Facebook : les (vrais) fans aiment les marques, certaines plus que d’autres

Je parle souvent des marques aimées, une segmentation issue d’un travail sur les marques et Internet réalisé il y a quelque temps avec Synthesio, et qui est toujours d’actualité. Souvent, ces marques aimées ne prennent pas la parole, voire sont réticentes à toute intervention, allant jusqu’à développer le culte du secret (ce qui déclenche les rumeurs les plus folles de la part des fans qui, pour une fois, portent vraiment bien leur nom).

Il arrive même que les fans aillent au-delà et n’hésitent à détourner le logo en question (le mail de l’administrateur confirme une page non officielle). La marque n’intervient pas. Au cas – improbable – où ce serait elle-même qui organiserait son détournement (cette communauté est promue via la publicité Facebook, c’est comme cela que j’y suis arrivé), il y a de quoi hérisser le poil à bon nombre d’Ayatollahs du “branding” …  mais aussi de combler les amoureux de la marque. Et si l’on veut à nouveau se convaincre que ce n’est plus de l’amour mais de la rage, il suffit d’aller voir les classements d’engagement où une bataille BMW/Audi semble faire rage entre marques allemandes. En tout cas, le taux d’engagement est maximum et le filtrage des photos va bon train. Inutile de poster une photo qui sort de leur charte éditoriale !

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Facebook : les (vrais) fans aiment les marques, certaines plus que d’autres was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Accenture et Digitalarti fusionnent Art et numérique

Comme cela a été déjà démontré à la Gaité lyrique avec le Fabfest, c’est une tendance, le monde de l’Art et celui du numérique s’enrichissent mutuellement jusqu’à fusionner dans de nouvelles formes créatives. Voilà une autre initiative qui est hébergée par Accenture en partenariat avec Digitalarti et qui a lieu à Paris du 04 au 08 juin 2012. J’y serai demain soir et j’en profite pour  relayer l’événement :

Exposition Natural/Digital, 2ème édition d’Immersions Digitales, Happen Space Accenture

Happen space. Tour Accenture. 4-8 juin 2012.

Cette nouvelle exposition « Immersions Digitales » présente un panorama d’œuvres numériques autour du thème de la nature.

Le vivant et le numérique sont intimement liés. L’expérience est poétique, interactive, immersive. Art vidéo, photographies numériques, paysages interactifs, installations sonores, sculptures 3D, design, intelligence artificielle, bio-art, art des flux en temps réel…

Parmi les artistes invités : Samuel Rousseau, Eduardo Kac, Jakob+Macfarlane, Mathieu Lehanneur, Daan Roosegaarde, Miguel Chevalier, Sennep, Matthieu Briand, Grégory Chatonsky, Scenocosme, Matthieu Kavyrchine, Julien Levesque, et le collectif Art of Failure.

>> lire la suite sur le blog de Digitalarti

Accenture et Digitalarti fusionnent Art et numérique was last modified: juin 4th, 2012 by Yann Gourvennec

le très haut débit sera incontournable

Comme je l’ai fait à diverses reprises ces dernières années (collègues de la division services, cloud computing, et plus récemment Soumik Sinharoy à Orange Silicon Valley), j’ai interviewé il y a peu un de nos collègues du groupe France Telecom Orange, Bruno Janet, Directeur des Relations avec les Collectivités Locales, afin qu’il nous explique le plan fibre, ses enjeux économiques et nationaux, son historique et sa vision du futur. Coup de projecteur sur un aspect méconnu, et pourtant fondamental, de l’équipement d’un réseau avec un de ses acteurs au quotidien (note: interview réalisée à l’origine pour le blog d’Orange Business Services].

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[photo Yann Gourvennec – Orange cc 2012 – certains droits réservés]

Bruno Janet est un pionnier de la communication car il fut, au début des années 80, le premier porte-parole d’entreprise en France. Directeur des relations avec la presse en 1985 pour ce qui ne devint véritablement France Telecom qu’en 1990, il a conseillé tous les présidents de l’opérateur historique depuis le début. Mais tout ceci est du passé, or Bruno est passionné par l’avenir, qu’il contribue à construire avec ses équipes et ses partenaires des collectivités locales. Cet enthousiasme (visible au travers de son compte Twitter, très suivi par ses partenaires : @bruno_janet) que j’ai découvert pour ma part lors d’un débat du smartwipclub – le club des professionnels des télécoms animé par notre confrère, le journaliste Eric Montagne – et qui m’a donné l’idée d’interviewé Bruno afin qu’il nous explique son métier ainsi que le futur des télécoms et leur impact sur les usages de l’Internet ; ce qu’il a fait avec beaucoup de franchise et sans langue de bois !

