04/15/14

Promotion sociale par le numérique : il n’y a pas de fatalité

Il y a à peine une semaine, Le Monde titrait sur une génération perdue : environ un quart de la jeunesse française de moins de 25 ans serait irrémédiablement “condamnée” au chômage (le chiffre exact est de 22%). Quelque part, en lisant le titre de mon journal préféré, il m’est venu immédiatement à l’esprit que 78% de cette même population de moins de 25 ans avait donc un emploi (j’ai lu aussi que 80% des 22% n’auraient pas le Bac). Mettons cela sur le compte de l’optimisme, et une désagréable capacité à regarder le verre à moitié plein là où on aime le contempler à moitié vide.

Le numérique mène à tout, y-compris à sortir des start-ups

numériqueFort heureusement, cet enthousiasme, cette volonté d’aller de l’avant, on la rencontre aussi autour de soi, et notamment au travers de l’association nos quartiers ont des talents à laquelle je participe depuis quelques années, même si ma contribution reste modeste. Alors, quelle ne fut pas mon plaisir de voir l’article ci-dessous, ou une de mes anciennes filleules, Aurore lanchart décrit son parcours et comment elle a appris à « une jamais douté de soi ».

Il n’y a pas de fatalité ; nous sommes acteurs de notre propre changement. J’ai d’ailleurs moi-même montré l’exemple il y a quelques mois en sortant de la grande entreprise et de son “confort”, pour fonder la mienne et entreprendre à un âge où mes collègues de bureau, avec lesquels je discutais il y a encore peu de temps, attendent la retraite ou la préretraite.

 [photo antimuseum.com]

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09/12/13

communication digitale : a-t-on vraiment besoin d’experts ?

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C’est le coup de gueule du matin … il en faut bien un de temps en temps

La sélection du jour, est cet article de Jasmine Sandler sur Search engine Watch qui se propose de dresser une liste des points qui vous permettent de déceler les vrais experts des faux dans le domaine du social media. D’une part, j’ai envie d’élargir le sujet de façon à englober la communication digitale dans son ensemble (on pourrait prendre aussi d’autres sujets), d’autre part, je voudrais aussi remonter d’un cran et me reposer la question de savoir si l’expertise a réellement une importance.

Expertise a-t-elle de l’importance ?

La question paraît anodine et pourtant, elle est plus profonde qu’il y paraît. D’une part nous vivons dans un monde où les experts sont omniprésents, afin de décoder des mondes excessivement complexes où le vulgum pecus a perdu pied du fait du foisonnement d’informations et de données contradictoires, et que tout bêtement, il a besoin de se repérer. D’autre part, à l’opposé de ce spectre, il y a le rejet de l’expert, relayé à l’envi par tous les sondages opinion, car il est catalyseur des ressentiments, soit par excès d’arrogance, affichage de fausses certitudes, ou tout bêtement car l’expert, par son travail, par son savoir, par le fait qu’il a approfondi un sujet, se situe au-dessus de la masse, ce qui tend à le rendre antipathique, que cela soit fondé ou non.

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l’expert est souvent challengé sur des détails par des gens qui sont incapables de les comprendre, mais qui insistent néanmoins à les connaître … sans les maîtriser. C’est un problème cornélien, celui de tous les formateurs qui tentent d’éduquer, en sachant que l’on ne peut jamais convaincre tout le  monde !

Ce phénomène de l’expertise, que l’on trouve dans le grand public et donc, on le retrouve également dans le domaine du digital. Le responsable digital, est un animal bizarre qui maîtrise un vocabulaire hypothétique et la plupart du temps parsemé d’anglicismes, qui décrit un monde faussement « virtuel » et qui déstabilise son auditoire ; qui plus est, il/elle réfléchit à la vitesse de l’Internet (7 ans = 1 an) ce qui a encore plus tendance à horripiler les gens autour de lui/elle, plus habitués à prendre 1 an pour ne pas décider (après tout, la moitié des problèmes se règlent d’eux-mêmes selon l’adage bien connu).

L‘expertise ne serait-elle pas la boule puante du digital ?

