Art contemporain : quand digital veut dire tactile

L’Art numérique, déjà évoqué il y a quelque temps sur le blog live Orange, dans le cadre de Fabfest à la Gaîté lyrique, est dans l’air du temps. Mais on aurait tort de croire qu’il est nouveau. Explications avec Anne Cécile Worms, cofondatrice de digitalarti, une jeune pousse qui mêle intelligemment art, informatique, multimédia et … business [article écrit à l’origine pour le compte du blog live Orange]

Social et descriptif jusqu’au milieu du XIXe siècle, l’Art est devenu allégorique, onirique, puis démonstratif et immersif. Cette tendance se confirme depuis bien des années, avec le succès populaire, au départ bien imprévisible, de lieux d’Art contemporain comme le Mac Val à Ivry-sur-Seine, où les installations plongent le spectateur dans l’expérience artistique, voire le transforment en acteur. Poussons cette réflexion un cran plus loin, et l’on obtient la fusion parfaite entre univers artistique et monde « digital », un barbarisme entré par force dans notre vocabulaire, qui justifie par son étymologie qu’on puisse enfin toucher les œuvres d’Art. Tour rapide des installations telles que celles de l’exposition « exposition natural/digital » qui s’est tenue dans le « happen space » d’Accenture, des 4 au 8 juin 2012

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[regardons pousser l’arbre numérique: Samuel Rousseau, l’arbre et son ombre,  2008, installation vidéo]

imageJ’étais accompagné de mon confrère Georges Edouard Dias, le bien connu directeur du numérique du groupe L’Oréal (l’homme au doigt sur la gâchette sur la droite), et c’est avec lui que nous avons fait le tour des installations de l’exposition qui s’est révélée aussi étonnante que ludique ; Georges Edouard se prêtant même plusieurs fois au rôle de démonstrateur, notamment dans la vidéo située à la fin de cet article. Nous avons commencé notre visite par une partie de « tir au pissenlit » au sèche-cheveux (Sennep & Yoke, 2009), extrêmement amusante. Il est vrai qu’un peu à la manière des stands de foire, le visiteur se sent souvent attiré par les attractions qui lui permettent de vérifier la justesse de son tir.

l’Art contemporain exprime des idées fortes en un minimum de signes

[Sennep & Yoke, DANDELION, 2009. Installation interactive www.sennep.com / www.yoke.dk]

Dans un sens, tout l’humour et l’astuce de l’Art contemporain se résume dans cette installation a priori anodine : le détournement d’une attraction connue et populaire (le stand de tir), l’humour dérisoire de la substitution d’une arme par un objet issu du quotidien, inoffensif et propre à remettre en question notre vision du monde et cette propension à aimer les armes, atavisme probable d’une civilisation qui a érigé la guerre comme le premier et le plus commun des exercices, jusqu’à le qualifier lui aussi d’Art ; ensuite l’immersion car avec l’Art contemporain, il n’y a pas de panneau « ne pas toucher », c’est même l’inverse ; troisième caractéristique, le numérique, thème de base de l’exposition et du travail de DigitalArti en général ; enfin, les graines de pissenlit qui remplissent la dernière promesse, celle de la nature. On remarquera également le caractère forcément métaphorique du jeu de pissenlit, pour toute une génération de Français et de francophones, pour qui le Larousse a été le livre de référence pendant de nombreuses années. Là aussi il y a ironie, car le numérique, encore lui, vient changer la donne et met les livres de référence sur l’Internet, voire, les rend collaboratifs et interactifs. Un jour, cette métaphore vieille d’un siècle ne voudra plus rien dire à personne.

quand Google maps devient une œuvre d’Art

Deuxième arrêt devant une autre installation, sur un écran d’ordinateur (Street Views patchwork, 2009), et émerveillement devant tant d’ingéniosité qui m’a fait chercher à comprendre l’œuvre pendant un bon moment. Un écran partagé en 4 montre des images prises via StreetView, la numérisation du monde réalisée par la firme de Mountain View, en soi déjà une prouesse et une œuvre d’Art, surtout dans sa version satellitaire (Google Earth).

[Street Views patchwork : un exemple parmi tant d’autres …]

L’astuce trouvée par Julien Levesque c’est d’avoir assemblé à chaque fois 4 images similaires, mais prises à divers endroits de la planète, détournant ainsi le projet hyper réaliste de l’indexeur du Web en reconstituant des scènes réalistes mais irréelles : car les images sont superbement superposées afin de réaliser des tableaux très réalistes (j’ai cru un moment que les images représentaient la même scène à des époques différentes !). Prouesse technique impressionnante, mais aussi artistique, car Julien Levesque « fabrique » des paysages impossibles et pourtant probables. Cette fois-ci l’immersion est, en surface, passive, mais en fait le spectateur est littéralement aimanté par l’écran et reconstruit mentalement les différents paysages (de Finlande, France, Amérique ou ailleurs) afin d’imaginer la partie cachée de chacune des quatre photos. Dans ce cas l’immersion est intellectuelle, mais quel tour de force !

