Facebook : startup idéale ou fin de la Silicon Valley ?

Facebook - StartupEn relisant l’article sur le blog de Media Aces sur le thème de « ce que Facebook a changé dans la vie des entreprises » Je me suis aperçu qu’il fallait gratter un peu et nuancer, car c’est une question éminemment complexe qui va bien au-delà de la simple stigmatisation d’une bulle. Tentative d’éclairage…

le Web 2.0 est mort vive le Web !

D’une part, la mise en bourse de le 18 mai 2012, a signalé – c’est indéniable – la mort de ce que l’on appelait encore quelquefois le « Web 2.0 » du vocable inventé par Tim O’Reilly en 2004, dans un texte fondateur, et qui devait signifier l’avènement d’une nouvelle période du Web, vite renommée « social media » en 2009.

Facebook - StartupEn dehors des commentaires moraux, laudateurs ou indignés, devant la frénésie boursière autour de Facebook, d’ailleurs lourdement et rapidement sanctionnée (encore -10 % hier, voir le schéma ci-dessus pris dans Yahoo Finance) on ne peut qu’être d’accord avec cette superbe étude de Faber Novell qui explique pourquoi Facebook doit sa réussite à sa vision, sa qualité d’exécution sa maîtrise technologique, mais aussi et c’est moins évident reconnaître pour les traditionnalistes du Management, à l’excellence de sa gouvernance.

une nouvelle ère : celle de la professionnalisation et de la publicité

Car quoi qu’on dise de la mise en bourse de Facebook, une nouvelle ère est née de la mort de ce Web 2.0, et la césure que nous sommes en train de vivre n’est ni plus ni moins que la répétition de celle que nous avons connue au début des années 2000, après la bulle, lors de laquelle le Web s’est énormément professionnalisé, et le commerce électronique devenu un pilier incontournable du business. De la même façon, les médias sociaux sont en train de tourner la page, celle de l’amateurisme, celle du « tout gratuit », et nous sommes en train de rentrer dans cette affaire où le terme de « média » n’a jamais été aussi justifié. Ce n’est pas comme on a pu hâtivement l’écrire (reconnaissons notre erreur) la fin des médias sociaux, mais au contraire la naissance des médias sociaux professionnels. Jeremiah Owyang a d’ailleurs signalé dans sa présentation la plus récente – en détournant le Cluetrain Manifesto – que pour être vu maintenant il va falloir payer ; c’est donc l’entrée dans une ère plus publicitaire, plus professionnelle aussi, où les enjeux de marque seront de plus en plus importants. Le Web 2.0 a cru tuer la publicité; chassez le naturel …

Et ceci, que la mise en bourse de Facebook soit une réussite ou un échec…

à moins que cela ait tué l’innovation … ?

Mais d’autres comme le vétéran de la Silicon Valley Steve Blank (voir ci-dessous) s’élèvent pour indiquer un autre changement d’ère : celui d’une vallée essentiellement tournée vers l’investissement industriel, à long terme et qui devient aussi la charnière d’un changement au profit de l’investissement à court terme. Quoi que… Facebook a été créé en 2004, et même si sa réussite est remarquablement rapide, cela fait quand même 8 ans, et ils ont eu le temps de faire leurs preuves et de construire le plus grand réseau humain du monde … Et si c’était Fabernovel qui avait raison, et que le monde de l’innovation avait changé pour toujours ?

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Facebook : startup idéale ou fin de la Silicon Valley ? was last modified: mars 7th, 2016 by Yann Gourvennec

la e-réputation mode d’emploi (Hamdi, Noumen et Babkine)

Je suis un peu en faute, et même plus qu’un peu ; il est donc temps de rattraper le temps perdu et de vous présenter ce livre collectif « bien gérer sa e-réputation sur Internet » paru chez Dunod il y a quelques mois, oeuvre d’Anthony Babkine, Nabila Noumen et Mounira Hamdi

[photo cc, Yann Gourvennec http://bit.ly/picasayann]

pratique et didactique

La e-reputation, on ne la présente plus. Quoique… Quand j’apprends à la page trois du livre que sixdegrees.com, le premier réseau social a été créé en 1997 et fermé en 2000, je m’aperçois qu’on peut encore apprendre tous les jours, même quand on baigne dans les médias sociaux. Une fois donc admise l’idée que la e-reputation n’est plus un objectif d’un futur lointain, mais un sujet de travail quotidien, comment faire ? Quels sont les bons conseils à suivre pour la création et quels écueils éviter ? Enfin, question qui passionne tous les jeunes diplômés : comment séduire les recruteurs quand on cherche un travail… ?

Voilà autant de questions qui trouvent leur réponse dans ce livre pratique et didactique, où de grands noms ont été conviés : Jacques Froissant, Christine Balagué, Matthieu Chéreau et aussi quelques dignes représentants de la société où j’ai l’honneur d’officier.

quelques signets…

Plutôt que de décrire le livre, je me suis livré à un exercice de repérage de quelques astuces ou passages qui me semblaient intéressants. Les voici en partant du début :

