En Sportswear, le designer crée-t-il la tendance ou est-ce l’inverse ?

Nous parlons aujourd’hui d’un sujet que nous n’abordons que très rarement sur notre blog : la mode. Pourtant, c’est un domaine où le marketeur occupe une place centrale aux côtés des designers et des créateurs de tendances. C’est à l’occasion de notre travail pour SFD Atelier (propriétaire de la marque New York Yankees Footwear*) que nous avons pu interviewer Sophie Coadic, Brand Manager chez Sport Finance. En France, New York Yankees est une marque à part entière, mais outre atlantique, il s’agit en premier lieu du logo du club mythique de baseball de New York. Si cette marque a pris une telle dimension, c’est notamment grâce aux artistes du milieu du hip hop qui se sont emparés du logo et l’ont exporté outre atlantique au travers de leurs clips, leurs concerts etc. Cela explique pourquoi la marque est si appréciée dans des pays où la majorité des personnes connaissant la marque New York Yankees n’ont jamais vu de match de baseball. New York Yannkees est ainsi passé des stades de sport aux clips de rap, et l’enjeu des designers n’est plus de faire un un vêtement adapté au sport, mais dans la « tendance » du moment, du « Sportswear », qui plaise à la fois aux fans de hip hop et aux hipsters (plus exigeants et plus pointus).

*Transparence : SFD Atelier est notre client ; cet article a été traité comme un de nos sujets marketing habituels

La fabuleuse histoire du Sportswear avec Sophie Coadic de SFD Atelier

New York Yankees est une marque emblématique aux États-Unis, quelle est l’histoire de cette marque de Sportswear ?

Cette histoire remonte aux années 1920 : un chapeautier présent dans les quartiers de New York a décidé de devenir fournisseur des équipes de baseball de l’époque. C’est à partir de ce moment qu’est né le rôle de fournisseur sportif auprès des grands clubs de sport, puis des universités, et du grand public. La marque New York Yankees est ensuite passé du stade vers la rue, grâce à ce chapeautier qui s’appelle désormais New Era (fabricant de casquettes), grâce également aux vêtements dans les années 60 (avec la marque majestic athletic), dans les films (Grease, le Prince de Bel Air), et par des musiciens comme Jay-Z. Tous ces acteurs ont fait que le logo New York Yankees est aujourd’hui une marque de Sportswear renommée.

Sportswear - NYY Footwear avec SFD Atelier
D’abord portés dans les stades, certains logos de club sont devenus de véritables marques à part entière, notamment outre-atlantique.

Aux États-Unis, l’essentiel de l’utilisation de la marque New York Yankees est ce que vous appelez le fan wear.

En France, on peut comparer cela par « porter son T-shirt du PSG ou de l’OM ». Aux États-Unis, on peut aller dans les grands centres commerciaux et acheter son T-shirt à l’effigie de New York Yankees, car c’est l’équpe que l’on supporte. Il y a un côté mode, (par exemple Jessica Alba qui porte son T-shirt LA Dodgers) mais aux Etats-Unis, on considère cela comme du fan wear.

En France personne ne connaît de joueurs de baseball ou de football américain. Ce sont avant tout des produits de mode. C’est pour cela que New York Yankees Footwear une marque de chaussures de mode, que ce soit en Europe ou à Dubaï, alors qu’aux États-Unis cela reste avant tout du fan wear.

En France, cela s’est développé dans les années 80 – 90

Le hip-hop est né dans les années 80 à Brooklyn, et il y a eu un véritable pic dans les années 90 en Europe.

Cette vague sportswear concerne quel type de personnes ?

Le sportswear est arrivé par le hip-hop avec des icônes comme Jay-Z : on va donc retrouver tous les produits sports US et mode américaine dans les boutiques hip-hop. Mais aujourd’hui le hip-hop n’a plus la connotation que l’on avait autrefois, avec un milieu très fermé. Le hip-hop est aussi quelque chose de très « mode » de par l’habillement et c’est également des éléments musicaux qui mêlent un public très large, que ce soit des personnes âgées ou des enfants. Aujourd’hui le hip-hop est ouvert et ne fait plus peur.

