont hyper humbles, ils savent où ils en sont et savent nuancer cette influence pourtant réelle. Méfiez-vous donc des vantards qui se gonflent de cette pseudo influence et faites plutôt confiance aux gens modestes… comme PPC qui prétend qu’il n’est pas influent ; alors qu’il l’est. Dans un sens, l’influence, c’est un peu comme les critiques de films de Telerama. Vous les lisez pour croire l’inverse de ce qu’elles disent et n’allez voir les films que s’ils vous sont déconseillés !

Selon Pierre Philippe, les défis pour les communicants sont au nombre de 4 :

  • Il y a une nouvelle donne : pour se faire entendre, les marques crient, et les marques ont des indicateurs et elles « investissent du pognon » avec du GRP (Gross Rating Point : la mesure de l’impact publicitaire). Or, “les rendements des opérations traditionnelles baissent, mais plus ils sont faibles, plus les marques crient” ajoute PPC et le résultat est qu’il y a un rejet. Et la preuve c’est l’étude Nielsen d’avril 2012 (slide 34): 80% font confiance aux recommandations de leurs amis, seulement 22% font confiance aux publicités. Il faut donc « mettre la sourdine » a dit PPC ;
  • Le schéma simpliste, émetteur + message + cible ne vaut plus. La question est de savoir qui tient la relation ? Il n’y a plus de possesseur du message, il y a un mélange d’émetteurs et de récepteurs. La communication n’est plus « l’émetteur vers le récepteur, mais l’émetteur avec le récepteur« . La preuve c’est que tout le monde peut avoir un klout ;
  • L’enjeu du contenu : qu’est qui pousse un influenceur à reprendre votre histoire ? Il y a des CM qui lui proposent d’écrire des billets « pour ses propres concurrents ». Mais ce qui compte c’est le partage. Le buzz = le mobile x share. Mais ce qui va arriver en masse c’est le transmedia. “Buzz = mobile x share x transmedia va être la nouvelle équation” nous a confié PPC ;
  • Ne pas confondre l’aura et l’influence (voir ci-dessus)

Et le NPS (Net Promoter Score) dans tout cela … ?

Le NPS  = % promoteurs – % détracteurs >> « ceci devrait nous servir » nous a dit PPC, car les agences ne se rendent pas compte que certains influenceurs ne sont pas les bons ; il ne suffit pas d’être influenceur « il faut aussi savoir s’ils sont influenceurs ou détracteurs » ; c’est d’ailleurs ce que j’ai fait il y a déjà longtemps dans mon passé récent de directeur digital pendant de nombreuses années, y compris en mesurant le Net Promoter score dans les médias sociaux. Mesure assez floue d’ailleurs, dans nos domaines des médias sociaux.

Soyez fous ! et réinventez la communication

“Soyez fous !” a insisté PPC : “il faut du plaisir dans les relations et gardez les yeux émerveillés des enfants”.

En conclusion, c’est un métier, la communication, qui se réinvente tous les jours et c’est un superbe métier. Ce métier change et passe d’un « métier de dealer à un métier de leader ». On sait à quel point notre ami Pierre Philippe a le sens de la formule, et ce soir-là il s’était dépassé ! Mais de quelle conclusion plus belle pouvions-nous rêver en ces temps de mercantilisation à outrance des médias sociaux qui, j’y reviendrai bientôt, sont devenus les mass medias sociaux.

à suivre …

22/04/13

RP : les grandes tendances de l’influence (1/3) – #tfoi

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eye-largeJe me suis rendu à l’invitation de Traackr dans les locaux de Publicis Consultants le 18/04 en fin de soirée afin d’assister à une conférence sur le futur de l’influence, organisée à l’initiative de Stanislas Magniant de Publicis et de la société Traackr, éditeur d’une solution de mesure de l’influence. Il y avait 2 invités d’honneur à cette soirée, d’une part notre confrère et ami PPC (Pierre Philippe Cormeraie) et d’autre part, Pierre Loïc Assayag, co-fondateur de la société Traackr, co-organisateur de l’événement. Commençons notre compte-rendu en 3 parties, par l’introduction de Stanislas Magniant . [http://bit.ly/tfoivision pour rassembler les 3 parties]

https://bitly.com/XSwxrM.qrcode

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“Cette présentation ne sera pas un cours d’influence” a d’emblée averti Stanislas. Modestie tout à son honneur, ce qui ne l’a pas empêché de nous livrer un joli panorama et quelques pépites quant à l’évolution des relations avec les “influenceurs”.

