« autant de différences entre mobile et internet qu’entre Tv et radio » – Benoît Corbin (MMAF)

exclamation-smallLa semaine dernière s’est tenu le 4ème Social Drinkup d’Adobe, un événement qui est vite devenu un de mes préférés, tant la qualité des intervenants est grande. Cette dernière édition n’a pas dérogé à la règle, loin de là, et le sujet du Marketing mobile s’est révélé, sans surprise, passionnant. Surtout, j’ai aimé la présentation de Benoît Corbin, à contre courant des idées reçues et Dieu sait qu’il y en a dans ce domaine ! Le marketing mobile est un sujet à la mode, et qui plus est, un sujet souvent traité dans ces colonnes et depuis fort longtemps. Ce qui est amusant avec ce thème, ou à tout le moins qui prête à réflexion, c’est que les poncifs sont souvent servis, mais qu’ils n’ont pas beaucoup de rapport à la réalité. Le Graal recherché par les annonceurs, les éditeurs et les fournisseurs de technologie est le display sur mobile, mais la réalité se trouve dans le Search et le SMS (Sic!). Le mobile est présenté comme un outil de “geo-fencing” mais son utilisation principale est à la maison. La montée des tablettes est souvent vue comme le signe avant-coureur du fait que les PC sont morts, et pourtant, selon une étude de Deloitte, ce sont surtout les seniors qui privilégient la tablette au détriment des écrans plus grands, qui ont toujours la faveur des plus jeunes… Allez comprendre ! Le marketing mobile est un lieu de fantasmes pour marketeurs en mal d’hyper ciblage mais la réalité est ailleurs. Préparez-vous à ce que le renouveau de Google passe par là … ils ont compris ce mouvement il y a bien longtemps et ont même acheté un fabricant de matériel. Plongeons dans cet univers en deux parties, d’abord avec Jacinthe Busson et Benoît Corbin, puis avec Yves Tyrode dans une autre présentation, dédiée aux applications mobiles.

 

Jacinthe Busson de Kontest au micro, devant Benoît Corbin (centre) et mon ami Olivier Saint Léger de Neuromass (co-organisateur)

Jacinthe Busson (Agence kontest et Co-organisatrice de l’événement) a introduit la soirée en présentant un état des lieux du marketing mobile en 2013. « Beaucoup de données sont disponibles » a-t-elle avancé en guide d’introduction, « mais c’est encore plus impressionnant sur ces 3 derniers mois ». Et il est vrai que nous sommes abreuvés de données … Alors qu’en est-il ?

  • Le mobile représenterait (en moyenne) 15% du trafic sur le web  : surtout dans le Commerce où 62% l’utilisent pour se renseigner avant un achat précise Jacinthe ;
  • 45% des transactions de Groupon sur l’Amérique du Nord sont le fait du mobile et 26% chez ventes privées en France ;
  • 62% des utilisateurs d’iPad auraient réalisé des achats mobiles
  • « La question se pose donc : les générations à venir vont elles connaître le PC ? » Même si des rapports contradictoires montrent que la consommation de web sur tablettes, notamment, est plus le fait de personnes plus âgées et que les plus jeunes ont encore une d’entre préférence pour l’en on vieux Pc/Mac ;
  • Les plateformes : on observe sans surprise depuis au moins deux ans le leadership incontesté d’android mais les dernières versions sont plus à jour sur les Apple, car Androïd ne permet pas de mettre à jour son système d’exploitation à la manière d’IOS. Ainsi, ces derniers voient ils les utilisateurs passer des rapidement à IOS 7 malgré certaines railleries ;
  • App ou web app : « 84% du trafic mobile vient des applications natives » ce qui aurait tendance à régler le sort des sites Web mobiles et du responsive design … Un peu vite sans doute car des nuances méritent d’être apportées ;
  • 66% des marketeurs en b2b indiquent que le mobile amplifie l’expérience de marque. Et 51% utilisent le mobile dans leur stratégie digitale.
  • Principaux usages des mobiles pour les campagnes : la visibilité

Il y a encore des responsables Web qui négligent le mobile et les tablettes, c’est une erreur. Le trafic mobile est en effet en plein boom … Même s’il est un peu dangereux d’afficher trop de certitudes dans un domaine très mouvant et en constante reconfiguration : nous y reviendrons.