De l’autre côté, il y a les hipsters

C’est le côté mode boutique pointu que l’on trouve dans les plus grandes villes en France. À la base de cette mode, il y a l’envie de se démarquer des autres, avoir des collections en édition limitée. Il faut à la fois satisfaire le côté hip-hop Street wear et ce côté mode plus pointu en ayant des collections adaptées.

Sportswear - NYY Footwear avec SFD Atelier
Dans le pays du capitalisme, la mode n’appartient pas forcément aux entreprises : ce sont principalement les consommateurs qui font la tendance.

Cette recherche de la dernière mode est-elle à la base d’une sorte de concurrence entre les marques pour toujours apporter une nouvelle tendance ?

À chaque saison, il y a un cahier de tendances où toutes les marques ont accès à des imprimés (camouflage, fleurs hawaïennes etc.), ensuite on va jouer sur des matières, sur la flexibilité, la forme de la semelle (Nike va par exemple sortir une forme de semelle qui sera reprise crescendo par toutes les autres marques), mais on va également se démarquer par des collaborations, par exemple avec des blogueurs mode. La tendance du moment est également de sortir une édition limitée à 300 modèles. Les boutiques de distribution sont aussi très importantes puisque l’on va retrouver certains modèles uniquement dans des magasins comme Foot Locker ou Courir. Aussi, dans un réseau de marque, on va faire en sorte de n’avoir qu’un seul modèle par magasin. C’est ici où la tendance à se jouer, avoir le modèle que vous n’allez pas retrouver chez les autres comme la Stan Smith chez Adidas (avec de fameux effet de craquelures que l’on ne trouve pas ailleurs). C’est la tendance dans la tendance.

Est-ce le designer qui crée la tendance ou le hipster ?

C’est un mix de plusieurs choses : les designers vont s’appuyer sur le cahier de tendances que chaque marque a à sa diposition, mais ces cahiers de tendance se font aussi en regardant les hipsters dans la rue. Les designers vont aller dans d’autres pays et vont avoir un regard ouvert. Certaines tendances jugées « horribles » auparavant vont être retravaillé et vont être la nouvelle tendance quelques années après… C’est ainsi un cercle vertueux : on retient la tendance, on regarde des personnes qui détournent la mode, on l’impose, et d’autres vont la détourner à nouveau… Tout le monde joue avec la mode, c’est cela qui est si beau et intéressant dans la mode.

En Sportswear, le designer crée-t-il la tendance ou est-ce l’inverse ? was last modified: mars 10th, 2015 by Yann Gourvennec

Transformation digitale : le syndrome de la grenouille

À l’occasion d’une présentation récente intitulée « de la communication digitale à la transformation digitale », devant un groupe de représentants de la communauté des experts comptable (des cabinets de 50 à 150 employés, donc de bonne taille, répartis sur toute la France), j’ai soudain pris conscience, au fur et à mesure de ma préparation, d’un phénomène bien connu des experts de la conduite du changement intitulé : « le syndrome de la grenouille ». Voilà qui me semble caractériser la plupart des problématiques liées à la conduite du changement dans un grand nombre d’entreprises qui cherchent à aborder la transformation digitale. Explications et retour sur cette présentation pour un métier largement en avance sur les autres pour ce qui est des impacts du digital (dans son acception la plus large).

Transformation digitale experts comptables

Légende : le digital ce n’est pas que de la communication, et ce n’est pas que du Web non plus d’ailleurs !

De la communication digitale à la transformation digitale

Les experts comptables sont en fait, j’étais loin de m’en douter au départ, un excellent révélateur des changements en cours, non seulement dans le domaine de la communication digitale, mais également celui de transformation digitale et des métiers. Je n’aurais pas parié un kopek sur ce constat il y a un mois, lorsque je reçus un coup de fil me demandant de réaliser cette présentation.

 

Impact du « digital » sur les experts comptables… une vieille histoire

Si l’on oublie la communication digitale pour ne se focaliser que sur l’acception la plus large du terme « digital », qui englobe l’automatisation et l’informatisation des processus, on se rend vite compte qu’il s’agit là d’une vieille, et même très vieille histoire. Je suis bien placé pour en parler, car c’est probablement mon père qui, en 1980, a réalisé un des premiers, sinon le premier, une comptabilité automatisée, depuis la collecte des écritures, les stocks, jusqu’à l’édition des bilans et même la paie (qui ensuite fut externalisée dans les années 90). Il y avait même conçu un système sophistiqué (vers 1983 si mes souvenirs sont bons, c’était très visionnaire) de collecte des stocks au travers d’ordinateurs personnels et télécommandés, allumés à distance par un ordinateur central qui se connectait au travers du réseau Transpac.

« Vous avez automatisé 90 % de notre travail ! »

Les commentaires du chef comptable furent élogieux : « vous avez automatisé 90 % de notre travail » annonça celui-ci … et que croyez-vous qu’il arrivât ?! Rien, bien entendu. L’équipe comptable continua son travail papier crayon de ressaisie des factures, s’enfonçant dans le confort de sa routine et attendant bien gentiment la retraite, qui ne manqua pas d’arriver.

35 ans plus tard, changement de décor

Transformation digitale experts comptables 2

Légende : flatter l’innovateur pour avoir la paix. Un sport national et international

 Voilà une réaction au changement qui ne surprend guère. Il est bien plus pratique de procrastination et de se contenter de la routine. Cela est très pratique à court terme, mais dangereux à la longue, pour le peu qu’on soit encore là bien-sûr. 35 ans plus tard, nous y voilà, comme le recommande l’ACCA (l’association des experts comptables britanniques), il va leur falloir changer de métier et évoluer vers le conseil. Sur le papier, rien de difficile. La population des experts comptables a tout pour réussir : compétences financières, savoir-faire, habitude du service à l’entreprise… Mais quand on regarde dans le détail, évoluer faire évoluer les employés qui saisissent des factures et préparent/certifient les comptes vers le conseil en gestion et finance, requiert des efforts de formation et d’accompagnement considérables.

Transformation digitale experts comptables

Légende : le véritable enjeu de cette révolution industrielle du 21ème siècle est la bipolarisation de la valeur ajoutée. A gauche la “commoditisation” des fonctions basses y-compris du service, à droite l’hyper spécialisation des fonctions intellectuelles. Au milieu la disparition des emplois moyens de l’industrie

"BoiledFrog" by Arthurgcox - Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:BoiledFrog.png#mediaviewer/File:BoiledFrog.png
« BoiledFrog » by Arthurgcox – Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:BoiledFrog.png#mediaviewer/File:BoiledFrog.png

À défaut, il arrivera à la profession comptable, la même chose que la grenouille, qui reste dans l’eau bouillante depuis si longtemps, qu’elle n’avait pas vu ni compris qu’elle était en train de cuire. D’autres professions (mutuelles, banques, organismes de formation, services, tourisme,…) auront moins de temps que les experts comptables pour s’apercevoir de leur cuisson à petit feu. Puisse cet exemple, et cette présentation, leur servir à préparer leur propre transformation digitale.

Les 10 conseils de l’ACCA aux comptables britanniques qui doivent faire face aux bouleversements de leur métier