la sculpture sort de l’imprimante

imageLa troisième attraction que j’ai choisie de relater ici est celle de Mathieu Briand, Sculptures inhumaines (2009-2011) et ceci pour une raison qui m’est très personnelle : fin mars à San Francisco, j’assistai à la cinquantième réunion de Socialmedia.org, l’association des responsables des médias sociaux en grandes entreprise dont je fais partie au nom d’Orange depuis 2008. Nous eûmes alors la chance de rencontrer Chris Anderson, rédacteur de chef de Wired, qui nous a dédicacé la version BD de son célèbre ouvrage The Long Tail. Anderson nous y présentait sa vision de la prochaine innovation qui bouleverserait le monde (numérique et non numérique) : l’impression 3D. Je dois avouer que j’en avais déjà entendu parler mais que cela représentait pour moi une de ces visions du futur un peu fumeuses et pas vraiment concrète. Je prenais donc bonne note et passais à la chose suivante … jusqu’à ce que je tombe sur la sculpture de Mathieu Briand et que j’aie la révélation ! Imaginer qu’on puisse « imprimer » des objets en trois dimensions est une chose, mais voir une véritable sculpture sortie d’un ordinateur et littéralement imprimée dans un procédé nommé « stéréo lithographie » est autre chose.

interview exclusive de Anne Cécile Worms pour le blog live Orange

Le procédé, inventé dans les années 80 (sic !) Aux États-Unis, permet de sculpter des objets dans la masse d’une résine de poudre de polyamide. Cette technique, originellement réservée à la fabrication de prototypes du fait de la fragilité des sculptures a été perfectionnée dans les années 2000 ce qui permet désormais de l’utiliser à la manière de la fonderie classique. Briand a utilisé ce procédé pour inventer des arbres impossibles, racines en l’air, feuillage en bas, n’hésitant pas à « planter » des personnages fantastiques comme le bonhomme au chapeau haut de forme sur le haut de l’arbre synthétique.

Voici donc présentées succinctement quelques-unes des créations montrées en ce début juin dans les locaux d’Accenture.

une nouveauté vieille de 50 ans !

Émerveillé par tous ces objets qui sortent l’Art des musées et des vitrines pour le mettre dans toutes les mains, on pourrait se laisser aller à croire qu’il s’agit d’une invention récente : pas du tout, nous explique Anne-Cécile Worms, « l’Art numérique existe depuis 50 ans ! » Et je peux en témoigner : fils d’un pionnier de l’informatique, j’ai moi-même eu entre les mains, alors que j’étais très jeune, les premières tentatives artistiques qui sortirent des imprimantes à aiguille des gros systèmes de Bull et Burroughs.

C’était dans les années 60… que de chemin parcouru depuis lors !

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Anne-Cécile Worms, a co-fondé avec Malo Girod de l’Ain et dirige actuellement la société Digital Art International et l’association Musiques & Cultures Digitales. Elle est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, éditrice et journaliste. Digitalarti est un réseau social dédié à l’art numérique et à l’innovation (toutes plateformes, Internet et mobiles), un magazine trimestriel (disponible en version française et en version anglaise, en ligne avec vidéos intégrées, en pdf, iPad, et papier), une société de services innovants aux entreprises. Retrouvez-les sur http://digitalarti.com.

Art contemporain : quand digital veut dire tactile was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

la barre des 1000 articles passée sur visionary marketing !

aeroplane-largeCe n’est pas une course, cela va sans dire. Il n’empêche que la semaine dernière, nous avons passé la barre des 1000 articles publiés sur ce blog http://visionary.wordpress.com depuis 2005 ! Cela fait une sacrée vitesse de croisière, et je remercie bien entendu mes fidèles lectrices/lecteurs sans oublier les nombreux adeptes de twitter et autres réseaux sociaux qui ont bien voulu relayer mes articles lorsque cela en valait la peine.

Je tiens à remercier également les autres contributeurs de ce blog, visibles sur  la page à propos de même si depuis quelques années, les contributions externes ont été moins nombreuses.