Alors, à chaque nomination d’un directeur digital qui n’y connaît goutte, dont le profil LinkedIn (sic ! Je ne citerai pas le nom) affiche fièrement 0 (zéro !) connexion, qui n’a jamais écrit sur Internet, jamais travaillé avec Internet, et qui probablement n’y passe pas beaucoup de temps non plus ni pour lire ni s’instruire, la même question surgit : l’expertise ne serait-elle pas la boule puante du digital ? Après tout, ne vaudrait-il pas mieux un manager absolument ignorant de tout, mais parfaitement à l’aise avec le niveau du dessus, de façon à ne blesser personne, et surtout, de ne jamais s’expliquer des choses trop compliquées, qui risqueraient de nous emmener trop loin …

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dessin par toonpool

Procédons par analogie

Les tentatives d’explication rationnelles dans ce domaine hélas, échouent souvent. Alors, j’ai envie d’utiliser une analogie, que je nomme l’analogie du chirurgien. Admettons que vous ayez un enfant unique, qui soit l’être le plus cher de votre vie. Celui-ci devant se faire opérer, confieriez-vous sa vie, celle de cet être le plus cher, à un chirurgien, comme celui représenté dans l’image ci-dessus, dont les connaissances sont nulles.

Alors, pourquoi le « geste technique » pour reprendre l’expression utilisée par Stéphane Jaubert de CGI dans une conférence à laquelle j’ai assisté il y a quelque temps, n’a rien d’anormal, voire est parfaitement valorisé, dans des domaines comme la finance, la fusion acquisition, la comptabilité, le Consulting, le marketing, la gestion, l’industrie, le manufacturing … et serait un élément de repoussoir dans une des disciplines les plus techniques et technologiques qui soit, le mélange le plus élaboré et subtil de sociologie, d’organisation, de management, et de marketing ?

Et pourquoi confieriez-vous ce qu’il y a plus cher dans votre entreprise à un débutant, à savoir son futur, car le digital est bien le futur de votre entreprise, qu’il passe par les modèles hybrides de commerce en ligne et physique, génération de leads, de communication digitale, de Social média etc. ; un quidam qui ne sait même pas ce que c’est, mais qui est capable de reproduire les beaux discours appris dans les journaux …

La lecture du jour

http://i2.wp.com/visionary.files.wordpress.com/2013/09/25822-leo-ferre-peint-par-jean-pierre-blanchard.jpg?w=540Si je ne vous ai pas encore convaincu, je vous incite donc à lire l’article de Jasmine Sandler qui vous donnera les moyens de repérer les faussaires, qui vous rassureront peut-être, mais vous emmèneront dans le mur, et ce, dans des domaines encore bien plus importants que ceux des médias sociaux. Il vous restera à adapter cette liste de contrôle pour aller un peu plus loin. Mais force est de constater, qu’encore une fois, la maturité des entreprises aux États-Unis permet ce genre de discours, et que sauf dans le beau pays de Descartes (où si j’en crois Léo Ferré « les conneries se fouttent en cartes ») on considère toujours, celui qui a appris et qui sait comme un prétentieux.

Bonne lecture …

12 Questions to Separate Social Media Experts From Pretenders – Search Engine Watch (#SEW)

Social media takes time. Lots of time. But it has the potential to really build your business and brand.

If your waking hours are needed elsewhere and you don’t have a team member to take over, you should consider using a freelance resource. That may sound like an easy decision, but finding a competent resource is a real challenge.

Many people talk the talk, but very few walk the walk. Alas, the world is full of fast-talking people who know enough buzzwords to convince you to hire them as « social media experts. »

Here are 12 questions I now ask of anyone – whether it’s a potential full-time employee or consultant – who claims social media expertise and proposes to help with social media.

Take this list seriously, because paying someone who does nothing for you is worse than doing nothing in the first place.

via 12 Questions to Separate Socialedia Experts From Pretenders – Search Engine Watch (#SEW).

07/11/13

Métiers du digital : « les réseaux sociaux ont changé la donne » par Jacques Froissant (Altaïde)

tablet-largeIl y a 15 jours, je me rendais à la soirée blogueurs dite “Social drink up” de Adobe dans les superbes locaux de la maison du Danemark sur les Champs Elysées. La premère présentation fut celle de notre ami Jacques Froissant d’Altaïde qui nous a dressé un portrait particulièrement intéressant et éclairant en ces temps de crise de l’emploi, des nouveaux métiers du digital

Voici mes notes, prises en cours de réunion, sur ma précieuse tablette (et d’autant plus précieuse qu’elle me fut volée quelques jours plus tard). Grâce à Evernote, et au cloud computing, les voici sauvegardées, ressuscitées et commentées :

Les nouveaux métiers du digital en 2013

Jacques a “fait une étude quali en début d’année.  Il est dans les métier du recrutement depuis 20 ans et travaille avec les clients sur le digital depuis que sa société existe. ALTAIDE a été créée en 2008 et est spécialisée sûr les métiers du digital.