  1. En 2015 (le rapport date de 2012, rajoutez quelques mois/années) chaque cabinet comptable donnera une app à ses clients qui lui permettra d’accéder à ses données d’entreprise/comptables depuis un Smartphone ou une tablette ;
  2. Les comptables devront se recycler pour conserver leur rôle de gardiens des données d’entreprise
  3. La profession doit développer de nouveaux moyens de mesurer et évaluer les coûts et bénéfices technologiques du cloud computing ;
  4. La profession comptable va se réduire alors que les éditeurs de logiciels intègrent progressivement l’expertise financière dans des produits de plus en plus auto-apprenants ;
  5. Le directeur financier du futur devra en savoir autant sur le plan technologique que sur le plan financier ;
  6. Si les comptables ne s’emparent pas de la technologie ils disparaîtront à la manière des dinosaures : individuellement, et en tant que profession ;
  7. Dès 2020 les audits pourront être menés en temps réel. Les auditeurs tireront directement les données depuis les SI, eux-mêmes liés aux stocks en temps réel via des capteurs (stocks/cheptels/comptage des employés) ;
  8. Si les comptables ne se positionent pas comme des experts des tendances émergentes (ex: crowdfunding / nouvelles plateformes de paiement, …) d’autres professions le feront pour eux ;
  9. Les comptables doivent exploiter les technologies émergentes pour attirer des talents et développer les talents existents ;
  10. Dès 2025, toutes les données numériques (comptables ?) seront disponibles à tous.
Transformation digitale : le syndrome de la grenouille was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

10 conseils pour les entrepreneurs avec le livre  » j’ose entreprendre « 

Futurs ou jeunes entrepreneurs, écoutez ces conseils de bon sens

Inviter Stéphane Degonde à nous parler de création d’entreprise dans nos locaux de la rue Taitbout avait une signification très profonde pour moi, alors que cela fait presque un an que j’ai quitté mon employeur pour me lancer dans la grande aventure entrepreneuriale (avec son aide d’ailleurs, que mes anciens collègues et désormais client en soient ici remerciés). Du moins j’espère qu’elle le sera et je fais tout pour cela. Il y a à peine un an je me posais les questions que nous avons soumises à Stéphane et si vous m’aviez interviewé à l’époque j’aurais certainement été embarrassé de vous dire quoi que ce soit d’intelligible tant j’étais dans l’action.
Et pourtant ces questions, je me les suis posées, sans même me l’avouer tout à fait, mille et mille fois, avec un mélange d’assurance issue de ma longue expérience et de candeur de débutant qui ignore tout de ce qui va suivre. Car l’entrepreneur, quand il est seul, du moins au démarrage, ne sait pas toujours où ni comment aller de l’avant, doser son effort, gérer sa vie personnelle – où le peu qui en reste – exercer son métier, apprendre ce qu’il ne sait pas ; créer son entreprise équivaut à monter une montagne par toutes les faces en même temps, c’est souvent intimidant, mais c’est aussi terriblement excitant.

conseils pour les entrepreneurs par Stéphane Degonde
Retrouvez les conseils pour les entrepreneurs de Stéphane Degonde sur twitter : #JoseEntreprendre

Alors notre entrepreneur se tourne vers tous les gens qu’il rencontre, ses amis, ses connaissances et même n’importe quel étranger qui passe et qui peut d’une manière ou d’une autre avoir un avis, de près ou de loin, sur la question. Et cet entrepreneur, dès lors, entend tout : le vrai comme le faux, le bon conseil qui sauve et le mauvais plan qui est dangereux, sans oublier les oiseaux de mauvais augure qui vous mettent le moral à zéro. Et n’oublions pas les vantards qui gonflent leurs chiffres d’affaires pour vous montrer que vous n’êtes pas à la hauteur. Pas grand chose de nouveau depuis les salles de classe. C’est là que j’aurais aimé avoir un ouvrage comme celui de Stéphane entre les mains, car ses conseils sont lumineux, faits de bon sens et faciles à comprendre. Bien des écueils qu’il décrit je les ai heureusement évités, mais il faut rester vigilant, et ne jamais être complaisant, toujours rester concentré, même s’il faut savoir se ménager, comme il me l’a prescrit, à juste titre, lors de notre rencontre de cette semaine. Écoutez donc bien ces conseils, futurs ou jeunes entrepreneurs (dans ce métier on peut être « jeune » et avoir passé comme moi les cinquante ans) car ils vous seront utiles et vous éviteront bien des erreurs.

Les conseils de Stéphane Degonde pour les entrepeneurs – interview

Quand on envisage de devenir entrepreneur, on se retrouve face à une multitude de questions : à quel moment doit-on se lancer ? Avec qui s’associer ? Doit-on garder son idée ou la partager autour de soi ? Autant de questions qui peuvent angoisser, voire empêcher l’ex-futur entrepreneur à ne jamais passer à l’acte. Stéphane Degonde, auteur du livre J’ose entreprendre ! et du blog Une vie d’entrepreneur, réussir contre vents et marées nous apporte son expertise en entreprenariat pour vous délivrer 10 conseils fondamentaux pour réussir à gérer son entreprise nouvellement créée.

5 conseils à suivre pour les entrepreneurs qui veulent se lancer

1. Faire son bilan humain

Réfléchir à ce que l’on est véritablement et les raisons pour lesquelles on a envie de créer et d’entreprendre. Trop d’entrepreneurs se lancent avec un cliché autour de cette audace et une vision de l’entreprise qui n’est pas forcément leur entreprise et qui n’est pas l’idée qu’ils se font de leur réussite. Ils répondent pour beaucoup à des clichés de la start up, avec de la croissance, des investissements, des équipes parfois lourdes. Cela ne correspond pas véritablement au projet qu’ils pourraient porter. Il y a d’autres entrepreneurs pour qui l’entreprise est individuelle, unipersonnelle, avec de petites équipes et une grande liberté. Il faut véritablement prendre conscience de ce à quoi on aspire véritablement en tant qu’entrepreneur.

2. S’associer sans se tromper

Trop d’entreprises disparaissent dans leur phase 0-3 ans à cause d’une mauvaise entente entre associés. L’une des raisons pour lesquelles on se trompe est que trop souvent, on ne vise qu’une chose : la complémentarité des associés. On en oublie une autre, qui est la correspondance des associés. La correspondance des ambitions, des aventures, des aspirations, des contextes personnels… Par exemple, si un collaborateur a 50 ans, est marié, a des enfants, un crédit, sa configuration d’entrepreneur ne sera pas la même qu’un jeune célibataire de 25 ans. Ces contextes et le rapport que l’on peut avoir avec son contexte personnel, vont avoir une implication très forte pour l’entreprise. Une grande question pour les entrepreneurs est de discuter au delà de la complémentarité technique, pour voir les valeurs partagées, leur éducation, et leurs aspirations.

3. Ne pas chercher les investissements à tout prix

Beaucoup d’entrepreneurs se lancent dans la création d’entreprise en pensant avant toute chose à la levée de fond. La première chose à laquelle devrait penser un entrepreneur, c’est de vendre ses produits ou ses services. Il faut bien retenir que le premier investisseur de l’entrepreneur, c’est son client. Son client va lui générer du chiffre d’affaires, fournir du profit, garantir sa trésorerie. La priorité pour un entrepreneur est donc d’avoir des clients pour faire du profit, Le financement viendra plus tard. D’autre part, le financement sera facilité, voire rendu possible dès lors que l’entrepreneur aura trouvé son marché et validé son business modèle.

4. Parler de son idée

Trop de personnes ont une idée et refusent d’en parler. En général, lorsque quelqu’un dit « j’ai une idée mais je ne peux pas t’en parler », le projet reste à l’état d’idée et ne se développe jamais. Il est essentiel de parler de son idée, car cela va permettre deux choses : lorsque l’on parle de son idée autour de soi, on se donne la possibilité de voir cette idée améliorée, nourrie par l’avis, par l’expérience des autres. Aussi, plus on en parle, plus on verbalise son idée, plus on la rend intelligible, plus on s’approprie le sujet, et au final, on commence à la vendre. Une idée dont on parle, c’est une idée que l’on vend. C’est le même fonctionnement que pour l’entretien de recrutement : on n’est pas très bon au départ, mais plus on avance, meilleur on est. L’idée est la même. Lorsque l’on fait les premiers pitchs devant des investisseurs, on est rarement excellent, puis, plus on avance dans ces pitchs, meilleur on est et plus on a de chances d’être financé. Il en est de même pour les clients.