Rappel de quelques articles récents et moins récents :

  1. faut-il reconsidérer l’utilisation des médias sociaux (surtout Facebook) ?
  2. Comment faire un “bon” buzz : lol + cute + trashy
  3. les blogs constituent-ils (toujours) une opportunité en B2B ?
  4. le très haut débit sera incontournable
  5. Facebook : startup idéale ou fin de la Silicon Valley ?
  6. Désindustrialisation de la France : explications

… etc. !

la barre des 1000 articles passée sur visionary marketing ! was last modified: juin 25th, 2012 by Yann Gourvennec

marketing digital : comment mesurer son efficacité par L Florès (Crmmetrix)

Le marketing digital, pour les béotiens, c’est très facile … il suffit de cliquer trois fois sur Google et d’acheter des mots-clefs sponsorisés ! Sauf que la réalité est beaucoup  plus complexe et que la discipline se révèle souvent plus exigeante que cela. Laurent Florès (patron de Crmmextrix – transparence : je suis client de cet institut de recherche marketing) s’est attaqué à cette question et a produit une somme chez Dunod pour décrire les problématiques de mesure et d’efficacité. En attendant une analyse fouillée du livre, voici le résumé de l’annonce, en relais des infos fournies par l’éditeur. A noter également que j’ai moi-même contribué à cet ouvrage au travers d’un article :

Titre: Mesurer l’Efficacité du Marketing Digital.

Auteur: Laurent Florès,

Préface de Georges Edouard Dias, Senior Vice-président, e-business de l’Oréal

MesurerefficacitemarketingdigitalLa problématique de la mesure et de l’efficacité des investissements est essentielle pour structurer, pérenniser et optimiser les actions marketing. Pourtant rien n’est simple. De façon assez paradoxale, le média qui se veut le « plus mesurable » reste souvent difficile à mesurer et à valoriser, marques et annonceurs éprouvent de grandes difficultés pour démontrer son impact sur les ventes, et plus généralement sa contribution dans la chaîne de valeur marketing.

Grâce à une expérience de plus de 15 ans en marketing digital, Laurent Florès présente et explique :

–       les spécificités du marketing digital et de sa mesure d’efficacité : web analytics, KPI et métriques quantitatifs et qualitatifs, comptage et mesure ; autant de termes et concepts qu’il faut comprendre pour concevoir la mesure de son ROI ;

–       l’écosystème digital de la marque et l’efficacité de sa stratégie « POEM » (paid, owned, earned media).

Chaque objectif marketing (notoriété, image, ventes) est illustré de cas réels, allant du site Internet aux réseaux sociaux, en passant par les campagnes display et cross-media, qui vous permettront de repérer en contexte les métriques et KPI les plus adaptés à la mesure d’impact de votre marketing digital.

Illustrés de nombreux exemples et d’avis d’expert, ce livre montre la voie pour concevoir une mesure d’efficacité adaptée au marketing digital. Un site compagnon présente l’ouvrage:www.digitalmarketingmetrics.com

marketing digital : comment mesurer son efficacité par L Florès (Crmmetrix) was last modified: juin 25th, 2012 by Yann Gourvennec

les slides du livre de media aces vus près de 30.000 fois !

Je sais que ce n’est pas bien de se vanter mais il faut avouer que les statistiques des vues des planches powerpoint du livre de l’association “les médias sociaux expliqués à mon boss” sont assez évocatrices :

  • 27.345 vues dont environ 16.000 sur sllideshare et 11.000 vues via les blogs ayant repris l’info
  • 831 téléchargements (il y a donc certainement environ 800 boss qui auront été éduqués)
  • la présentation a été mise 79 fois dans les favoris
  • 122 tweets
  • 96 likes
  • 63 partages LinkedIn

merci à tous nos lecteurs !

>> accès à la présentation sur Slideshare

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les slides du livre de media aces vus près de 30.000 fois ! was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

6 conseils de conseilsmarketing.fr pour faire de bonnes vidéos

En revenant de la conférence Le Web 2012 avec Frédéric, Timo et Edouard, où nous étions en service commandé pour le blog live.orange.com, j’ai posé quelques questions à Frédéric de Conseilsmarketing.fr sur ses bons conseils en matière de vidéo.

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Frédéric s’était fixé un défi pour le Web 2012 : 12 heures de vidéo non stop ! Mais il n’y est pas arrivé car il a calé au bout de 11 h 30 ! Non, sans blague, on s’en moque un peu de la demi heure en moins, et on s’émerveillera plutôt sur cet enthousiasme et cette capacité de travail hors du commun qui caractérise notre ami finistérien. J’ai profité de cet intermède, autour d’une bière bien méritée pour demander à Frédéric ses conseils les plus avisés pour les débutants en vidéo :

  1. préparer l’interview et relancer la personne sur un thème
  2. attention au micro et éviter de le placer à un endroit où il y a des frottements avec les vêtements
  3. penser à demander à l’interviewé d’éteindre ou éloigner son téléphone portable
  4. le cadrage : jamais au milieu et asymétrique pour rendre la vue agréable
  5. la durée : la durée théorique optimale est de 2 minutes 30, mais Frédéric est le spécialiste des grandes vidéos  Winking smile
  6. le montage : éviter de perdre trop de temps et le faire quasiment en live

J’ai conclu ma propre interview en proposant un futur défi de 24 heures à Frédéric, mais là non plus pas de chance ; il l’avait déjà fait !

6 conseils de conseilsmarketing.fr pour faire de bonnes vidéos was last modified: juin 21st, 2012 by Yann Gourvennec