L’obsolescence programmée est-elle obsolète ?

L’obsolescence programmée est un concept un peu fourre-tout où se retrouvent côte à côte des notions diverses, telles la créativité, l’ingénierie, le design, et bien sûr l’éthique. L’absence de cadre légal clairement défini a longtemps encouragé nombre d’entreprises, parfois réunies en cartel (terme pouvant sembler réprobateur, mais utilisé par ces dernières), à dériver de la volonté de vendre davantage vers la mise en place de pratiques commerciales à l’éthique parfois douteuse. Car la frontière entre coup de génie commercial et escroquerie à grande échelle est parfois poreuse, comme nous allons le voir dans cet article. Mon objectif n’est pas de vous apporter mon avis sur une problématique vaste au nombre de facettes infini, mais de vous présenter un état des lieux de l’obsolescence programmée d’hier à aujourd’hui.

Obsolescence programmée : pourquoi nos ampoules ne durent-elles pas 100 ans ?

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Installée à l’aube du 20e siècle, l’ampoule de Livermore brille encore et toujours. (droits : cc wikimedia)

Pour commencer, connaissez-vous l’ampoule de Livermore ? Cette ampoule éclairant l’entrée d’une caserne Californienne a la particularité de n’avoir jamais été éteinte depuis… 1901, soit près de 115 ans d’éclairage continu. Il est d’ailleurs possible de vérifier par vous même son éclat (il est vrai un peu faiblard désormais) sur son site officiel. L’ampoule est devenue une véritable célébrité dans la région et a même le droit à sa fête annuelle. La retransmission live a d’ailleurs coûté la vie à de multiples webcam qui n’ont pas su égaler sa longévité… Pourquoi une lampe du siècle passé a t-elle survécu si longtemps, quand nous, dans nos années 2000, devons changer nos ampoules pratiquement chaque année ? C’est là qu’intervient la notion d’obsolescence programmée.

Celle-ci est difficile à cerner car elle apparaît sous différentes formes, certaines jugées moins « éthiques » que d’autres, et certains cas seulement ont pu être prouvés. On peut néanmoins s’accorder sur la définition d’obsolescence donnée par le Larousse : « dépréciation d’un matériel ou d’un équipement avant son usure matérielle ». On peut donner à cette dépréciation diverses raisons. L’ADEME (auteur de ce rapport de 2012 sur l’obsolescence des équipements électriques et électroniques) a d’ailleurs séparé le terme d’obsolescence en deux :

  • L’obsolescence fonctionnelle : le produit ne répond plus aux nouveaux usages attendus, pour des raisons techniques (exemple incompatibilité avec de nouveaux équipements), règlementaires et/ou économiques ;
  • L’obsolescence d’évolution : le produit ne répond plus aux envies des utilisateurs qui souhaitent acquérir un nouveau modèle du fait d’une évolution de fonctionnalité ou de design.

L’obsolescence comme solution à la crise ?

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L’obsolescence programmée est-elle obsolète ? was last modified: février 11th, 2016 by Cédric Jeanblanc

Webinaire : l’arme fatale du marketing b2b

Le webinaire (alias conférence web ou webinar en anglais pour la compression entre séminaire et web) est un de mes outils favoris. Je l’utilise depuis 2000, aux tous débuts de la conférence sur le Web. Et ses usages sont multiples : événementiels (j’ai même commencé comme ça) pour relier des sites distants et permettre la diffusion d’une présentation à distance, formation (à ESG je donne des cours en ligne depuis 2007 et dans le cadre de mon mastère spécialisé à Grenoble Ecole de management je l’utilise pour permettre des classes avec des professeurs ou experts distants). Enfin et surtout, le webinaire est un outil idéal pour les présentations de fond où le contenu est riche et aussi pour les sessions produits ou support avec les clients acquis. La conférence du 29/01 organisée par  Webikeo nous a permis de balayer les bonnes pratiques de ce nouveau mode de communication (nouveau en France s’entend). Mieux, au travers de 3000 webinaires écoulés, Ondine Trompette et Pierre Henri Tataranno ont pu tirer des conclusions intéressantes pour tous ceux qui veulent profiter à fin de ce  mode de communication, fer de lance du marketing de contenu à mon humble avis. 