2003 : combler le retard …

Car les débuts furent laborieux, selon Bruno : « Au début des années 2000, tout était en retard ! » nous explique-t-il. « Les tensions entre les partenaires pour la mise en œuvre du haut débit étaient à leur comble », et c’est ce qui faisait les difficultés de l’équipement de la France cette époque. « Avec l’arrivée de Thierry Breton en 2003 2004, nous avons démarré le très haut débit pour tous, avec un investissement de 1 milliard d’euros qui fut une réussite » a poursuivi Bruno en rappelant cette période qui a permis effectivement, à l’exception de « quelques zones blanches », d’équiper non pas « 100 % des foyers, mais 100 % des centraux téléphoniques ». Ce n’était certes pas parfait, mais cet effort significatif fut un élément fondamental de compétitivité non seulement pour l’opérateur, mais surtout pour la France et ses entreprises. Pour ceux qui en douteraient encore, je rappelle cette statistique citée par Lynette Webb qui montrait qu’en 2006, un tiers des utilisateurs de la télé sur Ip dans le monde était français !

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2005-2007 : les 40% restants …

Mais il fallait aller plus loin. La couverture de l’ADSL est passée de 60 % des foyers en 2004 à 98 % en 2007, « c’était un pari tenu » ajoute Bruno, mais il restait encore des zones d’ombre. « C’est là qu’une nouvelle loi a permis aux collectivités locales d’investir dans les réseaux » et même si Bruno admet qu’il a fallu à l’époque surmonter une certaine « frilosité » il faut reconnaître que c’est le début de l’articulation d’une stratégie de complémentarité avec les collectivités locales qui a permis de partager les investissements et de faire la guerre à ce qui dans le jargon s’appelle les « NRA zones d’ombre » (NRA zones d’ombres, c’est le terme des pros du métier pour les « nœuds de raccordement abonnés » non couverts). Avec cette nouvelle loi, c’est la possibilité de constituer des « réseaux d’initiative publique » (RIP) pour lesquels ce sont les collectivités locales qui lancent le projet, qui choisissent une « délégation de service public » (DSP) ou un partenariat public privé (PPP).

un changement radical …

Dans le cadre de cette loi, au bout de 10, 15 ou 20 ans, c’est la collectivité locale qui devient alors propriétaire du réseau. C’était un « changement fort » a ajouté Bruno Janet, « car cela signifiait que le réseau ne serait plus à nous à terme ». Cette nouvelle loi a permis de travailler en étroite collaboration avec un grand nombre de collectivités locales dont notamment la Corse, l’Auvergne, le Languedoc-Roussillon, la Somme et « ces milliers de NRA zones d’ombre sur l’ensemble du territoire ». Ceci a constitué un changement radical pour l’opérateur et aussi pour l’aménagement du territoire.

Toutefois, les limites de l’ADSL ne sont pas seulement dues à sa couverture, mais également à son caractère asymétrique (le débit montant et le débit descendant ne sont pas le même), et à sa limitation en puissance (en fonction de la distance au « nœud de raccordement »).

très haut débit : premiers résultats …

C’est ainsi que nous en arrivons au nouveau plan qui se déroule depuis quelques années, et pour lequel un « véritable élan a été créé depuis 2011 ». Il s’agit du plan fibre, démarré dès 2010, et pour lequel France Télécom Orange, en co-financement avec les autres opérateurs du marché, s’est engagé à couvrir 100 % des logements en France. Reste donc à 40 % de zones d’ombre du futur très haut débit, pour lequel le même mécanisme que celui de 2005 sera appliqué : « Il y a des gens qui trouvent que ça ne va pas assez vite » précise Bruno Janet, mais il préfère se focaliser sur les efforts mis en place et les premiers résultats : « En 1 an, les élus se sont rendu compte que l’opérateur avait une vraie volonté industrielle » à ajouté Bruno qui insiste sur le facteur fondamental de cette alliance/partenariat entre les opérateurs et les puissances publiques.

un facteur de compétitivité …

C’est tout d’abord un facteur d’attractivité pour le territoire insiste le Bruno Janet : « les entreprises ou les particuliers qui s’installent demandent le très haut débit ! C’est une valorisation du patrimoine et un critère de choix pour l’immobilier ». On le sait, le développement massif du télétravail, même en France où traditionnellement celui-ci était en retard (voir mes divers travaux sur ce sujet sur mon blog personnel) est un élément indéniable de dynamisme du réseau à très haut débit.