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Photo : Jacques Froissant lors de sa présentation à la soirée Adobe

Les facteurs de changement principaux, issus de cette étude, ont été décrits comme suit par Jacques Froissant :

  • Facteurs technologiques : accélération des technos ; il est possible de monter un site e-commerce très rapidement avec très peu de monde. Des standards sont en train de se dégager ;
  • Les réseaux sociaux ont changé la donne
  • Il y a aussi des facteurs sociétaux même si Jacques n’aime pas parler de génération Y. Le mélange de vie perso et pro est partout et il y a une volonté d’avoir un équilibre de vie plus important. On trouve partout cette Culture du web avec partage de l’instantané et on apprend beaucoup par le partage ;
  • Les cycles sont courts dans le digital et i ly a beaucoup de projets jetables; un projet à moyen terme c’est 18 mois “car penser à 10 ans comme avant ce n’est plus possible”. En conclusion, “les visions sont assez court-termistes” ;

Quelles conséquences sur les métiers du digital ? C’est là qu’on apprend le plus de choses, notamment sur la spécialisation de ces métiers, avec une hyper segmentation très pointue. Pas étonnant que les recruteurs “standard” et les DRH soient complètement perdus et aient tendance à se rassurer avec des choses connues – et donc des choix souvent assez approximatifs. A leur décharge, cet environnement devient de plus en plus difficile à lire pour les néophytes, d’où les cabinets spécialisés comme celui de Jacques. Voici les tendances :

  • Fort développement des freelances et des indépendants même dans des périodes où c’est difficile comme en ce moment, les freelances sont accrochés à ce statut car ils y trouvent aussi un équilibre de vie et une indépendance forte ;
  • Spécialisation forte des fonctions marketing digital (il n’y a plus besoin de généralistes) “On ne peut plus être directeur digital si on ne s’intéresse pas à la techno” a ajouté Jacques. “Car sinon, on ne pourra pas être à l’écoute des innovations. Il faut un vernis techno. Et notamment bien connaître les réseaux sociaux et savoir ce qu’on y fait”
  • Le contenu est et reste le roi, les évolutions récentes de Google ne font que renforcer ces points ;
  • Les sites ecommerce sont de plus en plus drivés par les data et le « data analyst » est la future star. C’est l’avènement du “big data” dont nous parlons souvent sur ce site pour en décrypter les tendances et le vrai du faux ;
  • “Il y a pénurie de postes experts dans les domaines : technos (java, php, .net, mobile) et spécialistes (SEO, SEM, data analysts, social, CRM…)”. Cette pénurie est durable et il est difficile de recruter ;
  • Il manque 50.000 environ développeurs en France ! “Si on les avait on pourrait tous les embaucher” a ajouté Jacques. “Il faudrait 59 écoles de Xavier Niel car le marché est de plus en plus demandeur” précise-t-il ;
  • La proximité de l’équipe technique et du marketing est indispensable donc les technos ne peuvent être à l’autre bout du monde, c’est bon signe pour ceux qui craignent la disparition de ces métiers et leur départ en Inde.

Quelles sont les fonctions digitales de demain ?

  • Le marketing de l’innovation (toutes les fonctions d’innovation) est au premier rang, ce qui va réjouir les lecteurs de Marketing & Innovation ;
  • La gestion de la marque : on l’a toujours fait mais cela change aujourd’hui et il y a des postes qui se développent autour de cette fonction qui prend de plus en plus d’importance ;
  • Le Story telling de contenu qui fait l’objet d’un développement par Olivier Cimelière dans notre futur ouvrage La communication digitale expliquée à mon boss

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  • Les fonctions de Marketing relationnel : gestion de l’expérience client (ergonomie), social marketing, CRM fidélisation, digitalisation des points de vente … encore des sujets phares de ce blog, décidément, si vus cherchez un boulot, vous savez à quelle lettre d’infos il faut s’abonner ;
  • Buzz management (bon et mauvais) : l’essor des buzz et leur importance, en positif et en négatif, font qu’ en tant que manager on se doit de prendre en compte plusieurs phénomènes :
  • Les profils digitaux sont des passionnés et il faut parler d’agilité intellectuelle. Un manager aujourd’hui doit être capable d’orchestrer et embrasser de plus de métiers différents et devenir des veilleurs ;
  • Tous entrepreneurs : “si l’on n’est pas proactif on recule très vite”. Il faut donc de l’audace et de la créativité. La culture web est la culture de la version bêta. On sort d’une culture industrielle et on rentre dans une culture du test permanent.
  • Être curieux
  • Gérer l’incertitude et apprendre à faire et défaire … Et gérer les frustrations si le contexte a changé.

Que faut-il retenir ?

En résumé, nous dit Jacques, “la passion est importante”

  • Comment recruter digital ?
  • Les outils ont énormément évolué. L’approche recrutement d’Altaide est très proche du contenu digital (contenus, médias sociaux …)  ;
  • Les RH doivent aussi se transformer. Il faut devenir Community manager / recruteur  ;
  • La responsabilité du recrutement est aussi remise dans les mains des cadres. Il n’y a pas mieux qu’un directeur digital pour trouver un autre directeur digital ;
  • Il faut aussi rentrer dans une démarche d’auto-apprentissage ;
  • Présentation sur slideshare (voir ci-dessus) : il y a aussi des métiers qui vont disparaître (page 12/34 : “Leviers marketig externes (street,licences, …) Mécénat/Charity management) voilà des sujets qui mériteraient d’être creusés … ;
  • “Les RH dont démunis car ils  ne connaissent pas les profils et ils ont du mal à définir les fiches de postes sur les métiers qu’ils ne connaissent pas. Ils ont du mal à suivre les impacts et sont ignorants de ces métiers là”. C’est pour cela que ce sont souvent les opérationnels qui recommandent ALTAIDE car les DRH ne connaissent pas le processus de recrutement et les critères d’évaluation de ces métiers. Il n’y a pas de filières de formation même si certaines se mettent en place. Et il y a des choses surprenantes comme “des gens de 22 ans et qui ont huit ans d’expérience en référencement” nous explique Jacques.

En conclusion, c’est à une transformation radicale du paysage du recrutement que nous assistons, ausis bien du côté du marché que des RH, avec des impacts prévisibles à très court terme sur les formations et notamment les spécialisations en MBA sur le digital que nous voyons fleurir ici et là, comme à Mines Paristech, et à ESG, nous aurons bientôt l’occassion d’en reparler.

10/18/12

point de vue :  » le Amazon du recrutement n’a pas éclos ! « 

eye-largePour les « experts des médias sociaux », en matière de recrutement, la messe est dite depuis longtemps. Les médias sociaux et en particulier LinkedIn, et dans un registre différent Viadeo, ont réglé le marché selon eux; Si on veut bien les croire, il ne faut pas chercher très loin où les recrutements sont et seront faits demain, même dans la vieille France conservatrice. Mais qu’en est-il des professionnels du recrutement ? Sont-ils d’accord avec cette prédiction ? Dans cet essai à contre-courant, j’ai donné la parole à Olivier Jaskulke, directeur du sourcing à la RH du groupe Orange (donc un collègue). Force est de constater que s’il en est un qui est en désaccord avec les experts suscités, c’est bien Olivier. Témoignage :

[l’heure du e-recrutement intégré n’aurait pas encore sonné… à voir !]

Par Olivier Jaskulke

Le monde numérique a largement bouleversé le recrutement et plus particulièrement la recherche et l’identification des candidatures. Toutefois, beaucoup d’innovations, même en 2012, consistent en de nouvelles offres avec un positionnement marketing différent (toucher telle cible, avec telle promesse etc).

Certaines promesses s’enrichissent avec des possibilités d’échanges, de lien avec son réseau (Apec et Aden) de diffusion partagée (Réseaux sociaux pro notamment), jouant sur la promesse de démultiplication, la fameuse viralité. Mais, en gros, on reste dans les variations d’un même thème, celui de la publication gérée par des sites se faisant une concurrence classique.

Le monde du recrutement n’a pas encore vu éclore de façon claire d’offre réellement disruptive, s’appuyant sur la spécificité du web, à l’instar de ce qu’a réalisé, par exemple, amazon sur le marché de la vente d’objets au grand public.

En d’autres termes, il n’y pas de plateforme de recrutement qui agrège des ressources extérieures. Pas d’offre réellement ouverte captant la valeur créée par la multitude, pour reprendre les termes d’un essai brillant paru récemment.

On imagine pourtant assez bien un acteur disposant d’une masse critique migrant vers une architecture ouverte, via une vaste gamme d’API, et permettant d’agréger des offres très diverses et le trafic correspondant.

Rassembler des offres de type régionalisation, rapprochement profils postes, moteurs sémantiques sur des offres de job aux dénominations proches ou sur des localisations voisines, offres de cooptation, création de viviers, analyses de profils ou d’audience, viralité sous toutes ses formes, focalisation sur un segment particulier, lien avec l’enseignement, etc.

L’enjeu est tout simplement de pouvoir ramasser l’ensemble du marché, en cassant la logique actuelle de silos (Sites Aden, Monster, Régionsjob, Apec etc en concurrence frontale). Une telle plateforme pourrait devenir un capteur d’un grand nombre de candidatures et d’offres, de signaux faibles qualifiant des profils, mais aussi et surtout de l’intelligence et de la créativité d’entrepreneurs aujourd’hui isolés et concurrents.

La contrepartie est double : arriver à élaborer une offre audacieuse et cohérente d’une part, mais surtout partager des revenus d’autre part.

La logique est plus compliquée que dans le cas d’Amazon, où les clients finaux paient pour un objet. Personne – ou presque – ne paie pour répondre à une annonce. En revanche, ce sont les sites, captant l’argent des annonceurs, qui seraient ainsi embarqués dans une logique de partage de revenus.

En discutant de ce scénario, on m’a objecté que certains profils seraient ainsi sur-sollicités. Mais pas plus qu’aujourd’hui. Et est-ce vraiment l’objection ?

Alors, qui dégainera le premier ?

08/29/12

15 astuces pour rester maître de sa boîte e-mail (2/2)

Suite de mon article sur l’usage du courrier électronique. Pour rassembler les deux parties taper http://bit.ly/15conseilsmail

  • 10 : n’utilisez jamais la messagerie électronique pour stocker des fichiers. Pour cela, utilisez plutôt les wikis ou des espaces SharePoint, Google Docs, skydrive, dropbox ou n’importe quel outil de ce genre. J’ai rencontré une fois un exemple où un petit malin dans une entreprise utilisait la messagerie électronique pour stocker les factures des clients ; le jour de son départ en retraite, la base de données des factures clients a disparu avec lui !

photo cc Yann Gourvennec – http://antimuseum.wordpress.com

  • 11 : très important : ne jamais utiliser la messagerie électronique pour organiser un rendez-vous (sauf à utiliser une invitation de calendrier). Préférez doodle (http://doodle.com) qui vous permettra de proposer les différentes dates à vos interlocuteurs, qui verront ainsi directement leurs disponibilités et celles des autres. Dès que je reçois une proposition de rendez-vous par e-mail, soit j’attends que les organisateurs s’épuisent en messages croisés après avoir supprimé toute communication parasite, soit, si cela est important, j’appelle l’organisateur directement par téléphone. Le temps gagné est inestimable. J’ai vu des exemples où je pouvais organiser un rendez-vous au niveau PDG en moins d’une journée, alors que d’autres de mes camarades qui utilisaient la messagerie électronique mettaient plusieurs mois avant d’en organiser 1 au niveau n-3 ou 4 (et même échouaient souvent …) ;
  • 12 : rédiger des contrats à plusieurs, ou réaliser des tâches complexes qui impliquent plusieurs participants n’est absolument pas compatible avec la messagerie électronique. Au contraire, utiliser la Web conférence (je recommande WebEx) qui depuis 10 ans s’est imposée comme l’outil idéal pour ce genre de tâches ;
  • 13 : envoyer des fichiers attachés est, sauf exception, une mauvaise pratique. Utiliser de préférence soit votre référentiel interne, soit des outils de partage de fichiers comme skydrive ou dropbox. Pour les très gros fichiers, vous pouvez également utiliser des outils comme yousendit.com.
  • 14 : évitez les questions ouvertes et complexes par mail et par écrit. Utiliser d’abord la messagerie instantanée ou le téléphone. Le mail sert essentiellement à confirmer par écrit un accord ou le résultat d’une négociation et on ne négocie pas par écrit ;
  • 15 : garder tous les mails personnels dans une boîte séparée (de préférence en ligne sur Yahoo ou Gmail (ce n’est pas seulement une question d’efficacité, mais aussi de protection de votre vie privée). Évitez d’ailleurs d’utiliser votre messagerie professionnelle pour tout message personnel.

privilégiez partage et communication directe

Rappelez-vous sans faille l’utilisation des outils collaboratifs (anciennement appelé Web 2.0) et des technologies synchrones (téléphone, messagerie instantanée, SMS etc.) à chaque fois que vous recherchez la transparence et l’interaction, ou que vous avez besoin d’une réponse à une question complexe.

Enfin, et surtout, n’envoyez jamais de mail à une personne que vous pourriez voir directement au bout du couloir ou à côté de de votre bureau, la communication directe et personnelle est tellement plus agréable et efficace !

La messagerie électronique peut être un outil utile, mais mal utilisée, son impact sur la productivité peut-être dévastateur.