Benoît Corbin, Président d’honneur de la MMA (Mobile Marketing Association)

La suite de Jacinthe fut assurée lors de cette soirée par Benoît Corbin, Directeur associé de Go Shop et Ancien président de la MMA (mobile marketing association), que j’avais connu dans cette fonction lors d’un jury e-marketing l’an dernier. Sa présentation était riche d’enseignements. Benoît vient de quitter la MMA mais il en est encore président d’honneur et c’est donc en cette qualité qu’il s’exprimait. Benoît s’est chargé de l’intégration internationale de l’association en 2012. Le rôle de cette association est de promouvoir le mobile et la tablette en tant que support de publicité. « On n’en est même plus à dire ‘mobile first’, même en France » a précisé Benoît, indiquant ainsi que la mobilité est déjà inscrite dans les gènes du Web Marketing depuis longtemps … sauf pour les plus myopes.

En voici quelques points, notés lors de sa présentation, qui est disponible ci-dessous également :

La France n’est pas en retard … loin de là

La première réaction de Benoît à l’introduction fut de dire que « le trafic des annonceurs dans les pays développés  est largement au dessus des 15% », ceci « surtout sur les sites des médias » car il s’agit en fait de moyennes, largements démenties par certains sites à fort trafic. Certes, « mais le problème est de monétiser le mobile« . Sa deuxième réaction fut pour corriger un malentendu : « En France on n’est pas en retard sur le mobile, au contraire » a déclaré Benoît : « au MWC le pavillon France est trois fois plus gros que les autres ; il y a une différence très nette en faveur de la France même si sur la monétisation c’est un peu différent ».

L’Internet mobile est mort, c’est un sujet totalement différent

Première constatation, l’Internet mobile est mort : « pendant un temps on parlait d’Internet mobile, mais il y a autant de différence entre le mobile et internet qu’il n’y en a eu entre la Tv et la radio » a insisté Benoît. Il faut éviter de refaire la même chose que ce qu’il y avait sur le Web (le display notamment). Toutefois, « ce n’est pas facile car il y a pression des acteurs de l’Internet qui voient ça comme un levier de croissance » or « c’est tout l’inverse du web : il ne faut pas gommer les différences entre les canaux« . La preuve ? Google et Microsoft ont dû racheter un fabricant de mobile … Il y a une raison à cela, c’est qu’on est bien dans un monde où tout est différent, même le design des interfaces logicielles, même le graphisme ! « Le Pc on ne l’a pas dans la poche » ajoute Benoît, et aussi, les plateformes mobiles (IOS Appstore, Android Google Play …) se permettent aussi de déréferencer les développeurs, c’est inédit, les rapports de force ont changé de bord. C’est aussi un monde beaucoup plus propriétaire, très différent du Web que l’on connaît. « On a mis nos équipes Web [d’entreprise] au digital » a poursuivi Benoît « et la question est de se poser comment on fait évoluer ces équipes car même parmi les graphistes il y a ceux qui sont à l’aise avec les petits formats et ceux qui ne le sont pas »