5. Savoir célébrer les succès et ne pas faire des échecs un événement

On a une vision trop souvent négative, focalisée sur les échecs et pas assez centrée sur les succès. Un point est pourtant essentiel : plus on avance dans sa vie d’entreprise, plus on rencontre de « petits succès », et plus on célèbre ces « petits succès », plus on en fait une source de motivation. Prendre conscience des échecs et des raisons pour lesquelles on a failli est également important : cela doit servir d’apprentissage. Mais les succès doivent être célébrés pour emmener les collaborateurs dans cette logique de développement de l’entreprise, basée sur les succès.

5 écueils à éviter pour les entrepreneurs qui veulent se lancer

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10 conseils pour les entrepreneurs avec le livre  » j’ose entreprendre «  was last modified: mai 10th, 2016 by Yann Gourvennec

Tikimee réinvente la signature d’email pour les entreprises

les signatures email de Tikimee

J’ai reçu récemment mon ami Xavier Pawlik qui est venu expliquer l’évolution de sa start-up : Tikimee. J’ai trouvé intéressant de convier Xavier à venir expliquer son histoire chez Visionary Marketing pour deux raisons principales. La première, c’est que l’évolution de sa start-up elle-même, et le “ pivot” qu’il a réussi récemment. C’est à mon avis un bon exemple pour tous les start-uppers qui se demandent comment réaliser un pivot, ce qu’il faut faire ce qu’il ne faut pas faire. En l’occurrence, il était parti d’une idée, la carte de visite personnalisable pour les entreprises, et en développant son affaire, il s’est aperçu que les entreprises avaient un véritable besoin de signature électronique dans leurs emails, notamment de gestion de cette signature de façon centralisée. Une deuxième raison, c’est ce nouveau marché de la signature email, queTikimee est en train d’ouvrir, et que Xavier nous a décrit précisément cette interview. Alors voyons, comment votre marque elle aussi, peut améliorer sa présence de marque (pour ne pas dire “branding”) au travers de sa signature email.

Tikimee, du personal branding au corporate branding

L’idée était de créer un équivalent de about.me qui a émergé aux Etats Unis autour de 2010. L’idée est de permettre aux gens de faire leur « personal branding en ligne ». Cela s’adressait au départ aux individuels et aux professionnels indépendants, et un an après le démarrage, nous nous sommes aperçu que développer sa marque personnelle concerne finalement peu de personnes. Nous sommes donc entrés en contact avec des entreprises qui avaient des problématiques de développement de marques internes ou de marques individuelles pour lesquelles notre solution pouvait apporter une réponse tout à fait nouvelle.

Tikimee et ses signatures email - photo antimuseum
Légende : faire réussir une start-up dans le monde hyper rapide de l’Internet est aussi une question de temps et surtout … de timing ! (photo antimuseum.com)

D’un produit de personnal branding, vous vous êtes orienté vers la signature d’email. Pourquoi ?

Lorsque l’on s’intéresse à la marque diffusée au travers des entreprises, on s’aperçoit que bien des choses passent par les échanges interpersonnels, et entre entreprises, qu’on le veuille ou non, les échanges se résument principalement à l’envoi d’email. Les échanges sur les réseaux sociaux se développent, mais ils n’ont pas encore remplacé l’email. Nous pensons donc qu’enrichir la signature des collaborateurs est un excellent moyen de créer de la conversation et de diffuser à la fois la marque de l’individu et la marque de l’employeur.

Dans une entreprise, il y a autant de signatures qu’il y a d’individus…

On trouve tous les cas de figure. Certains ne font rien, d’autres mettent des bannières, il y a également des problématiques de cohérence, d’image… C’est quelque chose de très artisanal, même dans les grandes entreprises.

Dans une signature email, il était au début spécifié qu’il ne fallait pas mettre d’images… Peut-on le faire aujourd’hui ?

On peut, mais il faut faire attention, notamment avec les filtres automatiques anti-spam. Il y a une vraie technicité dans la construction de la signature email, qui est un HTML plus compliqué à réaliser aujourd’hui, car il y a des contraintes un peu plus fortes. Pour ce qui concerne les images, il faut éviter de les joindre directement dans l’email, mais plutôt faire des images distantes, ce qui n’alourdit pas les messages.