Les marques n’arrivaient pas à travailler avec les forums

“Il y a eu une période où il y avait la révolution, la période Le Meur, où il fallait faire tout avec les blogueurs” a-t-il poursuivi. Tout cela avait l’air terriblemen sophistiqué, et puis finalment, “on s’est aperçu que c’est assez standard”. Le Web collaboratif n’était pas vraiment nouveau “mais les marques n’arrivaient pas a travailler avec les forums” a dit Stanislas. “On ne peut pas inviter un forum mais on peut inviter un blogueur”, c’est cela qui, au début, a changé la donne et a fait entrer le monde du contenu généré par l’utilisateur dans celui, plus BCBG, des RP.

stanislas

[Stanislas Magniant , didactique sans être magistral]

Le “command center c’est un peu Star Trek”

“Il y a un nouveau saut qualitatif et toutes les marques aujourd’hui veulent leur ‘command center’** ; on est très loin de la grille Excel et on est passés à Star Trek !” Ce ne sont plus quelques blogueurs qui peuvent être influenceurs a dit Stan, et “aujourd’hui tout le monde peut être un influenceur, même s’il n’a jamais écrit un billet de blog”.

Le côté vicieux de l’influence

Or, si les marques se sont équipées pour tout écouter, maintenant on est sur le temps réel (un mouvement que j’ai personnellement anticipé il y a déjà plusieurs années, en privilégiant travail actif vs. veille passive) et comme les consommateurs savent qu’on est en temps réel, ils savent qu’ils peuvent avoir des réponses plus rapides et ils jouent de ça. “Aux États Unis il y a des consommateurs qui monnaient leur influence sur trip Advisor et Trip Advisor c’est la quintessence du côté vicieux de l’influence”.

** le command center est une offre de veille permanente du Web social proposée par Salesforce.com

Le Cluetrain Manifesto … et il y a encore des marketers qui le découvrent … soupirs !

Stanislas a rappelé le cluetrain manifesto et le commandement no. 83 qui dit que « nous voulons être pris au sérieux comme un journaliste du wall street journal » et “cela pose sacrément des problèmes” a-t-il complété.

Si nous sommes devenus tous des influenceurs (on ne rentre pas dans les débats théoriques surtout sur le nombre de followers et de Malcom Gladwell), chez Publicis “on sait que créer un statut d’influenceur et le maintenir ce n’est pas un petit boulot et cela prend énormément de temps » a rappelé Stanislas donc en fait ce n’est pas aussi simple d’être un influenceur … Et de le rester.

Votre  serviteur pourrait vous en écrire un roman, qui écrit sur Internet depuis … 1996 ! D’ailleurs, avec Hervé Kabla, nous sommes en train de l’écrire et même de finir de l’écrire ce roman (http://amonboss.com)

Des logiques d’essaims … et des journalistes … toujours là !

Mais … Il y a de plus en plus de logiques d’essaims où les influenceurs se regroupent autour d’un hashtag et c’est le groupe qui devient influenceur, pas les individus. Et cela peut avoir un impact sur les marques à dit Stanislas. Bloomberg, par exemple, prend les flux twitter depuis quelques jours et “cela apparaît maintenant sur les terminaux Bloomberg et ce n’est pas neutre maintenant d’avoir des tweets sur ces écrans” a précisé Stanisla. C’est une période un peu dure pour les blogs mais les blogs qui restent sont ceux qui se sont inscrits dans la durée… Et tout cela s’est professionnalisé. Nous pouvons en effet confirmer cela, et en profiter pour remercier les lecteurs fidèles de Visionarymarketing.com

Ce qu’on oublie toujours a conclu Stanislas, c’est que les plus gros influenceurs restent les journalistes. 

à suivre …