Le Webinaire au coeur des stratégies marketing B2B

Pierre Henri Tataranno, fondateur de Webikeo a ouvert la session avant de passer la parole à Ondine Trompette
Pierre Henri Tataranno, fondateur de Webikeo a ouvert la session avant de passer la parole à Ondine Trompette

Les bonnes pratiques des webinaires au travers des 3000 sessions écoulées sur Webikeo  

Ces sessions passées (3000 au total, ce n’est pas rien) ont permis à la start-up (transparence : dont nous sommes partenaires) intégrée dans le groupe Companeo récemment, de présenter les  conclusions suivantes. J’ai pu capter les slides les plus intéressants grâce à Evernote, qui est désormais doté d’une superbe fonction de capture de document graphique :
  • D’abord, il faut savoir choisir ses sujets : les attentes et les sujets doivent être adaptés aux cibles et cela ne se fait pas n’importe comment. Il existe en effet différents types de webinaires qui se situent plus ou moins haut dans le tunnel de conversion. En voici la nomenclature donnée par Webikeo :
nomenclature des différents types de webinaires
Nomenclature des différents types de webinaires
 
Il ne faut surtout pas croire que les webinaires d’évangélisation ou de nurturing sont moins importants que ceux de closing. C’est même à mon avis tout le contraire. À vouloir clore trop vite on finit souvent par vendre très mal. Le webinaire est aussi un instrument en amont du social selling et il est très adapté aux professions intellectuelles.
  • La durée des webinaires : le format de 15 minutes est peu utilisé mais prometteur. Les formats qui fonctionnent sont divers : 62% des webinaires font plus de 45 minutes. Or le format 15 minutes est peu utilisé mais c’est le format court qu’il faut privilégier sur les cibles de décideurs, afin de les fidéliser.
  • Quel est le meilleur horaire ? Il n’y en a pas, nous a expliqué Ondine. Ce qui est important c’est de connaître le quotidien de ses clients. Pour les commerçants par exemple, on privilégie le lundi car c’est leur jour de repos. « Pour les DRH, on évite les mercredis pour les mamans » nous dit Ondine. En fonction de la cible on définira ainsi l’horaire le plus pertinent.
  • Objectif acquisition sur emailings : Ondine a cité un exemple où une entreprise a réussi à rassembler 500 inscrits avec 80% de personnes travaillant dans un service marketing (donc dans la cible de l’organisateur).
un exemple de webinathon en novembre
un exemple de webinathon avec Orange en novembre 2015
A l’inverse étudions exemple qui n’a pas marché, le portage salarial, et expliquons pourquoi :
  • D’abord un titre trop long. « Le portage salarial une solution simple et rapide pour gérer effectivement vos ressources humaines externes ». Le résultat a été cinglant : 30 inscrits et seulement 30% dans la cible.
  • Webikeo a donc mené l’enquête et ils se sont aperçu que la cible était beaucoup plus large la simple population des DRH. Ce sujet touchait en effet aussi les métiers qui ont les DRH comme interlocuteurs (un élément de réflexion souvent rencontré en b2b où les clients soient souvent obnubilés par leurs cibles et oublient de regarder au delà).
  • Ensuite, un passage de l’horaire de 45 minutes à 30 minutes et un changement du titre en mettant en exergue la loi qui change ont permet de passer à 45 inscrits ce qui représente une augmentation de 50%
  • N’en déduisez pas pour autant que la durée du Webinaire doit absolument être courte. Sur des sujets complexes comme l’IT, les Big Data et même la RH et la transformation digitale, j’ai vu de grands auditoires rester captifs pendant près d’une heure et même un peu plus. Mais il ne faut pas abuser et au fur et à mesure, la durée devra se raccourcir.

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Webinaire : l’arme fatale du marketing b2b was last modified: février 9th, 2016 by Yann Gourvennec

Innovation : quatre secrets du succès de la Silicon Valley

Berceau des géants du net, véritable mine d’innovation, centre névralgique des nouvelles technologies, la Silicon Valley est une source de fascination pour nombre d’entreprises qui rêvent de découvrir les secrets de cette réussite. C’est le but du livre écrit par Guillaume Villon de Benveniste, intitulé Les secrets des entreprises de la silicon valley : innover pour devenir leader et paru aux éditions Eyrolles.

On entend beaucoup parler de la Silicon Valley, comment peut-on la décrire ?

On peut la définir comme l’épicentre mondial de l’innovation. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a 120 ans, la Silicon Valley était à Paris, ici dans le neuvième arrondissement. On imaginait à l’époque que depuis l’Avenue de l’Opéra, qui était très large, on pourrait y faire décoller des avions !

Silicon Valley
Quels sont les secrets pour que les efforts d’innovation réalisés par les entreprises portent leurs fruits ?

Nous allons parler des entrepreneurs de la Silicon Valley. As-tu fait un choix parmi ces entrepreneurs ? Est-ce la bio-Tech ? La Hi-Tech informatique ?

Je n’ai pas de choix particulier, mais je me suis beaucoup inspiré d’Apple, car cette entreprise a réalisé une performance sans égale en matière d’innovation, sur la dernière décennie. Je me suis également inspiré de la façon d’innover dans la Silicon Valley. On pourrait en apprendre beaucoup en France. L’objectif est d’expliquer ce que les gens font dans la Silicon Valley, et la façon dont ils réussissent l’innovation là où nous avons peut-être quelques difficultés.

Quels sont ces secrets ?

Il y en a quartre :

Le premier secret, qui nous concerne, je pense, nous Français, est de se convaincre que le vecteur de compétitivité majeur, c’est l’innovation. Je dis cela car si l’on se penche sur nos 30 dernières années France, les coûts sont rationnalisés, vont dans les pays émergeants, vers les fusions et acquisitions etc. Dans la Silicon Valley, on s’aperçoit qu’il y a une foi dans l’innovation, pas juste parce que l’on trouve que c’est sympa d’innover, mais car il y a une compréhension de sa fonction économique et de son apport en compétitivité.

Le deuxième secret est de donner un sens à ce qu’est l’innovation. Il y a différentes façon de donner un sens, et l’écueil qui est le nôtre en France est, de mon point de vue, que l’on est capable de faire de nouvelles choses que personne n’achète. On fait ce que j’appelle de l’invention, sans avoir cette culture commerciale. Dans un processus d’innovation la première question est : « qu’est-ce qui va déclencher l’acte d’achat ? ». C’est quelque chose que l’on a moins l’habitude de faire en France. Les entreprises de la Silicon Valley sont moins focalisées sur la technologie et plus sur ce qui fait qu’un client va acheter.

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Innovation : quatre secrets du succès de la Silicon Valley was last modified: janvier 25th, 2016 by Cédric Jeanblanc

Marketing de la grenouille – le consommateur enfant de la crise

le marketing de la grenouilleLe mariage entre sociologie et marketing est le résultat d’une longue lignée. On trouve une des premières traces de ce phénomène dans la Bible du comportement du consommateur de Pras et Tarondeau, certes un peu datée (1981). À la suite de la publication le temps des tribus par Michel Maffesoli, on trouve aussi le livre qui a servi d’inspiration à Olivier Badot et Bernard Cova pour leur fameux ouvrage le néo marketing (pour les familiers de ce blog, il s’agit du livre fondateur qui a inspiré notre première publication : le marketing finalitaire alias Visionary Marketing). Quand on parle sociologie et marketing, on pense cependant et avant tout aux fameux sociostyles de Bernard Cathelat qui sont encore plus anciens (1972). Voici le digne héritier de cette lignée, le marketing de la grenouille par Valérie et Philippe Jourdan et Jean-Claude Pacitto, aux éditions Kawa*, qui pour l’occasion organise avec Visionary Marketing un événement exceptionnel à Paris le 16 février à 19:00 au café de l’hôtel Drouot. Cet événement qui rassemblera parmi les meilleurs influenceurs du domaine marketing est également ouvert au public amateur de marketing désireux de se familiariser avec cette nouvelle approche du consommateur, que les auteurs ont appelé le const-battant : il s’agit d’un consommateur aux prises avec un monde en crise économique, écologique et identitaire. Ne traînez pas pour vous inscrire car les places sont limitées (http://bit.ly/lagrenouille). 

* transparence : Kawa est mon éditeur et l’agence accompagne Philippe Jourdan dans l’organisation de cette réunion

Le marketing de la grenouille, vision dynamique du « conso-battant »

Le marketing de la grenouille est probablement l’héritier de ces sociostyles. Comme l’explique Philippe Jourdan dans cette interview réalisée en nos locaux il y a quelques jours, cet ouvrage va au-delà et corrige certains manques de l’approche de Cathelat, en lui donnant une vision plus dynamique, plus moderne et surtout plus liée au monde aujourd’hui, avec l’impact très fort du digital, aux deux bouts du spectre (côté consommateur et côté marque).

Le marketing de la grenouille ?

le marketing de la grenouille
La crise a fait émerger un nouveau type de consommateur, appelé le conso-battant, qui se sert du digital pour apporter un équilibre dans le rapport de force marque / consommateur.

Mais qu’est-ce que le marketing de la grenouille ? Un marketing pour les Français ? Oui sans doute, cette tradition sociologique du marketing est-elle très française et originale dans le paysage internationale. Mais pas seulement. Il y a plusieurs niveaux de lecture du marketing de la grenouille, celui de ce consommateur un peu gluant et insaisissable qui change qui évolue (voir même qui passe d’un segment à un autre un peu comme une grenouille dont la peau changerait de couleur au fil des saisons), mais il s’agit aussi un marketing de l’agilité, car en cette période de transformation digitale, les entreprises figées dans leur approche consommateurs se doivent d’évoluer et de s’adapter au monde qui change.