D’autre part, les usages explosent avec le très haut débit. Bruno compare l’ADSL « à une autoroute à 2 voies, mais l’autoroute va être de plus en plus encombrée » précise-t-il. Les usages du très haut débit sont donc un peu une affaire d’ « œuf et de poule », car avec l’arrivée d’un débit très élevé, de nouveaux usages vont apparaître, qui n’étaient même pas pensables auparavant.

la réalité sur la situation internationale …

D’une part il y a toujours des pays en avance, comme la Corée et le Japon (« à cause des décisions politiques volontaristes » précise Bruno), et d’autre part il y a les autres pays. La Suède avait pris énormément d’avance sur le très haut débit en Europe, mais le problème de la France est « la dispersion sur le territoire » ce que Bruno appelle « l’éparsité » c’est-à-dire un mélange d’éparpillement et de densité. Et Bruno Janet de préciser que nous (la France) sommes « dans la course » et que cela est confirmé par le classement de l’idate (voir également la note en bas d’article).

Quels délais ?

« 60 % des logements seront équipés d’ici 2020 promet Bruno Janet, avec 40 % restants pour les réseaux d’initiatives publiques qui seront réalisées concomitamment ». Le travail a déjà commencé en dehors de la Capitale, avec quelques exemples comme celui de Laval ou de Palaiseau-Saclay où le cœur de réseau est fait par Orange et le reste est réalisé par l’agglomération via une délégation de service public.

Mais il s’agit en fin de compte d’un véritable enjeu industriel pour le pays ; lorsqu’on cherchera un logement ou un local pour son entreprise, le très haut débit deviendra incontournable et se transformera en véritable argument de vente comme – il fut un temps – le gaz à tous les étages.

note : on remarquera en toute transparence que des voix discordantes se font entendre ici et mais que cela ne met pas véritablement en cause le déploiement de l’infrastructure en tant que tel. Si l’article du Nouvel Observateur notamment souligne les difficultés du modèle de coopération, les causes du retard en question sont peut-être à chercher ailleurs, et notamment dans les critères d’adoption des technologies et les facteurs sociologiques et économiques. Ceci à mon avis ne venant pas contredire le propos, car l’usage de la fibre se révèle avec la maturité des utilisateurs, et on sait que les technologies mettent toujours 10 à 15 ans à s’imposer au plus grand nombre ; près de 700000 abonnés au très haut débit étant d’ailleurs loin d’être un chiffre négligeable.

le très haut débit sera incontournable was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Facebook : startup idéale ou fin de la Silicon Valley ?

Facebook - StartupEn relisant l’article sur le blog de Media Aces sur le thème de « ce que Facebook a changé dans la vie des entreprises » Je me suis aperçu qu’il fallait gratter un peu et nuancer, car c’est une question éminemment complexe qui va bien au-delà de la simple stigmatisation d’une bulle. Tentative d’éclairage…

le Web 2.0 est mort vive le Web !

D’une part, la mise en bourse de le 18 mai 2012, a signalé – c’est indéniable – la mort de ce que l’on appelait encore quelquefois le « Web 2.0 » du vocable inventé par Tim O’Reilly en 2004, dans un texte fondateur, et qui devait signifier l’avènement d’une nouvelle période du Web, vite renommée « social media » en 2009.

Facebook - StartupEn dehors des commentaires moraux, laudateurs ou indignés, devant la frénésie boursière autour de Facebook, d’ailleurs lourdement et rapidement sanctionnée (encore -10 % hier, voir le schéma ci-dessus pris dans Yahoo Finance) on ne peut qu’être d’accord avec cette superbe étude de Faber Novell qui explique pourquoi Facebook doit sa réussite à sa vision, sa qualité d’exécution sa maîtrise technologique, mais aussi et c’est moins évident reconnaître pour les traditionnalistes du Management, à l’excellence de sa gouvernance.

une nouvelle ère : celle de la professionnalisation et de la publicité

Car quoi qu’on dise de la mise en bourse de Facebook, une nouvelle ère est née de la mort de ce Web 2.0, et la césure que nous sommes en train de vivre n’est ni plus ni moins que la répétition de celle que nous avons connue au début des années 2000, après la bulle, lors de laquelle le Web s’est énormément professionnalisé, et le commerce électronique devenu un pilier incontournable du business. De la même façon, les médias sociaux sont en train de tourner la page, celle de l’amateurisme, celle du « tout gratuit », et nous sommes en train de rentrer dans cette affaire où le terme de « média » n’a jamais été aussi justifié. Ce n’est pas comme on a pu hâtivement l’écrire (reconnaissons notre erreur) la fin des médias sociaux, mais au contraire la naissance des médias sociaux professionnels. Jeremiah Owyang a d’ailleurs signalé dans sa présentation la plus récente – en détournant le Cluetrain Manifesto – que pour être vu maintenant il va falloir payer ; c’est donc l’entrée dans une ère plus publicitaire, plus professionnelle aussi, où les enjeux de marque seront de plus en plus importants. Le Web 2.0 a cru tuer la publicité; chassez le naturel …

Et ceci, que la mise en bourse de Facebook soit une réussite ou un échec…

à moins que cela ait tué l’innovation … ?

Mais d’autres comme le vétéran de la Silicon Valley Steve Blank (voir ci-dessous) s’élèvent pour indiquer un autre changement d’ère : celui d’une vallée essentiellement tournée vers l’investissement industriel, à long terme et qui devient aussi la charnière d’un changement au profit de l’investissement à court terme. Quoi que… Facebook a été créé en 2004, et même si sa réussite est remarquablement rapide, cela fait quand même 8 ans, et ils ont eu le temps de faire leurs preuves et de construire le plus grand réseau humain du monde … Et si c’était Fabernovel qui avait raison, et que le monde de l’innovation avait changé pour toujours ?

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Facebook : startup idéale ou fin de la Silicon Valley ? was last modified: mars 7th, 2016 by Yann Gourvennec

la e-réputation mode d’emploi (Hamdi, Noumen et Babkine)

Je suis un peu en faute, et même plus qu’un peu ; il est donc temps de rattraper le temps perdu et de vous présenter ce livre collectif « bien gérer sa e-réputation sur Internet » paru chez Dunod il y a quelques mois, oeuvre d’Anthony Babkine, Nabila Noumen et Mounira Hamdi

[photo cc, Yann Gourvennec http://bit.ly/picasayann]

pratique et didactique

La e-reputation, on ne la présente plus. Quoique… Quand j’apprends à la page trois du livre que sixdegrees.com, le premier réseau social a été créé en 1997 et fermé en 2000, je m’aperçois qu’on peut encore apprendre tous les jours, même quand on baigne dans les médias sociaux. Une fois donc admise l’idée que la e-reputation n’est plus un objectif d’un futur lointain, mais un sujet de travail quotidien, comment faire ? Quels sont les bons conseils à suivre pour la création et quels écueils éviter ? Enfin, question qui passionne tous les jeunes diplômés : comment séduire les recruteurs quand on cherche un travail… ?

Voilà autant de questions qui trouvent leur réponse dans ce livre pratique et didactique, où de grands noms ont été conviés : Jacques Froissant, Christine Balagué, Matthieu Chéreau et aussi quelques dignes représentants de la société où j’ai l’honneur d’officier.

quelques signets…

Plutôt que de décrire le livre, je me suis livré à un exercice de repérage de quelques astuces ou passages qui me semblaient intéressants. Les voici en partant du début :

  • page 16:56 % des candidats à l’emploi bac+4 bac+5 utiliseraient les réseaux sociaux dans le cadre d’un recrutement (source : regionsjob)
  • 17 : 30 % des contacts via les réseaux sociaux aboutiraient à l’entretien téléphonique, écrit ou physique (sans pour autant que ce soit un entretien d’embauche précisons-le).
  • page 20 à 23 : les sept péchés capitaux du candidat 2.0 par Jacques Froissant (une pépite !) qui servira d’excellente introduction à son dernier ouvrage.
  • page 28 : le processus de recrutement et son évolution (avec notre confrère Franck Lapinta, également membre de media aces)
  • page 48 à 52 : les sept règles d’or pour bâtir son identité numérique par Matthieu Chéreau (Tigerlily)
  • page 57 : 1 anecdote croustillante sur un homonyme de Mark Zuckerberg mais qui ne sera pas suffisante à faire remonter le cours de bourse …
  • page 62 : comment un simple tweet peut tout faire basculer (cas Cisco)
  • page 71 : 5 conseils salutaires pour préserver et maintenir votre e-reputation
  • les chapitres 5,6 et 7 décrivent chacun des réseaux sociaux (personnels, professionnels ou spécialisés), ils regorgent de conseils, outils et recommandations.
  • le chapitre 8 est quant à lui dédié aux outils de gestion de la e-reputation : blogs, CV sur le Web, CV vidéo et outils de veille… et même Wikipedia !
  • page 156 et au-delà, le livre se focalise sur le très à la mode « droit à l’oubli » même si ce contexte réglementaire évolue à la vitesse grand V (avec la directive européenne dite « Euro Cookies »

En somme, un ouvrage complet et pratique que je vous recommande.

la e-réputation mode d’emploi (Hamdi, Noumen et Babkine) was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec