Andy Sernovitz: En Web 2.0 « il est indispensable de dire qui vous êtes »

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Au séminaire BlogWell de San José d’octobre 2008, la présentation qui suivit celle de Ken Kaplan d’Intel et de John Earnhardt sur la vidéo d’entreprise chez Cisco, fut celle d’Andy Sernovitz sur les meilleures pratiques en matière de transparence en ligne (« disclosure » en Anglais). Cette question éthique est d’une importance capitale pour les entreprises qui doivent se lancer dans une initiative de Web 2.0 alias «médias sociaux» (*), si l’on désire employer cette nouvelle terminologie.

Les responsables de communautés en entreprise doivent réfléchir très attentivement à cette question, poursuivit Andy, et ne pas se contenter de s’en remettre aux juristes. «mais la transparence est un élément essentiel » ajouta-t-il, et même « le seul moyen de réussir ». Mais il dépassionna ce débat en ajoutant que «la transparence n’est pas très difficile », il s’agit simplement « de dire qui vous êtes et pour qui vous travaillez ».

En substance, cela signifie que vous devez annoncer clairement « je travaille pour un tel et ceci est mon opinion personnelle ».

Cette règle s’applique quand vous bloguez pour le compte de votre employeur, mais aussi quand vous managez des blogueurs qui travaillent pour votre compte qu’ils soient internes ou externes à votre entreprise. En fait, la règle est également valable quand vous écrivez sur votre blog personnel au cas où vous avez un job à temps complet par ailleurs. C’est une question d’honnêteté et de probité, dans la même veine de ce qu’on appelait communément la Nétiquette au démarrage de l’Internet.

Andy continua son discours en précisant que la transparence est affaire d’éducation : peu de gens comprennent l’enjeu éthique de la transparence alors même que les « médias sociaux » deviennent plus populaires. Ceci s’explique aisément. Alors qu’au démarrage, ces outils étaient réservés à un nombre limité d’utilisateurs éduqués et issus du monde du Web, rompus à l’usage de la Nétiquette, au fur et à mesure de l’ouverture de ces « médias sociaux » à un nombre croissant d’utilisateurs, nombreux furent ceux qui « n’avaient jamais eu la chance de parler librement au monde extérieur ».

Andy Sernovitz et le Blog Council ont donc développé un outil éducatif permettant de régir des communautés. L’idée directrice en est de fournir des exemples à suivre (meilleures pratiques), sous forme de six listes de contrôle (check-lists) que l’on peut adapter à son propre contexte, et faire ensuite évoluer. Ces listes peuvent également servir à éduquer son équipe ou son entreprise. La cible de ces listes sont les équipes d’entreprises (pas seulement les grandes d’ailleurs), et les agences. 24 entreprises ont participé à l’élaboration de ces listes, et il a fallu quatre mois au Blog Council pour les améliorer.

6 idées-forces constituent ce document :

  1. premièrement : transparence de l’identité ;
  2. deuxièmement : pour les détenteurs de blog personnel ;
  3. troisièmement : relations avec les blogueurs externes ;
  4. quatrièmement : rémunérations et récompenses ;
  5. cinquièmement : transparence du travail des agences et des sous-traitants ;
  6. sixièmement : comment ajouter de la créativité dans tout ça (tant qu’on n’essaie pas de tromper les visiteurs, et qu’ils savent qu’ils ont affaire à des marketeurs).

Andy considère que ces 6 idées-forces sont autant de chances pour « élever le niveau » et « maintenir le niveau de probité éthique de la blogosphère ». Il doit être ajouté cependant dit Andy, que la rémunération doit dépendre également du type de produits ou de services que vous vendez. Il vous est possible de télécharger et d’utiliser ce document, dans la mesure où vous en respectez les règles décrites sur les pages du Blog Council d’Andy Sernovitz.

(*) ou « social média » est décidément une gamme bien mauvais non en français j’ai donc décidé de traduire ici littéralement. Que les puristes m’absolvent.

Andy Sernovitz: En Web 2.0 « il est indispensable de dire qui vous êtes » was last modified: janvier 30th, 2009 by Yann Gourvennec

Buzz et e-reputation : le grand méchant loup n’est pas celui qu’on croit

yanngourvennec
sur le plateau de Webcastory

Ca y est ! tous les épisodes du débat de l’Entreprise 2.0 tournés fin décembre 2008 sur le plateau de Webcastory (voir http://www.techtoctv.com pour tous les détails, remarquablement documentés par Frédéric Bascuñana et son équipe de Webcastory). Dans le dernier  épisode dédié au sujet primordial et passionnant de la e-réputation (c’est-à-dire de la mesure et l’appréciation du buzz positif et/ou négatif sur Internet) nous avons abordés de nombreux thèmes, parfois faisant écho à certaines analyses développées dans nos colonnes (voir notamment celle ci : Blogs et Société Générale : les clients n’ont pas eu peur).

Ma vision personnelle est beaucoup plus positive que négative. La réputation en ligne est une opportunité à saisir absolument, même si beaucoup d’entreprises abordent ce sujet négativement par la mesure du buzz négatif et par une sorte de réaction tétanisée vis à vis des critiques que l’entreprise peut essuyer. Comme de nombreux clients me l’ont fait déjà remarquer, il y a beaucoup plus à craindre d’un buzz négatif sur Libération ou Le Monde en France ou le New York Times aux Etats Unis. D’ailleurs, l’exemple le plus cité – le soi-disant Kryptonite blogstorm – est un bon exemple du danger des relais de la presse écrite, pas de la presse en ligne ! La preuve ici, dans cette interview qui démystifie l’histoire Kryptonite (http://www.intuitive.com/blog/debunking_the_myth_of_kryptonite_locks_and_the_blogosphere.html), qui soit dit en passant commence à faire un peu vieux désormais (2005, soit plus de 3 ans). Je vous invite donc à relire l’article de Dave Taylor . Voici ci-après quelques extraits du compte-rendu de Frédéric sur cette dernière session. A bientôt sur TechtocTV pour d’autres débats passionnants. 

c’est toujours avec une réelle légitimité éditoriale que nous traitons ce sujet qui nous intéresse avant tout pour compléter de façon instructive et pédagogique nos premiers plateaux de sensibilisation au thème de l’Entreprise 2.0.  Voilà donc un plateau qui concerne beaucoup plus d’entreprises qu’il n’y paraît : de la TPE à la multinationale… Les intervenants abordent avec moult précautions oratoires la question stratégique de l‘insidieuse « e-réputation »..Premier constat :  Les marques qui identifient depuis longtemps le buzz comme source, tout autant de communication positive que d’inquiétude travaillent de plus en plus sur les opportunités du marketing viral. Elles doivent ainsi mettre en place les outils qui leur permettront de gérer leur réputation online. 

Comme le rappelle Gilbert Reveillon, l’entreprise utilise le « push » avec les supports publicitaires traditionnels et de plus en plus le « pull » via les outils web interactifs

Ces outils accessibles à tous donnent aussi bien aux toutes petites entreprises l’accès à l’énorme caisse de résonnance mondiale que représente Internet.  

Ils permettent aussi de toucher le consommateur de façon plus personnalisée : par sa communauté.  

Après la vague CRM et la communication one to one, la marque a compris que l’individu pouvait avoir différentes facettes qui correspondent aux communautés qui le constituent

C’est pour cette raison que les entreprises se lancent à la conquête de nouveaux territoires

Autre particularité des outils 2.0, leur traçabilité.  Celle-ci est un atout (et permet notamment de calculer facilement le ROI) autant qu’un piège

Un mauvais buzz (ou « bad buzz ») peut être fatidique s’il est mal géré.  C’est à ce niveau qu’intervient Loïc Moisand pour réparer les dégâts d’une mauvaise e-reputation.

[…] » 

SOMMAIRE DES VIDEOS DE TECHTOCTV SUR L’ENTREPRISE 2.0

Buzz et e-reputation : le grand méchant loup n’est pas celui qu’on croit was last modified: septembre 20th, 2014 by Yann Gourvennec

Le Chief Strategy Officer (CSO) : cette fonction récente est-elle indispensable ?

echecs.jpgLa stratégie d´Entreprise est de la responsabilité du Board et principalement du Chief Executive Officer (CEO) qui doit entre autre, imprimer sa vision à l´organisation et définir la stratégie. Il doit bâtir l´ADN de l´Entreprise et indiquer vers quelle direction il souhaite l´emmener. Ce rôle est vital car aucune organisation ne peut survivre si elle ne sait pas qui elle est, si elle ne connaît pas ses propres valeurs et sa raison d´être (sa vision) et si elle ne sait pas où elle veut aller (sa stratégie).

 

Ce sont ces choix, qui vont conditionner l´allocation des ressources, la « priorisation » des activités, les choix des partenariats et des croissances externes,….

 

Or, depuis quelques années, les Entreprises opérant à travers le monde semblent transférer une partie de ce rôle majeur vers un nouvel acteur : le Chief Strategy Officer  (CSO).

 

Etant surpris de cette tendance dans les organisations, j´ai cherché à savoir pourquoi les Entreprises créent une nouvelle position afin de transférer une responsabilité du CEO qui me semble à priori … non « transférable » ?

 

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Le Chief Strategy Officer (CSO) : cette fonction récente est-elle indispensable ? was last modified: janvier 9th, 2009 by fredericquaranta

Web 2.0 : trop d’information tue-t-il l’information ?

« La chair est triste hélas, et j’ai lu tous les livres », telle était introduction de Stéphane Mallarmé à son poème Brise Marine (voir une analyse ici), ode sibylline et lyrique dans laquelle l’auteur symboliste donnait libre cours à son spleen baudelairien et où l’appel du large (d’où le titre) symbolisait son désir de quitter le foyer, toutes choses triviales et enfin son nouveau-né qui le tenait éveillé et l’empêchait de créer. Voilà la phrase qui me venait immédiatement à l’esprit en lisant l’article de Michael Kinsley dans Time magazine, intitulé ou « de combien de blogs le monde a-t-il besoin(1) ».

Kinsley a mis le doigt dans son commentaire sur de véritables problèmes que tous – à divers niveaux – nous avons pu rencontrer sur la toile. Lors d’un séminaire que j’animais dans le cadre du e-mba d’Insead en décembre dernier, et dans lequel je me faisais l’avocat de l’entreprise 2.0 et des blogs d’entreprise, un des membres de l’assistance me fit remarquer qu’il y avait déjà bien assez de matière en ligne comme ça, et que le Web collaboratif était coupable « d’autoriser n’importe quel imbécile à écrire n’importe quoi ». L’approche de M. Kinsley est similaire. « La possibilité qui nous est offerte à tous d’exprimer nos opinions est magnifique, mais pas la perspective de les lire » affirmate-t-il dans le magazine américain bien connu.
Voilà qui donne matière à penser. Il est vrai que la liberté d’expression est un blanc-seing donné à la parole des idiots. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux. Et pourtant, c’est là aussi que nous pouvons toucher du doigt la définition même du mot liberté – qui orne, doit-on le rappeler, nos frontons – à savoir le sentiment de n’être « […]pas soumis à une ou des contrainte(s) externe(s) » (Trésor de la langue française explication n° I) mais également l’absence d’arbitraire ou d’exercice d’une autorité arbitraire (« Condition de celui qui n’appartient pas à un maître. Anton. esclavage, servitude » Ibid. explication n° 1-a), fût-ce en provenance d’un journaliste célèbre. Liberté, liberté chérie ! Liberté d’écrire ce qui est juste et d’en recevoir la juste récompense, mais aussi la liberté d’écrire ce qui est faux et d’être contredit publiquement.

« De combien de blogs le monde a-t-il besoin ? » annonce Kinsley à la fin de son essai enflammé à la page 56 du célèbre magazine américain (dont je suis je l’avoue sans honte un fidèle lecteur). Les échos de cette question rhétorique me semblent véritablement très mauvais. De combien d’êtres humains le monde a-t-il besoin ? De combien de diplômés avons-nous besoin en dehors de ceux de telle ou telle école ? De combien de pays avons nous besoin en dehors des membres du G8 ?

Ce besoin, à mon avis, est infini. Nous avons besoin d’un nombre infini de pays, de gens, de couleurs de peaux, de langues et d’idées etc. Laissons les s’épanouïr M. Kinsley, pour l’amour du monde et de la connaissance, et si tant est qu’un ou même plusieurs d’entre eux ne soient pas à la hauteur – ou simplement à votre goût – et bien disons-le tout net, cela n’a aucune importance du moment que ces idées ont pu être exprimées librement et dans n’importe quelle langue. Et s’il devait y avoir nécessité ou urgence, la liberté d’en appeler à d’autres voix sur Internet pour commenter et contredire ces blogueurs et prouver qu’ils ont tort est également utile. Et quand bien même 99 % de ce contenu en ligne pourrait être considéré comme sans intérêt, je continue à penser que dans l’ensemble je finirai bien par trouver au moins une page qui vous la peine d’être lue. Et même cette page, cette unique page, vaut la peine qu’on se batte pour elle.
Je suis d’accord avec Michael Kinsley cependant, lorsqu’il critique l’accumulation qui « finit par devenir une mise en abyme ». Certes, une majorité de blogueurs se copie les uns les autres sans ajout de valeur ajoutée, et cela est véritablement mauvais. Il n’empêche que les auteurs intéressants abondent également. Pour prendre une comparaison, à supposer que l’immense majorité des programmes de télévision soit composée d’âneries (cette hypothèse est purement fortuite bien entendue), ceci ne veut en aucun cas dire que rater le pour cent de contenu intéressant qui y réside ne va pas contribuer à l’augmentation de notre connaissance. Cette règle s’applique également à la blogosphère.
Michael Kinsley, comme Mallarmé, se trompe de cible. Il n’y a pas surabondance de mauvais contenu sur Internet. Il y a juste un travail de lecture et d’analyse pour séparer le bon grain de l’ivraie. Et ceci d’ailleurs, n’est pas bien différent de l’ensemble des autres sources culturelles.
Ne nous inquiétons donc pas, le temps (jeu de mots involontaire), et l’histoire feront leur tri pour nous, de la même manière qu’ils ont balayé la plupart des livres que Mallarmé avait eu à la fin du XIXe siècle et qu’il avait jugés si mauvais dans l’introduction dans son poème. Même si je suis d’accord avec la plupart des points soulevés par Michael Kinsley, nous devons résister à la tentation de définir arbitrairement ce qui est juste et mauvais avant même de l’avoir étudié, afin d’éviter de céder à la tentation du jugement hâtif et de passer à côté de quelque pépite qui contribue à la connaissance humaine. La liberté d’expression peut produire des résultats intéressants également, bien que cela ne soit pas une assurance de résultat. En fin de compte, le hasard joue également un rôle important en création, sinon central. Cette liberté qui nous fut accordée par la grâce et M. Tim Berners Lee, de Vint Cerf et leurs amis (nous en profitons pour remercier Vint Cerf de son commentaire sur la version originale anglaise cet article), est si douce et agréable qu’il ne faudrait pas la bouder.
Ironiquement, l’article de Kinsley est également disponible en ligne et même un lien de vote (digg) a été inséré par Time (on fera remarquer d’ailleurs que cet article n’est pas immensément populaire, et que la majorité des votes, plus d’une dizaine, est venu depuis le commentaire sur mes blogs). Et on peut se demander légitimement si Kinsley tout en le critiquant ne contribue pas au chaos de l’Internet qu’il dénonce. Peut-être que cela suffit à appuyer ma démonstration.

(1) how many blogs does the world need par Michael Kinsley, Time Magazine : http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1860888,00.html

Web 2.0 : trop d’information tue-t-il l’information ? was last modified: mai 11th, 2015 by Yann Gourvennec

Rudy Provoost (CEO Philips Lighting) : L´innovation, c´est mettre le client au centre de l´Entreprise.

philips_mainlogo_full_fr_fr.gifLes réussites du passé sont les plus grosses barrières pour le futur. L´innovation est l´oxygène de l´Entreprise. En période de récession, la valeur est encore plus importante. L´innovation doit être « market driven ». L´Entreprise doit développer la règle du triple A : Advocate, Accountability, Amplifier.

 

Voici quelques vérités sur l´innovation que Rudy Provoost, le CEO de Philips Lighting, a explicité lors d´une interview mené par la Business School Américaine Wharton. Il y développe ces notions mais confirme également l´importance du marketing et d´autres facteurs clés pour atteindre le succès face à un marché dont les paradigmes sont remis en cause.

 

Cette interview date de février 2008, mais reste à mes yeux terriblement d´actualité.

 

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Rudy Provoost (CEO Philips Lighting) : L´innovation, c´est mettre le client au centre de l´Entreprise. was last modified: décembre 21st, 2008 by fredericquaranta