  • page 16:56 % des candidats à l’emploi bac+4 bac+5 utiliseraient les réseaux sociaux dans le cadre d’un recrutement (source : regionsjob)
  • 17 : 30 % des contacts via les réseaux sociaux aboutiraient à l’entretien téléphonique, écrit ou physique (sans pour autant que ce soit un entretien d’embauche précisons-le).
  • page 20 à 23 : les sept péchés capitaux du candidat 2.0 par Jacques Froissant (une pépite !) qui servira d’excellente introduction à son dernier ouvrage.
  • page 28 : le processus de recrutement et son évolution (avec notre confrère Franck Lapinta, également membre de media aces)
  • page 48 à 52 : les sept règles d’or pour bâtir son identité numérique par Matthieu Chéreau (Tigerlily)
  • page 57 : 1 anecdote croustillante sur un homonyme de Mark Zuckerberg mais qui ne sera pas suffisante à faire remonter le cours de bourse …
  • page 62 : comment un simple tweet peut tout faire basculer (cas Cisco)
  • page 71 : 5 conseils salutaires pour préserver et maintenir votre e-reputation
  • les chapitres 5,6 et 7 décrivent chacun des réseaux sociaux (personnels, professionnels ou spécialisés), ils regorgent de conseils, outils et recommandations.
  • le chapitre 8 est quant à lui dédié aux outils de gestion de la e-reputation : blogs, CV sur le Web, CV vidéo et outils de veille… et même Wikipedia !
  • page 156 et au-delà, le livre se focalise sur le très à la mode « droit à l’oubli » même si ce contexte réglementaire évolue à la vitesse grand V (avec la directive européenne dite « Euro Cookies »

En somme, un ouvrage complet et pratique que je vous recommande.

la e-réputation mode d’emploi (Hamdi, Noumen et Babkine) was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

les médias sociaux expliqués à mon boss en ebook !

Il est dispo depuis un moment, mais j’avais zappé la nouvelle. Notre livre “les médias sociaux expliqués à mon boss” est accessible en e-book sur toutes les bonnes liseuses du marché via Numilog. On peut même le feuilleter en ligne avec une lectrice virtuelle assez bien fichue :

amonboss

Voici les détails du livre pour l’acheter en ligne au prix imbattable de €9.99 :

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Les médias sociaux expliqués à mon boss par Hervé Kabla , Yann Gourvennec
Editions Kawa

les médias sociaux expliqués à mon boss en ebook ! was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Ne ratez pas la Conférence Media Aces et les Social Media Awards le 14 juin prochain!

Pour sa prochaine édition, la Conférence Media Aces s’associe aux Social Media Awards, organisés par l’ESG Management School et l’Université Paris I Sorbonne. Cet événement aura lieu

le jeudi 14 juin 2012, à partir de 17h,

dans l’Amphi 2A de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,

131 rue Saint Jacques, 75005 Paris

(Métro: Cluny la Soronne / RER B : Station Luxembourg – Parking rue Soufflot)

Media Aces partenaire des Social Media Awards 2012

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Ne ratez pas la Conférence Media Aces et les Social Media Awards le 14 juin prochain! was last modified: mai 21st, 2012 by Yann Gourvennec

13 pièges de l’innovation : retour aux fondamentaux à l’ère des réseaux sociaux avec Brice Auckenthaler

Imagin’Nation.Com – l’Innovation a l’Ere des Réseaux Sociaux (€26.95 ou €9.99 en e-book)

imaginnationLe livre est sorti dans la collection « les fondamentaux du management et du développement personnel » aux éditions Kawa (transparence : Kawa est aussi mon éditeur) et ce n’est pas un hasard. Si Brice Auckenthaler, avec son enthousiasme et sa jeunesse d’esprit habituels, nous entraîne comme toujours à plus de partage, de collaboration et d’inventivité, il nous rappelle aussi que l’innovation n’est pas un attribut romantique du management, mais une discipline sérieuse, et qui mérite qu’on respecte quelques règles. Arrêtons-nous ici, et en vidéo, sur un des chapitres du livre (quatrième) intitulé « les 13 tentations auxquelles il faut résister » :

3 des 13 pièges de l’innovation collective par Brice Auckenthaler

Dans l’interview ci-dessus, j’ai demandé à Brice de décrire trois des 13 tentations suscitées et de les éclaircir pour nos lecteurs. Voici ici la totalité de ces tentations  livrées de façon synthétique :

  1. Se ruer sur les idées : accepter de perdre du temps à réfléchir…
  2. Se limiter à la recherche de produits et de services : bien que rassurante, cette méthode est limitative. Elle se focalise trop sur le « quoi » pas assez sur le « pourquoi »
  3. Penser fonctionnalités seulement : ceci restreint à l’innovation incrémentale
  4. Investir trop en études en amont : souvent décrit sur visionarymarketing, ceci est un billet classique en innovation technologique. C’est rassurant pour le marketeur qui cherche à se couvrir auprès de son management, mais tester de nouvelles idées abstraites est coûteux et rarement utile
  5. Fixer les objectifs trop précis : biais relevé également par Scott Berkun, l’innovation bifurque souvent, et donc il est inutile de « cibler » trop précisément au départ, mieux vaut « segmentuiter » comme dirait Paul Millier
  6. Placer trop d’enjeux : risque de mettre trop de pression aux équipes
  7. Oublier la mission de marque : la créativité a besoin de contraintes pour être bonne
  8. Le collectif comme unique source d’inspiration : il faut alterner phases collectives et individuelles
  9. Ne pas rémunérer l’effort d’imagination : la rémunération n’est pas toujours financière
  10. Penser que l’imagination collective est spontanée et s’entretient naturellement
  11. S’empêtrer dans le virtuel et oublier le réel (les individus ont besoin de se voir pour créer, même si les techniques à distance existent)
  12. Oublier la méthode
  13. Gérer le temps de manière inappropriée

Ces conseils, et bien d’autres encore sont disponibles dans le livre de Brice Auckenthaler « imagin’nation.com à l’innovation à l’ère des réseaux sociaux » parus aux éditions Kawa. Livre également disponible en e-book (€9.99 chez Numilog)

13 pièges de l’innovation : retour aux fondamentaux à l’ère des réseaux sociaux avec Brice Auckenthaler was last modified: mai 21st, 2012 by Yann Gourvennec