Deuxième constat : le décalage entre l’audience et l’investissement (ci-dessus) : « la question qu’on peut se poser c’est est-ce que le mobile sera le premier media non perméable aux revenus publicitaires » a ajout Benoît ; et il faut avouer qu’il résiste bien, le bougre. Je parle de publicité mobile sur ce blog depuis 2007, et annonce l’avènement de la pub mobile comme le nouvel eldorado depuis cette époque là … sans que cela soit jamais arrivé ; et pourtant les tentatives et les innovations ont été nombreuses ! « aujourd’hui il y a un rapport de 1 à 7, et une vraie angoisse sur ces revenus publicitaires, c’est ce qui a fait plonger Facebook » ajoute Benoît. Et reconnaissons-le, l’interface Facebook pour le mobile est loin d’être une réussite, même en dehors de ses soucis publicitaires. C’est compliqué le mobile, Benoît a raison, ce n’est pas l’Internet porté sur un petit écran, c’est quelque chose d’entièrement différent. Et selon Benoît, la mesure est aussi le problème : « tous les gens qui mesurent les revenus publicitaires ne sont pas forcément au fait des méthodes mobiles ; ils ne mesurent que le display mobile qui a, à mon avis peu d’avenir » nous dit Benoît. En d’autres termes et comme je l’ai commenté plusieurs fois sur ce sujet, de nouveaux modèles restent à inventer … plus facile à dire qu’à faire, il faudra quelques itérations, et quelques ratés avant que ça marche. Comment faire pour mesure quelque chose que l’on ne comprend pas ? Pas simple… Il y a 3 choses à noter nous dit Benoît :

  • Le mobile a une force terrible c’est la présence du terminal en tout temps et tout lieu. Mais quand il est de petite taille,cela va à l’encontre de la valorisation des CPM ;
  • Il y a un vrai scénario c’est que la publicité, du moins traditionnelle, ne sera pas énorme ;
  • Par contre le poids du Search est énorme et Google a anticipé ce mouvement en 2007 c’était très visionnaire.

Analyez la part de marché des OS mobiles, ajoutez une pincée de Search et vous avez encore compris qui va tirer les marrons du feu de la monétisation du mobile demain.

Troisième et dernier décalage décrit par Benoît Corbin, le lien entre monde « virtuel » (mot que je n’aime pas beaucoup et que j’utilise faute d’équivalent) et réel  : « le mobile est une brique essentielle pour amener des gens en magasin » ce que nos lecteurs savent, pour avoir lu les nombreuses présentations sur ce sujet : « en 2000-2010 on a beaucoup développé de choses virtuelles, mais le Mobile raccroche ces choses là avec le monde réel et il a vrai rôle pour enraciner les digital dans le vrai monde » a poursuivi Benoît. Les récentes expériences du Showrooming, notamment chez But, ou du Family Concept chez Mc Do à Velizy, qui permettent, avec le digital, de ramener le client en magasin, sont des exemples qui ont de l’importance pour le futur, même s’il ne s’agit aujourd’hui que d’expérimentations. Et enfin, il y a ce « sujet que tout le monde trouve ultra ringard, le SMS, alors que ses revenus continuent de croître de 20% et c’est un media très sain, sans trop de spam, et avec de gros potentiels de croissance ».

« autant de différences entre mobile et internet qu’entre Tv et radio » – Benoît Corbin (MMAF) was last modified: octobre 15th, 2013 by Yann Gourvennec

Web deux connect : tout le Web français se connecte le 6 et 7 novembre

handshake-largeC’est un événement que j’aime particulièrement, un rendez-vous annuel dont j’ai même été le sponsor à un moment, un endroit où le Web français vient pour échanger, partager, démontrer et où on apprend toujours énormément, soit des personnes qui s’y trouvent soit des nombreuses présentations. Surtout, ce n’est pas un événement “prise de tête” où les entrepreneurs milliardaires se tapent dans le dos en se rengorgeant de leur réussite, juste un endroit de partage, ouvert et sympathique. J’ai pris mes 2 jours pour ne rien rater de l’événement des 6-7 novembre 2013 et cette année je serai « connecteur » … Mon compte LinkedIn va encore grossir … Amis du Web : à bientôt au Web2connect !

voici la présentation de l’événement par ses organisateurs :

Webdeux.Connect 2013, les 6 et 7 novembre

Deux jours de conférences, d’ateliers
et de networking autour des nouvelles tendances du Web !

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Webdeux.Connect (ou W2C) est l’événement Web francophone de l’année qui réunira 1000 participants, plus de 20 experts intervenants, plus de 16 connecteurs*, plus de 15 exposants, 80 startups candidates au W2C Awards les 6 et 7 novembre prochains à l’Usine en face du Stade du France (métro ligne 13).

Créé en 2007, Webdeux.Connect est devenu LE rendez-vous des passionnés du numérique francophone : entrepreneurs, experts, investisseurs, journalistes, consultants, blogueurs, …

Reconnu pour la qualité des contenus abordés lors de ses tables rondes, de ses workshops et de ses conférences, W2C est aussi un espace de networking unique. Cette année encore, le Village de l’Innovation présentera les dernières tendances du Web dans un lieu d’exposition privilégié.

W2C13 mettra à l’honneur le Quantified Self, l’impression 3D, les nouvelles pratiques sur les réseaux sociaux, ou encore le tourisme 2.0, entre autres.

Lors de cette édition, W2C accueillera également de nombreuses personnalités de l’entrepreuneuriat français tel que Gilles Babinet (Capitain Dash), Romain Niccoli (Critéo), Magali Boisseau (Bedycasa), et également américain avec la venue d’Aaron Khalow (Online Marketing Institute).

Enfin, suite au succès remporté en 2012, les W2C Awards récompenseront cette année encore les startups les plus innovantes au travers de 7 prix prestigieux. 80 startups participent aux Awards dont la cérémonie de remise des prix aura lieu le jeudi 7 novembre pour clôturer W2C13. Pour en savoir plus sur les WCA : http://connect.webdeux.info/w2c-cloud-awards-wca/

Pour en savoir plus sur cette édition :

Revivez l’édition précédente en vidéo et en chiffres.

*Les connecteurs ont un rôle-clé lors de l’événement. Ils aident les participants à rencontrer les bonnes personnes selon leur besoin.

Web deux connect : tout le Web français se connecte le 6 et 7 novembre was last modified: octobre 14th, 2013 by Yann Gourvennec

publicité mobile en France : peut mieux faire ! #hubforum

phone-large_thumb.gifpar Natacha Heurtault, auteur invité de visionarymarketing.com

Le Mobile : 73% d’amour fou ! 

Scruté à la loupe, étudié sous toutes ses coutures, le mobile est l’objet de toutes les attentions et de toutes les études. Usages, applications, monétisation, appification (non, non ce n’est pas une faute de frappe mais le prochain buzzword), rien n’est laissé dans l’ombre. Le mobile était par exemple l’objet du  panel « Mobile First : Anytime, Anywhere » du Hub Forum ce Jeudi 10 Octobre 2013.  Une étude réalisée par Médiamétrie et présentée par Laurent Battais a permis de mettre des chiffres sur cet engouement :
– Il y a eu 25 millions de mobinautes en France  au 2ème trimestre 2013, ce qui représente près d’un Français de 11 ans et plus sur deux (46,2%).
– Le téléphone mobile est indispensable pour 73% des français et la tablette l’est pour 55% d’entre eux
–  21% des foyers français possèdent une tablette… contre 2,5% en 2011
– le temps passé par écran est en en très forte progression : +80% pour Internet sur mobile en un an !

publicité mobile en France : décollage laborieux
publicité mobile en France : un décollage laborieux ?

 » Le mobile ce n’est plus seulement le second écran mais c’est la télécommande de nos vies  »

Ces chiffres ont ensuite été commentés par les intervenants. « Le mobile ce n’est plus seulement le second écran mais c’est la télécommande de nos vies » a déclaré l’un d’eux. Filant la métaphore il assure qu’on dépose aujourd’hui son ou ses mobiles sur la table du café comme les cowboys déposaient jadis leur colt en signe de bienveillance !

Explosion de la publicité sur mobile aux Etats-Unis

Les chiffres publiés par l’IAB le 9 Octobre ne disent pas autre chose. En effet l’étude de l’IAB (Internet Advertising Bureau) réalisée par PriceWaterhouseCooper, indique que les recettes de la publicité mobile aux Etats-Unis ont atteint 3 milliards de dollars au cours des six premiers mois de 2013. Ce qui correspond à une augmentation de 145% par rapport à la même période  de 2012.
Il ne fait donc plus aucun doute que l’avenir sera mobile, ou ne sera pas.

Oui mais…

Pourtant certaines ombres viennent entacher ce tableau idyllique et notamment les chiffres de la publicité mobile en France. Bien sûr ils sont aussi en croissance mais celle-ci est moins forte que les usages.   La publicité sur mobile est victime d’un frein technologique car il n’y a pas de cookies sur mobile et le ciblage des mobinautes est beaucoup plus complexe à mettre en place que celui des internautes.
« La collecte de données sur mobile nécessite un processus radicalement différent de ce que nous connaissons pour l’Internet fixe. Le mobile présente un nouveau défi pour les prestataires technologiques, à savoir comment rassembler suffisamment de données, de sources multiples, assurant aux annonceurs, aux éditeurs, d’acheter pour les uns et de vendre pour les autres sans pour autant compromettre ou dégrader l’expérience utilisateur.» précise Frédéric Prigent, DG de PubMatic France, société éditrice d’une plateforme média digitale destinée aux éditeurs de contenus.

Alors bien sûr le mobile est en forte croissance et promet des lendemains qui chantent mais, dans le domaine de la publicité il peut faire beaucoup mieux !

publicité mobile en France : peut mieux faire ! #hubforum was last modified: octobre 11th, 2013 by Natacha Heurtault

Yahoo! revampe enfin son interface mail et son logo

eye-largeOuf ! Il était temps, on se demandait ce que faisait Marissa. En me connectant ce matin, j’ai remarqué un changement qui pointait depuis un moment sur le mail de Yahoo! avec des logos qui changeaient sur certaines pages mais pas toutes. Il y a bien les grognons habituels (on voit donc que ce n’est pas limité au village gaulois) qui couignent parce que le fond d’écran n’est pas amovible (sans doute les mêmes qui se repaissaient de ceux de Gmail, pourtant bien moins réussis que ceux de Yahoo!), mais dans l’ensemble, la refonte était nécessaire afin de corriger les bugs et de ramener l’interface dans le 21ème siècle. Etant abonné à Yahoo! depuis 1995 (la firme a été fondée en 1994), je trouvais que le « nouveau Yahoo! » commençait à dater sérieusement. Remarquez, pour un produit gratuit, ce n’est pas si mal … on n’a pas aussi bien au bureau !

Parmi les choses ennuyeuses, je mettrais cette façon de concaténer les messages « à la Gmail » qui est très perturbante. Je me suis demandé dans ces fils de discussion si je supprimais la réponse ou la question, pour finalement m’apercevoir que je supprimais tout. Bon, ne boudons pas notre plaisir, le logo est moins ringard et ça a l’air encore de bouger chez Yahoo! c’est bon signe, la mono culture Google commence à peser sérieusement. Mais que les oiseaux de mauvais augures se rassurent, Yahoo! a encore beaucoup de cash, notamment grâce à Ali Baba, donc il y a de l’espoir. Notez enfin qu’étant abonné à Yahoo UK et Irlande, il se peut que votre migration intervienne plus tard en France.

yahoo-mail

Yahoo! revampe enfin son interface mail et son logo was last modified: octobre 9th, 2013 by Yann Gourvennec

Les wikis sont l’avenir de la collaboration en entreprise : les usages du Wiki (2/2)

imageSuite de mon interview de Ludovic Dubost, patron de Xwiki enregistrée en septembre. Ludovic nous le démontre, par l’exemple, que la solution à la problématique de collaboration dans les entreprises pourrait (et peut même déjà) très bien passer par le wiki.

Poursuivons notre interviews de Ludovic Dubost sur les Wikis (pour relier les 2 parties http://bit.ly/xwikivm ou scannez le QR codehttp://bitly.com/xwikivm.qrcode)

“En fait, les wikis quand ils ont démarré, étaient assez pauvres en termes d’ergonomie et de graphisme, mais les informaticiens, ça ne les dérangeait pas ; ils ont dépassé ça très rapidement. Ce qui est important pour eux c’est le contenu et le partage. Quand les wikis sont arrivés vers d’autres types d’équipes, il a fallu qu’ils augmentent leur qualité graphique pour être acceptés au début. Je dis bien au début, car il reste finalement que tout cela c’est un peu secondaire. C’est vraiment comme le marketing, il faut avoir une bonne carrosserie pour que les gens achètent la voiture, mais évidemment ce qui va véritablement contester le confort et la fiabilité. Les informaticiens, avait dépassé donc ça, et ils ont été plus rapides à aller vers le wiki. Ensuite, les informaticiens ont peut-être aussi compris plus rapidement l’importance du collaboratif ! C’est un élément important. On a beaucoup travaillé sur cet aspect usage entreprise et convivialité, afin d’avoir une interface plus directe, avoir des pages d’accueil qui vous rappellent ce que vous avez comme contenu, et aussi des fonctionnalités de notification… Tout un tas de fonctionnalités qui fluidifient la circulation de l’information et l’accès à l’information, et qui facilitent la production d’information. Ce sont des choses qu’on retrouve dans les réseaux sociaux et dans Facebook par exemple.

Les bases de données

Un élément important que nous avons rajouté c’est la prise en compte des bases de données ! Ça c’est un élément important pour 2 raisons. La première raison, c’est que juste organiser les pages en texte, ça peut s’avérer assez fastidieux. Wikipedia, ça demande beaucoup de travail aux utilisateurs. C’est très efficace en termes collaboratifs, beaucoup de personnes ont pu participer ajouter leur contenu, mais quand vous prenez par exemple les pages des pays, pour qu’elles aient toute la même présentation, ça va demander beaucoup de travail car ce ne sont que des pages de texte. Et si vous voulez changer la présentation on repasse sur toutes les pages. Avec Xwiki, on a un système pour gérer ça. On peut collaborativement définir un modèle page et un modèle de structuration d’information. Ensuite, les utilisateurs, peuvent saisir dans ce modèle et remplir l’information qu’ils veulent. Si on veut changer ensuite la présentation de ces modèles, on peut le faire sans impact sur les données. On peut donc créer son application en quelques minutes sur Xwiki, et c’est ce qu’on appelle un wiki structuré, ou semi structuré. Le but est de formaliser la structure de l’information et cela offre 2 intérêts : d’une part cela permet d’avoir d’autres méthodes de navigation dans l’information, qui se rajoute aux liens et aux pages, et une présentation plus efficace qui va plaire aux utilisateurs les moins expérimentés.

L’utilisateur acteur de la structuration de l’information

Beaucoup d »uilisateurs ont l’angoisse de la feuille blanche quand on leur dit « eh bien maintenant, il faut que tu remplisse ta page ! » Alors si on leur donne une structure, ils vont être accompagnés et vont se sentir “moins bêtes”. Mais cela reste collaboratif, c’est cela qui est très important dans Xwiki. On va donc ainsi se comparer à d’autres applicatifs, qui permettent de faire de l’analyse structurée, mais qui ne sont pas du tout collaboratifs. Ils ne permettent pas de définir la structure de données. C’est un élément très important que la garder dans Xwiki, c’est que vous avez un outil où les utilisateurs peuvent eux-mêmes définir leur structure de l’information, et de leurs données, et participer. C’est du wiki structuré, c’est un applicatif dans lequel l’utilisateur est acteur de la structuration d’information.