L’histoire du nouveau Tikimee a commencé avec les cabinets de consultants

Thalès avait une entité interne de conseil qui cherchait à gagner en visibilité auprès de ses propres clients. Ils ont eu l’idée de développer leur propre image à travers celle de leurs collaborateurs. Ils ont tout d’abord réfléchi à des cartes de visite enrichies, et de fil en aiguille sont arrivés à utiliser l’email et enrichir ce profil individuel pour cette entité.

Vous êtes ensuite passé à Capgemini

La problématique de Capgemini était de transformer son entreprise en ambassadeur du digital. Pour cela, nous avons créé pour eux une signature mail à l’aide de notre plateforme qui a été utilisée partout dans le monde par l’ensemble des VP et est encore utilisée aujourd’hui. Ce qui est intéressant, c’est de voir les différences culturelles. Cela a permis à Capgemini de faire une cartographie du niveau de maturité digitale de ses VP : ils ont à la fois découvert qu’il y avait des personnes qui généraient beaucoup d’interaction dans leur quotidien et d’autres un peu plus en retrait. C’était à la fois une prise de température et un moyen d’amener ses troupes à mieux communiquer.

Après Capgemini, avec qui avez-vous travaillé ?

L’étape suivante importante était Deloitte. Cela a commencé avec une entité interne innovante (comme pour Thalès) qui cherchait à créer de la visibilité à la fois en interne et en externe, puis Deloitte a décidé de le déployer sur l’ensemble de ses collaborateurs. Nous avons pris une dimension supplémentaire dans l’accompagnement des entreprise et la motorisation de leurs signatures email.

Finalement, votre succès a conduit au rachat de Tikimee…

Nous avons été racheté par une entreprise de communication dans le B2B, ce qui nous permet aujourd’hui de proposer non seulement un outil technologique, mais aussi un accompagnement de l’entreprise pour identifier le bon contenu à diffuser auprès de ses collaborateurs et aller jusqu’à aujourd’hui, par exemple pour Manpower à gérer de véritables campagnes de signature mail.

Comment fonctionne votre système de signature email ?

L’installation est extrêmement simple car on arrive à tout automatiser à l’aide notamment d’un plugin sur Outlook ou sur Gmail. On définit en ligne les contenus et le format de la signature et en installant le plugin sur chaque poste qui peut être télédistribué sur de grosses organisations du jour au lendemain.

On peut ainsi lancer des campagnes…

Absolument. Et ce qui est très particulier dans un contexte d’entreprise c’est que l’on va passer d’une signature unique à un ensemble de signatures en fonction de la région (contenu localisé) et de la position dans l’entreprise pour que chaque entité communique en fonction de son audience. Cela donne à l’entreprise la capacité à adresser le bon message à la bonne population.

Quel est l’avenir de Tikimee ?

Aujourd’hui, nous investissons dans une plateforme de BI (business intelligence) dans laquelle nous sommes en train d’analyser toutes ces données que l’on collecte pour les entreprises et on cartographie ainsi ce qui se passe à travers les emails de leurs collaborateurs. Par exemple, on donne une information toute simple aux entreprises que celles-ci n’ont pas : la part d’emails internes et externes, et ce que cela génère comme consultation de contenu. On s’aperçoit que certains contenus portent la valeur de l’entreprise, en particulier des films ou des vidéos. Il y a un effet à la fois vers l’interne et vers l’externe qui est extrêmement intéressant pour le marketing, la communication et les RH.

Quid de l’international ?

C’est dans nos projets. Nous avons déjà des clients qui ont une portée internationale comme Capgemini. Plus concrètement, nous accentuerons ce déploiement en 2015. Nous sommes aujourd’hui dans des business qui peuvent s’opérer partout dans le monde et nous n’avons pas l’intention de nous arrêter en si bon chemin.

Tikimee réinvente la signature d’email pour les entreprises was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec