Internet des objets : « nouvelle ère de l’électronique grand public » #g9plus

La réunion annuelle du g9+ du 26 novembre 2013 était un must pour moi car elle était dédiée aux objets connectés et le panel des intervenants était de très haut niveau. J’étais donc là au premier rang pour faire mon compte rendu. La « France est bien placée pour devenir leader dans le domaine des objets connnectés » a dit Luc Bretones dans son introduction. Ces objets connectés, on en parle depuis longtemps, et je me souviens même avoir organisé, avec Rafi Haladjian, un petit déjeuner du Web en tout début 2010. Plus récemment LeWeb12 de Loic Le Meur a été dédié à l’Internet des objets. Mais la situation a beaucoup changé depuis lors. Allez à la FNAC et à côté des cafetières électriques (soupirs) vous avez un rayon complet d’objets connectés.

Depuis quelques semaines, je mesure mes pas, mes km et mon sommeil avec ihealth, très pratique pour voir si vous faites assez d’exercice. cela a été une véritable découverte pour moi, je pensais que ces objets connectés étaient pour les poseurs, mais j’ai appris des choses importantes pour ma santé et mon bien-être … encourageant (un peu moins de 60€ à la FNAC)

On y est donc, enfin presque … Les objets connectés, quand on les essaie dans les premiers temps, c’est l’engouement ; puis vient la lassitude (si j’en crois Rafi et aussi mon expérience personnelle), puis la perception des limitations ; le modèle n’est pas complètement fini, mais on sent bien diffusément qu’un nouveau marché prometteur arrive, se crée, sans qu’on sache bien la direction qu’il risque de prendre : certains prônent le tout Smartphone, d’autres l’objet connecté indépendant (“wearable”), d’autres les deux … pas très facile d’y voir encore clair, même si, pour l’instant, comme l’indique Pascal Cagni, ce qui fonctionne, ce sont les objets connectés « qui résolvent un problème à la fois ». Mais ne boudons pas notre plaisir, ces objets n’en sont qu’aux balbutiements et on perçoit avec les intervenants et notamment cette superbe présentation de Pascal Cagni, que l’Internet des objets (IOT ou Internet of Things en anglais) est bien en passe de devenir un des marchés High-Tech majeurs du futur. Voici ce que j’ai retenu de mon passage à la maison des arts et métiers hier soir place d’Iéna :

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l’introduction par Luc Bretones

Pascal Cagni : a dirigé Apple en Europe, au moyen orient en Inde et en Afrique

« J’ai eu la chance de vivre les différentes époques, du PC et d’Apple, et ce qui me tient à cœur ce sont les 5 ans d’expérience à Angers où on a repris un entrepôt et on en a fait le leader du PC en Europe. Malgré l’épopée Apple c’est ce sont j’ai été le plus fier » a-t-il annoncé dans son introduction. « Puis je suis arrivé chez Apple au moment où l’action était divisée par 2 et en Octobre 2001 on lançait l’iPod et le reste est connu » a-t-il ajouté.  Puis Pascal a rejoint une « vraie industrie », le DIY, puis Vivendi. De manière plus personnelle il investit aussi sur la curation (pour lui un secteur en plein essor) et la musique et aussi l’Internet de objets (Nest aux US et Netatmo en France, qui sont pourtant concurrents).

Une nouvelle ère de l’électronique grand pubic

Pascal Cagni, chiffres en mains, nous décrit un nouvelle ère de haute technologie grand public : « sur les nouveaux devices, on vit une nouvelle ère de l’electronique grand public à cause de l’Internet mobile. Il y a 1.5 milliards de smartphones aujourd’hui et on passera à 4 milliards en 2020 selon Pascal. Dans 3 ou 4 ans une personne sur 6 dans le monde aura une tablette. Et il y en a déjà 327 millions a aujourd’hui. « C’est bien mais ce n’est pas suffisant car il y a aussi la couverture 4G à réaliser. En 5-6 ans l’industrie des applications est de 5-6 milliards de $ ». Tout ceci pour montrer que nous sommes face à un énorme potentiel, Pascal a assez insisté sur ce train qui démarre et que nous ne devons pas rater.

Surtout en Europe ! Car si nous avions pris une avance sérieuse sur l’introduction de la mobilité 1 et 2G, selon pascal Cagni, « nous (l’Europe, NDLR) avons perdu cette bataille du matériel mobile en Europe » aujourd’hui. La couverture 4G est en retard elle aussi. « L’Europe a eu un très bon départ en 2007-2009, mais elle n’est pas leader aujourd’hui ». Mais ne perdons pas espoir, il y a selon Pascal de l’optimisme et des signes technologiques encourageants que l’Europe pourrait saisir :

  • Le Bluetooth low energy permet de faire 99% de gains d’économie
  • La nanoisation des composants fait qu’on est de plus en plus petits. Il y a des gros mastodontes qui ont raté le mobile et qui se précipitent sur le Nouvel environnement
  • Les composants deviennent aussi beaucoup moins chers
  • IPV6 nous ouvre aussi beaucoup de possibilités avec 34 milliards de milliards de milliards de milliards ou 2 puissance 138 adresses … c’en est fini la restriction de l’ipv4, on peut connecter tout et n’importe quoi (même si cela a fait bondir Rafi Haladjian qui ne voit pas trop d’intérêt à cette démarche purement techno)
  • C’est ce qui permet d’arriver à une nouvelle industrie des objets connnectés

Ce à quoi nous assistons, « c’est une troisième phase de l’Internet ! On a raté la deuxième mais nous avons aujourd’hui la possibilité de tirer profit de cette nouvelle vague » a poursuivi Pascal. Le iOT sera plus important que le marché du mobile a dit encore dit.

Le smartphone le futur hub de l’iOT

La capacité à porter un bracelet pendant 2 ou 3 mois est limitée, selon les participants, et je confirme, car j’ai craqué au bout d’une semaine. Alors « il faut se baser sur le smartphone car les usages sont là ». Le smartphone, on le prend partout et il est partout et c’est aussi un appareil très personnel. On regarde en moyenne 150 fois son smartphone dans la journée a annoncé Pascal, même si au G9plus, surtout ce soir là, nous aurions pu ajouter un zéro !

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Wearable ou Smartphone … that is the question!

Les « Wearables » (objets connectés portables)

« 72% de ces actions pourraient réaliser ces tâches à partir de « wearables » déclare Pascal. Mais Apple ne semble pas prêt à lancer ce genre de produits aujoud’hui selon lui, faisant référence aux nombreuses rumeurs sur la montre iPhone. Les « wearables » seront ils le futur du Web ? C’est là la question. Rien que sur ce segment là on parle d’un business de plus de 50milliards de dollars en 2016-2017 selon Crédit Suisse.

Le IOT révolutionnera transports et parking

Le IOT révolutionnera le parking aussi. A Londres on peut déjà utiliser le « pay by phone ». « Bientôt on pourra aussi savoir où sont les places libres » prédit Pascal. Et Google est aussi en train de prendre le lead sur la voiture intelligente (ce rêve là, je m’en souviens, je l’ai rencontré la première fois dans un numéro de Science et Vie de la fin des années 1970… c’est dire que de la science fiction à la réalité …). Le IOT va également créer une rupture dans le monde de l’assurance avec des objets connectés et on devrait atteindre un marché de 55 milliards de $ rien que dans le monde de la voiture, à horizon 2015. Tous ces chiffres mis bout à bout commencent à faire une belle somme !

La maison connectée… enfin !

Pascal Cagni pense également que la maison connectée verra enfin le jour grâce à l’iOT. Vidéo surveillance, alarmes à la maison, gestion du jardin à distance … Tout cela peut paraître anecdotique mais la technologie va aussi au delà en régulant la qualité de l’air dans les maisons, un élément crucial pour la santé des citoyens (c’est le travail fait par netatmo, une société française, qui a créé un thermostat connecté au smartphone). NB : pascal Cagni a investi dans netatmo mais aussi dans son concurrent américain Nest … on n’est jamais trop prudent.

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Pascal Cagni au pupitre

La santé n’est pas en reste

La santé est même certainement le domaine où les « wearables » ont eu le plus tôt le vent en poupe. Il a beaucoup été fait mention de Jawbone lors de cette conférence, qui semble avoir créé le buzz, et comme souvent, l’auto-propéthie des marchés High Tech fait que quand on en parle beaucoup, on en achète beaucoup … même quand on ne comprend pas toujours à quoi ça sert. Dans ce domaine de la santé on pourrait envisager, selon Pascal, 26 milliards de $ à 2016.

 

Tous ces chiffres mis bout à bout cela fait beaucoup ! Bien sûr il y a la question des normes et du respect de la vie privée. Mais on peut être sûr que le IOT va changer le marché et pascal Cagni ne voit pas ce marché rester au mains de quelques géants mais au contraire créer une vraie opportunité pour la France qui a des ingénieurs de talent, et déjà 60000 expatriés dans la Silicon Valley (il ne faut pas perdre le Nord, c’est là que ça se passe). Et on a aussi des leaders comme Parrot, Withings … Même si on a encore peur des entrepreneurs en France. Une revue des investissements High Tech montrée par Pascal Cagni donne des résultats en demi-teinte : 36% des investissements vont au RU, 22% seulement en France, mais cela reste le 2ème pays d’Europe. Certes, mais « Berlin explose » selon Pascal, ce n’est pas seulement du buzz. Nous avons des atouts, ce n’est pas une information, mais il ne faudra pas les gâcher… ce n’est pas une information non plus.

Reste à l’avenir de vérifier si tous ces chiffres de marchés sont confirmés par les faits … je ne doute pas des prévisions d’investissement dans ces domaines, nous pouvons nous préparer à des échanges d’argent impressionnants.

Internet des objets : « nouvelle ère de l’électronique grand public » #g9plus was last modified: novembre 28th, 2013 by Yann Gourvennec

le marketing doit se réinventer ! #JNM2013 avec @Adetem

tout-savoir-sur-le-marketing-est-mort-vive-le-marketingJ’ai assisté à la dernière présentation de la journée des JNM de l’adetem qui cette année a eu lieu à l’espace Pierre Cardin à Paris. Cette conférence faisait suite au lancement du nouvel ouvrage de l’adetem aux éditions Kawa (NDLR: également mon éditeur) sous la direction de henri Kaufman est dont le titre est « le marketing est mort, vive le marketing ! » Ce livre est basé sur le « manifeste du marketing » qui a été initié par l’association, et auquel j’ai participé.  Le manifeste est repris dans le livre dont vous trouverez la couverture et le lien associé. Chacun des intervenants a expliqué sa vision propre de l’évolution du marketing, d’un marketing qui est malmené par des consommateurs devenus consommacteurs (le jeu de mot est éculé mais il n’a probablement jamais été aussi vrai) mais aussi, et c’est un paradoxe, au moment où ces consommateurs sont devenus de plus en plus capables d’interagir directement, jamais le marketing ne semble avoir autant oublié de faire ses gammes, et de respecter l’éthique du métier. Sans parler de l’écoute du consommateur qui selon nos intervenant fait défaut, malgré la technologie. Ce marketing, dont tous les participants ont insisté sur l’image déplorable et les ficelles très facilement détectables par les consommateurs, doit revenir sur ses fondamentaux, et redécouvrir le respect des consommateurs. Les entreprises doivent également rattraper le retard qu’elles ont pris sur leurs clients. Compte-rendu ci après avec mes notes en séance de ce débat animé de main de maître par notre ami et confrère François Laurent :

(note : il faut également noter, dans la foulée de cette conférence et de la sortie de ce livre, la sortie d’un site fondamental, sur lequel nous reviendrons bientôt, où l’Adetem et ses partenaires promeuvent le marketing éthique. Belle initiative dans la foulée de la charte de l’éthique que j’ai signée il y a quelques années pour le compte de Media Aces).

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Une table ronde très intéressante, même si les participants étaient un peu cachés par la table … heureusement, je les connaissais tous !

Le consommateur à la barre : il faut former la génération X !

imageHervé Kabla (beangels et coauteur avec moi de la communication digitale expliquée à mon boss) : Hervé a commencé la discussion en introduisant le changeant de paradigme qui peut paraître évident pour certains mais ne lest pas encore pour beaucoup. « Nous sommes en train d’assister à un changement extraordinaire entre les organisations et les publics. Où que soit ce public, la relation peut être maintenue et aussi, c’est le public qui est à la tête de la relation ». Celle-ci s’est donc inversée. C’est ce changement de paradigme qui est important pour Hervé. « Or, il y a encore des chefs d’entreprises qui n’en sont pas encore conscients et il y a donc une nécessité de former, non pas la génération Y, mais la Génération X ! » A-t-il poursuivi.

Xavier Charpentier (photo Paris 2.0)

Xavier Charpentier (consultant et ancien philosophe) a enchaîné sous les questions de notre compère François Laurent : mon métier est de travailler avec les consommateurs et il y a 3 choses qui paraissent importantes :

  1. Le marketing doit passer du marketing de la demande classique à un marketing de la rupture. la Poste (qui sert des clients qui n’écrivent plus !), Sosh (qui fait travailler ses clients) sont autant d’exemples de réinvention des métiers.
  2. On remarque aussi qu’on passe d’un marketing de la segmentation à un marketing de la fragmentation. Le bon coin coïncide avec le Bon marché et il faut gérer des cibles aussi différentes.
  3. Altérité : c’est un mot très important, il ne suffit plus de travailler avec des gens un peu différents, mais avec des gens très différents.

Emmanuel Mignot (patron de Teletech, opérateur de centres d’appels, blogueur et leader d’opinion dans le CRM avec cherclient) : « je travaille dans le marketing depuis 30 ans et je n’ai jamais eu de réunions de débriefing avec les responsables marketing des marques » a dit Emmanuel. « On parle du consommateur au centre mais le marketing en est absent« . Les call centers sont des choses qui n’intéressent pas beaucoup les directions générales selon Emmanuel et les réactions des clients sont instantanées mais les clients marketeurs n’utilisent pas ces interactions selon lui. « On (Teletech NDLR) alimente les bases en mécontentement et contentement du consommateur mais le marketing a manqué le CRM, est à la peine avec le e-business et souffre avec le big data » a-t-il ajouté. Les organisations ont construit une sorte de Mille feuille et le marketing a une opportunité pour donner une ligne directrice à ces actions. Il y a opportunité et nécessité stratégique. François Laurent a rajouté quant à lui que « malgré les outils technologiques les clients (marketeurs) sont autistes ».

imageFrank Rosenthal (blogueur et consultant, expert de la distribution) : dans la distribution,  les entreprises écoutent un peu plus les clients selon Franck. La relation client n’a pas toujours été traitée correctement par les distributeurs mais « il s’y mettent et ceux qui sont plus performants en CRM sont aussi plus performants en General ». Et il ajoute « On parle de Customer centric mais il est temps qu’on s’y mette« . Qu’est ce qui va changer encore ? « La distribution explose et n’est plus un passage obligé. Quand on pose la question aux français s’ils ramassent des objets sur les trottoirs, 38% répondent oui ! Ce n’est pas neutre. Le bon coin est aussi un gros distributeur de produits Ikea (revendus : c’est l’économie circulaire) … Les choses évoluent. Les hypers n’ont plus les plus gros choix. Amazon France a 107 millions de références ! Il faut aussi ajouter l’expérience au trio prix/choix/service. Avec une croissance faible, tout le monde devient concurrent de tout le monde. Starbucks achète des salons de thé par exemple. Enfin, les magasins doivent être réinventés, car les gens évoluent plus vite que les magasins. Il y a la digitalisatiońl à réactivité, lape réforma ce prix et tout cela est un cycle ».  On le voit, les changements ne sont pas minces dans ce secteur.

David Garbous (photo Les Echos) est directeur du marketing stratégique de Fleury Michon et à donné son point de vu d’annonceur : il est arrivé chez Fleury Michon en pleine crise de la viande de cheval. Il pense que “les reportages sur la qualité de la nourriture vont se multiplier” car selon lui il y a un écart grandissant entre l’imagination des clients et la réalité de l’après guerre qui a construit un système de production destiné à nourrir le monde. Il y a eu « une déviation par rapport à l’objectif de base » a-t-il ajouté. Chez Lesieur où il travaillait avant, sur les sauces, c’est marqué « aux œufs frais » mais la réalité est très différente de la vision marketing d’une poule qui gambade dans la nature. « Le marketing a dévié de la réalité et il faut maintenant rattraper les différences de perception par les  consommateurs« . Les consommateurs sont en attente sur des actions plus transparentes. Et il faut que l’on considère que cet écart là devra être réduit considérablement et c’est une opportunité fantastique pour le marketing pour arrêter de raconter de belles histoires, mais de vraies histoires. C’est comme ça qu’on crée les conditions de la croissance selon lui.

Quand les clients disent « c’est du marketing » ce n’est pas flatteur

David Garbous : les consommateurs décodent très vite. Pour reprendre la main et c’est stratégique, il faut remettre du sens et remettre en place la transparence et nous avons des outils pour le faire et quand on le fait ça marche !

Xavier Charpentier : quand on parle de marketing on imagine qu’il faut réinventer la roue mais il y a des démarches de pur bon sens qui doivent être menées. Il faut être ouvert à une démarche collaborative avec les clients et ceux ci sont même prêts de se. Prêter au jeu de la Hotline si tant est qu’ils aient une rémunération en retour.

Emmanuel Mignot : la conjoncture est mauvaise et les clients ont tendance à faire des économies sur le service clients car 8000 emplois vont être supprimés dans ce domaine. Or les marques doivent faire mieux au moment où elles devraient au contraire s’améliorer.  Les investissements en termes de service client devraient augmenter mais ils manque d’outils de mesure qui en montrent l’efficacité.

Hervé Kabla : les marques respectueuses vont pouvoir bénéficier de cette amélioration de la transparence. Zappos, pixmania, sont des marques respectueuses selon Hervé mais il y a eu débat.

le marketing doit se réinventer ! #JNM2013 avec @Adetem was last modified: mai 20th, 2015 by Yann Gourvennec

CRM : les véritables étapes du vrai parcours client (en B2B et en B2C)

computer-large-newLa sélection du jour est double aujourd’hui : d’une part le renvoi un excellent article de Laurence Body sur l’expérience client, et une présentation que j’ai réalisée moi-même sur le parcours client, sur la base de compilations d’études et de réflexions personnelles. Le sujet de l’expérience client, et sa traduction en marketing Internet autour du parcours client, sont probablement les 2 buzz-words les plus cités de tout le marketing de l’Internet. (Précisons tout de suite que si ni le parcours client ni l’expérience client ne se limitent au marketing en ligne, notre propos ici est de faire un zoom sur ce domaine particulier). Or, 15 ans après le démarrage du commerce électronique, le mot le parcours client est à la bouche de tous les apprentis marketeurs, tout comme celui d’expérience client : cela fait bien dans les discours et montre que vous êtes un marketeur “centré sur le client” (si tant est que l’inverse existe) mais ces deux concepts ne sont absolument pas compris. Comme je me suis aperçu qu’il était difficile de faire passer ce genre d’informations assez complexes par oral, j’ai décidé de vous fournir un petit vade-mecum qui pourra vous être utile lorsque vous rencontrerez également ce genre de fausses barbes. Alors je sais, lutter contre les mythes peut se révéler assez épuisant, car quoi qu’on tente on trouve toujours des gens bornés qui refusent d’apprendre. Peut-être qu’en conséquence, une bonne méthode pour le professionnel consciencieux consiste à se servir des check-lists ci-après sans le dire, de faire correctement son travail, de servir ses clients et quand il se voit félicité pour son “parcours client”, d’acquiescer et de dire qu’effectivement, le graphiste a fait un bon travail…

Et voici la suite avec le billet de Laurence Body : Expérience client : de la théorie à la pratique | X+M Experience Marketing

Qu’est ce que l’expérience client ?

L’expérience client ce sont les produits et les services que votre entreprise propose et ce que promet votre marque. C’est ce que vos client ont pensé quand ils ont « essayé » d’avoir de l’information, d’acheter, d’utiliser votre produit et peut être de tenter de résoudre un problème. C’est aussi la manière dont ils se sont sentis après ces interactions : excités, heureux, rassurés ou nerveux, déçus, frustrés… L’expérience client est la façon dont vos client perçoivent l’ensemble des interactions avec votre entreprise.. Une fois qu’on a compris cela, on peut manager son entreprise de extérieur vers l’intérieur, en intégrant la perspective de vos clients dans chaque décision que vous prenez. Leur intérêt les amène à interagir avec vous au travers de vos efforts marketing, vos points de vente, vos sites internet et tous les circuits que vous gérez. Et cela les conduit à se forger des impressions de leur expérience –perceptions qui vont déterminer ce qui arrivera ensuite. Qu’est ce qui qualifie une le mieux interaction : c’est la réciprocité.

via Expérience client : de la théorie à la pratique | X+M Experience Marketing

CRM : les véritables étapes du vrai parcours client (en B2B et en B2C) was last modified: janvier 6th, 2014 by Yann Gourvennec

7 heures pour tout savoir sur le digital – conférence gratuite – Lille le 26/11/2013

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Ils seront tous là où presque … “eux”, ce sont les experts et auteurs des Editions Kawa, et “là” c’est la CCI de Lille, qui ensemble vous proposent une journée dense de partage de connaissances vraiment exceptionnelle : Les Ateliers du Webmarketing (inscription gratuite). Une conférence de 7 heures dans la capitale nordiste, chère à mon cœur puisque j’y ai passé 25 ans de ma vie. Voici le programme :

imageLe principe est simple et innovant :

Les intervenants sont des auteurs de livres publiés aux Editions Kawa. Tous les intervenants sont des experts dans leurs domaines respectifs. Laissez vous guider par une équipe de professionnels impatients de vous transmettre leur savoir !

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7 heures pour tout savoir sur le digital – conférence gratuite – Lille le 26/11/2013 was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

communication digitale : conférence #mediaaces du 14/11/2013 (2/2)

Compte-rendu par Thierry Moussu pour Visionarymarketing.com

book-new-smallDeuxième partie du compte-rendu de la conférence Media Aces qui s’est tenue ce jeudi 14 novembre dans les locaux du MBA ESG, à l’occasion de la sortie du livre « La communication digitale expliquée à mon boss ».  La première partie se trouve ici.

Marina Tymen, fondatrice de l’agence Influenty, auparavant chargée de l’influence digitale, du community management et des relations presse chez Air France a apporté deux témoignages concrets de gestion de crise.

1. Réponse pro-active de défense de la marque

En novembre 2012, Canal+ diffusait un reportage intitulé « Air France, la chute libre ». Pour des raisons qui n’appartiennent qu’à elle, la compagnie n’avait pas souhaité intervenir dans le reportage. Mais elle était parvenue à obtenir auprès de la chaîne une copie de l’émission avant sa diffusion, pour pouvoir se préparer aux inévitables commentaires sur le web social le jour J.

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Quelques uns des (heureux) acheteurs du livre http://amonboss.com

Une vingtaine de tweets avaient donc été pré-écrits, prêts à être envoyés via le compte @AFnewsroom, le compte officiel des actualités d’Air France pendant et juste après l’émission. Dès le début de l’émission, les commentaires acerbes n’ont pas manqué de fleurir sur Twitter. Marina – qui était habilitée à répondre au nom de la compagnie en temps-réel et sans besoin de validation – a donc passé plusieurs heures derrière son écran (pour l’anecdote, jusqu’à 3H du matin !). Elle a utilisé les tweets préparés pour répondre en direct pendant l’émission, en priorité aux influenceurs (journalistes, spécialistes de la communication digitale et/ou de crise, blogueurs influents, qu’elle connait dans leur grande majorité, au minimum via leur présence sur les réseaux sociaux).

IMG_4781-23 Marina Tymen en pleine explication

Les tweets avaient un double but : rétablir les faits via des liens vers des documents concrets et intangibles (et ainsi montrer que l’Entreprise est transparente), mais aussi – et surtout ? – engager la conversation, en adoptant une attitude ouverte, et pas seulement diffuser froidement une information « top down ». En focalisant ses réponses sur des faits et en répondant systématiquement aux Twittos qui se posaient des questions ou remettait en cause sa bonne foi, Air France s’est préservée de la polémique, et a même trouvé des alliés spontanés, dont plusieurs blogueurs spécialistes du digital (très) influents qui ont retweeté les informations diffusées !

2. Veille, réactivité et engagement pendant une crise soudaine

Le déroutement d’un avion d’Air France qui faisait la liaison entre Paris et Beyrouth, le 15 août 2012 (si cela tombe un jour non-férié, c’est moins drôle !) vers l’aéroport de Damas en Syrie (alors non desservi pour les raisons de tensions politiques très fortes que l’on connait) a « offert » à Marina une occasion de montrer son savoir-faire dans la gestion de crise. Quand un tweet du Monde (1.8 million d’abonnés à ce jour !) annonce le déroutement de l’avion, Marina le capte immédiatement via son outil de veille et prévient les services concernés.

Dans un cas comme celui-ci, le temps presse : faute de pouvoir communiquer de manière officielle (toujours via le compte Twitter Newsroom d’Air France), car en attente d’une dépêche AFP contenant plus d’information, Marina engage immédiatement 3 types d’actions, via son compte Twitter personnel, pour faire acte de présence et faire patienter les parties prenantes :

  • Rétablissement de l’information : Tweets « Bonsoir, avion dérouté, pas détourné » à ceux qui confondent les deux termes
  • Information des parties prenantes : Explication via Twitter de la nécessaire attente de confirmation par l’AFP avant de pouvoir réagir
  • Prise d’information sur l’ensemble des personnes qui tweetent sur le sujet : détection des passagers du vol qui se mettent à Live Tweeter l’évènement, et qui fournissent de l’information « live » potentiellement très utile. [Petit aparté : en cas de problème dans un avion, les informations indispensables à tweeter sont le n° du vol, l’aéroport de départ et celui de destination]

En réagissant très rapidement et en faisant preuve de transparence, la compagnie (qui aura à se justifier à maintes reprises par la suite par voie de presse « classique » sur ce déroutement, compte-tenu de la situation économico-politique de la Syrie, mais aussi parce que – conformément  à une disposition prévue à l’article L6522-4 du code des transports – le commandant de bord avait alors procédé à un recensement d’avoirs en liquide auprès des passagers pour payer le kérosène) a une fois encore éteint rapidement le « feu » de la crise, et s’est trouvée des alliés parmi les twittos, dont @Shadaomar, journaliste TV libanaise aux 130 000 followers, qui s’est spontanément proposée de traduire les tweets publiés en arabe par les passagers et, inversement, les tweets d’Air France vers l’arabe pour rassurer ses pairs !

Pour conclure son intervention, Marina a donné trois recommandations fort utiles :

  1. Disposer d’un compte Twitter « newsroom » dédié qui soit identifié comme la voie de l’Entreprise, ce qui permet par ailleurs d’éviter de polluer les autres comptes de la marque
  2. Apprendre à connaitre et solliciter vos alliés / ambassadeurs et vos communautés, à la fois en amont et pendant une crise
  3. Former par anticipation et solliciter les experts internes pendant une crise, pour renforcer la crédibilité des messages et le sentiment de confiance des parties prenantes (car comme le dit Marina : « si on ne connait pas bien le sujet, on passe la main ! »).

A la suite de la présentation de Marina, François Pétavy, DG d’Eyeka, plate-forme de mise en relation entre les marques et des créatifs de tous horizons, est venu nous parler de crowdsourcing, ou comment faire appel à des communautés d’individus volontaires pour créer et inventer de nouveau produits ou services. Et fort est de constater que le succès est au rendez-vous, Eyeka pouvant se targuer d’être présente sur 154 pays via 260.000 créateurs (« good ideas have no borders »).
Les membres du site sont alternativement des étudiants en école de design ou de publicité, des freelances, ou des particuliers qui ne peuvent exprimer leur créativité au sein de leur métier par exemple. Il n’est pas question ici de représentativité au sens des études marketing, tous ceux qui sont intéressés peuvent participer.

Partant du principe que la collaboration entre les consommateurs et les marques est le futur du marketing et de l’innovation, François fait le parallèle entre la règle des « 1/9/90 » de participation sur Internet et son pendant en termes de marketing créatif :

Concrètement, le principe de la plateforme est assez simple : les marques soumettent des idées de réflexion aux membres du site, qui ont 3 à 5 semaines pour produire une création (vidéo, image, slogan, packaging, etc…). En échange, la marque valorise les meilleures idées à la fois en rémunérant les meilleures (jusqu’à plusieurs milliers d’euros !) et en réutilisant leur création – soit directement, soit après optimisation – au sein de sa stratégie de communication ou de sa gamme de produits / services par exemple.

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François Pétavy (gauche) et Michael Tartar (droite) les 2 derniers présntateurs de la journée

Qu’importe si parmi les créations des membres il n’y a aucune « perfect idea » (même si cela arrive parfois), l’essentiel pour les marques est de disposer de « routes créatives » qui seront ensuite soumises alternativement aux experts internes, à des tests de concept réalisés par des instituts d’études marketing ou aux bêta-testeurs de la marque, pour optimiser si besoin un concept, un message ou un visuel par exemple. Pour certaines grandes marques qui ont besoin de produire 250 à 300 « contenus » par an pour les besoins de leur communication digitale, le crowdsourcing s’impose donc comme une nécessité pour ne pas se laisser enfermer dans des pistes créatives redondantes.

De grandes marques comme Nestlé ou Coca-Cola font très régulièrement appel à Eyeka, et les résultats sont assez édifiants. Par exemple pour Coca-Cola, qui s’est appuyé sur Eyeka pour imaginer une publicité originale sur le concept de « energizing refreshment » : la pub vidéo créée par un des membres a quasiment été reprise telle quelle par la marque, avec la portée suivante :

  • 6 millions de mentions online
  • Top 10% des meilleurs publicités de tous les temps dans l’étude Link™ de Millward Brown
  • 100% d’adoption du matériel créatif, contre 47% en moyenne
  • Une réduction des coûts de création de 92%

Dernier intervenant de cette conférence passionnante, Michaël Tartar, expert du marketing digital (en recherche d’un poste de Chief Digital Officer …) nous a expliqué « comment calculer le ROI (Return On Investment ou Retour Sur Investissement en français) des projets digitaux sans perdre la tête ».

Qui dit ROI, dit chiffres, tableaux, calculs de rentabilité, finance, etc… des concepts pas évident pour la plupart des Chefs de Projet digital, qui ne sont quasiment pas formé à l’exercice (tiens, encore un besoin de formation détecté au cours de cette conférence…), et pourtant indispensable pour convaincre la direction financière d’engager des dépenses en amont d’un projet, et de prouver par la suite au Comité de Direction le succès d’une opération digitale. Pour arriver au calcul (prévisionnel) du ROI d’un projet, il faut être très pragmatique et passer par plusieurs étapes :

1. Analyser
Faire l’exercice de la mise en place d’un diagramme de causalité (exemple simplifié ci-dessous tiré du livre) permet de réfléchir à l’ensemble des paramètres qui feront le succès – ou l’échec – d’un projet digital.

2. Modéliser
Poser une équation plus ou moins complexe, dans laquelle chaque « action » en aval du projet aura un impact sur sa rentabilité. SI on prend l’exemple de la mise en place de fiches explicatives sur un site web, les paramètres de calcul du ROI seront par exemple :

  • le nombre d’appels moyen au service client avant le lancement de ce Helpdesk
  • le pourcentage de clients qui iront sur le site web au lieu d’appeler le service client
  • le coût d’un appel au service client pour la marque.

3. Chiffrer
Cela peut paraître la partie la plus compliquée, mais il y a toujours moyen de chiffrer les paramètres de calculs. Dans notre exemple, le nombre d’appel au service client peut être obtenu justement auprès du service client ; le % de clients allant sur le site web au lieu d’appeler le service client est une information que l’on peut trouver – agrégée par type d’industrie – dans les bases de données de consommation de Forrester ou de TNS Sofres par exemple ; et le coût d’un appel au service client sera donné par la direction financière, pour arriver au calcul suivant sur une période donnée : 22 000 appels au service client x 5% de clients allant sur le Web x 6,35€ par appel au service client = 6 935€ économisés.

4. Présenter
Parce que les chiffres bruts, c’est rébarbatif et compliqué à comprendre au premier coup d’œil, il faut s’attacher à produire des graphiques très visuels, et qui contiennent toutes les informations dont chacune des parties prenantes a besoin (mieux vaut donc se renseigner avant en posant simplement la question).

Michaël conseille vivement d’utiliser ce type de graphique, sur lequel le « financier » se concentrera surtout sur le temps nécessaire pour atteindre le « point mort » (moment où l’entreprise commence à gagner de l’argent sur le projet), alors que le Comité de Direction sera peut-être plus intéressé sur le potentiel de gain à plus long terme.

Et Michaël de conclure avec cette phrase « Un beau projet sans argent, ça reste un beau projet ». Tout est dit !

Pour aller plus loin, vous pouvez retrouver les présentations de François Pétavy et de Michaël Tartar sur le compte Slideshare de Media Aces.

communication digitale : conférence #mediaaces du 14/11/2013 (2/2) was last modified: mai 20th, 2015 by Thierry Moussu