Des données de travail de tous les jours

Le wiki a été inventé en 1995 par Ward Cunningham. L’élément-clé finalement dans la création du wiki c’était la facilité de participation et les liens entre les informations. Ces idées de base sont encore là. Les gens peuvent se tromper et ne pas comprendre l’impact de ce que veut dire le wiki, et ils comparent facilement Wikipedia à une encyclopédie. Mais dans l’entreprise, il ne s’agit pas de créer une encyclopédie ! Dans l’entreprise, on amène dans le wiki les données de travail de tous les jours. Ce sont les données avec lesquelles on travaille, ce sont des données qui peuvent être aussi des flux. Et non pas des données statiques. Ce qu’on cherche à faire avec le wiki, c’est d’essayer de maximiser 2 aspects : d’une part, la contribution, le travail instantané, et deuxièmement l’effet à long terme de cette connaissance qui est mise à disposition de toute entreprise. Et souvent, les outils privilégient l’un sur l’autre. Souvent on va faire une base de connaissances mais elle ne va pas être utilisée du tout au jour le jour et au final, comme on n’y va que très rarement, elle ne sera pas à jour. De l’autre côté, on fait des outils où on partage d’information de façon instantanée mais qui capitaliste mal  à moyen terme, et on ne retrouvera pas l’information. C’est l’exemple typique du réseau social d’entreprise. On peut poser des questions aux employés dans les réseaux sociaux, et finalement deux mois après on ne peut pas vraiment trouver l’information là-dedans. Alors qu’avec le wiki c’est différent.

Le travail quotidien en mode wiki

Fichier:EMC2.JPGOn a plusieurs types d’usage sur lesquels on travaille chez Xwiki : le premier c’est la base de connaissances, pour les équipes de support, pour les équipes de ventes. On a comme client aux États-Unis le leader mondial de stockage (EMC). Toutes leurs équipes de ventes, ont dans Xwiki les réponses à leurs appels d’offres qui sont partagées en mode wiki. En fait, vous avez des experts qui les mettent à jour et les vendeurs peuvent eux-mêmes dire si ça leur convient ou non. Ils peuvent proposer des modifications, et elles sont soumises à validation. C’est un processus d’échange entre des gens qui sont sur le terrain et ceux qui sont en centrale et qui vont valider cette information.

Meetic, est un nos clients sur les bases de supports, qui utilise le wiki pour répondre aux questions des internautes. Au téléphone, ils ont accès à une base de connaissances en mode wiki, et tous les gens qui participent au support peuvent améliorer cette base de connaissances pour que les réponses soient de plus en plus pertinentes et de plus en plus efficaces. Un autre usage, c’est la documentation; aujourd’hui vous avez beaucoup de documentations en mode wiki, c’est un usage assez naturel. On a aussi les espaces collaboratifs, c’est-à-dire pas seulement du wiki mais aussi du blog et des données structurées, du forum, etc. mais toujours construit sur le système de wiki pour que tout ça puisse communiquer ensemble. L’objectif c’est le travail collaboratif.

Réseau social d’entreprise (RSE) et wikis : plus complémentaires qu’on croit

Le réseau social a surtout pour objectif de mettre en rapport des gens qui ne se connaissent pas. Nous, on est beaucoup plus focalisés sur les gens qui travaillent ensemble et qui vont s’ouvrir un peu aux autres et surtout sur l’information qu’ils partagent. Les réseaux sociaux ont tendance à se focaliser sur l’individu en lui permettant de poser des questions, il y aura beaucoup de forums dans les réseaux sociaux, ce qui est un peu moins le cas dans les wikis. Mais il y a une complémentarité entre les 2. Nous on est plutôt sur le contenu, et sur l’organisation du contenu. Ce qu’il faut savoir ce que ces différents types d’usage se connectent et que les clients demandent de plus en plus des solutions qui savent tout faire. Ils veulent aussi la communication, et nous on fait aussi du forum chez Xwiki par exemple. C’est un usage additionnel. Il y a aussi la veille collaborative, EMC est aussi un client de cette fonction-là. L’objectif y est de surveiller le marché, ce que font les concurrents, et de veiller sur des technologies. EMC, pour son centre de recherche, fait de la veille sur toutes les technologies. La première chose est de récolter des informations de façon semi-automatique avec des flux RSS par exemple, et la deuxième est de faire récolter de l’information supplémentaire par les gens qui ont la connaissance dans l’entreprise . Ainsi, chez EMC dès qu’ils trouvent une page intéressante, ils peuvent très rapidement la classifier à l’intérieur de leur espace de veille sur le wiki, et l’associer aux types de produits que ça concerne.

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Les wikis sont l’avenir de la collaboration en entreprise : les usages du Wiki (2/2) was last modified: octobre 7th, 2013 by Yann Gourvennec