Pour faire le point sur ces nouveaux modes de consommation d’une part, et ses approches marketing adaptées qui vont permettre aux entreprises du XXIe siècle de se développer, sinon survivre, nous avons organisé pour le compte de notre client promise Consulting et de Philippe et Valérie Jourdan, coauteur avec Jean-Claude Pacitto du marketing de la grenouille, une conférence-événement qui aura lieu en plein Paris, à Drouot le mardi 16 février à 19:00 précises (inscription obligatoire bit.ly/lagrenouille)

le marketing de la grenouille.png

Voici maintenant la transcription simplifiée de notre interview de Philippe Jourdan :

L’évolution du contexte économique et le digital ont donné lieu à un nouveau type de consommateur, que vous appelez le conso-battant.

Effectivement. Il s’agit d’une façon d’affirmer deux choses importantes :

  • L’évolution du comportement du consommateur : celle-ci n’est pas d’ordre purement conjoncturelle. Certes, la crise a accéléré un certain nombre de tendances, mais la cause profonde n’est pas la crise. Un retour à la croissance ne signifiera donc pas un retour en arrière.
  • L’impact du digital explique à la fois l’accélération, le renforcement de ces évolutions et leur installation dans la durée.
le marketing de la grenouille - Philippe Jourdan
Philippe Jourdan lors de notre interview sur le marketing de la grenouille

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Marketing de la grenouille – le consommateur enfant de la crise was last modified: janvier 21st, 2016 by Yann Gourvennec

Quand la RH fait son marketing ( Webinaire )

Un webinaire sur le marketing RH

avec les meilleurs experts du domaine (le 26 janvier 2016 à 13:30, cela ne se refuse pas (transparence : webinaire organisé pour le compte de mon client Orange Business Services).  J’organise souvent des webinaires pour le compte de mes clients, et je ne tarirai jamais d’éloges sur ce « nouveau » mode de marketing que j’ai pour la première fois expérimenté il y a près de 20 ans. Enfin, la mayonnaise commence-t-elle à prendre de ce côté-ci de l’Atlantique, et je dois avouer que je suis très content de l’afflux d’audience sur des sujets très B2B, comme celui-ci. Nul doute que d’autres clients finiront aussi par se lancer sur des modes innovants de webinaires (formation comme je le fais avec MBAebusiness d’ESG depuis 8 ans, réunions de consommateurs, focus groups, réunions de discussions et de spécifications … on peut tout inventer avec cet outil). Mais revenons à nos moutons : le marketing RH

Le marketing RH, que nous avons appelé Marque employeur pendant des années est un des sujets phares de la RH. dans le domaine technique du cloud et des Big Data, cette nouvelle approche est même incontournable. Pour l’expliquer, j’ai écrit un article sur le blog de mon client Orange Business Services, dont vous trouverez un extrait ci-dessous et un lien. Dans les domaines où le marché du travail devient un marché tiré par l’employé et non l’employeur comme le fait remarquer fort justement Bertrand Duperrin, c’est à la RH de faire l’effort et d’aller attirer les talents à elle. La logique est complètement inversée.

Transformation digitale et marketing RH

La transformation digitale a donc un impact au-delà des domaines techniques, elle touche également les métiers de l’humain. En 2016, il est possible d’avoir un bon recul sur ce sujet du Marketing RH, qui est à l’honneur depuis au moins 5 à 8 ans selon les entreprises (tout le monde se souvient des premiers essais réalisés par Arcelor Mittal et Vanksen et Société Générale et Franck La Pinta).

Qu’en est-il donc aujourd’hui ? Quels sont les impacts sur l’organisation, la mobilisation des employés et le fonctionnement de l’entreprise ? Quels sont les outils à disposition ? Quels sont les enjeux pour bien les utiliser, former les employés, éviter que certains se sentent dépassés ? Voici quelques unes des questions que nous allons aborder au cours de ce webinaire auquel nous avons convié deux praticiennes expérimentées, Fadhila Brahimi ou Meike Spahrbier, qui nous feront bénéficier de leur recul et de leur savoir-faire. Enfin et surtout, les deux intervenantes nous donnerons leur opinion sur les tendances 2016 de la transformation RH.

marketing RH

Pour débattre de cette place de la technologie, de ses usages, des enjeux de formation et de connaissances qui vont donner une nouvelle dimension aux ressources humaines en entreprise, Orange Business Services a convié deux praticiennes expérimentées du domaine : Fadhila Brahimi de FB-Associés et Meike Spahrbier du groupe Orange. Lire la suite

Quand la RH fait son marketing ( Webinaire ) was last modified: janvier 16th, 2016 by Yann Gourvennec